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00:00Cette nomination historique hier au Japon, celle de Sanae Takahishi au poste de première ministre.
00:06Cette nationaliste de 64 ans est la première femme à obtenir cette fonction.
00:10On va s'intéresser à sa personnalité, son parcours ou encore à son programme économique pendant 45 minutes.
00:17On va en parler avec Guy Bourdelamotte, professeur à l'INALCO en sciences politiques, spécialiste du Japon,
00:22et César Castelvi, sociologue, maître de conférences en études japonaises à l'université Paris-Cité.
00:28Bonjour à tous les deux et merci d'être avec nous.
00:30Bonjour.
00:44Une première ministre, une femme, la toute première dans l'histoire du Japon.
00:48La conservatrice Sanae Takahishi a été nommée hier.
00:51Elle a formé une alliance avec le Parti japonais pour l'innovation, une formation de centre droit.
00:56Je vous propose d'écouter les précisions de Léo Péchard et on en parlera ensuite avec nos invités.
01:02Une photo de famille gouvernementale avant la première conférence de presse de Sanae Takahishi.
01:08Tenant d'une ligne conservatrice dure, la nouvelle première ministre japonaise s'engage à bâtir un Japon fort.
01:14Je suis fermement déterminée à bâtir une économie japonaise forte et à protéger les intérêts nationaux du Japon par le biais de la diplomatie et de la sécurité.
01:26Stagnation des salaires, inflation, dette publique record et vieillissement de la population, l'économie est l'un des principaux chantiers du gouvernement.
01:34Pour y faire face, Sanae Takahishi compte s'inspirer de son mentor, l'ex-premier ministre Shinzo Abe, en mettant en place un plan de relance.
01:44Une politique monétaire accommodante et des dépenses publiques qui ne devraient pas diminuer.
01:49En parallèle, elle entend soutenir le pouvoir d'achat par des allègements fiscaux.
01:54Sur le plan migratoire, la première ministre souhaite revoir les politiques d'entrée sur le territoire.
01:59Un discours anti-immigration qui interroge les milieux économiques sur la disponibilité de main-d'oeuvre étrangère alors que la démographie du pays est déclinante.
02:09Ses positions nationalistes faisaient aussi redouter une dégradation des relations régionales, notamment avec la Chine et la Corée du Sud.
02:16Mais ses dernières déclarations ont montré qu'elles savaient faire preuve de diplomatie.
02:19Je souhaite voir le Japon et la Corée du Sud développer une relation stable et tournée vers l'avenir.
02:30J'espère m'entretenir avec le président sud-coréen.
02:34Enfin, c'est sur le plan parlementaire que la nouvelle première ministre devra agir.
02:38Le parti libéral-démocrate dont elle est la présidente ne dispose pas de la majorité au parlement et ne peut plus compter sur son partenaire centriste du Komeito qui a rompu son alliance historique.
02:51Sanae Takichi devra agir comme fine négociatrice auprès des autres partis si elle veut voir ses lois votées par les parlementaires.
02:59Et durant cette émission, on fera le tour de tous ces thèmes évoqués par Léo Péchard.
03:03Guibourg de Lamotte, comment est-ce qu'elle en est arrivée là, Sanae Takichi ?
03:07Qu'est-ce qui fait que c'est elle la première femme arrivée au pouvoir au Japon ? Qu'est-ce qui la différencie ?
03:11Je pense que c'est une femme qui a beaucoup de personnalités.
03:14Vous l'avez peut-être dit dans d'autres éditions, mais enfin, elle est ancienne batteuse dans un groupe de rock.
03:21Ancienne présentatrice aussi ?
03:22Ancienne présentatrice. Elle adore le heavy metal quand même.
03:24C'est une bikeuse. Enfin, c'était une bikeuse.
03:27Et puis, c'est une femme qui a fait un parcours ensuite politique auprès d'Abe Shinzo,
03:31dont elle a été très proche, ancien Premier ministre de 2012 à 2020,
03:36qui a beaucoup marqué le Japon, beaucoup marqué aussi le parti et dont elle était proche.
03:41Et elle a bénéficié du soutien de proches d'Abe qui ont été décisifs, ces soutiens.
03:49L'un de ces modèles à Sanae Takichi, c'est Margaret Thatcher.
03:52On reviendra tout à l'heure sur son programme économique.
03:55Mais qu'est-ce que ça augure pour le Japon que celle que l'on surnommait la Dame de Fer
03:59inspire la nouvelle Première ministre ?
04:01Alors, moi, je partage tous les éléments de personnalité qui sont mis en avant
04:08depuis son arrivée à la tête du PLD.
04:11Ce sont des choses tout à fait vraies.
04:13Mais si on prend une position un peu de côté,
04:18on pourrait dire qu'à part le fait que c'est une femme,
04:21dans son parcours, il n'y a pas tellement de choses qui la diffèrent de parcours d'homme politique.
04:27Et alors, si on regarde ses positions, c'est un petit peu la même chose.
04:29Ce n'est pas du tout quelqu'un qui va, justement, sur le plan de ses idées,
04:33ou sur le plan de sa stratégie de communication,
04:37mettre en avant sa position de femme, une vie de famille, ce genre de choses.
04:41Pas du tout.
04:42Finalement, c'est assez classique.
04:45C'est même ça, peut-être, qu'on pourrait mettre en avant
04:46si on compare son parcours à elle, à celui d'autres femmes politiques au Japon.
04:51À savoir qu'elle a monté les échelons petit à petit.
04:54Elle est entrée en politique assez tôt.
04:56Alors que si on voit ce qui se passe pour d'autres femmes
04:59qui deviennent parlementaires au Japon au cours de leur carrière,
05:02en général, ça arrive plus tard.
05:04Avec des chemins, des premières parties,
05:07des premières carrières professionnelles dans d'autres milieux.
05:10Ou alors, arriver en politique parce qu'on est la fille de quelqu'un, etc.
05:15Pour Takahiti Sanae, ça n'est pas du tout le cas.
05:18Et en ça, en fait, elle a un parcours qui est assez proche de celui
05:21que pourraient avoir des hommes politiques aux jeunes.
05:23On va en parler, justement. Allez-y, vous l'y réagir.
05:25Simplement que c'est vrai que beaucoup d'hommes politiques
05:27sont justement des héritiers en politique.
05:28Il y a beaucoup moins de femmes politiques,
05:30donc beaucoup moins d'héritiers aussi par la force des choses.
05:32Et elle, ce n'est pas son cas.
05:34Donc elle a un père qui était salarié,
05:38et puis une mère qui travaillait également.
05:41Et donc, ce n'est pas quelqu'un à qui la politique est arrivée au berceau,
05:45comme beaucoup d'hommes.
05:46Par exemple, on voyait là une image de Koizumi
05:48qui était son rival à la tête du parti
05:51et qui est le fils d'un premier ministre,
05:54et puis même homme politique depuis 4 ou 5 générations.
05:58Donc elle est dans une situation où elle a conquis la politique,
06:02disons qu'il a fallu qu'elle se fasse une place dans ce parti.
06:05Donc c'est pour ça qu'elle ne met pas en avant les positions féministes.
06:08C'est que de fait, pour se faire une place dans un parti
06:10quand même assez largement dominé par des hommes,
06:12surtout, elle a 60 ans, donc vous le disiez, plus de 60 ans,
06:15il fallait être du même côté quand même.
06:18Si on se plaçait dans un autre camp, on était sûr d'être minoritaire.
06:21Donc ça, c'est son arrivée et le fruit d'une stratégie judicieuse aussi.
06:25J'aimerais qu'on parle de la politique japonaise.
06:27Elle est la cinquième première ministre en 5 ans.
06:30Alors on n'a pas de leçons à donner au Japon, nous, ici, en France.
06:34Mais qu'est-ce que ça traduit ?
06:36Alors, de toute façon, ça fait maintenant une vingtaine d'années que...
06:43En fait, il y a eu une période peut-être un petit peu exceptionnelle.
06:45C'est la longévité d'Abe Shinzo entre 2012 et 2020,
06:52qui a été historique depuis que le Parti libéral-démocrate est au pouvoir au Japon.
06:59Mais avant cette période-là et après cette période-là,
07:04des premiers ministres qui restent très longtemps en pouvoir,
07:07ce n'est pas si commun que ça.
