00:00J'ai un défaut, vous voyez, je ne suis pas le parole des Républicains, mais je suis aussi avocat.
00:03Et donc j'ai analysé cette décision, j'en ai entendu des analyses vraiment dans tous les sens,
00:09et je suis très étonné de cette décision, seulement qu'on puisse dire.
00:13D'abord parce qu'il faut que les spectateurs sachent que lorsqu'on rend une décision,
00:16ce n'est pas une décision qui tombe du ciel, c'est une décision qui est rendue au nom du peuple français.
00:21Chaque personne qui a une décision de justice y a marqué « au nom du peuple français ».
00:25Donc on ne peut pas, lorsqu'on est un magistrat, s'échapper de cet équilibre qu'il faut créer,
00:30à la fois ce qu'on a envie, ce qu'on décide dans le cadre d'une action,
00:36et puis aussi qu'on décide au nom du peuple français.
00:38Selon l'adage qui est bien connu, c'est que les magistrats sont la bouche de la loi.
00:43C'est-à-dire qu'ils doivent appliquer toute la loi, mais pas plus que la loi.
00:46Et je suis très étonné, notamment de cette exécution provisoire qui a été demandée.
00:51Qu'on demande une exécution provisoire...
00:52Comme Marine Le Pen et Gérard Larcher, le président du Sénat,
00:55qui, à l'instant, dit partager le questionnement grandissant sur l'exécution provisoire des peines,
01:00c'est-à-dire donc le fait que Nicolas Sarkozy aille en prison alors qu'il fait appel.
01:04J'ai eu à connaître des affaires dans lesquelles les gens étaient placés en exécution provisoire
01:08parce qu'ils étaient narco-terroristes ou alors des trafiquants en bande organisée.
01:14Et qu'il n'y avait pas de garantie de représentation, vous l'avez justement dit tout à l'heure,
01:17dans laquelle ils pouvaient fuir ou ils pouvaient mettre la pression sur un témoin.
01:20Le témoin principal de cette affaire, c'est Zia Takedine.
01:23Il est décédé il y a quelques jours.
01:25Il y a deux jours.
01:25Il y a deux jours.
01:26Est-ce que Nicolas Sarkozy voulait fuir de France ?
01:29Je ne pense pas, il s'est présenté à toutes ses audiences.
01:31Et enfin, dernier point, est-ce qu'il était possible potentiellement
01:33de faire en sorte que Nicolas Sarkozy puisse éviter de passer par la casse-prison
01:38en lui proposant quand même de se défendre sur un truc qui est absolument fou
01:43et je voudrais en parler parce que, pardon, mais il n'y a aucun invité qui en a parlé ce soir.
01:47Il a été dit clairement dans la décision que le document produit par Mediapart était un faux.
01:53Ça pose donc une question grave ce soir, c'est-à-dire la collusion frauduleuse,
01:58et mon terme est volontaire, qui existe entre certaines personnes dans l'autorité judiciaire
02:03et des médias qui se croient tout permis.
02:05– Alors, je ne peux pas vous dire ça. Je suis désolée.
02:08– Je termine juste mon propos et vous direz ce que vous voulez.
02:12Mediapart se prend pour un média à part.
02:15Et le secret de l'instruction est violé en permanence.
02:19Et vous me direz ce que vous pensez tout à l'heure,
02:21mais je vais vous donner une illustration.
02:23Moi, en tant qu'avocat, une fois un jour, on m'appelle et on me dit
02:25« Oh, maître Haddad, vous avez été désigné par un tel. »
02:28C'était Mediapart qui m'appelait pour m'apprendre que j'avais peut-être un client
02:31alors que je ne savais moi-même même pas que j'ai été désigné.
02:34Donc, cette collusion, il faut qu'on en tire des conséquences
02:37et qu'on se dise « Mince, pour Sarkozy ou pour n'importe quel justiciable,
02:40ce n'est pas possible qu'en permanence, les gens soient accusés sur la base de faux. »
02:45Et je rappelle pour terminer que le faux qui a été donné par Mediapart
02:48a été donné « Oh, comme c'est bizarre ! »
02:50en avril 2012, entre les deux tours de la présidentielle.
02:54C'est quand même bizarre.
02:55– Sous-titrage Société Radio-Canada
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