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  • il y a 3 mois
Emission TV : ONPC sur France 2 (Extrait d'émission ,France, 30 Juin 2018)

Van Damme personne ne voulait de lui au cinéma ! - On n'est pas couché 30 juin 2018

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Transcription
00:00C'est maintenant au tour de M. Vandamme de s'installer dans ce fauteuil avec, en face de lui, son réalisateur, Julien Leclerc.
00:12On a affaire à un homme qui n'a plus sa femme, on le comprend d'ailleurs très vite, c'est expliqué dans le film.
00:17C'est même peut-être l'objet de sa vengeance et le fait qu'il va devoir quitter l'Afrique du Sud.
00:21Tout ça, c'est le passé, mais c'est évoqué dans ce long-métrage.
00:25Et Lucas doit s'occuper de sa petite-fille, doit payer évidemment une école privée d'ailleurs, si je comprends bien.
00:30On le voit même, c'est assez émouvant, choisir les fournitures scolaires pour elle.
00:35Et c'est pour elle qu'il doit gagner sa vie, même si c'est compliqué, parce qu'il vit, si ce n'est clandestinement, en tout cas caché.
00:41On ne sait pas trop qui il est, son passé.
00:44Et manque de chance, il se fait virer de la discothèque où il travaille.
00:46Voilà pourquoi il va devoir trouver un nouvel emploi, un emploi qui va l'emmener dans des aventures qu'il ne maîtrise pas vraiment,
00:53puisqu'il est contraint de travailler.
00:55Pour Samy Bouagila, d'ailleurs, qui est un acteur qu'on n'a pas encore cité, qui est formidable dans ce film,
00:59et on retrouve évidemment le Jean-Claude Van Damme qu'on aime quand on aime les films de Van Damme,
01:04mais mieux peut-être parce que l'âge lui fait du bien.
01:07Vous êtes d'accord avec ça ? Vous trouvez qu'il a changé de tête ?
01:10C'est plus le même Van Damme qu'avant ?
01:12Moi, je ne le connais que depuis sept mois.
01:14Mais vous avez vu les films, quand même, pour l'avoir choisi ?
01:17Évidemment, mais je ne l'ai pas approché comme un fan, parce que je pense que j'aurais loupé le coche si...
01:25Ce qui est drôle, c'est que quand on fait un film, les premiers spectateurs, c'est son équipe technique.
01:31Et c'est vrai qu'aujourd'hui, à 57 ans, avec 59 films, c'est vrai que c'est une Rolls à manœuvrer.
01:44C'est vraiment génial de travailler avec quelqu'un comme Jean-Claude.
01:47Mais je pense que si j'avais le choix en train de faire un film où il avait 30 ans, 86,
01:55je préférerais aujourd'hui parce qu'il est plus mature, parce qu'il est buriné, parce que...
02:01Et puis, c'est intéressant de traiter un film comme ça, sachant que c'est un costume sur mesure pour Jean-Claude.
02:08Ça veut dire qu'il y a des choses qui paraissaient évidentes et qui évitent des dialogues,
02:12parce qu'il a une filmographie, il a une backstory.
02:15Moi, quand je l'ai vu, je lui ai dit, tu sais, je ne te mets pas torse nu dans le film.
02:20Je vais te mettre des vêtements un peu XL.
02:23Et au début, on se reniflait, c'était le début, et il me dit, tu es un peu dur avec moi.
02:27Mais je lui ai dit, mais regarde, tes 4, 5 derniers films, tu es tout le temps habillé de la même manière.
02:33C'est toi qui choisirais le film.
02:34Tout le temps déshabillé de la même manière.
02:35Tout le temps déshabillé, c'est vrai.
02:36Pourquoi ? C'est vous qui aimez bien être torse nu, Jean-Claude Van Damme ?
02:40Je l'aime bien, lui.
02:42Vous aimez être torse nu ?
02:44Non, c'est ce que les...
02:45Ah, si, parce que tout à l'heure, je suis rentré dans la loge, c'est vrai que vous étiez torse nu.
02:48Ah bah ouais, j'ai toujours chaud.
02:49Les studios, il faut mettre l'air conditionné, ici.
02:53Non, blague à part, j'ai souvent chaud, alors j'aime bien être torse nu.
02:56Mais les films, non.
02:57Mes derniers films, ce n'étaient pas torse nu.
03:01On va discuter de nouveau.