07:09C'est pour ça qu'Abe Shinzo, il y avait quelque chose de très particulier.
07:11Donc, finalement, pour moi, ça relève plus d'une espèce de continuité.
07:17Alors, quant à savoir si ça va durer simplement un an,
07:20comme c'est assez souvent le cas, ou plus,
07:23pour l'instant, c'est assez difficile à dire.
07:25Mais sur les éléments, en tout cas, en lien avec sa position,
07:29la coalition qu'elle a créée pour réussir à aller au pouvoir,
07:31c'est impossible de faire des prédictions, à mon avis.
07:33Et justement, cette coalition, elle n'a pas la majorité absolue au Parlement.
07:37À deux voix près, comment elle va faire pour dealer avec les autres formations
07:40pour faire passer ces mesures ?
07:43Alors, elle a quand même un certain soutien, là, maintenant, dans le...
07:47Disons, en tout cas, parmi les électeurs, évidemment, du Parti libéral-démocrate,
07:53elle est populaire, surtout chez les jeunes.
07:55Alors, ça, c'est un petit segment seulement de l'électorat, bien sûr.
07:58Et à la diète, elle était arrivée en tête, alors, de peu de voix,
08:08face à son rival non-coisémique, qu'elle a intégrée au gouvernement.
08:11Et si on regarde la manière dont elle a composé son gouvernement, là,
08:13pour le moment, pour ce qu'on en sait, elle a inclus...
08:17Alors, deux membres, enfin, M. Assault, qui l'a soutenu,
08:20dont le soutien a été décisif, va rester vice-premier ministre,
08:24ce qu'il était déjà.
08:25Et puis, quelqu'un de sa faction, un de ses proches,
08:28un de ses acolytes, disons, est nommé secrétaire général du Parti.
08:31Donc, ça veut dire qu'elle consacre, disons,
08:34ce groupe parlementaire comme étant...
08:37comme ayant une assise forte au sein du Parti.
08:40Mais sinon, pour le reste, elle a donc inclus ses anciens rivaux,
08:44Hayashi, qu'elle a nommé ministre,
08:48et un poste qui est intéressant pour lui,
08:52parce qu'il est aux affaires générales,
08:56ce qui est un poste très important.
08:57Et auparavant, il a plutôt été aux affaires étrangères.
09:00Voilà.
09:00Donc, c'est lui donner une place nouvelle
09:02et lui permettre éventuellement d'être premier ministre.
09:05Ensuite, après, il est plus jeune qu'elle.
09:08Koizmi, donc, qui était l'environnement à l'agriculture,
09:10elle le nomme, là, maintenant, à la défense.
09:12Un poste tout à fait central dans sa stratégie.
09:14Et là, c'est amusant, parce que vous voyez,
09:17quand on réfléchit au catalogage,
09:18eh bien, elle est dépeinte comme un personnage de droite.
09:23Bon, Koizmi, lui, était dépeinte comme un personnage
09:25beaucoup plus de centriste, en tout cas, dans le parti.
09:29Bon, là, elle le place à la défense.
09:30Et il adopte tout à fait le même discours.
09:33Donc, vous voyez, on a envie de mettre des catégories,
09:35mais ce n'est pas si simple que ça.
09:36Elles sont assez fluides.
09:37Toujours est-il que pour revenir à sa stratégie,
09:39elle a donc donné une place à chacun de ses rivales
09:42et elle essaye de rassembler le parti.
09:44Elle essaye de le rassembler
09:46et puis d'incarner un renouvellement en même temps.
09:48Donc, c'est un peu une gageur.
09:51Et elle a placé aux finances aussi
09:53une femme qui est issue du ministère des Finances,
09:55qui est un choix judicieux.
09:56C'est la première fois qu'une femme
09:57est au ministère des Finances aussi.
09:59Parce que souvent, on voit justement les femmes
10:01sur des postes comme la promotion de la natalité, etc.
10:04Alors, ça a commencé à changer un petit peu
10:05ces dernières années.
10:06Elle-même avait été à la sécurité économique,
10:08donc des postes plus stratégiques.
10:10Mais, toujours est-il que voir une femme aux Finances,
10:14là aussi, alors que c'est un poste aussi crucial,
10:17c'est également un signal politique.
10:19Allez-y, vous voulez réagir ?
10:20Et peut-être, oui, on peut ajouter aussi
10:22qu'on aurait pu s'attendre,
10:25et c'est elle-même qui l'avait déclarée
10:26à partir du moment où elle accède à la présidence du PLD,
10:29dans la constitution du premier gouvernement,
10:31essayer d'augmenter le nombre de femmes
10:33présentes au gouvernement.
10:35Elle voulait un gouvernement à la Scandinave.
10:36À la Scandinave, oui.
10:37Ce qui est quand même assez fort comme message,
10:39finalement, ça n'est pas le cas.
10:41C'est deux femmes.
10:42Alors, c'est vrai que le ministère des Finances,
10:44c'est une position quand même de poids,
10:47mais l'autre femme qui récupère un poste
10:51au sein de ce gouvernement
10:52n'a pas une position aussi centrale.
10:55Et surtout, c'est le rappel
10:58qu'en fait, elle a fait face à un mur derrière tout ça.
11:00C'est-à-dire que même si elle,
11:01on peut partir du principe
11:02qu'elle avait vraiment envie de faire ça,
11:03si elle n'a pas pu le faire,
11:04c'est aussi parce qu'au sein des parlementaires,
11:07parmi lesquels elle est en droit
11:10de constituer son gouvernement,
11:11il y a aussi très peu de femmes.
11:12Donc, elle n'avait pas l'embarras du choix
11:14pour le faire.
11:16Oui, c'est ça, tout à fait.
11:17En fait, quand on compose un gouvernement,
11:19c'est pas comme si j'en avais l'expérience,
11:21mais enfin, on se rend bien compte
11:23qu'il ne suffit pas,
11:24enfin, ce n'est pas une question de genre.
11:25Enfin, il y a quand même des éléments
11:28qui doivent primer.
11:29Donc, d'abord, la stabilité.
11:30Et donc là, sa stratégie est d'associer
11:33les anciens rivaux,
11:35de s'assurer que le parti est quand même satisfait.
11:38C'est un parti qui est quand même brisé,
11:40quelque part.
11:41Il se remet de scandales importants.
11:43Voilà, de nombreux scandales.
11:44Voilà.
11:45Et donc, en fait,
11:47ces scandales ont abouti
11:48à la dissolution des factions,
11:50qui étaient des groupes
11:51qui structuraient le parti
11:53et donc qui rendaient plus prévisibles
11:54aussi les élections.
11:55Donc là, il faut se remettre
11:57de ces chocs.
11:59Et donc, la stabilité.
12:02Ensuite, outre ça,
12:03il y a l'efficacité.
12:05Elle a une politique à promouvoir.
12:07Donc là, il faut qu'elle s'assure
12:08quand même qu'elle nomme
12:08parmi ces gens
12:09des personnes qui sont d'accord avec elle,
12:11qui vont l'accompagner,
12:12qui vont être, en tout cas,
12:13solidaires dans les objectifs.
12:16Bon, ce qui est quand même
12:17assez souvent le cas, en principe,
12:18au PLD,
12:18parce qu'ils ont un processus décisionnel
12:20qui tend à souder.
12:22Et puis ensuite, il y a la compétence.
12:24La compétence,
12:25l'expérience.
12:26Donc, combien de femmes
12:26de ministrables ?
12:28Là, elle a nommé une femme
12:29d'ailleurs qui a 42 ans,
12:31à la sécurité économique précisément.
12:33Première femme,
12:35enfin, c'est la première fois
12:36qu'elle est en cabinet.
12:38Et c'est jeune,
12:39pour rentrer au gouvernement.
12:42C'est une femme d'ailleurs
12:43qui est intéressante
12:43parce qu'elle est à moitié américaine.
12:46Donc, elle a fait ce travail
12:49de chercher des femmes plus jeunes.
12:51Mais enfin, on ne peut pas le faire
12:52indéfiniment non plus.
12:53Effectivement, de fait,
12:54pour être ministrable,
12:55il faut quand même
12:55avoir une certaine expérience.
