- il y a 1 an
Béatrice Zavarro, avocate de Dominique Pélicot est l'invitée de Sonia Devillers, alors qu'un procès en appel débute ce lundi, pour juger le seul accusé de l'affaire des "viols de Mazan" à avoir contesté la décision de première instance. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-06-octobre-2025-6500198
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Béatrice Zavaro est l'avocate de Dominique Pellicot,
00:04homme qui a sédaté son épouse et l'a fait violer par des dizaines d'inconnus.
00:08Maître Béatrice Zavaro a choisi de ne jamais minimiser la culpabilité de son client
00:13et de ne jamais salir celle qui a subi l'inimaginable.
00:18Au contraire, elle a salué la dignité et le courage de Gisèle Pellicot.
00:22Certains en crient en scandale, au monde qui tourne à l'envers,
00:25depuis quand l'avocate du criminel rend-elle hommage à la victime ?
00:30Pour d'autres, Béatrice Zavaro s'est montrée exemplaire.
00:33En quatre mois de procès, elle s'est faite de nombreux adversaires
00:36et s'est découverte de solides soutiens.
00:38A partir d'aujourd'hui, nouveau procès.
00:41L'indédit violeur de Mazan a décidé de faire appel de sa condamnation.
00:45Il est le seul.
00:47Dominique Pellicot viendra à la barre en tant que témoin.
00:50Son avocate, elle, n'aura pas le droit à la parole.
00:53Mais quand même, ça va recommencer.
00:56Le récit des visites nocturnes,
00:58les messages salaces sur les forums,
01:01les vidéos d'actes sexuels perpétrés sur le corps d'une femme inerte de 70 ans.
01:06C'est ça, défendre Dominique Pellicot.
01:09Et peut-être que d'autres procès viendront pour viol, meurtre et inceste.
01:14Portrait numéro 24.
01:15Eh bien, on a eu un petit bug en régie.
01:24Bonjour maître.
01:25Bonjour madame.
01:26Bonjour Béatrice Zavaro.
01:28Votre ouvrage « Défendre l'indéfendable » est paru aux éditions Mareuil.
01:32Le 2 septembre 2024, les journalistes ont découvert une avocate pénaliste
01:37qu'ils ne connaissaient pas, pour la plupart d'entre eux.
01:40Elle porte l'un des plus grands dossiers criminels qu'il soit.
01:43Et elle est toute petite.
01:45Vous êtes toute petite.
01:48Je faisais 1m50 et je fais maintenant 1m45.
01:52On va en parler parce que c'est vraiment une histoire absolument…
01:56qui m'a paru incroyable.
01:58D'abord, si je me permets moi de parler de votre taille,
02:01c'est que vous en parlez vous-même.
02:02Vous dites « Je suis née petite, dans une famille de gens petits. »
02:06Oui.
02:07Tout simplement.
02:07Vous en avez souffert, de cette petite taille, du regard ?
02:12Bien sûr qu'on en souffre.
02:13On en souffre quand on est jeune.
02:14On en souffre quand on n'a pas la maturité.
02:16On en souffre quand les gens vous regardent
02:18et vous considèrent différemment de ce que vous êtes.
02:23Parce que justement, vous êtes petite.
02:24Vous connaissez l'expression « petite mais ».
02:27« Petite mais ».
02:28Ça m'a poursuivi longtemps, ça « petite mais ».
02:31Et aujourd'hui, j'ai l'impression d'entendre « petite mais »,
02:34mais dans le bon sens, quoi.
02:35Dans le sens inverse de ce que j'ai entendu.
02:37Voilà.
02:37Après, c'est presque un atout.
02:40Pour moi, aujourd'hui, c'est un atout.
02:42Pourquoi ?
02:43Parce que justement, je montre aux gens que la taille importe peu
02:46et qu'au contraire, on est ce qu'on est,
02:48quelle que soit la taille qu'on est,
02:50qu'on mesure 1m80 ou 1m45.
02:51Vous avez perdu 5 cm au début du procès.
02:54C'est quand même une histoire incroyable.
