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  • il y a 3 mois
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Alors je me faisais la réflexion après Bac Nord, après Compromat, après Soudun Sol aussi.
00:05On vous retrouve en Action Hero, je le dis à l'américaine.
00:09Quel plaisir vous avez à incarner ces rôles physiques ?
00:12Je ne sais pas si on peut parler de plaisir vraiment,
00:14parce que c'est des tournages qui sont toujours un peu érintants et physiquement compliqués,
00:18mais c'était plus le genre du film qui m'a excité en fait.
00:21Film d'anticipation, science-fiction, c'est un genre quand même assez inédit en France,
00:26qu'on n'épouse pas vraiment ici.
00:28Donc l'idée de retourner avec Cédric, avec qui j'ai collaboré quand même pas mal,
00:33de tourner enfin avec Adèle, que j'ai dirigé mais avec qui je n'ai jamais vraiment joué.
00:39Donc là c'était aussi une double excitation.
00:41Et encore une fois, il y avait évidemment le plaisir de l'acteur,
00:44mais il y avait presque aussi le plaisir du spectateur,
00:47que de me dire que j'allais m'engager dans un film que probablement j'allais adorer voir,
00:51qui est dur à faire sur le moment, parce qu'il faut avoir pas mal d'imagination.
00:55Mais oui, de participer à ce genre de cinéma-là, je trouvais ça grisant.
01:01Ce qui était bien, c'est d'avoir ce mélange entre cette dystopie,
01:06on va dire de réalité augmentée, d'éléments qu'on vit déjà aujourd'hui,
01:10radicalisés, mais aussi avec une promesse de grand spectacle,
01:14comme vous le dites, d'action.
01:15Alors oui, c'est ça, c'est un film d'action, c'est un thriller politique,
01:18c'est un film d'anticipation, c'est un film qui a un très gros budget aussi.
01:21Est-ce qu'il y a une envie de grignoter des parts de marché au cinéma américain ?
01:25Mais on n'a rien à le renvier, en fait.
01:27C'est vrai ?
01:29Là, on le voit encore plus.
01:30En fait, oui, bien sûr.
01:31Après, il y a le cinéma américain, quand il est exceptionnel,
01:34il est exceptionnel, j'entends parler, j'ai été voir le film de Paul Thomas Anderson.
01:38Waouh !
01:38Une bataille après l'autre.
01:40Mais bon, quand je vois certains films, je ne dirais pas les titres,
01:46mais je me dis que, bon, oui, on n'a rien à leur envie, en fait.
01:48On peut aussi aller là-dedans.
01:50Alors, dans Chien 51, vous êtes un flic désabusé,
01:53qui est un peu revenu de tout, qui est blond, d'ailleurs.
01:55On retrouve brun aujourd'hui.
01:56Parmesan, je dirais.
01:58Ouais, c'est ça.
01:59C'est plus non défini, en vrai.
02:01Il y a un gros budget coiffeur, coloriste.
02:03Il y a un gros budget coloriste.
02:05Elle est venue de qui, cette idée de la couleur de cheveux ?
02:07Pas de moi.
02:08Pas du tout de moi.
02:09C'est Cédric Jiménez qui avait vraiment le souhait que je sois,
02:13on va dire, qui ait les cheveux blancs.
02:16Exactement blancs.
02:16C'est non défini.
02:17Et donc, j'ai dit oui avec enthousiasme.
02:25C'est quoi ce grand-mère ?
02:27Vous connaissez votre histoire ?
02:29Vous connaissez votre mère, il vous fait confiance ?
02:31Mais vous êtes qui, putain ?
02:32Oh !
02:32Ramenez-moi en zone 2.
02:33Non, je vous ramène nulle part.
02:34Vous êtes qui, putain ?
02:35Ramenez-moi en zone 2, maintenant.
02:38On ne sait pas grand-chose de votre personnage dans le film.