03:02Mais tu ne les as pas vus, c'est pour ça.
03:03Mais justement, ça fait longtemps que vous n'aviez pas un vrai long-métrage sorti dans les salles.
03:08Il y avait eu évidemment l'aventure commune des Expandables avec les Stallones et les autres.
03:15Vous n'étiez pas dans le 1, dans le 2 seulement.
03:18Mais le 2 était meilleur que le 1.
03:21Mais autrement, il y a longtemps que vous n'avez pas vu vraiment dans un film qui allait sortir sur les écrans.
03:25Ce sera le cas là, au mois d'août, à la fin du mois d'août prochain chez nous en France.
03:29Mais autrement, ce sont parfois aux Etats-Unis des films qui sortaient uniquement en DVD.
03:33Ou alors il y a eu des séries produites et qu'on pouvait voir sur Internet.
03:37Mais un vrai film au cinéma, il y a longtemps que ça n'était pas arrivé.
03:41Pourquoi ?
03:42La vie.
03:44La vie.
03:45On s'est rencontrés à Paris avec Julien Madon et Julien Leclerc.
03:51Et on a discuté.
03:52Et on a parlé d'un film, son film.
03:54Et on a dit, on fait un film.
03:57Et il m'a dit, ça m'intéresse avec Jean-Claude.
04:00On s'est rencontrés pour voir si ça pouvait...
04:01Et puis c'est fait.
04:02Je prolonge ma question.
04:03Est-ce que ce n'est pas parce qu'au fond, on vous propose toujours les mêmes rôles,
04:06toujours le même genre de film ?
04:08Et pourquoi au fond, vous ne continuez pas à réaliser vous-même des films ?
04:11Est-ce qu'on vous fait moins confiance qu'avant ?
04:13Non, non, non.
04:15Mais pour moi, quand tu fais un film,
04:18que ce soit un budget conséquent ou un budget réduit,
04:22si tu fais un bon travail d'acteur,
04:25que ce soit en DVD, VOD, Internet,
04:29tu fais ton bon travail d'acteur,
04:30tôt ou tard, ça paye.
04:31Donc, il faut être heureux sur un set,
04:34faire bien son travail, comprendre le caractère et tout.
04:36Et on s'amuse.
04:37Que ce soit 3 millions, 10 millions, 20 millions, 30 millions.
04:41Ce n'est pas tellement...
04:42C'est faire de son mieux en tant qu'acteur.
04:44Et tu seras toujours remarqué.
04:45Mais quand même, ça fait plaisir de savoir qu'un film dans lequel on a joué
04:48et dont on est le héros sort dans les salles de cinéma.
04:50Super.
04:51Je remercie Canal+.
04:54Enfin, c'est eux qui l'ont acheté pour la France.
04:56Il n'y a pas de problème.
04:57Et on va le sortir.
04:59Et aussi, j'ai un directeur qui est formidable,
05:01qui m'adore, qui m'aime.
05:03Parce qu'il faut aimer quelqu'un pour en faire quelque chose de bien.
05:07Et il a un seul défaut.
05:08Il m'a connu quand il était assez jeune.
05:11Et il croit toujours que je peux tout faire
05:12comme au temps de Bloodsport.
05:14Donc, il m'a tout fait faire.
05:15Parce que vous ne pouvez plus tout faire.
05:16Par exemple...
05:17Si, si, si.
05:17Il a dit...
05:17J'aimerais juste qu'on revoie une image incroyable
05:20qu'avait fait, évidemment, le buzz sur Internet à l'époque.
05:23C'est la fameuse publicité
05:24où on vous voit faire ce grand écart entre deux camions.
05:27Est-ce qu'on peut revoir ces images ?
05:28Est-ce que vous pouvez le faire aujourd'hui encore ?
05:31Pour mon pantalon, ça va être difficile.
05:32Non, mais je ne vous demande pas de le faire là, sur le plateau.
05:35Mais est-ce qu'aujourd'hui...
05:36Pour le stretching, il faut le stretcher.
05:37Il faut mettre la crème et il faut se tirer.
05:41C'est assez incroyable.
05:42Certains avaient même douté à l'époque
05:44que ce soit truqué.
05:46Et évidemment, le réalisateur avait dû confirmer
05:47que vous aviez vraiment réalisé...
05:49En marche arrière.
05:50En marche arrière.
05:51Enfin, les camions, pas moi.
