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  • il y a 8 mois
🥇🗣️ La championne de lancer de javelot @alexiealaisjavelot revient avec nous sur son parcours : de ses débuts prometteurs, à ses titres nationaux et internationaux 🌍, jusqu’à la pause imposée par un contrôle positif aux tests anti-dopage.

💪✨ Un témoignage fort de résilience, de sacrifices et de détermination.

Interview réalisée par :
Mickaël Alcide et @k.oday_filmz

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Bonjour, c'est Alexia Laïs pour France Guyane.
00:02Alors, je m'appelle Alexie, j'ai 30 ans, je suis maman et fière.
00:07Je suis une femme, une sportive, une fille qui est assez simple en général,
00:12dans la vie de tous les jours, mais qui a une grosse force de caractère.
00:15Je dirais que mon mental, c'est ma base.
00:17Je me base beaucoup dessus et c'est ce qui me permet de continuer
00:20à surmonter les obstacles de la vie en général.
00:22Je suis aussi éducatrice spécialisée, donc je travaille avec les jeunes,
00:25quelque chose que j'adore énormément.
00:27Et puis voilà, c'est super bon de dire.
00:28Alors toi, quand tu étais jeune, justement, tu es tombé dans le sport
00:32parce que tu as une famille de sportifs.
00:34Toi, ça a été le handball dans un premier temps.
00:36C'est ça.
00:37Et puis un petit peu aussi l'athlétisme.
00:39Alors, comment ça s'est passé ?
00:40À l'âge de 15 ans, j'ai fait le choix de rentrer en sport et sud handball.
00:44Donc, je suis tout d'abord partie au pôle en Guadeloupe.
00:47Puis l'année d'après, j'ai intégré le pôle d'Orléans.
00:50Et c'est à ce moment-là que j'ai combiné vraiment, on va dire,
00:53les deux sports plus sérieusement.
00:56Et puis en 2011, j'ai eu le championnat du monde de Géalot, d'athlétisme.
01:00Mais j'ai été sélectionnée avec l'équipe de France cadette.
01:03Et c'est là, du coup, que je fais le premier record de France cadette de tous les temps,
01:07on va dire, puisque c'est avec le 600.
01:08Donc, jusqu'à aujourd'hui, mon record, il est toujours là.
01:10Vincule.
01:10Et puis ensuite, vu que j'étais aussi au pôle en Inde,
01:15et j'avais pas l'objectif d'intégrer justement l'équipe de France jeune,
01:18mais aussi l'équipe de France athlétisme.
01:21Et donc, j'ai fait le choix de l'athlétisme,
01:26parce que tout simplement, mon caractère fait que j'adore énormément le sport d'équipe.
01:32Mais c'est vrai que des fois, c'est frustrant qu'on perd,
01:35et de se dire que c'est pas de sa faute.
01:37Et je me suis dit, ben, moi, je vais aller à l'athlétisme.
01:40Au moins, si je perds, c'est de ma faute.
01:42Si je gagne, c'est grâce à moi aussi.
01:44Et puis tout simplement aussi, c'est qu'à l'athlétisme,
01:47cette histoire que c'est le coach qui décide quand tu rentres,
01:49quand tu rentres pas, il n'y a pas.
01:50J'ai besoin de mètre sélectionnée, il y a une ligne à faire.
01:53Une ligne, c'est-à-dire une distance à passer,
01:54ben, je n'ai qu'à la dépasser, et la personne ne peut l'interdire.
01:57Ton record de la plus grande permanence, c'est plus de 63 mètres.
02:02Tu m'as exactement ?
02:0363 mètres, 46.
02:0463 mètres.
02:0486 mètres du record de France.
02:06D'accord, donc aujourd'hui, tu es la détectrice
02:08de la deuxième meilleure performance française de l'histoire.
02:10C'est ça.
02:11Qu'est-ce que ça te fait ?
02:11C'est touchant de me dire, ben, à Rougesia,
02:16je suis une petite Guyanese, une Guyanese de Bancoria, de Kourou,
02:19voilà, et de me dire, ben, que c'est possible, en fait.
02:21J'ai grandi, voilà, en commune.
02:24Et puis je suis partie de traverser tout ça,
02:27d'être confrontée aux meilleures françaises,
02:30d'arriver dans un pays grand qui change.
