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Prise en charge de la santé mentale et du handicap : Mme Céline Greco, cheffe du service de médecine de la douleur et de médecine palliative à l’hôpital Necker-Enfants malades
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00:11:30La séance est ouverte.
00:11:47Mes chers collègues, bonjour.
00:11:49Alors, nous poursuivons les auditions de la commission d'enquête sur les défaillances
00:11:53des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et les
00:11:58coûts de ces défaillances pour la société.
00:12:00En l'absence de la présidente Nicole Dubré-Chirac, il y a eu un empêchement, je préside cette
00:12:06séance.
00:12:07Nous recevons la professeure Céline Gréco.
00:12:10Madame, je vous souhaite la bienvenue.
00:12:13Vous êtes professeure de médecine et chef de service de médecine de la douleur et de
00:12:20médecine palliatif à l'hôpital Necker, enfant malade.
00:12:23Vous êtes également présidente de l'association Impact, donc association qui œuvre pour la
00:12:30protection de l'enfance.
00:12:31Et c'est principalement à ce titre que nous avons souhaité vous entendre.
00:12:35Votre histoire personnelle vous a conduite à vouloir vous engager pour améliorer la prise
00:12:40en charge des enfants placés à l'aide sociale à l'enfance.
00:12:43Ces enfants très vulnérables connaissent dans des proportions beaucoup plus importantes
00:12:48que les autres enfants des troubles de santé mentale et de handicap.
00:12:52Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur la prise en charge de la santé mentale
00:12:56et du handicap des enfants suivis par l'ASE et sur les améliorations souhaitables.
00:13:02Je vais vous passer la parole pour une intervention liminaire.
00:13:06Je vous demanderai de ne pas dépasser dix minutes afin que nous puissions échanger sous forme de questions et réponses.
00:13:13Je vous remercie également de nous déclarer tout autre intérêt public ou privé de nature à influencer vos déclarations.
00:13:21Mais auparavant, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des assemblées parlementaires,
00:13:30impose aux personnes auditionnées par une commission d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
00:13:39Je vous invite à lever la main droite et dire je le jure.
00:13:43Je le jure.
00:13:44Je vous remercie.
00:13:45Vous avez la parole pour dix minutes.
00:13:47Merci beaucoup.
00:13:48Merci à vous pour cette invitation à témoigner devant cette commission aujourd'hui.
00:13:52Alors effectivement, j'ai des fonctions de chef de service de médecine de la douleur à Necker,
00:13:57mais je suis aussi présidente de l'association Impact, association que j'ai montée en 2022 après un long engagement en protection de l'enfance.
00:14:04Et notamment, je suis membre du bureau du CNPE, donc le Conseil national de la protection de l'enfance.
00:14:09Et j'y co-préside la commission santé de l'enfant en protection de l'enfance.
00:14:13Un engagement effectivement qui est lié au fait que j'ai moi-même été victime de violences intrafamiliales pendant mon enfance et que j'ai été confiée à l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 14 ans.
00:14:22Du coup, on peut dire que j'ai vu les failles du système des deux côtés de la barrière.
00:14:27J'ai décidé de m'engager avec l'association Impact et donc l'association Impact est une association qui prend en charge la santé, la scolarité, l'accès à la culture et l'insertion professionnelle des enfants, adolescents et jeunes majeurs jusqu'à 25 ans qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance.
00:14:43Donc la première chose que je souhaiterais dire, c'est qu'aujourd'hui, on est là pour parler de la santé mentale et du handicap et principalement des jeunes qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance.
00:14:52Mais quelque chose qui est très important pour moi, c'est de dire que ces jeunes confiés à l'AZE n'ont pas que des problèmes de santé mentale.
00:14:58En fait, ces jeunes ont des problèmes de santé globale, à la fois des problèmes de santé somatique et des problèmes de santé psychique qui, aujourd'hui, ne sont pas pris en charge et très peu connus.
00:15:09Voilà, donc c'est très important qu'on ne sépare pas, vous voyez, en médecine de la douleur, on est un être humain, on n'est pas un corps d'un côté et un esprit de l'autre.
00:15:17Et donc c'est très important aussi, même si la commission d'enquête n'est pas sur ce sujet, mais c'est important de savoir que ces enfants ont aussi des problèmes de santé somatique qui, aujourd'hui, ne sont pas pris en charge.
00:15:26Si maintenant on se focalise sur cette santé mentale des jeunes qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance, ce qu'il faut savoir, c'est qu'aujourd'hui, un jeune sur deux confiés à l'aide sociale à l'enfance présente des troubles psychiques.
00:15:37On a près de 40% d'enfants qui présentent des troubles du sommeil, plus de 55% des jeunes qui présentent des troubles du comportement.
00:15:47Et finalement, une aggravation progressive de ces troubles non pris en charge qui conduisent, du fait des problèmes somatiques et des problèmes de santé psychique, à la perte de 20 ans d'espérance de vie.
00:15:59Les études qu'on a en France, elles sont très peu nombreuses, on a très peu de recherches sur le sujet, donc on est obligé de regarder un petit peu ce qui se fait dans les autres pays.
00:16:07Et si on regarde dans les pays anglo-saxons qui, eux, ont fait des recherches sur les conséquences des ACE, alors juste pour qu'on parle tous le même langage,
00:16:15dans les pays anglo-saxons, dans pas mal d'autres pays autres que la France pour le moment, on parle d'ACE, donc Advert Childhood Events.
00:16:22C'est le nombre d'événements de vie négatifs de l'enfance, principalement il y en a 10, c'est le fait d'avoir subi des violences sexuelles dans l'enfance,
00:16:30le fait d'avoir subi des violences physiques, des violences psychiques, des carences affectives, des carences physiques, le fait d'avoir un parent qui souffre d'une maladie mentale,
00:16:41le fait d'avoir un parent qui souffre d'un abus de substance, le fait d'avoir un parent incarcéré, la séparation parentale et les violences conjugales.
00:16:48C'est 10 ACE. Et en fait, toutes les études internationales regardent les conséquences des ACE à l'âge adulte, quand ces ACE ont été vécues dans l'enfance.
00:16:59Et si je peux vous faire un petit parallèle, c'est comme les radiations. C'est-à-dire que plus la dose est importante, plus la durée d'exposition est importante,
00:17:08et plus les conséquences seront dramatiques à l'âge adulte. Et aujourd'hui, si on se focalise sur la santé mentale de ces enfants,
00:17:14le fait d'avoir subi plus de 4 ACE, et ça va assez vite, ça multiplie par 2 à l'âge adulte le nombre d'anxiolithiques prescrits,
00:17:23par 3 le nombre d'antidépresseurs, par 10 le nombre d'antipsychotiques, et par 17 le nombre de timorégulateurs prescrits.
00:17:32Donc on voit bien que ces événements négatifs de l'enfance vont avoir un retentissement majeur à l'âge adulte.
00:17:40Le taux de tentative de suicide est multiplié par 37.
00:17:46Et tout ça a un coût. Si on regarde les dernières études françaises qu'on a, on observe chez les nourrissons 20% de syndrome dépressif.
00:17:55Vous imaginez 20% de syndrome dépressif.
00:17:57Les enfants qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance sont 120 fois plus hospitalisés en pédopsie que les enfants en population générale.
00:18:04Ils ont 8 fois plus d'hospitalisation, 2 fois plus long.
00:18:07Donc les conséquences sur le plan psychique sont dramatiques.
00:18:14Le coût pour la société aussi, parce que tout ça a un coût, et c'est chiffré, à hauteur de 38 milliards d'euros par an pour la France.
00:18:22Le coût des conséquences à long terme des violences faites aux enfants non prises en charge précocement.
00:18:28Donc là vous avez remarqué que je vous ai donc résolu notre problème de budget, puisque en prenant en compte précocement ces enfants, on économiserait 38 milliards d'euros par an.
00:18:38Voilà, donc en fait, on disait tout à l'heure, il n'y a pas de structure adaptée aujourd'hui à la prise en charge de ces enfants.
00:18:47Ils ne sont prioritaires nulle part.
00:18:49Et si je vous prends juste un exemple, les centres médico-psychologiques, les CMP, le délai d'attente pour accéder à un CMP, c'est à peu près 18 à 36 mois.
00:18:57Ce qui est plus long que le temps moyen de séjour d'un enfant dans une maison d'enfant.
00:19:02Et comme vous savez, c'est sectorisé.
00:19:03C'est-à-dire qu'un enfant qui arrive à la maison d'enfant A, il y a une demande de prise en charge au CMP A.
00:19:09Et puis quand la liste d'attente est coulée et que l'enfant a sa place au CMP A, il est déjà parti dans la maison d'enfant B qui vient de refaire une demande au CMP B, etc.
00:19:17Donc ces enfants n'ont jamais aucune chance d'être vus dans un CMP.
00:19:20Et d'ailleurs, seulement 2% des enfants de l'aide sociale à l'enfance sont pris en charge dans des CMP.
00:19:252%.
00:19:26Et 85% des enfants de l'aide sociale à l'enfance ne sont vus qu'aux urgences pédiatriques ou pédopsychiatriques à l'occasion d'états de crise.
00:19:35C'est le seul moment de suivi de ces enfants, 85%, seulement vus aux urgences.
00:19:41Donc on a quand même un très très gros problème de prise en compte de la santé mentale de ces jeunes et de suivi pour ces jeunes.
00:19:51Le tout aboutissant derrière à ces 20 ans d'espérance de vie.
00:19:54Et je vous rappelle, 37 fois plus de tentatives de suicide et de suicide à l'âge adulte pour ces enfants non pris en charge précocement.
00:20:01Je vous remercie.
00:20:10Je vais passer la parole justement à notre rapporteur, notre député de Saint-Pasteur, pour vous poser quelques questions par rapport à ça.
00:20:22Moi je poserai aussi des questions et ensuite on passera aux questions réponses de nos collègues où ils poseront leurs questions et vous répondrez à leurs questions.
00:20:32On va enchaîner les questions l'une derrière l'autre.
00:20:35Je vous remercie.
00:20:36Merci Monsieur le Président.
00:20:40Alors c'est Sébastien Saint-Pasteur, pas deux Saint-Pasteurs.
00:20:42Je n'ai pas été en oubli récemment à ma connaissance, mais bon, ça peut arriver parfois.
00:20:47Merci infiniment, chers collègues.
00:20:49Bonjour.
00:20:50Merci infiniment pour vos propos.
00:20:52La précision, donc la première demande que je vais vous adresser, c'est éventuellement, si vous avez la gentillesse de nous adresser, les sources appuyant les chiffres qui sont évidemment très importants pour illustrer cette commission d'enquête qui porte, vous l'avez compris je pense, en ayant ce propos-là sur les coûts évités, en disant que la prévention, la prise en charge précoce, la bonne coordination, ça peut susciter un investissement préalable,
00:21:14mais que les économies engendrées, aussi bien d'un point de vue humain, parce qu'il ne faut pas perdre ça de vue, que financier, sont sans commune mesure avec les coûts de réparation.
00:21:25Plusieurs éléments que je souhaite porter à votre connaissance, puis on pourra faire circuler la parole sous le contrôle de Monsieur le Président.
00:21:31La première chose, et c'est ce qui m'a noté, vous avez une trajectoire de vie qui vous fait être aussi malheureusement experte d'usage,
00:21:40et il me semble que c'est par la médecine scolaire que tout a pu commencer.
00:21:46C'est souvent un point qui est insuffisamment appréhendé et qui semble pour autant fondamental.
00:21:53Donc on déborde un petit peu le champ de l'aide sociale à l'enfance, on embrasse plus largement le champ de l'enfance.
00:21:59Est-ce qu'on n'a pas besoin, à un moment donné, de réinvestir plus fortement la médecine scolaire,
00:22:05parce que, d'un point de vue accès de la population concernée à ces enjeux de santé,
00:22:15c'est peut-être là que tout se joue le plus simplement ?
00:22:18Ça, c'est ma première question.
00:22:20La deuxième question, j'ai été heurté sur le fait que seulement 2% des enfants relevant de l'aide sociale à l'enfance soient en CMP.