05:54Parce que dans le film, le personnage, Lucas,
06:01le personnage du film, on le voit,
06:03à peine il se lève, à peine il se réveille,
06:05il est obligé de s'entraîner,
06:06de faire de la boxe, de faire des pompes,
06:09il y a une levée de fonte.
06:11Vous-même, vous êtes obligé de faire ça encore tous les jours
06:13parce que vous savez que si on vous propose des rôles au cinéma,
06:15ce sera physique.
06:16Est-ce que vous-même, vous avez cette contrainte quotidienne
06:19de continuer à faire du sport
06:20ou c'est parce que vous aimez ça ?
06:21On aime ça. Sinon, on n'y arrive pas.
06:23J'aime bien m'entraîner.
06:24Et puis le corps a pris cette habitude depuis l'âge de 9 ans.
06:28Donc si je ne m'entraîne pas, je deviens...
06:31Mais ce qui est bien avec Lucas,
06:33c'est que c'est un gars simple, quand je dis simple.
06:35Et je crois que l'audience pourra s'identifier
06:39vu que ce directeur, Julien Leclerc, le malin,
06:43quand il a commencé à me tourner, il a joué avec la caméra,
06:45donc derrière moi, il a pris l'audience.
06:49Donc on a... On a établi une scène,
06:51on voit mon dos et l'audience vient avec moi
06:52et on découvre un peu mon personnage.
06:54Donc c'est un personnage peuple
06:56qui se bat pour une petite fille
07:00qu'il adore et sa femme a un problème.
07:03Donc il va jusqu'à la...
07:04On verra bien dans le film,
07:05mais c'est une belle histoire.
07:07J'emmènerai Marlène Schapa,
07:08on ira ensemble voir ce film.
07:09Voilà.
07:10Dès le mois d'août prochain.
07:11Yann Watz, vous avez vu Lucas.
07:13Oui, j'ai adoré.
07:14Mais d'abord, je vais dire la vénération
07:15que j'ai pour Jean-Claude Van Damme.
07:18Jean-Claude Van Damme est à Bruce Lee
07:20et à Charles Brunson,
07:21ce que Fabrice Louquigny est à Proust et à Céline.
07:23C'est un intellectuel à l'envers.
07:26Ah !
07:27Et ce n'est pas permis à tout le monde.
07:29C'est-à-dire que pendant des années,
07:31on a cru que Clint Eastwood, par exemple,
07:32c'est une brute épaisse, etc.
07:34Et aujourd'hui, Clint Eastwood est considéré
07:35par tout le monde comme un grand du cinéma,
07:37un génie du cinéma.
07:38Et tous les grands cinéphiles,
07:40ceux qui adorent le cinéma,
07:41ceux qui adorent les films même les plus pointus,
07:44ceux qui aiment Rossellini, Pasolini, Fassbinder,
07:47doivent aimer Jean-Claude Van Damme.
07:48Quand on aime le cinéma,
07:49on aime Jean-Claude Van Damme.
07:50Jean-Claude Van Damme est un homme cinéma.
07:52Il fait partie de la pellicule.
07:54On ne peut pas considérer que Jean-Claude Van Damme
07:56ne fait pas partie de l'histoire du cinéma.
07:57Il en est partie intégrante et une partie importante.
08:00J'appelle cette partie,
08:02avec le plus grand des respects,
08:04la série B.
08:04Parce que la série B, c'est un art.
08:06C'est quelque chose qui a ses lettres de noblesse.
08:09Et Dieu sait s'il y a des films de série A
08:11qui parfois nous horripilent
08:13et des films de série B qui parfois nous enchantent.
08:15– Ah bah, écoutez, je vous interromps,
08:17parce que c'est vrai que quand on m'a demandé
08:18de regarder ce film,
08:19c'est vrai qu'on doit pour cette émission
08:21parfois faire des choix de films
08:23et on en voit beaucoup dans l'année,
08:24j'en vois beaucoup,
08:24et beaucoup de films d'auteurs,
08:25d'ailleurs qu'on ne sélectionne pas toujours
08:26et je n'arrive pas au bout.
08:29Et là, je me suis dit,
08:30ah, ça fait du bien.
08:32Ça fait du bien un film comme ça de temps en temps.
08:35Ça fait du bien une série B,
08:36je suis d'accord avec vous.
08:37– Mais B, ça ne vient pas après A.
08:38B, ça vient au même niveau que A,
08:40mais c'est un genre.
