00:007h-9h, Europe 1 Matin. Il est 7h12 sur Europe 1. Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le directeur général de BPI France, Nicolas Dufourque.
00:09Bonjour Nicolas Dufourque. Bonjour.
00:10BPI France, la banque publique d'investissement, parce que oui, il y a encore une partie de l'argent public qui sert à financer l'économie productive,
00:18à financer les entreprises qui feront la prospérité française et les emplois de demain.
00:22Je me permets cette petite boutade, Nicolas Dufourque, après lecture de votre dernier livre qui vient de paraître.
00:26Je le montre sur le site et l'appli d'Europe 1 en images.
00:28La dette sociale de la France, 1974-2024, chez Odile Jacob.
00:34C'est donc 50 ans d'histoire contemporaine.
00:36Si vous voulez connaître d'où viennent nos 3500 milliards d'euros de dette, surtout où est passé cet argent,
00:42lisez le livre de Nicolas Dufourque. On est en plein débat budgétaire, ça tombe bien.
00:47Vous êtes aussi ce matin, je le signale, dans le magazine Capital, à vous accordé une grande interview sur ce sujet de la dette publique.
00:52Et vous dites, Nicolas Dufourque, sans le dire aux Français, on se ruine en protection sociale.
01:00C'est le fond de votre livre. Vous révélez le pot aux roses, finalement.
01:03Qu'on a inventé une sécurité sociale parallèle qu'on n'a jamais officialisée.
01:08C'est ça l'histoire de ce livre.
01:09Oui, ce que je dis, c'est qu'en effet, il y a une sorte de secret de famille qui n'a pas été complètement dévoilé,
01:15mais qui fait qu'à chaque fois que vous en parlez, les gens vous disent, mais tu ne savais pas ?
01:18Ben non, je ne savais pas. Je suis désolé, je ne savais pas que 2000 des 3500 milliards d'euros de dette française,
01:24c'était des prestations sociales.
01:25C'est-à-dire, quand même, essentiellement, de la retraite et de la maladie.
01:28Ensuite, il y a effectivement les minima sociaux, les allocations en logements, les allègements de charges,
01:33la prime d'activité, le handicap très très important, 50 milliards par an...
01:38Mais ce n'est pas la Sécu qui gère ces choses-là, Nicolas Dufourque ?
01:41Non, en fait, il faut revenir au principe philosophique de notre protection sociale.
01:45Il y a, depuis les années 30, en fait, et puis après le Conseil National de Résistance en 1945,
01:51toute une partie assurancielle, où vous donnez votre énergie vitale au pays, ça s'appelle le travail,
01:56la création, vous êtes fécond, et sur vos revenus, vous payez une cotisation.
02:02Et cette cotisation vous permet d'avoir, alors à l'époque, essentiellement, des prestations d'invalidité,
02:08ou d'accident de travail, dans les années 50, et puis ensuite ça a été le soin, dans les années 60,
02:12et puis ensuite ça a été la retraite, à partir des années...
02:14Oui, parce que le soin, ça marchait bien, on arrivait à vivre de plus en plus longtemps.
02:17Exactement, l'espérance de vie a explosé, personne n'aurait jamais imaginé ça d'ailleurs.
02:20Et donc, au final, on se retrouve avec 400 milliards d'euros de retraite, et 270 milliards d'euros de maladies.
02:25Et pour donner les ordres de grandeur, le RSA, c'est 12 milliards.
02:29Voilà, la prime d'activité, c'est 10 milliards, la politique française de la pauvreté, c'est 30 milliards.
02:34Donc les grosses masses, c'est quand même la retraite, et c'est la maladie.
02:36Et, ce qu'on a juste pas du français, c'est qu'un dixième de tout ça, chaque mois, c'est-à-dire trois jours par mois, c'est de la dette.
02:44C'est de l'argent par mois.
02:45C'est-à-dire qu'à partir du 27 du mois, française-français, sachez que, quand vous recevez une prestation sociale,
02:50un revenu de transfert dans votre poche, qui va vous permettre d'acheter la baguette,
02:53eh bien, c'est financé par vos petits-enfants.
02:55Mais qui a décidé ça, Nicolas Dufort ?
02:57Ça s'est pas décidé, justement, c'est ça le secret de famille, c'est que c'est arrivé.
03:01C'est arrivé.
03:02Et donc, c'est précisément parce que c'est arrivé, de tous les côtés, un peu comme une marée qui monte,
03:07que ça n'a pas été traité.
03:08Alors, c'est vrai qu'il y a...
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