00:22:29On a malgré tout parfois le sentiment, mais vous allez peut-être un peu contredire mon propos,
00:22:36que lorsqu'un enfant est suivi en mode institutionnel, que ce soit en MEX ou dans d'autres dispositifs,
00:22:43l'accompagnement et l'étayage est plus important pour pouvoir avoir accès à des soins ou à des accompagnements.
00:22:50Donc c'est un peu contre-intuitif.
00:22:51Je m'explique, c'est qu'en gros, à partir du moment où vous avez des professionnels qui connaissent ces dispositifs,
00:22:56l'accès au droit, normalement, il devrait être facilité, et ça ne semble pas être le cas.
00:23:01Donc comment vous expliquez que ce soit si faible, 2%, c'est hallucinamment faible,
00:23:08et pourquoi, en fait, il n'y a pas des coupes-fils ou, entre guillemets, des gestions prioritaires ?
00:23:13Ça a été le cas sur le handicap avec les dispositifs réponses accompagnées pour tous,
00:23:18les groupes opérationnels de synthèse pour les MDPH.
00:23:20On avait souvent, en fait, une priorisation qui était faite au niveau des enfants de l'aide sociale à l'enfance.
00:23:24Donc sur la question de la santé mentale des CMP, on peut être surpris qu'il n'y ait pas ces éléments-là, en fait, de priorisation.
00:23:33Et puis, quel est votre point de vue en termes de coordination sur les professionnels aujourd'hui existants ?
00:23:39On voit bien que les CMP sont saturés, qu'on a des problèmes de prise en charge, en fait, par des pédopsychiatres.
00:23:47Mon soutien psy, il y a des psychologues qui peuvent être une brique, les ergothérapeutes sur la santé mentale qui sont insuffisamment appréhendés,
00:23:55des équipes mobiles qui se créent autour des hôpitaux pour des politiques d'aller vers.
00:23:59Donc quel est pour vous le bon équilibre, sachant qu'on ne pourra pas faire pousser des pédopsychiatres du jour au lendemain ?
00:24:07Enfin, si vous avez la recette, je suis preneur.
00:24:09Donc voilà, un petit peu un premier avis sur cette lecture globale, sur une image qui est malheureusement un peu floue de l'existant
00:24:18et comment on fait pour favoriser l'accès au sein dans une logique de prévention.
00:24:23Alors, pour répondre à votre question sur la médecine scolaire, effectivement, pour ma part, j'ai envie de dire, j'ai eu l'avis,
00:24:29sauf grâce à une infirmière scolaire qui était présente. Il y avait un service de promotion de la santé en faveur des élèves dans le lycée
00:24:36dans lequel j'étais quand je suis arrivée en seconde. Il faut remarquer que j'ai dû attendre d'arriver en seconde pour avoir un service de santé
00:24:43en faveur de la promotion des élèves. Et jusqu'à présent, école primaire et collège, c'était en Auvergne, il n'y avait pas d'infirmière scolaire,
00:24:52pas d'assistante sociale et pas de médecin scolaire. Donc d'où un repérage tardif. Je pense que les enfants qui sont victimes de violences,
00:24:59ont la plus grande chance d'être repérés, principalement par l'éducation nationale, par l'école,
00:25:06puisque c'est là où ils passent le plus clair de leur temps. Et que c'est vrai qu'on a un très très gros problème aujourd'hui
00:25:10de manque d'infirmières scolaires et de médecins scolaires qui écrivent. On a des infirmières qui ont le temps de passer une heure
00:25:18dans une école primaire parce qu'elles en ont 10, 20, 30 à gérer. Donc effectivement, remettre un petit peu la médecine scolaire
00:25:26au cœur du dispositif de repérage des enfants, de repérage des facteurs de risque et finalement de prise en charge précoce.
00:25:33Ça me paraît très important. Alors on n'a plus beaucoup de médecins scolaires.
00:25:39La rémunération des médecins scolaires n'incite pas non plus à ce que les professionnels de santé aillent vers ces métiers.
00:25:47Mais aujourd'hui, et d'ailleurs la ministre de la Santé ira dans mon sens puisqu'elle a porté et elle pousse aussi
00:25:56les infirmières en pratique avancée à devenir vraiment des référents santé très importants dans notre pays.
00:26:03Ça marche dans plein d'autres pays. Je pense qu'on pourrait aussi profiter de la création de ce diplôme
00:26:09d'infirmières en pratique avancée pour essayer aussi de remettre à flot la médecine scolaire.
00:26:16On ne s'appuie pas sur les professionnels qu'on a aujourd'hui.
00:26:19Donc voilà, je pense que c'est un point fondamental. Je pense que la médecine scolaire permettrait
00:26:22de repérer beaucoup plus tôt des enfants, si toutefois on en avait dans les écoles primaires
00:26:27et dans les collèges. Et comme je vous disais tout à l'heure, les conséquences des violences faites aux enfants,
00:26:32c'est comme les radiations. C'est dose dépendant, c'est durée d'exposition dépendant.
00:26:36Donc plus on aura une médecine scolaire forte, plus on permettra à ces enfants d'être repérés tôt
00:26:41et moins ils auront de séquelles à prendre en charge. Voilà, c'est assez logique.
00:26:45Donc sur le plan de la médecine scolaire, mais voilà, quelles sont les solutions ? Je ne les ai pas,
00:26:49si ce n'est probablement de revaloriser ces métiers, mais encore une fois, on dit je pense tous la même chose,
00:26:56d'apporter une meilleure rémunération, mais aussi de pouvoir, je pense, mettre en place un module de pédiatrie sociale
00:27:03dans le diplôme d'infirmière en pratique avancée pour permettre à ces IPA de s'engager aussi
00:27:09dans des filières de pédiatrie sociale et notamment d'aider à reconstituer ce système de médecine scolaire
00:27:17qui aujourd'hui est complètement moribond.
00:27:20Sur votre question sur l'accès aux soins, en fait, il y a plusieurs choses qui concourent au fait
00:27:28que ces enfants finalement n'ont pas accès aux soins.
00:27:31La première chose, vous le savez, c'est que le bilan de santé à l'admission dans le dispositif de protection de l'enfance,
00:27:34il est obligatoire depuis la loi de 2016 et il a été renforcé par la loi de 2022
00:27:37et qu'il n'est fait que dans 28% des cas.
00:27:39Donc déjà, quand on ne cherche pas, on ne trouve rien.
00:27:44Donc je veux dire, pardon, mais de prendre cet exemple, mais si on ne sait pas que vous avez un cancer,
00:27:50on ne risque pas de vous le prendre en charge et donc les métastases vont tranquillement s'installer
00:27:53et quand on va le découvrir, il sera trop tard.
00:27:55Et bien c'est la même chose, si on ne fait pas de bilan de santé des enfants
00:27:57quand ils arrivent dans le dispositif de protection de l'enfance,
00:27:59on ne connaît pas leurs séquelles, on ne connaît pas leurs séquelles somatiques
00:28:02et on ne connaît pas leurs séquelles psychiques.
00:28:03Donc forcément, on ne risque pas de prendre en charge correctement ces enfants
00:28:06et de les aider à aller mieux.
00:28:08Donc déjà, le bilan de santé, il n'est pas fait.
00:28:10Pourquoi il n'est pas fait ?
00:28:11Il n'est pas fait parce que l'accès aux soins est compliqué pour ces enfants
00:28:15et à la différence peut-être des filières du handicap,
00:28:19quoique, ils ne sont prioritaires de rien.
00:28:21C'est-à-dire que ces enfants ne sont pas priorisés dans les CMP.
00:28:24Les CMP débordent de demandes de la population générale
00:28:28et donc ces enfants ne sont pas prioritaires.
00:28:31Les professionnels de santé en libéral, les médecins traitants, les pédiatres,
00:28:35les pédopsychiatres, les psychologues ne sont pas suffisamment formés
00:28:39au trauma complexe pédiatrique.
00:28:42C'est des consultations qui sont là encore très chronophages.
00:28:44Et donc la somme d'une consultation extrêmement chronophage,
00:28:49non suffisamment revalorisée et d'une absence de formation
00:28:52fait qu'il y a une crainte aussi à recevoir ces enfants,
00:28:56de peur de ne pas savoir bien les prendre en charge.
00:28:58Donc c'est difficile pour eux d'être vus en médecine de ville.
00:29:01Par ailleurs, vous n'êtes pas sans savoir que la médecine de ville
00:29:04est aussi une espèce d'envoi de disparition.
00:29:05Enfin je veux dire, on a quand même de moins en moins de médecins
00:29:08généralement mais particulièrement en ville.
00:29:13Les instituts du psychotrauma, les centres de psychotrauma,
00:29:16pareil, ne priorisent pas ces enfants.
00:29:18Eux aussi débordent de demandes.
00:29:20Donc ils ne peuvent pas faire de suivi long
00:29:22et ces enfants ont besoin de suivi long.
00:29:24Donc en ville, tout concourt à ce que les enfants
00:29:26aient des difficultés d'accès aux soins.
00:29:28Les consultations de psychologues,
00:29:30alors vous parliez du dispositif Momsi,
00:29:32c'est très bien.
00:29:33C'est huit consultations.
00:29:35Donc c'est huit consultations,
00:29:36en tout et pour tout.
00:29:37Peut-être que ça a été remonté maintenant
00:29:40effectivement à douze
00:29:41et il est prévu que ça passe à vingt.
00:29:43Enfin ça reste très peu de consultations.
00:29:45Avec des consultations qui sont peu valorisées aussi
00:29:48et donc un accès,
00:29:50enfin un nombre de psychologues
00:29:52assez insuffisant pour rentrer dans ce dispositif.
00:29:55et encore une fois,
00:29:57un enfant qui a subi des traumas,
00:29:59qui est confié à l'aide sociale à l'enfance
00:30:00ne peut pas aller mieux
00:30:01avec huit, douze ou vingt consultations de psychologues.
00:30:03Il faut s'inscrire dans la durée pour ces enfants.
00:30:06Et je me permets de quand même
00:30:08faire un petit aparté
00:30:09pour vous parler de l'expérimentation Pégase.
00:30:12L'expérimentation Pégase,
00:30:13c'est une expérimentation d'article 51
00:30:14qui a pris en charge très précocement
00:30:18les enfants de 0 à 7 ans
00:30:19confiés en pouponnière,
00:30:21confiés à l'aide sociale à l'enfance
00:30:22avec un suivi intensif.
00:30:23Et je vous montre juste
00:30:26ce petit schéma
00:30:27d'une petite fille
00:30:29qui a été placée à l'âge de 4 mois
00:30:31qui présentait plus de 6 ACE.
00:30:33Quand cette petite fille est arrivée
00:30:35dans le dispositif de Pégase,
00:30:36elle était dans le rouge
00:30:37de toutes les échelles de développement
00:30:38que vous pouvez imaginer.
00:30:40Parce qu'il y a quand même eu
00:30:42énormément de bilans,
00:30:43le bilan de santé Pégase est extrêmement complet.
00:30:46Et donc, il y a de nombreuses échelles
00:30:48qui ont été faites.
00:30:48Donc là, je vous en présente que deux.
00:30:50Cette petite fille était dans le rouge.
00:30:51Vous voyez ?
00:30:53Avec une prise en charge intensive
00:30:54au fur et à mesure des mois.
00:30:5724 à 34 mois.
00:30:59Regardez, elle retourne dans le vert.
00:31:01Vous avez un petit décrochage
00:31:02de cette courbe ici.
00:31:03C'est juste au moment
00:31:04où les visites médiatisées
00:31:05se sont remises en place
00:31:06avec sa maman.
00:31:08Quand on a expliqué à cette petite fille
00:31:09que les visites médiatisées
00:31:11allaient s'arrêter,
00:31:12elle a continué sa courbe de développement.
00:31:13Aujourd'hui, c'est une petite fille
00:31:14qui n'a pas de troubles
00:31:15du neurodéveloppement.
00:31:16en 24 à 36 mois.
00:31:18Voilà ce que montre
00:31:19l'expérimentation Pégase.