02:32Le regard est différent, la vie est différente,
02:35les repas sont différents,
02:37et les entraînements sont différents aussi,
02:40beaucoup plus intensifs.
02:41Et il faut aller dans la sport-études.
02:43Et de me dire que j'ai réussi malgré tout,
02:45c'est une grande fierté.
02:46Pendant que les amis étaient, par exemple,
02:49pour les fêtes patronales,
02:50ils étaient dans les sirotages,
02:51et ça, maintenant, moi, j'étais à l'internat,
02:53j'étais en train de dormir,
02:54parce que l'entraînement demain matin,
02:56et c'était le début quotidien.
02:58Mais c'était un choix.
02:58Est-ce que dans les championnats,
03:02tu as fait des championnats d'Europe,
03:03même des championnats du monde,
03:04est-ce que c'était une compétition internationale
03:06qui t'a vraiment beaucoup marquée ?
03:08Ben, justement, c'était les championnats d'Europe par équipe.
03:11C'était vraiment de la compétition qui m'a fait marquer,
03:12parce que déjà, c'est là que je fais mon record.
03:14Mais c'était vraiment tout ce qu'il y avait avant.
03:15Ça m'a marquée, parce que c'était...
03:17Je ne pensais même pas que j'allais faire
03:18le record de France,
03:19parce que la situation était tellement tendue,
03:22c'est-à-dire que l'énergie,
03:23l'ambiance qu'il y avait,
03:25c'était particulier.
03:27Et en fait, c'est que j'étais hyper malade.
03:30J'avais vraiment...
03:32Le bégui coulait, j'éternuais.
03:34Je me sentais vraiment fatiguée.
03:36Et j'avais énormément de pression
03:37que je n'arrivais pas trop à gérer.
03:39Et en fait, à la chambre d'appel,
03:40juste avant de la chambre d'appel,
03:41je me suis effondrée une pleure.
03:43Mais vraiment,
03:43et j'avais ma coach qui était avec moi à l'époque.
03:45Elle m'a remonté le moral, etc.
03:47Et je suis rentrée, transcendée.
03:50Transcendée, vraiment.
03:51Premier essai, boum, record.
03:54Deuxième, boum, 62.
03:55Et en fait, j'enchaînais
03:56et je n'arrivais plus à m'arrêter.
03:58Et vraiment, cette compétition-là,
03:59elle m'a marquée.
04:00OK.
04:01Donc là, tu gagnes,
04:02médaille d'or pour l'équipe de France.
04:03C'était quoi comme sensation
04:04une fois que c'est fini ?
04:06C'était une libération.
04:07Sincèrement, j'ai même crié.
04:08Il y a la vidéo, je suis là,
04:09je crie, je...
04:10Parce qu'il y a beaucoup de choses
04:12qui sont sorties, en fait.
04:15Je me suis libérée.
04:16J'ai pu enfin exprimer
04:18la personne que j'étais,
04:19exprimer les entraînements,
04:20exprimer...
04:21En fait, tout ce que j'ai traversé,
04:22c'est déjà tout le chemin
04:23que j'ai fait derrière.
04:24C'est-à-dire le chemin de la Guyane,
04:26le chemin d'être lourd de la famille.
04:29C'est tout ça.
04:29À ce moment-là,
04:30moi, tu rêves de grandeur.
04:33Je te dis que tu ne vas pas
04:34t'arrêter là.
04:35Tu penses aux championnats du monde
04:37aussi, forcément.
04:38Les Jeux Olympiques qui arrivent
04:39un an après, normalement.
04:42Et puis, il y a plein de trucs
04:43qui se passent.
04:44Le Covid.
04:44Et puis aussi, tu te blesses.
04:46Et ouais, je ne sais pas
04:47comment expliquer ça.
04:49Le jour où tu te blesses,
04:50est-ce que c'est un bon jour
04:51jusqu'à ce que tu te blesses ?
04:53Déjà, moi, je suis quelqu'un
04:54d'être superstitieuse.
04:55Et ça m'a marqué
04:56parce que ce jour-là,
04:57en général, je ne l'en suis jamais
04:58avec des chaussettes noires.