08:41C'est quelque chose qui se perd énormément.
08:44Parce qu'il y a beaucoup de séries Z,
08:45en revanche, du Z.
08:47Le Z, ce n'est pas très intéressant.
08:48Et pour moi, Jean-Claude Van Damme
08:49est un acteur majeur
08:51et le fait qu'il vieillisse
08:52est une très bonne nouvelle
08:53parce qu'il est au début de sa carrière.
08:55Il va maintenant aller vers des rôles
08:57de plus en plus profonds.
08:58C'est quelqu'un d'extrêmement intelligent,
09:00d'extrêmement profond.
09:01Il est facile de s'esclafer
09:03sur Jean-Claude Van Damme,
09:04mais c'est ce que je disais tout à l'heure.
09:06C'est un homme dont la parole est inattendue,
09:08dont les mots sont inouïs.
09:10Et on est tellement habitué
09:12à entendre toujours les mêmes mots
09:13sortir dans le même contexte
09:15pour dire les mêmes choses
09:16que lui, qui est une sorte de
09:19de siorant déglingué,
09:21d'éditorialiste ultra personnel,
09:24fait qu'à chaque fois que le réel le rencontre,
09:27il jaillit quelque chose
09:28qui n'était pas prévisible.
09:30Tout ce que dit Van Damme est vrai,
09:33mais d'une vérité qu'il est le seul
09:34au monde à pouvoir exprimer.
09:35Donc ces gens-là ont beaucoup de valeur
09:37parce qu'ils nous obligent momentanément
09:39à regarder le monde avec des lunettes
09:41qui ne sont pas en vente dans le commerce.
09:44Vandamiser le réel,
09:45c'est une expérience de tous les jours.
09:47Il y a Béatrice Martin,
09:49elle ne revient pas de tout ce que vous...
09:50Mais vous savez,
09:52d'une certaine manière,
09:54c'est un écrivain de l'oral.
09:56C'est-à-dire que dans une vie,
09:58dans une époque,
09:58dans un monde où plus personne ne lit,
10:00il reste des paroles inouïes.
10:02Et la parole de Jean-Claude Van Damme
10:04fait partie de ces paroles inouïes.
10:05Ça aurait été un conteur exceptionnel.
10:08C'est quelqu'un qui peut raconter des histoires
10:09pendant des heures,
10:10avec évidemment des incises
10:12et des digressions van Damienne
10:13dont lui seul a le secret,
10:15dans lequel il se perd lui-même,
10:16ce qui fait qu'on oublie le début de l'histoire.
10:17C'est l'extérieur qui est en train de vous arriver aussi.
10:20Non, non, pas du tout.
10:22Pas du tout, parce que là, vous essayez...
10:23Non, non, non, non, non, non.
10:26Parce que là, vous essayez de me savoyer la planche
10:28alors que je ne sais parfaitement où je vais.
10:30Je voulais dire que j'ai beaucoup de chance ce soir
10:32parce que j'ai commencé On n'est pas couché
10:34avec Michel Houellebecq.
10:35Je termine avec Jean-Claude Van Damme
10:37et je les mets dans mon estime personnelle
10:39et dans mon panthéon intime au même niveau.
10:41Bon, écoutez, il a bien fait de venir Jean-Claude Van Damme.
10:49Christine Angot, c'est votre premier Van Damme.
10:51J'ai hâte d'avoir votre avis.
10:53Est-ce que vous avez aimé ce film ?
10:54Moi, les films de genre, par définition,
10:58ce n'est pas trop mon genre.
11:00Mais disons, là, il y a quelque chose où j'y crois.
11:04C'est-à-dire que je vois au départ,
11:06j'ai besoin de quelque chose pour m'accrocher
11:08de ce qu'est le personnage
11:11et de quel est le fond, qu'est-ce que ça raconte.
11:15Moi, ce que j'ai vu, j'ai vu des gens
11:18et le personnage que vous jouez en particulier,
11:22comme il y en a plein dans la vie,
11:23c'est-à-dire qui essayent de s'en sortir
11:24d'une manière ou d'une autre.
11:27Il essaye de s'en sortir
11:28avec les possibilités qui sont les siennes,
11:32c'est-à-dire un physique sur lequel,
11:35jusque-là, il a pu compter,
11:36considérant qu'il y a une réalité
11:39qui est incarnée par cet enfant,
11:42qui est sa fille, l'école a payé, etc.
