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  • il y a 3 mois

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00:00Europe 1
00:0111h-13h, Elliot Deval et vous
00:05C'est votre rendez-vous du week-end, Elliot Deval et vous, 11h-13h en direct sur Europe 1.
00:11Chers auditeurs, cette émission est faite pour vous.
00:14Prenez la parole, 01-80-20-39-21.
00:18Appel non surtaxé pour vous avoir en direct sur Europe 1, édition exclusivement consacrée ce dimanche à cette crise politique.
00:27Je le disais pour ma compagnie, il y a Estelle Laffont, vous avez également Arnaud Benedetti, Sébastien Ligné, Jules Torres.
00:35Et nous avons notre premier invité, on va avoir de nombreux responsables politiques durant ces deux heures.
00:40Nous avons donc Pierre-Henri Dumont qui est secrétaire général adjoint, donc les Républicains.
00:46Et la première question qu'on va se poser dans un instant, c'est est-ce que les Républicains doivent participer au gouvernement ?
00:54Pourquoi cette crise dans la crise à droite ? Qui c'est le patron chez les LR ?
00:59On en parle dans un instant, mais avant cela je me tourne vers les deux spécialistes, les mieux informés de Paris.
01:05Jules Torres.
01:06Oui cher ami.
01:06Il est 11h05, on ne connaît toujours pas le gouvernement de Sébastien Lecornu.
01:12Mais quelles sont les dernières informations qu'on doit donner aux auditeurs d'Europe 1 à 11h05 ce dimanche ?
01:19A priori on n'aura pas de gouvernement aujourd'hui, il interviendra plus tôt demain. Pourquoi ?
01:24Parce que ce sera a priori là aussi un gouvernement où il n'y aura pas de gros politiques, il n'y aura pas de présidentiables.
01:32A priori Elisabeth Borne et Gérald Darmanin, même eux, devraient être écartés du gouvernement.
01:36Bruno Rotaille, on a bien compris qu'il n'y participerait pas.
01:39Ça suit une logique, la logique de Sébastien Lecornu, qui veut qu'on enlève les ambitions présidentielles et les intérêts partisans de son prochain gouvernement.
01:46Et donc ça prend du temps parce qu'il faut nommer des personnalités qui n'étaient pas forcément connues, connues de la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique,
01:54vous savez, qui se chargent de voir s'il n'y a pas des conflits d'intérêts entre les personnalités et les entreprises par exemple dans lesquelles ils auraient pu travailler ou avec lesquelles ils auraient pu travailler.
02:05Donc c'est pour cela que ça prend du temps. Peut-être aussi que Sébastien Lecornu, il ne sait pas qui mettre dans son gouvernement.
02:10On sait qu'il avait nommé 18 ministres la dernière fois. C'était un gouvernement resserré. Pour une fois, il avait tenu sa promesse.
02:18Donc évidemment, c'est son urgence la plus vitale parce qu'il lui faut un gouvernement, même pour déposer son budget, même s'il n'est pas obligé.
02:26Il n'est pas obligé d'avoir un gouvernement pour déposer son budget en Conseil des ministres.
02:31C'est mieux pour l'autorité du budget d'avoir un vrai gouvernement et pas seulement un Conseil des ministres où il y a Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu.
02:39Mon Dieu ! Alors, en revanche, vous me surprenez. C'est-à-dire qu'il n'y a rien de mal à avoir des ambitions présidentielles ou en tous les cas des ambitions politiques.
02:48Ça me surprend, sur Gérald Darmanin, alors que visiblement il est plébiscité, il pense à changer de ministre de la Justice.
02:58Non mais le problème, c'est que mercredi soir, et même vendredi, quand Sébastien Lecornu accepte par devoir, dit-il, d'être reconduit à Matignon,
03:07il vous dit que le gouvernement, il y a une chose, le président m'a laissé carte blanche, c'est pas d'ambition présidentielle.
03:13Parce qu'on a bien vu que c'est ce qui avait heurté Sébastien Lecornu quand Bruno Rotaillou a décidé de partir de tout cela.
03:21Il dit que c'est pour des intérêts partisans.
03:22Quand Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur, il avait des ambitions présidentielles.
03:26Il avait une majorité absolue.
03:27Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac avaient 360 députés.
