- il y a 4 mois
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Télématin reçoit le comédien Pierre Arditi, actuellement au Théâtre Montparnasse dans "Je me souviendrai de presque tout" d'Alexis Macquart.
Télématin reçoit le comédien Pierre Arditi, actuellement au Théâtre Montparnasse dans "Je me souviendrai de presque tout" d'Alexis Macquart.
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00:00C'est un monstre sacré du théâtre qu'on l'accueille ce matin.
00:03Non, monstre sacré, je ne suis pas sûr.
00:04Si, bonjour monsieur Pierre Arditi.
00:05Comment va-t-il ?
00:06Mais très bien et vous.
00:07Comment vont-ils ?
00:08Mais vous voyez, écoutez, ils vont très bien.
00:09Vous nous parliez de problèmes de barbe.
00:11Qu'est-ce qui se passe là, Pierre ?
00:13Parce que je la désépaissis comme vous d'ailleurs.
00:16Oui, on l'entretient, notre barbe.
00:16Moi, je lis chez moi que chez vous.
00:18Et alors, je n'ai pas pensé que ça allait s'accrocher à mon pullover en cachemire.
00:21Je suis très ennuyé.
00:22Vous avez peur que les gens puissent penser que vous avez des pellicules, Pierre ?
00:25Oui, je dois en avoir d'ailleurs aussi.
00:26Mais enfin, là, en l'occurrence, c'est les poils de barbe.
00:29Très bien.
00:29La France est rassurée, Pierre.
00:31Je vais repartir maintenant qu'on s'est tout dit.
00:32Merci d'être venu, Pierre.
00:33Ça me fait tellement plaisir de vous voir tous les deux.
00:35C'est gentil.
00:36Enfin, tous les deux, quatre, six.
00:38C'est partagé.
00:39Vous êtes à l'affiche d'une pièce, c'est une merveille.
00:41On va en parler dans quelques instants.
00:42On passe vraiment en quelques secondes alternativement du rire aux larmes.
00:45Ça s'appelle « Je me souviendrai de presque tout ».
00:47C'est au Théâtre Montparnasse, pièce écrite pour vous, sur mesure, par l'auteur Alexis Macar.
00:51On en parle.
00:52Mais au préalable, il y a une nouvelle chronique dans cette émission, Pierre.
00:55Ça s'appelle « Du tac au tac ».
00:56Ah, d'avance.
00:57Donc, je vous bombarde de questions.
00:58Vous devez répondre.
00:59Du tac au…
01:00Tac.
01:00Vous avez compris la règle.
01:01C'est bien.
01:02Un mot ou deux et sincèrement.
01:04D'accord ?
01:05Ce n'est pas son habitude de mentir.
01:06Non, c'est vrai que vous êtes caché.
01:06Non, je ne suis pas très sincère.
01:08Non, c'est vrai.
01:10Je retire ce que j'ai dit.
01:11Ça va être sincère comme d'habitude.
01:12Attention, c'est parti.
01:13Le temps qui passe vous inspire quoi en un mot ?
01:16Ça m'inspire quoi, le temps qui passe ?
01:17De l'horreur.
01:18Votre juron favori ?
01:20Bordel de merde.
01:21Lorsque vous avez eu vos soucis de santé, Pierre, est-ce que vous avez eu peur de ne plus jamais remonter sur scène ?
01:26Bien sûr.
01:27Justement, la scène, vous diriez qu'elle représente quoi dans votre vie ?
01:29Ma vie.
01:31Votre plus gros défaut ?
01:34Je vais vous dire, ma mauvaise foi.
01:37Quelques minutes avant une représentation, vous diriez que vous êtes comment en coulisses ?
01:41Serein.
01:44Hein ? C'est quoi la recette d'un couple qui dure ?
01:47Si vous voulez, vous venez à la maison, je vais vous expliquer.
01:50Très bien.
01:51On embrasse Évelyne.
01:52En amour, faut-il tout se dire ?
01:54Non.
01:55La postérité, est-ce que vous l'espérez sincèrement ?
01:58La postérité ?
01:59Oui.
01:59Non, après moi, le déluge.
02:01On va m'oublier très vite, comme tous les acteurs.
02:03On n'oublie pas les peintres, on n'oublie pas les auteurs.
02:06Bref.
02:07Votre péché mignon, Pierre.
02:09Mon péché mignon ?
02:10Oui.
02:11La bouffe.
02:14Et enfin, vous diriez que vous vous souvenez de tout, de presque tout ou de plus grand-chose ?
02:18Plutôt de presque tout, comme vous pouvez l'imaginer.