05:00Je rigole aujourd'hui,
05:01je préfère un rire.
05:02Qu'ils n'ont jamais
05:03des chaussettes noires.
05:04Quelque chose que je ne fais jamais.
05:05D'ailleurs, mon sac,
05:06je l'avais mal fait.
05:07Il me manquait mes chaussettes.
05:08Et j'avais uniquement des paires
05:10de chaussettes de ville noire.
05:12Et je me suis dit,
05:12ben, je n'ai pas de chaussettes,
05:14je n'ai que ça.
05:15Et je me suis dit,
05:15ben, allez, ne t'inquiète pas,
05:16c'est de la superstition.
05:18Ne t'occupe pas.
05:19Tu vas réussir.
05:20Et j'ai lancé des chaussettes noires.
05:22Je ne sais pas si c'est
05:22de la superstition,
05:23si c'est un hasard.
05:25Bref, je me blesse gravement.
05:27Criade, c'est-à-dire,
05:28même une pentade,
05:29comme on dit,
05:29c'est-à-dire que
05:30les cinq ligaments du genou
05:31ont explosé.
05:32Est-ce que tu voudrais
05:33comparer cette douleur-là
05:34avec d'autres choses ?
05:37Honnêtement,
05:38quand j'ai accouché
05:38dernièrement,
05:39je me suis même pensé
05:40à cette douleur-là,
05:40pour vous dire.
05:41Quand j'étais en train
05:42d'accoucher de mon fils,
05:43j'ai repensé à la douleur
05:44du genou.
05:46Je me suis dit,
05:46ouais, mais en fait,
05:47c'est quasiment similaire.
05:48Bon, l'accouchement,
05:50c'est un autre niveau.
05:51Mais je n'étais pas loin
05:53pour vous dire
05:54à quel point, en fait,
05:55quand j'étais à terre,
05:56j'étais à l'agonie,
05:57sincèrement,
05:57je jurelais.
05:58J'étais vraiment souffrant.
06:00C'était très douloureux,
06:01impossible de toucher mon genou.
06:03C'était vraiment
06:03la pire des sensations
06:04et je souhaitais ça
06:05vraiment à personne,
06:06en fait,
06:06même pas à mon pire ennemi.
06:07Quand je suis tombée,
06:08la première chose
06:09que j'ai pensée,
06:09je me suis dit,
06:11mais c'est les jeux.
06:11C'est dans huit mois, les jeux.
06:13Du coup,
06:13mental de guerrière.
06:14Tout de suite,
06:15on s'est relevés
06:16avec ma coach
06:16et mon coach,
06:17c'était un couple,
06:18et on s'est dit,
06:19allez, on va en rééducation,
06:20on n'abandonne pas.
06:21Bon, ça, c'est ma force
06:22de caractère,
06:22on n'abandonne pas.
06:23Le médecin m'avait dit
06:24à l'époque,
06:25le chirurgien même,
06:26que je n'aurais pas pu
06:27recourir au bout de deux ans.
06:28Au bout de six mois,
06:28j'ai recommencé à courir.
06:30Je cours en boiton,
06:30c'est sûr,
06:31mais je courais.
06:32J'ai pu faire
06:33les championnats de France
06:34l'année d'après,
06:35sur une jambe quand même.
06:36Mais voilà,
06:37j'ai pu le relancer
06:38en tout cas à 52 mètres
06:39sur une jambe,
06:40malgré tout.
06:41Et quand l'on t'a dit
06:42que tu ne peux qu'à recourir
06:43au bout de deux ans
06:43et que au bout de six mois
06:44tu recours,
06:44c'est déjà une grande victoire.
06:46Tout ça,
06:46c'était encourageant.
06:48Est-ce que tu veux
06:48quand même nous parler
06:49un peu plus de ta rééducation ?
06:51À quoi ressemblaient
06:52tes journées
06:53pendant la période ?
06:53Du coup,
06:54j'ai fait ma rééducation
06:55au CERS de Saint-Raphaël.
06:57Comme j'habitais à Saint-Raphaël,
06:59j'allais en service de jour.
07:00C'est-à-dire que j'allais
07:01le matin à 8h,
07:02de 8h jusqu'à 7h.
07:04On mangeait la barre et tout.