02:44On peut s'imaginer son background,
02:46mais c'est vrai qu'on le retrouve à un moment de sa vie,
02:48ce que je disais, désabusé.
02:50Est-ce que vous vous êtes inventé son passé ?
02:51Oui, je me suis raconté son passé.
02:52On l'effleure vaguement son passé dans le film,
02:54mais je voulais aussi raconter l'ultra-moderne solitude,
02:58comme disait Souchon, de cet homme un peu enseveli sous la technologie,
03:02sous le poids de la hiérarchie.
03:03C'est un homme qui a des changes avec personne quand il appelle
03:06et qui réclame quelqu'un.
03:08Il tombe sur des boîtes vocales, c'est l'IA qui gouverne le monde.
03:11Oui, ça raconte aussi une sorte d'état
03:15dans lequel l'homme contemporain peut aussi se retrouver,
03:17un peu dépassé par la technologie
03:19et un peu de plus en plus isolé.
03:21Et moi, j'avais envie d'épouser ça
03:23en faisant vraiment un personnage sans charme, sans atout,
03:28comme un tas de fringues déposées au sol.
03:32Et en fait, qui renaît un peu de ses cendres au contact de Salia,
03:36qui pourtant est un personnage qui lui est totalement étranger
03:39et voire opposé.
03:41Mais ça racontait aussi l'idée qu'on peut ne pas être d'accord,
03:45on peut être même diamétralement opposé.
03:47Oui, et devenir de milieux différents aussi.
03:49Et devenir de milieux très différents
03:50et pour autant trouver un terrain d'entente,
03:52ce qui est l'humanité uniquement.
03:54Parce que le film parle de la lutte des classes.
03:56Alors justement, ce Paris dystopique,
03:58est-ce qu'il est si inimaginable, d'après vous ?
04:00Non, parce qu'il est à nos portes.
04:01On a déjà des cloisonnements de la classe sociale
04:04qui se retrouvent géographiquement à des places.
04:05On n'a pas encore les checkpoints.
04:06On n'a pas encore les checkpoints,
04:07mais on n'en est pas loin.
04:09On a déjà les drones.
04:10Ils peuvent tuer des gens en temps de guerre,
04:11on le sait, on le voit.
04:12Donc non, en fait, c'est une réalité augmentée.
04:15C'est une dyslexie qui n'est vraiment pas si éloignée de nous.
04:19Ce qui rajoute aussi au film un contexte très palpable.
04:23On n'est pas dans de la science-fiction.
04:24On est dans quelque chose d'assez possible.
04:28Est-ce que ça vous effraie, justement, ce futur ?
04:31Évidemment qu'il nous effraie.
04:32Enfin, je crois qu'il nous effraie tous,
04:33parce qu'en fait, on n'a pas les clés, quoi.
04:36Et qu'on voit bien qu'on a créé des outils
04:38qui parfois nous dépassent et qui nous isolent, en fait.
04:42Donc l'intelligence artificielle, pour ne pas la nommer, évidemment...
04:45Vous l'utilisez, ChatGPT ?
04:47Oui, comme tout le monde, mais comme un outil.
04:49J'essaie de ne pas le substituer à ma réflexion propre.
04:52Je pense qu'on est déjà dans une absence de réflexion quand même.
04:57Alors si elle commençait à réfléchir à notre place,
04:59là, ça commençait à devenir vraiment dramatique.
05:00Et si surtout, elle dépasse le stade d'outils
05:03pour se substituer à l'homme et à des corps de métier,
05:07alors là, ça deviendra dramatique.
05:09Alors pour en revenir à Adèle, votre partenaire.
05:12Vous connaissez bien.
05:13Elle fait partie de votre famille de cinéma.
05:15Et entre vous, on sent une alchimie quand même très forte.
05:18Je pense à cette scène de karaoké que j'ai adorée,
05:21qui a révélé vos talents de chanteur, d'ailleurs.
