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  • il y a 4 mois
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement ce jeudi 25 septembre dans l'affaire des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Nicolas Sarkozy est condamné à cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé. La décision est assortie d'une exécution provisoire. Concrètement, cela signifie que l'ex-président sera incarcéré dans les prochaines semaines.

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Transcription
00:00Il y a un décalage complet entre ces déclarations et la réalité de ce dossier.
00:05La réalité de ce dossier, c'est plusieurs mois d'audience extrêmement technique, extrêmement approfondie, extrêmement documentée
00:11qui ont conduit à ce qu'ils doivent rendre des comptes face à des éléments qui étaient tout à fait accablants,
00:17des éléments qui étaient des éléments concordants.
00:19Et ils n'ont absolument pas été en capacité d'apporter des explications logiques
00:24et des éléments qui soient de nature à répondre à toutes les zones d'ombre que posent leur intervention.
00:30Moi, je suis extrêmement surpris aujourd'hui qu'on s'en prenne à la justice.
00:33Moi, je pense qu'elle a fait preuve d'une indépendance qui est remarquable, d'un courage qui est remarquable.
00:37Et je peux vous dire également que nous sommes là avec Sherpa depuis le début de cette procédure
00:40et que depuis le début, nous croyons en ce dossier.
00:43On a eu la confirmation de la gravité des faits pendant le procès.
00:48On a eu cette confirmation à nouveau pendant l'exitoire
00:50et on l'a à nouveau à l'écoute de la motivation extrêmement fine
00:55de la part de la juridiction qui aujourd'hui a rendu cette décision.
00:58Vincent Brungard, ce qui peut surprendre, justement, c'est qu'il a été relaxé, Nicolas Sarkozy,
01:03pour trois des infractions qui semblaient d'ailleurs les plus graves.
01:05Ce qui est retenu, c'est l'association de malfaiteurs et en quelque sorte d'avoir laissé faire.
01:10Est-ce que ça, ça justifie cinq ans de détention ?
01:13Mais c'est une décision qui est parfaitement conforme aux risques encourus.
01:17On parle de dix ans d'emprisonnement et la décision aurait pu être encore supérieure.
01:24C'est ça, surtout, qu'il faut retenir.
01:25Parce que lorsque vous parlez d'une atteinte portée à la nation,
01:28lorsque vous parlez d'une atteinte, d'une telle gravité portée à l'intérêt général,
01:32que va signifier, en fait, une peine d'emprisonnement avec sursis ?
01:35Que va signifier une peine d'amende ?
01:37Elle n'aurait strictement aucun sens.
01:39Et pour une fois, c'est un précédent qui est remarquable devant nos juridictions,
01:43c'est que vous avez une juridiction qui, en matière de criminalité financière,
01:47attirait toutes les conséquences de la gravité des faits pour lesquels les personnes étaient jugées.
01:51Et je pense, au contraire, que le fait qu'il n'ait pas été condamné pour la totalité
01:55montre bien que vous êtes face à une décision qui est parfaitement mesurée,
01:59qui est parfaitement conforme à ce qui peut être dit
02:02et à ce pourquoi il peut y avoir une décision de condamnation.
02:05Et ce que je dis, enfin, c'est que si appel il y a, et c'est un droit,
02:09il pourrait aussi y avoir un risque d'aggravation sur ces qualifications
02:12qui, aujourd'hui, n'ont pas été renues par le tribunal.
02:14Et une réaction, c'est sur l'exécution provisoire.
02:17Nicolas Sarkozy a incité là-dessus aussi.
02:19Est-ce qu'il y a une volonté d'humilier l'ancien président de la République ?
02:22C'est ce qu'il sous-entend aussi quand il a pris la parole.
02:26Les Français qui sont fatigués devant ces atteintes systématiques
02:32portées à l'intérêt général ont besoin de décisions
02:36qui soient à la hauteur des faits pour lesquels les personnes sont jugées.
02:39Et on n'aurait pas imaginé, en fait, que vous puissiez avoir
02:42une décision d'emprisonnement sans qu'il y ait d'exécution provisoire
02:46et sans qu'il y ait mandat de dépôt.
02:47Surtout que vous avez dans ce dossier d'autres personnes
02:49qui ont été placées sous le mandat de dépôt.
02:51Et donc, on viendrait dire, par rapport à ces personnes,
02:53Nicolas Sarkozy devrait avoir un traitement de faveur particulier.
02:56Moi, je pense qu'il a eu un traitement particulier
02:58parce qu'il y a un effet différé dans ce mandat de dépôt
03:00qui ôte un caractère vexatoire à cette décision.
03:04Et c'est tant mieux. Mais en revanche, un mandat de dépôt
03:07qui est en adéquation totale avec l'atteinte extraordinaire
03:10qui a été portée à l'intérêt général.
03:13Parce qu'on parle quand même, et il faut le rappeler,
03:15du financement d'une campagne électorale
03:18par une puissance étrangère et par une dictature.
03:21Ce qui pose une série de questions.
03:23C'est le monde entier qui nous regarde.
03:26Et que va penser ce monde si on condamne nos anciens dirigeants
03:30à des peines symboliques lorsqu'on les a pris la main dans le sac ?
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