03:31Et alors, c'est de la responsabilité de Gérald Darmanin qui fait le boulot sur le terrain.
03:35Je dis juste qu'il y a une règle qui a été maintenant édictée par Sébastien Lecornu, c'est de ne pas mettre de poids lourds politiques.
03:41Donc, pardonnez-moi, mais c'est la faute qu'avait faite Michel Barnier.
03:45Bon, ça a duré trois mois.
03:47En tous les cas, Michel Barnier, il avait décidé justement de mettre, si je ne m'abuse, d'installer Gérald Darmanin, Place Beauvau.
03:54Non, c'était Didier Migaud.
03:56Michel Barnier, c'était Didier Migaud.
03:58Qu'on a tous oublié déjà.
03:59Donc, il faut mettre des ectoplastes au ministère pour que ça fonctionne.
04:03Moi, je trouve qu'on passe beaucoup de temps à ergoter autour d'un gouvernement qui risque de durer 48 heures quand même.
04:09Enfin, je veux dire, là, on est dans une fuite en avant du macronisme.
04:12C'est-à-dire qu'on nous ressort les technos.
04:14C'est-à-dire qu'on parle de préfets, on parle d'anciens magistrats, on parle d'experts de la santé.
04:21Comme si, finalement, il fallait dépolitiser au maximum le gouvernement le plus politique de l'histoire de la Ve République.
04:27Honnêtement, il y a quelque chose qui ne rentre pas dans les cases.
04:30On a bien compris que Sébastien Lecornu veut démacroniser au plus possible le prochain gouvernement
04:35pour tenter d'amadouer les socialistes, mais in fine...
04:39C'est-à-dire que le plus macroniste et démacronistes veut démacroniser un gouvernement qui va dire...
04:42Sans le PS et sans l'air.
04:43Donc, bon courage pour démacroniser.
04:44Et sans l'idée.
04:45Et sans l'idée.
04:45Donc, autant dire qu'on va régler.
04:47Mais tout ça est ridicule.
04:48Le propre d'un gouvernement et le propre des ministres, c'est de faire de la politique.
04:53Pardonnez-moi, Arnaud Benedetti.
04:56Évidemment, vous avez des équipes autour de vous, une administration avec des gens qui sont des technocrates.
05:02Mais un ministre, il doit avoir le courage de mener une politique.
05:06La politique pénale, la politique budgétaire, la politique sécuritaire, la politique migratoire.
05:12C'est-à-dire que qu'est-ce qu'on est en train d'imaginer ?
05:15Mais je ne peux pas y croire ça.
05:16Moi, j'ai du mal à y croire.
05:16Si, on voit ce qu'il y a derrière, je vois ce qui a été dit.
05:18C'est-à-dire qu'on met des profils techniques pour en effet le dépolitiser et le rendre le moins allergisant possible pour les oppositions parlementaires.
05:26Mais, si vous voulez, il y a une contradiction à dire qu'on est en train de vivre le moment le plus parlementaire de la Vème République
05:31et de ne pas mettre de politique dans ce gouvernement.
05:33Parce que, quand même, qu'on le veuille ou non, le vrai sujet qui va être celui du Premier ministre,
05:38et qui est déjà celui du Premier ministre, et qui était déjà celui de ses prédécesseurs,
05:42c'est de réussir à dompter une Assemblée nationale qui est totalement indomptable.
05:46Et si vous ne mettez pas dans ce gouvernement des gens qui, quand même, ont une expérience politique,
05:51ça va être encore plus difficile.
05:52Alors, vous allez me dire, jusqu'à présent, on a mis des gens qui avaient une certaine expérience politique,
05:55pour les deux gouvernements précédents, que ça n'a pas marché.
05:58Alors, on peut considérer que, peut-être, maintenant, si on met des technocrates, ça marchera mieux.
06:02La vérité, tout ça nous dit, finalement, l'incapacité, qui n'est d'ailleurs pas liée à celle de M. Lecornu,
06:09ou d'un autre, parce que je crois que n'importe quel Premier ministre rencontrerait exactement les mêmes difficultés,
06:13quel que soit le nom, l'incapacité que nous avons à dépasser ce mouvement de crise très profond que nous rencontrons,
06:19en essayant, malgré tout, de faire perdurer une expérience qui risque, en effet, dans 3, 4 jours,
06:25peut-être une semaine, 15 jours, de terminer comme les précédentes.
