- il y a 5 mois
Vous n'avez pas pu vous inscrire pour visiter l'Assemblée nationale lors des Journées européennes du Patrimoine ? Pas de panique, on a la solution
Comme chaque année, LCP vous ouvre les portes de l'Assemblée nationale.
Elsa Mondin-Gava présente une émission spéciale, entourée de Jean Garrigues et Bruno Fuligni, historiens, pour une heure en direct depuis le Salon Delacroix à l'Assemblée nationale.
Marco Paumier, journaliste de la rédaction de LCP, sera en duplex depuis les lieux emblématiques de l'Assemblée : l'Hémicycle, la Salle des Quatre colonnes et celle des Pas Perdus, l'Hôtel de Lassay, la Bibliothèque...
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, répondra à ses questions devant L'Arbre aux Mille Voix, une oeuvre d'art installée dans la cour d'honneur de l'Assemblée nationale.
Marion Becker, journaliste à LCP, sera quant à elle en duplex depuis le château de Versailles, où les espaces Républicains tels que la salle du Congrès et l'appartement du président du Congrès, seront ouverts au public, à l'occasion des 150 ans de la IIIe République, dont LCP est partenaire.
Comme chaque année, LCP vous ouvre les portes de l'Assemblée nationale.
Elsa Mondin-Gava présente une émission spéciale, entourée de Jean Garrigues et Bruno Fuligni, historiens, pour une heure en direct depuis le Salon Delacroix à l'Assemblée nationale.
Marco Paumier, journaliste de la rédaction de LCP, sera en duplex depuis les lieux emblématiques de l'Assemblée : l'Hémicycle, la Salle des Quatre colonnes et celle des Pas Perdus, l'Hôtel de Lassay, la Bibliothèque...
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, répondra à ses questions devant L'Arbre aux Mille Voix, une oeuvre d'art installée dans la cour d'honneur de l'Assemblée nationale.
Marion Becker, journaliste à LCP, sera quant à elle en duplex depuis le château de Versailles, où les espaces Républicains tels que la salle du Congrès et l'appartement du président du Congrès, seront ouverts au public, à l'occasion des 150 ans de la IIIe République, dont LCP est partenaire.
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00:00Musique
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans cette émission spéciale à l'occasion des 42e Journées du Patrimoine.
00:25LCP vous fait découvrir l'Assemblée Nationale comme vous ne l'avez peut-être jamais vue.
00:30Les portes sont déjà ouvertes, il y a beaucoup de monde.
00:3313 000 visiteurs sont attendus ce week-end, plus de 800 personnes par heure.
00:37Pour ceux qui n'ont pas de la chance de pouvoir se rendre sur place, ne vous inquiétez pas.
00:41LCP vous a concocté une visite guidée de l'Assemblée Nationale bien sûr.
00:46Mais cette année c'est une première du château de Versailles
00:49puisque le château a décidé cette année d'ouvrir des salles qui concernent la République.
00:54Deux lieux donc emblématiques de l'histoire de France.
00:57Alors nous sommes installés dans ce salon de la Croix, dans le périmètre sacré.
01:01On vous en livrera tous les secrets avec nos deux invités,
01:05deux spécialistes pour qui ce palais Bourbon n'a aucun secret.
01:09Justement Bruno Filini, bonjour.
01:11Bonjour.
01:11Vous êtes historien, ancien haut fonctionnaire de l'Assemblée.
01:14Jean Garrigue, bonjour.
01:15Bonjour.
01:16Historien également, professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans
01:20et spécialiste de cette histoire parlementaire et politique.
01:23Je vais vous présenter également nos deux guides pour la journée,
01:27Marion Becker et Marco Pommier.
01:29Marco Pommier depuis l'Assemblée Nationale.
01:32Il vous emmènera partout de l'hémicycle à la bibliothèque en passant par la Galerie des Fêtes.
01:36Et puis Marion Becker est-elle, je vous le disais, à Versailles ?
01:40Puisque quand on dit Versailles, on pense monarchie, Louis XIV.
01:44Mais Marion, il faut aussi penser république.
01:50Exactement, Elsa, ici, à Versailles, se cache, se trouve la salle des congrès.
01:57Elle est dans l'aile sud, derrière moi.
01:59Elle a été ouverte toute l'année, exceptionnellement, à l'occasion des 150 ans de la République à Versailles.
02:06C'était un événement.
02:07Et le château a décidé de l'ouvrir également pour les journées du patrimoine.
02:12Je vais vous y amener dans quelques instants, ainsi que dans les salons attenants,
02:17là où se sont tournées des pages importantes et souvent méconnues de la République.
02:23Merci beaucoup Marion.
02:24On vous retrouve dans un instant.
02:26Mais on commence par l'Assemblée Nationale.
02:29Alors justement, pour cette visite, on le voit que de plus en plus de Français veulent venir.
02:33Jean Garrigue, ils veulent voir en vrai cette Assemblée dont on leur parle tant.
02:37Oui, c'est une excellente chose.
02:39C'est la maison du peuple, l'Assemblée Nationale.
02:42C'est là que sont élus les représentants de la nation et qui sont les représentants de la nation tout entière.
02:48Chacun d'une circonscription, mais de la nation tout entière.
02:51Et il est sain, il est bon que de plus en plus de Français connaissent les rouages de cette Assemblée.
02:57On sait bien que toute notre histoire est faite d'anti-parlementarisme.
03:01Les Français n'ont pas toujours bien compris à quoi servaient leurs assemblées.
03:05Et je trouve que c'est une très très belle chose d'ouvrir cette maison à tous ces citoyens français ou étrangers,
03:11parce qu'ils sont très nombreux aussi.
03:12Alors justement Bruno Fulini, pour faire comprendre aussi à ceux qui nous regardent aujourd'hui,
03:17depuis quand les députés siègent-ils ici au sein du Palais Bourbon ?
03:21Alors c'est une histoire compliquée, puisque les députés au départ siègent à Versailles,
03:25on va en reparler en 1789, mais à la fin de la Révolution, le 21 janvier 1798,
03:31pour la première fois, les députés du Conseil des 500 prennent possession des lieux.
03:37Donc c'est le palais ci-devant de Bourbon, qui au départ a été construit sous la monarchie.
03:42C'est un palais qui a environ 300 ans, mais qui a été entièrement remanié pour accueillir une Assemblée parlementaire.
03:48Et alors c'est très spectaculaire, puisqu'ils quittent leur ancienne salle, qui était celle de la Convention.
03:53Ils font une grande procession dans Paris.
03:55Et il faut savoir qu'à l'époque, les députés ont un uniforme, un uniforme assez majestueux,
03:59une sorte de toge, il y a une toque avec une plume, il y a un glaive.
04:02Et donc il faut imaginer ces 500 députés, tous des hommes évidemment en 1798,
04:08qui arrivent ici, qui prennent possession du palais au son de 21 coups de canon,
04:12parce qu'on veut marquer la solennité du moment.
04:15De cet événement évidemment. Alors on va parler aussi d'une star de cette édition,
04:19c'est la bibliothèque. Marco Pommier s'y trouve.
04:23On va justement le voir dans un instant. Je vois qu'il y a déjà beaucoup de monde derrière vous, Marco.
04:26Les visiteurs veulent voir cette bibliothèque.
04:29Pourquoi ? Parce qu'elle a été rénovée.
04:31On va justement regarder ces travaux qui ont été effectués,
04:35une rénovation de ce lieu emblématique, de ce Temple du Savoir.
04:39Reportage de Maïté Frémont et de Marion Duvauchel.
04:4142 mètres de long, 10 mètres de haut,
04:46la bibliothèque de l'Assemblée nationale fait partie des joyaux de notre patrimoine.
04:51L'hémicycle c'est le feu, la bibliothèque c'est l'eau.
04:54Le feu, le tumulte, le débat, la force du débat, indispensable à notre démocratie.
05:00L'eau de la bibliothèque, l'endroit, le seul endroit calme,
05:03où on s'apaise, on se ressource,
05:05et on vient asseoir la qualité des débats sur la connaissance.
05:10Ici, 700 000 ouvrages y sont conservés.
05:13Une collection exceptionnelle qui retrouve sa place dans les rayons,
05:18après un an de restauration.
05:20Imaginez que c'est des livres qu'on n'avait jamais bougé depuis deux siècles.
05:25Exceptionnel, tout comme son célèbre plafond,
05:28600 mètres carrés de peinture d'Eugène Delacroix,
05:31qu'il mettra neuf ans à réaliser.
05:33Il ne pouvait travailler que lorsque l'Assemblée ne siégeait pas.
05:36Et il avait entre août et décembre,
05:38qui sont en plus les pires périodes de l'année pour travailler dans le climatisme,
05:42c'était le seul moment.
05:43Et après, il devait démonter complètement son échafaudage,
05:44repartir à zéro, et puis revenir, remonter son échafaudage et refaire ça.
05:48Il a pris beaucoup de temps parce qu'il a tout de suite considéré ça
05:51comme une de ses œuvres majeures.
05:55Sa chapelle Sixtine, comme il aimait à l'appeler,
05:58composée de cinq coupoles, symbolisant la poésie,
06:02la théologie, la philosophie,
06:07les sciences et bien sûr, au centre, la législation.
