00:00Merci d'être avec nous. Rose, vous étiez déjà venue dans un précédent forum, on s'est déjà croisés en plateau.
00:05Vous êtes directrice générale d'un institut d'enseignement supérieur, absolument, auto-entrepreneuse aussi.
00:12Comment vous réagissez à ce qui est dit là ce soir, avec cette question lancinante qui revient, où va l'argent ?
00:19On va peut-être prendre un tout petit peu d'auteur, mais à la base, l'impôt, c'est quand même le prix de la civilisation.
00:25Et donc, il faut qu'il soit juste pour que tout le monde puisse y consentir.
00:29Maintenant, j'entends beaucoup qu'on paye beaucoup d'impôts, et très souvent, on dit que les entrepreneurs, les entreprises créent de la richesse.
00:37Et c'est en cela qu'il faut les préserver, les protéger.
00:41Je suis au regret de vous dire aussi que l'entrepreneur est un assisté comme les autres.
00:46Lorsqu'il crée une boîte, il paye l'ensemble de son chômage.
00:51Et ça, ça fait à peu près 15 ans que dès que vous créez une boîte, vous avez la possibilité de toucher 100% de votre chômage,
00:56soit en capital, soit tous les mois, notamment quand on crée une SASU.
01:01Lorsqu'on crée une boîte, on a la possibilité également, en fonction du secteur d'activité ou du profil que vous avez, d'avoir des subventions.
01:07Vous avez parfois aussi également des prêts qui sont garantis par l'État.
01:10Donc, si on tire le fil de tout cela, et je ne parle pas des infrastructures à la française,
01:15certains entrepreneurs et certaines entreprises n'auraient pas pu éclore si elles n'avaient pas été en France.
01:21Et donc, la solidarité aussi protège les entrepreneurs.
01:25Et on ne le dit peut-être pas suffisamment.
01:27Et je ne voudrais pas qu'on glisse dans un débat entrepreneurs, entreprises, VF, salariés.
01:32Oui, salariés, assistés, etc.
01:34Et on en prenait peut-être un petit peu le chemin.
01:41Et donc, l'impôt, bien évidemment que ça ne doit pas être une punition.
01:45Maintenant, il faut que chacun puisse payer sa part.
01:51Et on va juste revenir un tout petit peu à notre système, au-delà d'en payer trop ou pas assez.
01:55Notre système nous permet, enfin je crois qu'en France, on est le pays champion des niches fiscales.
02:00Il y en a tellement qu'on pourrait presque ouvrir un chenil.
02:03Et qu'est-ce qui se cache derrière ces niches ?
02:05Très souvent, ceux qui ont un chien, mais peut-être aussi ceux qui devraient peut-être payer un peu plus d'impôts.
02:12Et donc, si on fragilise quelque part cette confiance qu'on a dans notre pacte social,
02:19alors on met les Français en défiance les uns contre les autres.
02:22Et donc, c'est une question de cote-part aussi.
02:25Oui, mais pour vous, qui devrait payer plus ?
02:28Alors, on parle de cette formule d'ultra-riches.
02:32Oui, il n'est pas déconnant, ou en tout cas c'est une idée qui s'entend,
02:36que la taxation minimale des ultra-riches fasse son effet dans la mesure où la solidarité en réalité fonctionne pour tous.
02:45Maintenant, une fois qu'on a dit ça, il faut aussi voir ce qu'on nous propose en termes de taxation minimale de ces ultra-riches.
02:52Alors, vous l'avez tous entendu, on a parlé de la taxe de Zuckman.
02:56Ça, on a compris que c'était un peu enterré par le Premier ministre.
03:00Ce n'est pas garanti.
03:02Mais qu'est-ce qu'on a ?
03:03Je parle sous le contrôle de Philippe Brun, il n'est peut-être pas d'accord avec moi.
03:06Je ne crois pas qu'elle soit enterrée.
03:09Mais qu'est-ce qu'elle dit cette taxe de Zuckman ?
03:10Elle dit qu'à partir du moment où on a des ultra-riches, on va aller les chercher là où ils sont,
03:15donc très souvent dans les entreprises.
03:17Et donc, même si je conçois parfaitement cette justice sociale, parce qu'elle est le fondement, le ciment de notre pacte social,
03:27il y a un moment donné, il faut répondre aussi à une logique.
03:29Aller taxer 2% chaque année de la valeur d'une entreprise, c'est tout bonnement stupide.
03:36Une action d'une entreprise, ce n'est pas un billet de banque.
03:39Elle peut valoir 1 million un jour et le lendemain 600 millions.
03:42Et donc, vouloir taxer une volatilité, comme souvent, vouloir taxer une volatilité, c'est vouloir taxer du vent.
03:48Et donc, ça n'a pas de sens.
03:49Donc, je crois qu'il faut aller peut-être un peu plus vers une fiscalité intelligente,
03:55c'est-à-dire concrètement aller chercher plutôt des valeurs dormantes,
04:00plutôt que d'aller taxer le fruit du travail constamment,
04:03ou en tout cas, venir briser l'outil qu'est l'entreprise.
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