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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:00A la radio, à la télé, c'est l'invité d'ici matin, Jeanne-Marie Marco.
00:03Votre invitée est une spécialiste de l'alimentation de nos enfants.
00:05Oui, pour le vrai titre, c'est professeur d'université en sociologie à l'université Jean Jaurès de Toulouse.
00:11Bonjour Anne Dupuis.
00:12Bonjour.
00:13On a tous quelques traumatismes de la cantine.
00:16Les salsifis pour Clémence Fuleda, les épinards pour vous, Franz.
00:20Le gratin, courgette, sauce tomate pour Adrien qui réalise cette émission pour France 3.
00:25Vous vous aimiez la cantine ?
00:26Globalement, oui, j'aimais assez la cantine, oui, tout à fait.
00:29Vous trouviez ça bon ?
00:29Plutôt bon souvenir, oui, oui.
00:31Alors, on était sur une autre époque peut-être, où on avait une fréquence de frites qui était quand même assez importante dans l'ordre de la France.
00:40Donc, on avait quand même des alternatives possibles et des échappées.
00:43Est-ce qu'on mange mieux aujourd'hui à la cantine qu'il y a 20, 30, 40 ans ?
00:47Alors, probablement, si on s'intéresse au rôle essentiel des pouvoirs publics,
00:52qui s'orientent quand même de plus en plus vers un encadrement assez drastique de l'alimentation en cantine,
00:59avec des directives, notamment la mise en œuvre de certaines réglementations,
01:05comme la loi EGalim ou la loi Climat et Résilience,
01:09et qui ont pour objectif, finalement, de sensibiliser de plus en plus les enfants,
01:14dans le contexte de la restauration scolaire,
01:16et plus largement, en fait, les acteurs autour de l'offre à manger,
01:20vers des objectifs de transition, à la fois autour de la santé,
01:24mais aussi des transitions agri-alimentaires.
01:26Alors, elles imposent quoi ces lois ? Du bio ? Du local ?
01:29Alors, la loi EGalim impose, effectivement, une présence plus forte de produits bio, de produits locaux,
01:36et donc, on voit bien qu'on tend progressivement vers des objectifs, en fait, de durabilité,
01:40et qui font la convergence entre santé nutritionnelle et santé environnementale.
01:45Donc, il y a ces prérogatives, en fait, qui sont de plus en plus encadrées,
01:50et qui sont assez contraignantes, finalement.
01:53Et puis, parce que du bio ou du local, c'est pas forcément mieux manger, pardon,
01:57mais c'est du tracé, ça, pour nos enfants qui mangent leurs assiettes.
02:01Oui, mais ça répond quand même à des enjeux autour de la question environnementale,
02:05et en lien avec la question de la santé.
02:07Alors, pour ne pas utiliser des termes trop techniques,
02:08mais on parle beaucoup d'une notion qui s'appelle One Health,
02:12donc une seule santé, et qui fait la convergence entre santé de la planète,
02:16santé des animaux et santé des êtres humains.
02:19Donc, on s'oriente quand même davantage vers des paniers végétalisés.
02:25Alors, un menu végétarien hebdomaneur en restauration collective, scolaire, ça sert à quoi ?
02:31Eh bien, ça sert à répondre aussi à ces objectifs-là.
02:34Donc, voilà, c'est un point important, je pense.
02:37Il n'y a pas que ces aspects-là, c'est-à-dire que depuis toujours,
02:40la cantine a aussi des objectifs sociaux, donc davantage d'égalité,
02:46et notamment pouvoir proposer une offre à manger à des enfants,
02:49puisque en cantine, en élémentaire notamment, et en école maternelle,
02:54ils sont à peu près 8 sur 10 à manger à la cantine, à la pause méridienne.
02:58Et donc, ça permet finalement aussi peut-être davantage d'égalité dans les assiettes,
03:03à partir de ces dimensions plus durables et a priori plus saines.
03:08Vous l'avez dit, la cantine pour certains enfants, c'est aussi l'assurance d'avoir au moins 5 repas par semaine équilibrés.
03:15Ça, ça a été réalisé par beaucoup de familles pendant le Covid, pendant les confinements ?
03:18Oui, je pense que le Covid, effectivement, a exacerbé l'utilité sociale des cantines,
03:24notamment pour permettre à un nombre conséquent d'enfants d'avoir au moins un repas
03:29considéré comme équilibré pour la journée.
03:34Les parents qui nous écoutent ne le savent pas forcément,
03:36mais tous les menus des cantines scolaires toulousaines, et pas que,
03:39sont contrôlés par des diététiciennes. Est-ce que ça, c'est nouveau ?
03:42Il y a des plans alimentation qui datent depuis plusieurs décennies maintenant,
03:46notamment à la faveur de la mise en place du programme national nutrition santé,
03:50il y a presque un peu plus de 20 ans.
03:52Donc, ce n'est pas nouveau.
03:53En revanche, les données récentes de certaines enquêtes tentent à montrer
03:57qu'il y a quand même des inégalités et des disparités territoriales
04:01au niveau de la mise en œuvre de ces plans alimentation.
04:03C'est-à-dire qu'il n'y a pas toujours une diététicienne qui peut assurer la programmation des menus,
04:09il n'y a pas toujours de commission menu.
04:12Il y a des inégalités territoriales qui sont possibles.
04:15Et vous parlez des frites, elles sont rares, j'imagine, dans les cantines scolaires,
04:18les féculents, c'est régulé ?
04:20Je pense qu'effectivement, il y a une forme de régulation pour diversifier,
04:25parce qu'un des enjeux aussi de la cantine,
04:28auquel les acteurs de la cantine, de l'offre à manger,
04:31sont de plus en plus enjoints,
04:33c'est de pouvoir proposer une offre extrêmement équilibrée, diversifiée,
04:38en particulier parce qu'en fait, on cherche à éduquer au goût aussi les enfants.
04:41C'est un des autres rôles, en fait, d'évoluer à la cantine,
04:45cette éducation au goût, à la variété alimentaire.
04:48Et le menu végétarien, c'est pour inciter nos enfants à manger moins de viande aussi ?
04:51Tout à fait, tout à fait.
04:52Et vous répondre à ces objectifs de transition agri-alimentaire
04:55en faveur de paniers un peu plus végétarisés.
04:58Merci beaucoup Anne Dupuis, professeure d'université en sociologie à Jean Jaurès à Toulouse.
05:02Bonne journée.
05:02Bonne journée.
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