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  • il y a 3 mois
Ce jeudi matin dans "Morandini Live" en direct sur CNews, Jean-Marc Morandini et ses invités sont revenus sur la détention de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé à Paris, et surtout la question: "Nicolas Sarkozy est-il en danger?".

En effet, depuis son arrivée, l'ex-président Français fait l'objet de menaces de la part de plusieurs détenus.

C'est alors qu'un débat s'est rapidement installé entre Axel Ronde, porte-parole du syndicat CFTC Police et Wilfried Fonck - secrétaire national UFAP UNSa Justice, premier syndicat de surveillants pénitentiaires.

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Transcription
00:00Et on le voit chaque jour. On est en direct avec Wilfried Fonck, qui est secrétaire nationale de l'UFAP, une sage justice.
00:04Bonjour, merci d'être en direct avec nous. Je ne sais pas si vous avez entendu Axel Ronde il y a quelques instants,
00:09qui était assez dur sur l'UFAP et qui disait que votre coup de colère contre les policiers qui sont aux côtés de Nicolas Sarkozy s'est déplacé.
00:19Alors, je l'ai écouté très religieusement, figurez-vous. Ça tombe bien qu'on puisse effectivement comme ça crever un peu l'abcès.
00:25Alors, on va dire les choses très clairement. L'UFAP une sage justice, ni moi-même d'ailleurs, contrairement à d'autres.
00:31Nous détestons la police et les policières et les policiers. Soyons clairs.
00:36Hier, j'ai effectivement tenu des propos chocs pour dénoncer une situation choquante.
00:42Et si des policières, des policiers, des gendarmes ont pu être, on va dire, heurtés par les propos que j'ai pu tenir,
00:48j'en suis franchement vraiment navré parce que l'objectif, ce n'était pas de m'en prendre à eux,
00:52parce qu'au final, et vous l'avez dit vous-même, vous avez deux de vos collègues qui aujourd'hui se retrouvent incarcérés sans mandat de dépôt
00:59à l'intérieur de la prison de la santé. Et je pense que c'est surtout en fait là-dessus aussi qu'il faut s'interroger.
01:05Au-delà de ça, vous mettez en fait le doigt sur la sécurité du président Nicolas Sarkozy.
01:11Alors, je suis tout à fait d'accord avec vous. Assurer sa sécurité lorsqu'il est en dehors des murs de la prison,
01:16ce n'est pas notre métier. Ça, j'en disconvient pas. Et c'est effectivement un boulot à part entière qui demande certaines compétences.
01:22Pour autant, s'agissant de la sécurité intérieure des prisons, s'agissant de la sécurité de la population pénale,
01:28s'agissant de la sécurité des intervenants en milieu carcéral, ça relève depuis le début du XXe siècle
01:35de l'autorité du ministère de la Justice et de la compétence et du professionnalisme des agents pénitentiaires.
01:41Donc oui, pourquoi est-ce que nous, aujourd'hui, on est en colère par rapport à cette décision politique ?
01:48C'est que, quelque part, malgré, finalement, la prise en charge quotidienne d'individus liés au terrorisme,
01:55liés au grand banditisme, au narcotrafic, qu'il soit national ou international,
01:59d'avoir des affaires de pédophiles, d'avoir des psychopathes et des sociopathes dans les prisons françaises
02:05que l'on prend en charge quotidiennement sans armes, parce que je rappelle que les personnels pénitentiaires ne sont pas armés,
02:10aujourd'hui, quand j'entends un ministre de l'Intérieur qui dit que, finalement,
02:16l'administration pénitentiaire et ses personnels sont incapables d'assurer la sécurité de Nicolas Sarkozy,
02:22là, je ne suis pas d'accord et je sors de l'écoute.
02:23– C'est peut-être qu'il dit, en réalité, qu'il faut une sécurité…
02:25– Attendez, attendez, attendez, attendez, attendez,
02:30mais ce qu'il dit, peut-être, c'est qu'il faut une sécurité exceptionnelle,
02:33parce que c'est un prisonnier exceptionnel.