06:29Et juste pour que les auditeurs d'Europe 1 comprennent bien,
06:31ce ne sera pas un gouvernement essentiellement technique.
06:33Évidemment qu'il y aura des ministres qui sont encartés.
06:36Par exemple, le Premier ministre, hier, a fait son premier déplacement à Leïl et Rose,
06:41avec un député des Républicains que, je crois, il aimerait beaucoup débaucher dans son gouvernement.
06:46Donc, il y aura des personnes qui appartiennent à Renaissance,
06:50il y aura peut-être, même s'il y a eu des débauchages des Républicains,
06:55mais il n'y aura pas que des préfets, des...
07:06Les Républicains, on a besoin de comprendre.
07:10Déjà ce matin, ce midi, 11h11 très précisément,
07:13est-ce que vous pouvez nous confirmer si oui ou non,
07:16les Républicains ont une ligne claire ?
07:18Quand je dis ligne claire, j'ai bien compris,
07:20ce n'est pas de participation, les Républicains, pour le prochain gouvernement.
07:24Bien déjà, bonjour à vous et bonjour à vos auditeurs.
07:27La ligne des Républicains est extrêmement claire.
07:29Elle a été prise d'ailleurs en bureau politique à la suite d'un vote assez massif hier,
07:33hier midi, lors d'une visio et lors de cette réunion du bureau politique,
07:38qui est de ne pas participer au gouvernement à ce stade,
07:42parce que ni la confiance, ni les conditions ne sont réunies
07:44pour que les Républicains y participent.
07:47C'est une raison qui est assez simple.
07:48Vous savez, nous, on a toujours été attachés à avoir une feuille de route pour un gouvernement.
07:53Et la feuille de route, vous la connaissez,
07:55elle a été déclinée lors du gouvernement Lecornuin,
07:58qui était de donner les moyens aux ministres de l'Intérieur,
08:01à l'époque Bruno Retailleau,
08:02de diminuer l'immigration, d'améliorer la sécurité des Français,
08:05faire en sorte que face au mur de la dette,
08:07on n'augmente pas les impôts,
08:09mais qu'on commence d'abord et avant tout par diminuer les dépenses,
08:12et faire en sorte de revaloriser le travail,
08:14rapprocher le salaire net du salaire brut,
08:17et lutter contre la cistana.
08:20Donc là, c'était les engagements sur lesquels on voulait
08:22que Sébastien Lecornu s'engage.
08:24Il l'avait fait par un courrier assez vague.
08:26Ça nous avait suivi, mais après, il y a eu cette trahison
08:29qui a été évoquée maintes et maintes fois
08:31lors des événements de la semaine dernière.
08:33Et puis, là, aujourd'hui, on a un gouvernement,
08:35mais ça, quand même, dont personne ne parle,
08:37où on ne sait même pas la politique qui sera menée par ce gouvernement.
08:40C'est-à-dire que Sébastien Lecornu a été renommé,
08:43et on n'a aucune idée de la politique qu'il veut mener.
08:45Est-ce qu'il veut mener une politique migratoire plus ferme,
08:47plus laxiste ? On n'en sait rien.
08:49Est-ce qu'il veut augmenter les impôts ou diminuer les dépenses ?
08:51On ne sait pas.
08:52Est-ce qu'il veut valoriser le travail
08:54ou relancer l'appui à l'assistanat ?
08:56On n'en sait rien.
08:57Il avait publié, avant qu'il y ait la démission
09:02de son premier gouvernement,
09:04du moins qu'il présente sa démission,
09:05il avait envoyé une note aux médias
09:08où il présentait, justement,
09:10c'était une lettre non exhaustive,
09:14une liste non exhaustive.
09:15Mais il y avait, évidemment,
09:17la réduction des dépenses de l'État,
09:19il y avait la lutte contre l'insécurité,
09:22il y avait une question migratoire
09:24dans cette lettre que vous avez lue.
09:26C'est bien ce que vous êtes en train de dire.
09:27Il n'y a absolument aucun engagement
09:29pour ce gouvernement.
