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00:00Soyez les bienvenus dans votre magazine. D'abord la fin d'un long procès en France.
00:07Après plus de 4 semaines d'audience, la cour d'assises du Tarn a rendu son verdict.
00:12Vendredi, dans le procès de Cédric Jubilard, il a été reconnu coupable du meurtre de son épouse Delphine, dont le corps n'a jamais été retrouvé.
00:18Il a été condamné à 30 ans de réclusion. Marie-Candice de l'Ouvrier, Nathalie Pérez et David Bresse.
00:23C'est la toute première image de Cédric Jubilard après l'énoncé du verdict à la sortie de la salle d'audience.
00:33La cour d'assises du Tarn vient de le reconnaître coupable du meurtre de sa femme et le condamne à 30 ans de prison.
00:40Dans son box, Cédric Jubilard semble impassible dans l'attitude qui fut la sienne tout au long de ses 4 semaines de procès.
00:47Sur les bancs des partis civils, au contraire, l'émotion éclate.
00:51Les proches de Delphine Jubilard s'étreignent, parfois dans les larmes, aux côtés de leurs avocats.
00:58C'est un moment important et on a enfin des partis civils qui ont pu exprimer leurs émotions.
01:04C'est un soulagement pour beaucoup d'entre elles.
01:06C'est une victoire pour toutes les partis civiles.
01:08Ça fait 5 ans qu'elles souffrent, ça fait 5 ans qu'elles sont endeuillées, privées de corps, privées de sépulture, privées de tombes, privées de la vérité.
01:16Aujourd'hui, c'est la vérité qui a gagné sur le mensonge.
01:18Après 6 heures de délibérés, en présence d'un public venu en nombre, le jury a donc suivi les réquisitions des avocats généraux,
01:26reconnaissant que cette nuit, du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines, un féminicide a bien eu lieu.
01:33Même en l'absence du corps de Delphine ou d'aveu de Cédric Jubilard, les éléments ont permis d'établir sa culpabilité.
01:40Les avocats de la défense ont immédiatement annoncé faire appel après s'être entretenus avec leurs clients.
01:49Il réagit comme quelqu'un qui est abattu, mais qui a cette lueur aussi de se dire que tout n'est pas définitif et que peut-être en appel, un autre jury populaire pensera autrement.
02:01Nous sommes déçus, mais nous savions que quoi qu'il arrive, de toute façon, il y aurait un deuxième combat et nous allons nous remettre au travail pour préparer cet appel.
02:14A Cagnac-les-Mines, après 5 ans de procédure, les habitants étaient en attente d'une vérité.
02:20« On ne sait pas, il n'y a pas de preuves, il n'y a pas de corps. Donc voilà, c'est difficile. On le condamne, mais en même temps, je trouve qu'il n'y a rien. »
02:29« La justice a fait ce qu'elle avait à faire. »
02:33« Ça vous avait été surprise ? »
02:34« Non. »
02:36Dans l'après-midi, Cédric Jubilard a quitté le tribunal, escorté par la police, pour rejoindre la prison de Seyss. Son procès en appel aura lieu l'an prochain.
02:45Au chapitre justice, toujours le placement en détention de Nicolas Sarkozy, condamné pour association de malfaiteurs dans l'affaire du financement libyen.
02:53L'ancien président de la République sera incarcéré le 21 octobre prochain, mardi, à la prison de la Santé.
02:58Dès son incarcération, il pourra demander une liberté provisoire. Les juges auront deux mois pour répondre. Son procès en appel se tiendra en mars prochain.
03:08Elle est alertée, elle alertée cette semaine d'ailleurs, sur l'état des prisons en France.
03:12Dominique Simonot est contrôle générale des lieux de privation de liberté.
03:17Elle dénonce dans un avis publié mercredi, cette semaine donc, une vétusté, une insalubrité préoccupante qui porte atteinte aux droits fondamentaux des détenus.
03:25Bonjour à vous, Dominique Simonot.
03:26Bonjour.
03:26Je suis invité de France 24. Merci d'être parmi nous.
03:29Vous êtes contrôle générale des lieux de privation de liberté. En somme, vous contrôlez l'état des prisons en France.
03:34Entre autres, oui.
03:35Entre autres, vous avez donc publié cet avis au journal officiel cette semaine.
03:40Vous parlez de cette vétusté préoccupante.
03:42Vous dites même à un moment, et vous l'avez dit chez nos confrères, notamment de Public Sénat,
03:45que vous avez éprouvé de la honte en visitant ces prisons dans lesquelles vous avez vu des matelas au sol, des rats, des cafards.
03:54Des punaises.
03:55Des punaises de lit. Comment est-ce qu'on en est arrivé là ?
03:57Par négligence et par ce que j'appellerais en France une passion d'enfermer qui fait que, contrairement aux autres pays européens dont on se démarque dans l'Union européenne
04:08et où l'Angleterre prétendument s'y répressive, la France ne se donne pas les moyens de vider ces prisons.
04:16On n'y arrive pas.