02:20Quand on est comédien, vous m'avez.
02:22De presque tout, oui.
02:23Même quand on est un homme, d'ailleurs.
02:25Absolument.
02:25Ou une femme.
02:26Merci d'avoir joué le jeu, cher Pierre.
02:28Je me souviendrai de presque tout.
02:30Donc, c'est au Théâtre Montparnasse.
02:31Ça a commencé il y a une semaine.
02:32Pièce d'Alexis Macart.
02:34Avec, à vos côtés, Nicolas Briançon et Miguel Van der Lindeur.
02:39Je le disais.
02:39Van der Lindeur ou Van der Linden ?
02:41Je ne sais pas.
02:41C'est vous qui le savez mieux que moi.
02:42Je pense que c'est Van der Linden.
02:44C'est Van der Linden.
02:45Il va m'engueuler.
02:46Miguel, pardon.
02:47Tu sais.
02:47Il est très...
02:48On a le droit de dire qu'il joue votre petit-fils.
02:51Ça en a le droit de dire.
02:51Il joue votre petit-fils.
02:52C'est ça.
02:52Bien sûr.
02:52J'ai joué les grands-pères, maintenant.
02:54Vous campez, Pierre, dans cette pièce, un acteur célèbre, fantasque, qui n'a pas vu son fils grandir, Nicolas Briançon.
03:00Et justement, le fils, vous, vous êtes un comédien célèbre, fantasque, à l'aise dans la vie.
03:07Et le fiston, Nicolas Briançon, lui, c'est un romancier athée.
03:10Et vous venez un jour lui faire une proposition.
03:13Oui.
03:13C'est le décrire mes mémoires.
03:15En réalité, c'est un prétexte.
03:16Évidemment.
03:16C'est un prétexte pour le revoir.
03:18Évidemment.
03:18Et pour sans doute mettre à jour, régler un certain nombre de comptes sentimentaux réalisés.
03:26C'est vrai qu'il y a du...
03:27Oui.
03:27Je n'irai pas au-delà de ça.
03:29Le récit d'Alexis Macar est beau parce qu'effectivement, comme vous le disiez, on passe par un rire très, très, très costaud, très puissant et très présent, pratiquement dans l'ensemble de la pièce.
03:40Et puis, à un moment, on va ailleurs, on chavire autrement.
03:44Il y a beaucoup de dossiers sous le tapis qui sont exhumés.
03:47Extrait, regardez.
03:48Oh, non, non.
03:49Ah, si.
03:49Et Stéphanie ?
03:52Stéphanie ?
03:52Oui, Stéphanie.
03:53Oui.
03:54J'aimerais bien que tu parles un petit peu d'elle.
03:56Oui, alors là, mon petit garçon, il va falloir que tu me rafraîchisses un peu la mémoire.
04:00Je n'ai aucun souvenir d'une Stéphanie qui aurait pu avoir une quelconque importance dans ma vie amoureuse.
04:06Elle sera ravie de la prendre.
04:07Écoute, j'en suis absolument désolé.
04:08Qui est Stéphanie ? Tu peux me donner un indice ?
04:11Bien sûr.
04:12Elle m'a quitté pour toi.
04:13Est-ce que les gens ont vraiment besoin de savoir que j'ai piqué la copine de mon fils avec laquelle je ne sortais même pas, d'ailleurs ?
04:22Non, mais qu'est-ce que tu racontes ?
04:24Mais bien sûr que si je sortais avec elle...
04:25Non, je voulais dire, coucher avec.
04:28Tu ne couchais pas avec elle.
04:29Mais ça faisait seulement deux semaines qu'on était ensemble.
04:31Ah bon ?
04:32Et en deux semaines, tu n'avais pas réussi à conclure.
04:34On n'avait pas des gens.
04:36Heureusement que je suis intervenu pour redorer le jardin de la vie.
04:41Regardez pendant l'extrait, Pierre.
04:42Vous vous corrigez ?
04:43Vous regardez ce qui va ou ce qui ne va pas ?
04:45Non, je ne l'ai pas fait pour se regarder le théâtre.
04:47C'est pour ça que j'en fais beaucoup.
04:48Je ne suis pas obligé de me farcir ma tronche.
04:51Vous progressez, Pierre.
04:52Moi, je vous ai connu sur ces mêmes plateaux il y a 10-15 ans.
04:55Vous vous bouchiez les oreilles pour ne pas vous entendre ni vous voir.
04:57Là, je ne me l'ai bouche plus parce que maintenant, c'est sans espoir.