12:58Enfin, vous voyez,
12:59il ne suffit pas d'arriver
13:00et d'avoir des idées
13:03ou d'avoir des envies.
13:04Enfin, il faut être capable
13:05de les mener à bien,
13:06de faire avancer des équipes.
13:08Et il y a un équilibre
13:09à tenir avec la haute administration,
13:11etc.
13:11Donc, tout ça suppose
13:12un savoir-faire, en fait.
13:14Il y a des rivalités
13:15entre ministères.
13:15Donc, toute cette compétence
13:17et tous ces paramètres,
13:19enfin, ces trois paramètres,
13:20disons, pour lister ceux-là,
13:22eh bien, ils sont obligés
13:23de l'emporter sur le critère
13:24du genre.
13:26Voilà.
13:26On parlait de la coalition
13:28et de sa durée.
13:30Donc là, elle s'est orientée
13:31vers un parti
13:32qui est intéressant,
13:35qui n'est pas le plus populaire
13:37des partis d'opposition.
13:39Mais enfin, le plus populaire
13:41est le plus grand parti d'opposition,
13:42mais donc, il n'était pas d'accord
13:43pour entrer en coalition.
13:44Enfin, en tout cas,
13:45il envisageait lui-même
13:46d'essayer de former une coalition
13:47pour renverser le PLD.
13:49Donc, c'était compliqué.
13:50Et donc, elle a pris,
13:51elle a pris à revers, finalement,
13:53elle a pris de vitesse
13:54cette tentative
13:56en se rapprochant d'un parti
13:58qui, somme toute,
14:00n'a jamais accédé au pouvoir.
14:01Donc, c'est une opportunité pour lui,
14:03une chance pour lui.
14:05Et puis, qui est une image
14:06assez jeune.
14:07Et puis, sur un plan électoral,
14:08c'est certainement une bonne idée
14:09parce qu'il est basé à Osaka.
14:10Donc, il est plus limité
14:13dans son ampleur.
14:16La coalition, pour répondre
14:17sur la durée que l'on a,
14:19enfin, la durée de vie possible,
14:21en fait, là, Mme Sanae
14:22a devant elle, normalement,
14:23deux ans
14:23parce qu'elle finit le mandat
14:24à la présidence du parti
14:25de M. Ishiba.
14:27Et ensuite, les prochaines élections,
14:28donc, de toute façon,
14:29elle doit être élue
14:30à la tête du parti.
14:31Mais à terme,
14:32la législature est jusqu'en 2028.
14:34Donc, il y a un petit temps
14:35quand même sans élection
14:37qui peut lui laisser
14:38un petit peu de marge
14:42pour faire ses preuves.
14:44Donc, on verra, de fait,
14:45comment ça se passe.
14:47On va passer au volet économique.
14:49Le Japon est la quatrième économie mondiale.
14:51Et pourtant, on parle d'un pays,
14:53d'une économie à bout de souffle,
14:55une croissance au ralenti.
14:57Quels sont les défis principaux
14:58qui attendent Sanae Takahashi ?
15:01Alors, la liste serait longue,
15:04mais si on essaie de faire
15:05des parallèles
15:05avec ce qui peut intéresser
15:06aussi les gens en France,
15:08bon, il y a la question
15:09des finances publiques
15:10qui est un gros sujet au Japon
15:12avec une dette publique abyssale,
15:14alors qui pose...
15:16La plus importante du monde
15:17après le Soudan.
15:17Voilà, l'une des plus importantes au monde,
15:21mais qui est toujours,
15:23en tout cas, contrebalancée
15:25par le fait que c'est une dette
15:26qui est possédée par des personnes
15:28qui sont elles-mêmes au Japon.
15:29Donc, la dépendance à l'étranger
15:30n'est pas la même.
15:31Enfin, toujours est-il
15:32que c'est un gros sujet.
15:34Un autre élément
15:35qui peut être donné,
15:37qui est à la fois...
15:38qui relève de l'économie,
15:39mais de la structure même
15:40de la société japonaise,
15:42c'est la question
15:42de la population,
15:44du vieillissement de la population,
15:46de la diminution de la population
15:47et de son impact
15:49sur le marché du travail japonais,
15:52dans la mesure où,
15:53pour faire fonctionner
15:54l'économie japonaise
15:55de la même façon,
15:57pour continuer de la faire croître,
15:59avoir de la croissance,
15:59il faut des gens
16:01en mesure de travailler
16:02et puis aussi de consommer.
16:03Et ça, ça nous fait arriver
16:05à une thématique
16:06sur laquelle on reviendra sans doute,
16:07mais la présence
16:09de travailleurs étrangers
16:10dans la société japonaise
16:11et leur nette augmentation
16:13en l'espace d'une quinzaine d'années
16:15n'est pas due au hasard.
16:17C'est le résultat de politiques
16:20mises en place
16:21par le parti de Takahiti Sanae
16:24qui risque de se retrouver
16:26dans une position
16:27un petit peu délicate
16:29sur la marge de manœuvre.
16:31Il faut répondre
16:31à des inquiétudes,
16:34à un vent,
16:36peut-être une mode
16:37un petit peu politique,
16:38alors que dans le même temps,
16:39pour que l'économie fonctionne,
16:41de fait,
16:41ces personnes
16:42sont très largement nécessaires.
16:44Et le Japon a besoin
16:45de main-d'œuvre.
16:46Il a besoin
16:46de ces travailleurs étrangers.
16:48Pour la 18e année consécutive,
16:50il perd des habitants, le Japon.
16:52Oui, oui, oui, absolument.
16:54Et donc, de fait,
16:55c'est en 2014
16:56que M. Abe avait mis en place
16:58des...
16:59En 2018, pardon,
17:01que M. Abe avait mis en place
17:02des mesures permettant
17:03d'introduire une main-d'œuvre immigrée,
17:04mais...
17:05Alors, c'est passé par une loi,
17:06de manière très limitée, en fait.
17:09Donc, il est peu probable
17:09qu'à dire vrai, Madame Sanae,
17:11revienne sur ce volet
17:12parce que c'est tellement important
17:13pour l'économie,
17:14et en fait, les problèmes
17:15qui ont été exposés
17:16ces derniers temps,
17:16c'est une sur...
17:18Comment dire ?
17:19Un tourisme très massif
17:21et très soudain, en fait,
17:22dont les Japonais
17:23n'avaient pas l'habitude
17:24et qui est concentré
17:25sur Tokyo, Kyoto,
17:27dont les bénéfices,
17:29disons, pour le reste du pays
17:30ne sont pas immédiatement visibles,
17:33et puis qui entraînent
17:34dans ces endroits-là
17:35trop de monde,
17:39enfin, et puis...
17:40Et puis des groupes
17:42de touristes
17:43relativement indisciplinés,
17:44comme on le sait,
17:45nous ne sommes pas des modèles
17:46en matière de...
17:46Oui, elles s'en éprisent
17:47aux touristes,
17:47on y reviendra, oui, tout à l'heure.
17:48Donc ça, c'est un aspect,
17:49disons, qui quand même irrite,
17:52disons.
17:52Mais après,
17:53il y a un autre aspect
17:53qui pose plus problème,
17:54c'est en fait
17:55les investissements immobiliers
17:57de la part de Chinois fortunés
18:00qui mettent un peu leur argent
18:02hors de leur pays.
18:04Donc c'est eux
18:05qu'elles ciblent
18:05quand elles ciblent les...
18:06C'est ça.
18:07Et parce qu'en fait,
18:08le problème que ça pose,
18:09et c'est un problème
18:09qu'on rencontre en fait
18:10dans toutes les capitales,
18:11c'est que ces investissements
18:12immobiliers suscitent
18:13une augmentation des prix,
18:14génèrent une augmentation
18:15des prix,
18:15alors dont bénéfice,
18:16si les personnes qui vendent,
18:18bien sûr,
18:18les agents immobiliers
18:19et puis donc toute une catégorie
18:21de personnes autour
18:21de ces transactions.
18:23Mais enfin, néanmoins,
18:24les primo-accédants au Japon
18:25sont évincés du marché
18:26comme ailleurs.
18:29Et c'est un problème
18:30dans un contexte qu'on disait
18:32d'érosion du pouvoir d'achat,
18:34de baisse du niveau de vie,
18:35de baisse des salaires
18:36ou de stagnation des salaires
18:37et de stagnation de l'économie.
