00:00Ici Occitanie, pour bien commencer la journée, ici matin.
00:05Et le prix des carburants qui s'envolent depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
00:08Alors comment font celles et ceux qui n'ont pas le choix de prendre leur véhicule pour travailler ?
00:12On en parle avec votre invité Clément Métenier.
00:14Oui, on reçoit ce matin Pascal Casaneuve. Bonjour.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous, vous êtes infirmière libérale à Toulouse.
00:21On l'a dit, plus de 2 euros le litre de gasoil.
00:24Donc vous qui travaillez dans la ville rose, c'est toujours plus cher de faire son plein.
00:29Vous avez constaté ça ?
00:31Oui, effectivement. C'est beaucoup plus cher puisqu'en globalité, on a pris 20% d'augmentation sur nos déplacements.
00:39Depuis une semaine, deux semaines ?
00:40Oui, depuis la hausse un peu drastique du carburant.
00:45C'est assez étonnant que l'État n'ait pas pensé quand même à faire quelque chose en amont.
00:50Vous qui faites partie du syndicat national des infirmiers et infirmières en Haute-Garonne,
00:55vous avez quelle remontée de terrain depuis 10 jours justement ?
00:58On va dire que tout le monde a dû mettre un peu plus cher sur son plein d'essence.
01:04C'est une moyenne, comme je vous disais, de 20% d'augmentation.
01:08C'est une infirmière libérale, plus spécifiquement celle qui travaille sur le secteur rural,
01:16qui peut faire jusqu'à 200 km par semaine, non pas par semaine, par jour des fois.
01:23C'est une réalité, c'est financière, c'est quelque chose qui augmente d'environ 20 euros.
01:30C'est ça, un plein qui passe de 70 à 90 euros.
01:33Exactement, quelque part, excusez-moi du mot, on encaisse ça pour pouvoir continuer à soigner les patients.
01:43Ceux qui sont le plus loin vont être, à un moment donné, impactés.
01:47Les infirmiers et les infirmiers libéraux font tout ce qu'ils peuvent,
01:51mais au bout d'un moment, il faudrait quand même qu'on soit conscient de la réalité.
01:57Quel est le ressenti aujourd'hui au sein de la profession ?
01:59Il y a de l'inquiétude, il y a de la lassitude ?
02:01Il y a de l'inquiétude, de la lassitude, de l'échappement.
02:06Voilà, ce métier n'est plus ce qu'il était.
02:08On nous a fortement oubliés, beaucoup applaudis pendant le Covid,
02:12et puis après, hop, aux oubliettes.
02:15Le conflit au Moyen-Orient semble parti pour durer, en tout cas pour le moment.
02:19Quelles conséquences ça peut avoir sur le long terme pour votre profession ?
02:22Est-ce qu'il pourrait y avoir une désaffection, par exemple ?
02:25Un désengagement, c'est sûr et certain.
02:26On ne peut pas demander aux métiers de service en première ligne,
02:30comme les médicaux, de pouvoir absorber tout ça.
02:34Je pense que la réalité, j'ai cru entendre à plusieurs reprises
02:38que l'État avait des stocks,
02:39qu'en plus de ça, notre carburant ne vient pas en totalité de ces territoires en guerre,
02:45mais de qui se fiche-t-on ?
02:47Est-ce qu'il ne pourrait pas y avoir un petit peu d'anticipation ?
02:51Et plutôt que de faire subir cela à la population ?
02:55Il y a des indemnités kilométriques qui existent, ça ne suffit pas aujourd'hui ?
03:00En règle générale, aujourd'hui, notre profession à désusage,
03:06on a 2,75 euros de déplacement par acte.
03:11Ces 2,75 euros ne sont pas uniquement pour rembourser le prix de l'essence,
03:16c'est aussi l'entretien, l'assurance, c'est un coût de mobilité.
03:20C'est le plus petit des professions libérales qui se déplacent,
03:23il faut quand même aussi le dire.
03:25Et en extérieur, à partir du moment...
03:28Alors, si je rentre dans les règles, ça va être un peu compliqué,
03:30mais globalement, si vous n'avez pas de professionnel au plus près de chez vous
03:35et que vous appelez une infirmière qui est à 20 km de chez vous,
03:39elle pourra établir une indemnité kilométrique
03:42qui est de 0,35 centimes en pleine et de 0,50 centimes en montagne.
03:49Mais dans tous les cas, tous les calculs peuvent être faits,
03:52ça n'absorbe pas le coût global de la mobilité.
03:57Cette indemnité de déplacement ou ce tarif forfaitaire
04:01est en discussion depuis plus de 10 ans.
04:06Thierry Clerc, le président de l'UNAPL Occitanie,
04:10l'Union Nationale des Professions Libérales,
04:11propose lui une solution et il propose un chèque carburant,
04:15comme il existe un chèque énergie.
04:16Qu'est-ce que vous en pensez ?
04:17Mais pourquoi pas ?
04:18Parce qu'en même temps, ce chèque...
04:20Je pense que ça serait aussi une bonne idée,
04:23avec une priorisation aussi aux pompes,
04:25parce que si demain, il n'y a plus de carburant,
04:28comment font les infirmières pour aller voir les patients chez eux ?
04:30Comment les gens isolés au fond des territoires se font soigner ?
04:34Enfin, il faut être réaliste.
04:36Donc l'État doit agir ?
04:37Ah mais l'État doit agir rapidement.
04:39Et puis surtout, ne pas oublier les gens qui sont auprès de la population.
04:43Voilà, on est levé aux aurores tous les matins,
04:46rentrant très tard le soir,
04:47et on est auprès des gens, à leur domicile,
04:50et sans nous.
04:51Je ne sais pas comment ça peut fonctionner,
04:53on est le plus grand hôpital de France.
04:54Merci beaucoup Pascal Casaneuve,
04:57vous étiez notre invité ce matin,
04:58infirmière libérale à Toulouse,
04:59et membre du syndicat national des infirmiers et infirmiers libéraux.
05:03Merci.
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