02:57C'est-à-dire comme si vous étiez écrasée par le poids
03:01de ces 60 000 pages de dossier.
03:04Pendant l'instruction, oui.
03:05Pendant l'instruction, un mal au dos terrible
03:06et puis une visite médicale, un IRM
03:09et puis effectivement un tassement de plusieurs vertèbres
03:11qui ont nécessité le port d'un corset pendant 10 mois
03:14avec au bout effectivement 5 cm en moins sur la taille originelle.
03:19Et alors, qu'est-ce qu'il vous a dit, votre corps ?
03:21Il vous a dit ça ?
03:22Il vous a dit que vous étiez écrasée ?
03:24Je ne sais pas s'il l'a dit comme ça,
03:26mais en tout cas, mon corps, il a été très sympa
03:29parce qu'il m'a tenue pendant les 3 mois et demi d'audience.
03:32Il m'a tenue royalement.
03:33Quand je dis que le corps, il est à part entière,
03:36c'est une personnalité à part entière, c'est ça.
03:38Il m'a tenue pendant 3 mois et demi
03:40et le soir du verdict.
03:41Comme s'il m'avait tapé sur l'épaule pour me dire
03:44je t'ai tenue pendant 3 mois et demi,
03:46maintenant tu vas repenser à moi.
03:47J'ai eu une petite douleur dans le dos
03:49qui s'est un peu intensifiée,
03:50qui a nécessité parfois le port du corset à nouveau
03:52et il a fallu à nouveau reprendre un traitement, etc.
03:56Mais voilà, c'est très particulier
04:00mais c'est effectivement comme ça que ça s'est passé.
04:03Le procès en appel des viols de Mazan
04:05démarre ce lundi devant la cour d'assises du Gard
04:08avec un seul accusé.
04:09La différence avec le premier procès
04:11qui s'est déroulé devant une cour criminelle départementale,
04:15c'est qu'il s'agit là d'une cour d'assises
04:16avec un jury de citoyens tirés au sort.
04:19La nuit du 28 au 29 juin 2019
04:22pendant laquelle Oussamé Tindé, l'accusé,
04:26s'est rendu au domicile des Pellicots à Mazan.
04:28Selon l'accusé, il y allait pour une rencontre libertine
04:31mais Dominique Pellicot a expliqué
04:33qu'il droguait sa femme, Gisèle,
04:35pour la proposer sexuellement à d'autres hommes
04:37qu'il recrutait sur internet.
04:38Dominique Pellicot sera d'ailleurs entendue comme témoin,
04:41ce sera mardi en début d'après-midi
04:43avant l'interrogatoire de l'accusé
04:46et la diffusion de vidéos ou d'extraits de vidéos.
04:50Ça recommence, je l'ai dit,
04:52un seul des co-accusés du procès Pellicot,
04:54ils étaient 50 en tous,
04:56c'est entêté, c'est acharné
04:57et il a poursuivi son idée,
04:59il fait appel.
05:00Et le procès là, ce nouveau procès qui démarre aujourd'hui
05:04a été résumé ici par nos confrères d'ici Vaucluse.
05:09Il faut se souvenir que lors du procès de première instance,
05:16cet accusé s'est présenté en victime,
05:20qu'il s'est lamenté sur son sort
05:22et que même son avocate
05:24a évoqué une possible complicité de Gisèle Pellicot,
05:28ce qui a provoqué la fureur de Gisèle Pellicot.
05:30Gisèle Pellicot est sortie en claquant la porte.
05:33Qu'est-ce que vous avez ressenti à ce moment-là ?
05:35Quand on est avocat,
05:38on doit faire attention à tous les éléments du débat
05:40et dans le débat proprement dit,
05:43un expert était venu dire
05:45que les stimuli du bassin ou des jambes
05:46étaient simplement des réactions nerveuses
05:48d'un corps qui était endormi artificiellement.
05:51Et quand vous avez un avocat qui plaide l'inverse
05:54en disant que c'est l'expression
05:56d'une action volontaire et d'une conscience,
06:00Mme Pellicot s'est levée très énervée
06:02et a quitté la salle d'audience.
