00:00D'en signer BFM, Anne-Soura Dubois à la politique, Emmanuel Macron a reconnu hier soir, au nom de la France, l'État de Palestine à la tribune de l'ONU.
00:08Décision historique au niveau international. Mais vous nous dites ce matin qu'il va aussi laisser des traces dans la vie politique française.
00:14Oui, et pourtant le chef de l'État a tout fait pour accompagner cette décision, parler des conditions imposées à la Palestine comme le désarmement et le démantèlement du Hamas,
00:23tenter de rassurer la communauté juive en recevant à plusieurs reprises des intellectuels et les familles d'otages à l'Élysée.
00:29Et je n'oublie absolument pas, disait dimanche le chef de l'État, notamment sur Twitter, la peine des familles, de toutes les familles.
00:35Et au fond, toutes les vies se valent. Tout ou presque donc a été tenté pour limiter les secousses de cette décision sur le territoire national.
00:43Toutes les vies se valent, c'est en même temps très macroniste. Est-ce que dans ce cas de figure précis, ça fonctionne ?
00:49Non, ça n'a pas fonctionné. En effet, à gauche, le président est coincé. Hier soir, la France insoumise et des socialistes saluaient l'annonce de l'ONU,
00:56mais demandaient aussi, adressaient de nouvelles exigences au chef de l'État, lever les conditions imposées à travers cette reconnaissance à la Palestine,
01:04mais aussi rajouter de nouvelles sanctions à l'encontre d'Israël. Bref, peut mieux faire.
01:08Du côté du Rassemblement national, ça n'est pas mieux. Marine Le Pen qualifiait hier la décision du président de faute extrêmement grave
01:15et délétère pour la communauté juive de France. Bref, zéro pointé. Mais c'est au sein du bloc central que le malaise est le plus important.
01:21Et ça ne date pas d'hier. Sur le timing, surtout, les otages ne sont pas tous libérés, continuent à dire certains élus.
01:27C'était pourtant la condition sine qua non pour cette reconnaissance de la Palestine.
01:32Au moment aussi, disent ces mêmes élus, où la France insoumise, qui compte dans ses rangs des hostiles revendiqués à l'État d'Israël,
01:38a fait de ce conflit un argument électoral. C'est un cadeau trop facile qu'on leur fait, disent ces mêmes élus.
01:43On parle à un électorat qui ne nous rejoindra jamais.
01:46Sur la forme, enfin, pas de déplacement sur le territoire national, pas d'allocution pour illustrer cette décision.
01:52La grande explication, c'était hier soir à la tribune de l'ONU, et ça sera bien sûr ce soir sur BFM TV.
01:57Mais quoi, il n'y a personne qui est content ?
01:59Ce n'est pas tout à fait comme ça qu'il faut le voir en réalité. Là aussi, il y a une question de timing.
02:02En réalité, il y a ceux qui sont sincères, qui s'inquiètent aussi sur une résurgence de l'antisémitisme.
02:07Mais les politiques français se sont surtout mis en ordre de bataille pour la prochaine présidentielle.
02:13Chacun est en train de raffermir son électorat à gauche, à droite et au sein du bloc central.
02:17En réalité, les émancipations ont déjà commencé. Emmanuel Macron ne se représentera pas en 2027.
02:23Et donc aujourd'hui, il n'est plus interdit, il est même conseiller de critiquer le président de la République,
02:28quelles que soient les décisions qu'il prend.
02:29Et quel que soit le sujet aussi important, soit-il.
02:32Emmanuel Macron qui répondra aux critiques de cette classe politique ce soir lors d'une interview exceptionnelle.
02:37Elle la retrouve à 19h, le chef de l'État qui répondra aux questions de Patrick Sos.
02:41Donc ce sera tout à l'heure sur BFM.
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