- il y a 4 mois
Le film culte de Jacques Demy se réinvente au théâtre du Lido, sur les Champs-Elysées à Paris. La pièce sera jouée pour la première fois sur scène le 2 octobre prochain.
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00:00Grand entretien ce matin, un grand entretien consacré à une œuvre culte à l'occasion de l'adaptation au théâtre du Lido des Demoiselles de Rochefort.
00:10Nous sommes deux sœurs jumelles, c'est le titre de l'adaptation au théâtre du Lido sur les Champs-Elysées avec Marion Lourd.
00:17Nous vous proposons de nous arrêter sur ce grand classique du cinéma, de la comédie musicale réalisé par Jacques Demi en 1967
00:27et qui connaît aujourd'hui une nouvelle interprétation, la musique originale de l'immense Michel Legrand.
00:34Une œuvre culte et qu'il est resté depuis 1967 jusqu'à La La Land ou à Barbie.
00:41Vos réactions, vos émotions et même en chanson, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou l'application Radio France,
00:49vous n'arriverez jamais à vous retenir Marion Lourd puisque vous êtes la première fan des Demoiselles de Rochefort.
00:55Et c'est la preuve que cette œuvre continue de vivre et de faire vibrer aujourd'hui.
01:01Trois invités avec nous pour en parler.
01:03Ils ont évidemment tous vu le spectacle Jean-Luc Choplin, évidemment,
01:08puisque vous êtes président et directeur artistique du théâtre du Lido.
01:11Bonjour !
01:12Bonjour, bonjour !
01:12Et bienvenue Nathalie Dessé, bonjour !
01:15Bonjour !
01:16Quantatrice, soprano, comédienne, vous avez vu le spectacle au Lido et vous avez chanté.
01:22Et qu'est-ce que vous avez magnifiquement chanté avec Michel Legrand et Laurent Delmas,
01:28Monsieur Cinéma sur France Inter.
01:30Vous aussi, vous étiez au théâtre du Lido hier soir.
01:33Et comment ?
01:33Avant de parler du spectacle Jean-Luc Choplin,
01:36j'aimerais qu'on fasse un premier tour de table en quelques mots.
01:40Quelques mots seulement.
01:42Les Demoiselles de Rochefort pour chacun.
01:44Pourquoi est-ce que c'est si marquant, si euphorisant ?
01:49Jean-Luc Choplin ?
01:50Une grande comédie musicale possible, à partir du film, si on l'adapte.
01:54Un peu l'équivalent du West Side Story.
01:57Enfin, c'est West Side Story à la française.
01:58Donc, c'est vraiment une œuvre tout à fait exceptionnelle que je tenais à mettre en scène.
02:03Nathalie Dessé ?
02:04Moi, c'est mon enfance, mon adolescence, la découverte de la comédie musicale française.
02:09Puisque c'est quand même un de nos grands chefs-d'œuvre français.
02:15Et puis aussi tous les souvenirs que j'ai avec Michel Legrand.
02:18Et alors, justement, pourquoi cette capacité euphorisante, Laurent Delmas ?
02:22Parce que ça devrait être remboursé par la Sécurité sociale.
02:25Ah, vraiment ?
02:26Les Demoiselles de Rochefort, oui.
02:26Alors, ça sera un problème, je dirais, avec les ayants droit et la Sécu.
02:29Mais peu importe.
02:30Mais pourquoi ce film est-il aussi grand, aussi génial et aussi culte ?
02:34Parce que je pense que c'est effectivement un bain de jouvence incroyable.
02:37Et que toutes les faits se sont penchées sur le berceau.
02:40C'est-à-dire les paroles, la musique, la chorégraphie, les acteurs.
02:43Enfin, bref.
02:43Les dialogues.
02:44Il y a tout.
02:45C'est-à-dire que c'est rare, ça.
02:47Parfois, il y a des éléments disparaissent.
02:49Ah, pour moi, c'est un absolu sans faute.
02:51Oui, oui, oui.
02:51C'est une perfection totale.