04:18Et donc, cet entassement d'êtres humains dans des conditions infectes et dans des bâtiments assez dégoûtants déjà fait que c'est impossible à tenir.
04:30Et c'est dangereux.
04:32Par exemple, on a des installations électriques qui feraient s'évanouir n'importe quel électricien.
04:37On a des fils à nu.
04:38On a une prise et puis 15 fils qui s'en échappent.
04:42Des matelas au sol, des lits superposés, il n'y a pas d'échelle.
04:46Donc, quand vous descendez la nuit pour aller aux toilettes, vous enjambez, vous tombez souvent sur le type qui dort sur le matelas au sol.
04:54Et je suis désolée, mais vous lui pissez au-dessus de la tête parce que souvent la tête est près des toilettes parce qu'il n'y a pas de place.
05:01Mais je ne sais pas si on se rend compte que, et pour les surveillants, parce que ne les oublions pas, leur boulot est devenu infernal.
05:09Et pour les détenus, il faut savoir ce qu'on veut.
05:12On enferme les gens, c'est tout à fait normal parce qu'ils ont commis des fautes.
05:16Mais dans quelles conditions ?
05:17Dans des lieux qui ne respectent pas la loi et dans des lieux qui vont les faire se révolter, leur donner la rage.
05:25Mais moi, je serais là-dedans.
05:26C'est arrivé ça déjà ?
05:27Est-ce qu'il y a eu des mouvements, des soulèvements à l'intérieur même des prisons, d'abord émanant des détenus eux-mêmes pour dénoncer ces conditions de détention ?
05:35Il y en a eu beaucoup, mais dans les années 70 qui étaient des années militantes, je dirais que maintenant il y a des révoltes personnelles, plus personnelles.
05:43Et puis, disons que toute révolte est un peu étouffée par le fait que, comme on dit, les gars sont cachetonnés.
05:49Ils prennent beaucoup de médicaments pour les calmer.
05:52On laisse circuler beaucoup de cannabis.
05:56Les prises, on fait très attention à ne pas en prendre, en saisir trop.
06:00C'est-à-dire qu'on laisse faire, pourquoi ? Parce que sinon ça exploserait, plus les portables.
06:08Et pourquoi est-ce que le personnel pénitentiaire auquel vous pensez aussi, et qui subisse aussi, c'est ce que vous dites, ces conditions-là,
06:15ne se font pas entendre que ce soit la direction de ces prisons ou tout ce qu'on appelle aujourd'hui la pénitentiaire ?
06:23Pourtant, oui, vous avez tout à fait raison.
06:25Parce que quand on arrive, nos équipes arrivent dans les prisons, moi j'arrive, on est accueillis à bras ouverts.
06:30Aidez-nous, aidez-nous, ils vont comprendre, aidez-nous à faire comprendre.
06:34Ça n'est plus possible, c'est épouvantable.
06:36Bon, eh bien, c'est ce qu'on s'efforce de faire, mais la pénitentiaire, eh bien, oui, il faudrait qu'il y a parfois des mouvements de surveillants qui disent
06:46on dépose les clés, on fait grève, c'est plus possible, la surpopulation, ils protestent.
06:50Mais vous voyez, sans grand effet, parce que tout le monde se désintéresse à tort de cette histoire,
06:57parce que de la façon dont traitent les gens à l'intérieur, ça regérira sur la façon dont ils se conduiront dehors.
07:03Au moment de la réinsertion, vous voulez dire ?
07:05Oui, vous savez que la prison a deux jambes, la punition, la réinsertion.
07:09La réinsertion, actuellement, c'est inutile d'y penser dans ces conditions.
07:13L'accès aux soins, l'accès aux activités, au travail est totalement entravé par le nombre de personnes.
07:18Est-ce que les prisons se ressemblent toutes en France ?
07:22Ce que vous constatez, vous dénoncez dans certains centres pénitentiaires,
07:25est-ce qu'il y a d'autres centres de détention qui sont mieux lotis ?
07:28Alors, les maisons d'arrêt se distinguent par leur surpopulation, jusqu'à 250-300%.
07:35Là où se purgent les courtes peines et où attendent les détenus provisoires, en attente de jugement, présumés innocents.
07:4326% en France, quand même.
07:45Et on sait, par exemple, qu'il y a des quartiers qu'on appelle VIP, plutôt confort.
07:50Comment est-ce qu'on explique cette disparité-là ?
07:52Est-ce que c'est quelque chose aussi que vous regrettez ou que vous dénoncez ?
07:56Non, je vois très bien où vous voulez en venir.
07:58Mais je n'ai pas... Je ne sais pas comment vous dire.
08:01Ces quartiers qu'on appelle VIP sont des gens qu'on met à l'abri, en fait, des autres.
08:07Pour les protéger ?
08:08Ah oui, il y a beaucoup de ça.
08:11Et un peu plus de confort pour des gens.
08:14Mais vous voyez, dans les quartiers VIP, il y a des surveillants, des policiers...
08:17Ce que je veux dire par là, c'est que si on est capable de le faire dans des quartiers VIP,
08:21pourquoi est-ce que ce n'est pas appliqué à toutes les prisons ?
