- il y a 4 mois
Après avoir prêté sa plume à d'autres artistes comme Stefi Celma, Tiakola ou encore Eva, Camille Yembe a sorti avant l'été un EP qui lui ressemble : teinté de tous les genres qui l'ont inspirée, solaire et porté par sa voix unique.
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MusiqueTranscription
00:00Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans A La Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:15Ce soir nous recevons une artiste qui incarne parfaitement ce mélange d'énergie et de sensibilité
00:20qu'on aime ici, Camille Yembe. Chanteuse, autrice, performeuse, elle trace sa route
00:24avec une voix qui accroche immédiatement entre éclats de sol, groove contagieux et une sincérité
00:29qui la rend unique. Camille Yembe, c'est une personnalité solaire mais aussi une artiste exigeante
00:34qui travaille chaque morceau comme une scène à part entière. Elle avance avec un style
00:38qui ne ressemble qu'à elle et qui attire de plus en plus d'oreilles attentives. On va parler
00:42de son parcours, de ses inspirations, de ses envies pour la suite et bien sûr, on va écouter
00:47sa musique. Camille Yembe est notre invité ce soir, bienvenue dans A La Régulière.
00:59Bonsoir Camille.
01:03Hello.
01:04Comment ça va ?
01:04Au top, et toi ?
01:05Très bien, très heureux que tu sois là.
01:07Moi aussi, je suis trop heureuse d'être là.
01:08J'ai tellement entendu parler de toi ces derniers mois.
01:11Tant mieux !
01:12Oui, en bien, uniquement en bien, c'est bizarre ça, il n'y a que des gens qui t'aiment.
01:15C'est chelou, c'est chelou, ils n'ont pas bien creusé.
01:17Comment tu vis ces derniers mois justement ? Parce qu'on va revenir sur ça mais depuis
01:22évidemment Plastique, Le Morceau et l'E.P. Effectivement, il y a de plus en plus de médias
01:27qui s'intéressent à toi, de gens qui te suivent, de gens qui ont des projections
01:30sur toi. Comment tu vis ce mouvement, ce moment qui est particulier dans une carrière, ce
01:33moment où tout change, tout bascule ?
01:36Oui, j'avoue, comment je le vis ? En vrai, je me dis beaucoup « enfin ». Je t'avoue
01:43que je suis un peu prête pour ça, je me sens grave prête. Et puis je chéris aussi
01:50beaucoup ce moment, ce moment un petit peu où les gens s'intéressent mais à la fois
01:55ça n'a pas encore totalement, ça n'a pas pété. Donc tu es un peu dans un entre-deux
01:59comme ça, mais qui je sais va me manquer. Parce que je suis dans une situation que j'appelle
02:05d'inconfortable dans le sens où tu fais du son, les gens t'ont remarqué mais il faut
02:10encore que ça prenne. Donc c'est une sensation qui peut être déstabilisante mais qui je pense
02:16quand tu arrives loin dans ta carrière, tu te dis « putain, j'aimerais trop revenir
02:18à ce moment-là ». Donc je suis en mode…
02:20Ça arrive une fois dans une carrière.
02:21Voilà, exactement, donc je chéris ce moment.
02:23Tu fais de la musique depuis longtemps, tu l'as dit, tu dis « il est temps ». C'est
02:27quoi ton premier contact avec la musique ? Est-ce que tu arrives à te souvenir de ton
02:30premier rapport ?
02:31C'est très très dur, je t'avoue, on me pose tout le temps la question et du coup j'y
02:34pense tout le temps. Mais l'un de mes premiers rapports c'est quand même, je pense, en fait
02:40ma maman quand même, parce qu'elle était très passionnée de musique, de manière très
02:45populaire et non intellectuelle si je puis dire, tu vois, c'était un peu genre juste
02:50elle kiffait faire des karaokés et de musique de radio, tu vois, sans être, du coup, qui
02:58va connaître des trucs précis et tout, tu vois.
02:59Je ne savais pas qu'il y avait produit forcément, mais il y avait cet amour-là de la musique et
03:03donc je pense qu'elle m'a un peu emmenée avec elle. Et ouais, j'avais très tôt une grande
03:08sensibilité aussi à ça quand je voyais des concours. Je m'attachais énormément aux gens qui
03:14faisaient ces concours de chant, tu vois, je m'imaginais.
03:16Tu sais que tu étais fan de X-Factor, notamment d'une candidate de X-Factor que tu as.
03:20Une candidate et même l'émission en tant que telle et toutes les émissions, même
03:23Nouvelle-Sart France, j'ai tué ça, enfin vraiment toutes les émissions et je découvrais
03:27même, je faisais ma culture musicale via ces concours-là et je pense que je ne me rendais
03:33pas compte à quel point j'étais passionnée. Je ne le savais pas en fait, tu vois, mais
03:36c'était déjà ça le début de ma passion en fait.
03:38Je sais qu'il y a beaucoup d'artistes que tu as aimé, qui t'ont bouleversé, notamment
03:43un et une chanson, je crois, c'est La Bohème de Charles Aznavour.