02:53Vraiment.
02:54Non, mais je vous pose la question à vous aussi, Marion.
02:57C'est même pas seulement un bain de jouvence.
02:58Parce que moi, je l'aime depuis toute petite.
03:00Donc, c'est vraiment ce que dit Laurent.
03:01C'est tout est parfait.
03:02Il n'y a rien qui ne va pas.
03:03Le casting est génial, les chansons sont géniales, la musique est extraordinaire.
03:08Il y a tout.
03:09Des couleurs.
03:09Des couleurs.
03:10Alors, qu'est-ce qui vous a donné envie, Jean-Luc Choplin, de, malgré tout, reprendre ce film
03:16qui est donc l'une des grandes comédies musicales, qui n'est pas un genre particulièrement prisé
03:21ou réussi dans l'histoire du cinéma français, mais de le reprendre sur scène.
03:27Olidos, c'est un endroit gai, festif, énergique.
03:32Vous l'avez dit, c'est tous les mots que vous venez d'employer.
03:34Donc, voilà, il s'agissait pour moi de faire une adaptation, comme je l'ai fait avec toute
03:40une série de films, de prendre le film et de le transformer à la scène.
03:45Ce n'est pas du tout la même chose.
03:46Il ne faut pas arriver, il ne faut pas faire une photocopie.
03:48Il ne faut pas refaire une copie du film.
03:51Mais il faut inventer une forme propre, si vous voulez, au travail sédique.
03:58Et comme on le dit, là, je veux dire, c'est tout à fait...
04:02Il y a tout.
04:02Il y a un ensemble, ce qui permet de faire des danses extraordinaires.
04:07Il y a une musique absolument époustouflante.
04:11Enfin, je veux dire, une très belle et très grande musique.
04:15Des airs que l'on mémorise immédiatement, même s'ils ne sont pas possibles.
04:18Oui, nous sommes deux sœurs jumelles, il suffit de prononcer ces quelques mots et on
04:22a la chanson en tête pendant toute la journée.
04:24Oui, simplement, vous avez le refrain en tête, mais après, pour arriver à le chanter,
04:27c'est absolument autre chose.
04:28Oui, c'est autre chose, Nathalie.
04:30C'est difficile à chanter beaucoup de mots.
04:32C'est difficile à chanter, Nathalie.
04:34C'est toujours difficile à chanter, Michel.
04:38C'est difficile parce qu'il y a beaucoup de...
04:40Michel, Michel Legrand.
04:40Michel Legrand, oui.
04:41Et il faut dire que Jacques Demis, c'est aussi un très bon parolier.
04:45Oui, oui, oui.
04:46On le sait peu, mais il a écrit le livret.
04:48C'est vrai qu'il a aussi ce talent-là.
04:50C'est une collaboration exceptionnelle.
04:51Absolument, de faire une poésie très simple, mais très porteuse, en fait, et qui rentre
04:57tout de suite dans la tête.
04:58Et tellement plein de humour.
04:59Tellement plein de humour.
05:00On a des jeux de beau.
05:02Le marin va en permanence.
05:06Monsieur Dame.
05:08C'est quand même Monsieur Dame.
05:10Et qui dit qu'on peut quand même se séparer parce qu'on n'a pas envie de s'appeler Madame
05:13Dame.
05:13On peut se séparer de l'homme de sa vie.
05:15C'est quand même incroyable.
05:16Toutes les chansons ont été écrites.
05:18On a été écrites d'abord par Jacques Demis.
05:20C'est les textes.
05:21Et c'est Legrand qui est arrivé pour mettre les musiques en disant, mais c'est une folie.
05:25On ne va jamais y arriver.
05:27Il a obligé, du coup, Michel Legrand à parler en alexandrin.
05:32Il a obligé Jacques Demis à parler en alexandrin.
05:34Tout est en alexandrin.
05:35Oui, oui, voilà, pour lui faire payer en quelque sorte.
05:38Oui, oui, mais c'est l'aboutissement aussi d'une complicité extraordinaire entre les deux.