07:05Et ça,
07:05pendant trois mois.
07:06C'était très intense,
07:08très douloureux.
07:09Et aujourd'hui,
07:10on va dire que ça va
07:11beaucoup mieux.
07:12Mais j'ai pris quand même
07:13un bon deux ans
07:14pour nous rétablir
07:16donc aujourd'hui,
07:17je n'ai plus de douleur,
07:17mais je n'ai plus de flexion.
07:18Est-ce que le report
07:20d'un an
07:21des Jeux Olympiques,
07:22donc les Jeux Olympiques de Tokyo
07:23qui ont eu lieu
07:23en demi-retard du coup,
07:25t'as redonné de l'espoir
07:26et a compté dans ta...
07:27Sur le moment,
07:28oui,
07:28ça m'avait redonné de l'espoir.
07:29Je me suis dit
07:30bon, c'est mieux,
07:31ça doit être encore plus de temps.
07:32Mais le fait d'avoir fait
07:33l'opération deux fois,
07:34ce n'était pas prévu en fait.
07:35Et la godistrophie,
07:36en fait,
07:36ça a complètement tout changé.
07:38J'ai fait un gros travail
07:39sur moi,
07:39un gros travail d'acceptation.
07:41J'ai fini par lâcher prise
07:42et me dire
07:42mais en fait,
07:43ça ne sera pas possible.
07:44C'était difficile.
07:45J'ai resté trois jours,
07:47je me rappelais
07:47enfermée dans ma chambre,
07:48un peu rire.
07:49Heureusement qu'il y avait
07:50ma famille,
07:51mon compagnon
07:51qui était là avec moi,
07:53mon petit frère à l'époque
07:54qui était là avec moi.
07:55Tu n'as pas arrêté le sport ?
07:56Non.
07:56Même dans cette forte compliquée,
07:57même quand tu as su
07:58que tu n'allais pas pouvoir continuer.
07:59L'athlétisme à haut niveau,
08:01en tout cas pas pour le moment.
08:02Tu as continué le sport.
08:04Tu es retournée au handball,
08:05ton premier amour.
08:09J'ai dit que c'est mon premier amour.
08:10Je n'ai jamais arrêté,
08:11je n'ai jamais abandonné le hanche.
08:13Le handball,
08:13c'est lui qui m'a tenue
08:15dans beaucoup de choses.
08:17Je me suis dit
08:17écoute,
08:18tu es une handballeuse dans l'âme,
08:19tu aimes ça.
08:20Et quand je joue sur le terrain,
08:22quand je suis avec mes coéquipières,
08:23il y a vraiment quelque chose,
08:25je ne sais pas comment expliquer,
08:27mais c'est un bonheur.
08:28C'est vraiment le bonheur.
08:29C'est une oppresse de tête.
08:31Je me fais plaisir.
08:32C'est vraiment du fun,
08:32du loisir.
08:33Sans pression en fait.
08:34C'est différent du jableuse du coup.
08:37Sport de niveau,
08:38c'était mon métier aussi.
08:39Donc c'était deux choses différentes.
08:42Depuis 2018,
08:43j'étais en sport-études,
08:44on va dire,
08:45parce que j'étais en préparation
08:47de mon diplôme d'educateur spécialisé
08:49à l'IRDTS en Guyane.
08:50Et donc,
08:51je suis consciente
08:52qu'il manque énormément de structure.
08:53Et c'est aussi peut-être
08:54pour mettre tout ça en lumière.
08:56Mais c'était pour me dire,
08:57écoute,
08:58tu es une guyanaise,
08:59donc restons ton pays aussi.
09:02Reste chez toi.
09:02Il y a le côté mental,
09:04comme on dit,
09:0450% mental,
09:0550% physique.
09:06J'ai besoin d'être bien.
09:07J'ai besoin d'être avec mes proches.
09:09J'ai besoin de manger mes repas.
09:10J'ai besoin de me sentir bien.
09:12J'ai besoin d'avoir chaud.
09:13Et c'est tout ça qui a fait
09:14que j'ai décidé
09:14de rester en Guyane
09:16pour m'entraîner.
09:17Tout ça, ça paye
09:17parce que tu refais
09:18les championnats de France.