00:31:20Et donc, ça, c'est un exemple.
00:31:23Mais en fait,
00:31:23l'expérimentation Pégase
00:31:24est un succès.
00:31:25C'est-à-dire qu'elle démontre
00:31:26pour la première fois en France
00:31:28que des enfants
00:31:29qui sont prêts en charge précocement
00:31:30avec des soins intensifs
00:31:31et sur une durée suffisamment longue,
00:31:3324 à 36 mois,
00:31:34alors qu'on arrive
00:31:35à retrouver des enfants
00:31:36qui ont des courbes de développement
00:31:37d'un enfant normal.
00:31:39Donc, ce délai d'accès aux soins
00:31:43est très, très préjudiciable
00:31:45à ces enfants.
00:31:46Et comme je vous le disais tout à l'heure,
00:31:4785% de ces enfants
00:31:48qui présentent des troubles psychiques
00:31:49ne sont vus qu'aux urgences.
00:31:50Donc, le bilan de santé
00:31:52à l'admission n'est pas fait.
00:31:54L'accès aux soins est compliqué.
00:31:55Et puis, vous n'êtes pas sans savoir
00:31:57qu'il y a un très gros tournevers
00:31:59aujourd'hui dans les maisons d'enfants.
00:32:01Et que si le lundi soir,
00:32:06Philippe, Léa ou Kevin
00:32:09a sa consultation de psychologue
00:32:10et qu'en fait,
00:32:11au lieu d'avoir deux éducateurs,
00:32:12il n'y en a qu'un
00:32:13parce qu'il y en a un qui est malade
00:32:14ou en arrêt,
00:32:15du coup, les consultations
00:32:16de Philippe, Léa, Kevin,
00:32:18elles sont annulées
00:32:18parce que l'éducateur qui reste,
00:32:20il faut qu'il s'occupe
00:32:21de tous les autres enfants.
00:32:22Donc, il y a aussi un problème
00:32:23de non-observance des soins
00:32:25du fait d'une pénurie
00:32:26des éducateurs
00:32:27dans les maisons d'enfants
00:32:27qui fait qu'au bout d'un moment,
00:32:29les professionnels de santé
00:32:30ne positionnent même plus les enfants
00:32:32en disant, bon,
00:32:33ça va, il n'est pas venu une fois,
00:32:34il n'est pas venu deux fois,
00:32:35maintenant, on arrête.
00:32:36Donc, il y a ce problème aussi
00:32:37d'accès aux soins
00:32:38du fait d'une pénurie
00:32:39d'éducateurs spécialisés
00:32:41dans les maisons d'enfants.
00:32:43Il y a aussi un problème
00:32:44qu'on est en train de travailler,
00:32:45c'est qu'est-ce qu'un acte usuel,
00:32:47qu'est-ce qu'un acte non usuel
00:32:48et aujourd'hui,
00:32:49il faut demander l'autorisation
00:32:50des parents
00:32:50pour que les enfants
00:32:51puissent être suivis
00:32:53sur le plan sanitaire.
00:32:54Donc, là aussi,
00:32:55peut-être qu'on pourrait faciliter
00:32:56la vie des professionnels
00:32:57de santé
00:32:57en faisant que la prise en charge
00:32:59de la santé,
00:32:59c'est un acte usuel
00:33:00qui peut être confié
00:33:01aux maisons d'enfants
00:33:04ou aux familles d'accueil
00:33:05dans lesquelles
00:33:05les enfants sont confiés.
00:33:08Et puis,
00:33:09il y a aussi un problème
00:33:10très administratif
00:33:11d'accès,
00:33:12enfin, d'affiliation
00:33:13à la CMU.
00:33:14C'est-à-dire que quand un enfant
00:33:15est confié à l'éducation
00:33:15à l'enfance,
00:33:16il va être affilié
00:33:17à la CMU
00:33:17et ça peut prendre plusieurs mois.
00:33:19Donc, pendant plusieurs mois,
00:33:20il n'a pas de suivi
00:33:21parce qu'il n'a pas
00:33:22de prise en charge
00:33:22de sécurité sociale.
00:33:23Alors, ça paraît
00:33:24complètement ridicule,
00:33:25mais c'est le cas.
00:33:25Il y a des départements
00:33:26et Daniel Rousseau, d'ailleurs,
00:33:27avait fait la liste
00:33:27des départements.
00:33:28Il y a certains départements
00:33:29pour lesquels ça va très vite
00:33:30et il y a certains départements
00:33:31pour lesquels il faut
00:33:31six à huit mois
00:33:32juste pour avoir
00:33:33une affiliation
00:33:34à la Sécurité sociale.
00:33:35Bon, ben, pendant six à huit mois,
00:33:36du coup, vous n'êtes pas vus
00:33:37sur le plan sanitaire.
00:33:38Et enfin,
00:33:39on a monté des...
00:33:41Enfin, ce sont montés
00:33:42des UAPED.
00:33:43J'ai vu que la ministre
00:33:45de la Santé
00:33:45avait réaffirmé
00:33:48son soutien
00:33:49au déploiement
00:33:50des UAPED en France.
00:33:52Mais aujourd'hui,
00:33:52il faut savoir
00:33:53qu'une UAPED,
00:33:53donc Unité d'accueil
00:33:54pour enfants en danger
00:33:55à l'hôpital,
00:33:56c'est une dotation
00:33:57de 160 000 euros.
00:33:59Avec la loi Sécur,
00:34:00pour exemple,
00:34:01un praticien hospitalier,
00:34:02c'est 135 000 euros.
00:34:04Donc, qu'on m'explique
00:34:05comment,
00:34:06avec 160 000 euros
00:34:07de dotation,
00:34:08une UAPED
00:34:08peut avoir
00:34:09des professionnels
00:34:10de santé
00:34:10en nombre suffisant
00:34:11pour à la fois
00:34:12faire du repérage
00:34:13des enfants
00:34:14à l'hôpital,
00:34:15à la fois
00:34:16les prendre en charge,
00:34:17notamment les auditionner
00:34:18grâce aux salles
00:34:20d'audition Mélanie,
00:34:21réaliser les informations
00:34:22préoccupantes,
00:34:22les signalements
00:34:23et assurer le suivi.
00:34:24C'est impossible.
00:34:25Donc, c'est dommage
00:34:26parce qu'on a là
00:34:27une structure,
00:34:28des structures
00:34:28qui sont implantées,
00:34:30qui sont maintenant
00:34:30bien déployées
00:34:32en France,
00:34:32mais qui ne sont pas
00:34:33suffisamment dotées
00:34:34pour assurer
00:34:34ce suivi des enfants.
00:34:36Donc, voilà,
00:34:36tout concourt
00:34:37à ce que ces enfants
00:34:38ne soient pas
00:34:40pris en soin
00:34:41avec les conséquences
00:34:43que je vous ai citées
00:34:44tout à l'heure.
00:34:48Merci,
00:34:48Professeur Gréco.
00:34:49Moi, j'aurais
00:34:50deux, trois petites questions
00:34:51justement par rapport
00:34:52à ce que vous avez
00:34:53par rapport
00:34:54à cette prise en charge.
00:34:57Donc, vous avez apporté
00:34:58quand même des chiffres
00:34:58inquiétants
00:34:59avec des taux de suicide
00:35:01qui sont multipliés
00:35:02justement par 37
00:35:03de suicides.
00:35:06On voit très bien
00:35:07que, comme l'a dit
00:35:07mon collègue,
00:35:08M. le rapporteur,
00:35:10c'est la prévention
00:35:11au départ.
00:35:12Et on s'est rendu compte
00:35:13lors des précédentes auditions
00:35:15qu'il y avait
00:35:16un gros problème
00:35:16de prévention
00:35:17au niveau
00:35:18de l'éducation nationale
00:35:19aux plus jeunes
00:35:20ou des enfants.
00:35:21Et on peut s'apercevoir
00:35:22que les violences
00:35:23justement subies
00:35:24par les enfants
00:35:24ont un impact
00:35:25sur leur vie d'adultes
00:35:26et notamment
00:35:27en réduisant
00:35:28leur espérance de vie
00:35:29de près de 20 ans.
00:35:31Donc, développement
00:35:32de maladies respiratoires,
00:35:33affaiblissement
00:35:34du système immunitaire.
00:35:36Et est-il possible
00:35:36de chiffrer précisément
00:35:37le nombre d'enfants
00:35:38victimes,
00:35:40y compris ceux
00:35:41dont le cas
00:35:42ne sont pas déclarés ?
00:35:43Et peut-on également
00:35:44estimer,
00:35:45donc tout à l'heure
00:35:45vous l'avez dit,
00:35:45le coût est de 38 milliards
00:35:47d'argent public.
00:35:50Et la question
00:35:51de la détection
00:35:52et de la prise en charge
00:35:53des cas de maltraitance
00:35:54semble extrêmement préoccupante.
00:35:56Lacune dans la formation
00:35:57des professionnels,
00:35:59en contact
00:36:00avec les enfants,
00:36:01crainte de représailles
00:36:02pour les médecins
00:36:02traitants
00:36:03qui sont isolés
00:36:03dans leur cabinet
00:36:04ou encore défaillance
00:36:06dans la prise en charge
00:36:07alors même
00:36:07que l'alerte
00:36:08a été donnée.
00:36:09Selon vous,
00:36:10existe-t-il
00:36:10une cause principale
00:36:11à ces carences
00:36:12et comment à court terme
00:36:14et avec un budget
00:36:15contraint
00:36:15peut-on agir
00:36:17pour les limiter ?
00:36:19Et votre association
00:36:19porte un programme
00:36:21intitulé Ambition
00:36:22qui vise à accompagner
00:36:24les jeunes
00:36:24dans leur insertion
00:36:25professionnelle
00:36:26et leur démarche
00:36:27administrative.
00:36:28Donc pourriez-vous,
00:36:29s'il vous plaît,
00:36:29nous expliquer concrètement
00:36:31comment se déroule
00:36:31votre action ?
00:36:33Et êtes-vous par exemple
00:36:34ceux qui les aident
00:36:34à démarcher les entreprises,
00:36:36à préparer un entretien
00:36:38d'embauche ?
00:36:39Et enfin,
00:36:39quel est le profil
00:36:40des jeunes
00:36:41qui sollicitent
00:36:41l'aide
00:36:42de votre association ?
00:36:44Je vous remercie.
00:36:47Effectivement,
00:36:48on estime,
00:36:49parce que,
00:36:49encore une fois,
00:36:49c'est ça notre gros
00:36:50problème en France,
00:36:51c'est qu'on a extrêmement
00:36:52peu de données
00:36:53de recherche
00:36:54sur combien d'enfants
00:36:57sont victimes
00:36:59de violences en France.
00:37:00Combien d'enfants,
00:37:01alors si je vais même
00:37:02plus loin,
00:37:02combien d'enfants
00:37:03meurent sous les coups
00:37:04de leurs parents ?
00:37:06On avait une enquête
00:37:07qui avait été réalisée
00:37:08par Anne Turz
00:37:09une enquête INSERM
00:37:10qui avait mis en évidence
00:37:11le fait que probablement
00:37:12un enfant par jour
00:37:13mourait sous les coups
00:37:14de ses parents.
00:37:15On a probablement dû trouver
00:37:17que c'était un petit peu trop,
00:37:18donc est apparu le chiffre
00:37:19de 1 tous les 5 jours.
00:37:21Et puis des fois,
00:37:21on entend 1 tous les 3 jours.
00:37:23La vérité,
00:37:23c'est qu'on n'en sait
00:37:24fichrement rien,
00:37:25parce qu'en fait,
00:37:25on n'a pas de données fiables
00:37:28sur ce sujet.
00:37:29On ne recoupe pas
00:37:30les chiffres de la police,
00:37:30de la justice,
00:37:31les chiffres du SAMU
00:37:32quand un enfant décède au domicile.
00:37:35Enfin voilà.
00:37:35Donc on a déjà extrêmement peu
00:37:37de données fiables
00:37:38sur le nombre d'enfants,
00:37:39rien que le nombre d'enfants
00:37:40qui meurent sous les coups
00:37:41de leurs parents chaque année.