02:37– Il n'y a pas de prisonnier exceptionnel pour nous, c'est une situation exceptionnelle, certes,
02:42mais quelque part, j'ai envie de vous dire, on a aussi des équipes de sécurité pénitentiaire
02:46qui sont formées pour ce genre de situation, et on peut très bien prendre en charge Nicolas Sarkozy.
02:51Que voulez-vous qu'il arrive à Nicolas Sarkozy, aujourd'hui détenu, isolé,
02:55à l'intérieur du quartier d'isolement de Paris La Santé ?
02:58Il ne voit personne, à part ses gardes du corps et les personnels pénitentiaires qui assurent sa prise en charge.
03:04– Donc vous, vous me dites, Wilfried Fong, vous me dites qu'il n'y a aucun risque
03:06pour Nicolas Sarkozy, vous le dites clairement, il ne peut rien lui arriver.
03:09– Très clairement, aujourd'hui, sauf si les services secrétiens envoient un drone
03:15pour essayer de récupérer potentiellement l'argent que Nicolas Sarkozy aurait ou pas détourné,
03:21parce que finalement, ça, ce n'est pas notre sujet.
03:23Je veux dire, il est toujours présumé innocent des faits qui lui sont reprochés,
03:27mais très sincèrement, aujourd'hui, à l'intérieur de la prison de la santé,
03:30que voulez-vous qu'il lui arrive ?
03:31– Quand il est dans sa cour, quand il est dans la cour, par exemple,
03:34il n'y a pas de vis-à-vis, il n'y a pas de personne au-dessus ?
03:36– Il est seul dans une cour de promenade qui doit faire plus de 20 mètres carrés,
03:40avec des grillages au-dessus de sa tête, personne ne le voit,
03:43on ne sait même pas dans quelle cour il est.
03:44– D'accord, juste je voudrais qu'Axel Ronde vous réponde,
03:46puisque vous pouvez échanger directement là.
03:48– Oui, alors déjà, je suis rassuré par rapport à ces propos de mon collègue,
03:53je suis vraiment, voilà, on a bien compris sa colère,
03:58et ça, je peux comprendre, mais en tous les cas,
04:02il faut savoir que la sécurité, le danger n'est pas forcément de l'intérieur,
04:06ça peut aussi venir de l'extérieur, on ne sait pas,
04:08peut-être qu'un commando peut venir, ça a déjà eu lieu,
04:11il y a déjà eu des gens qui se sont évadés lourdement,
04:15en faisant exploser les murs de la prison.
04:18– Et il y a des gens qui ont été tués en prison, Colonna ?
04:20– Aussi, il faut bien évidemment qu'il y ait une protection rapprochée,
04:25permanente, avec des personnes qui sont compétentes pour cela.
04:30On a affaire à un ancien président qui a potentiellement été en danger,
04:35oui, donc là, il ne l'est pas parce que mes collègues sont présents avec lui,
04:39et vont assurer cette continuité de sécurité qui lui est due.
04:45– Vous vous dites, sans vos collègues, Nicolas Sarkozy sera en danger ?
04:48– Il pourrait être en danger, évidemment.
04:49– Oui, vous répondez.
04:51– Alors, je peux entendre qu'il y ait sûrement des menaces via l'UCLAT,
04:56et je connais très bien la compétence de service pour avoir eu l'occasion
04:59de collaborer avec eux par ailleurs.
05:01Ceci étant dit, si effectivement il y a des menaces particulières,
05:04et vous faisiez par exemple référence à un commando extérieur
05:07qui pourrait attaquer l'établissement de la prison de la santé,
05:10il serait peut-être intéressant également de partager ces informations
05:13avec mes collègues qui, eux, travaillent à l'intérieur de la prison de la santé
05:17pour éviter à nouveau qu'un manque de circulation d'informations
05:21vienne coûter la vie à des agents pénitentiaires,
05:23comme ça a été le cas à un quart d'île.