09:30C'est-à-dire que depuis qu'il a été renommé,
09:32Sébastien Leclerc...
09:32C'est vendredi soir à 22h.
09:34On est dimanche midi.
09:35Il a quand même été capable de donner des interviews,
09:37de faire passer des offres dans la presse,
09:38de faire fuiter des noms de ministres.
09:40Je pense qu'il est quand même assez capable de pouvoir...
09:41Est-ce qu'il y a des lignes rouges chez les Républicains ?
09:43Parce qu'on a bien compris
09:45qu'il y avait déjà des complications.
09:47Est-ce que oui ou non,
09:49on doit intégrer ce gouvernement ?
09:51Mais est-ce que...
09:51Parce que j'ai l'impression
09:52qu'il y a un tabou dans le tabou,
09:53c'est l'idée de la censure.
09:54Est-ce que vous êtes susceptible
09:55de censurer le gouvernement Lecornu
09:57si, par exemple,
10:00il suspend la réforme des retraites ?
10:01Ce qui est sûr,
10:02c'est que si le gouvernement Lecornu
10:04mène une politique
10:05qui est contraire à ce qu'on considère
10:06être l'intérêt politique de notre pays,
10:09eh bien, on votera soit contre,
10:11soit on votera des censures.
10:13S'il arrive une question de censure,
10:15ce sera aussi aux députés de choisir.
10:16Vous savez, les députés sont libres.
10:18L'article 27 de la Constitution
10:20dispose que tout mandat impératif est nul.
10:23Donc, chaque député choisira
10:25de voter ou non la censure
10:26s'il doit arriver à la censure.
10:27Mais pardon,
10:27je dois quand même dire une chose
10:28parce qu'il y a quelque chose
10:29qui est extrêmement intéressant.
10:31C'est que si on fait
10:32de la géopolitique parlementaire,
10:34la position du Rassemblement National
10:36qui a été de dire,
10:36et c'est un peu nouveau,
10:37de dire qu'on censure tout ce qui bouge,
10:39quoi qu'il arrive,
10:40déporte obligatoirement
10:41les discussions et les deals
10:44qui peuvent être passés
10:44entre le Premier ministre
10:45vers la gauche et vers l'EPS.
10:47C'était déjà le cas.
10:48Sébastien Lecrané n'a jamais
10:49vendu la main au RN.
10:50Je t'en rappelle, c'est fait un mois
10:51qu'on parle de taxes du Kman
10:51et de réforme des retraites.
10:52Oui, mais c'est...
10:53Avant même le changement de pied du RN.
10:55Non, mais c'est...
10:55C'est-à-dire quand même
10:56qu'aujourd'hui,
10:57on sait très bien
10:58que ceux qui vont faire danser
11:00et sauter le gouvernement à la corde,
11:02ce sera Olivier Faure,
11:03Boris Vallaud
11:04et l'ensemble du groupe socialiste.
11:06Et donc, vous comprenez bien
11:07que dans ce cadre-là,
11:08on ne peut pas participer
11:09à un gouvernement
11:09qui, même s'ils ne sont pas
11:11à l'intérieur du gouvernement,
11:12ne doit sa survie
11:13qu'uniquement au Parti socialiste
11:15et à la réponse
11:16de ce même gouvernement
11:17aux vieilles lunes socialistes.
11:19L'augmentation des impôts,
11:20la taxe Zuckmann,
11:21la baisse des moyens loués
11:23pour lutter contre l'immigration,
11:25toutes les politiques
11:25que nous, on a essayé
11:27de mettre en place,
11:28en particulier avec Bruno Retailleau
11:29à l'intérieur depuis un an,
11:30qui seraient mises en place,
11:31seraient en fait l'inverse
11:32de ce qu'on voulait
11:33et de ce que Bruno Retailleau
11:34a mis en place.
11:34Donc, c'était évidemment pas possible
11:35et d'autant plus,
11:36je vous le rappelle,
11:37que quand on est dans un gouvernement,
11:38il y a une solidarité gouvernementale.
11:40Et que donc,
11:41à partir du moment
11:42où on est dans un gouvernement
11:43qui a une politique contraire
11:44à ce que nous,
11:44on a toujours défendu,
11:45c'est compliqué de dire
11:46on y va
11:46pour au final partir
11:47trois heures après.