18:39Ça, c'est un point
18:41sur les immigrés.
18:43Je voulais juste faire
18:43peut-être un petit retour
18:45sur les attentes des Japonais,
18:46les priorités en termes,
18:48disons,
18:49c'est bien effectivement
18:50le pouvoir d'achat,
18:51dont vous en parliez.
18:53L'inflation, oui.
18:53Voilà, l'inflation,
18:55l'aide à la natalité,
18:58enfin c'est-à-dire en fait
18:59la politique familiale.
19:01Un quart de la population
19:02aujourd'hui a plus de 65 ans au Japon.
19:04Eh oui.
19:05Eh oui.
19:05Oui.
19:06Alors après,
19:08et donc juste la dernière priorité,
19:11ce sont les retraites.
19:12Retraite, c'est une situation
19:13qu'on connaît ici aussi,
19:14mais justement,
19:15à cet égard,
19:15donc natalité ou retraite,
19:16enfin,
19:17ou tout simplement vieillissement,
19:19le point qui se...
19:20Enfin, là où les choses
19:21se présentent différemment,
19:22c'est un peu comme
19:22la dette publique,
19:24au Japon,
19:24dans France,
19:25c'est que les gens travaillent
19:26beaucoup plus longtemps
19:26que chez nous.
19:27Donc,
19:28il y a bien un problème
19:29de financement
19:30et de viabilité,
19:32disons,
19:32des systèmes de retraite,
19:33mais enfin,
19:34il est moins grave
19:35que chez nous
19:35dans la mesure
19:36où les personnes
19:37peuvent continuer
19:38à travailler
19:38jusqu'à 70 ans,
19:40à mi-temps,
19:41en fait,
19:41un petit peu comme
19:42le système chômage
19:43marche chez nous,
19:43on peut travailler
19:44quelques heures
19:45et rester bénéficiaire
19:46de son allocation.
19:47La pension de retraite
19:48fonctionne de la même manière,
19:49on peut être à la retraite
19:50mais continuer à travailler
19:51et toucher sa pleine retraite
19:52plus tard.
19:53Et ça fonctionne bien,
19:56c'est très agréable,
19:58en fait,
19:58pour beaucoup,
19:59beaucoup de gens
19:59de pouvoir continuer
20:00à avoir une insertion
20:01dans le milieu du travail,
20:03à valoriser leurs compétences.
20:05C'est quelque chose
20:05qu'on a un petit peu de mal
20:06à concevoir,
20:07parfois,
20:08ici.
20:09Mais,
20:10alors,
20:11ça ne veut pas dire
20:11que ça convienne
20:11à toutes les situations,
20:12bien sûr,
20:13mais c'est tout de même
20:15satisfaisant
20:17pour beaucoup de gens
20:18qui restent actifs
20:19de cette manière
20:19et impliqués socialement,
20:21disons.
20:22En tout cas,
20:22pour revenir au financement,
20:24la situation est un petit peu
20:26moins,
20:26de ce point de vue-là,
20:27préoccupante.
20:28Mais enfin,
20:28néanmoins,
20:29le vieillissement est ce qu'il est.
20:30Donc,
20:31pour l'économie,
20:31ça pose toutes sortes
20:32d'enjeux
20:33à court et moyen terme.
20:35Et toujours sur...
20:36Allez-y.
20:36Oui,
20:37c'était pour rebondir
20:39sur ce qui vient d'être dit
20:40et compléter à la fois
20:42la thématique
20:44des liens
20:44entre économie,
20:46marché du travail
20:47et la situation
20:48démographique du Japon.
20:50Pour l'instant,
20:50les solutions trouvées
20:52pour pallier
20:53au manque
20:54de main-d'oeuvre,
20:55évident,
20:56alors il y a
20:56faire venir
20:57des travailleurs étrangers.
20:58Ça,
20:58c'est beaucoup plus visible
21:00maintenant dans la société japonaise
21:01que ça n'était le cas
21:02il y a 15 ans
21:02où maintenant
21:03vous allez vous balader
21:04dans n'importe quelle grande ville
21:05et les personnes
21:06qui travaillent
21:06dans les super-êtes,
21:07bon,
21:07clairement,
21:08ne sont pas des personnes
21:09qui viennent du Japon
21:11ou même des pays
21:12d'Asie de l'Est.
21:13Donc,
21:13il y a des transformations
21:13visibles par tout le monde.
21:14Et les autres solutions,
21:15c'est faire travailler
21:17des personnes âgées
21:18plus longtemps,
21:19c'est aussi solliciter
21:21davantage une présence
21:22des femmes
21:22dans le marché du travail.
21:23Parce qu'il y a eu
21:24toute une période
21:24de l'histoire,
21:27oui,
21:27au cours desquelles
21:27elles ont eu tendance
21:29à être un peu
21:30en retrait,
21:31en tout cas dans la force
21:32de travail
21:32qu'on peut identifier
21:33dans les statistiques,
21:34on va dire.
21:35Et là,
21:36les messages
21:37qui sont envoyés
21:37peut-être depuis son arrivée
21:39par Takahichi Sanae
21:40sont assez clairs
21:42sur son rapport au travail.
21:44Le message,
21:45c'est au travail,
21:46au travail,
21:46au travail.
21:47Une des premières déclarations
21:48qu'elle a faites
21:49au moment où
21:50elle est arrivée
21:50à la présidence du PLD,
21:52c'était de dire
21:52que l'équilibre
21:54travail,
21:56vie familiale,
21:56travail,
21:57ce n'était pas
21:57sa priorité.
22:00Et c'est quelque chose
22:01qui va un petit peu
22:03à l'encontre
22:04d'un certain nombre
22:05de décisions
22:06ou de politiques publiques
22:07qui ont pu être
22:07mises en place
22:08au cours des années 2010
22:09dans l'espoir
22:10de pouvoir laisser
22:12les gens travailler
22:12pour que l'économie fonctionne,
22:14mais de leur laisser
22:15un petit peu de temps
22:16pour éventuellement
22:17essayer de fonder une famille.
22:18La question
22:19de l'équilibre
22:20vie professionnelle,
22:21vie privée
22:21était assez centrale.
22:23Donc,
22:24à voir ce que ça va donner
22:25et une petite anecdote,
22:27je terminerai là-dessus,
22:28dans l'éditorial
22:29d'un journal japonais
22:31qui est le
22:31Sankei Sinbun,
22:32qui est le grand quotidien,
22:33enfin un des grands quotidiens
22:34plutôt conservateurs,
22:35donc dans la ligne éditoriale
22:36et en tout cas,
22:38quand on lit l'édito,
22:39ils sont plutôt contents
22:41de l'arrivée
22:41de Takahiti Sanae.
22:42La dernière ligne
22:43de l'éditoriale
22:44était
22:44attention Sanae Saint,
22:47attention à ne pas
22:47vous surmener,
22:48en tout cas,
22:48on sait que vous êtes
22:49proactif dans le travail,
22:53mais vous avez une équipe
22:54et il va falloir
22:55travailler avec elle.
22:56C'est un message
22:57comme ça,
22:57en dernière ligne,
22:58qui m'a un petit peu surpris,
22:59mais qui en dit
23:01assez long, je trouve.
23:02Alors, la dernière femme
23:04à avoir dirigé le Japon,
23:05c'était une impératrice.
23:07Elle s'appelait
23:07Go Sakuramachi,
23:09c'était en 1762.
23:11Qu'est-ce qui explique
23:12qu'au Japon,
23:13ce soit si compliqué
23:14pour une femme
23:14d'accéder à des postes
23:16à haute responsabilité ?
23:17C'est vraiment quelque chose
23:23qui, pour l'instant,
23:25est devenu structurel,
23:27mais si on voit ça
23:28sur un temps long,
23:29les choses ne se sont pas
23:30toujours passées
23:31de cette façon-là.
23:32On dirait que là,
23:33dans la société japonaise
23:35actuelle,
23:35la grande difficulté
23:37des femmes
23:38à occuper
23:39des positions importantes,
23:40aussi bien dans un gouvernement
23:41ou dans un parlement
23:42que dans des entreprises,
23:43ce sont des choses
23:44qui se sont figées
23:47tout au long,
23:48surtout du XXe siècle
23:50et qui sont le modèle
23:52sur lequel on débouche
23:54aujourd'hui.