00:37:44On a des estimations,
00:37:45donc on a des papiers,
00:37:46pareil,
00:37:46dans la littérature internationale,
00:37:48qui estiment que,
00:37:49en France,
00:37:5015% des enfants,
00:37:51enfin dans les pays
00:37:51à haut niveau de revenus
00:37:52comme la France,
00:37:5315% des enfants
00:37:54sont victimes de violences.
00:37:5715% des enfants
00:37:57sont victimes de violences.
00:37:58Ce qui colle assez bien
00:38:00avec des sondages
00:38:01qui ont été faits
00:38:02chez des adultes,
00:38:03notamment un récent sondage,
00:38:05Harris,
00:38:05qui interrogeait les adultes
00:38:06sur le fait d'avoir subi
00:38:08ou non des violences
00:38:09dans l'enfance
00:38:09et qui retrouvaient
00:38:10à peu près 22% d'adultes
00:38:12qui déclaraient avoir
00:38:13subi des violences
00:38:14dans l'enfance
00:38:14et 16 à 17% d'adultes
00:38:16qui déclaraient avoir
00:38:17subi plus de 4 ACE dans l'enfance.
00:38:20Donc finalement,
00:38:21les sondages faits
00:38:21à l'âge adulte
00:38:22sont assez proches
00:38:24des études internationales.
00:38:26Donc on estime
00:38:2715% de ces enfants
00:38:28victimes de violences,
00:38:28400 000 enfants
00:38:30confiés à l'aide sociale
00:38:31à l'enfance.
00:38:32Donc vous voyez
00:38:32qu'on est très loin du compte.
00:38:33400 000 enfants
00:38:34confiés à l'aide sociale
00:38:35à l'enfance,
00:38:35c'est 2% de la génération
00:38:36des 0-18 ans.
00:38:37Donc en fait,
00:38:38on n'a que la partie
00:38:40émergée de l'iceberg
00:38:42et il nous manque
00:38:42toute la partie
00:38:43émergée de l'iceberg.
00:38:44Sachant que si on repérait
00:38:45beaucoup plus tôt les enfants,
00:38:47on pourrait éviter
00:38:48beaucoup de placements.
00:38:49En fait, pourquoi on place ?
00:38:50Parce qu'on découvre
00:38:51des situations très dégradées,
00:38:52beaucoup trop tardivement.
00:38:53Pour ma part,
00:38:54j'ai été placée
00:38:54à l'âge de 14 ans,
00:38:55on aurait pu agir
00:38:57beaucoup plus tôt
00:38:58et peut-être éviter
00:38:59le placement.
00:39:01Donc il y a un vrai manque
00:39:03dans le repérage
00:39:04des situations de violence,
00:39:05une vraie méconnaissance
00:39:06des facteurs de risque.
00:39:07Moi, en tant qu'étudiant
00:39:07en médecine,
00:39:08j'ai eu une heure de cours
00:39:09sur le syndrome de Silverman,
00:39:11qui est un syndrome
00:39:11extrêmement particulier
00:39:12où en fait,
00:39:13quand un enfant,
00:39:14un bébé arrive aux urgences
00:39:15et qu'on fait une radio,
00:39:16on a des fractures
00:39:17d'âge différent.
00:39:19Voilà, c'est ça
00:39:19le syndrome de Silverman.
00:39:20C'est quand même pas
00:39:21la maltraitance
00:39:22la plus fréquente.
00:39:24Et donc voilà,
00:39:24j'ai eu autant d'heures
00:39:25de cours sur le syndrome
00:39:26de Silverman
00:39:27que sur la maladie
00:39:27de Takayashou,
00:39:28qui est une maladie
00:39:29extrêmement rare,
00:39:29vasculaire.
00:39:31Et donc on oublie
00:39:32un peu le bon sens,
00:39:33c'est-à-dire qu'il faudrait
00:39:34mieux former
00:39:34les étudiants en médecine.
00:39:36En fait,
00:39:36tous les étudiants
00:39:38qui vont être
00:39:38au contact d'enfants
00:39:39à ces facteurs de risque
00:39:41et à mieux savoir
00:39:45repérer ces enfants.
00:39:46Tant qu'on n'améliorera
00:39:47pas le repérage,
00:39:49on n'arrivera pas
00:39:49à améliorer
00:39:51l'état de santé
00:39:51de ces enfants.
00:39:52Tant qu'on n'aura pas
00:39:53de recherche fiable,
00:39:55sur le sujet,
00:39:56on n'arrivera pas non plus.
00:39:57Regardez,
00:39:57on connaît le nombre
00:39:58de blessés
00:39:59et de tués
00:39:59chaque année
00:40:00sur les routes.
00:40:01En fonction de ce nombre,
00:40:02on met en place
00:40:02des politiques de prévention.
00:40:04Le radar,
00:40:05l'anti-démarrage,
00:40:06l'alco-test,
00:40:07et à la fin de l'année,
00:40:08on évalue sa politique
00:40:09de prévention.
00:40:11Et on sait
00:40:11si le nombre
00:40:12de blessés
00:40:12ou de tués
00:40:13a diminué.
00:40:14Tant qu'on n'aura pas
00:40:15de chiffre fiable
00:40:16sur le nombre
00:40:17d'enfants concernés
00:40:17en France,
00:40:18le nombre d'enfants tués,
00:40:19le nombre d'enfants concernés,
00:40:20on n'arrivera pas
00:40:21à mettre en place
00:40:21des politiques de prévention.
00:40:24Et voilà,
00:40:25votre deuxième question,
00:40:25c'était concernant
00:40:26le programme Ambition
00:40:29et Avenir d'Impact.
00:40:30En fait,
00:40:31c'est tout Impact,
00:40:32c'est Découverte,
00:40:33Ambition et Avenir
00:40:33qui s'occupe
00:40:34de redonner
00:40:36un avenir
00:40:37choisi
00:40:38et non subi
00:40:39à ces enfants
00:40:39et de retrouver
00:40:41un peu d'ambition scolaire
00:40:42pour ces jeunes.
00:40:42Quelques chiffres
00:40:43sur la scolarité
00:40:44de ces jeunes.
00:40:45Parce qu'en fait,
00:40:46on ne peut pas séparer
00:40:47la santé et la scolarité.
00:40:48Un enfant qui est
00:40:48en bonne santé,
00:40:49globalement,
00:40:49c'est un enfant
00:40:50qui arrivera à s'accrocher
00:40:51à l'école.
00:40:51Un enfant qui s'accroche
00:40:53bien à l'école,
00:40:54c'est plutôt un enfant
00:40:55qui est en bonne santé.
00:40:55Donc c'est difficile
00:40:56de séparer les deux
00:40:57et c'est pour ça
00:40:57qu'au sein d'Impact,
00:40:58on n'a pas voulu
00:40:59séparer les deux.
00:41:00C'est quoi les chiffres
00:41:00de la scolarité
00:41:01de ces jeunes aujourd'hui ?
00:41:03Ils sont tout aussi dramatiques
00:41:04que les 20 ans
00:41:05d'espérance de vie en moins
00:41:06et que les 2% d'enfants
00:41:07qui accèdent à des CMP.
00:41:09Aujourd'hui,
00:41:10les enfants qui sont confiés
00:41:10à l'aide sociale à l'enfance,
00:41:11ils ont 31 fois plus
00:41:13d'adressage
00:41:15vers l'éducation spécialisée
00:41:17médico-sociale.
00:41:18C'est des enfants
00:41:18qui, du fait des violences subies,
00:41:20présentent 32 fois plus
00:41:21de troubles des apprentissages
00:41:22que j'avais expliqués
00:41:24lors de la précédente
00:41:24commission d'enquête
00:41:25avec ce stress chronique
00:41:27qui devient toxique
00:41:28pour l'organisme
00:41:29et de cette ours
00:41:30qui rentre à la maison
00:41:31tous les soirs
00:41:32et qui va affaiblir
00:41:33le système endocrinologique,
00:41:35neurologique,
00:41:36métabolique,
00:41:36immunitaire,
00:41:37mais aussi
00:41:37l'architecture cérébrale.
00:41:39Ces enfants ont
00:41:40des modifications
00:41:41de l'architecture cérébrale
00:41:42qui conduisent
00:41:43à ces troubles
00:41:44des fonctions cognitives.
00:41:45Donc 32 fois plus
00:41:46de troubles des apprentissages
00:41:47pour les enfants
00:41:48qui ont subi des violences
00:41:49et donc qui sont confiés
00:41:50à l'aide sociale à l'enfance.
00:41:527 fois plus
00:41:52de risques de déscolarisation.
00:41:54Ça veut dire qu'aujourd'hui
00:41:55on n'a que 5%
00:41:56des adolescents de 15 ans
00:41:57qui sont dans un cycle
00:41:58secondaire général
00:41:59ou technologique.
00:42:01On a moins de 4%
00:42:02des jeunes
00:42:03qui peuvent s'engager
00:42:03dans des études supérieures
00:42:04et alors les chiffres
00:42:05qui ne peuvent pas
00:42:09m'être opposés,
00:42:10c'est qu'au niveau
00:42:10des boursiers,
00:42:11vous savez qu'aujourd'hui
00:42:12un jeune qui est
00:42:13à l'aide sociale
00:42:14à l'enfance
00:42:14a automatiquement
00:42:15une bourse
00:42:16à l'échelon 7
00:42:17au niveau des grosses.
00:42:19Donc on a un chiffre exhaustif.
00:42:20En fait on sait exactement
00:42:21combien de boursiers
00:42:21on a de l'ASE.
00:42:23On a 3 000 boursiers
00:42:24de l'ASE
00:42:24sur 700 000 boursiers.
00:42:270,4%.
00:42:29Donc en fait
00:42:29au fur et à mesure
00:42:30de leur scolarité
00:42:31ces enfants
00:42:32présentant des troubles
00:42:33des apprentissages
00:42:34vont de plus en plus
00:42:35être déscolarisés
00:42:36pour aboutir
00:42:37in fine
00:42:38à 45%
00:42:40de jeunes sans abri
00:42:40de 18 à 25 ans
00:42:41qui sont issus
00:42:42de l'aide sociale
00:42:42à l'enfance
00:42:43et 70% des jeunes
00:42:44de l'ASE
00:42:45qui sortent sans diplôme.
00:42:46Donc effectivement
00:42:47l'association Impact
00:42:48vise à corriger ça
00:42:50en redonnant
00:42:51de l'ambition scolaire
00:42:52pour ces enfants
00:42:52et en leur montrant
00:42:54qu'on peut les accompagner
00:42:55aussi jusqu'à 25 ans
00:42:56parce que c'est quoi
00:42:56la conséquence
00:42:57d'une fin de prise en charge
00:42:59à 18 ans
00:43:00à l'aide sociale
00:43:00à l'enfance ?
00:43:01C'est que le jeune
00:43:02il se dit
00:43:02bon il faut absolument
00:43:03que je sois autonome
00:43:03à 18 ans
00:43:04sinon je me retrouve
00:43:04à la rue.
00:43:06Donc pas la peine
00:43:07de rêver
00:43:08de faire des études
00:43:08de médecine
00:43:09des études de juriste
00:43:10d'avocat
00:43:10ou quoi que ce soit
00:43:11qui peut être
00:43:11une étude supérieure
00:43:12parce qu'il faut
00:43:12qu'à 18 ans
00:43:13tu sois autonome.
00:43:15Les éducateurs
00:43:15de peur que les jeunes
00:43:16se retrouvent à la rue
00:43:17vont aussi les envoyer
00:43:18vers des filières
00:43:18professionnalisantes
00:43:19dès le collège
00:43:20des filières
00:43:21professionnalisantes courtes
00:43:22et on a des enfants
00:43:23qui se retrouvent
00:43:25dans des études
00:43:25qui n'ont pas choisi
00:43:26et donc qui abandonnent
00:43:27ces études.
00:43:28Donc avec Impact
00:43:29aujourd'hui
00:43:29on a mis en place
00:43:30du tutorat scolaire
00:43:31une fois par semaine
00:43:33dès le primaire
00:43:33dans les maisons d'enfants
00:43:35qu'on accompagne.