11:49On continue d'en parler
11:50dans un instant
11:50sur Europe 1,
11:51Elliot de Valais-Vous,
11:5211h13...
11:5311h19 sur Europe 1,
11:54Elliot de Valais-Vous,
11:55c'est de 11h à 13h
11:56et il est question aujourd'hui
11:58encore de la seconde nomination
11:59de Sébastien Lecornu à Matignon.
12:00Quel gouvernement va-t-il former
12:02pour son deuxième essai ?
12:03Et il en a parlé
12:04lors du grand rendez-vous
12:04avec son invité,
12:05c'est Pierre De Villeneau
12:06qui vient de nous rejoindre
12:07à l'instant en studio.
12:08Bonjour Pierre De Villeneau.
12:09Bonjour Elliot,
12:09bonjour à tous.
12:10Nicolas Dupont-Aignan
12:11était votre invité
12:12de 10h à 11h
12:13sur C News et sur Europe 1.
12:15Que faut-il retenir
12:16de cet entretien
12:17du président fondateur
12:19de Debout la France ?
12:20Beaucoup de choses
12:20ont été dites.
12:21Retenons le fait
12:23qu'on est au bout d'un cycle
12:24et que,
12:26alors qu'il était frileux
12:27jusqu'à présent
12:27à demander la destitution
12:29d'Emmanuel Macron,
12:30Nicolas Dupont-Aignan
12:31maintenant demande
12:32la destitution
12:33au titre de l'article 68
12:35de la Constitution
12:36parce qu'on est arrivé
12:37au bout d'un cycle.
12:39Alors justement,
12:40c'est très intéressant
12:40ce que vous dites
12:41parce que même le RN
12:42n'est pas sur ce terrain-là
12:43de la destitution.
12:45Ils expliquent
12:46que la destitution,
12:47ça fragiliserait
12:48les institutions
12:48de la Ve République.
12:50En revanche,
12:51Emmanuel Macron
12:52a la possibilité
12:54de démissionner.
12:56Pourquoi, Jules Thorez,
12:56dites-vous que c'est impossible ?
12:57Il faut peut-être expliquer
12:58aux auditeurs
12:59ce que c'est la destitution.
13:00La procédure de destitution,
13:02il y a quatre votes
13:04très importants.
13:04D'abord,
13:05il faut réunir deux tiers
13:06de chacune des chambres,
13:07ce n'est pas le total.
13:09Le premier vote,
13:10c'est donc deux tiers
13:10de l'Assemblée nationale,
13:12deux tiers du Sénat.
13:13L'Assemblée nationale,
13:14il y a très peu de chances
13:14que ça intervienne.
13:15Le Sénat,
13:16je n'en parle même pas.
13:18Et même si vous obtenez
13:19ces deux tiers-là,
13:20il faut ensuite aller devant
13:21ce qu'on appelle
13:22la haute cour.
13:23Il y a la création
13:24de la haute cour
13:24qui est une cour exceptionnelle
13:26pour une procédure
13:28de destitution
13:28et qui là aussi
13:29doit voter aux deux tiers.
13:30Donc on voit mal quand même
13:31comment ça pourrait intervenir.
13:34Le Sénat n'étant pas
13:35franchement aujourd'hui
13:35extrêmement révolutionnaire,
13:37même s'il conteste
13:38la politique
13:39qui est menée
13:40au sommet de l'État.
13:41Donc réclamer la destitution,
13:43on le voit bien
13:43avec ce que fait
13:44la France Insoumise,
13:45c'est mettre la pression
13:47le plus possible
13:47sur le président
13:48de la République,
13:49mais c'est aller
13:50beaucoup trop loin
13:50par rapport à ce que
13:52nos institutions
13:52justement le permettent.
13:54Et c'est pour ça aussi
13:55que la position du RL
13:56aujourd'hui est perçue
13:57par les Français
13:58comme plutôt raisonnable
13:59au vu de la situation
14:00du pays.