05:23D'ailleurs, je ne vous demande pas de nous faire un refrain.
05:26Non, non, je ne prie pas autant pas.
05:27Merci beaucoup.
05:28Est-ce que c'est plus facile de créer cette alchimie
05:31quand on est très proche ?
05:32Ou est-ce qu'il y a quelque chose de, justement, plus compliqué
05:35parce que vous êtes très potes
05:37et que dans le film, il faut jouer avec une certaine ambiguïté ?
05:39Non, parce qu'en fait, c'est une rencontre
05:41qui aboutit sur une histoire d'amour,
05:43mais qui n'est pas une histoire d'amour.
05:45Qui est une sorte de mélange d'amitié, on va dire, vitale,
05:49de fraternité.
05:50Deux solitudes qui se rencontrent.
05:51Oui, c'est deux solitudes qui se rencontrent
05:53et qui se rencontrent sur le terrain de l'intime, en fait.
05:56Et le plaisir que j'ai eu inouï de jouer avec Adèle,
05:59c'est que la complicité qu'on a hors plateau,
06:02c'est quelque chose qui nous a aidés à construire
06:05en peu de scènes, finalement,
06:06parce que le film est quand même aussi dédié au spectacle,
06:08au spectaculaire, à l'action.
06:10Donc, on avait peu de scènes pour créer ce lien.
06:13Or, moi, c'est ce qui m'intéressait le plus dans le film.
06:15C'était ce lien qui allait tout changer.
06:16Le fait de se connaître, c'est une intimité déjà gagnée
06:20sur laquelle, en fait, on a tricoté.
06:23Et Adèle, c'est une actrice terriblement organique.
06:25Ce qu'elle fait dans ce film, je trouve qu'elle va encore plus loin.
06:28Oui, parce qu'elle a une vérité.
06:31Une urgence.
06:33Oui, et puis elle a un truc,
06:35c'est que c'est une grande technicienne,
06:37en plus d'être une actrice dotée d'une vérité instinctive.
06:41Donc, les deux combinés, ça fait une actrice absolument éblouissante.
07:16Est-ce qu'il y a des scènes qui vous ont posé plus de problèmes
07:19que d'autres dans le film ?
07:20Le karaoké, par exemple.
07:21C'est vrai ? Pourquoi ? Pour le chant ?
07:23Ah oui, c'est infernal.
07:25C'est infernal parce qu'on était vraiment tête à tête avec Adèle.
07:27Il y a personne, il y a toute l'équipe qui nous regardait.
07:29Et chanter, c'est quelque chose de...
07:31C'est pour ça que j'ai beaucoup d'admiration pour les chanteurs
07:33qui, en plus, réussissent à interpréter.
07:35Je veux dire, à rendre des choses vivantes.
07:37Parce que moi, chanter, c'est pour moi quelque chose de très impudique.
07:39Et Adèle et moi, on a même du mal à regarder la scène.
07:41carrément, j'ai tendance à me cacher.
07:44C'est gênant, comme disent les ados.
07:45Ouais, c'est gênant, c'est gênant, c'est gênant, c'est absolu.
07:47Je parlais de famille de cinéma.
07:49Je pense aux réalisateurs que vous avez souvent retrouvés,
07:51Cédric Gimenez, Jeannery, Fred Cavaillé, Guillaume Canet aussi.
07:55Qu'est-ce que ça vous apporte à chaque fois de retrouver ces cinéastes-là ?
07:59C'est une grande preuve de confiance.
08:01Donc, c'est toujours très valorisant.
08:03Et puis, c'est quand même des métiers qui sont relativement solitaires.
08:05Donc, d'avoir des metteurs en scène qui vous rappellent
08:09et qui vous imaginent dans leur monde, quel qu'il soit,
08:13parce que là, c'est un monde encore très différent
08:14de ce qu'on a pu faire auparavant avec Cédric.
