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00:00Un joli garçon, une jolie fille, Paris 1959.
00:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00pour Alger, c'est votre premier long métrage.
01:03Alger, c'est un thriller intense situé en plein cœur de la capitale algérienne.
01:08On va en parler bien sûr avec nous, mais avant cela, Thomas va nous faire les présentations.
01:11– Chakim Talem Ben Diab, vous êtes né en 1982, vous avez grandi entre la France et l'Algérie.
01:17Vous aviez donc 10 ans à peine au début de ce que l'on a appelé la décennie noire
01:23pour baptiser la guerre civile algérienne qui s'étendra jusqu'en 2002.
01:27Période de violence extrême marquée par le terrorisme.
01:30Avant ce premier long métrage, vous avez réalisé plusieurs courts métrages remarqués dans des festivals.
01:36Alors j'évoquais le traumatisme des années noires algériennes
01:38parce qu'elles sont au cœur d'une certaine manière d'Alger.
01:41Votre thriller autour d'une enquête sur des kidnappings d'enfants en plein centre-ville.
01:47car si l'action se passe de nos jours, le passé va brutalement ressurgir.
01:51Alors au centre du cadre, on a un policier avec ses principes,
01:55bien obligé de faire équipe avec une psychiatre, bien décidée elle,
01:59à explorer les zones d'ombre, toutes les zones d'ombre de cette sombre histoire.
02:04Je propose de regarder la bande-annonce et on en parle juste après avec vous.
02:06Sous-titrage Société Radio-Canada
02:36Votre film, Chakib Taleb Ben Diab, c'est une enquête autour d'un enlèvement d'enfants.
03:00Thomas nous le disait, il est précisé que c'est inspiré de faits réels.
03:03C'était ça le point de départ de votre film ?
03:06Oui, c'est-à-dire raconter une histoire qui vraiment a touché énormément les Algériens,
03:11recentrée en fait sur les aspirations de ce peuple qui a tout vécu,
03:17une colonisation, une décolonisation, une décennie noire qui a laissé des traces.
03:21Et de revenir en fait à ce sujet-là qui m'avait marqué déjà à l'époque
03:24quand j'étais adolescent, parce que je l'ai vu de mes propres yeux, etc.
03:28Quand les artistes étaient menacés, quand la police ne pouvait pas faire son travail totalement,
03:33quand l'État vacillait, on avait ces histoires d'enlèvement d'enfants
03:36qui créaient vraiment beaucoup de désespoir dans les familles.
03:44Et comme un boomerang, j'ai retrouvé ces faits d'hiver-là en 2018 quand je suis retourné pour un festival.
03:50Et ça m'a fait tilt, donc ça m'a ramené à cette période-là.
03:55Et c'était important pour moi de raconter l'histoire des traumas en fait,
03:59de surmonter ces traumas pour rentrer dans une modernité,
04:02de rentrer dans un pays qui vraiment parle entre eux.
04:07C'est vraiment des personnages qui ont tous raison mais qui ne s'écoutent pas.
04:10Oui, on va en reparler d'ailleurs de ces traumatismes.
04:12Juste avant, je me posais une question.
04:14Le film se passe en plein cœur d'Alger.
04:15Le titre de votre film, c'est Alger.
04:17Donc on va dire que la capitale algérienne est presque l'actrice principale du film.
04:21Comment on filme dans cette ville labyrinthique en tant que cinéaste ?
04:26C'est déjà extrêmement inspirant.
04:28Il y a eu des illustres films qui ont été tournés, notamment La bataille d'Alger.
04:32On n'a pas voulu copier, on n'a pas voulu rendre des hommages comme ça indirects.
04:36Mais on a été vraiment aspiré assez facilement par la topographie de la ville,
04:42par la beauté de l'architecture.
04:44C'était un concours d'architecture dans les années 30, Alger.
04:47Chaque immeuble est différent de l'autre.
04:49Les carrelages, les bâtiments.
04:51Et je trouvais que c'était un personnage à part entière.
04:55Et la musique était aussi là pour raconter le souffle de cette ville qui a tout vécu,
05:00tous ses stigmates.