11:45Ça, c'est...
11:46Alors, peut-être qu'on est dans un film de genre,
11:47mais en même temps, on est dans la vie
11:49de beaucoup de gens.
11:52Comment s'en sortir ?
11:53Donc, il essaye de s'en sortir
11:55et en face,
11:58il y a forcément,
11:59comme à chaque fois que quelqu'un
12:00essaye de s'en sortir avec des moyens
12:02qui ne sont pas forcément les moyens classiques,
12:04eh bien, il y a le risque d'être utilisé
12:07par quelqu'un qui prend le pouvoir sur vous.
12:10Ça, c'est le rôle de Samy Boagila,
12:12qui peut...
12:14Et donc, il est dans cette problématique.
12:16Ce personnage est dans cette problématique.
12:18Donc, il y a quand même...
12:19Il y a une problématique.
12:20Il n'y a pas uniquement le...
12:23Le suspense.
12:24Le film de genre qui...
12:27Voilà.
12:28Ça ne me suffirait pas.
12:30Ce que j'aime bien aussi,
12:31dans Lucas,
12:32c'est un gars qui est...
12:34Son IQ, c'est pas...
12:36Donc, c'est un gars, tout à fait...
12:38C'est le peuple.
12:39Mais je veux dire par là que...
12:42Il se fait...
12:43Il se fait, comment on dit en français,
12:46il se fait rouler.
12:47À voir, ouais.
12:48Il se fait avoir de plus en plus.
12:50Il prend, il prend, il prend.
12:51Et je crois que les gens seront...
12:54Seront aussi identifiés à ce personnage
12:57parce qu'il est très...
12:58Il est très humain.
13:00Il est très normal.
13:01C'est pas un intellect.
13:02C'est pas un gars.
13:02Mais Christine a dit un truc très juste.
13:04Mais on pourrait presque aller plus loin.
13:05Elle le dit.
13:05Il sait qu'il peut compter sur ses forces.
13:06Mais on sent que...
13:08C'est presque la dernière fois
13:09qu'il peut compter sur ses forces-là.
13:10Ça le fatigue.
13:11Il sait qu'il y a cinq ans,
13:13il pouvait encore castagner à mort.
13:14Mais on sent que là,
13:15un peu comme certains films de Brunson,
13:17on sent que là,
13:18il se dit peut-être que cette fois-là,
13:20cette force-là, je ne peux plus compter dessus.
13:22On va voir.
13:22Et le suspense vient aussi de là.
13:24C'est un type qui peut-être
13:25n'est plus le plus fort.
13:26Il y a un petit côté Terminator quand même.
13:28Il se relève toujours, mais ça...
13:29Oui, mais c'est peut-être la dernière fois
13:30qu'il se relève.
13:31Allez savoir.
13:32Et la fin est très jolie.
13:33On ne racontera pas,
13:33mais la fin du film est très jolie.
13:36Pourtant, vous partez de loin.
13:38Quand vous avez 13 ans,
13:39vous êtes chétif, myope, timide.
13:42Vous venez d'un milieu modeste.
13:44C'est pourquoi votre parcours
13:46est assez intéressant et exceptionnel.
13:48vous commencez par ouvrir,
13:50je le rappelle,
13:50une salle de sport,
13:51une salle de gym
13:52à l'âge de 20 ans à Bruxelles.
13:53Et très vite,
13:54parce que vous voulez faire du cinéma,
13:55vous revendez votre salle de sport.
13:57C'est comme ça que ça se passe ?
13:58Oui.
13:58Vous étiez champion de junior,
14:01de karaté.
14:02Karaté, de...
14:03Oui, ok.
14:04Et vous décidez de partir...
14:05Alors, je ne sais pas
14:06si c'est à Hollywood directement.
14:07Vous passez par la case asiatique d'abord ?
14:09Je suis parti à Hong Kong d'abord, oui.
14:12J'ai rencontré Jackie Chan,
14:14qui m'a vu pendant 30 secondes,
14:16serré la main et tout.
14:17Et puis, je suis reparti aller.
14:19Déception totale.
14:20Et c'était dur pendant 5 ans, mais...
14:235 ans à Hollywood,
14:25où là, vous avez fait...
14:26Non, mais parce que c'est quand même
14:27une leçon, hein.
14:27Des tas de petits boulots
14:29absolument normaux quand on démarre
14:33et qu'on n'a pas de boulot fixe.
