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  • il y a 11 mois

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00:007h-9h, Europe 1 Matin.
00:02L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Alexis Brézère.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:07Alexis, vous vous intéressez ce matin au marathon budgétaire qui a commencé en commission des finances lundi à l'Assemblée.
00:12Alors il est un peu tôt pour se forger une opinion définitive sur la tournure des discussions,
00:16mais est-ce qu'on peut quand même déjà tirer quelques enseignements ?
00:20Il y en a un très important Dimitri, et très regrettable, c'est que la suspension de la réforme des retraites aura bien lieu.
00:27Parce que c'est vrai, il y avait un doute, depuis que Sébastien Lecornu avait sacrifié la mère de toutes les réformes
00:34sur l'autel de son accord avec les socialistes, on avait encore le vague espoir que tout cela ne soit qu'une ruse,
00:41une embrouille de plus pour gagner du temps.
00:43On pouvait croire que le gouvernement avait l'intention de jouer la montre,
00:47et qu'à la fin des fins, sauvé par le gong du calendrier budgétaire,
00:50il ferait appliquer par ordonnance une loi de finances fort heureusement débarrassée de cette coûteuse reculade.
00:58Hier matin encore, Emmanuel Macron, s'exprimant selon sa vieille habitude sur la politique française depuis la Slovénie,
01:04avait donné du crédit à cette hypothèse, en plastronnant devant les journalistes, autre vieille habitude,
01:09que non, il ne s'agissait pas d'abroger, ni même de suspendre la réforme des retraites,
01:14mais tout au plus de la décaler quasiment rien.
01:17Le PS, le RN et le FI dénonçaient déjà l'entourloupe,
01:21enfin, du côté des gens raisonnables, on se prenait à espérer.
01:25Patatras !
01:26Hier après-midi, Sébastien Lecornu a profité des questions au gouvernement
01:29pour apaiser la suspicion grandissante du groupe socialiste
01:33et prendre l'exact contre-pied du président.
01:36Désormais bien rôdé dans le rôle de l'otage qui court au devant des exigences de ses ravisseurs,
01:41il a annoncé sous les applaudissements du PS
01:44qu'il avait déjà saisi le Conseil d'État
01:47de la fameuse lettre rectificative
01:50qui garantit officiellement que la suspension de la réforme sera officiellement prononcée.
01:56Effectivement prononcée.
01:57RIP donc la réforme.
01:59Maintenant, pour arrêter le train fantôme
02:01qui nous a déjà valu d'être dégradé par Standards & Poor's
02:04et qui pourrait nous valoir très vite d'être sanctionné par Moody's,
02:07il faudrait que l'examen du budget aille à son terme
02:10et qu'il soit rejeté par les oppositions coalisées
02:13avant l'expiration du délai légal prévu par la Constitution.
02:1670 jours.
02:17Voilà.
02:17Vu le festival d'amendements en tout genre, dont l'Assemblée et le théâtre,
02:21c'est tout sauf probable.
02:22Parce que depuis deux jours, on a pourtant l'impression
02:24que les députés sont plutôt plus raisonnables que l'année dernière, Alexis.
02:28Oulah !
02:28Ce n'est pas parce que les macronistes, les LR et le RN ont repoussé,
02:32c'est vrai, la taxe Zuckman, en commission,
02:34seulement en commission, qu'il faut crier victoire.
02:36La machine à prélever est toujours sur Hone.
02:39Les parlementaires ont déjà pérennisé la contribution différentielle sur les hauts revenus.
02:44Allez comprendre, c'est le LR qui a proposé cette pérennisation.
02:48A l'initiative de LFI, ils ont inventé une taxe mondiale sur les expatriés.
02:52Ils sont déjà partis à l'assaut de la loi Dutreuil,
02:54qu'on accuse de trop favoriser la transmission des entreprises.
02:57Et s'ils ont renoncé à la taxe holding,
03:00c'est, tenez-vous bien, qu'ils ont fait, paraît-il, une erreur.
03:02Et croyez-moi, ça n'est qu'un début.
03:04Parce que la foire aux impôts, c'est mieux que la foire à la saucisse.
03:07Après Octoberfest, il y a Novemberfest, et puis Decemberfest.
03:12Dans une assemblée sans cap ni majorité,
03:15chacun va vouloir son prélèvement, son amendement,
03:18son scalp budgétaire, son totem idéologique.
03:20Ça va être le concours lépine de la dépense inutile,
03:23le grand prix de France du matraquage fiscal,
03:25le retour de l'attaque Zuckman, évidemment,
03:28et la chasse aux héritages tombés du ciel.
03:31Ce sont ces mots sur lesquels Yaël Braun-Pivet rêve de pratiquer,
03:34vous l'avez compris, le tir au pigeon.
03:36Bon, vous avez parlé d'eux rapidement,
03:37la droite est l'air, elle va cautionner cette frénésie ?
03:39Ben, espérons que non.
03:40Espérons que non.
03:42Ce matin, dans le Figaro,
03:43Bruno Retailleau sort de son silence pour dénoncer les concessions à la gauche.
03:46En l'état, dit-il,
03:48le budget est invotable.
03:49Hier soir, à la télévision, Laurent Wauquiez n'a pas dit autre chose.
03:52Ni impôts, ni dépenses supplémentaires.
03:54Nous ne voterons pas n'importe quoi.
03:56Bon, ni l'un ni l'autre ne brandit explicitement la menace de la censure.
04:00Bon, enfin, désormais, aucun des deux ne l'exclut.
04:03Allez, on progresse.
04:04Encore un petit effort pour être vraiment de droite.
04:06L'édito politique sur Europe 1.
04:08Merci beaucoup, Alexis Brézé.
04:10La une du Figaro ce matin.
04:12Justement, Bruno Retailleau, le patron DLR,
04:14grand entretien, son premier depuis son départ du gouvernement.
04:17Et en l'état, dit-il, vous l'avez cité, Alexis,
04:18le projet de budget, dit Bruno Retailleau, est invotable.
04:22Merci, Alexis, à demain.
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