05:02Une musique que d'ailleurs vous avez composée, je crois.
05:05Oui, avec Marielle de Rocassera.
05:06C'est assez brillant.
05:06Et on disait, il y a la ville d'Alger et au cœur même, il y a des êtres humains qui circulent.
05:12Et notamment, je parlais de cet enquêteur, mais surtout de cette psychiatre qui enquête.
05:17C'est vraiment le personnage féminin quasiment au cœur du film.
05:20C'est une brillante psychiatre.
05:22Elle s'appelle Dunia.
05:23Elle est incarnée par l'actrice.
05:24Là, on voit son visage.
05:25Meryem Mechkan.
05:27Il était important de mettre une femme en avant de cette histoire ?
05:31Je n'ai pas réfléchi en tant que femme ou homme.
05:32J'ai juste raconté une histoire la plus crédible et la plus réaliste possible.
05:36Le personnage de Meryem, c'est une cousine à moi.
05:40C'est une tante.
05:41Ce sont toutes ces femmes qui travaillent déjà dans...
05:44Alors, je n'aimerais pas dire un domaine machiste.
05:46Je pense qu'on a tendance à peut-être projeter des a priori, des idées reçues sur l'Algérie.
05:52Les salaires, par exemple, hommes-femmes, ont toujours été égaux.
05:54Pas par pur socialisme, en fait.
05:58Par culture presque de la révolution socialiste qu'il y a eu.
06:03Donc, en fait, la patronne de la police aussi, de la brigade des mineurs,
06:06à laquelle on a fait une immersion, c'est une commissaire.
06:10La communication, c'est une commissaire.
06:12Donc, ce sont des femmes ou des hommes qui travaillent ensemble tous les jours
06:16sans avoir ce rapport-là.
06:18Et on a voulu transcender ce rapport-là.
06:20Parce que, justement, ma génération, nous ne sommes pas vraiment dans ce clivage homme-femme.
06:24Je ne pense pas.
06:25Je pense que c'est justement au-dessus.
06:27Alors, ça ne correspond peut-être pas à une vision qu'on veut voir de l'Algérie.
06:32Mais pourtant, c'est la vision la plus réaliste qui existe aujourd'hui.
06:35Voilà.
06:35Ce qu'on a voulu, c'est éclater les codes, sortir du misérabilisme.
06:38Et surtout, ni cliché positif, ni cliché négatif.
06:42On a évoqué, bien sûr, les années noires.
06:44C'est un sujet qui reste tabou en Algérie.
06:48Des lois d'amnistie, de réconciliation nationale empêchent la parole de se libérer.
06:52Votre film l'évoque en filigrane.
06:55Comment aborde-t-on cette question en tant qu'artiste et cinéaste ?
06:59Moi, je n'ai jamais eu de problème.
07:00Le scénario que j'ai écrit, que j'ai déposé,
07:02parce qu'on a financé quasiment entièrement là-bas, avec des fonds privés,
07:05mais également une subvention du cinéma du ministère algérien.
07:11Comme tous les films, d'ailleurs, qui sont tournés là-bas.
07:13Même des films franco-algériens ont cette subvention-là.
07:16Ça, les gens l'oublient.
07:17Ce n'est pas une coproduction, mais même les coproductions la reçoivent.
07:21Et à aucun moment, le scénario n'a été ni modifié, ni demandé d'être modifié.
07:25C'est le scénario que j'ai déposé en 2018, que j'ai tourné en 2022,
07:28et que vous voyez dans les écrans français, aujourd'hui, à la sortie.
07:31C'est la même chose.
07:32Merci beaucoup. Merci d'être venu nous voir, Shaquille Taleb Ben Diab,
07:37pour nous parler de ce premier long-métrage.
07:40Donc, Alger, un thriller puissant et intense dans les rues de la capitale algérienne.
07:45Après Alger, place à Paris.
07:48Un Paris volontairement carte postale dans Nouvelle Vague de l'américain Richard Lingleiter,
07:54qui raconte ici le tournage, à la fin des années 50,
07:57du premier long-métrage de Jean-Luc Godard,
07:59à bout de souffle, un film qui va changer la face du cinéma mondial.