06:12De chaque côté se font face les représentations de la paix avec Orphée
06:16et de la guerre et la barbarie avec Attila.
06:20L'œuvre a traversé les siècles, mais non sans dégâts.
06:24Alors, une trentaine de restaurateurs décrassent les vernis,
06:29rebouchent les fissures apparues.
06:32L'équipe fait même des découvertes surprenantes.
06:35Et vous voyez là, très clairement, et c'est logique,
06:41on voit des étoiles et des étoiles qui brillent incroyablement.
06:44Aucune d'entre elles n'apparaissait.
06:46Ça aussi, c'était un des petits miracles de la restauration.
06:49Soudain, on a vu ces étoiles et regardez comme elles brillent.
06:51Ça, c'est une poisse aussi.
06:53C'est la grande ours, en plus.
06:54C'est la grande ours.
06:55C'est génial.
06:56Et là, on l'a découverte.
06:57On ne voyait rien.
07:00Après un an de travaux, ce lieu splendide,
07:03cœur battant de la démocratie,
07:05est dorénavant ouvert au public.
07:11Et comme promis, on va vous y retrouver, Marco Pommier,
07:13dans ce passage obligé de ces 42e Journées du Patrimoine,
07:17la bibliothèque.
07:17Oui, je me trouve, Elsa, dans l'entrée du Temple du Savoir
07:24de l'Assemblée Nationale.
07:25Et dans cette entrée, il y a deux trésors inestimables.
07:29Regardez d'abord le procès de Jeanne d'Arc.
07:33Il est juste à droite, ce procès qui enverra la pucelle au bûcher
07:37en 1431, ce procès verbal.
07:41Il date de 1435, lui.
07:43Il en existe cinq copies,
07:45mais le seul exemplaire sur parchemin est exposé ici,
07:48à l'Assemblée Nationale.
07:50Autre trésor d'une valeur inestimable,
07:53vous le voyez, le Codex Borbonicus Aztèque.
07:58C'est un calendrier divinatoire mexicain sur fibre végétale
08:02qui date du XVe siècle
08:04et qui indique en fait les fêtes religieuses,
08:06les rites sacrés.
08:07Et ça ne se voit pas ici,
08:08mais ce calendrier fait plus de 14 mètres de long.
08:12On va maintenant entrer au cœur de l'Assemblée Nationale,
08:17au cœur de l'Assemblée,
08:18au cœur de cette bibliothèque de l'Assemblée.
08:21Alors vous le voyez, il y a beaucoup de monde,
08:23vous l'avez dit,
08:23elles a 13 000 personnes attendues ce week-end
08:26et nous rentrons dans cette bibliothèque absolument majestueuse,
08:31restaurée il y a quelques mois du sol au plafond.
08:35Vous la voyez, cette bibliothèque.
08:37Elle n'avait jamais fait l'objet d'une restauration d'ensemble
08:40depuis sa construction dans les années 1830 par Jules de Jolie.
08:45C'est absolument magnifique.
08:46Et on le rappelle, il y a 700 000 ouvrages ici à l'Assemblée Nationale,
08:50dont 54 000 livres,
08:52rien que dans cette bibliothèque rangée sur ses étagères.
08:56Et je me trouve dans cette bibliothèque avec Katia Echaïnez.
09:00Enchantée.
09:00Bonjour.
09:01C'est la première fois que vous visitez l'Assemblée Nationale.
09:04Qu'est-ce que ça fait de voir cette bibliothèque Verdict ?
09:07C'est incroyable de voir autant d'œuvres et surtout les peintures au plafond,
09:11c'est super joli.
09:13Et j'aime trop découvrir de belles choses.
09:17Et aujourd'hui, c'était vraiment intéressant d'avoir fait le tour de l'Assemblée Nationale.
09:21Et vous, Cheynez, c'est aussi la première fois que vous visitez l'Assemblée.
09:24Pourquoi vous avez voulu visiter cette Assemblée ?
09:27C'est rencontrer et découvrir les endroits de notre République,
09:31de découvrir toute l'histoire de toute notre République
09:35et de voir tout le patrimoine que notre belle France a.
09:39Merci beaucoup et bonne suite de visites.
09:42Voilà Elsa, des visiteurs fascinés par cette bibliothèque,
09:47ce lieu que gêne de la Croix, appelé sa chapelle Sixtine.
09:51Oui, des visiteurs conquis.
09:53Alors Bruno Fulini, Marco le présentait,
09:55des manuscrits, le procès de Jeanne d'Arc.
09:58C'est important pour l'Assemblée aussi d'acquérir,
10:01de montrer ces manuscrits qui ont marqué notre histoire.
10:05Oui, alors je vous rassure, les deux qui sont montrés là,
10:07ce sont des facs similés.
10:08Les originaux sont très fragiles et sont conservés
10:11avec l'hydrométrie qui convient, etc.
10:13Mais ce sont des facs similés très exacts, très précis.
10:17Et de façon globale, depuis qu'il y a une bibliothèque parlementaire,
10:20avant même que soit construite celle que nous voyons là au XIXe siècle,
10:23il y a l'idée que le législateur doit disposer d'une documentation universelle.
10:28C'est vraiment l'idée de l'honnête homme, c'est l'encyclopédie.
10:31Et donc nous avons dans cette bibliothèque, bien sûr, des livres d'histoire et de droit.
10:35Mais il y a des manuscrits des plus grands écrivains,
10:37il y a des récits de voyage, il y a des atlas, il y a des cartes,
10:40il y a des livres sur tout, on pourrait y passer une vie.
10:44Alors on va y passer peut-être un peu moins qu'une vie,
10:46mais en tout cas ce week-end, les visiteurs vont pouvoir voir cette bibliothèque.
10:49Jean Garrigue, il y a des manuscrits tout à fait incroyables de l'histoire de France
10:53qui sont dans cette bibliothèque.
10:55Et non seulement de l'histoire, mais de la littérature.
10:58Bruno en parlait, le roman de La Rose, je crois, qui est quand même un monument.
11:03La nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau.
11:05Et puis des documents plus politiques.
11:07Je crois que la constitution de l'an 1, première constitution républicaine,
11:12le projet Robespierre.
11:13Et moi il y a quelque chose qui me plaît particulièrement, c'est une épée.
11:18C'est une épée qui aurait servi au duel, qui a servi au duel
11:21entre le président de l'Assemblée de l'époque, qui s'appelait la Chambre des députés,
11:25Eugène Floquet, et Charles Floquet, pardon, et le général Boulanger.
11:29Le général Boulanger qui est un personnage sur lequel j'ai particulièrement écrit
11:32et qui me fascine.
11:34Et avoir ce témoignage, j'allais dire, in vivo d'une histoire,
11:40et une histoire ô combien mouvementée, je trouve ça tout à fait excitant.
11:45Et on parle histoire, Bruno Fulini, on parle du patrimoine.
11:48C'est vrai que ces peintures de Jeanne de la Croix, c'est absolument somptueux.
11:53On voit sur les images le bleu derrière qui surgit.
11:56C'est des couleurs absolument magnifiques.
11:58L'Assemblée, c'est la politique, mais c'est aussi le patrimoine français.
12:01Oui, le Palais Bourbon, de façon globale, c'est un condensé d'histoire de France.
12:06Et lorsqu'on pénètre dans la bibliothèque, surtout depuis qu'elle a été restaurée,
12:09qu'elle est tellement plus lumineuse,
12:11eh bien, on est vraiment submergé par le travail de Delacroix.
12:15Puisque Delacroix, en fait, a voulu raconter une sorte d'histoire intellectuelle de l'humanité.
12:20À une extrémité, Orphée enseignant les bienfaits de la civilisation, la poésie aux Grecs.
12:26Donc, on a des hommes qui sortent vraiment de l'état de nature et qui découvrent les arts.
12:29Et puis, en face, Attila, suivi de ses hordes barbares, détruisant la civilisation.
12:34Et entre les deux, toutes les disciplines de l'esprit humain sont représentées par une allégorie, par une figure.
12:40Et donc, on voit tous les grands personnages, tous les grands penseurs de l'Antiquité.
12:43C'est extraordinaire.
12:44Et justement, c'est du patrimoine, c'est de l'histoire, c'est le passé.
12:48Mais c'est très actuel quand on voit l'équilibre, la paix, la guerre.
12:52Quand on voit aussi, dans le plafond, justement, il y a la philosophie, la théologie, la science, la poésie, la législation.
12:58Ce sont encore, en fait, des thèmes sur lesquels on s'appuie aujourd'hui, Jean Garrigue.
13:01C'est vraiment d'actualité, toutes ces peintures de Jeanne de la Croix.
13:04Bien sûr, c'est une ambition, et c'est ce que disait là encore Bruno, universaliste de cette Assemblée.
13:12Dont je rappelle d'ailleurs que, et c'est un paradoxe, là nous parlons d'une bibliothèque qui a été créée, embellie par Jeanne de la Croix,
13:22sous un régime qui n'était pas la République. C'était la monarchie de Juillet, qui est un régime de monarchie dite à chartes, constitutionnelle, on va dire.