05:00Je n'ai plus aucune chance de faire autrement.
05:02Mais non, je n'aime toujours pas me voir.
05:06Un peu moins mal qu'avant, tout de même.
05:09Parce que comme je vieillis, d'une certaine manière,
05:11ça me ressemble de moins en moins.
05:12Donc, ça va.
05:14Damien le disait, cette pièce, elle a été écrite pour vous.
05:16C'est quoi ? C'est de la haute couture.
05:20Il a écrit le rôle pour moi.
05:22Je pense que la pièce, il l'a écrite pour nous trois.
05:24Oui, c'est sur mesure.
05:27Parce qu'il me connaît comme acteur.
05:29Il est beaucoup plus jeune que moi.
05:31Donc, il a eu le loisir, si on peut appeler ça comme ça,
05:33de me voir jouer assez souvent.
05:35Donc, il l'a vraiment écrit sur mesure, parfaitement.
05:37Et d'ailleurs, il l'a écrit sur mesure pour Briançon aussi.
05:40C'est vrai qu'on entend.
05:41Je crois qu'il a dit, Alexis Macar,
05:42qu'il écrivait en entendant votre musicalité.
05:45Oui, oui.
05:46Ce qui est le comble du luxe, quand même.
05:47C'est formidable.
05:48C'est le comble du bonheur.
05:49D'ailleurs, je suis très heureux de séduire encore une génération
05:52qui n'est pas la mienne.
05:54Donc, ça me conforte dans le fait de continuer encore un petit moment.
05:59Mais je dois dire que, d'abord, la pièce est très bien montée
06:03par Julien Boisselier, qui est aussi acteur,
06:05qui est un acteur formidable.
06:07Excellent metteur en scène.
06:09Et mes deux partenaires sont brillantissimes.
06:12Briançon, je le connaissais depuis longtemps.
06:14Mais le petit, qui démarre au milieu de deux gros emmerdeurs,
06:20de deux acteurs honorables,
06:24fait mieux que s'en sortir.
06:26Il est à égalité avec nous.
06:28Dans l'histoire, Pierre, votre personnage s'est marié sept fois
06:30avec six fans différentes et le reconnaît.
06:33Oui, et comme dans le barème du showbiz,
06:36un divorce égale quatre navets,
06:38il s'est déjà divorcé sept fois.
06:40Je vous laisse faire le compte.
06:41Exactement.
06:41C'est vrai que la pièce évoque cela dans la filmographie.
06:44Pourquoi ? C'est votre petit-fils qui vous dit
06:45pourquoi tu as fait des navets.
06:48Et souvent, parce qu'il y avait des impôts payés,
06:50il y avait des pensions alimentaires.
06:51C'est la survie.
06:52C'est exactement la survie.
06:53Et donc, entre le théâtre et la vie privée,
06:55il peut y avoir parfois des similitudes.
06:56Extrait.
06:57Vous allez souffrir encore un tout petit peu, Pierre.
06:58C'est 25 secondes, ça va passer.
07:0025 secondes ?
07:00Oui, allez, regardez.
07:01Colossale, une vie.
07:03Ça ne durerait jamais très longtemps.
07:04Non, non, c'est vrai.
07:07Malheureusement, je me lasse à un mariage
07:10aussi vite que d'une pièce de théâtre.
07:13Au début, je m'engage complètement,
07:15je respecte le texte.
07:17Et puis, au bout d'un moment,
07:19j'improvise.
07:25J'improvise, je surjoue.
07:26Et au final, j'ai envie de changer de pièce.
07:33Père et fille sont des rapports.
07:34C'est agréable de vous voir,
07:35vous marrez.
07:36Parce que moi, je ne me marre pas du tout.
07:38Et vous vous rendez compte
07:39si on rit d'un extrait capté pour la télé ?
07:41Donc, en vrai, forcément, c'est décuplé.
07:43En vrai, c'est le théâtre.
07:45Je dois penser que ce n'était pas fait
07:46pour être capté.
07:47En réalité, je me trompe quand même.
07:48Parce qu'il reste une trace.
07:51Oui, et l'émotion traverse quand même,
07:52malgré tout.
07:53Oui, bien sûr.
07:54Enfin, le théâtre, c'est le théâtre.
07:55C'est jamais mieux
07:55que quand les gens sont dans la salle,
07:57on vit l'histoire ensemble.
07:59Mais bon, c'est pas mal
08:01d'avoir ça comme un souvenir.
08:02Un souvenir de presque tout, justement.