06:04Après, je ne juge rien,
06:06je ne porte aucun jugement sur ce que mon confrère a fait.
06:09Si elle l'a fait, c'est qu'elle devait le faire
06:10et qu'elle avait le sentiment d'être dans son droit de le faire,
06:13tant mieux.
06:14Mais quoi qu'il en soit, oui,
06:16ça allait à contre-courant des analyses
06:18et des expertises qui avaient été recueillies dans le dossier.
06:21Il va falloir revoir à nouveau ces vidéos.
06:24Vous, vous les avez toutes vues,
06:26toutes regardées pendant l'instruction ?
06:28Bien sûr.
06:28C'était le noyau dur du dossier.
06:31Il fallait absolument les voir
06:32parce que sans ces vidéos, il n'y a pas de dossier.
06:35Dominique Pellicot, Enco, si je puis dire.
06:37Donc ça faisait partie de l'instruction.
06:39On les avait vues pendant les confrontations
06:40aussi organisées par le juge d'instruction.
06:43C'était important de les visualiser pour justement...
06:46Et comment vous l'avez vécu ?
06:47On le vit comme...
06:49Alors, on le vit, c'est violent.
06:52Ce sont des vidéos qu'on peut considérer comme étant violentes.
06:55Après, dans la matière pénale,
06:56vous avez des choses parfois qui sont plus violentes encore.
07:01Quand vous avez un rapport d'autopsie criminelle,
07:03vous voyez un corps qui est en image disséqué complètement.
07:05Ça aussi, c'est violent.
07:07C'est extrêmement choquant.
07:08Mais ces vidéos-là, c'est effectivement assez violente
07:10parce qu'on voyait une femme qui était endormie artificiellement.
07:14Les bras en croix, la langue qui pend, qui ronfle
07:16parce que le son des vidéos est assez caractéristique.
07:19Et vous voyez un homme qui fait ses affaires sur cette femme-là.
07:21Enfin, il n'y a plus d'humanité dans ce cas-là.
07:24En première instance, c'était une cour criminelle.
07:27C'était des jurés.
07:28C'était au contraire des magistrats professionnels.
07:31Là, ce sera des jurés.
07:33Ce sera neuf hommes et femmes tirés au sort
07:35des citoyennes et citoyens françaises.
07:38On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête d'un jury populaire.
07:43Vous qui avez l'expérience maintenant
07:45de plusieurs années d'exercice au pénal.
07:50Non, on n'en sait rien parce que le jury populaire,
07:53c'est l'expression de la vox populi, justement.
07:55Et vous savez que pendant le procès d'Avignon,
07:58la vox populi, elle s'est largement manifestée
08:00en demandant, par exemple, 20 ans pour chacun
08:03sur les remparts d'Avignon, ce qui a suscité la colère
08:06des confrères en défense qui demandaient au président
08:09de les faire enlever.
08:09Donc, le président s'est tourné vers le parquet
08:12en disant, faites quelque chose.
08:14Moi, ce n'est pas de ma compétence, dont acte.
08:15Mais c'est ça, le jury populaire.
08:17C'est la vox populi.
08:18Après, il faut faire preuve de diplomatie.
08:20Il faut expliquer les choses au jury populaire
08:22qui va rendre une sentence.
08:23C'est-à-dire que là, c'est un accusé
08:25qui va s'employer à démontrer
08:28qu'il est tombé dans un traquenard.
08:30Oui, une thèse que je ne partage pas du tout,
08:32que Dominique Pellicot ne partage pas.
08:35Et que vous, vous êtes employée
08:37pendant le premier procès à démonter
08:39systématiquement, ce qui vous a valu,
08:41les critiques et les reproches
08:43de beaucoup de vos confrères
08:45comme avocats de la défense.
08:46Bien sûr, mais rappelons-nous même
08:48que quand M. D comparait
08:51dans ce procès d'Avignon,
08:52je lui pose la question.
08:54Je lui dis, mais si vous sentiez...
08:54C'est l'accusé qui a fait appel.