13:31Et on voit bien que l'Assemblée, au-delà même de toute cette histoire républicaine, c'est un condensé de notre histoire politique.
13:39Il y a eu aussi un moment où l'Empire, le Second Empire, ont enrichi cette Assemblée, non seulement de leur discours,
13:46mais aussi de toute la décoration de ce lieu. Et donc, ça donne une dimension extrêmement forte, une dimension historique extrêmement forte à cette Assemblée.
13:57Et notre recommandation sur les peintures de Jeanne de la Croix, dans la bibliothèque de l'Assemblée nationale, aux éditions Azan,
14:04ce livre, avec des textes de Barthélémy Jobert et des photos d'Ambroise Tézenas.
14:09Vous pouvez découvrir chaque peinture, chaque détail, si vous ne pouvez pas forcément venir les voir en vrai.
14:14Voilà ce livre. Et je le disais, on va continuer avec Eugène de la Croix, décidément très important dans cette Assemblée,
14:20puisque nous sommes dans le salon qui porte son nom, c'est dans le périmètre sacré de l'Assemblée nationale.
14:25Juste pour bien comprendre, Bruno Fulini, là c'est exceptionnel qu'on puisse se trouver là. Normalement, on n'a pas le droit d'y être.
14:30Normalement, cette partie qu'on appelle le périmètre sacré, on voit d'ailleurs derrière vous une des portes qui permet d'entrer dans l'hémicycle,
14:36quand il y a séance, est réservée aux députés, aux ministres et à leurs très proches collaborateurs.
14:41Alors, cette pièce particulièrement, elle a une histoire. Nous l'appelons le Salon de la Croix, mais son nom originel, c'est le Salon du Roi.
14:48Sous Louis-Philippe Ier, Jean a tout à fait raison, c'est sous la monarchie de Juillet qu'ont été faits des aménagements très importants.
14:54Et dans cette pièce, il y a une niche qui n'est pas peinte, contrairement à tout le reste, où se trouvait un trône.
14:59Et Louis-Philippe Ier, roi des Français, siègeait là avec les députés en uniforme qui s'assemblaient autour.
15:04Bon, alors tout ça a disparu. Il y a maintenant, et c'était la volonté de Jean-Louis Debré, un buste de Marianne à la place du trône.
15:11Il nous reste en revanche ces peintures extraordinaires.
15:13Sur les pilastres, en fait, c'est la France qui est figurée ici.
15:16Et nous avons par exemple ici le Rhin, derrière moi la Loire, tous les grands fleuves qui arrosent le pays,
15:22et puis aussi l'océan et la Méditerranée qui étaient de part et d'autre du trône.
15:26Puisque c'est ce que vous disiez, Jean Garrix, on représente la nation, les fleuves sont représentés.
15:32Ici, à l'Assemblée nationale, chaque député vient de sa circonscription, mais c'est la nation tout entière qui siège.
15:37C'est une notion très importante.
15:38Très importante, la nation tout entière, son histoire, sa géographie, ses idées, ses valeurs,
15:45incarnées dans un certain nombre de statuts, un peu partout d'ailleurs, que ce soit ici au Palais Bourbon ou en hôtel de l'Assay,
15:52on voit très bien l'intention de résumer au fond toute l'histoire de notre pays dans ce lieu particulier.
16:00Et c'est vrai que ce salon Delacroix est l'un des lieux très emblématiques.
16:04C'était là d'ailleurs que Delacroix s'était fait un peu la main.
16:08C'est un peu grâce à la décoration de ce salon qu'il est parvenu à la célébrité.
16:14C'est intéressant parce que justement c'était un cadeau qu'il faisait à cette histoire de la nation.
16:19Avec des frises comme la justice, l'industrie, la guerre et l'agriculteur.
16:23Un petit mot, on parlait de ce périmètre sacré, c'est Salon Delacroix pour ceux qui siègent à gauche de l'hémicycle,
16:28Pujol pour ceux qui siègent sur la droite, c'est aussi le lieu de conciliabule.
16:32C'est ici qu'on vient, hors caméra, hors micro, négocier aussi pendant les séances.
16:36Bruno Fulini.
16:37Et c'est assez drôle, vous avez une séance de nuit qui se passe mal, une interruption de séance, une suspension,
16:43les députés se réunissent et alors sous les ors de l'ancien salon du roi, vous avez toute la gauche et l'extrême gauche.
16:49Alors que la droite, l'extrême droite, naturellement se retrouve dans un salon qui est exactement symétrique,
16:54mais qui lui est d'une sobriété totale, le salon Pujol.
16:57Et c'est des lieux effectivement de négociation, où peut-être le ton employé est plus direct, plus franc,
17:05peut-être parfois plus respectueux, c'est pas filmé comme dans l'hémicycle,
17:08il n'y a pas ce côté théâtral qu'on peut connaître lors des débats aussi.
17:11Oui, on parle aussi de la buvette comme un lieu de conciliation, de concertation, parfois au contraire d'affrontements.
17:18Oui, il se passe beaucoup de choses dans ces trois salons, Pujol, Delacroix et puis le Casimir Pervier qui est au milieu.
17:26Et ça fait partie intégrante.
17:28Et si vous lisez par exemple ce que raconte Maurice Barès de la vie parlementaire sur la Troisième République,
17:34il décrit beaucoup d'événements, de petites scénettes qui se passent dans ces salons.
17:38On va continuer notre cheminement à l'Assemblée Nationale avec un lieu que nos téléspectateurs doivent très certainement reconnaître
17:44puisque Marco Pommier se trouve dans la salle des Pas Perdus.
17:47C'est là où on enregistre certaines de nos émissions.
17:50Marco, c'est une salle essentielle du parcours, notamment pour mener jusqu'à l'hémicycle.
17:56Oui, tout à fait Elza, c'est un lieu très solennel, cette salle des Pas Perdus, appelée aussi Salon de la Paix.
18:04Pourquoi ? Eh bien parce que si vous levez les yeux, regardez, vous remarquerez cette figure allégorique de la paix
18:12tenant dans sa main une branche d'Olivier, œuvre d'Horace Vernet.
18:17Vous l'avez dit Elza, cette salle, on la connaît bien si on regarde les questions au gouvernement sur LCP le mardi
18:23lorsque la présidente de l'Assemblée traverse cette salle longue de 20 mètres au son des tambours,
18:31il faut bien s'imaginer, accueillie par la garde républicaine qui lui rend les honneurs.
18:37Pourquoi d'ailleurs la garde républicaine ? Eh bien parce que cette garde républicaine,
18:41elle est chargée de protéger la République. L'armée est chargée de protéger la République.
18:46Et lorsque Yaël Braun-Pivet emprunte cette salle des Pas Perdus, elle prend la direction ensuite de la salle des séances.
18:53Regardez, c'est écrit juste au-dessus de cette porte.
18:56On va donc faire ensemble le chemin que fait Yaël Braun-Pivet le mardi par exemple
19:01pour rejoindre la séance de questions au gouvernement.
19:05Vous la voyez, la salle des séances, elle se trouve juste ici.
19:08On monte ce petit escalier et la voici, on est vraiment là dans le cœur battant de l'Assemblée nationale,
19:17l'hémicycle, un hémicycle aménagé par l'architecte Jules Dejoli entre 1828 et 1832.
19:27Vous reconnaissez peut-être la colonnade de marbre blanc et bien sûr les bancs rouges
19:33sur lesquels siègent les 577 députés, des députés qui votent solennellement les lois bien sûr,
19:41avec un petit boîtier.
19:43Regardez, on va vous le montrer sur ces images, ce petit boîtier.
19:46Il se trouve juste ici, voilà, on enlève.
19:49Le boîtier pour, contre, abstention, trois votes possibles.
19:55Au premier rang dans cet hémicycle, vous avez aussi le banc des ministres.
20:00C'est ici, en fait, que les ministres prennent place lorsqu'ils sont dans l'hémicycle de l'Assemblée.
20:05Par exemple, ici, nous avons la place du Premier ministre.
20:09Alors, c'est maintenant la place de Sébastien Lecornu.
20:12C'est là qu'il s'assiera, eh bien, lors des questions au gouvernement,
20:17quand il viendra dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines.
20:22Juste en face, vous avez aussi le perchoir.
20:25Le perchoir, avec notamment la tribune, d'abord, où les différents orateurs s'expriment.
20:31Et puis, juste au-dessus, je vous le disais, nous avons le perchoir,
20:34où Yael Brun-Pivet et ses vice-présidents président les séances.
20:38Alors, la visite de l'hémicycle, c'est bien sûr le moment attendu de cette visite.
20:44Et je me trouve, avec ces visiteurs qui ont accepté de nous répondre,
20:48qui sont peut-être un peu intimidés,
20:49qu'est-ce que ça fait de visiter celui emblématique ?
20:52C'est impressionnant.
20:53Pourquoi ?
20:55Moi, c'est la deuxième fois, mais c'est toujours...
20:56C'est la deuxième fois que vous venez ?
20:57Oui, mais c'est la première fois.
20:59C'est la première fois. Et ce sont vos parents ?
21:00Oui.
21:01Et alors, qu'est-ce qu'ils en pensent, les parents ? C'est impressionnant ?
