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  • il y a 3 mois
Après sa condamnation dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy est incarcéré à la prison de la Santé, à Paris, depuis ce mardi. Après évaluation du ministère de l'Intérieur, deux officiers du service de la protection ont été chargés de la sécurité de l'ex-chef de l'État.

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Transcription
00:00Comment vous réagissez, comment vous avez réagi quand vous avez appris la présence de ces deux officiers de sécurité ?
00:08C'est une colère froide parce que, pour tout vous dire, on a clairement la sensation qu'on crache au visage de milliers de personnels pénitentiaires
00:17qui, chaque jour, assurent la sécurité, la discipline et qui garantissent la dignité de nos établissements.
00:23Et on instaure un régime d'exception pour un détenu aussi médiatique soit-il.
00:30Et nous, on ne peut pas accepter cet affront.
00:32L'État dit clairement qu'on n'est pas capable d'assurer sa sécurité.
00:36Ce qu'on fait tous les jours avec 83 000 autres détenus.
00:39Je rappelle quand même que dans cet établissement, on a eu Camille, on a eu Claude Guéant,
00:43on en a eu des personnages qui ont pu avoir un nom connu.
00:46Oui, mais c'est inédit. Alexandre Cabille, c'est la première fois, ça n'était jamais arrivé d'ailleurs dans l'histoire de la Ve République,
00:51c'est la première fois qu'il y a un ancien président qui est en détention.
00:56Ça ne justifie rien du tout. Il faut une première fois à tout.
01:00On a tous fait un premier lundi, on a tous fait un premier levé, on aura tous un premier couché.
01:03On aurait très bien pu le gérer, assurer sa sécurité.
01:06Nous-mêmes, on sait faire. On a une cellule à côté, et je ne vous parle pas de la surpopulation pénale qu'on vit aujourd'hui.
01:12On occupe une cellule pour deux officiers de sécurité qui sont dedans.
01:16Ils l'accompagnent en permanence. Je rappelle quand même qu'ils sont armés, alors qu'il n'y a pas d'armes en détention,
01:21mis à part quand on déclenche nos procédures d'intervention interne.
01:25C'est confirmé cette information ? Parce que nous n'avions pas la confirmation à 100%.
01:29Ils sont bien armés, ces officiers, ces deux officiers ?
01:32Oui, ils sont armés.
01:34Donc pour vous, ça, c'est ce qui pose particulièrement un problème ?
01:37C'est contraire. Ce qui pose problème, c'est l'affront et le mépris qu'on envoie aux pénitentiaires quant à nos missions qu'on ne saurait pas faire,
01:45alors qu'on les fait dans des conditions, permettez-moi de le dire, dégueulasses à longueur d'année.
01:50On tient un système debout qui est en ruine à longueur de temps.
01:54Et aujourd'hui, on nous dit qu'on n'est pas capable de gérer ce détenu.
01:57Et on nous met deux officiers de sécurité, la journée et la nuit, dans une cellule à côté avec la porte ouverte et armés en détention.
02:04Si ça, ce n'est pas du mépris pour les pénitentiaires et pour les règles de fonctionnement d'un établissement pénitentiaire,
02:10je ne vois pas ce que c'est d'autre.
02:11Moi, j'appelle ça une honte nationale.
02:13L'État nous crache au visage.
02:15Est-ce que l'État ne vous donne pas des moyens supplémentaires, tout simplement, vu cette situation à nouveau extraordinaire ?
02:22L'État ne donne pas de moyens supplémentaires.
02:24Aujourd'hui, on a un bateau qui coule, qu'on écope à longueur de journée pour éviter la noyade des personnels.
02:32C'est eux et leur engagement qui permet de faire tenir.
02:34Mais aujourd'hui, il manque 4 000 emplois au sein de l'institution pénitentiaire, tout corps et grade confondu.
02:40C'est 83 000 détenus, donc 20 000 détenus de trop.
02:43C'est 193 000 personnes suivies en milieu vert.
02:46C'est plus de 4 000 agressions.
02:47L'État peut se réjouir de créations d'emplois qu'il ferait hypothétiquement au nombre de 855, par exemple, au titre du PLF 2020.
02:56Vous voyez bien qu'on est bien loin du compte.
02:58Mais on a eu des récits, tout de même, notamment de la part de familles d'autres détenus de la prison de la santé.
03:03Comme quoi, cette première nuit, par exemple, elle avait été particulièrement chahutée, agitée avec beaucoup de cris, beaucoup d'invectives.
03:09Est-ce que, selon vous, ça n'illustre pas le fait que, peut-être que oui, il faut cette protection très particulière pour un ancien président ?
03:16Du tout. Quand il est dans une cellule et la porte fermée, on a des équipes spécialisées, des gens qui sont formés, des professionnels, des techniciens,
03:23des gens qui travaillent tous les jours, qui gèrent des profils variés, différents, dangereux, des hyper-violents, des fous, des cas psychotiques, des addictifs, des terroristes.
03:32On a su tout gérer. Il n'y a aucun problème à gérer cet individu.
03:37Et je le répète, on nous crache au visage. C'est un affront. Il lui frappe une seule justice. Il ne l'accepte pas.
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