08:04Regardez la bande-annonce, on en parle juste après.
08:06Un joli garçon, une jolie fille, Paris 1959.
08:16Une salle de sport, un réalisateur, une caméra, de la pellicule, un producteur,
08:24une ingénue, des stars, de l'argent, une belle américaine et une belle américaine.
08:37Rossellini.
08:38Merci pour la balade, Jean Lecou.
08:40Melvin.
08:40Donc on tourne ça comme une vraie interview.
08:43Bogart.
08:45Truffaut.
08:45Bon, je voulais voir si tout se passait bien.
08:47De l'aventure.
08:48Voilà, on va replacer les choses dans leur contexte.
08:52On est en 1959.
08:54La sortie d'A boule souffle du jeune Jean-Luc Godard,
08:56il a 29 ans à l'époque,
08:59est réalisée avec une apparente désinvolture.
09:03C'est ce que montre le film,
09:04cassant les codes classiques de la grammaire cinématographique,
09:07avec notamment ce qu'on appelait ces jump cuts.
09:09Vous savez, ces sautes d'images créées par un montage, on va dire, abrasif et nerveux.
09:15Et ce tournage, c'est avant tout une énergie et un collectif de jeunes gens,
09:20tous doués les uns, plus doués les uns que les autres,
09:23et qui écrivent surtout dans les colonnes des cahiers du cinéma.
09:26Voilà, une espèce de bible cinéphile.
09:28Truffaut, Chabrol, Romère, Rivette, ils sont tous là dans le film.
09:33Et regardez, les héros de cette histoire, c'est Jean-Luc Godard.
09:38Et on voit l'acteur, là, Guillaume Marbeck, qui l'incarne, plus vrai que nature.
09:42Il y a aussi le jeune Belmondo, qui faisait ses premières armes.
09:46Et on le voit, là, ici, avec son chapeau.
09:48C'est Aubry Dulin qui l'incarne.
09:50Et puis Jeanne Sieberg, qui dit le fameux New York et World Tribune,
09:54dans le film de Jean-Luc Godard.
09:56Eh bien, c'est l'actrice Zoé Dutch.
09:59Ce qui est bien, c'est qu'ils n'ont pas cherché le mimétisme,
10:01mais ils s'amusent avec les codes mêmes du film,
10:04qui les a vus naître d'une certaine manière.
10:06Et comme on aime les grands écarts, Thomas, un mot pour terminer de Tron.
10:11Tron, Arès, le troisième volet d'une saga débutée en 1982, c'est ça ?
10:16Voilà, et on peut se poser la question, d'ailleurs, de l'intérêt aujourd'hui de refaire Tron,
10:20puisque en 1982, moi, j'étais déjà né, et j'avais 10 ans,
10:25et je suis...
10:26Et en fait, c'était comment l'univers des jeux vidéo
10:29peuvent s'incarner au cinéma,
10:31et comment la réalité peut s'incarner dans le virtuel.
10:34Là, aujourd'hui, c'est presque l'inverse que raconte le film,
10:35c'est comment du virtuel, on passe au réel.
10:37Voilà, allez voir, si j'arrête l'étau, vous séduira.
10:40Et surtout, il y a le grand Jeff Bridges, on le voit,
10:43qui est à l'affiche des Trois Tron.
10:45Trois Tron. Merci beaucoup, Thomas.
10:47Merci.
10:48Merci encore, Chakilté Benviat, d'être passé nous voir dans l'affiche
10:51pour nous parler de votre thriller Alger.
10:55Merci à vous de votre fidélité.
10:57Je vous propose donc de nous quitter avec cette bande-annonce
11:00du troisième volet de la saga Tron-Ares.
11:03Je vous dis à très vite sur France 24.
11:05Vous pensez que vous êtes dans le contrôle de ceci.
11:14Vous ne êtes pas.
11:27Quoi êtes-vous?
11:31Je cherche quelque chose.
11:33C'est quelque chose que je ne comprends pas.
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