00:00Bonjour à tous, bienvenue, 7 minutes chrono sur TL7, chaque jour la parole aux personnalités du département de la Loire.
00:19On va faire un point sur cette rentrée politique plus qu'agitée dans le pays, en compagnie de Pierrick Courbon,
00:24aujourd'hui député socialiste de la première circonscription de la Loire.
00:27– Pierrick Courbon, bonjour. – Bonjour. – Député depuis juillet 2024,
00:31et on ne peut pas dire que cette année a été de tout repos en termes de stabilité politique, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:37Donc on va faire un petit point ensemble sur ce qui se passe actuellement,
00:40la nomination de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre, la composition du gouvernement qu'on attend,
00:45les tractations, négociations qui s'opèrent.
00:47Comment est-ce que vous, en tant que député de la Loire, vous vivez cette situation,
00:51en tant que député socialiste de la Loire, vous vivez cette situation ?
00:54– Effectivement, c'est extrêmement compliqué, parce que c'est difficile de travailler sur le moyen terme,
01:00de s'organiser, de prévoir ce qui peut se passer dans les jours et les semaines qui viennent.
01:06On a découvert et pris acte de la nomination de M. Lecornu.
01:11– Vous êtes en colère, vous attendiez un Premier ministre de Gaulle.
01:13– Voilà, le Président de la République a fait le choix, une fois encore,
01:16de rester sourd aux aspirations d'une immense majorité de Françaises et de Français
01:20à un changement de ligne politique.
01:23Cette nomination, moi je la prends comme une provocation
01:26qui risque malheureusement d'attiser la colère sociale dans le pays.
01:31On voit qu'il y a beaucoup de mouvements sociaux en ce moment
01:33et on va attendre de voir ce que M. Lecornu veut annoncer.
01:38Il a annoncé vouloir faire un projet de rupture,
01:40mais il est clair que sans inflexion politique majeure sur la justice sociale,
01:44sur la transition écologique, sur la question des retraites,
01:47les mêmes causes risquent de produire, tôt ou tard, les mêmes effets.
01:50– Vous, personnellement, qu'est-ce qui pourrait faire
01:52que vous ne votiez pas la censure de Sébastien Lecornu, du gouvernement Lecornu ?
01:55– Déjà, en tant que socialiste, nous ne sommes pas dans une posture
01:59qui consiste à dire nous refusons par principe tout dialogue,
02:02nous sommes républicains, mais effectivement, chat et chaudé craint l'eau froide
02:06et alors que les socialistes avaient tendu la main à François Bayrou
02:10et puis précédemment à M. Barnier pour essayer d'avoir un meilleur budget pour la France,
02:16eh bien, aucune des engagements, aucune des promesses,
02:19aucun des engagements qui avaient été pris, je pense par exemple
02:21à la question du conclave sur les retraites,
02:23n'ont été tenus quant à la possibilité d'avoir une vraie inflexion politique.
02:27Et donc, aujourd'hui, moi, sans signe majeur sur la justice fiscale,
02:31avec en particulier la taxation des plus grandes fortunes de ce pays.
02:34– La taxe Zuckmann ? – La taxe Zuckmann dont on a beaucoup parlé.
02:37Sans mesure significative sur le pouvoir d'achat des travailleurs les plus modestes,
02:41celles et ceux qui se lèvent le matin pour travailler,
02:43qui disent « malgré le fait que je travaille, je n'arrive pas à m'en sortir ».
02:46Et sans mesure symbolique sur la question des retraites,
02:49pour laquelle je demande toujours l'abrogation de la loi Borne,
02:52malheureusement, je ne vois pas comment le compte pourrait y être.
02:54– En termes de budget, la vraie problématique, c'est le budget aujourd'hui.
03:00Est-ce qu'on peut encore se permettre de faire des actions en faveur du pouvoir d'achat, etc., d'après vous ?
03:06Ou est-ce qu'il faut aller chercher pour résoudre le problème du budget ?
03:09– Moi, je pense que la principale cause aujourd'hui du déficit budgétaire,
03:13dont on parle beaucoup, n'est pas tant le montant de nos dépenses.
03:17Alors, évidemment, il faut rechercher des économies.
03:19Évidemment, il faut aller regarder du côté du train vide l'État.
03:22Il ne doit pas y avoir de tabou.
03:23Mais le principal problème, c'est qu'en raison des politiques conduites
03:27par Emmanuel Macron depuis huit ans maintenant,
03:30on s'est privé d'un certain nombre de recettes, de recettes fiscales.
03:33C'est entre 60 et 70 milliards d'euros par an,
03:36de cadeaux faits aujourd'hui aux plus riches.
03:39Nous, ce que nous disons, c'est très simple.
03:41Tout le monde doit pouvoir faire des efforts,
03:43mais il ne faut pas que celles et ceux qui ont le plus de moyens,
03:45qu'il s'agisse de foyers, d'individus, de particuliers ou d'entreprises,
03:49soient exonérés.
03:50Et il faut que, tout simplement, tout le monde paye à sa juste capacité.
03:54C'est un principe auquel je suis extrêmement attaché.
03:56Aujourd'hui, ce n'est pas normal que quelqu'un qui est milliardaire,
04:00en proportion de la richesse, paye moins d'impôts que vous et moins.
04:03Je voudrais que nous parlions d'une éventuelle dissolution,
04:05parce que, in fine, c'est ce qui risque d'arriver à un moment ou à un autre,
04:08en cas de nouvelle censure.
