00:00Tu as la chance, si on peut appeler ça une chance, parce que là tu n'es plus gardien titulaire de l'OM en 93,
00:07donc la victoire en Ligue des Champions.
00:11Est-ce qu'il y a de la frustration après cette année, mine de rien, réussie en 93, mais pas avec le même statut ?
00:20Non, aucune frustration, parce que Fabien Barthez reste et restera toujours mon ami.
00:26Ça aurait été une autre tête de con, peut-être.
00:30Oui, oui, certains qui se prennent pour d'autres, mais avec Fabien, il était tellement sain.
00:36Écoute, on a beaucoup d'appels au 32-16, les gens sont ravis que tu participes au jeu de la vérité, nous aussi on te remercie.
00:42Pascal, on peut accueillir Romain d'ailleurs qui est avec nous.
00:44Salut Romain.
00:45Oui, bonsoir à tous.
00:46Salut Romain.
00:47Salut Romain.
00:48Allez, fais-le trembler le Corse.
00:50Il a un peu déjà répondu à la question dans ce que vous avez dit, mais moi j'avais une question à Pascal,
00:55c'était quand tu vois arriver Fabien, est-ce qu'au début, tu sens tout de suite qu'il va prendre ta place ?
01:00Est-ce que tu n'as pas un peu d'améniosité sur lui ?
01:02Ou tout de suite tu sens que c'est un bon gars et tu vas bien t'entendre, malgré que tu sens qu'il va prendre ta place ?
01:08Non, parce que non, non, non.
01:12Arriver, prendre ma place, non.
01:14J'étais avec l'autre gardien de but, Jean Castaneda, qui était notre coach et on était nous-mêmes, nous-mêmes, on était surpris par ce jeune.
01:26Parce que pourquoi ? Parce que c'était un gardien disjonté, un gardien sans se poser de questions, pas de grosse tête.
01:32Après, il faut savoir reconnaître qu'il y a plus fort.
01:39Et puis bon, il a été vite mis dans le bain parce que M. Bernard Tapie me l'a fait payer.
01:47Mais dix jours après, parce que ça s'était mal passé pour Fabien à Glasgow, voilà que je devais reprendre le but.
01:55Et là, je me casse la jambe.
01:56Comme quoi, tout est écrit et j'en veux à personne.
01:59Et Fabien, bravo.
02:00T'en veux pas un peu à Bernard Tapie, quand même, de cette relation ?
02:06Tu sais, parce que c'est Tapie qui faisait l'équipe ?
02:09Oui, oui.
02:09Les personnes qui en veulent, c'est ceux qui n'ont pas eu les couilles de le dire dans leur gueule, tu vois.
02:15Voilà, moi, tous les respects que j'ai parce qu'il n'est plus là.
02:19J'ai eu à lui dire ce que je pensais.
02:21Je n'ai pas mis les gants.
02:22J'ai failli lui mettre dans la gueule.
02:25Mais c'est tout, c'est tout.
02:27Pascal, je me permets juste de rappeler une anecdote folle pour ceux qui découvrent peut-être cette histoire ce soir sur RMC.
02:34C'est que tu es donc gardien de but de l'OM.
02:36Ensuite, Fabien Barthez arrive, tu perds ta place, mais tu es remplaçant à l'OM.
02:40Il y a une sacrée prise de bec avec Bernard Tapie.
02:43Et suite à une embrouille, une engueulade entre vous deux, au départ, ils ne te convoquent pas pour la finale de la Ligue des Champions.
02:49Tu te rends par tes propres moyens à Munich en 93 pour rejoindre l'OM.
02:55Mais il n'y avait pas de deuxième gardien.
02:56Et tu nous le confirmes.
02:57D'ailleurs, jusqu'au matin du match, tu n'es même pas sûr d'être sur la feuille de match.
03:00Oui, tout à fait.
03:02Je fais le voyage avec mon survêtement bleu et blanc, avec certains du public, certains lèches-culs dans l'avion que tu reconnais.
