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  • il y a 11 mois
Delphine Jubillar, infirmière et mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, près d'Albi. Son corps n'a jamais été retrouvé et Cédric Jubillar n'a jamais avoué le crime aux enquêteurs. Malgré cela, les enquêteurs ont progressivement acquis la conviction que Cédric Jubillar avait tué son épouse alors qu'elle venait de lui annoncer son intention de divorcer. Le procès de Cédric Jubillar s'ouvre le lundi 22 septembre à Albi.

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Transcription
00:00Tout au long du procès, plusieurs expertises sont présentées au juré.
00:05Des expertises à charge ou à décharge, comme les résultats des analyses du téléphone de Cédric Jubilard.
00:12Ils font l'objet d'une bataille d'interprétation de la part des avocats.
00:17C'est toute la difficulté de cette enquête, c'est qu'à partir du moment où les gendarmes n'ont pas matérialisé un document de crime,
00:23on va chercher ailleurs des éléments de preuve.
00:25Et quand on va chercher ailleurs, forcément, ce sont des éléments périphériques.
00:28Et ces éléments, en l'occurrence, c'est la téléphonie.
00:32Le téléphone est une mine d'informations pour les enquêteurs.
00:35Ils découvrent ainsi que la nuit de la disparition, Cédric Jubilard a éteint son portable de 22h08 à 3h53.
00:48C'est quelque chose d'exceptionnel pour Cédric Jubilard d'éteindre son téléphone.
00:52Il dira, dans un premier temps, que c'est parce que la batterie était déchargée, que son téléphone était déchargé.
00:59On sait que ce n'est pas le cas et que son téléphone a été éteint.
01:02Donc, c'est déjà quelque chose d'accablant, puisque la nuit où sa femme disparaît,
01:07Cédric Jubilard, qui, quand même, sait qu'un téléphone peut faciliter, donner des informations, etc.,
01:15décide d'éteindre cet outil de preuve.
01:18C'est confondant.
01:22Chacun des faits et gestes de Cédric Jubilard sur son portable peut servir d'argument en faveur de la défense,
01:28comme de l'accusation.
01:30Il va appeler Delphine 189 fois, alors qu'en comparaison, 6 mois plus tôt, Delphine n'était pas rentrée une nuit,
01:40il avait appelé moins de 10 fois.
01:41Donc, c'est un premier élément qui est quand même évocateur d'une forme d'angoisse feinte.
01:48Ça paraît suspect, parce qu'à absence équivalente, on peut estimer qu'on attend de l'individu une réaction équivalente.
01:57Sauf si Cédric sait, à ce moment-là, qu'on ne reverra jamais Delphine,
02:03et qu'il faut, à ce moment-là, se constituer des preuves d'une inquiétude forte, d'une inquiétude importante,
02:09d'une inquiétude tangible, d'une inquiétude que l'on pourra retracer à plus de 180 reprises ce soir-là.
02:19Évidemment, ça n'est pas comparable avec ce qui s'est passé au mois d'août,
02:22où, au bien sûr, quelques appels, elle a fini par répondre pour dire que tout allait bien et qu'elle rentrait,
02:26et qu'elle s'était juste endormie.
02:27Autrement dit, on a des gendarmes qui comparent des situations qui, en réalité, ne sont pas comparables
02:32pour essayer intellectuellement de fabriquer un élément à charge qui n'en est pas un.
02:37La cour va s'intéresser également à un autre téléphone, au centre de l'enquête, celui de Delphine Jubilard.
02:45Il n'a jamais été retrouvé, mais il a été possible de retracer sa localisation durant la nuit de sa disparition.
02:52Les juges ont essayé de le localiser par des techniques assez sophistiquées.
02:58Elles en ont déduit, en fait, que ce téléphone n'a pas bougé véritablement de la maison, ou très peu.
03:05En tout cas, il se situe dans une zone très proche de la maison.
03:09Donc, ce téléphone n'a pas pu se retrouver à 5 km, à 10 km.
03:13Donc, à partir de là, il considère que, puisqu'il n'a pas beaucoup bougé de la maison,
03:18la seule personne susceptible de le détenir, ça serait Cédric Jubilard lui-même.
03:24Ce téléphone va, à plusieurs reprises, être activé dans la nuit, être activé par une intervention humaine.
03:31C'est ce que nous ont dit des experts.
03:33Et on a plusieurs horaires, minuit 33, 1h11, aux environs également de 4h du matin,
03:39et également à 6h52, qui est un horaire qui est important pour nous,
03:43puisque à cette heure-là, à 6h52, Cédric Jubilard est avec les gendarmes.
03:48Et donc, si vous voulez, nous, depuis le début, nous disons que cette activation du téléphone pendant la nuit
03:54est extrêmement troublante, est extrêmement importante,
03:57et surtout de nature à déculpabiliser Cédric Jubilard,
04:01puisque ça veut dire que quelqu'un utilise ce téléphone,
04:04soit Delphine, soit une tierce personne,
04:07qui ne peut pas être Cédric Jubilard, puisque nous avons un horaire où il est avec les gendarmes.
04:14Ce que les gendarmes vont dire, c'est qu'à un moment donné,
04:18il était à l'autre bout de la pièce,
04:20et qu'il aurait parfaitement pu manipuler le téléphone portable de Delphine
04:25sans, sur quelques secondes,
04:27sans que les gendarmes, qui étaient occupés à faire d'autres constatations,
04:32n'aient l'œil sur ce téléphone portable.
04:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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