21:03Oui, c'est impressionnant. Ça fait plaisir de voir.
21:07Et qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est conforme à vos attentes ?
21:10Parce qu'on dit souvent, c'est un peu plus petit qu'à la télé.
21:12Non, ça va. C'est normal. C'est ce qu'il faut.
21:16C'est quand même impressionnant.
21:17Oui, c'est impressionnant.
21:18C'est quand même impressionnant. Voilà Elsa, des visiteurs très impressionnés par l'hémicycle.
21:22Et dans quelques minutes, restez bien avec nous, je vous donne rendez-vous dans l'hôtel de Lassé.
21:26C'est la résidence des présidents de l'Assemblée nationale.
21:29Mais on vous suit, évidemment, Marco.
21:32Mais on s'arrête sur ce que vous venez de nous dire.
21:34Cette salle des pas perdus, les téléspectateurs la connaissent.
21:37Il y a un cérémonial avant d'arriver en séance pour la séance des questions au gouvernement, notamment.
21:41Et ça, c'est important, cette garde républicaine qui frappe les tambours au passage de la présidente Bruno Fulini.
21:47Oui, parce que derrière la cérémonie, il y a tout un symbole.
21:50Le palais Bourbon, tout comme le palais de Luxembourg où siège le Sénat, sont des places militaires en elles-mêmes.
21:55Il y a bien sûr la force armée pour les protéger, mais la force armée ici est sous le commandement de la personne qui préside l'Assemblée.
22:03Et donc, lorsque Yael Brunpivet passe, non seulement il y a les tambours qui battent au champ, les grands uniformes, bon d'accord,
22:08mais l'officier qui commande ce détachement lui présente les armes.
22:12Et la troupe s'arrête là. La troupe ne peut entrer dans l'hémicycle que si la présidente le demande.
22:19Et ça, c'est très très important. Ça fait référence, bien sûr, à des épisodes plus compliqués de notre histoire,
22:24où il y a eu des tentatives ou parfois de véritables coups d'État.
22:27Là, ici, la troupe est sous les ordres du pouvoir civil et s'est manifestée par cette cérémonie.
22:33C'est pourquoi elle est importante.
22:34Les pas perdus et puis l'hémicycle. Après, évidemment, Jean Garing, on se doute bien que les visiteurs veulent rentrer dans cette salle.
22:41577 députés. Le perchoir est un lieu aussi important, c'est-à-dire qu'il y a une question de regard, de respect de la présidente par rapport aux élus.
22:50C'est-à-dire que le regard du président ne doit pas s'étendre au-delà du plus haut des députés.
22:56Il doit être au niveau de ceux qu'il coordonne. Je dirais qu'il coordonne parce que, comme le disait Jean-Louis Dobry,
23:03qui était un grand président, il se voyait un peu comme un capitaine.
23:07Le capitaine d'un bateau dans lequel, logiquement, tout le monde devrait tirer dans le même sens.
23:13Alors, ce n'est pas toujours ce qui se passe et ça ne s'est jamais passé véritablement comme ça.
23:17Mais l'idée, c'est qu'on essaie... D'ailleurs, c'était l'idée des premiers révolutionnaires qui devaient se dégager une unité.
23:23En tout cas, l'unité, c'est celle de travailler ensemble, de faire la loi, de contrôler le gouvernement.
23:30Et la tradition se maintient avec le fauteuil du président qui date de l'époque du Conseil des 500,
23:38avec le bas-relief qui orne le bureau du président, avec l'histoire et la renommée.
23:44On est là aussi dans des symboles très importants, en réalité, que les Français ne connaissent pas toujours,
23:49mais qui traduisent justement cette continuité républicaine.
23:52Justement, sur ce bas-relief, l'histoire et la renommée, le passé, le futur,
23:58tout à l'Assemblée, on a le sentiment, il est question d'équilibre.
24:01Il y a énormément de symboles qui nous indiquent un peu la marche à suivre, Bruno Fulini.
24:05Tout à fait. L'histoire et la renommée, qui d'ailleurs sont soulignées par un petit dieu Janus.
24:10On aime bien les symboles à l'antique, à l'époque du Conseil des 500.
24:13Janus qui regarde à la fois le passé et l'avenir, c'est ce que doit faire un bon législateur.
24:17Si on regarde avec attention également l'ensemble formé par le perchoir et la tribune,
24:21on voit une branche de chêne, une branche d'olivier, donc le nord et le sud, la force et la richesse.
24:30Il y a même une palmette pour représenter peut-être les anciennes colonies, l'outre-mer.
24:34Donc effectivement, il faut que ce lieu, tous les députés puissent se l'approprier.
24:38C'est ça qui est génial dans le Parlement, c'est d'obliger des gens qui sont des adversaires
24:43à partager un même lieu, à s'y voir, à s'y parler et à s'y respecter.
24:48Sur la tapisserie de l'école d'Athènes également, qui a été restaurée aussi il y a peu de temps,
24:54on retrouve aussi ce symbole, la liberté à gauche, l'ordre public à droite.
24:59C'est un débat encore très actuel, je le redis parce que ça fait partie de l'histoire,
25:04mais cette question entre la liberté et l'ordre, c'est une question qui agite tous les gouvernements encore maintenant.
25:09C'est le bon équilibre à trouver.
25:11C'est le bon équilibre, la conciliation entre l'ordre et la liberté et à l'intérieur de ce lieu
25:15qui est le lieu du dissensus régulé, c'est-à-dire de lieux où on n'a pas les mêmes opinions,
25:21mais où on va essayer malgré tout de débattre.
25:23Et ça, c'est quelque chose d'essentiel.
25:26Il est vrai, un peu oublié à certaines périodes de notre histoire,
25:30peut-être depuis quelques années où certains groupes parlementaires ont été un peu dans l'agitation systématique,
25:37mais ça fait partie aussi du jeu politique.
25:40En réalité, il y a toujours eu des minorités à l'intérieur du Parlement
25:45qui étaient plus actives, plus combatives que d'autres.
25:48Ça n'a pas toujours été positif.
25:50Il y a eu aussi des moments où l'Assemblée a été envahie à plusieurs reprises,
25:54au moment de la Seconde République, au début de la Troisième, après la chute du Second Empire.
25:59Donc c'est un lieu vivant.
26:01C'est un lieu qui a dû souvent résister pour maintenir justement cette idée du consensus parlementaire.
26:09Et Bruno Fulini, nos téléspectateurs le voient,
26:11les députés sont classés par groupes politiques,
26:15des plus à gauche aux plus à droite quand le Président les regarde.
26:19Oui, effectivement.
26:19Alors sachant que certains groupes ont parfois eu des formes un petit peu biscornues,
26:23parce que dans chaque groupe, vous avez une aile gauche, une aile droite.
26:26Quand il y avait un important groupe gaulliste,
26:28il y avait quand même des gaullistes de gauche qui voulaient pencher un petit peu.
26:31Ce ne sont pas des parts de tarte très régulières.
26:34Il y a une géographie des groupes qui est intéressante.
26:37Nous avons actuellement un nombre de groupes particulièrement élevé pour la Ve République.
26:41Mais en 1932, ça a été, je crois, le record.
26:44Il y a eu 15 groupes, 15 groupes différents.
26:47Les règles étaient un petit peu différentes pour constituer des groupes.
26:50Effectivement, c'est par rapport au siège présidentiel qu'on siège de gauche à droite.
26:56Et ce qui est amusant, c'est que si vous regardez finement les sièges,
26:59vous allez trouver des plaques en hommage à quelques orateurs, quelques députés illustres.
27:05Et on voit que certains ont un petit peu migré.
27:07Il y en a comme Jaurès qui sont restés très à gauche.
27:09Il y en a comme Clémenceau qui ont leurs plaques à l'extrême gauche,
27:12même si plus tard, ils ont siégé à une gauche plus modérée.
27:16Et on va poursuivre, évidemment, avant de changer de lieu.
27:19Je vous propose cette image.
27:20On se trouve à l'extérieur de l'Assemblée nationale.
27:23On vous dit tout. On a enregistré ces images hier.
27:26Vous vous en rendrez compte parce qu'il ne fait pas tout à fait la même météo.
27:29Je vous propose de découvrir cette oeuvre contemporaine.
27:31C'est dans la Cour d'honneur de l'Assemblée nationale.
27:34L'arbre aux mille voix du sculpteur Daniel Ourbé.
27:38Et on voit dans cet arbre, en fait, des pages de romans.
27:41Les visiteurs pourront peut-être s'amuser à reconnaître.
27:45Il y a Hamlet, il y a plein de pages.
27:47Et cette oeuvre doit montrer l'importance de la liberté d'expression,
27:51de la littérature, de la nécessité pour l'art d'être une forme de résistance.
27:56Voilà donc cette oeuvre.
27:57L'Assemblée a l'habitude d'accueillir des oeuvres un peu plus contemporaines.
28:01Ça tranche, effectivement, avec le patrimoine qu'on vous montre dans les lieux.
28:04Mais c'est une façon aussi de faire découvrir aux visiteurs
28:08et de montrer des oeuvres un petit peu plus modernes.
28:12Voilà pour cet arbre aux mille voix du sculpteur Daniel Ourbé.