00:43:35On a mis en place
00:43:37d'expression artistique
00:43:40de la bibliothérapie
00:43:41en fait on a mis en place
00:43:42ce que des familles
00:43:43qui ont les moyens de faire
00:43:44proposeraient
00:43:45à leurs propres enfants
00:43:46pour qu'ils s'épanouissent
00:43:47dans la vie.
00:43:47Donc ce tutorat scolaire
00:43:48l'expression artistique
00:43:49la bibliothérapie
00:43:50on a monté
00:43:51une coalition d'entreprises
00:43:52mobilisées pour l'enfance protégée
00:43:53en 2023
00:43:54dont on a signé
00:43:55la charte d'engagement
00:43:56le 2 juillet
00:43:57au ministère de la santé
00:43:58du travail
00:43:59des solidarités
00:44:00et des familles
00:44:00une charte d'engagement
00:44:01d'entreprises
00:44:02qui se mobilisent
00:44:03pour accueillir
00:44:03ces jeunes en stage
00:44:04de troisième, de seconde
00:44:05en alternance
00:44:06pour leur offrir
00:44:07des CDD
00:44:08des jobs d'été
00:44:09pour les mentorer aussi
00:44:11on a monté
00:44:11grâce à cette coalition
00:44:12on a beaucoup de mentors
00:44:13grâce à cette coalition
00:44:14d'entreprises
00:44:15l'idée étant
00:44:16de faire comprendre
00:44:18à ces jeunes
00:44:18qu'ils sont
00:44:19les futurs collaborateurs
00:44:20de ces entreprises
00:44:21et qu'ils comptent
00:44:22qu'ils comptent
00:44:23et donc pour le programme
00:44:25à venir
00:44:25donc pour les jeunes
00:44:26de 18 à 25 ans
00:44:27on a mis en place
00:44:27des séminaires de préparation
00:44:28à l'autonomie
00:44:29comment on fait
00:44:30une demande de logement
00:44:30comment on gère
00:44:31un budget de 9 euros par jour
00:44:32comment on se nourrit correctement
00:44:33comment on prend en charge
00:44:36sa santé
00:44:36on leur distribue
00:44:38des kits à venir
00:44:38donc avec un ordinateur
00:44:39un téléphone
00:44:40une carte SIM
00:44:41l'accès
00:44:42à des comptes bancaires
00:44:45un coffre-fort numérique
00:44:47et puis
00:44:48on a mis en place
00:44:48le permis de conduire
00:44:49des bourses d'études
00:44:51et des bourses d'aide
00:44:51à l'installation
00:44:52l'idée étant
00:44:53de dire à ces jeunes
00:44:54dès le primaire
00:44:55si tu veux faire
00:44:56des études de médecine
00:44:57et bien accroche-toi
00:44:58on sera là
00:44:59un pacte sera là
00:45:00pour que
00:45:00à ta majorité
00:45:01on te soutienne
00:45:03à la fois sur le plan
00:45:03du logement
00:45:04mais aussi sur le plan
00:45:05de financier
00:45:07pour que tu puisses réaliser
00:45:08tes études de médecine
00:45:08moi j'ai pu faire
00:45:09des études de médecine
00:45:10et de recherche
00:45:11grâce à la fondation
00:45:12Bettencourt-Schuller
00:45:13qui
00:45:13quand je me suis engagée
00:45:15dans un double cursus
00:45:16médecine-science
00:45:17donc à MDPHD
00:45:18la fondation Bettencourt
00:45:19a été derrière moi
00:45:20pour me financer
00:45:21ces études-là
00:45:22de manière à ce que
00:45:22j'ai pas besoin
00:45:23d'aller travailler au McDo
00:45:24ou à Carrefour le soir
00:45:25et que je puisse faire
00:45:25de la médecine
00:45:26et de la recherche
00:45:26j'essaye de rendre
00:45:28ce qu'on m'a donné
00:45:29et j'essaye de soutenir
00:45:31au maximum
00:45:32ces jeunes
00:45:32qui veulent s'engager
00:45:33dans des études supérieures
00:45:34au moins jusqu'à 25 ans
00:45:35et on voit que les choses
00:45:36changent petit à petit
00:45:37c'est-à-dire qu'on a
00:45:38notre arbre de Noël
00:45:39tous les mois de janvier
00:45:41les jeunes viennent me voir
00:45:42en me disant
00:45:43voilà
00:45:43moi je pensais pas
00:45:44que je pourrais faire des études
00:45:45mais moi je voulais être juriste
00:45:47et maintenant je sais
00:45:48qu'avec un pacte
00:45:48vous allez me soutenir
00:45:50quand je serai majeure
00:45:51je pense pas que c'est à moi
00:45:52de faire ça
00:45:54en vrai
00:45:54parce que je lève
00:45:56beaucoup de fonds
00:45:57je passe ma vie
00:45:58à lever des fonds
00:45:59pour ces jeunes
00:46:00je pense que
00:46:01peut-être qu'une solution
00:46:04à ce problème
00:46:04serait de prendre en charge
00:46:05les jeunes majeurs
00:46:06jusqu'à 25 ans
00:46:07les jeunes français
00:46:08quittent le domicile
00:46:09en moyenne à 25 ans
00:46:10on demande à des jeunes
00:46:11ultra vulnérables
00:46:13d'être autonomes
00:46:15à 18 ans
00:46:15donc pour moi
00:46:17la priorité
00:46:17ce serait de mieux
00:46:18prendre en charge
00:46:19ces jeunes majeurs
00:46:20et d'au moins accompagner
00:46:21ces jeunes jusqu'à 25 ans
00:46:22ce qui changerait les mentalités
00:46:24et qui dès le primaire
00:46:25permettrait à ces enfants
00:46:27de rêver leur avenir
00:46:27donc voilà ce qu'on fait
00:46:29avec Impact
00:46:29et les programmes
00:46:30Découverte Ambition à l'avenir
00:46:32et voilà ce que nous permet aussi
00:46:33l'engagement des entreprises
00:46:35qui sont aujourd'hui
00:46:35mobilisées pour l'enfance protégée
00:46:37Merci beaucoup
00:46:43alors déjà je suis très admiratif
00:46:46en fait de l'énergie
00:46:46que vous déployez
00:46:48et des résultats
00:46:49que vous portez
00:46:51malheureusement
00:46:51tous les enfants concernés
00:46:53ne croisent pas
00:46:53le chemin de ces dispositifs
00:46:55et donc c'est aussi à eux
00:46:57qu'ils vous prenaient votre part
00:46:58avec eux
00:46:58c'est exceptionnel ce que vous faites
00:46:59mon propos n'est pas critique
00:47:01mais c'est de dire
00:47:02au niveau de la puissance publique
00:47:03en fait comment on fait
00:47:04là vous posez une question
00:47:05sur la question des barrières d'âge
00:47:07qui sont éminemment complexes
00:47:08et qui se chevauchent
00:47:10se s'entremêlent
00:47:11dans une infinie complexité
00:47:12voilà
00:47:13moi j'aimerais revenir en fait
00:47:15sur la question
00:47:16de la grande cause nationale
00:47:17santé mentale
00:47:17des annonces
00:47:18vous avez cité à plusieurs moments
00:47:19les ministres etc
00:47:20on voit par exemple
00:47:22sur la médecine scolaire
00:47:23et c'est assez déceptif
00:47:24que l'objectif est de former
00:47:26deux personnes
00:47:27dans l'éducation nationale
00:47:28par établissement
00:47:29pour avoir une sensibilisation
00:47:30enfin on est très très loin
00:47:32en fait des enjeux
00:47:33on a le sentiment
00:47:34les plus acerbes
00:47:37diront
00:47:37la grande causerie nationale
00:47:38sur ce sujet là
00:47:40alors qu'on a des chiffres
00:47:43que vous avez égrenés
00:47:43sur l'aide sociale
00:47:44à l'enfance
00:47:44mais qui sont transposables
00:47:45explosion des troubles
00:47:46de conduite alimentaire
00:47:48les tentatives de suicide
00:47:49explosent
00:47:50chez les jeunes filles
00:47:51voilà
00:47:52on a des indicateurs
00:47:53qui sont assez sombres
00:47:53en tant que
00:47:54peut-être
00:47:55pour décentrer
00:47:56autour de la ZEU
00:47:57même si c'est un sujet
00:47:57où les difficultés
00:47:58malheureusement
00:47:59s'annoncelle
00:48:00quel est votre regard
00:48:02là-dessus aussi
00:48:03sur ce décalage
00:48:05entre le discours politique
00:48:07qui est extrêmement
00:48:08volontariste
00:48:09dans les mots
00:48:10mais très peu
00:48:11suivi des faits
00:48:12dans les actes
00:48:13alors que
00:48:14on en revient
00:48:15à ce que vous évoquez
00:48:16tout démontre
00:48:18en tout cas
00:48:18les études
00:48:18qui existent
00:48:19plutôt
00:48:19outre-manche
00:48:21ou outre-Atlantique
00:48:22que les coûts évités
00:48:23en fait
00:48:23sont énormes
00:48:24d'ailleurs
00:48:25je suis très preneur
00:48:26de l'étude
00:48:26que vous avez portée
00:48:27sur la jeune fille
00:48:28à partir du moment
00:48:31où on agit
00:48:32au bon moment
00:48:32et sans facilité intellectuelle
00:48:35c'est-à-dire
00:48:35qu'il faut mobiliser
00:48:36des professionnels
00:48:36etc
00:48:37c'est pas si simple
00:48:37que ça
00:48:38de construire
00:48:38des dispositifs
00:48:39et je vous remercie
00:48:41de faire une réponse
00:48:41courte
00:48:42sur ton contrôle
00:48:43pour que la parole
00:48:44puisse circuler
00:48:45non effectivement
00:48:48voilà
00:48:49santé mentale
00:48:50grande cause nationale
00:48:50enfin bon
00:48:51moi je suis un peu
00:48:51désespérée
00:48:52des grandes causes nationales
00:48:53parce que derrière
00:48:53il ne se passe pas
00:48:54grand chose
00:48:55mais est-ce que j'ai la réponse
00:48:58je ne sais pas
00:48:59effectivement moi-même
00:49:00en consultation douleur
00:49:01je constate
00:49:01que les jeunes
00:49:02vont de plus en plus mal
00:49:03vous dites
00:49:03explosion du taux de suicide
00:49:04chez les enfants
00:49:04chez les jeunes filles
00:49:05moi j'ai des enfants
00:49:06de 8 ans maintenant
00:49:07qui ont fait des tentatives
00:49:08de suicide
00:49:08je veux dire
00:49:09c'est des choses
00:49:09qu'on n'avait jamais vues
00:49:10c'est un problème
00:49:12d'accès aux soins
00:49:12c'est-à-dire que
00:49:13ok on manque de pédopsychiatres
00:49:16très bien on le sait
00:49:16bon mais on a des psychologues
00:49:18donc pourquoi
00:49:20en tout cas
00:49:20pour les enfants
00:49:22on ne permettrait pas
00:49:24un remboursement
00:49:25des soins de psychologues
00:49:27en pédiatrie
00:49:29enfin je veux dire
00:49:29on a quand même
00:49:30plein de psychologues
00:49:31sauf que les psychologues
00:49:32en libéral
00:49:33il faut qu'ils payent leur loyer
00:49:34il faut qu'ils payent
00:49:35le loyer du cabinet
00:49:36il faut qu'ils vivent
00:49:36il faut qu'ils mangent
00:49:37et que donc voilà
00:49:38les consultations ont un coût
00:49:39et le problème
00:49:40c'est que c'est pas remboursé
00:49:41par la sécurité sociale
00:49:42donc enfin
00:49:43pardon mais je vais opposer
00:49:445 milliards de bons de transport
00:49:46à l'absence de remboursement
00:49:49des consultations de psychologues