05:42Entre ces deux.
05:43Et c'est vrai que Jacques Demis, c'est un auteur compositeur.
05:46On l'oublie.
05:47On voit souvent le réalisateur.
05:49Mais on va écouter un peu de cette musique.
05:53Oui, puisqu'on en parle, on en parle.
05:55Écoutons l'ironie, écoutons la joie, écoutons la musique.
05:57Marion, qu'est-ce que vous avez choisi d'abord ?
05:58C'est un extrait de la scène des rencontres où les personnages se croisent.
06:01Presque tous, mais jamais, évidemment, la personne à laquelle ils seraient destinés.
06:05Et c'est dans les rues de Rochefort.
06:06Bonjour, mon chichou.
06:10Qu'est-ce que tu t'es, Sana ?
06:11C'est rien, c'est un trou.
06:13Quels sont tous ces paquets en costume de scène ?
06:16C'est une danse.
06:17Vous pouvez faire donner Nathalie Lecay.
06:19Il a osé.
06:34Il a osé.
06:35Quelle est votre scène préférée du film, ou de l'œuvre en tout cas, Laurent ?
06:41Ah, moi, c'est une question extrêmement compliquée.
06:46Mais je pense finalement que le balai inaugural, en quelque sorte, c'est-à-dire celui qui nous plonge dedans et avec quel allant,
06:53que d'ailleurs, Chazelle, pour la La Lande, a parfaitement compris et adapté, en quelque sorte, l'importance de l'entrée.
07:02L'importance de comment ça commence.
07:04Sur le pont transbordeur.
07:05Et le pont transbordeur qui est magnifié, il faut le dire, au Lido.
07:09La façon dont le pont transbordeur est traité sur la scène du Lido, c'est une magie pure.
07:14Parce que ça fait partie des défis de la transposition sur scène.
07:17Sinon, on a un peu peur, à vrai dire, quand on est, comme moi, un fan du film, par rapport à ce genre d'enjeux.
07:23C'est-à-dire, on frémit, mon Dieu, qu'est-ce que ça va donner ?
07:25Eh bien, le transbordeur sur la scène du Lido, je ne vous en dis pas plus.
07:30Mais qu'est-ce qu'on l'a ?
07:31Jean-Luc Chaplin, c'est vrai qu'il y a des défis assez incroyables à relever, parce que c'est une œuvre culte.
07:36Comment est-ce que vous l'avez abordé ?
07:37Il y a effectivement la question du décor.
07:39Les costumes, vous avez été très fidèles au film.
07:41Les interprètes, comment trouver quelqu'un pour succéder à Deneuve et Dorléac ?
07:45Il a fallu réunir une équipe complètement magique, que ce soit Gilles Rico, le metteur en scène,
07:49que ce soit Bruno Laverder, le scénographe, que ce soit Alexis Mabille,
07:55pour les costumes, et le vidéaste, qui est tout à fait exceptionné, Etienne Giolle.
08:02Donc voilà, il a fallu réunir cette équipe, travailler en commun,
08:05et décider comment on allait pouvoir transposer cet extérieur en intérieur,
08:11et en même temps donner le sentiment qu'on doit être à l'extérieur,
08:14alors que c'est très compliqué.
08:16Oui, parce qu'il y a la magie et les couleurs du film.
08:19Comment est-ce qu'on les transmet sur une scène alors que ça se passe en extérieur, justement ?
08:23Il faut arriver à en tirer l'ADN, c'est-à-dire qu'il faut arriver à trouver la grâce, la légèreté,
08:29la poésie, l'humour.
08:32Il faut réunir tous ces éléments à travers tous les éléments scédiques, les costumes et la danse.
08:39Nathalie Dossé, vous étiez aux répétitions aussi avec nous.
08:43Vous avez retrouvé vos petits, les demoiselles n'ont pas été trahies ?
08:46J'ai adoré parce que c'est tout ce que j'aime, c'est-à-dire que c'est un hymne à la joie, à la jeunesse et à l'amour.