23:54Et on retrouve ça
23:55dans tous les mondes
23:56liés au pouvoir.
23:58Alors, la politique,
23:59bien sûr,
23:59la haute fonction publique.
24:00On retrouve ça
24:01dans les médias,
24:03aussi,
24:03où les femmes sont
24:04très peu nombreuses
24:05parmi les journalistes.
24:07Et c'est toujours
24:09plus difficile,
24:10disons que,
24:11sans mise en place
24:12de politique publique
24:14forte,
24:15un peu coercitive.
24:17Il faut savoir
24:17que les politiques publiques
24:18au Japon,
24:18elles sont très souvent
24:19incitatives.
24:20On crée des lois
24:21en demandant aux gens,
24:22aux entreprises
24:23de faire des efforts,
24:24mais on n'a pas
24:25de mise en place
24:26de quotas
24:26qui, s'ils ne sont pas
24:28respectés,
24:28vont donner lieu
24:28à des amendes.
24:30Et donc,
24:30ben voilà,
24:31on fait arriver...
24:31Ça n'encourage pas.
24:33Voilà,
24:33on n'encourage pas,
24:34on ne pousse pas
24:35de façon forte
24:37à avancer
24:38en la matière.
24:38Et donc,
24:40la situation évolue
24:41petit à petit,
24:42mais c'est très difficile
24:45quand on a en tête,
24:46c'est vraiment
24:47des choses aussi centrales
24:49que l'organisation
24:49de la famille,
24:51la division du travail
24:53au sein du couple
24:54et les attentes
24:54vis-à-vis des parents
24:57et des mamans,
24:58notamment par rapport
24:59aux parents
24:59dans l'éducation
25:00des enfants.
25:01L'investissement
25:01dans le travail,
25:03la présence
25:03en entreprise,
25:05partir en campagne
25:06pendant plusieurs semaines,
25:08plusieurs mois,
25:08etc.
25:08si quelqu'un va faire
25:10dans le couple
25:11le sacrifice
25:12de ses activités.
25:13Encore aujourd'hui,
25:14ce sont très souvent
25:14les femmes.
25:15Et ça,
25:15dès le départ,
25:17ce n'est pas forcément
25:17des lois qui interdisent
25:19leur arrivée.
25:19Non,
25:19on a des éléments,
25:21des murs structurels
25:22comme ça
25:22qui restent assez forts.
25:24Allez-y.
25:24Moi,
25:25j'ai envie de dire,
25:25si vous voulez,
25:26que je suis tout à fait d'accord
25:27avec ce qui a été dit,
25:27ceci dit,
25:28mais j'ai le sentiment
25:30que les choses
25:30ne sont pas très différentes
25:31en fait ailleurs.
25:33C'est-à-dire,
25:33il y a des pays
25:33où de fait,
25:34on a été très actifs,
25:35mais en fait,
25:36et puis ça a fait
25:36une différence.
25:37Dans les pays scandinaves,
25:38effectivement,
25:39la place des femmes
25:39a changé
25:40dès que des politiques
25:41très proactives
25:42ont été mises en place.
25:44Avant,
25:45ce n'était pas des pays
25:45particulièrement libéraux.
25:47Donc,
25:48de fait,
25:48les politiques
25:49peuvent faire une différence.
25:51Et si on regarde
25:53cette espèce de structure
25:55où c'est en fait
25:55le modèle bourgeois
25:56où la femme
25:58arrête de travailler
25:58parce que le mari
25:59peut s'occuper d'elle,
26:00parce qu'il a un salaire
26:00suffisamment confortable,
26:02qui peut...
26:02Vous voyez,
26:03c'est un statut aussi.
26:04Donc,
26:05ça,
26:05c'est en train de changer
26:06de fait avec le niveau de vie.
26:07Donc,
26:07les femmes se mettent
26:08à travailler.
26:09Alors,
26:09elles prennent plutôt
26:09des emplois
26:10un peu,
26:12vous voyez,
26:12quelques heures par semaine,
26:13des emplois qui sont
26:14des emplois secondaires
26:15et de...
26:18Et donc,
26:19qui ne sont pas...
26:20qui ne sont pas
26:20très satisfaisants
26:21intellectuellement,
26:22certainement,
26:22mais qui offrent
26:23une grande flexibilité.
26:25Donc,
26:25bien sûr,
26:26le rattrapage,
26:26disons,
26:27enfin,
26:27le rattrapage des femmes
26:28par rapport aux hommes
26:29prend du temps,
26:29mais ça prend du temps
26:30chez nous aussi,
26:31en réalité.
26:32Et finalement,
26:33souvent,
26:33en fait,
26:34les différences se voient
26:35mieux au Japon
26:35ou sont même mieux admises
26:36ou plus dites,
26:38enfin,
26:38plus verbalisées au Japon.
26:40Mais,
26:40somme toute,
26:41si vous demandez
26:41au moment français,
26:42enfin,
26:42c'est quand même aussi
26:43beaucoup elles
26:43qui s'occupent plus
26:44des enfants,
26:44enfin,
26:45vous voyez,
26:45mais nous,
26:45on préfère dire que non,
26:46chez nous,
26:47tout se passe bien,
26:47c'est égal.
26:48Alors qu'au Japon,
26:49bon,
26:49ils admettent qu'il y a
26:51des soucis.
26:52Bon,
26:52peut-être que c'est plus visible,
26:53plus marqué.
26:54Moi,
26:54je vois quand même
26:54beaucoup de papas au Japon
26:55qui,
26:56comme les papas du même âge,
26:57de 30-40 ans
26:58s'occupent de leurs enfants,
27:00sont contents
27:01de sortir plus tôt.
27:02Donc,
27:02de fait,
27:03et je ne pense pas
27:04qu'elles remettent en cause
27:04ces évolutions.
27:05J'espère que ça va passer,
27:07en fait,
27:07par davantage de dispositifs
27:09de garde d'enfants.
27:10Donc,
27:10la normalisation
27:11de la garde d'enfants,
27:12la garde des crèches,
27:13etc.
27:14Il n'y a pas de nounous
27:15au Japon.
27:16Donc,
27:16nous,
27:16on dépend quand même
27:17énormément des nounous
27:17étrangères.
27:19Alors,
27:19est-ce que,
27:20ce n'est pas demain la veille,
27:21je pense,
27:22que les parents japonais
27:23confieront leurs enfants
27:24à des étrangers,
27:25mais des structures d'accueil,
27:26enfin ça,
27:26ça commence à être bien admis.
27:28Il y a eu un énorme effort
27:29qui a été fait.
27:31Je ne pense pas
27:31qu'elle ait envie
27:32de revenir sur les acquis.
27:34Elle a été partie prenante
27:35de ces changements,
27:36comme le soulignait mon collègue,
27:38puisque elle les a mis en place
27:39avec son parti
27:40et ce n'est pas
27:41dans les habitudes de parti.
27:43Alors,
27:43le parti ajuste,
27:44s'il faut,
27:45mais là,
27:45c'était une décision importante,
27:47disons qu'elle avait été actée
27:48collectivement,
27:49vous voyez,
27:49par ce processus décisionnel
27:50qui vraiment consulte énormément
27:53en amont
27:54les parlementaires.
27:56Donc,
27:56il est peu probable
27:57qu'elles reviennent
27:57sur les lois
27:58qui ont permis aux hommes
28:00de gagner du temps
28:00pour qu'ils s'investissent plus
28:01dans les familles.
28:02Donc,
28:03je pense que là,
28:03le discours est plutôt de dire
28:04on a besoin que vous travaillez
28:06et il y a toutes sortes,
28:09il y a beaucoup de femmes
28:09de fait qui sortent diplômées
28:10d'université
28:11et puis qui sont certainement
28:14désireuses de travailler
28:16un peu plus qu'elles ne font
28:17une fois que les enfants
28:18sont un peu plus autonomes.
28:20Ce qui peut être
28:20assez facilement au Japon
28:21parce que c'est vrai
28:22qu'on les voit
28:23prendre des transports en commun
28:24quand ils ont 5 ans.