08:56C'est l'accusé qui a fait appel.
08:56C'est le dernier rappelant.
08:57Puisqu'il y en avait quand même 17,
08:59il y en a 16 qui se sont désistés.
09:01Je lui ai dit pendant le procès,
09:02je lui ai dit, mais si vous vous sentiez
09:03victime de M. Pellicot,
09:05pourquoi n'avez-vous pas déposé plainte ?
09:07Il ne m'a pas répondu.
09:09Donc, voilà.
09:11Mais vous le racontez dans votre livre,
09:12que vous êtes de plus en plus seul
09:14au fur et à mesure que ça avance.
09:16Vous racontez comment tous les autres avocats
09:18de la défense vous lâchent,
09:20vous excluent du groupe WhatsApp
09:21où ils partagent les informations,
09:24vous accusent d'être du côté de l'accusation.
09:27Vous appellent Madame l'avocate générale.
09:29Oui, tout ça, c'est des éléments,
09:31c'est des moments d'audience
09:32qui sont terribles.
09:33Je veux dire, avec Daniel Prieur,
09:35nous avons écrit ce bouquin
09:36et c'est largement développé.
09:38C'est-à-dire que j'étais seule
09:40et je suis encore plus seule.
09:41Alors, j'ai un allié de taille
09:42dans l'audience,
09:44c'est mon compagnon
09:44qui m'a accompagnée régulièrement,
09:46mais bien sûr, je suis seule.
09:47Bien sûr que je ne peux pas partager.
09:49Ce dossier a créé quand même
09:51un vrai bouleversement
09:52dans le schéma classique
09:54d'un dossier classique d'assises.
09:56C'est-à-dire que vous avez
09:57la partie civile principale,
09:58dont acte,
09:59vous avez le parquet général
10:00et vous avez la défense.
10:02Et au sein même de la défense,
10:03une vraie scission.
10:04D'un côté, Dominique Pellicot et moi,
10:06lui et moi contre le monde entier,
10:08c'est ma formule.
10:09Et de l'autre,
10:10tous les accusés,
10:12au sein desquels,
10:13encore une scission.
10:14Ceux qui reconnaissent
10:15et qui donnent du crédit
10:16aux propos de Dominique Pellicot
10:17avec certaines nuances quand même.
10:19Et de l'autre,
10:21ceux qui disent
10:21non, non, mais moi,
10:22je n'ai pas du tout commis de viol.
10:23Voilà.
10:24Mais il y a des moments
10:24où vous avez douté.
10:25Il y a des moments
10:26où le fait d'être seul,
10:28parce que souvent,
10:29en tout cas,
10:29c'est ce qu'on voit nous
10:30dans le public,
10:31des très grands dossiers comme ça.
10:33Il y a deux, trois,
10:33parfois quatre avocats
10:35pour venir défendre un accusé.
10:38Là, vous êtes toute seule.
10:40Vous êtes toute seule.
10:41Quand vous dites
10:41j'ai un allié de taille,
10:42c'est mon compagnon,
10:43c'est l'homme de votre vie
10:44à qui vous rendez hommage
10:46dans ce livre.
10:47D'ailleurs,
10:47mes confrères journalistes
10:48m'ont dit
10:48qu'on s'était habitué
10:49à le voir assis au premier rang.
10:51Il est aussi grand et barraqué
10:52qu'elle est toute petite
10:53et menue.
10:55Mais il n'est pas avocat,
10:56il n'est pas avec vous
10:57sur ce dossier.
10:58Donc, est-ce qu'il y a des moments
10:59où vous doutez ?
11:00Est-ce qu'il y a des moments
11:01où vous dites
11:01est-ce que je ne suis pas
11:05un seul moment
11:06où j'étais en plein désarroi,
11:08c'est la première semaine ?
11:09À la fin de la première semaine,
11:10je me dis
11:11dans quoi tu t'es embarquée ?
11:13Est-ce que ce n'est pas un peu,
11:14pardon,
11:14ce n'est pas très français,
11:15mais est-ce que ce n'est pas
11:15un peu too much ?