09:19Les ateliers de gagnants
09:20n'ont pas la chance
09:20de les faire.
09:21Parce qu'il y en a de plus en plus.
09:22Tu arrives à avoir l'opportunité
09:23de refaire les championnats de France.
09:24Nos classes,
09:25à l'heure actuelle,
09:26c'est la dernière compétition.
09:27Bon, ça se passe comment
09:28ces championnats de France ?
09:28Alors ces championnats de France,
09:29j'ai beaucoup réfléchi
09:30avant de les faire
09:31puisque j'avais quand même
09:33annoncé que ça aurait été
09:35ma dernière.
09:37Ça aurait été...
09:38J'aurais fait une pause, en fait.
09:39À cette période de ma vie,
09:40j'avais envie de me centrer sur moi.
09:42J'avais envie de
09:42fonder ma famille.
09:44J'avais envie de quelque chose
09:45de nouveau.
09:45Je vais vraiment en mode
09:47sans prise de tête.
09:48Il y avait mes parents,
09:50il y avait mes compagnons,
09:51il y avait tout le monde.
09:52Et je fais vie
09:53championne de France
09:53avec ses 24 mètres.
09:55Ça faisait longtemps.
09:56Ça faisait vraiment longtemps.
09:57Donc c'était un soulagement.
09:58J'étais vraiment bien.
09:59Et puis on prend, voilà.
10:01Les choses ont basculé
10:02à ce moment-là.
10:03Donc c'est à peu près
10:04combien de temps
10:05après les championnats
10:06qu'on t'annonce
10:06que tu es contrôlée positive ?
10:08C'était, on va dire,
10:10en février,
10:11les championnats de France.
10:12Quatre, cinq mois plus tard,
10:14on m'annonce
10:14qu'il y a un résultat positif.
10:16Du coup, à ma grande surprise,
10:17je décide de demander
10:19à ce que les chantiers en B
10:20soient réévalués
10:21puisque je ne comprends pas.
10:22Je vous envoie
10:23la liste des composants
10:25qui a été traduite
10:26par un expert
10:27du tribunal certifié.
10:29Je sais que ce n'est pas
10:29quelque chose
10:30qui va, en tout cas,
10:31améliorer la performance
10:32plus forte et haute.
10:33Donc je me dis,
10:34en tous les cas,
10:34ça va bien se passer.
10:36Et au final,
10:37vraiment pas mal
10:38de temps après,
10:39en m'annonce,
10:40j'étais déjà enceinte d'ailleurs,
10:41en m'annonce que finalement,
10:42ils ont quand même retenu
10:43que je vais être suspendue.
10:46Et malgré la FLD
10:47qui, bien sûr,
10:48dit que ce n'est pas
10:49quelque chose de dopant,
10:50mais quand même,
10:51je devais mieux vérifier.
10:54Donc ce qui t'énerve
10:55dans tout ça,
10:56c'est qu'on a rejeté
10:57la faute sur toi
10:58quand on t'a traité
10:59de tricheuse, en fait.
11:00Honnêtement,
11:01avec du recul,
11:01je me dis,
11:02bon, on a bien retrouvé
11:03quelque chose,
11:04j'ai bien pris quelque chose
11:05et dans cette chose,
11:06il y avait bien la substance
11:07qu'on a retrouvée.
11:08Mais effectivement,
11:09ce n'était pas volontaire
11:10puisque je ne savais pas.
11:11Je ne savais pas
11:11qu'il y avait cette chose.
11:12La traduction a bien confirmé
11:14qu'il n'y avait pas.
11:15Ce n'est pas la sentence
11:16en lui-même.
11:17bon, ça,
11:18j'assume les conséquences,
11:19d'accord.
11:20Mais c'est l'image
11:21qu'on a voulu me coller,
11:22en fait.
11:23C'est plus ça.
11:24C'est là où j'en veux.
11:25J'ai reçu des réflexions,
11:27des commentaires négatifs.
11:28Bien sûr, forcément.
11:30Après, il y a le regard,
11:31on sent le jugement
11:32des personnes
11:33qui jugent, en fait,
11:34sans comprendre,
11:35sans chercher à connaître.
