00:00On n'a pas le droit de tuer des enfants, on n'a pas le droit d'attaquer une population civile,
00:04à envoyer du phosphore qui est illégal.
00:06Et c'est utilisé régulièrement par Israël sur les populations gazaïes.
00:10On a peur de le dire pourquoi.
00:11Eux, ils n'ont rien à perdre et ils perdent tout, d'où on n'a pas grand-chose à perdre.
00:15Et en fait, on a peur de perdre ce petit peu qu'on pourrait perdre à prendre une position claire et nette.
00:20La rencontre avec Fatem, Fatma Hassouna, c'était son nom de photographe.
00:32Je l'ai rencontrée par un hasard qui tient du miracle.
00:35En fait, elle accepte tout immédiatement, de partager ses images, des vidéos, de me raconter tout, tout, tout, tout.
00:41Et après, voilà, ça devient le film que vous connaissez.
00:44Qu'est-ce qu'elle a ressenti quand vous lui avez annoncé, par exemple, que ce film était valorisé,
00:47il était mis en lumière, notamment à Cannes ?
00:49Ses yeux sont agrandis, enfin, ouverts comme ça, c'était hallucinant.
00:54Elle a dit, waouh, c'est fantastique.
00:56Elle avait une joie, mais c'était incroyable.
00:58Son visage brillait, quoi, de joie.
01:00Il faut savoir que tout le long de l'année, je partageais ce que je faisais avec elle.
01:05À chaque fois que je lui montrais une maïnif pour la Palestine, pour la cause palestinienne ou contre les massacres à Gaza,
01:10elle me disait, les gens se soucient de nous, c'est incroyable que le monde pense à nous.
01:14Donc, du coup, sélection à Cannes, vous imaginez combien celle-là a étonné.
01:19Il y a une phrase qui m'a marquée dans le film.
01:27À un moment, vous lui demandez, est-ce que tu as peur ? Et qu'est-ce qu'elle répond à ça ?
01:30Elle dit, peur de quoi ?
01:31Et je lui dis, bah, de la guerre, de mourir, des bombes.
01:36Elle dit, non.
01:37Mais avant ça, elle dit autre chose.
01:41Ils ne peuvent pas nous vaincre.
01:42Et je lui dis, tu y crois ?
01:43Elle dit, oui, parce qu'on n'a rien à perdre.
01:45C'est une population qui est prête à aller jusqu'au bout pour préserver sa terre.
01:50La dernière chose qui lui reste, elle le redit à la fin du film, elle dit, on n'a que Gaza.
01:54Vous, est-ce que vous avez peur ? Et qu'est-ce qui fait aussi peur à tout le monde ?
01:57De parler, de dire les choses qu'elle, elle faisait ?
02:00Mais je ne sais pas, moi, je ne sais pas.
02:01Eux, ils n'ont rien à perdre.
02:03Et ils perdent tout, d'où on n'a pas grand-chose à perdre.
02:05Et en fait, on a peur de perdre ce petit peu qu'on pourrait perdre à prendre une position claire et nette,
02:10à dire qu'on n'a pas le droit de tuer des enfants,
02:13on n'a pas le droit d'attaquer une population civile,
02:16à envoyer du phosphore qui est illégal.
02:19L'usage du phosphore blanc est illégal par les conventions internationales
02:22et c'est utilisé régulièrement par Israël sur les populations Gazaouilles.
02:25On a peur de le dire, pourquoi ?
02:27Et ça n'en finit pas de finir, quoi, en fait.
02:29Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à avancer, à passer au-delà, à arrêter les massacres ? Pourquoi ?
02:34Qu'est-ce qu'elle aurait dit, Fateme ?
02:35Elle a dit une chose une fois dans le film,
02:37elle l'a dit en arabe, je prononce mal, j'espère que je n'écorche pas trop.
02:43Ceci passera aussi.
02:44Je pense qu'elle aurait dit ça.
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