C’est l’histoire d’un cow-boy bobo parisien. Pas un cow-boy classique, hein, pas celui qui sort son colt dès qu’on éternue trop fort. Lui, il est plutôt habillé avec un vieux jean “upcyclé”, des santiags achetées dans une friperie du Marais, et un chapeau de cow-boy en feutre… mais vegan, bien sûr, parce qu’il a été fabriqué à partir de champignons compressés cultivés dans une cave du 11e arrondissement.
Il décide de traverser le désert, mais pas n’importe lequel : le désert du Nouveau-Mexique, parce qu’il avait lu dans un blog qu’on y trouvait “une énergie tellurique alignée avec la pleine lune”. Sur son cheval ? Non, il a refusé, trop cruel pour l’animal. Il est donc assis sur un vélo en bambou, avec des sacoches faites à partir de pneus recyclés.
Sur la route, il s’arrête devant un saloon. Mais avant d’entrer, il sort un petit carnet en papier recyclé pour noter ses impressions : • “Belle façade, ambiance authentique, bois vieilli naturellement… je mettrais 3 étoiles sur TripAdvisor, mais je vais attendre de voir la carte des boissons.”
Quand il pousse les portes battantes, tout le monde s’arrête de parler. Le piano s’arrête net. Mais lui, imperturbable, pose son tote bag en toile bio sur le comptoir et demande : • “Est-ce que vous avez du kombucha local, brassé à la main, sans sucre ajouté ? Sinon, je peux me contenter d’un cold brew infusé pendant 24 heures… mais seulement si l’eau a été filtrée avec du charbon actif.”
Les cow-boys, autour, le regardent sans comprendre. Lui, il s’installe, sort son MacBook, branche son chargeur solaire portable, et commence à écrire un poème slam sur “la solitude des plaines et l’urgence climatique”.
Puis, comme il commence à avoir faim, il demande au barman : • “Je pourrais avoir un chili sin carne, mais avec du quinoa, du kale et un petit topping de graines de courge toastées ? Ah, et sans gluten, si possible, parce que j’ai une intolérance culturelle.”
Tout le monde continue de le fixer. Il ne se démonte pas. Il sort une gourde en inox, prend une gorgée, ajuste son foulard en lin bio, et lance d’une voix posée, un peu comme s’il animait un atelier de méditation pleine conscience à Belleville : • “Vous savez, les gars… le Far West, c’est pas juste une question de conquête. C’est aussi une question d’énergie renouvelable, de circuits courts et de respect du vivant.”
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