Des avions de chasse F-18 en nombre sur le plus grand porte-avions du monde, 20 navires et 10.000 militaires de treize nations différentes: l'Otan a montré les muscles cette semaine en mer du Nord, face à une Russie soupçonnée de multiplier les incidents.
00:00Non, ce qui est important dans les exercices, et ça prend beaucoup de temps parce que c'est la clé, c'est la mise au point de scénario.
00:09Qu'est-ce qu'on veut démontrer ? Quel est le but final recherché, en quelque sorte ? Dans quel cadre se situe-t-on ?
00:14D'abord, il y a le cadre géographique, on le voit, il est spécifique, il faut l'appréhender, parce qu'on n'a pas forcément, par exemple pour les aviateurs,
00:22habitudes de voler sous ces latitudes, etc. Il faut apprendre, et c'est particulièrement vrai évidemment pour l'armée de terre.
00:30Et puis, donc il y a ce scénario, et il y a en face une sorte d'opposition virtuelle pour que cet exercice soit réaliste,
00:39parce qu'évidemment c'est facile de travailler tout seul et d'être totalement libre de ces mouvements, alors que la guerre ce n'est pas ça, évidemment.
00:47Donc il y a une simulation qui est faite de l'adversité, de manière à vraiment poser le défi à la coalition de trouver les modes d'action.
00:59Ce n'est pas préplané, ce n'est pas préplanifié les modes d'action. C'est au cours de l'exercice que les commandeurs, à différents niveaux,
01:07développent leurs plans pour utiliser au mieux les moyens qui leur sont accordés, avec le but final recherché.
01:14Le but final recherché de l'OTAN, c'est d'assurer avant tout la paix. Maintenant, il faut être prêt à prendre ces mesures, on l'a déjà dit,
01:21et il faut être prêt à intervenir de manière très offensive si c'est nécessaire.
01:25Mais alors, est-ce que ça veut dire, général, que les militaires ne connaissent absolument pas le scénario qui se joue au moment où ils démarrent l'exercice ?
01:32Au moment où ils démarrent l'exercice, ce qu'ils savent, c'est un peu comme un jeu d'échecs, où sont les pièces sur l'échiquier ?
01:39Mais ils ne savent pas comment elles vont évoluer. Et elles vont évoluer en fonction de la stratégie, voire de la tactique des commandeurs bleus,
01:48c'est-à-dire de l'OTAN, et aussi de l'évolution des forces rouges, qui représentent évidemment, en l'occurrence, la Russie.
01:55Et c'est ça qui est intéressant. Parce que si tout était… Vous savez, on dit souvent qu'il n'y a pas un seul plan qui résiste à la première cartouche,
02:04en quelque sorte, au premier combat. Et oui, le plan, ce n'est jamais qu'une vision à un moment donné, mais il doit ensuite s'adapter à la réalité
02:12de ce qu'on voit en face de nous. Si on a planifié de défendre l'OTAN par rapport à un certain nombre de menaces,
02:18maintenant, il faut y ajouter les seins de drones. Et ça, je peux vous dire qu'on ne l'avait pas planifié, même si on sentait que ça allait venir.
02:26Et quand on planifie ça, le but des exercices, c'est de tirer un retour d'expérience pour orienter les capacités futures,
02:34ou même à court terme, en disant, là, on a un vrai problème. Il faut bosser. Il faut bosser tous ensemble.
02:39C'est bien d'être à 32 pays parce qu'on est plus forts et ça va plus vite. Et donc, il faut qu'on trouve des solutions, des parades.
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