14:36Entraîneur, plagiste, serveur.
14:38Il paraît que vous mettiez
14:38votre numéro de téléphone
14:39et votre photo
14:40sur les grosses voitures de luxe,
14:43sur les parkings.
14:43Des studios Hollywood, oui.
14:45En disant, tiens, ça, c'est peut-être
14:47la voiture d'un producteur,
14:48puis c'est une grosse bagnole,
14:49et il va m'engager.
14:50Partout, partout.
14:51Partout, partout, vous avez fait ça.
14:52C'est absolument étonnant.
14:53Et celui qui vous engage,
14:55celui qui change votre vie
14:57là-bas à Hollywood, c'est qui ?
14:58Menahem Golan, oui.
15:00Le producteur israélien
15:02qui avait créé la Canon.
15:05Et donc, je l'ai rencontré
15:06quand il sortait d'un restaurant
15:08avec deux acheteurs asiatiques.
15:10Est-ce que c'est vrai ?
15:10La légende dit que vous vous bagarriez
15:12dans ce restaurant.
15:13Non, j'ai fait un coup de pied
15:13pour l'impressionner
15:15au-dessus de sa tête.
15:17Il n'a pas bougé.
15:18Mais les Asiatiques,
15:20ils ont fait waouh, waouh.
15:21Donc, il m'a donné sa carte
15:22et quelques jours après,
15:24on s'est rencontrés.
15:25Mais ça ne s'est pas passé
15:26comme les gens croient.
15:27J'ai fait le grand écart
15:28sur les deux chaises.
15:29J'ai montré les biscottes
15:31et tout ça.
15:32Mais il a dit,
15:33« My friend,
15:35people like you,
15:37bodybuilder »
15:38avec son accent israélien.
15:41Et alors, j'ai vraiment demandé
15:42d'une manière assez gênante,
15:47vraiment supplié
15:50pour faire rien qu'un petit rôle
15:51dans un film,
15:52un petit rôle.
15:53Comme ça, quand je reviens
15:54en Belgique, au moins,
15:54les gens ne vont pas se foutre
15:56de ma gueule, tu vois.
15:58Et alors, il a vu ça,
15:59il a eu pitié.
16:01Il m'a dit,
16:01« Assieds-toi, attention.
16:03Karine, bring me. »
16:04Il m'a donné du lait,
16:06tu vois, j'ai pris du lait.
16:07Et puis, il a réfléchi
16:08pendant 5-6 minutes,
16:097 minutes.
16:12« Amène-moi à Bloodsport. »
16:14Donc, malgré le grand écart
16:16et les biscottes
16:16et tout ça,
16:17il n'avait pas encore accepté.
16:18On aura appris ce soir
16:19que c'est au lait
16:20que vous carburiez
16:20depuis toutes ces années.
16:21Pardon ?
16:22C'est du lait
16:23que vous buviez.
16:26Non, mais parfois,
16:27les gens croient.
16:28Tu sais,
16:28j'ai tout fait pour réussir,
16:30mais parfois,
16:31il faut aller aux limites.
16:32Avec des cartes de visite,
16:33avec des démonstrations.
16:34C'est comme ça
16:35que vous rencontrez
16:35Kirk Douglas aussi ?
16:37Oui.
16:37Au début,
16:38je l'ai rencontré
16:38avant Ménarène.
16:40Super comme gars.
16:42Mais vous allez chez lui,
16:43chez Kirk Douglas.
16:43Oui, à la maison,
16:44il m'a invité.
16:45Il était avec sa femme,
16:46une longue table.
16:47Il mangeait 2-3 carottes
16:48steam,
16:49des carottes à la vapeur.
16:52Vraiment,
16:52le gars,
16:53voilà.
16:56Il avait des photos
16:58de karaté,
16:59tout ça.
16:59Il a été impressionné,
17:01le sport.
17:03Est-ce que vous auriez
17:03envie de faire une carrière
17:04à la Schwarzenegger un jour ?
17:06C'est-à-dire,
17:06quitter le cinéma
17:07pour la politique ?
17:08Oh, non, non, non.
17:09Roi des Belges ?
17:10Non, non, non.
17:10La politique,
17:11je serais trop cruel
17:12et trop droit
17:13et trop...
17:14Je ne suis pas bon
17:14pour la...
17:15Je serais trop honnête
17:16pour la politique.