03:13Et puis, j'arrive, personne n'était là pour m'accueillir.
03:17Après, j'ai rejoint l'hôtel des joueurs par mes propres moyens.
03:24Et là, je rejoins le groupe.
03:27Si tu ne fais pas ça, ils n'ont pas de gardien de but remplaçant sur la feuille de match ?
03:32Oui, il y en avait un.
03:35C'était qui ?
03:35C'était Alain Casanova.
03:38Ah oui.
03:39C'était le numéro 3 supposé à l'OM.
03:42Oui, oui, oui, oui.
03:43Mais vu que c'est lui, vu que c'est Tapie qui faisait l'équipe, comme tu dis, comment il t'intègre à l'équipe s'il ne veut pas t'emmener déjà au départ ?
03:51Non, mais il ne veut pas m'emmener parce que pour lui, c'était, c'est comme ça, ce n'est pas autrement.
03:55Tu n'es pas content, tu ne viens pas.
03:58Mais comment pour un joueur ne pas aller pour une finale ?
04:01J'aurais été en vélo avec une selle, quoi.
04:04Mais voilà, je suis arrivé.
04:08Je suis arrivé, je savais que j'étais le deuxième et j'étais fier.
04:13Et voilà, j'ai rejoint surtout Fabien, puisque je ne sais pas si vous revoyez les images, quand on est champion, Fabien court et vient dans mes bras.
04:24Voilà, c'est tout.
04:25C'est une des images de cette soirée magique.
04:27Mais en fait, en gros, t'as piqué la place de Casanova, quoi.
04:34Ouais, le pauvre Casanova.
04:37Non, parce que tu sais, il y a toujours des gardiens.
04:40C'est un bon gardien, Casanova.
04:41Très bon, mais très, très bon mec.
04:43C'est le sparring partner de JPP.
04:44Mais dans des groupes, il y a toujours des gardiens qui savent qu'ils ne seront jamais numéro un.
04:48Et ça, c'est la force de ces gardiens de but, c'est qu'ils le savent.
04:53Tu sais que j'ai le nom du gardien que t'as dit tête de cul tout à l'heure, c'est Pascal Rousseau.
05:00Oui, voilà, voilà, oui.
05:02Il avait le beau maillot, il avait le beau maillot.
05:04Ça en était une belle, lui.
05:07Pascal Rousseau, à qui on pense, parce qu'il a des soucis de santé.
05:11Alors, je m'en excuse.
05:13Voilà, évidemment.
05:14Pascal, forcément, cet épisode marseillais se conclut par certaines affaires extrasportives, malheureusement.
05:21T'as vécu de plein fouet l'affaire au MVA.
05:24On t'a entendu dans une production, d'ailleurs, mal vivre certains épisodes marseillais.
05:28Est-ce que ça aussi s'est digéré ?
05:30Est-ce que tu ne veux plus en parler ?
05:31Est-ce que c'est un sujet que tu veux encore aborder avec nous ce soir dans le jeu de la vérité ?
05:35L'aborder, ça dépend par quel bout.
05:38De derrière, de devant, ça dépend.
05:40Mais comment tu l'as vécu, cette affaire au MVA ?
05:42Est-ce que tu le regrettes encore aujourd'hui ?
05:44Est-ce que tu as cette frustration ?
05:45Est-ce que tu as senti les choses arriver ?
05:48Est-ce que tu as constaté des choses ?
05:51Parce que quand tu triches sur un match, j'imagine que tu as triché sur d'autres matchs aussi.
05:57Donc, est-ce que toi, tu avais constaté ?
05:59Après, personnellement, comment, si tu demandes à un gardien ou à un défenseur de faire une faute ou à un gardien d'enlever tes mains ?
06:07Je ne sais pas comment, ou alors tu es vraiment une pourriture, mais Véa, tu étais champion, mais cet homme-là ne voulait respecter en rien qui que ce soit.
06:22C'est pour ça que, dans les vestiaires, il y en avait trois qui ne s'entendaient pas avec lui.
06:30C'est qu'on ne lui disait même plus bonjour.