28:16C'est aussi important, Bruno Fulini, on aime ou on n'aime pas tous les goûts,
28:22on en a la nature, mais d'avoir peut-être des oeuvres un peu plus contemporaines
28:25également à l'Assemblée nationale.
28:27D'abord, en 1838, Eugène Delacroix, c'était un artiste contemporain.
28:31Là, il s'agit d'une oeuvre qui est dans la Cour d'honneur pour six mois.
28:35C'est-à-dire que l'Assemblée est plutôt un écrin.
28:36Elle ne va pas rester, mais elle est mise en valeur.
28:39Et puis, moi, en tant qu'historien, ce que j'y vois aussi, c'est une réminiscence.
28:42C'est-à-dire qu'au-delà de l'oeuvre contemporaine, il y a un salut aussi aux arbres de la liberté.
28:47Ces arbres symboles de liberté qui ont été plantés au moment de la Révolution française
28:51et plus encore en 1848 et encore à la Libération.
28:54Donc, il y a une vieille tradition de l'arbre de la liberté
28:56qui, j'ai l'impression, est en quelque sorte prolongée, commémorée par cette oeuvre.
29:01Allez, cette année, je vous le disais, nous ne restons pas à l'Assemblée nationale.
29:04C'est une nouveauté.
29:06Et nous nous rendons également à Versailles qui célèbre 150 ans de République.
29:11On va retrouver, comme je vous l'avais dit, Marion Becker dans la salle très importante, celle du Congrès.
29:17Nous voici Elsa dans cette vaste salle du Congrès.
29:20Elle fait près de 600 mètres carrés et peut accueillir jusqu'à 1500 personnes.
29:25Car sous la Troisième République, c'est ici que siègent les députés.
29:29Mais elle doit aussi pouvoir accueillir les sénateurs pour l'élection du Président de la République.
29:33Car ce sont bien les parlementaires, députés et sénateurs qui élisent le Président de la République sous cette Troisième République.
29:40Ils se réuniront ainsi 16 fois jusqu'en 1953.
29:45Et il faut savoir, Elsa, que c'est un événement mondain, cette élection.
29:49Et que les billets pour assister en tribune sont très prisés.
29:54Je voulais aussi vous montrer quelques détails, quelques symboles de cet hémicycle.
30:00Symboles importants, des symboles républicains, comme les doubles F inversés sous les corniches.
30:05Mais aussi des symboles de la monarchie, avec ce soleil d'Apollon, symbole de Louis XIV, aux angles des grands balcons.
30:15Et puis évidemment, vous le voyez, ces tentures rouges de la monarchie.
30:18Et puis Elsa, je vous propose d'aller à la rencontre de deux visiteuses, Solène et Aurélie,
30:25qui sont venues aujourd'hui pour ces Journées du Patrimoine dans cette salle du Congrès.
30:28C'est ici qu'elles ont choisi de passer la journée.
30:32Pourquoi avoir choisi aujourd'hui cette visite en particulier ?
30:36Alors personnellement, je suis en licence de droit.
30:39Et l'année dernière, on a beaucoup étudié les différentes républiques, notamment la Troisième République.
30:43Et on a vu l'importance de la salle du Congrès dans la République, avec les nombreux figures qui sont passées, notamment Mac Mahon.
30:50Et pouvoir venir dans l'enceinte de ce bâtiment, c'est vraiment une belle opportunité.
30:54En plus, il est magnifique. Donc c'est une très belle occasion.
30:57Aurélie, vous vous attendiez à voir un tel hémicycle dans l'un des symboles de la monarchie qui est Versailles ?
31:04Non, pas du tout. C'est vrai qu'on a plutôt l'occasion d'entendre parler, même de visiter l'Assemblée nationale, voir le Parlement.
31:11Alors que la salle du Congrès, c'est vrai, à Versailles, dans un lieu chargé d'histoire,
31:15on entend bien moins parler parce qu'il y a beaucoup moins de procédures.
31:18Et je ne m'attendais pas à avoir un lieu aussi beau au cœur de Versailles.
31:21Merci à vous, Solène et Aurélie. On vous souhaite une belle visite.
31:25Et nous vous retrouverons, Elsa, dans quelques minutes, dans une autre des parties du château de Versailles consacrée à la République.
31:34Merci beaucoup, Marion. C'est vrai, Jean-Garry, que je pense que beaucoup de téléspectateurs voient Versailles comme un symbole de la monarchie.
31:42À l'occasion des 150 ans de la République à Versailles, on découvre que ce n'est pas le cas.
31:47Exactement. Alors ça renvoie à un moment très particulier.
31:50La Troisième République.
31:51Les débuts de la Troisième République, la proclamation de la République.
31:55Mais à ce moment-là, l'Assemblée nationale, qui est élue en février 1871, est d'abord élue à Bordeaux,
32:01et puis revient sur la capitale. Sauf qu'on se méfie des Parisiens.
32:06Il va y avoir la Commune de Paris. On se méfie de Paris.
32:09Alors on reste à Versailles.
32:11Et là, dans un premier temps, cette assemblée va siéger dans l'opéra du château de Versailles.
32:16Et puis, au moment où les premières élections, les véritables élections de la Troisième République s'opèrent,
32:23à la fin de l'année 1875, début 1876, ont construit très très rapidement, d'ailleurs, une nouvelle salle,
32:29dans l'aile du midi du château, pour abriter la Chambre des députés.
32:35Mais comme on a vu grand, eh bien cette Chambre des députés pourra ensuite accueillir,
32:40enfin cette salle, pardon, du congrès, pourra ensuite accueillir, justement,
32:43l'Assemblée nationale composée de la Chambre des députés et du Sénat,
32:47pour élire les présidents de la Troisième et de la Quatrième République.
32:50Est-ce que Bruno Fellini, c'était comme ça que se passait l'élection des présidents de la République à l'époque ?
32:56Ah oui, l'élection au suffrage universel direct, on l'avait tentée en 1848,
33:01ça a donné Louis-Napoléon Bonaparte qui ensuite a fait un coup d'État.
33:04Donc les Républicains ont été un petit peu vaccinés contre ce type d'élection.
33:07Et donc les présidents de la Troisième République sont désignés par les parlementaires,
33:11qui se réunissent, j'en l'ai dit, en Assemblée nationale.
33:14Et c'est là que les présidents de la Troisième et de la Quatrième vont être élus.
33:19La dernière élection, c'est celle de René Coty en 1953.
33:22Il y aura 13 tours de scrutin.
33:25Ça devient un véritable feuilleton.
33:27On dira que René Coty, c'est Mitterrand qui dira ça, était l'élu de la fatigue.
33:31Les parlementaires n'en pouvaient plus.
33:33Il n'était d'ailleurs même pas candidat au premier tour.
33:35Donc il y a plein d'histoires qui sont liées, d'histoires totalement républicaines,
33:39qui sont liées à ces salles de Versailles qu'il est important de mettre en avant.
33:42Événement mondain, on venait assister à ces élections, Jean Garrigue ?
33:46Tout à fait. Les trains entre Paris et Versailles étaient bondés.
33:50Ils l'étaient d'ailleurs déjà au moment de l'Assemblée nationale.
33:54Les récits sont pleins de ces histoires, de trajets, même parfois de disputes sur les trajets.
34:01Donc on venait assister à ce qui était le grand moment.
34:05Alors rappelons malgré tout qu'à l'époque, les présidents de la République avaient beaucoup moins de pouvoir que nos présidents
34:11et qu'ils avaient même renoncé sous la Troisième République au pouvoir ultime,
34:15c'est-à-dire celui de dissoudre la Chambre des députés.
34:18Il n'empêche que ces rendez-vous-là étaient des rendez-vous majeurs
34:22parce que le président était quand même celui qui désignait les ministres, le président du Conseil.
34:27Donc il avait un rôle important.
34:29C'était, j'allais dire, un rendez-vous mondain, cette élection présidentielle.
34:33Aujourd'hui, personne ne renonce à ce pouvoir de dissoudre, mais on en reparlera, Jean Garrigue.
34:38Bruno Fulini, on le disait, il est très grand puisque maintenant, cette salle du Congrès de Versailles accueille le Congrès.
34:43Quand on parle de Congrès, c'est la réunion des députés et des sénateurs.
34:47Il s'est réuni il y a un peu plus d'un an.
34:49Oui, par exemple, pour réviser la Constitution.
34:52Les députés et les sénateurs, au terme de l'article 89 de la Constitution,
34:56après avoir voté séparément en faveur d'un projet de révision,
35:00peuvent être réunis en Congrès pour approuver une révision constitutionnelle.
35:03Et puis il y a un autre usage possible de cette salle,
35:06c'est de réunir l'ensemble des parlementaires lorsque le président de la République veut leur parler,
35:10leur adresser un message.
35:12Tout ça est très encadré.
35:13Ça l'était encore plus au début de la Troisième République
35:16où pour éviter qu'Adolphe Thiers ait eu une trop grande influence sur les députés,
35:21on avait institué un système très compliqué qu'on avait appelé le cérémonial chinois.
35:25Et on voit à l'image, Yael Broun-Pivet,
35:27c'était au moment où le Congrès avait voté l'inscription dans la Constitution
35:31de l'interruption volontaire de grossesse en mars 2024.