08:53Parce qu'il faut dire aussi que l'équipe que Jean-Luc Chaplin a réunie est formidable,
08:58et c'est vraiment une équipe de jeunes gens.
09:02Et ça, ça fait aussi plaisir.
09:06Très polyvalent, parce qu'il faut chanter et danser.
09:08Ah bah bien sûr, ça c'est le secret de la comédie musicale.
09:10Ce qui n'était pas le cas dans le film, je veux dire.
09:13D'Orléac et Deneuve, c'était pas le cas ?
09:14D'Orléac était un peu danseuse quand même, si, si, si.
09:16C'est vrai que la chorégraphie, allez, je peux me faire l'avocat du diable,
09:20mais c'est vrai que la chorégraphie n'est pas forcément ce qu'on retient d'abord et avant tout du film.
09:25Oui, mais là vous allez le retenir.
09:27Là on va le retenir, justement, en allant voir le spectacle de Lido.
09:30Moi j'ai toujours trouvé que dans ce film, il y avait un hommage à Jérôme Robbins.
09:36C'est-à-dire que vraiment tout le monde essayait de...
09:38Et là, ils ont réussi à faire cet hommage absolument incroyable.
09:41Donc j'ai pris, comme pour le film, chorégraphe anglo-saxon et des danseurs anglo-saxons.
09:46On a des danseurs anglo-saxons et français.
09:48Mais j'ai tenu à garder cette espèce de force, de dynamisme, si vous voulez.
09:52Il y avait l'envie de rivaliser avec les Américains,
09:55parce qu'on se dit que c'est forcément une idée qu'avait Jacques Demi en tête
09:58quand il fait venir, et Marion le disait à l'instant,
10:01Gene Kelly pour jouer dans le film.
10:04Gene Kelly, bon, un peu vieillissant.
10:06Mais en l'occurrence, c'est vrai que ce n'est pas une tradition française au cinéma,
10:10ni sur scène la comédie musicale.
10:13Vous, vous avez l'ambition de rivaliser avec les productions de Broadway,
10:18les productions anglaises éventuellement ?
10:20Bien sûr, je pense qu'il faut faire, si vous voulez, le répertoire et de la création.
10:23Là, je dis qu'avec ça, on a fait une véritable création.
10:26Et comme je le disais au début, je veux dire, c'est West Side Story à la française.
10:30On n'a pas les meurtres, comme dans West Side Story.
10:32Oui, c'est plus joyeux.
10:33C'est beaucoup plus joyeux.
10:34C'est plus joyeux, encore.
10:34West Side Story, c'est avant.
10:36Si vous voulez, les Forins, c'est les Jets qui arrivent.
10:42D'ailleurs, c'est très bien fait aussi dans La La Lande,
10:44où c'est un hommage aussi à ce film.
10:48Et là, on a tout à fait ce dynamisme.
10:52C'était pour eux, je crois, l'idée de, pas de rivaliser,
10:55mais de faire quelque chose en hommage à Hollywood et en hommage à Broadway.
10:59Donc, je crois qu'il y avait ça.
11:00Il y a quand même, chez Demi, une double influence.
11:03Oui, parce que c'est un influenceur, comme on dirait aujourd'hui.
11:05Oui, alors ça...
11:06Non, mais jusqu'à La La Lande, c'est intéressant qu'on prononce tous ce film-là.
11:10Mais bien entendu, non, non, l'aura de Demi et Legrand,
11:12elle continue et elle continuera longtemps, mais les influences...
11:15Oui, mais c'est très rare, les réalisateurs français qui ont eu cette influence jusqu'à aujourd'hui.
11:18C'est vrai, mais les influences...
11:19Melville, dont vous nous parliez, et Demi.
11:23Demi, on pourrait citer Renoir, il y en a quelques-uns, mais pas beaucoup.
11:28Mais surtout, moi, les influences de Demi, proprement dites,
11:31c'est vrai qu'elles sont américaines, mais elles sont aussi, il faut le rappeler, françaises.