14:01Moi je pense quand même
14:02que si le président
14:03de la République
14:04venait à s'entêter,
14:05à ne pas vouloir
14:06redissoudre,
14:07à conserver le pouvoir
14:09en nommant après
14:09le Cornu 2,
14:10le Cornu 3
14:11et après
14:11Mme Michu 5
14:14et M. Durand 7,
14:15s'il refuse
14:16d'accéder
14:17à cette dissolution,
14:19je pense que
14:20la question
14:20de la destitution
14:21pourrait se poser
14:22même jusqu'au Rassemblement National.
14:24Moi j'ai entendu
14:24des cadres sérieux
14:26du RN
14:26qui disaient
14:27s'il s'entête,
14:28on réfléchira
14:28à poser cette destitution.
14:30Et bien sûr,
14:30Jules Torres a raison,
14:31elle a très peu de chances
14:32d'aboutir,
14:32mais l'idée est symbolique.
14:33C'est-à-dire que
14:34si vous aviez
14:34ne serait-ce que
14:35quasiment la majorité
14:36de l'Assemblée Nationale
14:38qui voterait
14:38une destitution,
14:40vous enverrez un message
14:41extrêmement lourd
14:42en direction
14:43d'Emmanuel Macron.
14:44Donc je pense que
14:44s'il s'entête,
14:45je ne pense pas,
14:46je pense qu'Emmanuel Macron
14:46finira par dissoudre,
14:47mais s'il s'entête,
14:48je pense qu'il y aurait
14:49une justification
14:50à poser cette destitution.
14:52Et on va se tourner
14:52justement vers notre invité
14:54Pierre-Henri Dumont,
14:55vous êtes secrétaire général
14:56adjoint Les Républicains,
14:57vous êtes avec nous
14:57depuis le début de l'émission.
14:59C'est vrai qu'on se pose
15:01bien sûr la question
15:01du gouvernement,
15:02de Sébastien Lecornu,
15:03de cette crise
15:04au sein des Républicains
15:05et de ses tensions,
15:06notamment hier.
15:07On reviendra là-dessus
15:08dans le détail.
15:10Mais au-dessus
15:11de la mêlée,
15:12il y a un homme
15:13qui cristallise
15:14les tensions,
15:15Emmanuel Macron.
15:16Est-ce que vous trouvez
15:17qu'il serait sain
15:18qu'Emmanuel Macron
15:20prenne ses responsabilités,
15:22désavoué pour l'instant
15:23par les Français,
15:24avec une minorité
15:26dans ses rangs,
15:28lâchée par ses plus proches ?
15:30Est-ce qu'aujourd'hui,
15:31la fin pour Emmanuel Macron
15:33est inéluctable ?
15:34Alors, est-ce que c'est
15:34la dissolution ?
15:35Est-ce que c'est
15:36la démission ?
15:37Est-ce que c'est
15:38la destitution ?
15:39Qu'est-ce que vous en pensez ?
15:40Écoutez, ce qui est sûr,
15:41c'est qu'il ne faut pas
15:42confondre tout.
15:43Il y a trois sujets,
15:44dissolution,
15:45démission,
15:46destitution.
15:47Bien sûr.
15:48Destitution,
15:49moi, je n'y crois
15:50absolument pas.
15:50Déjà, techniquement,
15:51ce n'est pas possible.
15:52Il n'y a aujourd'hui personne
15:53à l'Assemblée nationale
15:54et au Sénat
15:55qui est capable
15:55de donner une majorité
15:56pour tout cela.
15:57Donc, c'est simplement
15:58de l'esbrouf politique
15:59visant à créer du chaos
16:01et en particulier
16:01lancé par les Insoumis
16:02parce que ce que
16:03les Insoumis veulent,
16:04c'est du chaos.
16:05D'autant plus que...
16:06Oui, mais là,
16:07on entendait Nicolas Dupont-Aignan,
16:08ce n'est pas quelqu'un
16:09qui est...
16:09Nicolas Dupont-Aignan,
16:10c'est zéro député,
16:11zéro sénateur.
16:12Non, mais j'entends
16:12que c'est un candidat
16:13à la présidentielle,
16:14il était député...
16:15Oui, mais s'il doit voter
16:16aujourd'hui une question
16:17de la destitution,
16:18c'est les parlementaires.
16:18Si je ne m'abuse,
16:19je me demande s'il n'a pas
16:19fait le même score
16:20que votre candidate
16:22à la présidentielle.