11:16Et puis,
11:17j'ai effectivement ma famille
11:19qui est mon socle
11:20et qui me dit
11:21tu as travaillé,
11:22ça fait un an
11:22que tu le travailles ce dossier
11:23alors maintenant tu vas y aller
11:24et tu vas te raisonner
11:25et tu vas repartir.
11:26Et à partir de là,
11:27je me suis reboostée
11:28et j'ai dit bon...
11:29Et donc vous êtes sûre
11:29de votre stratégie ?
11:30Oui.
11:31Oui parce qu'on est face
11:33à des vidéos qui sont parlantes,
11:35qui expriment la réalité
11:37de ce dossier.
11:37Je suis face à un homme
11:38avec qui je fais équipe
11:40qui me dit
11:40je reconnais tout,
11:41j'assume tout.
11:42Donc je ne peux pas me planter
11:44dans la stratégie que j'ai
11:45parce que ma stratégie
11:47c'est de dire...
11:47Même Éric Dupond-Moretti
11:48qui était ministre de la Justice
11:49aujourd'hui
11:50et qui vient lui aussi
11:50de sortir un livre
11:51dit qu'il n'aurait pas adopté
11:53la même stratégie que vous,
11:55il vous critique
11:55et dit qu'en réalité
11:57vous passez votre temps
11:58à vous excuser
11:59en disant
11:59je ne suis pas l'avocate de Madame,
12:00je suis l'avocate de Monsieur.
12:02Mais c'est bien dire que
12:03pour beaucoup d'avocats
12:04vous n'étiez pas dans le rôle
12:05d'avocate de la Défense
12:07mais avocate du côté de la victime.
12:09Eh bien j'aimerais discuter
12:10avec M. Dupond-Moretti
12:12pour peut-être lui expliquer
12:13ma façon de penser
12:13et peut-être qu'il aurait
12:15vraiment aimé être à ma place.
12:16Je pense que...
12:17Plutôt que place Vendrome.
12:18L'expression de son propos
12:19voilà tout à fait
12:20l'expression de son propos
12:21c'est peut-être...
12:22Petite pointe de jalousie.
12:23L'expression d'une réalité claire
12:25de se dire qu'il aurait tant aimé
12:27être à la Défense
12:28de Dominique Pellicot
12:28mais quoi qu'il en soit
12:30moi quand je suis face
12:31à un homme qui me dit
12:31j'assume tout
12:32je reconnais tout
12:33eh bien j'explique.
12:34Et je crois que
12:35je ne me trompe pas beaucoup
12:37en disant qu'un avocat
12:38de la Défense
12:39c'est pas ni minimiser
12:40ni amoindrir
12:42ni disculper
12:43celui qu'on assiste
12:45c'est aussi expliquer
12:46le passage à l'acte.
12:47Et dans le dossier
12:48de M. Pellicot
12:48j'expliquais le passage à l'acte.
12:50J'expliquais les raisons
12:51pour lesquelles
12:51on en est arrivé là
12:52et je crois que
12:54je l'ai suffisamment
12:56expliqué à la Cour.