08:04Sur ces rapports père-fils
08:06dans la pièce complexe,
08:08cet acteur qui a sacrifié
08:10en partie sa vie de famille
08:11pour sa carrière,
08:12est-ce que c'est difficile
08:14dans la vraie vie,
08:15dans ces métiers
08:16qui sont tellement prenants
08:17de concilier les deux,
08:19vie privée et sainte-midi ?
08:20Ce n'est pas conciliable.
08:21Je l'ai vécu personnellement.
08:23Parce que j'ai eu mon fils,
08:26enfin, notre fils,
08:28avec ma première femme.
08:29J'avais 24 ans.
08:30Elle aussi était actrice.
08:31Et donc, on se fabriquait,
08:32on était en train de se fabriquer
08:33tous les deux.
08:34Et le petit a été brinque-ballé
08:36entre les grands-parents paternels
08:38et les grands-parents maternels.
08:39D'ailleurs, il s'en souvient encore
08:41alors qu'il a 56 ans maintenant.
08:43Et ça a été très difficile
08:45à une certaine époque
08:45quand il est devenu adolescent
08:47et plus qu'ado.
08:48Parce qu'il nous en a voulu
08:50de l'avoir pratiquement.
08:52Abandonner, c'est un grand mot.
08:54On a toujours été là comme ça,
08:55mais on n'était pas forcément présents.
08:57Pubiquement, là.
08:57Voilà.
08:57Et donc, ça a été très difficile.
08:59C'est très difficile.
09:00Si vous voulez,
09:01à un moment donné,
09:01il faut faire des choix.
09:02Soit on s'occupe
09:03à ce temps complet
09:04de l'enfant
09:06et à ce moment-là,
09:07on dit au revoir à la carrière.
09:08Soit on essaie
09:09de faire cohabiter les deux
09:10et la cohabitation.
09:11Donc, pas d'évidence.
09:12Non, c'est difficile.
09:13C'est difficile, honnêtement.
09:14D'ailleurs, on a eu
09:15une culpabilité profonde
09:17pendant des années et des années.
09:18Mais maintenant,
09:18c'est...
09:19Amine, il y a 56 ans,
09:21on s'embrasse,
09:21je le regarde toujours
09:22comme si c'était un petit enfant.
09:24Je rattrape le temps perdu.
09:2556 ans, c'est votre âge.
09:26On est d'accord.
09:26C'est ça, vous parlez de votre âge,
09:27là, Pierre.
09:28Oui.
09:28Bon, je vais partir
09:29parce que je ne vais malheureusement
09:31pas pouvoir rester plus longtemps
09:32avec vous.
09:32On a dit monstre sacré du théâtre.
09:34Oui, tu parles.
09:34On vous a dit tout l'amour
09:36qu'on vous porte, Pierre-Pierre.
09:37Une surprise pour vous à présent ?
09:38Oh, non.
09:39Si.
09:39Si.
09:40Alors, c'est quelqu'un...
09:40Je ne sais pas si vous le connaissez.
09:42Je ne suis pas sûr.
09:42En tout cas, lui, il vous connaît.
09:44Regardez.
09:46Pierrot, je ne sais pas
09:46si tu me reconnais.
09:47Tu sais, c'est François Berléand,
09:49celui qui n'habite pas trop loin
09:51de chez toi.
09:52Voilà.
09:53Tu sais, tu te souviens ?
09:55Voilà, je te dis
09:56un gros, gros, gros merde.
09:58Puis c'est ce qu'on dit
09:59pour le théâtre.
10:01Ta première est bientôt.
10:03Je viendrai.
10:03D'ailleurs, je serai là
10:04le jour de la première.
10:06J'espère que ton émission
10:07se passera bien.
10:08N'oublie pas de...
10:09Tu sais, de faire fonctionner
10:11l'appareil
10:11pour répondre aux questions.
10:13Et puis, je t'embrasse très fort
10:15et je t'aime.
10:16Allez.
10:19François Berléand.
10:21C'est mon ami.
10:23Enfin, c'est l'un de mes amis.
10:24Mais c'est un ami cher.
10:25Maintenant, on habite
10:26dans le même immeuble.
10:27Vous avez vu ce qu'il m'a raconté ?
10:28Absolument.
10:29J'ai découvert
10:30trois semaines avant,
10:31on avait dîné chez lui
10:33avec Evelyne, ma femme.
10:34Quand on m'a proposé
10:35cet appartement,
10:36je me suis dit
10:36mais je connais cette adresse,
10:37c'est bizarre.
10:38Et on m'a déposé
10:39pour que j'aille visiter
10:40l'appartement.
