Les députés démarrent aujourd’hui l’examen du budget. Retrouvez « L'édito éco de Dominique Seux » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco
00:00Mais oui, il est là, l'édito éco, Dominique Seux, les députés, démarrent aujourd'hui l'examen du budget.
00:04Oui, ce débat qui commence aujourd'hui, donc en commission des finances, a une issue à ce jour vraiment inconnue.
00:09Parce que un Premier ministre qui renonce à l'article 49.3 de la Constitution sur le budget, ça n'est tout simplement jamais arrivé.
00:16Des partis aussi différents que les macronistes, les socialistes et la droite républicaine qui cherchent un compromis, ça n'est jamais arrivé non plus.
00:24Scénario numéro 1, sur le fond, ça peut bien se passer, sait-on jamais.
00:28Alors imaginons, chaque camp ferait un effort, sans ligne rouge, même le redressement des comptes publics serait au rendez-vous.
00:34Mais bon, dans la vraie vie, c'est un scénario audacieux à imaginer.
00:38La pression de LFI sur le PS et du RN sur la droite ne rend pas cette hypothèse très probable.
00:43Arrivent alors deux scénarios, soit à la fin, il n'y aura pas d'accord et on se dirige tout droit vers des ordonnances gouvernementales,
00:50soit est votée une copie Frankenstein, une sorte de monstre budgétaire et fiscal.
00:54Il y a un an, Michel Barnier était à Matignon à l'après-histoire, les députés avaient choisi Frankenstein avec des dizaines de milliards d'impôts en plus.
01:02Il s'était fait plaisir, il pensait que le gouvernement leur ferait barrage avec le 49-3, la vie était si simple.
01:08Mais Barnier est tombé avant et le budget n'est passé qu'en février par loi spéciale,
01:12c'est-à-dire sans discussion et sans ambition, de la reconduction pour l'essentiel, 70 jours pour savoir.
01:19Sauf qu'il y a du neuf depuis vendredi soir.
01:22Exactement, la deuxième agence de notation mondiale, S&P Standard & Poor's, a dégradé la note de la France qui a changé de catégorie de double A à simple A.
01:31Sa décision a pris tout le monde par surprise, au moins sur le calendrier, elle n'était pas attendue avant un mois.
01:36Bon, que dit S&P ? Que la stabilité politique, c'est bien, d'ailleurs c'est la raison pour laquelle les taux d'intérêt sur les obligations françaises sont repassés en dessous des taux italiens depuis mardi dernier.
01:46Mais la stabilité, pas à n'importe quel prix en clair, l'agence ne croit pas au redressement des comptes publics et craint donc qu'il continue de déraper.
01:54Nous verrons à 8h30 ce matin si cette dégradation de la note française fait ou pas grimper les taux.
01:59Et dans quelques jours, après Fitch et S&P, une troisième agence doit délivrer son verdict, Moody's.
02:06Quel est l'effet de ces notes sur la discussion budgétaire ?
02:09Elles renforcent, entend-on, la pression sur les épaules de Sébastien Lecornu pour tenir les déficits.
02:15Énorme erreur d'analyse, à mon avis.
02:17Elles l'aideront en réalité à résister au grand n'importe quoi pour que le déficit reste en dessous de 5% du PIB.
02:23Jusqu'à maintenant, les comptes publics qui ne défilent pas dans les rues ne se faisaient pas entendre.
02:27Avec déjà deux agences sur trois qui ont dégradé sèchement la France dans un mois,
02:32les députés savent désormais ce qu'ils tiennent entre leurs mains de la nitroglycérine.
02:36Et les Français vont commencer à réaliser concrètement le coup de la suspension de la réforme des retraites.
02:41On l'a appris vendredi.
02:42Les retraites complémentaires seront gelées à partir du 1er novembre.
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