12:56Alors après
12:57la matérialité des faits
12:59étant ce qu'elle est
13:00et celle que nous connaissons
13:01il était difficilement envisageable
13:03qu'on puisse se détacher
13:04de l'accusation
13:05et des réquisitions
13:06de Mme l'Avocat Général
13:07et de M. l'Avocat Général
13:08mais quoi qu'il en soit
13:10je ne pense pas
13:11m'être trompée
13:12et je vois mal
13:13Dupond-Moretti
13:15ou pas Dupond-Moretti
13:15je vois mal
13:16ce qu'un autre aurait pu faire
13:17sauf aller critiquer
13:19peut-être Mme Pellicot
13:20ou aller lui dire
13:21qu'elle était responsable
13:22de quelque chose
13:22mais ça me semblait
13:23être parfaitement maladroit
13:25d'aller sur cette voie là
13:26surtout que
13:27pardonnez-moi
13:28mais surtout que
13:28tous les accusés
13:29ont voulu se frayer
13:30ce chemin-là
13:31entre un Dominique Pellicot
13:32menteur, manipulateur
13:33et trompeur
13:35et une Mme Pellicot
13:36exhibitionniste
13:37libertine
13:38volante
13:38alors Mme Pellicot
13:39elle a été défendue
13:40admirablement
13:41par mes confrères
13:42Babonot et Camus
13:42pas de difficulté
13:44mais moi je devais
13:45je ne pouvais pas
13:45au motif qu'il était
13:46qu'il reconnaissait les faits
13:47rester assise
13:48pendant trois mois et demi
13:49et ne poser aucune question
13:50mais je voulais absolument
13:51combattre
13:52la thèse des autres accusés
13:54selon laquelle
13:55il était menteur, manipulateur
13:56et que l'information
13:57qui est parfois consignée
13:59sur des procès-verbaux
14:00d'écoute
14:00et qui ont été
14:01enfin pas d'écoute
14:01mais de recueillement
14:02dise bien
14:04cherche
14:04complice pervers
14:06pour abuser
14:07de ma femme
14:08endormie par mes soins
14:09elle était limpide
14:10et claire
14:10le procès s'est achevé
14:12au mois de décembre 2024
14:14vous avez continué
14:16à rendre visite
14:17à Dominique Pellicot
14:18Béatrice
14:19bien sûr
14:20en prison
14:21bien sûr
14:21comment vous le décririez
14:23à la fin du procès
14:24comment vous le décririez
14:25aujourd'hui
14:26qu'est-ce qui s'est passé
14:27entre les deux
14:28d'abord comment vous pourriez
14:29le décrire à la fin du procès
14:31à la fin du procès
14:32quand il est retourné en prison
14:33vous savez
14:35Dominique Pellicot
14:36il est un peu
14:36dans la fatalité
14:38je lui avais expliqué
14:41clairement
14:41comment les choses
14:42allaient se passer
14:42je savais le risque
14:43encouru
14:44donc c'était pas
14:45une surprise pour lui
14:46la condamnation
14:47peut-être qu'effectivement
14:48les deux tiers de sûreté
14:49auraient dû être combattus
14:50en appel
14:51mais en même temps
14:51on avait d'autres risques
14:52donc on a préféré
14:54se désister
14:54puis
14:54on a préféré
14:56ne pas interjeter appel
14:57et puis il ne voulait pas
14:58comme il me l'a dit clairement
15:00il n'avait pas envie
15:00d'imposer à nouveau
15:01une épreuve judiciaire
15:03à son épouse
15:04à qui
15:05envers qui
15:06il y avait beaucoup de choses
15:07qui s'étaient déroulées
15:07donc Dominique Pellicot
15:09aujourd'hui
15:09il est isolé
15:11il est seul
15:12il n'a pas de courrier
15:14il n'a pas de visite
15:15il se réfugie
15:17dans l'écriture
15:17aucune
15:18à part la mienne
15:19aucune
15:20donc aucun membre
15:22de sa famille
15:23ah non
15:24depuis le 2 novembre 2020
15:25aucun contact
15:27avec quiconque
15:27avec quiconque
15:28voilà
15:28donc
15:29il se réfugie
15:30dans l'écriture
15:31et la lecture
15:31je peux vous assurer
15:32qu'il écrit beaucoup
15:33qu'il lit énormément
15:34il écrit des choses
15:35très intéressantes
15:36et très très belles
15:38je peux le dire
15:39il écrit des poèmes
15:40il écrit des romans
15:40enfin il a
15:41voilà
15:41il essaie de s'évader
15:43de ce milieu carcéral
15:45par ça