10:41Je me suis dit
10:41mais c'est l'appartement de Berléand.
10:42C'est ton rôle ?
10:43L'immeuble de Berléand.
10:44Et vous allez l'un chez l'autre ?
10:46Normalement,
10:47on va l'un chez l'autre
10:48mais on se voit beaucoup
10:49dans la vie
10:50et depuis qu'on vit
10:50dans le même immeuble,
10:51on ne se voit pas.
10:53On ne fera pas
10:53la fête des voisins ?
10:55Oui,
10:55on fera la fête des voisins.
10:57Non,
10:57non,
10:57mais ils travaillent beaucoup
10:59moi aussi
10:59donc on se croise
11:00mais ça fait très longtemps
11:02qu'on s'aime beaucoup.
11:03On a beaucoup travaillé ensemble.
11:04D'ailleurs,
11:04j'espère que ça va revenir.
11:06On va regarder
11:06dans le rétro,
11:07Pierre.
11:08On se rend compte
11:09que...
11:09J'adore quand vous faites
11:11le ronchon,
11:11moi j'adore ça.
11:12Oui,
11:12mais c'est mon meilleur
11:13compartiment de jeu.
11:14C'est vrai.
11:15On se rend compte
11:16que vous avez touché
11:16à tous les styles.
11:17On va voir des images
11:18de 1967
11:19si je vous dis
11:20Jobard.
11:22L'accusé Jobard,
11:23c'était en votre
11:23ami Conscience
11:24pour la télévision française.
11:25Oui,
11:26ça c'est terrifiant ça.
11:27Pourquoi terrifiant ?
11:28Je me demande
11:28pourquoi ce type
11:29a fait une carrière
11:30parce que là,
11:31on cherche vainement
11:32à comprendre.
11:32À l'époque,
11:33vous diriez
11:33que vous vouliez vraiment
11:34prioritairement
11:35être dans le registre dramatique ?
11:37Non.
11:38Non ?
11:38Non.
11:39J'étais dans le registre
11:40qu'on voulait bien me confier.
11:42Vous savez,
11:43c'est comme ça.
11:44Il y a plusieurs catégories
11:44d'acteurs.
11:45On m'a toujours expliqué
11:46qu'on apprennait le métier
11:48en le pratiquant.
11:49Donc,
11:49j'ai gardé ça dans le crâne.
11:50D'ailleurs,
11:50là,
11:51je n'avais aucune raison
11:51de le refuser.
11:53C'était le rôle principal.
11:54C'était en direct
11:55à la télévision
11:56à l'époque
11:56où elle faisait encore
11:57du direct.
11:59On est en direct,
11:59nous ?
12:00Oui,
12:00je sais bien.
12:01Oui,
12:01mais ça,
12:01maintenant,
12:03malheureusement,
12:03je suis un vieux crabe
12:04donc je vais me débrouiller.
12:05Mais non,
12:06non,
12:06non,
12:06non,
12:07non,
12:07c'est venu après,
12:11les choix,
12:11quand j'ai eu le pouvoir
12:12de faire des choix.
12:13Mais celui-là
12:14était une chance
12:15absolument formidable.
12:17On est en 67,
12:18vraiment.
12:18C'est son beau début.
12:19vous avez 2-3 ans
12:20de carrière à l'époque
12:21à peu près.
12:2267,
12:23oui,
12:243 ans.
12:243 ans,
12:2564.
12:26Si je vous dis
12:26Muriel Robin
12:27comme partenaire,
12:28vous me répondez ?
12:29Je l'adore.
12:30Bien sûr.
12:30Elle a eu un avantage considérable,
12:33c'est que quand j'ai eu
12:34mon petit pépin de santé
12:35il y a maintenant un an,
12:37je suis tombé dans ses bras
12:39en scène.
12:41La pièce lapin
12:41de Ben Cheprit.
12:42La pièce de lapin,
12:43voilà,
12:43et donc elle a un souvenir
12:44de ça merveilleux
12:45puisque c'est quand même
12:46pas tous les jours
12:47qu'Arditi tombe dans les bras
12:48de Muriel Robin.
12:49C'est vrai.
12:49Et donc,
12:50elle garde ça
12:50comme un souvenir précieux.
12:51Évidemment,
12:52alors,
12:53évidemment,
12:53il y a ce souvenir
12:54mais on va aller plus,
12:55on va remonter dans le temps.
12:56Oui.
12:561985.
12:58Oui,
12:58et alors ?
12:59Attendez,
12:59j'arrive Pierre.
13:01Le petit théâtre de Bouvard.