08:16C'est toujours... C'est rassurant.
08:19Je pense à des duos d'acteurs-réalisateurs,
08:20un Scorsese de Niro, par exemple.
08:22Ouais, c'est pas les pires, ouais.
08:23Qui serait votre Scorsese ?
08:26En l'occurrence, c'est lui,
08:27parce que c'est avec lui que j'ai fait le plus de films.
08:29Non, mais c'est vrai.
08:29Et avec des genres très différents,
08:32parce qu'entre la French, Bac Nord et Chien 51,
08:36on a la même thématique,
08:36c'est-à-dire l'homme écrasé par la machine.
08:38Et donc, c'est une sorte d'urgence à se rebeller,
08:40à exister quand même.
08:42Mais c'est des genres très différents.
08:43Donc oui, on est dans un duo qui pourrait s'apparenter à ça
08:45de très loin.
08:47Attention.
08:48Oui, bien sûr.
08:48Et forcément, aujourd'hui,
09:17vous avez encore plus d'exigences,
09:19puisque je rappelle qu'on vous donne notamment
09:21l'amour ouf, succès phénoménal,
09:23sorti il y a un an, le 16 octobre dernier.
09:26Ça vous semble loin ou ça vous semble encore proche ?
09:28Ça me semble proche et loin.
09:31Le truc, c'est que quand le film est sorti,
09:32j'étais justement en tournage de Chien 51,
09:34donc en fait, j'ai même pas vraiment pu profiter
09:36du succès du film en salle.
09:39Normalement, je prends mon scooter,
09:41les gens ont les filles d'attente,
09:42j'entre dans les salles.
09:43Là, j'ai pas pu le faire
09:44parce qu'on était vraiment en tournage,
09:46mais j'ai pris la mesure du succès
09:48un peu plus tard
09:49et je le savoure vraiment maintenant.
09:52Encore, un an après,
09:53et véritable phénomène de société,
09:55que ce soit de la bande originale du film,
09:58l'histoire, tout le monde s'est approprié,
10:00il y avait ceux qui préféraient
10:01l'histoire des ados,
10:02ceux qui préféraient l'histoire des adultes,
10:03en passant, c'est un vrai, vrai phénomène
10:05de société.
10:06Aujourd'hui, vous êtes incontent en âme
10:08dans le cinéma français.
10:09Comment est-ce que vous la voyez justement,
10:11vous, votre place ?
10:12Je ne sais pas,
10:12parce que je n'ai pas cette réflexion-là,
10:14je ne réfléchis pas vraiment à ça.
10:16Mais vous en avez conscience ?
10:17J'en ai conscience,
10:19mais en fait,
10:19quand vous avez des films
10:20qui rencontrent le public,
10:22évidemment que derrière,
10:23vous avez plus de propositions,
10:24donc il y a des propositions
10:25qui vont en grandissant,
10:28en étant de plus en plus intéressantes,
10:29donc je m'en rends bien compte
10:31d'une certaine place,
10:31mais par contre,
10:32je ne la regarde pas,
10:33je ne suis pas en train
10:35de m'auto-flatter,
10:36voilà, loin de là,
10:37je suis dans le travail.
10:38L'Amour Ouf,
10:39c'était un projet de 17 ans,
10:41je crois que vous l'avez porté
10:42pendant très longtemps.
10:44Oui.
10:44Vous avez déjà votre prochain projet
10:45ou il faut qu'on attende 17 ans ?
10:47Non, non.
10:47Il faut nous prévenir.
10:48J'ai déjà mon prochain projet,
10:49oui,
10:50j'ai une idée
10:51de laquelle j'ai pensé
10:52il y a 5-6 ans
10:54et qui insiste,
10:57qui frappe dans ma tête,
10:58donc je vais l'écrire
11:01l'année prochaine.
11:01Une adaptation ?
11:02Non,
11:03un sujet original.
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