16:23Donc, il ne faut pas
16:24non plus insulter
16:25les électeurs
16:27de Nicolas Dupont-Aignan.
16:28C'est quelqu'un qui est...
16:29Je n'insulte pas,
16:29je dis juste que
16:30la destitution
16:31est une question
16:31de mathématiques parlementaires.
16:33et que la mathématique parlementaire,
16:35c'est l'addition
16:35de parlementaires,
16:37de députés d'un côté,
16:38de sénateurs de l'autre
16:39et qu'aujourd'hui,
16:40vous pouvez faire
16:40tous les calculs
16:41que vous voulez,
16:42il n'y a même pas
16:42une majorité
16:43pour passer l'étape
16:44qui n'a pas été évoquée,
16:45qui est l'étape
16:45du bureau des assemblées,
16:47donc c'est-à-dire
16:47de rentrer dans le débat
16:48d'une potentielle destitution
16:50à l'ordre du jour.
16:51Donc, ce sujet
16:52n'existe pas.
16:53Après, la question
16:54qui est l'autre question...
16:55Mais pourquoi est-ce
16:55qu'il n'existe pas ?
16:56C'est assez amusant.
17:03Les équilibres politiques
17:04des deux assemblées
17:04font qu'il n'y aura
17:05de toute façon
17:06aucun débat
17:07à l'Assemblée nationale
17:08et au Sénat
17:09sur une potentielle destitution.
17:10Qu'est-ce que vous appelez
17:11les équilibres politiques
17:12des deux assemblées ?
17:12Le nombre d'élus
17:15dans les assemblées
17:16aujourd'hui constituées
17:17à l'Assemblée
17:17et au Sénat
17:18font que vous...
17:18Est-ce que vous diriez
17:18que l'équilibre politique
17:21est plus important
17:22que la volonté des Français ?
17:24Est-ce que vous entendez,
17:25M. Dumont ?
17:26J'entends, mais...
17:27Est-ce que vous entendez...
17:27Ce n'est pas un jugement de valeur ?
17:29Non, mais est-ce que vous entendez
17:30que 90% des Français
17:32jugent les responsables politiques
17:34inefficaces ?
17:35Je l'entends très bien.
17:37Je l'entends d'autant plus
17:38que je suis un élu de terrain,
17:39je suis un élu dans ma commune.
17:40Donc, il y a un sujet.
17:41Ça n'empêche pas
17:42que vous continuez
17:43à aller à l'Assemblée,
17:45à faire votre travail parlementaire
17:47et...
17:48Je vous dis juste que...
17:49Dans une forme d'inertie...
17:50Non, je vous dis juste
17:51que si on veut avancer...
17:52Confortable,
17:53un peu comme de l'eau tiède, en fait.
17:54Non, pas du tout.
17:54Si on veut avancer,
17:55il faut avancer
17:56sur des sujets
17:57qui sont réellement faisables.
17:58D'accord.
17:58Réellement possibles.
17:59Et la destitution,
18:00ce que je vous dis...
18:01Elle est prévue dans la constitution.
18:04Oui, bien sûr.
18:05Mais avançons.
18:05Elle est rendue tellement compliquée
18:07qu'elle est quasiment fausable.
18:08Il y a des garçons.
18:09Pierre-Henri Dumont,
18:10c'est ce que je suis en train de vous dire.
18:11C'est pas un jugement de valeur.
18:14Vous dites que de toute façon,
18:15s'il vous plaît,
18:16avançons sur...
18:17Alors, la destitution,
18:18ça paraît compliqué.
18:19La démission.
18:20Il y a 61% des Français
18:22qui sont favorables
18:22à la démission d'Emmanuel Macron.
18:23La démission.
18:24Moi, en tant que gaulliste,
18:25j'ai plutôt l'idée de se dire
18:27qu'un président doit démissionner
18:29parce qu'il a, par exemple,
18:29perdu un référendum,
18:30perdu une élection
18:31et partir sur ça
18:32s'il doit partir.
18:33Il en a perdu trois d'élection.
18:34Oui, mais après,
18:35chacun, c'est aussi au président
18:36qui est seul décisionnaire
18:37comme pour la dissolution.