35:35C'est Jean Garrigue.
35:37On ne peut réunir le Congrès que sur une réforme dont on est sûr qu'elle sera adoptée.
35:42C'est la Chambre un peu moins du dissensus, on peut dire,
35:45que ce qui existe à l'Assemblée nationale.
35:46Oui, c'est vrai.
35:47Il y a une forme d'unité lors de ces grandes réunions.
35:51C'est la raison pour laquelle, depuis Nicolas Sarkozy,
35:54à quatre reprises, les présidents ont entendu réunir ce Congrès
36:00pour leur faire des déclarations importantes.
36:03Nicolas Sarkozy, c'était en période de crise économique très grave.
36:07François Hollande au moment des attentats de 2015.
36:10Des moments très particuliers pour le pays.
36:11Des moments particuliers qui nécessitent finalement cette forme d'unanimité,
36:15cette forme d'unité nationale.
36:17Et je pense que les Français ont besoin de ces moments-là.
36:20Alors Emmanuel Macron, lui, a entendu le faire après ces élections 2017-2022.
36:25Et c'est une façon de finalement s'adresser à l'ensemble de la nation par-delà ses représentants.
36:31Et je vous propose de visiter un autre lieu, toujours à Versailles.
36:35Nous allons rejoindre l'appartement du président du Congrès.
36:37On y retrouve Marion Becker et Philippe Lecrot.
36:40Eh bien, nous nous trouvons Elsa dans les appartements du président de l'Assemblée nationale.
36:45Ils sont attenants à la salle du Congrès,
36:47car c'est ici que le président élu de la Troisième République
36:50recevait les ansignes et le collier de la Légion d'honneur.
36:55Et puis, ils se rendaient ensuite quelques pas plus loin sur le perron pour saluer la foule,
37:00car je vous le disais, c'était à l'époque un grand événement mondain.
37:04À l'occasion de l'ouverture de ces appartements pour les 150 ans de la République à Versailles,
37:10le château a installé des bustes et des portraits des différents présidents de la Troisième République.
37:14Vous en voyez peut-être quelques-uns derrière moi.
37:17Vous pourrez aussi découvrir tout ce week-end Raymond Poincaré, René Coty ou encore Gaston Doumergue.
37:22Et puis, des documents inédits des débuts de la Troisième République.
37:28Dans ces appartements, Bruno Fulini, on donnait les procès-verbaux des votes au futur président.
37:34En effet, il faut bien faire attention.
37:36Quand on dit appartements, ce ne sont pas des lieux où l'on habite.
37:38Personnel.
37:39Ce ne sont pas des résidences.
37:41Ce sont des appartements d'apparat qui servaient effectivement en particulier à cette occasion très solennelle
37:46où le nom qui surgissait de l'élection présidentielle était proclamé
37:51et où le président recevait les insignes qui étaient vraiment les symboles de sa fonction.
37:55C'était vraiment le début de sa prise de fonction.
37:58Et on le disait, le président ou la présidente du Congrès, c'est aujourd'hui celui ou celle qui préside l'Assemblée nationale.
38:05Oui, c'est ce qui est au fond assez cohérent et assez logique
38:09puisqu'elle peut se prévaloir justement de cette Assemblée, de la première Assemblée de la République.
38:15Mais je rappellerai aussi que ces appartements ont été, c'est un petit clin d'œil de l'histoire,
38:20ont été occupés à la toute fin de la monarchie absolue entre 1787 et 1789
38:26par le futur Louis XVIII, le frère de Louis XVI.
38:30Eh bien, avant de devenir roi et avant d'abord de partir en exil du fait de la Révolution française,
38:36il avait habité ces appartements qui sont devenus aujourd'hui un haut lieu de la République.
38:42Et on le voit, le château de Versailles va ouvrir ses salles jusqu'à la fin de l'année.
38:46Important aussi, Bruno Fulini, de rappeler justement cette histoire de la République à Versailles.
38:51Je le redis, mais je pense que beaucoup de téléspectateurs sont étonnés.
38:55On pense au roi, on ne pense pas forcément à la République.
38:58Oui, mais vous savez, la France a connu une vie politique compliquée, mouvementée.
39:03Donc les parlementaires ont siégé d'abord à Versailles en 1789.
39:07Ils ont siégé à Paris, ils ont siégé à Saint-Cloud, brièvement, avant le coup d'État du XVIII Brumaire.
39:12Il leur est arrivé de se replier à Bordeaux.
39:14En fait, si on faisait une géographie des salles de séance, on serait surpris.
39:18Et Versailles fait partie des hauts lieux de la République, bien sûr, au moins autant que des hauts lieux de la monarchie.
39:23Et puis, si vous allez à Versailles, à tout prix, visitez la salle du jeu de paume.
39:28C'est là que tout a commencé.
39:30La salle du jeu de paume.
39:31On va quitter Versailles pour revenir à l'Assemblée nationale.
39:34Mais je vous le rappelle, à l'occasion de ces 150 ans de la République, vous pouvez visiter ces salles de la République au château.
39:40On va retrouver à nouveau Marco Pommier qui s'est déplacé dans l'Assemblée nationale.
39:44Je crois que vous êtes à l'hôtel de Lassay, Marco.
39:46Et vous êtes plus précisément dans le cabinet du départ.
39:49Oui, tout à fait, Elsa, dans le cabinet du départ, situé, vous l'avez dit, dans l'hôtel de Lassay, la résidence des présidents de l'Assemblée nationale, quatrième personnage de l'État.
40:04On dit que c'est l'un des plus beaux palais de la République, cet hôtel de Lassay.
40:08Et en fait, c'est depuis ce cabinet du départ que Yael Brown-Pivet part en fait pour rejoindre l'hémicycle.
40:16Elle emprunte ensuite cette galerie des fêtes que nous visiterons tout à l'heure.
40:20On va s'arrêter maintenant sur ce bureau, le bureau noir que vous voyez juste ici, parce qu'il y a une légende sur ce bureau.
40:29On dit que Napoléon Ier aurait signé sa première abdication en avril 1814 sur ce bureau.
40:37Alors, ce n'était pas ici, mais à Fontainebleau.
40:39Et depuis, le bureau serait devenu maudit.
40:43Une victime de cette malédiction, visiblement, Philippe Séguin, ancien président de l'Assemblée nationale, pressé un jour.
40:50Il s'est approché de ce bureau, mais il s'est pris les pieds dans le tapis.
40:54Ce qui fait dire aux plus superstitieux d'entre nous que la malédiction est bien réelle.
41:00Si, Marco, bureau maudit, Jean Garrigue, ou c'est une des petites légendes qu'on raconte ici à l'Assemblée nationale ?
41:05C'est une partie des légendes qui, justement, entretiennent cette histoire qui traverse effectivement les régimes.
41:12On parle aujourd'hui de Napoléon Ier, auquel on doit une partie des réflexions du fronton de l'Assemblée nationale.
41:20Non, il y a toute une histoire politique extrêmement riche.
41:24Et c'est vrai que l'habitude s'est prise de ne pas rester dans ce cabinet des départs.
41:31La conférence des présidents se tient dans une autre salle, un autre salon qu'on verra peut-être d'ailleurs tout à l'heure.
41:35Tout à l'heure, absolument.
41:37Parce que là, c'est un endroit pour lequel on a une petite répulsion.
41:43Voilà, on ne sait pas si c'est vrai ou c'est faux, mais on ne prend pas le risque dans le doute.
41:46On n'essaye pas.
41:47Bruno Fulini, dites-nous cet hôtel de l'Asset.
41:50Qui est l'Asset ? Justement, on voit que c'est un prolongement du Palais Bourbon.
41:54Alors, on est vraiment aux origines du Palais Bourbon et de l'hôtel de l'Asset.
41:58C'est-à-dire qu'il y a eu, au début du XVIIIe siècle, un marquis de l'Asset qui avait gagné beaucoup d'argent en spéculant sur le tout premier papier monnaie en circulation en France.
42:07Et qui avait acquis des terrains qui étaient juste des sortes de marécages.
42:12L'endroit où nous nous trouvons, au début du XVIIIe siècle, ça s'appelait la Grenouillère.
42:16On peut bien dire ce que ça veut dire.
42:17Et donc, il a fait assécher ses marais, il a fait construire deux palais.
42:20Un palais pour la Duchesse de Bourbon, qu'il courtisait.
42:23Et puis, un hôtel plus modeste pour lui, simple marquis.
42:28Et au XIXe siècle, les deux édifices ont été réunis et ont formé ce que nous appelons maintenant le Palais Bourbon.
42:34Mais l'hôtel de l'Asset a gardé sa personnalité.
42:36Et c'est la résidence officielle de la présidente de l'Assemblée nationale, des présidents, depuis bien longtemps.
42:42Sachant qu'il a été considérablement remanié, il a été rehaussé d'un étage au milieu du XIXe siècle.
42:48Il a été redécoré sous la présidence du Duc de Morny, sous le Second Empire, bien sûr.
42:52Mais il a gardé quelque chose, un petit peu de la régence, une forme de grâce, une grande beauté.
42:57Et puis, il est entouré d'espaces verts aussi.