00:49:50enfin en tant que médecin
00:49:51il y a quand même aussi
00:49:53des choses à revoir
00:49:55que les gens qui ont besoin
00:49:58de bons de transport
00:49:58et un bon de transport
00:49:59bien entendu
00:50:00mais enfin
00:50:01on va pas se mentir
00:50:02on sait tous
00:50:02quand même qu'il y a pas mal
00:50:03d'abus
00:50:04par exemple
00:50:04prenons juste
00:50:05ces bons de transport
00:50:06donc
00:50:08il faudrait
00:50:09peut-être rebalancer
00:50:11les choses
00:50:11et peut-être mettre
00:50:12un peu le paquet aussi
00:50:13sur l'avenir de notre société
00:50:15que sont les enfants
00:50:16et envisager
00:50:17qu'il y ait des forfaits
00:50:20de santé mentale
00:50:21prêt en charge
00:50:21par la sécurité sociale
00:50:22pour les enfants
00:50:24qui vont aujourd'hui
00:50:25extrêmement mal
00:50:25je vous l'ai dit
00:50:28donc
00:50:28l'étude
00:50:29elle est récente
00:50:29c'est une étude
00:50:30du Lancet
00:50:30sur les 38 milliards d'euros
00:50:32par an
00:50:32pour la France
00:50:34les chiffres aux Etats-Unis
00:50:361,3 billion de dollars
00:50:38pour l'Amérique du Nord
00:50:39donc c'est des chiffres
00:50:40qui sont complètement délirants
00:50:42l'étude Pégase
00:50:43montrait qu'un bébé
00:50:45placé tôt
00:50:45qu'on prend en charge
00:50:46très vite
00:50:47coûtera
00:50:471 million d'euros
00:50:48sur 22 ans
00:50:49un bébé
00:50:50placé trop tard
00:50:51qui arrive avec des troubles
00:50:52fixés
00:50:52coûtera 4 millions d'euros
00:50:53sur 22 ans
00:50:55donc on le sait tout ça
00:50:56combien ça coûte
00:50:57pareil
00:50:58les anglo-saxons
00:50:59ont fait des études
00:50:59qui montrent
00:51:00qu'une prise en charge précoce
00:51:01pour les coûts évités
00:51:03une prise en charge précoce
00:51:04des troubles
00:51:06de santé psychique
00:51:06chez des enfants
00:51:07victimes de violences
00:51:081 dollar dépensé
00:51:10pour 11 dollars économisés
00:51:11mais j'ai l'impression
00:51:12qu'on est aussi
00:51:13dans un mode
00:51:14de fonctionnement politique
00:51:17où on a besoin
00:51:18d'avoir des données
00:51:19à 5 ans
00:51:19voilà au bout de 5 ans
00:51:20comment je peux
00:51:22communiquer
00:51:22sur ce que j'ai fait
00:51:23mais 5 ans
00:51:24c'est trop court
00:51:25en fait
00:51:25et donc j'ai l'impression
00:51:26qu'on a du mal
00:51:27à envisager
00:51:28de dépenser de l'argent
00:51:31sur du
00:51:32enfin de mettre de l'argent
00:51:34avec des résultats
00:51:36qu'on aura
00:51:36dans 15
00:51:3716
00:51:3817
00:51:3818 ans
00:51:38quand les jeunes
00:51:39auront grandi
00:51:39et qui seront des adultes
00:51:41plus en forme
00:51:42mais en meilleure santé
00:51:43donc je pense
00:51:44que le temps politique
00:51:45ne joue pas en notre faveur
00:51:46pour engager
00:51:47des dépenses importantes
00:51:49à l'instant T
00:51:50dépenses dont on verra
00:51:52les bénéfices
00:51:53à l'instant T
00:51:55plus 18
00:51:55en quoi
00:51:56je pense que ça ne nous aide
00:51:57pas beaucoup
00:51:58alors que
00:51:59je ne sais pas
00:52:00j'ai l'impression
00:52:01que les chiffres
00:52:01que j'énonce
00:52:02enfin on cherche
00:52:03partout 40 milliards
00:52:04on a des données fiables
00:52:07sur le fait
00:52:07que c'est 38 milliards
00:52:09d'euros
00:52:09que ça coûte
00:52:10les Etats-Unis
00:52:11ont montré
00:52:12que les conséquences
00:52:14des violences
00:52:14subies dans l'enfance
00:52:15coûtent 3 fois
00:52:16le coût
00:52:16de la dépendance
00:52:17des personnes âgées
00:52:18donc on a tous
00:52:19ces chiffres
00:52:19on les a
00:52:20mais voilà
00:52:21j'ai l'impression
00:52:21que ça ne déclenche rien
00:52:22parce que
00:52:23oui mais c'est
00:52:24dans trop longtemps
00:52:25qu'on en verra
00:52:26les bénéfices
00:52:26donc je pense
00:52:26que le temps politique
00:52:27ne nous aide pas
00:52:28je vous remercie
00:52:31madame Gréco
00:52:32nous allons laisser
00:52:33la parole
00:52:34à nos collègues députés
00:52:35pour poser leurs questions
00:52:36courtes
00:52:382 minutes
00:52:39de façon à accélérer
00:52:40donc ils vont poser
00:52:41leurs questions
00:52:42et ensuite
00:52:42vous pourrez répondre
00:52:43en enchaînant dessus
00:52:45merci
00:52:45merci beaucoup
00:52:48madame
00:52:49pour votre témoignage
00:52:51que vous soulevez
00:52:54les problématiques
00:52:56que vous soulevez
00:52:57montrent des défis
00:52:58en fait
00:52:58structurels
00:53:00et systémiques
00:53:01considérables
00:53:03on s'en rend compte
00:53:04aux chiffres
00:53:06que vous venez
00:53:07de nous
00:53:08d'apporter
00:53:09vous soulevez
00:53:11vous soulevez
00:53:11bon j'ai noté
00:53:12le manque de ressources
00:53:13et de soutien financier
00:53:14ça c'est évident
00:53:15une application incohérente
00:53:16des lois aussi
00:53:17l'absence de suivi
00:53:19d'évaluation efficace
00:53:21et le besoin
00:53:22d'amélioration
00:53:23des formations
00:53:23et de reconnaissance
00:53:24des travailleurs sociaux
00:53:25parce que des lois
00:53:26il y en a
00:53:27ils ont été votés
00:53:28en 2016
00:53:282022
00:53:29qui vise à garantir
00:53:31justement
00:53:31la protection
00:53:32continue
00:53:32des enfants placés
00:53:33jusqu'à 21 ans
00:53:34et donc au-delà
00:53:36de la majorité
00:53:37mais elles ne sont pas
00:53:37forcément appliquées
00:53:39et des départements
00:53:43même refusent
00:53:43d'appliquer
00:53:44cette loi
00:53:46et on a vu
00:53:47aussi
00:53:48des enfants
00:53:49placés
00:53:50dans des environnements
00:53:51totalement inadaptés
00:53:52comme des hôtels
00:53:54et parfois même
00:53:55des campings
00:53:55donc je voulais
00:53:56avoir
00:53:57votre
00:53:57votre avis
00:53:59là sur
00:53:59justement
00:54:00la politique
00:54:01des départements
00:54:02qui
00:54:03qui
00:54:05finalement
00:54:05d'un département
00:54:07à l'autre
00:54:07va être complètement
00:54:08différente
00:54:08pour ces enfants
00:54:10placés à la zone
00:54:11puisque c'est une compétence
00:54:13des départements
00:54:14ça on a
00:54:16un énorme problème
00:54:17d'hétérogénéité
00:54:18totale
00:54:19de prise en charge
00:54:19des enfants
00:54:20d'un département
00:54:20à l'autre
00:54:21vous avez des départements
00:54:22qui vont
00:54:23automatiquement
00:54:24allouer
00:54:27ce contrat
00:54:28jeune majeur
00:54:28jusqu'à 21 ans
00:54:29à des jeunes
00:54:30et des départements
00:54:31qui ne vont absolument
00:54:31pas mettre en place
00:54:32ce contrat
00:54:33jeune majeur
00:54:33vous avez des départements
00:54:35qui vont très facilement
00:54:36placer à l'hôtel
00:54:37et d'autres
00:54:37qui vont
00:54:38faire tout
00:54:39pour que ce soit pas le cas
00:54:40alors juste
00:54:41pour info
00:54:42quand j'avais 15 ans
00:54:43j'ai été placée
00:54:45d'abord à l'hôpital
00:54:45puis en famille d'accueil
00:54:46d'urgence
00:54:47puis en service
00:54:47d'accueil d'urgence
00:54:48j'étais restée
00:54:49trop longtemps
00:54:49au service
00:54:50d'accueil d'urgence
00:54:50donc l'étape suivante
00:54:52c'était
00:54:52un hôtel
00:54:53dans le 18ème
00:54:54bon voilà
00:54:56j'avais 15 ans
00:54:57j'ai dit
00:54:59à l'assistante sociale
00:54:59référente
00:55:00que je ne pouvais
00:55:02pas survivre
00:55:03dans un hôtel
00:55:03je pense
00:55:04dans la rue
00:55:04la plus malfamée
00:55:05de Paris
00:55:05où je me suis dit
00:55:07je vais durer
00:55:075 minutes
00:55:08et donc du coup
00:55:09voilà
00:55:09donc après
00:55:10elle m'a proposé
00:55:10un foyer en Normandie
00:55:11vous voyez
00:55:12j'étais en première
00:55:13à l'époque
00:55:14en première S
00:55:15dans un lycée
00:55:16à Morpof
00:55:19c'était pareil
00:55:20déscolarisation
00:55:21tout ça
00:55:21donc au final
00:55:22je suis allée
00:55:23dans un foyer
00:55:23de semi-liberté
00:55:24je pense que
00:55:25je n'avais pas
00:55:25énormément ma place
00:55:26dans un foyer
00:55:27de semi-liberté
00:55:27mais parce que
00:55:28il n'y avait pas de place
00:55:29donc le placement
00:55:30à l'hôtel
00:55:31j'ai failli
00:55:32le connaître
00:55:33et aujourd'hui
00:55:34depuis la loi de 2022
00:55:36où le placement
00:55:36à l'hôtel
00:55:37est interdit
00:55:37alors
00:55:38astuce
00:55:39donc maintenant
00:55:40on prend des hôtels
00:55:41miteux
00:55:42et je peux vous dire
00:55:43qu'avec l'association
00:55:44Impact
00:55:44je les vois
00:55:46et donc
00:55:47on met un petit
00:55:48algéco
00:55:48dans la cour
00:55:49de l'hôtel
00:55:49on met
00:55:50un éducateur
00:55:51la journée
00:55:52et on considère
00:55:52que ce n'est plus
00:55:53un hôtel
00:55:53voilà l'astuce
00:55:54donc on a des jeunes
00:55:56qui ont été placés
00:55:57notamment dans le 95
00:55:57dans des hôtels
00:56:00avec cet algéco
00:56:01posé dans la cour
00:56:02qui n'en fait plus
00:56:03un hôtel
00:56:03dans certains départements
00:56:06il est prévu
00:56:06de parquer
00:56:07des jeunes
00:56:08parce que c'est ça
00:56:08dont il s'agit
00:56:09c'est de parquer
00:56:10des jeunes
00:56:10dans des algéco
00:56:11parce que
00:56:12c'est insupportable
00:56:14je veux dire
00:56:15comment
00:56:15aider ces jeunes
00:56:18à s'en sortir
00:56:18quand on en est
00:56:20à réfléchir
00:56:21comme ça
00:56:22mais que faire
00:56:25c'est-à-dire
00:56:25qu'effectivement
00:56:26il y a une hétérogénéité
00:56:27de prise en charge
00:56:27dans les départements
00:56:29est-ce qu'il faut mettre
00:56:29un meilleur
00:56:31mettre des amendes
00:56:32aux départements
00:56:32qui ne s'engagent pas
00:56:33sur la protection
00:56:33de l'enfance
00:56:34je ne sais pas
00:56:35je n'ai pas la réponse
00:56:36est-ce qu'il faut
00:56:36recentraliser
00:56:37l'aide sociale
00:56:38à l'enfance
00:56:38c'est un débat
00:56:39que je serais
00:56:40bien incapable
00:56:41de mener
00:56:42parce que