28:26Pour revenir à Sanae Takahichi,
28:28elle s'oppose aussi
28:28au mariage homosexuel.
28:30Où est-ce qu'on en est
28:30dans les lois au Japon
28:31concernant les droits
28:32de la communauté LGBT ?
28:34Alors là,
28:35en l'occurrence,
28:36pour l'instant,
28:37il y a au niveau national,
28:38en tout cas,
28:39c'est un débat régulier,
28:41en tout cas,
28:41qui s'est largement,
28:43je pense,
28:43développé au cours
28:44des dix dernières années
28:45au point de devenir
28:46un sujet de discussion
28:48au sein des différents
28:50partis politiques
28:51ou même au sein même
28:52du PLD,
28:54du Parti démocrate japonais,
28:56où il y a des tendances
28:56qui ne sont pas les mêmes.
28:58Il y a,
28:59parmi les membres
29:00de ce parti-là,
29:01des gens qui sont plutôt
29:01favorables à une évolution,
29:04à aller dans la direction,
29:05les directions qui sont prises
29:06par un certain nombre
29:07de pays d'Europe
29:08ou en Asie,
29:09le seul cas que l'on trouve,
29:11il me semble,
29:11est Taïwan,
29:12donc ce n'est pas encore
29:13très très courant.
29:14Mais dans les faits,
29:15il n'y a aucune,
29:16pour l'instant,
29:17politique publique
29:17mise en place
29:18en la matière,
29:20ce sont des initiatives
29:21locales
29:22pour permettre
29:23à,
29:24alors je ne sais pas
29:25si on peut parler
29:25de PACS,
29:27de PACS local,
29:29ce n'est pas ça,
29:30mais en tout cas,
29:30parce que la question
29:31de pouvoir avoir
29:33une reconnaissance
29:34d'un lien,
29:35d'un lien
29:36conjugal
29:37ou d'un lien
29:37de vie commun
29:38dès qu'il est question
29:39d'héritage,
29:40de soutien aux personnes
29:41quand il y a des problèmes
29:42de santé,
29:42etc.,
29:43c'est déjà un problème
29:44auquel sont confrontés
29:45les gens là-bas.
29:46Et donc vous avez
29:47quelques mairies,
29:49alors à Tokyo,
29:50c'était assez connu,
29:51la mairie de l'arrondissement
29:53de Sibuya notamment,
29:54qui a mis en place
29:55un dispositif
29:55qui donne lieu
29:57à une reconnaissance
29:59minimale en la matière.
30:00Mais bon,
30:01on n'est ni au PACS,
30:02ni au mariage pour tous,
30:04et pour l'instant,
30:04ça reste un sujet
30:05de discussion,
30:06et a priori,
30:08pour l'instant,
30:09on s'en éloigne
30:10un petit peu.
30:10Je pense que le débat
30:11va rester en tout cas.
30:12D'accord.
30:13On parlait tout à l'heure
30:13des attaques
30:14de Sanae et Takahichi
30:16envers les immigrés,
30:17elle s'en est aussi
30:17pris aux touristes.
30:18Elle accuse notamment
30:20les touristes étrangers
30:20de s'en prendre
30:21aux servidés
30:22dans la ville de Nara
30:23dont elle est originaire.
30:24Ce qui n'a pas manqué
30:25de faire réagir
30:26ses opposants politiques
30:27qui savent bien
30:27l'importance du tourisme.
30:29En 2024,
30:30ils étaient 37 millions
30:31d'étrangers
30:32à venir visiter le Japon.
30:34C'est un record.
30:35Regardez ce reportage
30:36de nos correspondants
30:37au Japon,
30:37Mélodie Sforza
30:38et Alexis Bréger.
30:41Il y a deux mondes
30:41quand même.
30:44Ryusuke est guide
30:45à Tokyo.
30:46Aujourd'hui,
30:47l'aide deux françaises
30:48à se frayer un chemin
30:48dans un temple
30:49de la capitale,
30:50pris d'assaut
30:51par les touristes.
30:52C'est vrai que je ne suis pas
30:53trop habituée
30:54à avoir du tourisme
30:55comme ça hyper massif.
30:57Il faut reconnaître
30:58qu'on n'a pas l'impression
30:59d'être plongé
31:00dans une culture
31:01très traditionnelle.
31:03En dix ans,
31:04le métier de ce guide
31:05a bien changé.
31:07Aujourd'hui,
31:07il doit apprendre
31:08aux touristes
31:08à respecter
31:09les règles nippones.
31:10On peut manger,
31:12boire devant les magasins
31:14mais on ne peut pas
31:15marcher en buvant
31:17et en mangeant.
31:18Des mesures de savoir-vivre
31:19pour les japonais,
31:21pas forcément évident
31:22pour les visiteurs.
31:23Il y a de plus en plus
31:24de touristes étrangers
31:26qui ne sont pas forcément
31:27bien informés
31:28avant de venir au Japon.
31:30Ils essaient quand même
31:30de respecter
31:31mais quand on n'est pas
31:32au courant,
31:33ce n'est pas facile
31:34de tout gérer.
31:36Sur l'année 2024,
31:37près de 37 millions
31:39de visiteurs
31:39se sont rendus
31:40ici au Japon
31:41mais certains lieux
31:42ne sont pas adaptés
31:43à recevoir
31:43une telle affluence.
31:45Alors de plus en plus
31:46de japonais
31:46pointent du doigt
31:47des comportements
31:47très problématiques
31:48notamment sur les réseaux sociaux.
31:51Se suspendre
31:52à une porte sacrée,
31:53courir et prendre
31:54en photo des geishas,
31:56des comportements
31:57que les Nippons
31:57ne supportent plus
31:58dans les villes
31:59emblématiques,
32:00Tokyo,
32:02Kyoto
32:02mais aussi devant
32:05cette supérette
32:05au Mont Fuji,
32:06star des réseaux.
32:08Ils prennent des photos
32:09de là-bas
32:10avec le paysage
32:11mais il doit y avoir
32:12de meilleurs endroits
32:13qu'ici.
32:15Le mécontentement
32:16pourrait encore augmenter
32:17selon cette experte.
32:20Les endroits touristiques
32:21connus
32:21sont déjà saturés
32:23donc l'objectif
32:24du gouvernement
32:24d'avoir 60 millions
32:26de touristes
32:26deux fois plus
32:27qu'aujourd'hui
32:28ce serait possible
32:28mais nous ne sommes
32:30pas encore prêts.
32:34Aujourd'hui,
32:35le Japon mis
32:36sur d'autres destinations
32:37en campagne.
32:39Désengorger les villes
32:39s'ennuirent
32:40aux recettes du tourisme.
32:42En 2024,
32:43ce secteur
32:43a rapporté
32:4448 milliards d'euros
32:45au pays.
32:49Alors on l'a vu,
32:49le surtourisme
32:50peut agacer
32:51certains japonais.
32:52Est-ce que ce modèle
32:53doit changer ?
32:5437 millions par an,
32:55c'est trop ?
32:56C'est-à-dire que le pays
32:57a besoin
32:58de rentrées
32:59extérieures
33:00et puis
33:01tous les commerçants,
33:04les restaurateurs
33:05bénéficient quand même
33:06du tourisme
33:06mais le problème
33:08c'est que c'est vrai
33:09que les comportements
33:09ne sont pas très civiques.
33:11Oui, on l'a vu
33:11dans ce montage.
33:12Exactement et on voit bien
33:14d'ailleurs, on voit bien
33:14les incivilités
33:16quand même augmenter
33:17même autour de nous
33:18et c'est vrai
33:20que dans un contexte
33:21où la population
33:23japonaise est-elle
33:24très civique,
33:25il y a un contraste
33:27assez colossal.
33:29Donc,
33:30bon,
33:30comment ils vont
33:31s'y prendre pour...
33:32C'est pas facile
33:33évidemment
33:34de continuer
33:35à recevoir l'argent
33:36en canalisant
33:37un peu les flux.
33:38où le projet
33:40est d'essayer
33:41de les attirer
33:42vers les campagnes aussi
33:42pour que ça irrigue
33:43un peu plus
33:44dans les campagnes
33:44mais c'est compliqué
33:47ou alors mettre
33:48plus de personnel
33:49qui soit là
33:50pour encadrer.
