00:0013h15, Europe 1 Info.
00:02Avec vous, Kelly Mathias et à 13h17, on accueille vos deux chroniqueurs du jour pour débattre de l'actualité de ce lundi 15 septembre.
00:09Le journaliste Yvan Riaufoil et le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier.
00:12Bonjour à vous deux.
00:13Bonjour, bonjour.
00:14Soyez les bienvenus dans Europe 1 Info, vous êtes notre duo du lundi.
00:18On va revenir sur quelques images et déclarations de ce week-end.
00:21Déjà, on va commencer par les images de Londres.
00:23Vous avez vu, c'est ce raz-de-marée nationaliste qui a déferlé sur la capitale anglaise avec ses drapeaux à la main, qu'ils soient anglais ou britanniques.
00:32Qu'est-ce que cette colère dit d'après vous, Jean-Claude Dacier ?
00:35D'un profond mécontentement, j'imagine, et d'une recherche de l'authenticité anglaise ou britannique, il faut voir.
00:43Mais je pense qu'il y avait plus de... quoi ? Il y avait 110, 120 000 personnes, peut-être davantage.
00:48C'était impressionnant, les images que nous avons vues à la télévision.
00:52Donc j'imagine qu'il va falloir que M. Kerstheimer prenne conscience de la réalité de la situation en Angleterre.
01:00Ils ont, eux, des statistiques ethniques, ce que nous nous refusons, nous, à faire.
01:04On ne sait pas très bien pourquoi, d'ailleurs.
01:07Il y a un peu plus de 10 millions d'immigrés en Angleterre.
01:11Il y en a 3 millions et quelques qui viennent des pays hors, euros, mais dans le continent à peu près européen.
01:17Et 6 millions et demi qui viennent d'ailleurs.
01:19C'est un vrai problème et c'est une situation qui devient très préoccupante pour les travaillistes.
01:27Parce que la situation qui est faite aux immigrants, les dispositions qui sont faites,
01:32qui leur permettent a priori de travailler dans des conditions à peu près convenables, vont être durcies.
01:36Le visa de séjour va lui aussi être durci.
01:41Bref, je pense que ce chiffre de 110 ou 120 000 personnes,
01:47bien qu'ayant été convoqué à Londres par un drôle de loustique,
01:50que je ne connais pas personnellement, mais apparemment,
01:52il a plus, monsieur Levinson, il a plus d'allure, Robinson, pardon,
01:57il a plus l'allure d'un type qui maîtrise mal son propos,
02:02et qui est plus l'apparence d'un voyou qu'un leader politique.
02:05On va y revenir.
02:06Mais enfin, c'est, si vous voulez, il y a une deuxième chose qui m'a frappé.
02:11Alors ne faites pas tout le débat.
02:12Je ne fais pas le débat.
02:13C'est l'amoncellement des drapeaux.
02:14Et je me tais.
02:15Il y a eu les drapeaux.
02:16Commençons par ça.
02:17Et puis, il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde dans les rues britanniques, à Londres.
02:21Et Yvan Riaufol, j'aimerais également avoir votre avis.
02:23On a eu l'avis de Jean-Claude Dacier, longuement.
02:26Trop longuement, je m'excuse.
02:28Vous êtes un peu long.
02:29Vous êtes un peu long.
02:30C'est rituel chez vous.
02:33Ne commencez pas.
02:34Yvan Riaufol, vous avez parlé, Jean-Claude Dacier, de Keir Starmer, le Premier ministre britannique.
02:40Le Royaume-Uni s'est longtemps vanté de son modèle communautariste.
02:43Et Keir Starmer l'a rappelé hier.
02:45Il a dit que le Royaume-Uni est une nation qui s'est construite sur la tolérance, la diversité et le respect.
02:50Il y avait 110 000 personnes avec ses drapeaux à la main hier.
02:53Vous, qu'est-ce que vous en dites ?
02:54Comment vous interprétez ce mouvement ?
02:56J'y vois, en effet, un double échec.
02:59J'y vois l'échec du multiculturalisme, qui était quand même l'ADN, si je puis dire, des sociétés anglo-saxonnes.
03:06Et là, on voit qu'il y a un rejet massif, très massif, de ce qu'est le multiculturalisme,
03:10et plus généralement de ce qu'est la société ouverte.
03:13Et cette société ouverte, défendue par George Soros,
03:16qui est une société qui a été imposée à l'Europe entière et aux peuples européens entiers.
03:20Et l'on voit que ce qui se passe en Angleterre, spectaculairement,
03:23se passe également dans d'autres pays d'Europe, où l'on voit que le réveil des peuples et des nations...