03:46La Bohème, la Bohème, ça voulait dire, on est heureux.
03:59Évidemment, c'est un grand classique. Je ne vais pas y laisser trop longtemps, sinon
04:01on va pleurer tous les deux. Quel est ton rapport avec cette chanson ? Évidemment qu'il y a
04:05un énorme classique. C'est un grand classique, mais il ne faut pas toujours avoir des références
04:10hyper pointues et tout. En vrai, tu vois, moi dans mon cas, La Bohème, c'est un gros
04:15morceau, mais que je n'ai découvert qu'à 17 ans. Enfin, je l'ai découvert vraiment
04:21découvert à 17 ans. Je pense que j'avais déjà entendu avant, mais là, j'avais vraiment
04:23découvert là. En fait, je diguais sur YouTube comme d'habitude et je tombe sur lui qui interprète
04:28La Bohème sur scène avec son mouchoir et tout. Et c'est la première fois que je le voyais
04:33et j'ai été choquée de son interprétation, de son jeu qui était hyper juste. Je me rappelle
04:41avoir pleuré quand j'ai regardé ça. Vraiment, premier degré, je ne remonce pas. Et donc
04:45vraiment, ça m'a frappée. Et je pense que ça a été aussi un déclic pour moi au niveau
04:48du français parce qu'au début, je ne chantais qu'en anglais sans parler anglais. On est
04:52dans une mascarade totale. Mais là, il m'a réconcilie avec le français à ce moment-là.
04:57C'est-à-dire que tu chantais en anglais, tu bricolais, tu répétais des choses que
05:01t'entendais dans d'autres chansons. Ça ressemblait à quoi ?
05:03Je faisais des karaokés. J'essayais de faire des reprises. Donc, j'apprenais les chansons
05:08par cœur. J'aurais pu quand même utiliser ça pour enrichir mon anglais, mais non.
05:13Je veux dire par là que je ne comprenais pas forcément ce que je racontais, mais je
05:18kiffais. Je pense juste le moment de chanter, le fait de m'exprimer en son. Il y avait
05:24quelque chose qui se passait même sans comprendre ce que je disais. Et le français, je pense
05:28que j'ai eu du mal à passer cette étape parce que le français, tu ne ment pas. Ce n'est
05:31pas une langue très mélodieuse, en vrai. Je ne chante pas, mais c'est vrai qu'on
05:37dit que l'anglais, c'est plus simple de chanter. Tu peux mentir.
05:40Tu peux mentir et pas en français ? Non, c'est beaucoup plus dur.
05:43Je crois que tu as commencé à écrire à 18 ans. Comment tu ne franchisses pas là
05:49? Tu dis, j'ai envie d'écrire des textes, des chansons.
05:54Moi, je n'écrivais pas du tout avant. J'avais ce truc où j'avais l'impression que c'était
05:57vraiment, je te jure, réservé à un truc un peu élitiste, intellectuel, littéraire
06:03et tout. Et je rencontre en fait Gandhi, qui est une grosse source d'inspiration aussi
06:07pour moi.
06:08Il est un rappeur belge très important.
06:10Tout à fait, un rappeur belge très important en Belgique, assez pionnier. Et du coup, je
06:15le rencontre parce que je lui ai envoyé une vidéo à moi. Bref. Et du coup, je lui ai
06:19parlé de ma vie et il me dit, mais comment ça se fait qu'avec cette vie-là, tu ne
06:23chantes pas des chansons à toi ? En fait, je ne comprends pas comment c'est que tu n'écris
06:25pas. Et le fait qu'il formule ça, je te jure, ça a vraiment fait un déclic en moi.
06:28Je me suis dit, bon, essaye. Et vraiment, c'est juste venu.
06:30Mais tu as aussi écrit pour d'autres personnes, notamment Eva Queen, on le sait, Stéphie Selma
06:37et aussi Tchacola.
06:38Yes.
06:38Il est trop fort. Tchacola et Wizkid, après-midi, il est trop fort, mais tu as joué un rôle.
07:02Tu as écrit sur ce morceau-là. Comment tu te retrouves à écrire pour toutes ces
07:06personnes ? Parce qu'Eva Queen, c'est quelqu'un aussi, mais notamment pour Tchacola et ces
07:09personnes-là. Franchement, j'ai une grande chance d'avoir chopé la bonne personne qui
07:16est Gandhi. Parce que j'ai beaucoup profité de son réseau à lui. Et en fait, à un moment
07:22donné, le fait que j'écrive pour Eva fait que ça tombe dans les oreilles. Tu deviens
07:27quelqu'un qui est connu pour ça. Voilà, un peu dans l'industrie. Les gens commencent à savoir.
07:31Et Tchacola a ce truc où il a une grande intelligence au niveau de son art. Il est très généreux.