11:35Parce que c'était un grand amateur de l'opérette, des opérettes françaises,
11:39qui, dit-il, n'étaient pas de très bonne qualité,
11:42mais qui étaient dans toutes les villes moyennes françaises.
11:44On ne sait plus, ça.
11:46Mais dans la jeunesse de Demi, il voyait ces spectacles-là,
11:50qui étaient effectivement brinque-ballants.
11:51Et d'ailleurs, quand il fait des jeux de mots un peu à deux balles,
11:55ça vient de l'opérette française.
11:56C'est vrai, c'est un hommage à l'opérette française.
11:58Et c'est réjouissant, c'est tout à fait réjouissant.
12:00Mais on la dépasse.
12:01Mais on la dépasse, on la sublime.
12:03Grâce justement à cette qualité absolument magique entre Demi et Legrand.
12:07On y met tout ce qui lui manque.
12:08Et là, on a une grande musique.
12:10Et à propos de musique, Nathalie Decey, ce qui est fort,
12:13c'est aussi dans la mise en scène de Jean-Luc Choplin,
12:16c'est la présence de l'orchestre, d'un orchestre qui est absolument impeccable,
12:20pour mettre la musique dans la comédie musicale.
12:22Oui, c'est-à-dire que Patrice Pereira, c'est lui qui a fait les arrangements
12:26et qui a travaillé lui aussi avec Michel Legrand.
12:30Donc, il connaît parfaitement cette musique.
12:32Il sait parfaitement comment recréer cette impression d'opulence qu'il y avait dans le film.
12:39Je crois qu'il faut le dire.
12:40La musique live, comme on dit en français,
12:43ça crée la différence avec le film.
12:47C'est-à-dire, ces instruments qu'on entend dans une salle de cinéma,
12:50ça n'est que de la reproduction sur une scène,
12:53c'est de la musique jouée par des gens sur des vrais instruments.
12:57Ça change beaucoup.
12:58Ça change beaucoup.
12:58Il y a des gens qui chantent vraiment.
13:00Nathalie Decey, vous venez d'ailleurs du lyrique.
13:01Vous venez du lyrique, vous aviez sorti un disque de reprise formidable avec Michel Legrand.
13:07Comment est-ce qu'on passe justement du lyrique à la chanson ?
13:11C'est un vrai travail.
13:12C'est un vrai travail, ça on l'imagine ?
13:13Et que je suis toujours en train d'accomplir, figurez-vous.
13:15Ça fait plusieurs années que je prends des cours
13:17et où j'essaye d'oublier tout ce que j'ai appris en lyrique.
13:20pour réapprendre à chanter de zéro.
13:23Expliquez-nous ça.
13:24Parce qu'en lyrique, c'est qu'on n'a pas de micro.
13:27Donc on doit projeter la voix,
13:28on doit ouvrir la gorge
13:30et passer en voix de tête dès qu'on va dans l'aigu.
13:33Pour chanter les chansons, c'est à peu près l'inverse.
13:36Puisqu'on a un micro,
13:38donc on n'a pas besoin de projeter la voix,
13:39on chante plus grave.
13:41Et l'idée, c'est pas de faire
13:43« ouh ouh ouh » dès qu'on va dans l'aigu.
13:46Précisément, là, ça ne marche plus.
13:48Les interprètes ne le font pas d'ailleurs.
13:49Et d'ailleurs, on ne le fait pas.
13:52Et là, nous avons
13:53quatre pour les jumelles,
13:55deux pères du jumelle.
13:58Jeux de mots,
14:00Jacques Demi.
14:02Comme ça, on voit plus loin, évidemment.
14:06Et qu'ils sont
14:06issus du monde du lyrique.
14:08J'ai beaucoup aimé, l'autre soir,
14:10quand Nathalie est venue
14:12pour une des répétitions, c'était absolument
14:14formidable ce qu'elle leur a dit.
14:16Moi, j'aime bien en disant...
14:17Parce qu'elles sont venues toutes lui parler,
14:18je raconte un peu.