15:45il y a une instruction
15:47il y a une instruction en cours
15:47et il y a une instruction en cours
15:49pour ce qu'on appelle
15:49des cold cases
15:50tout à fait
15:51on a parlé de viol
15:53et de meurtre
15:54ça
15:56vous vous préparez
15:57comment
15:58à ces prochains
15:59alors là pour le coup
16:00le système de défense
16:01est totalement différent
16:02de celui d'Avignon
16:03parce que Avignon
16:04on était sur une reconnaissance
16:05des faits
16:06là nous sommes sur
16:06la contestation des faits
16:08donc il faudra démontrer
16:09que ce qui reprochait
16:11Dominique Pellicot
16:12n'existe pas
16:12il me dit clairement
16:13autant sur les faits de 1999
16:15il est là
16:17et il explique
16:18ce qui s'est passé
16:20autant en 1991
16:21il me dit
16:22je suis totalement étranger
16:23aux faits
16:24qui me sont reprochés
16:26et il faut quand même
16:27se rappeler
16:27que 1991
16:28il y a une grosse particularité
16:30c'est que
16:30les scellés
16:31qui contenaient
16:32les liquides séminales
16:34de l'agresseur
16:35ont été perdus
16:36l'Etat a été condamné
16:37pour cela
16:37les vêtements
16:39de Madame Narme
16:41qui auraient pu être analysés
16:43ont été égarés également
16:44deuxième bavue
16:45donc du coup
16:47on voit vous commencer
16:48à préparer la défense
16:49est-ce que Dominique Pellicot
16:51lit
16:52écoute
16:52et regarde
16:53les très nombreuses interviews
16:54données par sa fille
16:55Caroline Darian
16:56qui dit avoir été
16:58une grande oubliée
16:59de cette affaire
17:00Pellicot
17:01qui pense vraiment
17:04en son intime
17:04en son fort intérieur
17:05avoir été abusée
17:07par son propre père
17:08il y a quand même
17:08des photos d'elle
17:09en sous-vêtements
17:10ce ne sont pas
17:11ses sous-vêtements
17:12qui étaient dans l'ordinateur
17:13de son père
17:13est-ce qu'il l'écoute ?
17:16il l'écoute
17:16il l'écoute
17:17quand il peut l'écouter
17:18parce que bien évidemment
17:19je n'ai pas de contact
17:20direct avec lui
17:21c'est-à-dire que c'est lui
17:22qui m'appelle
17:22mais moi je ne peux pas
17:23le contacter
17:23donc je ne peux pas
17:24l'aviser au dernier moment
17:24d'une parution éventuelle
17:26ou d'une diffusion prochaine
17:27mais il essaie
17:29de s'en prémunir aussi
17:30parce que ce qu'il me dit
17:32et vous l'avez dit Madame
17:33c'est que vous avez parlé
17:34de conviction
17:34il n'y a que la conviction
17:36c'est-à-dire
17:37qu'il n'y a pas
17:37dans cette procédure
17:38d'éléments objectifs
17:40permettant de poursuivre
17:41ça c'est vous qui dites
17:42puisque elle
17:42elle vient de porter plainte
17:43bien sûr
17:44au mois de mars 2025
17:46et que cette plainte
17:48suit son cours
17:48et qu'on ne sait pas encore
17:49c'est ce que le parquet
17:50de Versailles
17:51va décider
17:52exactement
17:53quand on revient
17:54à son cabinet
17:55quand on revient
17:56aux affaires
17:56après une affaire
17:59comme celle-là
18:00après un procès
18:00comme celle-là
18:01tout paraît très fade
18:02c'est un peu ça
18:04tout paraît très fade
18:05mais en même temps
18:06tout est important
18:07parce que les gens
18:07vous attendent
18:08et ils ont eu
18:09une grande compréhension
18:11à mon égard
18:12dans le sens où
18:12ils savaient où j'étais
18:13de fait
18:14et ils ont attendu
18:15patiemment
18:16que je revienne
18:17et que je me réoccupe
18:18de ces dossiers-là
18:20mais effectivement
18:21tout paraît fade
18:22mais après tout reprend
18:23son importance
18:23alors je vais
18:25normalement
18:26je vous remercie
18:27Maître Béatrice Zavaro
18:29en collaboration
18:30avec Daniel Prieur
18:31vous vous faites paraître
18:32aux éditions
18:33Mareuil
18:34Défendre l'indéfendable
18:35Merci d'avoir regardé cette vidéo !
18:36Merci d'avoir regardé cette vidéo !