18:39Maintenant,
18:40la question
18:40qui est la question
18:42sous-jacente de tout cela,
18:43c'est
18:43on se retrouve dans une situation
18:45sans majorité
18:46parce que je considère,
18:47je ne suis pas le seul,
18:48qu'en 2022,
18:49la campagne présidentielle
18:50a été galvaudée.
18:51Qu'il n'y a pas eu
18:52de vraie campagne présidentielle
18:53parce que la guerre en Ukraine,
18:54parce que la fin du Covid,
18:56donc l'effet drapeau
18:57et Emmanuel Macron,
18:58c'est, pardon de le dire,
18:58planqué durant la campagne,
19:00n'a mis aucun grand sujet.
19:01Les grands sujets
19:01n'ont pas été tranchés.
19:02J'entends.
19:02En 2022,
19:03il y a eu des votes par défaut,
19:04il y a eu...
19:05Et donc,
19:06la démission du président
19:07de la République,
19:07une fois plus constitutionnellement,
19:09s'il y a vacances de la présidence,
19:11en particulier par une démission,
19:12c'est 20 à 35 jours
19:14pour mener une élection présidentielle.
19:16Et je pense
19:17qu'on a besoin
19:18de purger énormément de sujets,
19:20par exemple,
19:20la question de la réforme des retraites
19:21qui revient de façon lancinante.
19:23Moi, je considère,
19:24je ne suis pas le seul
19:24au sein des Républicains,
19:25que le système
19:25est démographiquement mort.
19:27Et que donc,
19:28le système de retraite,
19:29aujourd'hui,
19:30qui a été créé
19:30pour 4 actifs,
19:31un retraité,
19:32mouré au bout de 5 ans,
19:33fait que les jeunes
19:35qui travaillent
19:35et les classes moyennes
19:36qui travaillent
19:37surcotisent,
19:38sans avoir la certitude
19:39d'avoir une retraite derrière,
19:40avec des retraités
19:41qui ont des petites pensions
19:43qui sont largement inférieures
19:45en parité de pouvoir d'achat
19:46de ce qu'elles étaient
19:46pour leurs parents,
19:48et des jeunes
19:48qui, aujourd'hui,
19:49doivent attendre 40 ou 45 ans
19:50pour accéder
19:51à l'achat d'un logement.
19:52Donc, il y a une question centrale.
19:53Il ne faut pas toucher
19:54à la réforme des retraites.
19:55Il faut même un peu...
19:56Il y a une question centrale
19:57qui est celle de,
19:57pardon de dire,
19:58mais de la capitalisation
19:59qui doit être proposée.
20:02Et donc, ça veut dire
20:05que ça, ça ne peut pas
20:06être tranché en 20 jours
20:07après une démission
20:07du président de la République ?
20:08Oui, mais la position
20:09d'Edouard Philippe
20:09qui consiste à dire
20:10de repousser et d'annoncer
20:12sa démission,
20:12de la programmer
20:13pour faire en sorte
20:14que, finalement,
20:15il y ait une période
20:15de campagne
20:16un petit peu...
20:16Ça peut parfaitement s'entendre.
20:18On risque simplement
20:19d'avoir un phénomène
20:20qui est connu aux Etats-Unis
20:21qu'on appelle le lame duck,
20:22le canard boiteux,
20:23qui est celui du président
20:24de la République
20:25qui, dans un président des Etats-Unis,
20:27dans un deuxième mandat
20:28où il ne peut pas se représenter,
20:29se retrouve avec des mi-termes,
20:30donc des élections
20:31de mi-mandat
20:32où il a perdu la main
20:32et où il a deux ans
20:33où il ne fait plus rien.
20:35Et en plus,
20:35dans un contexte international
20:36qui est un contexte international
20:37très compliqué
20:38où, vous imaginez bien
20:39Vladimir Poutine,
20:40le président algérien
20:41qui retient Boalem Sansal
20:43dans ses joles,
20:44face à un président de la République
20:45qui a déjà annoncé sa démission,
20:47quel est le poids de la France
20:48quand on n'a plus de gouvernement
20:49et pas de majorité non plus
20:50à la France ?
20:50On va remercier Pierre De Villeneau.
20:51On va aller voir les auditeurs
20:52dans un instant.
20:54Merci.
20:55Merci.
20:56Merci.
20:57Merci.
20:58Merci.
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