14:19Toutes les interprètes sont venues
14:21lui demander des conseils, etc.
14:23Oui, oui, elles sont venues
14:24et Nathalie leur a dit
14:24« Vous allez d'abord apprendre plusieurs choses.
14:27D'abord, un, vous allez chanter tous les jours.
14:28Ça change un peu par rapport au lyrique.
14:30On chante une fois tous les trois jours.
14:32Deuxièmement, ça va vous apprendre énormément
14:35sur votre voix pour votre future carrière lyrique.
14:41Effectivement, c'est ce que vient de dire Nathalie.
14:42Ça va ouvrir complètement des tas de possibilités.
14:46Et c'était une leçon de la grande maître.
14:50Non, mais parce qu'elles s'étonnaient,
14:52les jeunes filles s'étonnaient
14:52que ce soit aussi difficile, en fait.
14:56Et je leur ai dit
14:56« Mais c'est normal,
14:57parce que c'est une autre façon de chanter. »
14:59Une autre façon de chanter.
15:00Et avant d'entendre justement des chansons,
15:02un mot, celui de Sandra
15:03sur l'application Radio France,
15:05mais qui rejoint la tonalité
15:07de la plupart des messages
15:08qu'on reçoit ce matin.
15:09« Oh mais oui ! » écrit Sandra.
15:12Une merveille !
15:14Trois points d'exclamation.
15:15Avec ma fille,
15:16nous connaissons toutes les paroles par cœur.
15:19Dès que j'ai besoin de réconfort,
15:20que l'angoisse est là,
15:21j'écoute au moins la bande son.
15:23Tout est parfait.
15:24Oui, oui, oui !
15:26Trois points d'exclamation.
15:28On dirait du Marion Lourde.
15:30Et Olivier qui dit
15:31« Ça fait entrer en trans,
15:32ma femme, elle l'a vue au moins
15:33une vingtaine de fois. »
15:34Brigitte qui dit qu'elle l'a offert
15:35à ses quatre enfants lorsqu'ils étaient petits.
15:37Enfin voilà, tout est à l'avenant.
15:38Quelle beauté virevoltante de couleurs !
15:41Mais c'est formidable
15:42parce que c'est rare
15:43qu'on reçoive des messages aussi lyriques
15:45de la part de nos auditeurs.
15:47Ça dépend des sujets.
15:48Mais c'est ça que l'association
15:50Jacques Demi-Michel Legrand a créé.
15:52Oui, c'est vrai.
15:53On va entendre justement un nouvel extrait.
15:55C'est l'extrait d'une chanson
15:55que les jumelles chantent aux forains
15:57pour qui elles vont faire
15:58un numéro assez glamour.
15:59Pourquoi vous êtes-vous pressé ?
16:02Pourquoi ?
16:03Toujours des amours brèves
16:05Toujours au jour laissé
16:07Quand l'aurore se lève
16:09Nathalie, vous vous donnez ?
16:11Ah non, oui, mais...
16:12S'il vous plaît !
16:13Il est 8h du matin, là !
16:14Non, il est 8h37 !
16:16Non, mais laissez-la !
16:18Vous dites-les vraiment ?
16:21Oui !
16:21Et moi, honte à moi,
16:32je ne vous donnez pas les paroles.
16:33Pour terminer la fête,
16:35peut-on vous embrasser ?
16:38Je vais chanter, celle-là !
16:40Marion, je vous engage !
16:42J'arrive !
16:44Non, mais ce qui est intéressant,
16:45Laurent Delmas, peut-être,
16:46en écoutant cette chanson,
16:47c'est que c'est en 1967.
16:49On est avant mai 68.
16:50Donc, en fait,
16:50on n'est pas que dans un film
16:51rose-bombou,
16:52tout est joli, tout est sympa,
16:53tout est amour.
16:54Il y a aussi des questions de société.
16:56Il y a ces femmes qui, finalement,
16:57préfèrent courir après leur carrière
16:58qu'après l'homme de leur vie, presque.
17:00Il y a ça.