06:34Tu les as déjà cités, d'ailleurs.
06:35Il y a toi, Carlos Moser.
06:37Oui, il y a Eric Cantona et Carlos.
06:44Pascal, quand l'affaire éclate, ça vous étonne ?
06:49Vous, les joueurs, vous êtes étonné ou il y avait des prémices ?
06:54Étonné, tu l'es toujours, oui.
06:56Tu l'es toujours, tu dis, ce n'est pas possible, ça ne peut pas arriver.
07:01Moi, c'est là où j'ai perdu ma guettée.
07:03C'est qu'avec l'OM, c'est le premier club où tu as vendu tes couleurs.
07:07Ça a toujours été l'homme d'affaires.
07:10Je ne renie en rien la réussite et tout ce qu'il a pu apporter.
07:14Mais quand tu vends tes couleurs, c'est comme un enfant, tu lui enlèves son doudou,
07:21ses filles, il n'y a plus l'odeur, on est mort.
07:23Quand tu dis qu'il vendait les couleurs, c'est qu'il n'avait pas besoin de les faire
07:27pour que vous soyez les meilleurs ?
07:29Mais c'est certain, mais c'est certain.
07:31Nous, ce qu'on vivait dans les vestiaires et quand on revenait de match,
07:35qu'on allait dans la grande rue et puis s'arrêter, voir une ou deux copines,
07:44ce n'était pas un problème.
07:45On vivait des moments extraordinaires.
07:48Rien ne pouvait nous arriver.
07:49Rien, rien, rien.
07:51Et ça nous faisait rire parce que quand la personne rentrait dans le vestiaire
07:55ou qui posait sur l'affiche deux ou trois noms,
07:59il n'y a que quatre ou cinq joueurs qui restaient pour regarder ça.
08:02Cette relation avec Bernard Tapie, toi, tu lui as tenu tête,
08:05vous avez été fâchés.
08:07Autre anecdote qu'on pourra raconter,
08:09mais tu as même, entre guillemets, kidnappé la Coupe d'Europe
08:11pour avoir la prime de match.
08:12Je l'ai emmené encore.
08:14Elle a fait le tour de Corse jusqu'à ce que tu touches ta prime de match.
08:18Mais sur cette relation avec Bernard Tapie,
08:20je sais que tu ne veux pas en parler parce que malheureusement,
08:22il est décédé, mais comme tu l'as dit, il a fait du mal à l'OM.
08:25Tu lui en veux pour cette période ?
08:26Ça t'a gâché ton rêve comme ça de triompher avec l'OM ?
08:30Non, non, non, non, non.
08:32Et sérieusement, je le dis sérieusement,
08:34comme je le dis, qu'il se repose en paix,
08:38je ne vais pas en parler en mal ni rien du tout.
08:43C'est écrit, c'est comme ça.
08:44Ce n'était pas le moment.
08:47J'ai connu tellement de belles choses avec Marseille,
08:49avec mes amis, Bernard Pardot, tous ses joueurs,
08:54Eric, Kanto, les caractériels.
08:56C'est vrai qu'aujourd'hui, dans un football d'aujourd'hui,
09:00le caractériel n'a pas sa place.
09:03À l'époque, le football, quand je coupais les manches,
09:05on disait, tiens, regarde-le à lui.
09:07Je rasais la tête, regarde-le à lui.
09:09Et je mettais une chaussette blanche et l'autre bleue, regarde-le à lui.
09:13Je montais, je dribblais, regarde-le à lui.
09:15Mais ensuite, il y a eu les chaussures de couleur.
09:19Ensuite, il y a eu les maillots aux manches courtes.
09:21Ensuite, il y a eu le jeu bien au-dessus,
09:25jouer avec les gardiens.
09:27En fin de compte, qu'est-ce que tu veux que je regrette ?
09:30Puisque c'est moi, personnellement...
09:31C'est toi qui as lancé toutes les modes, en fait.
09:32Tu étais un avant-gardiste ?
09:34Ouais.
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