42:59Il y a de très beaux jardins côté Seine.
43:00Donc, c'est un lieu aussi peut-être plus apaisé, un petit peu retiré par rapport à l'effervescence qui est celle du Palais Bourbon proprement dit.
43:09Un lieu aussi, Jean-Angarigue, on voit des lieux somptueux.
43:12C'est important d'avoir ces lieux ici à l'Assemblée nationale pour la représentation de notre pays.
43:18Peut-être que certains téléspectateurs se disent « Ouh là là, c'est très beau, c'est chic ».
43:22Mais c'est aussi important, c'est l'histoire, c'est le patrimoine qui est défendu aujourd'hui.
43:27C'est une vitrine, c'est une vitrine du rayonnement français, c'est une vitrine de la puissance française.
43:34Comme il y a Buckingham Palace en Angleterre ou la Maison Blanche aux Etats-Unis, le Capitole.
43:40Non, on a besoin d'avoir aussi ces lieux emblématiques.
43:44D'autant plus que ce sont des lieux finalement qu'on a récupérés de l'époque monarchique.
43:49Et c'est vrai qu'on disait du Palais de l'Asset, de l'Hôtel de l'Asset, que c'était le plus joli colifichet de Paris.
43:57Donc c'est un endroit magnifique, c'est un endroit presque intime, je dirais.
44:02Et c'est bien que lorsque la présidente de l'Assemblée reçoit des hôtes étrangers,
44:08qu'elle soit dans un endroit qui soit capable de faire rêver,
44:11de montrer ce que c'est que l'excellence du génie français en matière artistique, sculpturale, de peinture, etc.
44:18Alors vous vous demandiez Jean-Garic, si on allait rejoindre le Salon des Jeux.
44:21Eh bien tout à fait, mais au Salon des Jeux, Marco Pommier, on n'y joue pas.
44:25C'est un endroit stratégique de l'Hôtel de l'Asset.
44:31Oui tout à fait Elsa, c'est un salon très important situé au bout de l'Hôtel de l'Asset,
44:36dans lequel effectivement, Yael Brunpivet réunit tous les mardis notamment,
44:40les 11 présidents de groupes politiques à l'Assemblée.
44:45Et imaginez un peu autour de cette table, Gabriel Attal, Marine Le Pen, l'insoumise Mathilde Panot,
44:52ou encore Laurent Wauquiez des Républicains, les grandes figures de la vie politique réunies pour fixer l'ordre du jour,
45:01l'ordre du jour pour organiser notamment le calendrier d'examens, des projets de loi, des propositions de loi.
45:08C'est vraiment un moment indispensable de la vie démocratique, un moment indispensable du fonctionnement de l'Assemblée nationale.
45:14Autres participants à cette réunion notamment, les vice-présidents de l'Assemblée,
45:19ou encore les présidents des commissions permanentes,
45:21ou même le ministre chargé des Relations avec le Parlement.
45:26Patrick Mignola était le ministre chargé des Relations avec le Parlement plutôt sous François Bayrou.
45:32On ne connaît pas encore le nom du nouveau ministre de Sébastien Lecornu,
45:35mais peut-être le connaîtrons nous dans les prochains jours.
45:39Et dans quelques minutes, Elsa, nous découvrirons la galerie des fêtes.
45:43Et je vous réserve une petite surprise là-bas.
45:46Je vous donne un petit indice, il y aura de la musique.
45:48Merci beaucoup Marco.
45:50On vous retrouve, allez, on aura cette réponse à cet énigme dans quelques minutes.
45:54Pourquoi Salon des Jeux, Bruno Fulini ?
45:56Alors, tous ces salons portent des noms qui sont liés à la décoration.
46:00On voit au plafond des peintures qui représentent des jeux anciens,
46:04l'Escarpolette, le Colin Maillard, ce genre de choses.
46:07Mais effectivement, on n'y joue pas, on y travaille.
46:09Et je crois que ce qui est important, et ce qu'on voit bien dans ce reportage,
46:12c'est que c'est un endroit, vous voyez, il y a une salle, vous avez des micros, vous avez du papier.
46:15C'est là que se réunit la conférence des présidents, qui est un des organes essentiels de l'Assemblée nationale.
46:21L'Assemblée nationale, c'est une institution qui est dans un palais, qui est le Palais Bourbon.
46:25Et en fait, les deux interagissent.
46:27Le Palais Bourbon est le bel écrin, mais aussi le lieu de travail des députés.
46:31Sachant que les députés, eux, pour la plupart, ont des bureaux beaucoup plus sobres,
46:35beaucoup plus modestes que ces belles salles d'apparat qui servent soit à organiser ces réunions rituelles,
46:41soit à recevoir, comme Jean Garrigue l'a dit, des délégations étrangères,
46:46ou des personnalités, ou des invités lors de cérémonies, de remises de décorations, ce genre de choses.
46:52C'est-à-dire que le Palais Bourbon, qui est très étendu, est très varié.
46:55Vous avez des salles extrêmement sobres, vous avez des lieux magnifiques,
46:59mais comme la place y est chère, même les beaux salons ont une utilité pratique
47:05dans la vie quotidienne des députés et même des fonctionnaires.
47:07Et cette conférence des présidents, Jean Garrigue, c'est tous les mardis matins.
47:10Qu'est-ce qu'on s'y dit ? On organise ? Et puis, on s'y dit aussi un peu les choses, franchement ?
47:15Oui, évidemment, on peut s'y dire les choses, ne serait-ce que justement pour déterminer cet ordre du jour.
47:21Donc on sait bien que parfois, il a une importance cruciale pour les débats,
47:26et même pour l'avenir de la République.
47:28Donc c'est un lieu, effectivement, de travail.
47:31Et il faut bien voir que, par rapport à l'image que nous avons,
47:35très combative, très brutale de certains débats,
47:38ce qui se passe là est beaucoup plus feutré, beaucoup plus constructif en réalité.
47:42Comme d'ailleurs dans les commissions, qui jouent un rôle très important
47:46dans le déroulement de la vie législative.
47:48Donc il faut bien avoir cette idée-là,
47:51parce que les Français pourraient se faire une idée un petit peu déformée
47:54des débats et de la vie parlementaire.
47:58On travaille, on travaille beaucoup,
47:59on essaie d'avancer et de créer, de fabriquer de la loi.
48:04Et parfois le débat, il se fait plus entre le palais Bourbon
48:07et le ministre des Relations avec le Parlement.
48:09Le bras de fer, il peut exister aussi de ce côté-là.
48:12Évidemment, c'est arrivé très très souvent.
48:15Et on sait bien qu'y compris les présidents d'Assemblée
48:18ont parfois pris certaines distances vis-à-vis du pouvoir exécutif,
48:22vis-à-vis de l'Élysée même.
48:24Et pour donner un exemple très précis,
48:29on se souvient que lors de la dernière dissolution,
48:31la présidente de l'Assemblée n'était pas tout à fait alignée
48:35avec ce qui s'était passé à l'Élysée.
48:37Ce qui veut dire qu'il y a un contre-pouvoir qui existe véritablement.
48:41Et que les présidents de l'Assemblée
48:43sont évidemment appartiennent à telle ou telle couleur politique,
48:47mais sont aussi les défenseurs de la prérogative parlementaire,
48:51du Parlement tout entier.
48:52Et justement, on le voit, donc on le disait, patrimoine.
48:55Mais vous insistiez bien, Bruno Fulini,
48:57dans ce patrimoine, aujourd'hui, on vous le fait découvrir
48:59sous cet aspect-là.
48:59Mais il y a un rôle dans chaque salle, du travail,
49:02dans l'hémicycle, dans les commissions, dans ces salons.
49:05Ils sont très jolis, ils sont somptueux, mais on y bosse.
49:09On y travaille beaucoup.
49:09Alors après, vous avez des députés qui sont aussi sensibles
49:11à la symbolique et qui voient.
49:14Moi, c'est ça que je trouve extrêmement touchant au Palais Bourbon.
49:16C'est cette continuité.
49:19Lorsqu'un député franchit le passage qui va du Palais Bourbon,
49:24proprement dit, à l'hôtel de la Sey,
49:26il traverse une salle où il y a les bustes des grands orateurs
49:29qui l'ont précédé.
49:30Les Hugo, les Lamartine, Dupont-de-leur, ces personnages.
49:34D'un buste de Marianne.
49:35Comme dans toutes les mairies de France,
49:36il y a des bustes de Marianne au Palais Bourbon.
49:38Et c'est important.
49:39Donc, le programme décoratif n'est pas seulement décoratif.
49:44Il oblige un petit peu les parlementaires qui sont là.
49:46Alors, vous le savez, l'Assemblée accueille de plus en plus de visiteurs.
49:50La construction d'un pavillon d'accueil est prévue,
49:53mais le projet ne plaît pas à tout le monde.
49:55Regardez ce reportage de Marco Pommier.
49:574000 mètres carrés, éclairés par une verrière.
50:01Des piliers rappelant les colonnes de l'Assemblée.
50:04Voici le futur pavillon d'accueil.
50:07Sur deux étages, le bâtiment devrait accueillir des vestiaires,
50:11une boutique, une cafétéria pour les scolaires
50:14et même un auditorium.