17:01Il y a chaque fois qu'on ouvre un journal,
17:03il est question de guerre,
17:04dans le film.
17:04Et de meurtre.
17:05Et de meurtre !
17:06Avec Dutroux !
17:07Tout à fait,
17:08avec le bien-nommé Dutroux.
17:10Qui a découpé...
17:11Qui a découpé une femme en morceaux
17:13qui s'appelle Lola.
17:14Parce que la fameuse Lola.
17:15La fameuse Lola.
17:15À nous qui aimer.
17:16Exactement.
17:17De l'autre film de Jacques Demy.
17:18Lola parce qu'elle prenait trop de place
17:19dans sa vie,
17:19c'est quand même absolument...
17:20C'est ça.
17:21Non, mais il y a une vraie dimension,
17:24je dirais,
17:25mélancolique ou dépressive
17:26chez Demy et chez Legrand.
17:28D'ailleurs,
17:29les deux,
17:29depuis le départ,
17:30on ne peut pas dire
17:31que les parapluies de Cherbourg,
17:33ça respire la gaieté.
17:35Non.
17:35Et que Demy lui-même
17:38disait que
17:38les deux moisettes de Rochefort,
17:40c'est un mélo gay.
17:42Un mélo joyeux.
17:43Un mélo gay.
17:43Oui, absolument.
17:44Il revendiquait
17:45cette façon de voir les choses.
17:46Et il y a une anecdote
17:47qui dit que...
17:49Mais qui est vrai
17:50que le soir de la première
17:51au cinéma,
17:53sur les Champs-Elysées d'ailleurs,
17:55au Normandie,
17:56c'est-à-dire à côté du Lido.
17:57Au-dessus de notre tête.
17:59Exactement.
17:59Ça, c'est très étonnant
18:00de voir la...
18:00Salmiti qui va malheureusement fermer.
18:02La conjunction.
18:03Et qui a fermé, malheureusement.
18:04Mais en tout cas,
18:05il y a une conjonction.
18:07Donc, à l'avant-première,
18:08Jean Marais se précipite
18:09vers Jacques Demy
18:10et lui dit
18:10c'est formidable,
18:12c'est gay,
18:12c'est joyeux, etc.
18:13Et Paul Vecchiali passe à côté
18:15et il est presque baigné
18:18dans les larmes.
18:20Il passe comme ça
18:21et Demy l'appellera
18:22mais ça t'a pas plu, quoi.
18:24Tu n'as pas aimé ce film.
18:25Et Vecchiali dit
18:26si, mais moi,
18:27contrairement à tous les autres,
18:29je pense que c'est un drame.
18:30Ce que j'ai vu,
18:31c'est une chose
18:32qui m'a fait pleurer.
18:33Et Demy lui a dit
18:35bah écoute,
18:36tu n'as pas tout à fait tort.
18:37Tu n'as pas tout à fait tort
18:38parce que, par exemple,
18:39la fin,
18:40on a été à deux doigts
18:41de la changer.
18:42Et que ce soit une fin triste
18:44qu'il ne se rencontre pas.
18:46Et ça, c'est une dimension
18:47qui traverse tout le film,
18:48effectivement.
18:48Et on a des récits
18:49d'Agnès Varda, d'ailleurs,
18:50qui racontent la collaboration
18:51entre Demy et Legrand
18:52et ses débats,
18:53ses discussions,
18:54ses dialogues.
18:54pour tous les deux
18:55essayer plusieurs mélodies
18:59pour notamment
18:59les jumelles.
19:00Les jumelles,
19:01c'est merveilleux.
19:02Ça tâtonne.
19:03Et Michel,
19:03qui est une fontaine
19:04en mélodies,
19:05lui joue plusieurs thèmes
19:07et il y a Jacques Demy
19:08à côté.
19:08Non, pas celle-là.
19:09Non, pas celle-là.
19:10Ah, celle-là !
19:10Celle-là, le bien !
19:11Oui, c'est très étonnant.