17:18Quel genre de cinéma
17:19vous aimez voir ?
17:21Quel film vous aimez ?
17:22Est-ce que vous allez d'abord...
17:23J'imagine que vous regardez
17:24beaucoup ça maintenant
17:24sur votre ordinateur.
17:27Oui, oui.
17:27Je suis toujours
17:28sur mon ordinateur.
17:29Mais alors,
17:29quel film vous aimez ?
17:30Quel genre de film vous aimez ?
17:31J'adore maintenant...
17:32À mon âge,
17:33j'adore les gens gabins.
17:35Avec Jean Gabin.
17:36Pardon ?
17:37Les vieux films,
17:37les grands classiques.
17:38Oui, les grands classiques.
17:39Tonton Flingueur,
17:39tout ça avec Blier,
17:40le dialogue,
17:41tout ça,
17:41ça m'intéresse
17:42parce que je n'ai pas
17:43cette force.
17:45Tu as un don incroyable.
17:47Ta grammaire française,
17:48c'est...
17:48Même au karaté,
17:49je me suis arrêté
17:49à la ceinture jaune.
17:50D'accord,
17:51mais quand je t'entends parler,
17:52pour moi,
17:53c'est formidable.
17:54Et réciproquement.
17:55OK.
17:55Enfin, soit...
17:56Et je vois des acteurs
17:58comme Blier,
17:59Jean Gabin.
18:00Et à l'époque,
18:00c'était Belmondo,
18:01de long.
18:02J'étais plus jeune.
18:06Vous êtes producteur aussi,
18:07pas seulement réalisateur.
18:08Vous avez produit un film
18:09qui est sorti cette semaine
18:09qui s'appelle Budapest
18:10sur les enterrements
18:11de vie de garçons.
18:12Ça part d'une réalité.
18:14Il y a des sociétés
18:15qui vendent
18:16des enterrements
18:16de vie de garçons.
18:17Bon, ça tourne parfois
18:18mal,
18:20mais en tout cas,
18:21il paraît que ce film
18:22est très drôle
18:23et très réussi.
18:23Vous vous souvenez-vous
18:24de votre enterrement
18:25de vie de garçons,
18:25Jean-Claude Van Damme ?
18:27Non, moi,
18:27j'ai...
18:28Non, non, non.
18:29J'ai toujours relax, quoi.
18:31Donc, il n'y avait pas
18:32d'enterrement.
18:33Non.
18:34Les garçons,
18:35j'ai toujours été...
18:36Non, mais tu vois
18:37ce que je veux dire.
18:37Oui, j'ai bien compris,
18:38mais la veille du mariage,
18:39vous n'avez pas un peu...
18:40Non, non, non.
18:41Non, non, non.
18:41Non, non, c'est pendant
18:43la nuit que...
18:45Que vous avez enterré
18:47sa vie de jeune fille.
18:48J'ai bien compris.
18:48Avant, tu reviens,
18:49après, t'es malade,
18:49chérie, j'ai mal de tête.
18:50Qu'est-ce que ça fait ?
18:51J'ai fait la partie
18:52d'un divorce.
18:54Vous avez comme projet
18:55de produire un film
18:55sur Alain Prost,
18:56c'est vrai ?
18:57De le réaliser, oui.
18:58Et de le réaliser.
18:59Le biopic, quoi.
19:00Un biopic, pourquoi ?
19:02Parce que sa vie
19:03est fascinante.
19:04La vie d'Alain Prost.
19:04Oui.
19:05Vous pensez que ça peut
19:05encore passionner aujourd'hui ?
19:07Oui, parce que c'est pas...
19:08C'est comme ça
19:08que j'ai réussi
19:10à le convaincre
19:11de faire le film.
19:12C'est que même s'il y aura
19:14beaucoup de voitures
19:15dans le film,
19:15c'est pas un film
19:16sur la Formule 1.
19:17C'est un film sur...
19:18Au même titre que Rocky
19:20n'est pas un film
19:20sur la boxe.
19:22C'est le décorum,
19:24mais Alain a une histoire
19:26très personnelle,
19:28familiale,
19:29très forte.
19:30Un milieu sous les mers,
19:31pour vous,
19:31c'est un film
19:31qui se passe sous la mer ?
19:33Ah oui,
19:35c'est pas toujours facile ici.
19:37Mais on n'est pas obligé
19:38de répondre à chaque fois.