50:17Coût des travaux, entre 35 et 50 millions d'euros d'après les estimations.
50:23Un projet approuvé à l'unanimité des groupes politiques,
50:26sauf du RN, qui n'est pas représenté au bureau de l'Assemblée nationale.
50:31Madame Brune Pivet, à part nous avoir imposé ses croûtes
50:34dans l'ensemble de l'Assemblée nationale,
50:36il y a diverses oeuvres contemporaines qui battent des records de mauvais goût,
50:39a décidé de défigurer le bâtiment lui-même
50:41avec ce pavillon immonde et très cher.
50:44Objectif du projet, doubler la capacité d'accueil chaque année
50:48pour atteindre 400 000 visiteurs par an.
50:51Le bâtiment actuel, construit à la fin du XIXe siècle,
50:55était jugé trop étroit.
50:57Pour le coup, là, on est sur un investissement de long terme.
51:00Je peux faire des codes d'architecture,
51:01mais en tous les cas, ça respecte, je trouve, l'état d'esprit
51:04de ce qu'est le Palais Bourbon.
51:06Et puis au travers des siècles, notre institution évolue,
51:08donc l'architecture aussi.
51:09De son côté, la présidente de l'Assemblée nationale
51:12s'est dite stupéfaite par cette polémique.
51:16Toute personne qui est venue un jour à l'Assemblée nationale
51:18sait que nous accueillons le public dans des conditions déplorables,
51:23et je pèse mes mots,
51:25dans des conditions de sécurité très légères.
51:28Mon souhait, c'est que chaque enfant de France
51:29vienne à l'Assemblée nationale découvrir l'institution,
51:32et ils le font malheureusement dans des conditions
51:34qui ne sont vraiment pas celles qui soient dignes d'une démocratie.
51:38Mais l'association Cité Monument ne l'entend pas ainsi.
51:41L'Organisation de défense du patrimoine
51:44a lancé en juillet dernier une pétition
51:46non à l'enlédissement de Paris.
51:49Plus de 52 000 signatures à ce jour,
51:52sans impact pour l'instant sur le futur chantier.
51:55Le pavillon d'accueil devrait voir le jour en 2028.
51:58Et on va retrouver Marco Pommier dans la dernière salle
52:03que nous souhaitions vous faire découvrir.
52:05Marco Pommier, vous êtes dans la Galerie des Fêtes.
52:09Oui, c'est une salle absolument sublime.
52:12J'ai un peu l'impression de me répéter,
52:13mais regardez sur ces images,
52:15là c'est vraiment incroyable.
52:16Regardez cette Galerie des Fêtes
52:18qui permet de relier l'hôtel de la C
52:21où nous étions tout à l'heure au Palais Bourbon
52:23où se trouve l'hémicycle.
52:25C'est cette galerie que traverse Yael Broun-Pivet
52:27et ses vice-présidents pour rejoindre la salle des séances,
52:31la salle des fêtes construite ici en 1845
52:33par l'architecte Jules Dejoli.
52:35Elle rappelle un peu la célèbre Galerie des Glaces
52:38du château de Versailles.
52:39Aujourd'hui, c'est un lieu de réception.
52:41Et vous voyez d'ailleurs, la table du banquier
52:43a été dressée en fait pour séjourner du patrimoine.
52:48Et puis dans cette salle,
52:49il y a aussi une entrée très importante,
52:52une entrée symbolique.
52:53Venez, je vous y emmène.
52:54On va remonter cette galerie.
52:56Donc cette galerie que Yael Broun-Pivet traverse.
52:58Et ça, c'est une porte très symbolique.
53:00Pourquoi ?
53:00Parce que cette porte, le président de la République
53:02n'a pas le droit de la franchir
53:04au nom de la séparation des pouvoirs.
53:07Le président incarne le pouvoir exécutif
53:09et il n'a donc pas le droit
53:10de traverser cette porte
53:12et rentrer en fait dans l'enceinte
53:14du bâtiment législatif.
53:16Et je me trouve avec un visiteur à nouveau
53:20qui s'appelle Antoine.
53:21Et Antoine, c'est la première fois
53:22qu'il visite l'Assemblée nationale.
53:25Qu'est-ce que tu en penses ?
53:26C'est assez impressionnant.
53:28C'est la première fois que je peux voir
53:30l'Assemblée nationale
53:31qui est ouverte en fait uniquement
53:32pour ces deux journées.
53:34Et c'est un lieu chargé d'histoire
53:35très important pour la République.
53:37Et c'est vraiment une très belle occasion
53:39à la fois de manière architecturale
53:41et puis d'être dans l'hémicycle,
53:43dans ces lieux qui sont finalement très importants
53:45depuis la naissance de la République
53:47jusqu'à nos jours.
53:48Eh bien, merci beaucoup Antoine
53:49et on te souhaite une bonne suite de visites.
53:52Merci beaucoup Marco.
53:55Galerie des Fêtes
53:56qui relie donc les deux bâtiments,
53:58l'hôtel de la Sey
53:59et le palais Bourbon Bruno Fulini.
54:00Oui, elle a été achevée en 1848
54:02et elle permet donc de passer à pied sec
54:04d'un bâtiment à l'autre.
54:05Mais du coup, ça a donné
54:06une très grande salle de réception.
54:08Il y tient plus de 300 personnes assises.
54:11C'est aussi un endroit
54:12où on peut organiser de grands dîners.
54:15Un lab pour l'occasion des jeunes du patrimoine
54:17a été dressé à la table
54:18qui s'appelle la mille pattes.
54:20C'est une table qui se déplie
54:21et autour de laquelle
54:22on peut facilement dresser sans couvert.
54:25Donc vous voyez,
54:26pour les grands repas diplomatiques,
54:27c'est assez utile.
54:29C'est un lieu
54:30qui a accueilli toutes sortes de monde.
54:32Par exemple,
54:32pour une vente de charité,
54:33Sacha Guitry est venu faire
54:34des tours de magie,
54:35des tours de cartes.
54:36On ne s'attend pas forcément
54:37à le trouver au palais Bourbon.
54:39Jean Garrigue,
54:40celui qu'on ne s'attend pas
54:40à retrouver au palais Bourbon,
54:41c'est le président de la République.
54:42Marco Pommier l'a dit,
54:44séparation stricte des pouvoirs.
54:46Où est-ce qu'il a le droit d'aller,
54:47le président ?
54:47Où est-ce que c'est interdit ?
54:48Jusqu'à cette porte,
54:49c'est la séparation des pouvoirs
54:51et c'est capital.
54:52C'est très, très, très important.
54:54Toute notre République,
54:54elle est construite
54:55autour de cette idée.
54:58Souvenir de ces moments,
55:00justement,
55:01où des coups d'État
55:01ont été perpétrés
55:02et où, précisément,
55:04la séparation des pouvoirs
55:05n'a pas existé.
55:06Donc, c'est quelque chose
55:08d'essentiel
55:09et c'est aussi essentiel
55:11de voir comment
55:12Yael Brown-Pivet
55:13essaie d'ouvrir
55:14l'Assemblée,
55:16comme d'ailleurs
55:16ses prédécesseurs
55:17ont déjà tenté de le faire.
55:18Mais je crois qu'elle a donné
55:19un coup d'accélérateur,
55:20y compris dans cette salle des fêtes
55:22où elle organise régulièrement
55:23des conférences,
55:24des rencontres
55:25avec les citoyens,
55:26des conférences citoyennes.
55:28Et je pense que c'est
55:28effectivement très important
55:30que les Français
55:31connaissent véritablement
55:32l'activité
55:33du Parlement.
55:35Merci beaucoup Jean Garrigue,
55:37merci Bruno Foulini
55:39pour toutes ces histoires.
55:41Jean Garrigue,
55:41je rappelle que vous sortez
55:42un livre
55:42Les Avocats de la République
55:44de Danton
55:44à Robert Badinter
55:46aux éditions.
55:47Odile Jacob,
55:48merci à vous de nous avoir suivis.
55:49Restez avec nous.
55:50Je remercie évidemment
55:51toutes nos équipes,
55:52nos guides,
55:53Marco et Marion,
55:54toutes les équipes techniques,
55:55les cadreurs
55:55et évidemment
55:56Aude Morachini
55:57qui signe ces dernières
55:58journées du patrimoine.
55:58Mais restez puisque Marco
55:59vous l'a promis
56:00une petite surprise.
56:01Je crois qu'on va
56:02entendre peut-être
56:03quelques notes,
56:04Marco Pommier.
56:05Oui tout à fait,
56:07Elsa,
56:08une petite surprise
56:08dans cette galerie
56:10des fêtes.
56:11La surprise,
56:11la voici.
56:12Nous avons
56:12six tambours
56:14de la garde républicaine
56:16qui vont nous jouer
56:17un morceau,
56:19le chant d'honneur
56:19il me semble.
56:21C'est à vous.
56:21C'est à vous.
56:25C'est à vous.
56:26C'est à vous.
56:26C'est à vous.
56:27C'est à vous.
56:28C'est à vous.
56:28C'est à vous.
56:29C'est à vous.
56:32Sous-titrage MFP.
57:02C'est parti.
57:32C'est parti.
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