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  • il y a 3 mois
Dans cette émission diffusée sur TV5 Monde, Johnny Hallyday revient avec Sam Bernett sur l’aventure hors du commun du Johnny Circus, ce projet fou mêlant musique, cirque et liberté. Ensemble, ils évoquent les défis, les souvenirs marquants et l’esprit rock’n’roll qui animait cette tournée mythique des années 70. Une séquence rare qui plonge dans les coulisses d’un rêve de scène signé Johnny.

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Musique
Transcription
00:00Animateur, vedette, on pourrait même dire mythique à Europe, à RTL, bien sûr, et surtout 50 années d'amitié, j'allais presque dire d'amour avec Johnny.
00:14Combien ? 50 ? 60. 60 ans d'amitié, d'amour avec Johnny, Sam Bernet.
00:19Bonjour Patrick, c'est Mona. On peut dire ça vraiment, quand je dis amour, parce que c'est vrai qu'au fond, il n'y a pas d'autre mode.
00:23Non, c'était une véritable amitié, bien sûr. Ça n'avait rien de superficiel show business. On s'est rencontrés au Golfe Drouot, j'avais 15 ans, il en avait 17.
00:33C'était déjà la bande des grands, il y avait Dutronc et déjà Eddie Mitchell, les vieilles canailles étaient déjà rassemblées.
00:39Alors au Golfe, il y avait les petits, c'était nous, on avait 15 ans, et puis les grands, alors on leur disait bonjour, bien sûr, de loin, mais on ne faisait pas partie de la bande.
00:47On était trop petits. On s'est retrouvés quelques années plus tard, quand lui a fait ses disques et que moi j'ai fait de la radio.
00:52Et là, c'est ce qui est raconté dans ce bouquin, ça s'appelle Johnny Circus. Écoutez, Johnny, on va raconter cette aventure, c'est vraiment, c'est inimaginable, c'est mieux qu'un roman.
01:02J'étais le monsieur loyal de la tournée, puisque lorsque Johnny a eu cette idée qui était une idée généreuse et qui sortait de l'ordinaire, il voulait faire une tournée avec un cirque.
01:12Et il est arrivé un jour au Rock'n'Roll Circus que je dirigeais à Paris, cette boîte à Paris, et il me dit, écoute, il y a Jérôme Savary qui a fait le Magic Circus,
01:22toi t'as fait le Rock'n'Roll Circus, moi je vais faire le Johnny Circus.
01:25Oui.
01:25Non mais là, on se dit, non mais attends Johnny, mollo.
01:30Oui, et il le dit d'ailleurs, dans le livre, il y a cette lettre qu'il a envoyée à ses fans, en leur disant, je vous prépare quelque chose d'extraordinaire, du jamais vu,
01:40je vais louer un chapiteau de 4000 places et je vais faire le tour de France avec des clowns, des fauves, des acrobates.
01:48Le cirque Bouglion, allez, t'en cogner, hein ?
01:51Alors oui, c'était les Bouglion qui avaient loué ce chapiteau, on y reviendra peut-être tout à l'heure, mais ils n'ont jamais été payés.
01:58Il y a d'ailleurs une anecdote assez amusante sur la fin du bouquin où Bouglion, Joe Bouglion, le patriarche, rencontre Johnny par hasard dans un restaurant
02:09quelques mois après le circus et à l'annonce de l'arrivée de Johnny Hallyday, Joseph Bouglion se lève, va coincer Johnny dans les toilettes, le prend au callback
02:21et lui dit, mon petit père, tu me dois de l'argent parce que moi j'ai payé, non, tous les gars qui travaillaient sur le cirque, en dehors des musiciens, etc.,
02:30mais toute la bande Bouglion, moi j'ai payé tout le monde, mais le chapiteau, il n'a jamais été payé.
02:35Ils sont presque à en venir aux mains et là, ça fait quand même beaucoup de bruit dans le restaurant
02:41et à la table des Bouglion, il y a les fils Bouglion qui sont là, qui disent, oh là là, ça va mal tourner cette histoire,
02:46ils se précipitent, ils se mettent entre les deux hommes et Johnny est contrit, est confus, il s'excuse
02:53et Joe le prend dans ses bras et lui dit, allez, on oublie tout ça, viens boire le champagne.
02:59C'est incroyable, parce que quand même, il faut le faire. On est en 1972, Johnny est quand même au creux de la vague,
03:05il est à un moment, il se pose des questions, il voit ce qui se passe aux Etats-Unis, Woodstock,
03:11Joe Cocker qui a fait Mad Dog and Englishman, il voit ces grands spectacles, il se dit, moi je veux faire le même truc.
03:18Oui, il y avait eu une tournée itinérante comme ça aux Etats-Unis qui s'appelait le Continental Circus,
03:23qui était également un cirque qui se baladait dans l'Ouest américain avec de très grandes venettes américaines
03:29et Johnny avait été très influencé par cette tournée en disant, je vais faire la même chose.
03:34Et c'était, je le dis dès le départ, c'était une idée innovante, c'était une idée généreuse,
03:39il voulait reprendre un peu l'esprit des saltimbanks qui arrivent sur les places publiques le soir
03:43et qui redonnent de la joie, de la musique à tous les habitants. Malheureusement, ça a été le contraire.