19:19Allez-y, Jean-Luc Chaplin,
19:21imaginez que vous dirigeiez
19:22vos...
19:22Faire tous les auditeurs.
19:25Ben alors, justement...
19:26Non, mais le rêve de Jean-Luc,
19:27c'est d'interpréter
19:28une des jumelles,
19:28moi, je le sais.
19:29Allez-y, laquelle ?
19:31Solange.
19:32Allez, Solange.
19:33Sol-fi,
19:34et que c'est un ange.
19:35Il y a Aurélie
19:36qui vous demande
19:37sur l'appli d'Inter,
19:39elle vous demande
19:40si les demoiselles
19:41théâtralisées
19:42seront jouées
19:42dans des salles
19:43ailleurs qu'à Paris.
19:45Et merci,
19:45trois points d'exclamation
19:46de nouveau.
19:48Oui, oui, d'abord,
19:48j'invite quand même
19:49toutes les personnes
19:51de venir voir
19:52et de venir entendre
19:53au Lido, bien sûr.
19:55Mais oui, oui,
19:56on va essayer d'organiser
19:57l'année prochaine
19:58une tournée
19:59dans les grandes villes françaises.
20:01Laurent Delmas,
20:02il y a une énigme.
20:03Pourquoi est-ce que ce film
20:03est un prototype ?
20:05Parce que c'est vrai
20:06qu'il aurait pu donner lieu
20:08à toute une tradition française,
20:10mais c'est resté
20:11un prototype,
20:12quelque chose d'unique.
20:14Je vais vous faire une réponse
20:14qui ne veut pas vous plaire
20:16forcément,
20:17mais tous les films
20:17sont des prototypes.
20:18Chaque film est un prototype
20:19dont le moule est cassé
20:20le jour de sa sortie.
20:21Ah si, si, mais pourquoi ?
20:23Mais quand vous regardez
20:23les franchises Marvel,
20:24Laurent Delmas,
20:25comment pouvez-vous dire ça ?
20:27Mais je vous dis ça
20:27parce qu'elles ne marchent pas
20:28de façon identique
20:30l'une comparée à l'autre.
20:32Et si c'était le cas,
20:33eh bien les producteurs de cinéma
20:34qui ne sont pas des philanthropes,
20:36enfin pas seulement,
20:37referaient le même film,
20:38eh bien ils ne savent pas
20:39le refaire précisément
20:40parce qu'une fois
20:41que les demoiselles
20:41sont sorties en salle,
20:43on ne peut pas refaire
20:44la même chose.
20:45Ce n'est pas possible.
20:46Donc on ne peut pas refaire
20:47le même succès.
20:49Eh bien oui,
20:49vous en avez vu d'autres vous ?
20:50Non, moi non plus.
20:51Donc voilà,
20:52c'est bien pareil.
20:53Jean-Luc Choplin,
20:54est-ce qu'on arrive ces derniers temps
20:56quand même à une tradition
20:57de la comédie musicale en France ?
20:59Parce que là,
21:00vous ressortez
21:00Les Demoiselles de Rochefort,
21:01il y a des comédies musicales
21:02à Mogador,
21:02à la scène musicale.
21:03Ça y est, enfin,
21:04on est devenus anglo-saxons
21:06de ce point de vue-là ?
21:07Non, pas du tout anglo-saxons.
21:08On aime la comédie musicale,
21:10ça n'appartient pas
21:11à un territoire nécessairement.
21:14Non, mais en tout cas,
21:15nous sommes deux sœurs jumelles.
21:17C'est donc le titre
21:18de l'adaptation au théâtre
21:19du Lido sur les Champs-Elysées
21:21et à Paris de ce film,
21:23comment le qualifier ?
21:24Culte ?
21:24Génial ?
21:26Génial.
21:26Parfait.
21:27Parfait ?
21:28Ben voilà,
21:28le dernier mot à Marion Lourde.
21:30Merci infiniment à tous les trois.
21:31Merci Nathalie Dessay,
21:32merci Jean-Luc Choplin,
21:34merci Maître Delmas.