00:56:43je pense que
00:56:43je n'ai pas tous
00:56:44les tenants
00:56:44et les aboutissants
00:56:45en tout cas
00:56:45je constate
00:56:46l'impact
00:56:47comme vous le disiez
00:56:48pour l'instant
00:56:49malheureusement
00:56:49on ne peut pas
00:56:49prendre en charge
00:56:50l'ensemble des enfants
00:56:51mais on est déjà
00:56:52très bien implanté
00:56:53en Ile-de-France
00:56:53et on vient de lancer
00:56:54une antenne
00:56:55dans les Hauts-de-France
00:56:55et mon ambition
00:56:56c'est que dans les 10 ans
00:56:57on ait un centre d'appui
00:56:58à l'enfance
00:56:59par région
00:56:59mais que la partie
00:57:00scolarité d'impact
00:57:01soit aussi partout
00:57:02en France
00:57:02ça prendra du temps
00:57:04mais c'est mon ambition
00:57:05on voit très bien
00:57:06sur l'hétérogénéité
00:57:08déjà rien que sur
00:57:08les 8 départements
00:57:09d'Ile-de-France
00:57:09il y a des départements
00:57:11extrêmement proactifs
00:57:12et d'autres pas du tout
00:57:13donc en fait
00:57:14la chance que tu as
00:57:15c'est de tomber
00:57:16dans le bon département
00:57:17ça ne devrait pas
00:57:18relever de la chance
00:57:18et donc effectivement
00:57:21la question
00:57:22de la recentralisation
00:57:23de l'étude sociale
00:57:23à l'enfance
00:57:24se pose
00:57:24dès lors qu'on mettrait
00:57:26des moyens suffisants
00:57:26pour avoir suffisamment
00:57:28de finances
00:57:30pour accompagner
00:57:31au mieux ces jeunes
00:57:32je pense que la DAS
00:57:34ce n'était pas
00:57:34une énorme réussite
00:57:36donc voilà
00:57:37il ne faudrait pas refaire
00:57:38les mêmes erreurs
00:57:38mais en tout cas
00:57:39c'est vrai que
00:57:40hier j'étais au CRUS
00:57:41de Versailles
00:57:42qui sont très proactifs
00:57:45dans les départements
00:57:4678, 92, 91
00:57:47notamment 95
00:57:48pour les jeunes
00:57:50de l'aide sociale
00:57:50à l'enfance
00:57:51et bien
00:57:51ce n'est pas la même chose
00:57:53dans tous les CRUS
00:57:53donc
00:57:54il y a des départements
00:57:57tenez-vous bien
00:57:57il y a des départements
00:57:59qui demandent aux jeunes
00:58:00qui ont un contrat
00:58:01jeune majeur
00:58:01et qui ont une bourse
00:58:03par ailleurs
00:58:03de redonner 20%
00:58:05de ce qui touche
00:58:07voilà
00:58:08il y a des départements
00:58:10où quand un jeune
00:58:11a une bourse du CRUS
00:58:12le contrat jeune majeur
00:58:13s'arrête automatiquement
00:58:15comme si
00:58:16c'était largement suffisant
00:58:17de payer sa scolarité
00:58:19ses frais de transport
00:58:20son alimentation
00:58:21sa voiture
00:58:21avec une bourse du CRUS
00:58:23voilà
00:58:24donc il y a quand même
00:58:26sachez qu'il y a des départements
00:58:27en Ile-de-France
00:58:27qui demandent aux jeunes
00:58:28qui trouvent un petit boulot
00:58:29de reverser 20%
00:58:31de ce qui touche
00:58:32pour contribuer
00:58:36au fait qu'ils ont
00:58:37un contrat jeune majeur
00:58:38voilà
00:58:38donc non non
00:58:38je suis complètement
00:58:39d'accord avec vous
00:58:40il faudrait
00:58:41remettre un petit peu
00:58:42d'homogénéité
00:58:43vers le haut
00:58:43dans les prises en charge
00:58:45des jeunes
00:58:46de l'aide sociale
00:58:47à l'enfance
00:58:47et après
00:58:48je sais que c'est un débat
00:58:49qui n'en finit pas
00:58:51faut-il recentraliser
00:58:52l'aide sociale à l'enfance
00:58:53cher collègue
00:58:57vous avez encore
00:58:58des questions
00:58:59alors merci beaucoup
00:59:03madame Gréco
00:59:03merci pour votre énergie
00:59:05aussi
00:59:05c'est palpable
00:59:07presque
00:59:07donc moi
00:59:10ma question
00:59:11et je pense que
00:59:12je pêche par ignorance
00:59:13vous avez dit
00:59:15que vous prenez
00:59:15en charge
00:59:17je n'aime pas trop ce terme
00:59:17mais vous prenez
00:59:18en soin
00:59:19les jeunes
00:59:21jusqu'à 25 ans
00:59:21comment s'appelle
00:59:22ce dispositif
00:59:23est-ce que c'est vous
00:59:24qui le financez
00:59:25parce que
00:59:26je connais le dispositif
00:59:28contrat jeune majeur
00:59:29qui va jusqu'à 21 ans
00:59:30et donc
00:59:32comment s'appelle
00:59:33ce dispositif
00:59:33et deuxième question
00:59:35vous avez parlé
00:59:37d'ACE
00:59:38donc
00:59:39les événements
00:59:40de vie négatif
00:59:41donc
00:59:43qui sont au nombre
00:59:43de 10
00:59:44est-ce que
00:59:45le placement
00:59:45par lui-même
00:59:46fait partie
00:59:47de ces ACE
00:59:48voilà
00:59:50donc
00:59:53pour le dispositif
00:59:54en fait
00:59:54non
00:59:54c'est
00:59:54l'accompagnement
00:59:56des jeunes
00:59:56jusqu'à 25 ans
00:59:57c'est totalement
00:59:58c'est donc
00:59:59c'est le programme
00:59:59avenir
01:00:00de l'association
01:00:01impact
01:00:01donc c'est totalement
01:00:02nous
01:00:02qui finançons
01:00:04ce dispositif
01:00:05et quand je dis
01:00:05totalement nous
01:00:06en fait
01:00:06c'est totalement
01:00:07la coalition
01:00:07des entreprises
01:00:08mobilisées
01:00:08pour l'enfance
01:00:08protégée
01:00:09qui nous aide
01:00:10financièrement
01:00:11à accompagner
01:00:11ces jeunes
01:00:12jusqu'à 25 ans
01:00:12avec comme je vous
01:00:14disais
01:00:14le permis de conduire
01:00:15les bourses d'études
01:00:15des bourses
01:00:16des réinstallations
01:00:16et là
01:00:17on est en train
01:00:17de réfléchir
01:00:18sur le logement
01:00:18il y a d'autres
01:00:19associations
01:00:19qui accompagnent
01:00:21les jeunes
01:00:22majeurs
01:00:23jusqu'à 25 ans
01:00:24mais c'est
01:00:25complètement
01:00:25associatif
01:00:26c'est à dire
01:00:27que c'est
01:00:27notre volonté
01:00:30de ne pas
01:00:30les laisser tomber
01:00:31trop tôt
01:00:32quand encore une fois
01:00:34je vous redis
01:00:35que les jeunes
01:00:36français quittent
01:00:37le domicile
01:00:37en moyenne
01:00:37à 24-25 ans
01:00:38donc ça
01:00:39c'est
01:00:39les associations
01:00:40qui peuvent le faire
01:00:41sont des associations
01:00:42qui trouvent
01:00:43des subventions privées
01:00:44et qu'elles vont chercher
01:00:46j'ai envie de dire
01:00:47avec les dents
01:00:47donc voilà
01:00:48donc aujourd'hui
01:00:50c'est une initiative
01:00:51d'impact
01:00:52qui n'est pas
01:00:53réservée à un pacte
01:00:54d'autres associations
01:00:55font ça
01:00:55ça devrait être
01:00:57l'état
01:00:59voilà
01:01:00et sinon
01:01:02pour votre question
01:01:02sur le déracinement
01:01:04en fait
01:01:05les ACE
01:01:06ont été décrits
01:01:09en tout cas
01:01:09pour expliquer
01:01:11ce que peuvent vivre
01:01:12les enfants
01:01:13dans leur milieu familial
01:01:14après
01:01:16depuis quelque temps
01:01:17les ACE
01:01:18qui étaient au départ
01:01:19au nombre de 10
01:01:20ce sont
01:01:21comment dire
01:01:23les événements
01:01:25négatifs
01:01:25de l'enfance
01:01:26sont devenus
01:01:27plus exhaustifs
01:01:27et effectivement
01:01:28maintenant
01:01:28le déracinement
01:01:29est forcément
01:01:30un ACE
01:01:31ce qui fait
01:01:31qu'aujourd'hui
01:01:32ces enfants-là
01:01:33soufflent
01:01:33finalement
01:01:34d'un double traumatisme
01:01:35le traumatisme
01:01:36des violences
01:01:37des négligences
01:01:38graves subies
01:01:38et le traumatisme
01:01:40que reste
01:01:41le déracinement
01:01:42et si je prends
01:01:43mon cas personnel
01:01:44enfin je veux dire
01:01:44mon placement
01:01:45à l'aide sociale
01:01:46à l'enfance
01:01:46a été un tsunami
01:01:48dans ma vie
01:01:48quand vous êtes victime
01:01:50de violences
01:01:50pendant 14 ans
01:01:51la routine
01:01:52devient rassurante
01:01:53et vous savez
01:01:55exactement
01:01:55ce qui va vous arriver
01:01:56à 8h
01:01:58à midi
01:01:58à 19h
01:01:59à 20h
01:02:00à 22h
01:02:00à 23h
01:02:01et finalement
01:02:02même si c'est compliqué
01:02:03à comprendre
01:02:04cette routine-là
01:02:04devient rassurante
01:02:05et tout d'un coup
01:02:07du jour au lendemain
01:02:08vous vous retrouvez
01:02:08à la brigade des mineurs
01:02:09puis en placement secret
01:02:10à l'hôpital
01:02:11et puis en famille
01:02:12d'accueil d'urgence
01:02:12voilà
01:02:13et c'est un tsunami
01:02:14dans nos vies
01:02:15ce placement
01:02:17néanmoins
01:02:18aujourd'hui
01:02:19si moi j'avais pas été placée
01:02:21comme je le dis toujours
01:02:22je serais morte
01:02:22je serais morte
01:02:23donc je serais pas là
01:02:24en train de vous parler
01:02:25avec mon énergie
01:02:26j'aurais pas monté
01:02:27cette association
01:02:27et je serais pas
01:02:28devenue médecin
01:02:29donc c'est un déracinement
01:02:31c'est un traumatisme
01:02:32ce déracinement
01:02:33qu'il faut accompagner
01:02:34mieux
01:02:34qu'il faut accompagner mieux
01:02:36mais ça reste
01:02:38quelque chose
01:02:39qui quand on peut pas
01:02:40rester à son domicile
01:02:41parce qu'on y est en danger
01:02:42c'est quelque chose
01:02:43qui sauve la vie
01:02:43et je vous ai dit
01:02:45qu'effectivement
01:02:46on accompagnait ces jeunes
01:02:47sur le plan de leur
01:02:48insertion professionnelle
01:02:48avec impact
01:02:49mais on monte aussi
01:02:50le premier centre d'appui
01:02:51à l'enfance en France
01:02:52qui ouvre le 3 novembre
01:02:54à l'équipe de soins
01:02:55et le 10 novembre
01:02:55aux enfants franciliens
01:02:56c'est le premier centre de santé
01:02:58dédié aux enfants
01:02:59confiés à l'aide sociale
01:03:00à l'enfance
01:03:00qui les prendra en charge
01:03:02sur le plan de leur santé
01:03:03somatique et psychique
01:03:04sur un temps suffisamment long
01:03:05pour leur permettre
01:03:06d'aller mieux
01:03:06l'idée est de faire
01:03:08les bilans de santé
01:03:09de tous les enfants
01:03:10qui arrivent dans le dispositif
01:03:11de protection de l'enfance
01:03:12sur la région
01:03:12ce trauma là
01:03:15du déracinement
01:03:16on va pouvoir l'accompagner
01:03:17aussi dans les centres