04:10Comment vous l'abordez, vous, qui avez été élu sous l'étiquette
04:13Nouveau Front Populaire, lors de la dissolution de l'été dernier, 2024 ?
04:16Alors, il ne faut jamais avoir peur de la démocratie.
04:19Et s'il faut retourner aux urnes, dans l'espoir d'avoir une clarification
04:22de la situation politique et d'avoir une clarification, une nouvelle fois,
04:27du fait que les Françaises et les Français ne veulent plus de la politique d'Emmanuel Macron,
04:30je n'en ai pas peur et j'y suis prêt.
04:32En revanche, est-ce que la dissolution, aujourd'hui,
04:35apporterait une autre Assemblée nationale avec d'autres équilibres politiques ?
04:39Je n'en suis pas certain.
04:40On a une tripartition de la vie politique qui semble durablement installée.
04:45Et donc, c'est pour ça que, pour moi, la clé du succès, elle ne vient pas dans de nouvelles élections,
04:50mais bien dans le fait que les uns et les autres acceptent ce que j'appelle le parlementarisme de fait.
04:54Personne n'a de majorité.
04:56Et donc, il faut que les uns et les autres arrivent à travailler ensemble.
04:59Dossier par dossier.
05:00Dossier par dossier, mais arrivent à travailler ensemble dans le respect,
05:03à la fois de l'équilibre politique de l'Assemblée nationale,
05:07et dans le respect des messages envoyés, réitérés par les électeurs
05:10qui veulent un changement de cap sur le plan politique,
05:14qui n'en peuvent plus de cette politique d'austérité
05:16qui rend les fins de mois très difficiles et de plus en plus tôt dans le mois.
05:20Pierre-Héco, il nous reste deux minutes, ça va très vite.
05:22Les dossiers qui vous mobilisent en cette rentrée, on va en citer deux.
05:25D'ailleurs, d'abord, un dossier économique, c'est le cas de Novasco.
05:29À Saint-Etienne, c'est une cinquantaine de salariés, anciens à Scometal.
05:32C'est ça, c'est le site Novasco sur le Marais,
05:35qui est une entreprise aujourd'hui en redressement judiciaire.
05:38Il y a des offres qui ont été déposées pour le site de Saint-Etienne
05:42et pour d'autres sites en France, parce que Novasco,
05:44c'est cinq sites sur le territoire national.
05:46Moi, je travaille aux côtés à la fois des salariés que je reçois
05:49et que je rencontre régulièrement, et du ministère de l'Économie
05:52pour améliorer les offres existantes,
05:54pour qu'il y ait à la fois un vrai projet industriel
05:56pour le site à Saint-Etienne et le moins de casse sociale possible.
05:59Et puis autre chose, Parcoursup, c'est une nouvelle
06:02que vous nous donnez aujourd'hui, vous allez être investi d'une mission.
06:06Oui, une petite exclusivité.
06:08Je devrais être nommé rapporteur d'ici quelques jours,
06:12quelques semaines, en fonction de ce qui va se passer
06:13à l'Assemblée nationale, d'une mission parlementaire
06:16sur Parcoursup, avec un collègue de la majorité parlementaire,
06:20entre guillemets, pour justement travailler
06:23aux défaillances de Parcoursup, son caractère anxiogène
06:26pour un certain nombre de familles,
06:28voir comment on peut en corriger certains effets pervers.
06:31Je pense en particulier à certaines formations,
06:32plus ou moins bidons, qu'on retrouve avec de l'enseignement
06:36supérieur privé à but lucratif.
06:38Donc essayer d'assainir un petit peu cette situation
06:40et de faire en sorte que chaque jeune puisse avoir
06:43une vraie solution qualitative pour son orientation.
06:46Il nous reste 30 secondes.
06:47Je voudrais que nous parlions des municipales à Saint-Etienne.
06:49C'est acté, c'est Régis Jouanico qui conduira
06:50la candidature des socialistes et autres.
06:55Votre avis sur cette candidature ?
06:57Moi, je soutiens sans réserve Régis Jouanico.
07:00Je pense que c'est le candidat qu'il faut pour Saint-Etienne.
07:04Il est expérimenté, il est respecté pour être un élu au travail,
07:09un élu en capacité de fédérer sur tout autour de lui
07:11et de proposer à la fois un autre projet pour Saint-Etienne.
07:14Il va y avoir des annonces dans les jours et les semaines qui viennent,
07:17mais aussi peut-être une autre gouvernance plus partagée
07:20et surtout plus éthique et respectueux
07:24de certaines formes de déontologie
07:26dont on a bien besoin en ce moment à Saint-Etienne.
07:28En une seconde, en un mot,
07:30quel rôle vous allez jouer dans cette campagne ?
07:32Je serai un soutien actif, sans doute en qualité de colistier.
07:37Pour l'instant, les discussions se poursuivent pour le périmètre politique,
07:40mais quoi qu'il arrive, je vais m'engager sans réserve à ses côtés
07:43pour faire en sorte que nous puissions l'emporter à Saint-Etienne.
07:46Merci beaucoup, Pierrick Courbon, député de la première circonscription de la Loire.
07:50Merci.
07:50Merci à vous.
07:51Merci de nous avoir suivis.
07:52On se retrouve demain, même heure, sur TL7, dans 7 minutes.
07:54chrono, à demain.