13:02Ah oui,
13:03oui,
13:03c'est comme ça
13:03que j'ai connu Muriel Robin.
13:05On a le document.
13:06Ah si ?
13:07Et c'est très drôle.
13:08Et puis,
13:0948 heures,
13:10c'est vite passé.
13:11C'est vrai.
13:13Voilà.
13:15Dis donc,
13:15pardon,
13:16qu'est-ce que tu lui as dit
13:17exactement ?
13:18Ça ne va pas recommencer,
13:19ça ne va pas recommencer.
13:20Je lui ai dit,
13:21je lui ai dit
13:21que je partais,
13:23c'est l'essentiel.
13:23Non,
13:24ce n'est pas l'essentiel.
13:24Tu ne lui as pas dit
13:25que tu partais pour toujours,
13:26tu lui as dit
13:26que tu partais pour 48 heures.
13:27Attends,
13:27pour 48 heures,
13:28pour 48 heures.
13:29J'y vais par étapes.
13:31Voilà.
13:32Par étapes.
13:33Par étapes.
13:33Alors,
13:33je peux dire
13:34que la prochaine fois
13:35qu'elle revient,
13:35on lui en fout 48 dans le pif.
13:36Mais,
13:36par étapes.
13:38Par étapes.
13:39Voilà.
13:39Voilà les petits gâteaux
13:40pour vous.
13:41Voilà.
13:42Et surtout,
13:43alors la mademoiselle,
13:44j'y tiens,
13:44vous rappelez bien
13:45à mon mari
13:46qui doit passer chercher
13:47Jean-Baptiste
13:47au train lundi matin.
13:49Voilà.
13:49Qui est Jean-Baptiste ?
13:51Notre fils.
13:53Notre fils.
13:53Je vais vous rechercher
13:54un petit peu de pique.
13:54Oui,
13:55je me resserre.
13:55Je suis bien servi.
13:56Oui,
13:56ça va.
13:58Parce que tu as un fils,
13:59toi,
14:00tu ne me l'avais pas dit ça.
14:00Oui,
14:01je ne veux pas tout dire
14:02d'un coup.
14:02J'y vais par étapes.
14:05Et surtout,
14:05alors sur la route,
14:06soyez prudents.
14:07Tu ne fais pas la route
14:08d'une traite.
14:09Ah,
14:10par étapes.
14:12Mais qui écrivait ça ?
14:16C'était vous ?
14:17Non,
14:18je me demande
14:19même si ce n'est pas
14:20Muriel qui avait.
14:22Ce n'est plus très bien.
14:23C'est son style.
14:23Mais elle avait déjà
14:24son style.
14:25Évidemment.
14:25Et malheureusement,
14:26moi aussi.
14:28On était déjà...
14:29Non,
14:29c'est un joli souvenir,
14:30ça.
14:31C'est un joli souvenir.
14:32Bon,
14:32après les archives,
14:33les partitions,
14:34Adrien Roar,
14:35ici présent,
14:36vous vouliez explorer
14:37la vie musicale
14:38de Pierre Arvid.
14:39Absolument,
14:39puisque la musique,
14:40ce sont aussi
14:41des souvenirs.
14:42On a créé un jute box
14:43spécialement pour vous,
14:44sobrement intitulé
14:45Hardy Box.
14:47Hardy Box.
14:48Hardy Box.
14:48Hardy Box.
14:49Hardy Box.
14:50Hardy Box.
14:50C'est dans ce jute box
14:52qui vous est destiné,
14:53évidemment,
14:54des chansons,
14:55des morceaux,
14:56mais aussi des moments,
14:57des gens.
14:58Voici la première musique
14:59que nous écoutons.
15:04Vous l'avez ?
15:05C'est les danses allemandes
15:06de Mozart.
15:07Oui.
15:08La promenade en traîneau
15:09de Mozart.
15:11Pourquoi j'ai choisi ce titre ?
15:12Parce qu'il a bercé
15:14votre enfance,
15:15d'une certaine manière.
15:15Et Mozart,
15:16au sens large d'ailleurs.
15:17Il a bercé ma vie,
15:18Mozart,
15:19mais mon enfance aussi.
15:21Alors ça,
15:22vous allez voir,
15:22à un moment donné,
15:23on entend la clochette,
15:24la clochette du traîneau.
15:25C'est pour ça qu'on adorait ça
15:26quand on était petits.
15:28Mes parents étaient
15:29très mélomanes
15:30et on a écouté ça
15:31sur les gramophones
15:33avec l'espèce de manivelle
15:35quand la musique dégueulait.