03:26Un modèle à bout de souffle, alors.
03:28Un modèle à bout de souffle, exactement.
03:29Avec ce réveil des peuples et des nations qui réclament leur propre identité.
03:34Le deuxième échec est celui de toutes les idéologies dites antiracistes,
03:39qui interdisaient précisément d'avoir à protester contre ces phénomènes migratoires,
03:43au prétexte que l'on accuserait l'autre, dans le fond, d'être le gêneur.
03:47Je pense que c'est une fausse analyse.
03:49Moi, j'espérerais qu'il y ait effectivement une manifestation similaire en France,
03:54mais naturellement, en évitant l'échec qui serait idiot,
03:58de désigner l'immigré comme étant le bouc émissaire, bien entendu.
04:01On comprend très bien toutes ces réticences-là.
04:03S'il devait y avoir une même manifestation massive en France,
04:06je pense que la France aurait dû d'ailleurs ouvrir la voie,
04:08mais simplement en évitant de désigner l'immigré, le pauvre,
04:13comme étant la source de nos mots.
04:15La source de nos mots, c'est précisément ce système mondialiste,
04:18ce système européiste, ce système de la supranationalité,
04:23qui est celui, ce système qui est défendu par Macron,
04:25qui est à mettre en cause.
04:26Nous assistons à la fin d'un système,
04:28nous assistons à la fin d'un monde qui régentait depuis maintenant
04:32près de 50 ans les sociétés européennes,
04:35et les Anglais ouvrent la marche.
04:37Simplement, une dernière réflexion,
04:39je trouve absolument insupportable d'entendre dans la presse,
04:42dans les médias mainstream, les médias convenus,
04:44que ce serait une manifestation d'extrême droite.
04:46Ce n'est pas l'extrême droite qui manifestait hier,
04:49c'était des patriotes,
04:51alors au moins qu'on dise que le patriotisme maintenant est d'extrême droite,
04:54et d'ailleurs, je ne suis pas loin de penser qu'il y aurait beaucoup,
04:56effectivement, de mouvements d'e-progressistes qui penseraient ça,
05:00qu'ils verraient dans le patriotisme,
05:01sauf s'il est palestinien, un mouvement d'extrême droite.
05:05Je pense qu'au contraire, nous assistons à vraiment un moment historique
05:08qui va balayer toutes les nations européennes,
05:12et qui va balayer également les interdits français,
05:15et c'est interdit de l'antiracisme qui a été pour moi une calamité.
05:20Je ne sais plus qui l'avait dit, je crois que c'était Alain Finkielkraut,
05:22que l'antiracisme était le communisme du XXIe siècle,
05:25parce qu'il empêchait de dire,
05:26et on voit que maintenant, ce communisme-là s'ébranle,
05:29et qu'il n'empêche plus de dire.
05:31Yvan Riffold, je pense que vous avez fait plus long que Jean-Claude Dessier.
05:34Je n'osais le dire.
05:36Je n'osais le dire.
05:37Je n'ai pas mis les compteurs, mais je vais finir.
05:41Je demande un décompte des lois.
05:43Je crois qu'on me dit deux minutes pour Jean-Claude Dessier,
05:45et trois minutes pour Évan Riffold.
05:46Cela dit, ces idées sont assez proches des miennes.
05:55Pas aussi peut-être radicales, mais néanmoins...
05:58Alors, tu sais que Trump arrive à Londres demain.
06:00Oui, mercredi, mercredi.
06:02Visite d'État, trois jours.
06:03Donc, il va sans doute être reçu par le roi,
06:07la reine, pendant qu'on y est, enfin tout le monde.
06:10Les idées qui étaient défendues lors de cette manifestation de Londres
06:14sont sans doute proches de celles que défendent M. Trump.
06:20Nous verrons.
06:21Là où je suis d'accord avec toi,
06:23c'est qu'une certaine idée du communautarisme
06:25est en train de mourir en Angleterre,
06:27et que déjà en France,
06:29alors on verra ce qui se passe en France,
06:31on ne peut pas comparer avec la manifestation de mercredi dernier,
06:34où il n'y a pas de drapeau du tout,
06:35mais la comparaison serait trop facile.
06:37Il y a des drapeaux palestiniens.
06:38Oui, il y a quelques drapeaux palestiniens,
06:40on va y venir après.
06:41Vous avez l'occasion de vous exprimer.