03:48On va dire ce que c'était, parce que c'est quand même 70 véhicules, 114 employés, 79 étapes.
03:53Et il vous dit, je veux que tu viennes. Il le dit avec sa façon de parler de Johnny.
03:57Je veux que tu sois mon monsieur loyal.
03:59Monsieur loyal. Monsieur loyal, c'est Sam Bernet. Il arrive sur scène tous les soirs, il dit...
04:07Je m'appelle Sam Bernet, je suis né à Paris, vous me connaissez mieux, je suis le copain de Johnny.
04:11Et ça, ça y est, le public...
04:14Le public est avec moi immédiatement, je suis le copain de Johnny, on ne va pas me lancer des canettes.
04:17Sauf que vous aviez déjà raconté ce truc, qu'à 2h du matin, il vous dit, il faut meubler parce qu'on ne sait plus où est Johnny.
04:25Non, mais j'ai meublé tout le temps.
04:25Non, mais il y a des trucs. Johnny a disparu. La police le recherche, on ne sait plus où il est.
04:31Ça, c'est très spécial. C'est à Grenoble que ça s'est passé.
04:35Mais Johnny était en retard tous les soirs de 2 ou 3 heures.
04:392 ou 3 heures pendant lesquelles j'étais obligé de tenir la salle à bout de bras,
04:43en inventant n'importe quoi pour que je ne prenne pas, alors là, oui, des canettes et des chaussures et des bouts de banc et de banquette.
04:50Il faisait comment ça ? Vous étiez obligé de meubler...
04:53Ben écoutez, non, le soir, comme je savais qu'il avait beaucoup de retard tous les soirs,
04:59je n'imaginais pas qu'un soir, il aurait 6 heures de retard.
05:01Mais je prenais la foule et je leur disais, est-ce que vous connaissez les chansons de Johnny ?
05:06Alors, non, d'abord, je disais, il ne vous entend pas, il ne va pas monter sur scène tant que vous n'hurlez pas très fort.
05:11Vous pouvez croire qu'il était en coulisses.
05:12Mais bien sûr, j'étais obligé de dire, il est là.
05:14Alors, il était parfois à des centaines de kilomètres.
05:17Non, il était juste dans sa chambre d'hôtel, effondré sur sa moquette, incapable de bouger.
05:21Ce que je dois dire, c'est que Johnny, pendant cette tournée, qui a été quand même une tournée déjantée totalement,
05:28au niveau de l'alcool, au niveau de la drogue,
05:30et Johnny était dans un état, c'était un zombie toute la journée.
05:33Et je dois dire, et ça, le public le sait, il montait sur scène et il délivrait comme jamais.
05:40Il faisait un spectacle extraordinaire.
05:42Et alors, il vous raconte, vous lui demandez pourquoi, quand tu chantes « Je suis seul », c'est parfois très long.
05:47Parce qu'il se couche sur scène et il crie « Je suis seul ».
05:51Ça peut être très long. Alors, il vous donne la réponse, ça.
05:54Oui, pendant le monologue, où il est torse nu et qu'il tombe par terre, d'abord il tombe à genoux,
05:59il dit « Personne ne m'aime, je suis seul ». Et il se traîne, il se met à plat vente et il rampe sur la scène.
06:06« Personne ne m'aime, y a-t-il quelqu'un ce soir dans cette salle qui m'aime ? »
06:10Et là, un jour, dans la voiture, encore une fois, on est tous les deux,
06:13et je lui dis « Johnny, c'est bizarre, ton monologue sur scène, parfois il est plus long que d'autres soirs. »
06:19Il me dit « J'ai un truc ». « Ah bon, c'est quoi ? »
06:21Il me dit « Dès que je commence, dès que je me mets à genoux et que je rampe,
06:25je cherche dans les premiers rangs les yeux d'une femme, d'une jeune fille, d'une demoiselle, d'une femme.
06:30Je cherche ses yeux. Dès que je trouve les yeux de cette femme,
06:34je la fixe et je ne la quitte plus des yeux tant qu'elle ne pleure pas.
06:39Donc, je continue mon monologue.
06:41Et dès qu'elle commence à pleurer, je me relève et je continue.
06:43Quel incroyable !
06:46On ne racontera pas ce que faisaient les musiciens parfois en ville avec des rencontres de passage.
06:52Vous racontez que parfois, ils étaient invités au domicile de certaines personnes un peu légères,
06:58mais ça, c'est dans une tournée, évidemment.
07:00Vous savez, être musicien de Johnny Lydé, c'est un petit peu le crack-boom-hut de Jacques Dutronc.
07:06C'est un piège à filles.
07:07Quand les jeunes femmes ne peuvent pas approcher Johnny, elles s'approchent des musiciens.
07:12Alors, évidemment, des fois, ça se termine très tard ou très tôt le matin en privé.
07:19Oui, c'est incroyable, Johnny.
07:21Parce qu'au fond, vous dites à la fin du livre, il est éternel.
07:24Ah oui, je dis Jean-Philippe Smet est mort.
07:26Il aurait 80 ans le 15 juin.
07:29Mais Johnny Lydé est éternel.
07:32Bienvenue à tous.
07:45Bienvenue à tous.
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