15:38Donc je ne sais pas,
15:38je vais avoir 6-7 ans.
15:40Et vous vouliez
15:40être chef d'orchestre
15:41à l'époque,
15:41il paraît ?
15:42Oui,
15:43j'avais envie de ça.
15:44Vous avez voulu la clochette ?
15:45Les clochettes du Père Noël.
15:47C'est joli.
15:48Oui,
15:49oui,
15:49je voulais,
15:49oui,
15:49je voulais,
15:51déjà,
15:51je m'amusais comme ça.
15:52Après,
15:53quand j'ai été adolescent,
15:54je faisais ça en ouvrant la fenêtre
15:55en espérant que les jeunes filles
15:57qui passeraient dans la rue
15:58me lèveraient les yeux
15:59pour voir l'admirable musicien
16:01que j'étais.
16:01C'est assez.
16:02Qu'elles n'ont pas fait.
16:03Puisque vous parlez
16:04de jeunes filles,
16:05une autre musique
16:06que vous n'écoutez probablement pas
16:08comme nous,
16:08nous l'écoutons.
16:09voilà combien de jours,
16:11voilà combien de nuits,
16:12voilà combien de temps
16:13que tu es repartie,
16:14tu m'as dit cette fois,
16:15c'est la nuit.
16:16Alors au-delà des textes de la voix,
16:19il y a cette histoire d'amour,
16:21entrez-les-vous,
16:22c'était bien.
16:25C'est pathétique,
16:26je ne sais pas quoi répondre.
16:28Mais ça,
16:28on ne savait pas,
16:29Pierre,
16:29que vous aviez une histoire d'amour
16:30fugace,
16:31mais intense avec Barbara.
16:32Oui, comète.
16:33Comète.
16:34Comète, oui.
16:35Oui, oui.
16:37Une sorte de petit,
16:38pas de petit,
16:39il n'y a pas de petit d'ailleurs.
16:40Oui, oui, voilà,
16:40je ne m'étendrai pas,
16:41mais oui,
16:43ça a été une rencontre
16:44violente et belle.
16:47Et voilà,
16:48j'ai partagé,
16:49j'ai eu la chance
16:49de partager la vie
16:51de cet être extraordinaire.
16:54Quand on traverse
16:55la vie d'une comète,
16:56vous savez,
16:57c'est très bref
16:57et c'est très marquant.
16:59Donc je le suis encore
17:0040 ans plus tard,
17:01même un peu plus
17:0245 ans plus tard,
17:03marqué par cette rencontre
17:05qui ne s'effacera jamais.
17:07D'ailleurs,
17:07je n'en aurais jamais parlé
17:08si mon ami Jean-Luc Moreau,
17:10qui est un traître,
17:10comme mon bosseau,
17:12avait révélé ça
17:13alors que je n'en avais
17:14jamais parlé à personne.
17:15Alors maintenant,
17:15tout le monde le sait.
17:17Donc je ne m'étends pas,
17:18mais c'est bon,
17:19magnifique rencontre.
17:21C'est toujours très agréable
17:22de réécouter Barbara,
17:23bien sûr.
17:23Une autre chanson
17:24du Hardybox.
17:25Vanessa Paradis,
17:32chanson écrite
17:33par Sèche Gainsbourg,
17:35Tandem,
17:36il paraît que cette chanson
17:37vous rend heureux.
17:39Oui.
17:40Pourquoi ?
17:40Eh bien,
17:41elle me rend heureux
17:41parce que c'est...
17:42D'abord,
17:43j'ai une passion pour Gainsbourg
17:44et pour Vanessa Paradis
17:45que j'aime beaucoup aussi.
17:47Parce que cette musique,
17:50ces rythmes-là,
17:52ça me rappelle mon adolescence.
17:54Ah oui ?
17:54Oui,
17:55quand j'avais 16 ou 17 ans.
17:57Période malheureusement passée.
18:00Oui.
18:01Malheureusement,
18:02mais qui reste extrêmement présente
18:04pour moi.
18:04Et donc,
18:05je...
18:06Voilà.
18:07La voix de ça
18:08et l'orchestration derrière,
18:10ça me fait absolument penser
18:11à ce que j'ai écouté
18:12quand c'est à tomber amoureux
18:14des jeunes filles.
18:15On a le temps
18:15pour une petite dernière ?
18:16Il y a longtemps.
18:17Est-ce qu'on a le temps
18:17pour une petite dernière
18:18avec Adrien ?
18:19Oui.
18:19Oui, allez,
18:20on écoute ça alors.
