00:00Tout au long du procès, plusieurs expertises sont présentées au juré.
00:05Des expertises à charge ou à décharge, comme les résultats des analyses du téléphone de Cédric Jubilard.
00:12Ils font l'objet d'une bataille d'interprétation de la part des avocats.
00:17C'est toute la difficulté de cette enquête, c'est qu'à partir du moment où les gendarmes n'ont pas matérialisé un document de crime,
00:23on va chercher ailleurs des éléments de preuve.
00:25Et quand on va chercher ailleurs, forcément, ce sont des éléments périphériques.
00:28Et ces éléments, en l'occurrence, c'est la téléphonie.
00:32Le téléphone est une mine d'informations pour les enquêteurs.
00:35Ils découvrent ainsi que la nuit de la disparition, Cédric Jubilard a éteint son portable de 22h08 à 3h53.
00:48C'est quelque chose d'exceptionnel pour Cédric Jubilard d'éteindre son téléphone.
00:52Il dira, dans un premier temps, que c'est parce que la batterie était déchargée, que son téléphone était déchargé.
00:59On sait que ce n'est pas le cas et que son téléphone a été éteint.
01:02Donc, c'est déjà quelque chose d'accablant, puisque la nuit où sa femme disparaît,
01:07Cédric Jubilard, qui, quand même, sait qu'un téléphone peut faciliter, donner des informations, etc.,
01:15décide d'éteindre cet outil de preuve.
01:18C'est confondant.
01:22Chacun des faits et gestes de Cédric Jubilard sur son portable peut servir d'argument en faveur de la défense,
01:28comme de l'accusation.
01:30Il va appeler Delphine 189 fois, alors qu'en comparaison, 6 mois plus tôt, Delphine n'était pas rentrée une nuit,
01:40il avait appelé moins de 10 fois.
01:41Donc, c'est un premier élément qui est quand même évocateur d'une forme d'angoisse feinte.
01:48Ça paraît suspect, parce qu'à absence équivalente, on peut estimer qu'on attend de l'individu une réaction équivalente.
01:57Sauf si Cédric sait, à ce moment-là, qu'on ne reverra jamais Delphine,
02:03et qu'il faut, à ce moment-là, se constituer des preuves d'une inquiétude forte, d'une inquiétude importante,
02:09d'une inquiétude tangible, d'une inquiétude que l'on pourra retracer à plus de 180 reprises ce soir-là.
02:19Évidemment, ça n'est pas comparable avec ce qui s'est passé au mois d'août,
02:22où, au bien sûr, quelques appels, elle a fini par répondre pour dire que tout allait bien et qu'elle rentrait,
02:26et qu'elle s'était juste endormie.
02:27Autrement dit, on a des gendarmes qui comparent des situations qui, en réalité, ne sont pas comparables
02:32pour essayer intellectuellement de fabriquer un élément à charge qui n'en est pas un.
02:37La cour va s'intéresser également à un autre téléphone, au centre de l'enquête, celui de Delphine Jubilard.
02:45Il n'a jamais été retrouvé, mais il a été possible de retracer sa localisation durant la nuit de sa disparition.
02:52Les juges ont essayé de le localiser par des techniques assez sophistiquées.
02:58Elles en ont déduit, en fait, que ce téléphone n'a pas bougé véritablement de la maison, ou très peu.
03:05En tout cas, il se situe dans une zone très proche de la maison.
03:09Donc, ce téléphone n'a pas pu se retrouver à 5 km, à 10 km.
03:13Donc, à partir de là, il considère que, puisqu'il n'a pas beaucoup bougé de la maison,
03:18la seule personne susceptible de le détenir, ça serait Cédric Jubilard lui-même.
03:24Ce téléphone va, à plusieurs reprises, être activé dans la nuit, être activé par une intervention humaine.
03:31C'est ce que nous ont dit des experts.
03:33Et on a plusieurs horaires, minuit 33, 1h11, aux environs également de 4h du matin,
03:39et également à 6h52, qui est un horaire qui est important pour nous,
03:43puisque à cette heure-là, à 6h52, Cédric Jubilard est avec les gendarmes.
03:48Et donc, si vous voulez, nous, depuis le début, nous disons que cette activation du téléphone pendant la nuit
03:54est extrêmement troublante, est extrêmement importante,
03:57et surtout de nature à déculpabiliser Cédric Jubilard,
04:01puisque ça veut dire que quelqu'un utilise ce téléphone,
04:04soit Delphine, soit une tierce personne,
04:07qui ne peut pas être Cédric Jubilard, puisque nous avons un horaire où il est avec les gendarmes.
04:14Ce que les gendarmes vont dire, c'est qu'à un moment donné,
04:18il était à l'autre bout de la pièce,
04:20et qu'il aurait parfaitement pu manipuler le téléphone portable de Delphine
04:25sans, sur quelques secondes,
04:27sans que les gendarmes, qui étaient occupés à faire d'autres constatations,
04:32n'aient l'œil sur ce téléphone portable.
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