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  • il y a 5 mois
Une journée de mobilisation intersyndicale se tient aujourd'hui partout en France, avec plusieurs centaines de milliers de manifestants attendus à travers les 250 rassemblements déclarés dans tout le pays. Retrouvez sur BFMTV l'édito d'Arthur Berdah

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Transcription
00:00D'un côté, celle de la minorité agissante et de l'autre côté, celle de la majorité silencieuse.
00:06La minorité agissante, c'est le quasi-million de personnes qui est attendu tout à l'heure dans les rues.
00:12C'est très loin d'être rien, mais c'est à peine plus de 1% du pays auquel viendront se greffer
00:19quelques 5 à 10 000 éléments violents selon les autorités.
00:23Et puis, la majorité silencieuse, ce sont les 69 autres millions de Français,
00:29ceux qui seront empêchés d'aller travailler par la journée noire dans les transports,
00:33ceux qui seront contraints de garder les enfants car les écoles seront fermées.
00:37Bref, ceux que l'on ne voit jamais, ceux que l'on n'entend jamais et surtout ceux que l'on n'écoute jamais,
00:42alors qu'ils ne sont pas moins en colère que les autres,
00:45mais tout simplement parce qu'ils ont le tort de l'exprimer différemment,
00:49c'est-à-dire sans tout bloquer et sans tout casser.
00:52Alors, vous parlez d'une minorité agissante, mais je tiens à vous signaler quand même
00:56que cette mise à l'administration, elle est très suivie, elle est même approuvée
01:00par plus d'un Français sur deux, selon notre sondage Elab.
01:0356% soutiennent, en tout cas ont de la sympathie pour le mouvement.
01:07Oui, pour l'instant, mais tout laisse à penser que ce soutien déjà fragile ne peut et ne va pas durer.
01:13D'abord parce qu'il n'y aura ni revendications claires dans les cortèges,
01:17où l'on croisera aussi bien des pharmaciens que des cheminots,
01:20ni d'interlocuteurs identifiés au sommet de l'État,
01:24où le gouvernement n'a toujours pas été officiellement nommé.
01:27Et ensuite, parce qu'il y a de très fortes chances pour que l'on revive une nouvelle fois
01:32ce que l'on a déjà vécu en 2018,
01:35lorsque les sympathiques et pacifiques gilets jaunes des débuts
01:38avaient très vite été remplacés par l'ultra-violence des cargoules noirs.
01:42Nous étions alors passés d'un mouvement identitaire
01:46et d'une crise profonde à une grande jacquerie incontrôlable aux allures de défouloir.
01:52Or, en dépit des efforts sincères de l'intersyndical,
01:56ce risque d'une confiscation des luttes par la gauche radicale,
01:59il est très loin d'avoir disparu aujourd'hui.
02:01Il suffit d'ailleurs d'écouter Jean-Luc Mélenchon pour s'en convaincre.
02:05En fait, le leader insoumis veut tout faire pour arracher par la rue,
02:09ce qu'il n'a pas réussi à obtenir dans les urnes,
02:12c'est-à-dire une insurrection populaire de nature
02:15a provoqué le départ d'Emmanuel Macron.
02:18Il en appelle donc pour cela à cette fameuse minorité agissante
02:22quand d'autres préfèrent s'en remettre à cette fameuse majorité silencieuse.
02:27C'est ce que Bruno Rotaillot appelle assez justement la France des honnêtes gens.
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