19:39Il y a un rôle
19:39pour Jacques-Claude Van Damme
19:40dans le biopic...
19:41Moi, je ne te défends pas,
19:42je l'aime bien.
19:43Moi aussi.
19:44Moi, je l'aime bien aussi.
19:46Non, il n'y a pas de rôle
19:47pour Van Damme dans...
19:48Il avait un tee-shirt bleu
19:49tout à l'heure.
19:50Il m'a dit, tu vois,
19:50je peux faire une voiture bleue.
19:51Voilà.
19:52Vous voulez même jouer
19:53les rôles des voitures ?
19:54Des voitures, des chevaux,
19:55ce que tu veux
19:56tant que je joue.
19:57Vous aimez jouer ?
19:59J'aime jouer,
20:00j'aime les films,
20:02j'aime tout ça,
20:02oui, c'est super.
20:03Vous nous avez dit
20:04vivre à Hong Kong,
20:05mais...
20:05En tant qu'acteur,
20:06on a beaucoup de chance
20:07parce qu'il y a beaucoup
20:08de gens qui travaillent
20:09et qui restent
20:10dans le même pays.
20:11C'est grâce aux gens aussi
20:12et leur support
20:14qu'on existe,
20:15et ce n'est pas
20:15pour faire du violon.
20:16Et on voyage
20:17dans des pays,
20:18on connaît les gens,
20:19les cultures,
20:19donc on a une vision
20:20différente du monde,
20:21tu vois,
20:22on a un métier formidable
20:23et les gens le savent
20:25et s'ils ne le savent pas,
20:26on a un métier formidable.
20:27On travaille dur,
20:28mais pas autant
20:28que ces gens-là.
20:29Vous remettez les pieds
20:30en Belgique quand même
20:30de temps en temps ?
20:31Oui, oui, oui.
20:31Beaucoup.
20:32Vos parents sont toujours
20:33en Belgique ?
20:34Toujours en vie
20:35et mon père adore
20:36des émissions de TV.
20:37Salut, alors votre papa.
20:38Quel âge est là,
20:39votre papa ?
20:3983.
20:4183 ans,
20:41il nous regarde ce soir.
20:42Pour sûr.
20:42Il est fier de...
20:43Ça ne sera pas...
20:45On n'est pas en...
20:46Oui.
20:46Oui.
20:46OK.
20:48Ah, ça c'est du Vendamme.
20:50Je pense que...
20:50Ah, voilà.
20:51On a attendu le Vendamme,
20:52le voilà.
20:55Il nous regarde ce soir,
20:56samedi.
20:57Oui.
20:57D'ailleurs,
20:58il pleut demain,
20:58le 22.
21:00Au cinéma.
21:01Ça fait tout,
21:02pas bon.
21:02Vous devriez faire
21:03de la télévision,
21:04mais en tant qu'animateur.
21:05Oh, non, non, non.
21:06Non ?
21:06Pas votre don.
21:07Oh, non.
21:07Bon, écoutez,
21:08en tout cas,
21:08Jean-Claude Vendamme,
21:09on était heureux
21:09de vous recevoir
21:10pour la première fois.
21:11Là, on n'est pas couché
21:12ce soir.
21:12Et je rappelle
21:13que le film Lucas
21:14sort le 22 août prochain
21:16dans les salles de cinéma.
21:17Merci à tous les deux.
21:18Vous pouvez rejoindre
21:18votre classe.
21:23Retournez.
21:24D'un soir.
21:25L'un et l'autre.
21:26Jamais.
21:27Dans un instant.
21:29Super.
21:30Merci, Jean-Claude Vendamme.
21:32Et restez ici,
21:33ne partez pas.
21:34On changeait.
21:34Vous sortez.
21:35Il peut s'en aller.
21:36Au revoir, Jean-Claude.
21:38C'est vrai,
21:38qu'il y a un tour.
21:40Ciao, ciao, ciao.
21:45Super, mesdames.
21:49Allô.
21:52Hey.
21:53Ciao.
21:54Ciao.
21:56On ne retient pas,
21:59Jean-Claude Vendamme.
22:01On ne retient pas,
22:02Jean-Claude Vendamme.
22:04Sous-titrage Société Radio-Canada
22:05Sous-titrage Société Radio-Canada
22:06Sous-titrage Société Radio-Canada
22:07Sous-titrage Société Radio-Canada
22:07Sous-titrage Société Radio-Canada
22:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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