33:52C'est un petit peu
33:53récolter
33:54la récolte
33:56des graines
33:57qui ont été semées
33:58parce que l'ouverture
33:59massive
34:00du tourisme...
34:02Alors,
34:02il y a plusieurs explications.
34:03Déjà,
34:03le cours du Yen faible
34:05fait que
34:05c'est encore très présent
34:07en France.
34:08Il y a 5-6 ans
34:09l'image d'un Japon cher
34:10on n'y va pas
34:11parce que ça coûte cher.
34:12Bon,
34:12ça c'est une image
34:13qui est enfin tombée.
34:14Alors aujourd'hui
34:14c'est plus abordable,
34:15c'est ça ?
34:16Ah oui,
34:16oui,
34:16clairement.
34:16Enfin,
34:16les billets d'avion
34:17coûtent plus cher
34:18depuis la guerre
34:18en Ukraine,
34:20certes,
34:20mais le coût de la vie
34:21là-bas quand on arrive
34:22avec des euros,
34:23pour même un séjour court,
34:24c'est très avantageux.
34:26Donc,
34:26pour ces tourismes-là,
34:27c'est une nouvelle destination.
34:28Il y a les effets
34:29de la culture populaire japonaise
34:31aussi qui attire des gens.
34:32Mais au-delà
34:33de ce type de public,
34:34c'est aussi la possibilité
34:35pour les touristes chinois
34:38depuis le début des années 2010
34:39de venir de façon individuelle
34:40alors qu'avant cette période-là,
34:42c'était une ouverture limitée
34:43par groupe
34:44en passant par des agences.
34:45Donc,
34:46il y avait une régulation
34:47plus forte.
34:47Mais tout ça,
34:48c'est le Japon
34:50qui l'a lancé de lui-même
34:51sachant que,
34:52bon,
34:52finalement,
34:53les villes comme Tokyo,
34:54Kyoto,
34:55elles font l'expérience
34:56qu'en Europe,
34:58dans des villes comme Venise,
34:59Paris,
34:59Barcelone,
35:00on connaît depuis plus longtemps aussi.
35:02Alors,
35:03ça surprend effectivement
35:04parce qu'il y a
35:05un rapport
35:05des façons de se comporter,
35:07un rapport au civisme
35:08qui choque beaucoup
35:09les Japonais.
35:10Qui choque les Japonais.
35:13Et je dirais
35:13que pour comprendre
35:14un peu
35:15la vague,
35:18en tout cas,
35:18la vague,
35:20l'arrivée comme ça
35:21de partis
35:21avec un discours
35:23clairement xénophobe
35:25qui utilise le discours
35:27sur la peur
35:28ou les inquiétudes
35:28liées à la présence étrangère
35:30il faut vraiment
35:31prendre ensemble
35:32une présence
35:33statistique
35:35de fait.
35:37Il y avait
35:371,2 million
35:38de travailleurs
35:39étrangers au Japon
35:40au début des années 2010.
35:42Enfin,
35:42pas uniquement les travailleurs.
35:43Maintenant,
35:44on est à près de 3 millions
35:45pour faire marcher
35:46l'économie,
35:47pour travailler.
35:48Mais finalement,
35:48ce ne sont pas forcément
35:49les plus visibles
35:50dans l'espace public.
35:51Les plus visibles
35:52ou ce que vous allez voir
35:53dans des reportages
35:54à la télévision
35:55parce que là aussi,
35:56les médias
35:57ont un rôle à jouer
35:57sur la façon
35:58dont le problème
35:59est dépeint.
36:01Alors,
36:02ça choque,
36:02on sait que les gens
36:03vont suivre
36:04et le mélange
36:05des deux éléments,
36:07l'augmentation
36:07statistique réelle
36:09de la présence
36:10étrangère au Japon
36:10plus une présence
36:12très visible
36:12dans les grandes villes
36:13fait que le sentiment
36:15d'inquiétude
36:16est exacerbé.
36:17Et du coup,
36:18ça ne peut valoir le coup
36:19quand on a des ambitions
36:20politiques
36:20de récupérer
36:24cette thématique-là
36:25et de s'en emparer
36:26comme l'a fait
36:27Takahiti Sanae
36:28qui en plus
36:28est originaire de Nala.
36:30Il a un côté aussi
36:31peut-être un peu émotionnel
36:33qui a donné lieu
36:33à des critiques.
36:36Mais,
36:36alors,
36:37de toute façon,
36:37elle n'a pas été élue
36:38directement
36:39par le vote
36:41des citoyens.
36:42C'est une élection
36:42interne à son parti
36:43mais c'est un peu
36:45dans l'air du temps
36:46à utiliser
36:46ce type de discours
36:48et sans doute
36:48plus porteur maintenant
36:49qu'il ne l'aurait été
36:50il y a dix ans.
36:51On va passer
36:52au volet diplomatique
36:53si vous me permettez.
36:55Sanae Takahiti
36:55elle va rencontrer
36:56la semaine prochaine
36:57Donald Trump
36:57le président
36:58qui l'a félicité
36:59lorsqu'elle a pris
36:59la tête du Parti libéral-démocrate.
37:01Qu'est-ce qu'ils ont
37:02en commun
37:03tous les deux ?
37:03Est-ce qu'ils sont
37:03amenés à s'entendre ?
37:05Pourquoi pas.
37:06Mais Donald Trump
37:07de toute façon
37:08qui peut prévoir
37:10et c'est sa force
37:12quelque part
37:13ses réactions.
37:14Donc,
37:15elle arrive
37:15avec cette
37:16il y a toujours
37:17cette bonne image
37:18de M. Abbé
37:19dont elle était proche
37:20et ça s'est su
37:21tandis que ce n'était pas
37:21le cas de M. Ishiba
37:23son prédécesseur.
37:25Donc ça,
37:25ça peut jouer en sa faveur
37:26parce que Donald Trump
37:27a gardé un très très
37:27vif souvenir
37:28d'Abe Shinzo.
37:29Il a envoyé ses condoléances
37:30un message de condoléances
37:31à sa aveuve
37:32quand il a été assassiné
37:33etc.
37:33Donc il s'entendait
37:35vraiment bien
37:36semble-t-il
37:36certainement
37:38encore une marque
37:40du savoir-faire
37:41de M. Abbé
37:41Donc il est possible
37:43qu'elle ait le même
37:43savoir-faire
37:44quand on arrive
37:44à se faire élire
37:45vous savez
37:45à la tête d'une organisation
37:46comme celle du PLD
37:47c'est qu'on a
37:48un vrai savoir-faire
37:49et là en plus
37:52bon
37:53c'est une faction
37:54qui a emporté la mise
37:56mais enfin
37:57c'était beaucoup plus
37:59accidentel
38:00dans le cas
38:00de M. Ishiba
38:01tandis qu'elle
38:02elle correspond mieux
38:04et elle répond mieux
38:05à la situation
38:06donc
38:06là avec Donald Trump
38:12elle a envie
38:12de remettre en question
38:13les tarifs
38:14il n'est pas impossible
38:14qu'il ne dise oui
38:16enfin les tarifs
38:17enfin la négociation
38:18disons
38:19qui a été menée
38:19par M. Ishiba
38:20Oui il avait dit
38:21qu'elle voulait renégocier
38:22elle a dit qu'elle voulait
38:23renégocier
38:23sachant qu'elle a
38:24nommé ministre de l'économie
38:26l'ancien négociateur
38:27de M. Ishiba
38:28encore une
38:29une manifestation
38:32de son habileté
38:33donc ça c'est une bonne chose
38:34donc elle saura certainement
38:36prendre M. Trump
38:36enfin je crois qu'on peut
38:37on peut
38:38on peut
38:39voyez lui
38:39lui accorder un peu
38:40le bénéfice du doute
38:41à ce stade
38:42il y a quand même
38:44quelque chose
38:45qui les rapproche
38:45c'est la préoccupation
38:46à l'égard de la Chine
38:47donc
38:48ce qui fait d'ailleurs
38:50ça joue dans le fait
38:50qu'on la qualifie
38:51de nationaliste
38:53mais enfin
38:53là il y a quand même
38:55un grand consensus
38:56au Japon
38:57sur le constat
38:59qui est fait
38:59que les incursions
39:00de la Chine
39:01sont maintenant
39:01quotidiennes
39:02plus en plus
39:03nombreuses
39:03constantes
39:04etc
39:04prolongées
39:05que la menace
39:07sur Taïwan
39:08est plus aiguë
39:09et que le Japon
39:10serait directement
39:11impliqué
39:13de gré ou de force
39:14s'il y avait
39:15des problèmes
39:16autour de Taïwan
39:17donc ça c'est quand même
39:18quelque chose
39:18qui les rapproche
39:19parce que
39:20on ne sait pas très bien
39:20M. Trump
39:24ne s'est pas encore
39:25attelé directement
39:26à ce problème
39:26disons je crois
39:27qu'il essaie de régler
39:28deux guerres
39:28et puis il y a eu
39:30la question des tarifs
39:31donc on va voir
39:32ce qui se passe ensuite
39:33concernant la Chine
39:33mais enfin
39:34c'est quand même
39:34un point commun
39:35entre eux
39:36disons que de vouloir
39:37non pas
39:38s'opposer à la Chine
39:39mais enfin
39:40canaliser un tout petit peu
39:42ses velléités
39:43son expansionnisme
39:45sa puissance
39:46sur la Chine
39:47elle s'est un petit peu
39:48radoucie
39:48ces dernières semaines
39:49Sanae Takahichi
39:50elle a notamment
39:51mis en avant
39:52la nécessité
39:52de considérer
39:53la Chine
39:53comme un voisin
39:54important
39:55qu'est-ce qui s'est passé
39:56est-ce que la Chine
39:56lui fait peur ?