01:03:18d'appui à l'enfance
01:03:18on peut pas empêcher
01:03:21ce traumatisme
01:03:22du déracinement
01:03:22mais on peut l'accompagner
01:03:23on peut le prendre en charge
01:03:25pour que les séquelles
01:03:26elles soient
01:03:26les moins importantes possibles
01:03:28donc il y a
01:03:29le paquet à mettre
01:03:30sur la scolarisation
01:03:31et l'ambition scolaire
01:03:32qu'on a pour ces jeunes
01:03:32l'ambition scolaire
01:03:34étant aussi
01:03:34de les accompagner
01:03:35jusqu'à 25 ans
01:03:36sinon ça veut dire
01:03:36qu'on n'a pas d'ambition scolaire
01:03:37pour eux
01:03:37l'ambition c'est aussi
01:03:39de déployer
01:03:41ces structures
01:03:41de soins dédiées
01:03:43pour que pour une fois
01:03:44dans leur vie
01:03:45ces enfants soient prioritaires
01:03:45de quelque chose
01:03:46et de déployer
01:03:47ces structures de soins
01:03:48qui les prendra en charge
01:03:49sur le plan somatique
01:03:50et psychique
01:03:50Merci beaucoup
01:03:57Alors cette commission d'enquête
01:04:01elle n'a pas vocation
01:04:02à traiter l'aide sociale
01:04:03à l'enfance spécifiquement
01:04:04il y a un excellent rapport
01:04:06qui a été conduit
01:04:06notamment par ma collègue
01:04:08Isabelle Santiago
01:04:09et qui est
01:04:10je pense
01:04:11extrêmement instructif
01:04:12on espère tous
01:04:13qu'il sera suivi des faits
01:04:14la peur c'est que
01:04:15les rapports restent
01:04:16juste là
01:04:17pour caler les étagères
01:04:18mais bon voilà
01:04:18ça c'est autre chose
01:04:19un point peut-être
01:04:22par rapport à la faisabilité
01:04:23en gros
01:04:23quelle est la mesure
01:04:25qui vous paraît
01:04:26la plus prioritaire
01:04:27à mettre en place
01:04:27on voit bien que
01:04:28la réponse que vous apportez
01:04:30est une réponse globale
01:04:31une réponse intelligente
01:04:32une réponse en phase
01:04:34avec la réalité des besoins
01:04:35et c'est ce qui produit
01:04:36des résultats
01:04:37ça on en a totalement
01:04:38conscience
01:04:39on est tellement convaincu
01:04:40mais s'il y avait
01:04:40un curseur à poser
01:04:41vous avez parlé
01:04:42de la réussite éducative
01:04:43vous avez parlé
01:04:44de l'accès aux soins
01:04:45rapides
01:04:45des prises en charge précoce
01:04:46lequel serait-il
01:04:48parce que dans un contexte
01:04:49très complexe
01:04:51si on essaye
01:04:52de pousser
01:04:53un fer
01:04:54lequel serait-il
01:04:55de façon prioritaire
01:04:57je peux vous dire
01:04:58j'ai une seule réponse
01:04:59à faire
01:05:00et elle est sans appel
01:05:01c'est la mise en place
01:05:02de forfaits de santé mentale
01:05:03pour les enfants
01:05:06et les jeunes majeurs
01:05:08enfin les âgés
01:05:08vous savez les adolescents
01:05:09jeunes adultes
01:05:10mettons en place
01:05:11des forfaits de santé mentale
01:05:12rendant les soins
01:05:13accessibles
01:05:14et notamment les soins
01:05:15de psychologues
01:05:16de psychomotricité
01:05:16d'ergotherapie
01:05:17accessibles
01:05:18à ces enfants
01:05:19qui ont des troubles
01:05:19de santé mentale
01:05:20vous pouvez développer
01:05:21un tout petit peu
01:05:22le concept
01:05:22pour la compréhension
01:05:23qu'est-ce qu'il y aurait
01:05:24dans ce package
01:05:25quelle est la durée
01:05:26d'accompagnement
01:05:26en fonction
01:05:28des professionnels existants
01:05:29l'idée c'est de rendre
01:05:34accessible
01:05:34les psychologues
01:05:37en libéral
01:05:38parce qu'on a
01:05:39suffisamment
01:05:40de psychologues
01:05:40en libéral
01:05:41pour prendre en charge
01:05:41les enfants
01:05:42qui souffrent
01:05:43de troubles
01:05:43de la santé mentale
01:05:44simplement
01:05:45prenons l'exemple
01:05:46de Paris
01:05:46les consultations
01:05:47c'est 70 ou 80 euros
01:05:49qui peut
01:05:50enfin c'est que
01:05:51les familles aisées
01:05:52qui peuvent
01:05:52prendre en charge
01:05:53la santé psychique
01:05:54de leurs enfants
01:05:55donc aujourd'hui
01:05:56ce qu'il faudrait
01:05:57qu'on arrive à mettre
01:05:57en place
01:05:58c'est des forfaits
01:05:58qu'on a estimé
01:05:59avec le CNPE
01:06:00à 1500 euros
01:06:01par an et par enfant
01:06:02permettant d'avoir
01:06:04dans ce forfait
01:06:05les consultations
01:06:06de psychologues
01:06:07remboursées
01:06:08par la sécurité sociale
01:06:09du temps de coordination
01:06:11des soins
01:06:12alors là c'était plus
01:06:13spécifique à l'aide sociale
01:06:13à l'enfance
01:06:14donc le forfait
01:06:15pour les enfants
01:06:17dans la population générale
01:06:18ne nécessiterait pas
01:06:19ces temps de coordination
01:06:20mais pour l'aide sociale
01:06:21à l'enfance
01:06:21il faut qu'il y ait
01:06:22quelqu'un qui coordonne
01:06:23les rendez-vous
01:06:24et puis
01:06:25un pourcentage aussi
01:06:27d'outillage numérique
01:06:28pour assurer
01:06:29le suivi de ces enfants
01:06:30donc pour l'aide sociale
01:06:31à l'enfance
01:06:32on a chiffré
01:06:32ces forfaits de santé mentale
01:06:33avec le CNPE
01:06:35à 1500 euros
01:06:36par an et par enfant
01:06:37pour la population générale
01:06:39c'est juste
01:06:39qu'il faut
01:06:40peut-être étendre
01:06:41et améliorer
01:06:43le dispositif
01:06:44MonPsy
01:06:44en rendant
01:06:45accessible
01:06:46des soins
01:06:47au moins
01:06:47une fois par mois
01:06:48et sans
01:06:50délai
01:06:51sans durée de fin
01:06:53c'est à dire
01:06:53que
01:06:53ou peut-être
01:06:55comme les ALD
01:06:56de se dire
01:06:57on a un forfait
01:06:57de santé mentale
01:06:58pour 5 ans
01:06:59dans ce forfait
01:07:01ça permet d'accéder
01:07:02à un psychologue
01:07:02une fois par mois
01:07:03qui sera complètement
01:07:05pris en charge
01:07:05par la sécurité sociale
01:07:06et pour que
01:07:07les psychologues
01:07:08rentrent dans ce dispositif
01:07:09qu'on les rémunère
01:07:10à la hauteur
01:07:10de la consultation
01:07:12qu'ils donnent
01:07:13c'est à dire que
01:07:14rémunérons les gens
01:07:16à la hauteur
01:07:17de leur travail
01:07:17et donc
01:07:18le dispositif
01:07:19étant déjà existant
01:07:20peut-être qu'on peut
01:07:22élargir à l'enfance
01:07:23ce dispositif
01:07:25en permettant
01:07:27plus de consultations
01:07:29sur 3 ou 5 ans
01:07:31à définir
01:07:32et puis
01:07:33en payant
01:07:35en revalorisant
01:07:36cette consultation
01:07:37de façon un peu plus digne
01:07:38au niveau des
01:07:39psychologues
01:07:40tant que ces enfants
01:07:43n'auront pas accès
01:07:44à des psychologues
01:07:45en ville
01:07:46on va tourner
01:07:47autour du pot
01:07:48très rapidement
01:07:51je pense qu'il y a
01:07:51une première analyse
01:07:53qui a été portée
01:07:54sur mon soutien psy
01:07:55qui montre que
01:07:56autant les familles
01:07:57sont assez sensibles
01:07:58à la facilité
01:07:59d'accès aux dispositifs
01:08:00mais en termes
01:08:01d'allocation optimale
01:08:03des ressources
01:08:04par rapport aux besoins
01:08:05on est encore loin
01:08:06du chemin
01:08:07donc entre
01:08:08les psychologues eux-mêmes
01:08:09demandent à ce qu'il y ait
01:08:10une réintroduction
01:08:11de ces moyens
01:08:11vers les CMP
01:08:12vers le milieu scolaire
01:08:15pour être plus efficace
01:08:16donc ça pourrait être
01:08:17aussi une brique
01:08:17de refléchage
01:08:18de l'argent
01:08:20si on n'est pas
01:08:21suffisamment intelligent
01:08:22pour penser
01:08:22coût évité
01:08:23je crains que ce soit le cas
01:08:25mais ça c'est le truc
01:08:26vous m'avez dit
01:08:28une mesure
01:08:28donc c'est ma mesure
01:08:29mais après
01:08:30si vous voulez mon podium
01:08:31ou mon top 10
01:08:31il n'y a pas de problème
01:08:32je vous le fais
01:08:33mais non non
01:08:34mais bien sûr
01:08:34tout ça
01:08:35une seule mesure
01:08:36ne résout pas le problème
01:08:38de la santé mentale
01:08:38des jeunes en France
01:08:39mais disons que
01:08:40de mon expertise
01:08:42de médecin
01:08:43en centre de la douleur
01:08:45et de mon expertise
01:08:46à l'éducation
01:08:46à l'enfance
01:08:47c'est vraiment
01:08:48ce remboursement
01:08:50sans condition
01:08:51des soins de psychologue
01:08:53qui manque
01:08:53mais après
01:08:54effectivement
01:08:54ça ça ne va pas
01:08:55sans la revalorisation
01:08:57l'amélioration
01:08:59d'accès
01:08:59dans les CMP
01:08:59ça ne va pas sans
01:09:00faire renaître
01:09:03parce que quand même
01:09:03la médecine scolaire
01:09:04une seule mesure
01:09:06n'est pas suffisante
01:09:07il faut tout un système
01:09:09qui change
01:09:09mais comme pour les centres
01:09:11d'appui
01:09:11comme pour Impact
01:09:12il faut bien commencer
01:09:12quelque part
01:09:13et donc commençons
01:09:14peut-être par ces forfaits
01:09:15de santé mentale
01:09:16Merci Madame Gréco
01:09:21je vous remercie beaucoup
01:09:22je vous propose
01:09:24de compléter
01:09:25nos échanges
01:09:26parce que je sais
01:09:27que vous avez
01:09:27une consultation
01:09:28dans 30 minutes
01:09:29vous devez partir
01:09:30donc je vous propose
01:09:31de compléter
01:09:32nos échanges
01:09:33donc en répondant
01:09:33par écrit
01:09:36justement
01:09:36aux questions
01:09:37posées
01:09:38par
01:09:38Monsieur le rapporteur
01:09:40qui vont être récapitulées
01:09:42et envoyées
01:09:43par le secrétariat
01:09:44et de nous envoyer
01:09:45aussi au secrétariat
01:09:46d'envoyer
01:09:47tous les documents
01:09:49que vous jugerez
01:09:50utiles
01:09:50à la commission
01:09:52d'enquête
01:09:52et en répondant
01:09:53par écrit
01:09:54au questionnaire
01:09:54qui vous a été envoyé
01:09:56pour préparer
01:09:57l'audition
01:09:57je vous remercie
01:09:59à tous
01:10:00de votre présence
01:10:01la séance est levée
01:10:02merci
01:10:03merci
01:10:03Merci.
01:10:33Merci.
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