18:20Une voix de ça
18:21à trois temps.
18:23Ça prend encore le temps.
18:24C'est Bren.
18:25J'ai choisi Bren
18:26parce que
18:26vous l'avez vu
18:28débuter
18:28dans un endroit
18:29tout à fait particulier
18:30qui est le théâtre
18:31des Trois-Baudets.
18:32Oui.
18:33Lien familial
18:34que vous avez
18:35avec cet endroit-là,
18:36Salmétique à Paris.
18:38Je veux bien
18:38que vous nous en parliez
18:40elle a été créée
18:41et dirigée par
18:43Canetti, non ?
18:45Jusqu'à Jacques Canetti.
18:46Jacques Canetti
18:47qui a été un grand découvreur
18:48de talent.
18:48Ils étaient deux.
18:50Cocatrix d'un côté,
18:52Canetti de l'autre.
18:53Cocatrix était plutôt
18:54sur les chansons populaires
18:55voire
18:56« Yaïe et rock »
18:57tout ça.
18:58Canetti était plutôt
18:58sur une partie
19:00plus intellectuelle
19:01mais en fait
19:01les deux
19:02valaient le coup.
19:04Voilà.
19:04Et donc j'ai bu.
19:05J'étais très...
19:06J'avais 10 ans.
19:07Mais Canetti était
19:07un cousin de votre papa,
19:08c'est ça ?
19:08Oui, absolument.
19:09Ils étaient cousins
19:11l'un et l'autre.
19:12Tous les deux sont
19:12là-haut.
19:13Ils se sont retrouvés
19:13là-haut.
19:14Et moi je vois
19:15beaucoup la fille
19:15de Jacques Canetti,
19:16Françoise qui est ma cousine.
19:18Voilà.
19:18Et donc tout ça fait partie
19:19de la famille.
19:20Vous étiez dans les coulisses
19:20des Trois-Baudets,
19:20vous étiez petit.
19:21Parce que mon père
19:22de temps en temps
19:22de faire des décors
19:24pour les Trois-Baudets.
19:25Il avait fait un décor
19:26pour une pièce
19:27de François Miedoux
19:27par exemple.
19:29Et je l'ai vu débuter
19:30avec une guitare sèche
19:31et il allait vomir
19:33dans les coulisses
19:34tellement il avait peur.
19:35Jusqu'à la fin de sa carrière,
19:36il vomissait avant d'entrer en scène.
19:37Apparemment jusqu'à la fin
19:38de sa carrière,
19:39on l'adorait.
19:40D'ailleurs, j'ai vu Gainsbourg
19:42dans les mêmes conditions
19:43et au même endroit.
19:44Donc c'est quand même pas...
19:45Ibéard.
19:46Donc c'est quand même pas rien
19:46de voir ça
19:47quand on est un petit enfant.
19:48D'ailleurs, j'ai eu envie
19:49de devenir acteur
19:50simplement parce que
19:51j'avais vu ces gens-là
19:52chanter sur cette petite estrade
19:54qui s'appelle La Seine.
19:57Donc curieusement,
19:57c'est en voyant des chanteurs
19:58que j'ai eu envie d'être acteur.
20:00Merci Adrien.
20:01Merci Pierre
20:02pour ces confidences.
20:03Ça me fait tellement plaisir.
20:05Mais écoutez, c'est partagé.
20:06De voir Maya
20:07que je vois de temps en temps
20:08quand même.
20:09Je vous regarde le matin
20:10pour me réveiller
20:12de bonne humeur.
20:13Mais ça me fait très plaisir.
20:15Nous, on se connaît
20:16depuis très longtemps.
20:17Maya, on se croise dans la vie.
20:18C'est vrai.
20:19C'est bien.
20:19On se croise.
20:20Allez applaudir, Pierre,
20:21dans cette magnifique pièce.
20:22Vraiment, vous savez
20:23qu'on dit la vérité
20:24dans cette émission.
20:24Je me souviendrai
20:25de presque tout.
20:26C'était au théâtre Montparnasse
20:27aux côtés de Nicolas Briançon
20:29et de Miguel Van der Linden.
20:31J'ai vérifié.
20:32Vous avez raison.
20:32Je suis très heureux
20:32de jouer ça.
20:34D'ailleurs, le public
20:35navigue formidablement
20:38entre le rire
20:39et les choses
20:39qui se renversent
20:40dans l'autre sens.
20:41Et ça va être évidemment
20:41le carton de cette saison.
20:42On vous remercie, Pierre,
20:42d'être venu nous voir.
20:43C'est moi.
20:43C'est moi.
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