39:57je ne sais pas
40:00si on peut dire ça
40:01ce qui est certain
40:01c'est que là
40:02elle est aux commandes
40:03elle a une position
40:05de responsabilité
40:07très importante
40:08et donc
40:08il faut un petit peu
40:10adoucir son discours
40:11être diplomate
40:12parce que là
40:13elle n'est plus
40:13en campagne
40:15elle n'est plus uniquement
40:15en campagne
40:16il ne s'agit plus
40:16simplement
40:17de flatter
40:18les membres
40:19de sa faction
40:20ou de flatter
40:21une partie
40:21de l'électorat potentiel
40:23du parti
40:24il s'agit
40:25de se placer
40:27d'envoyer des signaux
40:28à des puissances étrangères
40:29qui scrutent
40:30qui sont
40:31à l'affût
40:32de la moindre remarque
40:33et donc
40:33je ne pense pas
40:35qu'il soit question
40:36de peur
40:37mais elle envoie
40:37des signaux
40:38qui sont
40:38plus diplomates
40:40elle a dit
40:41qu'elle n'irait pas
40:41faire de visite
40:43au sanctuaire
40:44Yaskuni
40:46pourquoi c'est important ?
40:47parce que
40:48le message
40:50c'est
40:51je sais que
40:53pour vous
40:53c'est un sujet
40:55que ça peut être
40:57c'est un sujet
40:58de discorde
40:58et je ne vais pas
41:00vous provoquer
41:00et pourquoi c'est un sujet
41:01de discorde
41:02justement ?
41:02ce sont des contentieux
41:03historiques
41:05qui datent
41:06de la guerre
41:08sino-japonaise
41:09entre 1937
41:10jusqu'à la fin
41:11de la seconde guerre mondiale
41:12et puis pour la Corée
41:13vous le savez sans doute
41:14la Corée était colonisée
41:16par le Japon
41:16jusqu'à 1945
41:17et il y a tout un tas
41:18de sujets
41:19qui depuis la fin
41:20de la guerre
41:21ont été plus ou moins
41:22réglés
41:23et puis
41:25une utilisation
41:27aussi de cette thématique
41:28
41:28par des factions
41:31politiques
41:31aussi bien au Japon
41:32qu'en Corée
41:33et en Chine
41:33le sujet est réactivé
41:35quand ça arrange
41:36quelqu'un
41:37quand ça arrange
41:37un pays aussi
41:38et ce sont des sujets
41:41qui perdurent
41:42qui sont structurants
41:43je pense
41:44dès qu'il est question
41:45de diplomatie
41:46entre le Japon
41:48et ses voisins
41:49oui c'est ça
41:49les problèmes
41:50effectivement
41:51subsistent beaucoup
41:53moins maintenant
41:55du fait du Japon
41:56alors il y a eu
41:56il y avait des déclarations
41:58dans les années 90
41:59jusqu'en 2007
42:00en fait
42:00et ensuite
42:02Abe Shinzo
42:03qui est arrivé
42:03au pouvoir
42:04je le disais
42:04en 2012
42:05il a très très bien
42:06il a trouvé
42:08des bons compromis
42:09disons
42:10susceptibles de plaire
42:10enfin de convenir
42:12au parti libéral-démocrate
42:13à la population japonaise
42:15et aux spectateurs
42:17disons
42:17aux attentifs étrangers
42:19en direction de l'Australie
42:21en direction des Etats-Unis
42:22en direction de la Corée
42:23et il s'est absolu
42:24d'aller au Yaskuni
42:25donc le Yaskuni
42:26c'est ce sanctuaire
42:27où sont honorés
42:282 millions et demi
42:28de morts quand même
42:29qui sont morts
42:30pour l'empereur
42:31donc
42:32quand les
42:33hommes politiques
42:35y vont
42:36donc
42:36on le qualifie
42:38de nationaliste
42:39ce sanctuaire
42:40parce que
42:4013 criminels de guerre
42:41s'y trouvent
42:42donc il y a cette image
42:43ils ont été
42:44en fait
42:45leurs âmes
42:46ils ont été
42:47associés
42:48enfin réunis
42:49elles ont été
42:50récupérées
42:51dans une
42:52disons volonté
42:56d'absoudre
42:58peut-être
42:59vous voyez
42:59et puis aussi
43:01de ne pas tenir en compte
43:03en effet
43:03les résultats
43:06du procès de Tokyo
43:07qui avait abouti
43:08à leur condamnation
43:09donc il y a cette image
43:11d'extrême droite
43:13disons
43:13mais enfin
43:14c'est plutôt
43:14c'est aussi un sanctuaire
43:16et c'est pour ça
43:16que Koizumi
43:17lui y allait
43:17lui qui n'était pas
43:18un révisionniste
43:19il y allait
43:20pour rendre hommage
43:21à ses morts
43:21parce qu'il voulait
43:23donner plus d'importance
43:23aux forces d'autodéfense
43:24etc
43:25donc il y a aussi
43:25cette
43:25mais de fait
43:27comme c'est un sujet
43:28qui fâche
43:29avec la Chine
43:29avec la Corée
43:30en disant
43:31qu'elle n'ira pas
43:32elle prend résolument
43:33le même parti
43:34qu'Abe Shinzo
43:34de ne pas jeter
43:35d'huile sur le feu
43:36donc c'est une
43:37très bonne chose
43:38et c'est ce qu'on pouvait attendre
43:39parce que pendant la campagne
43:40elle avait annoncé
43:41qu'elle verrait
43:43si elle irait ou non
43:43donc comme c'est le moment
43:44de gagner des votes
43:45quand on est en campagne
43:46c'est là que généralement
43:47enfin si elle avait voulu
43:48vous voyez s'engager
43:49à y aller
43:49c'était pour avoir des votes
43:52ce qu'avait fait
43:52Abe Shinzo
43:53d'ailleurs en 2006
43:55c'est pour ça
43:55qu'il était une fois
43:56néanmoins réélu
43:57en 2012
43:58qu'il s'était abstenu
43:59d'y aller en 2006-2007
44:00donc il n'avait pas tenu
44:01sa promesse
44:01mais donc elle
44:03en ne disant rien
44:04on savait déjà
44:04qu'elle n'irait pas
44:05en fait
44:05voilà donc elle s'abstient
44:07c'est une langue de sagesse
44:08merci beaucoup
44:09Guy Bourg Delamotte
44:10et César Castelvie
44:11d'avoir été avec nous
44:12sur ce plateau
44:13on se retrouve
44:13dans une quinzaine de minutes
44:15pour un nouveau journal
44:16Sous-titrage Société Radio-Canada
44:23Sous-titrage Société Radio-Canada
44:30et César Castelvie
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