08:24Parce qu'il y a 10 cellules, 20 cellules au quartier VIP.
08:27Il n'y a pas 85 000 détenus comme...
08:2983 600 en août dernier contre 62 500 places opérationnelles.
08:34Et 5 500 matelas par terre.
08:375 500 matelas par terre.
08:38Oui. Et là, c'est reparti à la hausse.
08:41Moi, j'ai dit, il faut vider les prisons.
08:43Il faut faire comme au moment du Covid, comme au moment des grâces présidentielles.
08:48Hélas, supprimées par Nicolas Sarkozy en 2009, il faut faire sortir des gens un peu avant la fin de peine.
08:55de manière encadrée par les services pénitentiaires.
08:58Tout dépend du profil, du parcours et de la condamnation.
09:01Lorsque fin août, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait fait savoir que des diagnostics avaient été effectués pour les établissements.
09:07Je crois d'ailleurs qu'il s'était appuyé sur un de vos avis.
09:10Oui.
09:10Donc, pour les établissements les plus vétustes.
09:12Il a également fait savoir que des appels d'offres, au moins deux appels d'offres, avaient été lancés pour la construction de 3000 places de prison modulaires
09:20qu'il promet de construire en 18 mois.
09:22Comment est-ce que vous recevez cette annonce ?
09:24Et preuve déjà qu'il vous écoute.
09:26Oui, enfin, j'aimerais qu'il m'écoute plus, mais bon.
09:30Je trouve que, oui, alors il veut construire des prisons modulaires.
09:34Bon, on parle de 50 places.
09:36C'est des gros blocs de béton, en fait, pour lesquels il ne faut pas de fondation.
09:40J'en ai visité en Allemagne, ce ne sont pas des algécos.
09:43Ce n'est pas comme à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.
09:46Une sorte de préfabriqué, vous voulez dire ?
09:47Oui, ce n'est pas ça.
09:50Donc, c'est des trucs de béton, avec des vrais murs.
09:53Alors, mais si vous voulez, on parle de 50 places livrées à l'automne, on parle de 85 000 détenus.
09:59Mais c'est dérisoire, premièrement.
10:02Deuxièmement, pourquoi s'il veut faire des économies, puisqu'on me répond qu'il n'a pas le budget pour tout rénover,
10:08eh bien, qu'on fasse sortir des gens ?
10:10Un détenu coûte 120 euros par jour.
10:13Eh bien, vous voyez, faites le calcul, vous voyez le loyer que ça fait au bout d'un mois.
10:17Je trouve que ce serait mieux que ces gens-là sortent encadrés, un peu avant la fin de peine, comme je vous le disais, par les services pénitentiaires.
10:23Il nous reste quelques secondes, Dominique Simonot. Ma question est double. Déjà, comment est-ce qu'on se situe, nous, Français, en Europe ?
10:29Est-ce qu'il y a eu déjà des actions en justice pour condamner cette atteinte à la dignité humaine ?
10:33L'État français est sans arrêt condamné, que ce soit par des tribunaux français ou par la Cour européenne.
10:40Premièrement, il y a sans arrêt des recours. Et on se situe très mal parce qu'on est derrière Malte et la Turquie, je crois.
10:46Donc on est troisième.
10:47Oui, c'est-à-dire troisième dans le bas de l'échelle du respect des droits.
10:53Merci beaucoup, Dominique Simonot, contre le général des lieux de privation de liberté. Merci d'avoir répondu à nos questions dans une semaine en France.
10:59Tout autre chose maintenant dans ce magazine avant de le refermer. Direction Marseille, la cité phocéenne et cette nouvelle étape dans la restauration de Notre-Dame-de-la-Garde.
11:07Vendredi, un hélicoptère est venu déposer la couronne redorée qui n'avait jamais quitté la Bonne-mer depuis 1870. Regardez.
11:16C'est la fin d'un chantier de restauration de plusieurs mois. Ce matin, la Bonne-mer retrouvera sa couronne désormais redorée.
11:25Mi-août, pour la première fois depuis 1870, la couronne avait touché le sol marseillais.
11:32Sous bonne escorte, elle avait rejoint la basilique où des curieux étaient venus l'admirer.
11:37Elle était extraordinaire. Moi, c'était mon rêve de l'avoir de près. C'est très, très émevant, en fait. C'est un grand moment de joie.
11:45Un cadeau pour tous les donateurs qui participent à la restauration de Notre-Dame-de-la-Garde.
11:50C'est une manière d'être en proximité avec cette statue et donc d'être en proximité aussi avec la Bonne-mer.
11:58La couronne était plus abîmée que prévue car elle sert de paratonnerre au sommet de la basilique.
12:05C'est elle qui protège à la fois la basilique de manière concrète, Marseille de manière symbolique.
12:11Mais cette couronne sert aussi à recevoir tous les éclats des orages et des éclairs.
12:15Il aura fallu deux mois pour qu'elle retrouve son éclat. L'inauguration de la statue aura lieu le 7 décembre.
12:24Ainsi s'achève votre magazine. Merci à vous.
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