11:37Et en fait,
11:37là où j'en veux
11:38que ce soit clair,
11:39ce n'est pas tant
11:40la décision
11:41puisque c'est une substance
11:42qui a été retrouvée
11:43dans un complément,
11:44une substance inscrite
11:46sur les listes
11:46interdite en France
11:48et pas une substance
11:49qui cherche
11:49à améliorer
11:50les performances,
11:51donc pas visée dopante.
11:53Et ça,
11:53l'AFL a confirmé,
11:54même dans les écrits.
11:55T'as accusé tout ça
11:56de dopage,
11:57cherché à augmenter
11:58tes performances,
11:59tout ça.
11:59Ça s'est passé où ?
12:00Au niveau de la fédération ?
12:01Au niveau des réseaux sociaux ?
12:03Au niveau des réseaux sociaux,
12:04plutôt.
12:04Je n'ai pas une nouvelle
12:05de la fédération.
12:06Des gens que tu ne connaissais pas
12:07sont venus vers toi ?
12:08Il y a eu des commentaires,
12:10des commentaires sur les réseaux,
12:12on va dire,
12:13et puis des bouts de couloir,
12:15ce qu'on entendait,
12:16etc.
12:17Dans tous les cas,
12:18je me disais,
12:19t'es enceinte,
12:20t'as d'autres choses à gérer.
12:21J'ai enquêté en silence,
12:23j'ai la tontue,
12:24et je savais que tôt ou tard,
12:25j'allais pouvoir enfin
12:26raconter mon histoire.
12:27Et donc du coup,
12:27c'est ce que j'ai fait.
12:28Et cette histoire-là,
12:29c'est vraiment pas que pour moi,
12:30mais pour les personnes,
12:31surtout comme moi,
12:33que ce soit dans le sport
12:34ou même ailleurs,
12:35qui ont été salis,
12:35qui ont été dans l'injustice.
12:38C'est une injustice.
12:39Et de leur dire,
12:40dans tous les cas,
12:40ils ne sont pas
12:41ceux que les gens disent qu'ils sont.
12:43Et ce n'est pas parce qu'on nous a dit
12:44qu'on était salis,
12:46qu'on a triché,
12:47qu'on a fait des choses,
12:49que c'est vrai.
12:50Donc on peut très bien revenir,
12:51choisir de renaître
12:52et de choisir justement
12:53de faire quelque chose de positif
12:55avec tout ce qu'on a traversé.
12:57Aujourd'hui,
12:58alors quoi est-ce que tu te tournes ?
13:00Quelle est ta priorité aujourd'hui ?
13:02T'imagines lui,
13:03c'est mon fils.
13:04Ma priorité,
13:05c'est mon bébé.
13:06Et de continuer mon deuil,
13:08de la perte de mon petit-femme.
13:10Voilà,
13:10c'est censé faire des choses-là,
13:12de me recentrer en tant que femme,
13:14de reprendre la force,
13:15de retravailler sur ma confiance.
13:18Parce que ce n'était quand même pas facile,
13:19c'était quand même assez violent
13:21de pouvoir gérer tout ça sincèrement.
13:23En plus,
13:23en étant enceinte,
13:24violent de recevoir quelque chose
13:27qu'on n'ait pas
13:28et de devoir faire avec.
13:30Des choses qui vont à l'encontre
13:31de nos valeurs
13:31puisque tu es une femme
13:33déjà qui travaille avec des jeunes
13:35en tant qu'éducateur spécialisé.
13:36Je travaille aussi dans des associations,
13:37je suis dans des associations sportives.
13:39C'est pour toutes les personnes
13:40qui se retrouvent dans des situations comme moi,
13:42de ne jamais abandonner,
13:43de ne jamais croire
13:45ce que les gens disent que vous êtes,
13:46si vous savez ce que vous n'êtes pas.
13:48et aussi remercier toutes les personnes
13:50qui ont toujours cru en moi,
13:51qui n'ont jamais douté.
13:53Et justement,
13:54ils m'ont toujours vu m'entraîner.
13:55Voilà, une fille droite,
13:57toutes ces personnes
13:58qui m'ont toujours encouragée,
13:59je les remercie vraiment du fond du peur.
14:02Je remercie France Guillaume
14:03de m'avoir permis de libérer la parole
14:04et enfin pouvoir raconter mon histoire.
14:06Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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