00:00Dominique Seux, ce matin, les cartes postales budgétaires et politiques de Sébastien Lecornu.
00:06Oui, depuis qu'il est entré à Matignon il y a 14 jours, il n'a, on le sait, quasiment rien dit à voix haute,
00:12mais il a aussi égrené l'air de rien à un certain nombre de mesures symboliques qui sont autant de messages à l'opinion publique.
00:17Suppression des avantages des anciens premiers ministres, disparition de quelques postes délégués interministériels,
00:24arrêt des campagnes de communication institutionnelles de l'État, il n'y a pas de petites économies.
00:29Et tout ça, naturellement, n'est politiquement et financièrement rien à côté de ce qu'attendent les partis politiques et les partenaires sociaux
00:35qui sont reçus à la queue leu-leu dans le bureau du Premier ministre.
00:39Premier ministre qui annoncera aux Français, d'ici la fin de la semaine, ses intentions sur les sujets les plus lourds, le social et le fiscal.
00:47Mais hier, une autre carte postale a été expédiée sur un sujet à la fois compliqué et brûlant, l'aide médicale d'État, l'AME,
00:55qui prend en charge les soins des étrangers sans papier.
00:57Sébastien Lecornu a reçu les deux auteurs d'un rapport, l'ancien ministre socialiste de la Santé, Claude Hévin,
01:04et celui qui est aujourd'hui conseiller de Brudeau-Retailleau, le préfet Patrick Stefanini.
01:08Il n'avait tout simplement jamais été reçu par un Premier ministre.
01:12La question est de savoir sur l'AME, comme sur la plupart du sujet, si une voie raisonnable est possible entre le statu quo total, dont parle la gauche,
01:22et la suppression quasi-totale, dont parle la droite et le RN.
01:26Fin 2023, ces deux personnalités, donc une de droite et une de gauche, ont conclu ensemble deux choses.
01:32Un, il serait insensé de supprimer l'AME, indispensable pour soigner ceux qui se trouvent sur notre sol et éviter les épidémies,
01:41pour des raisons donc humanitaires et prophylactiques.
01:43L'enveloppe doit donc être pour l'essentiel préservée.
01:46Mais deux, un meilleur suivi possible est nécessaire sur une dépense qui a beaucoup grimpé, de l'ordre aujourd'hui de 1,2 milliard.
01:55Cela ne représente que 0,5% des dépenses de santé totales pour 450 000 bénéficiaires.
02:01Ça n'est pas énorme.
02:03Mais si le sujet, comme toutes les dépenses de santé, n'est pas sérieusement regardé, le bébé finira par être emporté avec l'eau du bain.
02:10Il y a deux ans, Evan et Stefanini ont avancé un ensemble de propositions techniques, très concrètes, à expertiser naturellement, mais ensemble.
02:18Et que s'est-il passé ?
02:20Rien. C'est le problème.
02:21Elisabeth Borne a promis d'agir, Gabriel Attal aussi, Michel Barnier aussi, et puis rien.
02:27Quant à François Bayrou, il a annoncé la veille de sa chute la suppression de la prise en charge de la balnéothérapie, les soins par les bains,
02:34donnant l'impression que les sans-papiers font des bains payés par les contribuables.
02:38Franchement, l'ancien Premier ministre ne s'est pas grandi ce jour-là.
02:42Démonstration au fond classique.
02:43Entre ceux qui ne veulent rien changer et ceux qui veulent tout changer, ceux du milieu sont tétanisés.
02:49Pourtant, demander un rapport, une expertise, promettre de l'appliquer, puis l'enterrer, c'est à coup sûr le meilleur moyen d'excéder l'opinion.
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