05:25Voilà, ça c'est dit.
05:27D'autre part, pour nous, des personnels qui sont armés à l'intérieur d'une détention,
05:32vous imaginez bien que ça remet aussi en cause
05:35les principes même de la sécurité pénitentiaire,
05:37puisque nous-mêmes, nous ne sommes pas armés.
05:39Nous sortons les armes que dans des situations très exceptionnelles,
05:43parce qu'effectivement, si on vient à se faire subtiliser ces armes
05:46par une personne détenue,
05:48imaginez bien derrière les conséquences que ça va avoir.
05:50Et ça, sans l'entendre, sans l'entendre, réponse d'Axel Rond.
05:54Vous avez rassuré en nous disant que de toute façon,
05:56il ne croisera aucun autre prisonnier,
05:58donc il n'y a pas de problématique qu'il se fasse arracher son arme
06:01par un prisonnier, puisque normalement, il n'est pas susceptible
06:05d'être avec un autre prisonnier, en contact avec un autre prisonnier.
06:08Donc le problème ne se pose pas.
06:10Le vrai sujet, et vous-même en tant que syndicaliste,
06:13vous devriez le comprendre.
06:14Quelque part, on est en train aujourd'hui
06:16de mépriser les personnels pénitentiaires
06:20qui tiennent les prisons à bout de bras à longueur de journée.
06:22Vous vous interpellez les individus à l'extérieur.
06:25Nous, on les garde au même endroit.
06:27Vous savez pertinemment la complexité aujourd'hui
06:30avec la situation de la surpopulation pénale
06:32et le manque d'effectifs que vous-même vous connaissez dans vos rangs.
06:36Donc aujourd'hui, entendre un ministre,
06:38entendre un directeur de l'administration pénitentiaire
06:41soutenir ce genre de choses,
06:43quelque part, ça veut dire que mes collègues
06:45ne sont pas capables d'assurer la sécurité du président Sarkozy.
06:48Et ça, moi, je ne peux pas l'entendre.
06:50Ce n'est pas leur rôle d'assurer sa protection rapprochée.
06:54Ce n'est pas leur rôle, comme ce n'est pas le rôle du policier
06:56de faire cette protection.
06:58Il faut vous mettre dans la même image
07:00que pourquoi on met des gardes du corps
07:02alors qu'il y a une sécurité assurée
07:04par la police nationale, normalement.
07:05Donc, vous voyez bien qu'on est bien obligé
07:07d'avoir des gens dévoués à ça, à cette mission,
07:10qui sont prêts à se sacrifier pour cette personnalité.
07:14Je ne suis pas certain que vos collègues en soient capables
07:17si jamais il y avait une atteinte à sa vie.
07:20Voilà.
07:21Bien évidemment, ils sont formés pour cela.
07:23Ce sont des spécialistes de la sécurité rapprochés.
07:27C'est un métier qui n'existe pas
07:28à l'intérieur de l'administration pénitentiaire.
07:30Et nous avons affaire à un ancien président.
07:32C'est son statut qu'on protège.
07:34Ce n'est pas forcément l'homme qu'on protège.
07:35C'est le statut d'ancien président de la République.
07:37Et qui en fait une cible, en plus.
07:38Ce n'est pas avec les décisions qu'il a pu prendre, etc.
07:41Merci, Willfield.
07:42Merci d'avoir été avec nous.
07:43Et c'était passionnant, cet échange entre policiers et surveillants.
07:48Franchement, c'était passionnant.
07:49Et merci à tous les deux d'avoir accepté.
07:50Le rôle des personnels pénitentiaires,
07:53c'est la sécurité pénitentiaire.
07:55Voilà, merci à vous.
07:56Merci beaucoup, merci.
07:57Grégoire Perrault, il est très intéressant, cet échange.
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