06:42Mais, si vous voulez,
06:44on va voir ce qui se passe,
06:45c'est quand c'est jeudi,
06:47où là, il y aura probablement,
06:49je ne sais pas,
06:50mais probablement beaucoup, beaucoup de monde,
06:52le problème de l'identité,
06:54de la force de l'identité,
06:56de la recherche absolue des racines,
06:58du fait que nous sommes ce que nous sommes,
07:01et qu'avant d'installer chez nous
07:05une espèce de contre-société,
07:07il y a beaucoup de Français
07:08qui pensent qu'il faut d'abord
07:09que les tenants de cette contre-société
07:12font fausse route,
07:13et qu'il faut plutôt accepter
07:14nos vieilles habitudes,
07:16qui sont bonnes ou moins bonnes,
07:17néanmoins, on tient absolument
07:19à ce que nous sommes.
07:21On n'a pas envie de bâtir
07:22une politique aujourd'hui multiculturelle
07:24qui connaît une raison,
07:25qui connaît de sérieuses difficultés,
07:27et pas seulement l'Angleterre.
07:28Jean-Claude Estier,
07:28vous avez évoqué Donald Trump
07:29qui arrive cette semaine en Grande-Bretagne,
07:31vous avez vu que son ancien ami Elon Musk
07:33avait participé via visioconférence
07:36à cette manifestation à Londres,
07:38et il a déclaré cette phrase
07:41qui a beaucoup fait parler,
07:42qui a beaucoup choqué,
07:44à juste titre,
07:45soit vous ripostez,
07:46soit vous mourrez,
07:48que vous choisissez ou non la violence,
07:49la violence viendra à vous,
07:50c'est ce qu'a déclaré Elon Musk,
07:52Yvan Riaufol.
07:53C'est intéressant de voir
07:55que ce phénomène de rejet
07:57des sociétés multiculturelles
07:59est un phénomène qui s'inscrit
08:00plus généralement dans ce que j'ai appelé,
08:02dans ce que l'on a appelé
08:03la révolution conservatrice
08:04qui vient, elle, des Etats-Unis.
08:06C'est particulièrement violent
08:07de la part d'Elon Musk.
08:08Donald Trump lui-même,
08:09à travers les think tanks,
08:10il y a beaucoup de think tanks américains
08:11qui ont pensé le problème
08:12de l'identité nationale,
08:14de l'identité américaine,
08:15partant des identités des peuples,
08:17et qui constatent également
08:18que les sociétés sont maintenant
08:20ébranlées très gravement
08:21par une immigration
08:22qui ne s'intègre plus
08:23et qui peut générer des guerres civiles.
08:25C'est ce que veut dire...
08:27Elon Musk ?
08:28C'est ce que veut dire Elon Musk.
08:29Et effectivement,
08:29le risque de guerre civile
08:30est là, pardon,
08:32mais il est même à bas bruit,
08:34il se voit maintenant tous les jours,
08:35et si on ne règle pas aujourd'hui
08:37ces conflits latents
08:37dans des sociétés multiculturelles
08:39qui deviennent multiconflictuelles,
08:40nous arriverons, en effet,
08:42à des sociétés de violence,
08:43et nous sommes déjà, d'ailleurs,
08:44dans des sociétés de violence.
08:45Donc, il faut entendre
08:47ce que disait...
08:47ce qu'a dit Elon Musk.
08:49Il faut entendre, d'ailleurs,
08:49plus généralement
08:50ce qu'avait dit G.D. Vance
08:51dans son très bon discours
08:52à Munich,
08:53il n'y a pas si longtemps que cela,
08:54où il disait précisément
08:55aux peuples européens
08:56que leur ennemi
08:57n'était pas les ennemis extérieurs,
08:59ce n'était pas la Chine,
09:00ce n'était pas la Russie,
09:00les ennemis étaient
09:01des ennemis intérieurs
09:02qui étaient ceux
09:03qui prônaient précisément
09:04la perpétuation
09:05de cette société ouverte,
09:06cette société à la Soros,
09:08à la Davos,
09:09qui instille
09:10des ennemis intérieurs
09:11et qui ébranlent
09:12les cohésions.
09:13Et c'est ceci
09:17à ce réveil des peuples
09:18et singulièrement
09:19au réveil des Anglais.
09:20Les Anglais ont commencé
09:21à durcir,
09:22il y avait 860 000,
09:23j'ai noté ça,
09:24en 2023,
09:25il y a 431 000,
09:27c'est un chiffre
09:27qui est proche du nôtre,
09:28mais 431 000 seulement
09:29en 2024.
09:31On continue notre discussion.
09:31Donc on a commencé
09:32à fermer les portes.
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