07:36Et il ne se dit pas, non, je dois absolument tout faire tout seul. Il est vraiment dans la recherche
07:40de qui peut me ramener quoi. Et je me rappelle que du coup, sur ce son, il savait que ça allait
07:43être un truc un peu de love et tout. Et il s'est dit, réflexion très intéressante, je trouve.
07:47Ce serait intéressant d'avoir un texte, mais venant d'une femme. Le point de vue d'une femme.
07:51Le point de vue d'une femme, tu vois. Et c'est comme ça que je me suis retrouvée là.
07:54Ok. Il y a aussi un grand changement dans ta vie, c'est quand tu quittes ton travail.
07:58Oui.
07:59Ton travail alimentaire. Tu travailles dans un call center à Bruxelles.
08:01Ce qu'on ne l'a même pas dit, mais tu es originaire de Belgique.
08:03Oui.
08:04Comment tu prends cette décision là ? Quel est le déclic ? Parce que ce n'est pas évident.
08:09Non, non.
08:10Et on sait que la vie d'artiste, c'est aussi quelque chose qui peut être précaire,
08:12qui a beaucoup d'insécurité. Comment tu prends cette décision ?
08:15La décision, je la prends parce que je me retrouve justement en résidence avec Eva.
08:21Notamment aussi avec Damso, qui est un artiste que j'admire beaucoup.
08:24Qui a aussi travaillé avec Eva.
08:25Exactement, c'est à ce moment-là.
08:27Et je me rappelle quand je vais là-bas à la résidence, je fais genre que tout va bien et tout.
08:31Mais j'arrive, il n'y a que des gros compos, des bousmis,
08:34que des personnes vraiment qui pèsent.
08:36Tu dis qu'est-ce que tu fous là au début ?
08:38Bien sûr que je me dis ça. Je fais semblant de rien, mais je me dis qu'est-ce que je fous là.
08:41Et je me retrouve à écrire une chanson, deux chansons, trois chansons.
08:44Et notamment, il y a une chanson qui s'appelle 9 heures du mat sur le projet d'Eva.
08:48Quand je l'écris et quand je la pose un peu derrière le micro, je me cache un peu et je pleure.
08:53Mais je ne pleure même pas de tristesse.
08:54Vraiment juste, j'étais extrêmement émue de me sentir talentueuse, de me sentir à ma place de la fierté.
09:02De me dire qu'il y a des trucs que tu sais faire et là, c'est ta place.
09:05Tu te sens vivante, tu te sens heureuse.
09:07Et ça faisait depuis 4 ans, plus encore d'autres années où je travaillais dans des restos et tout,
09:12où j'étais occupée de faire des trucs que je n'aimais pas.
09:15Mais la sécurité financière me tenait.
09:18Surtout que je viens d'une certaine précarité.
09:20Donc la perspective de retourner dans une précarité, pour moi, était traumatisante.
09:23Mais à un moment donné, j'ai dit stop, tu vois, ça faisait 4 ans que j'étais là.
09:26J'ai dit en fait non, donne-toi une chance.
09:28Personne ne le fera pour moi, tu vois, donc je l'ai fait.
09:30Tu sentais un peu schizophrène d'avoir ces deux vies entre le boulot alimentaire et la passion à côté ?
09:35À ce moment-là, oui.
09:36Quand j'étais à la résidence, il y avait une petite forme de schizophrénie.
09:38Mais surtout, j'avais la sensation de passer à côté de ma vie.
09:41Moi, j'étais en dépression.
09:42Genre vraiment, je faisais mon call center et tout.
09:44Et puis, quand je raccrochais, je pleurais devant mon écran.
09:46Genre, c'était deep.
09:47Tu vois, j'avais une boule au ventre.
09:48En fait, j'avais l'impression que je n'allais jamais sortir de là.
09:50Et surtout, je trouvais ça injuste que je ne puisse pas juste prendre une année comme ça.
09:56Je me disais ok, en fait, ta vie et ta situation financière fait que tu ne peux pas t'autoriser ça.
10:01Et à un moment donné, je me suis organisée et j'ai dit ok, en fait, test.
10:04Même si ça ne dure que six mois et tu vois que ça ne fonctionne pas, au moins, tu auras essayé, tu vois.
10:08Justement, je trouve parce qu'on écoute un morceau qui dit beaucoup de choses de toi.
10:11C'est le morceau plastique dans lequel tu nous emmènes dans ton univers une chanson à la fois fragile et puissante
10:16qui joue avec les contrastes entre douceur et tension.
10:18C'est une manière de parer de ce qu'on montre, de ce qu'on cache et de la force qu'il faut pour se dévoiler.
10:23Voici plastique, peut-être ton premier classique.
10:25Exact.
10:48Je sais plus quoi faire pour être la plus stylée.
10:53Ce soir, j'ai enfilé une peau en plastique pour éviter de tout casser encore.
11:03Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique pour pouvoir la jeter, jeter au sol.
11:14Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique.
11:18Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique.
11:33Est-ce que toi, tu reconnais la silhouette ?
11:40Je change de forme, vide, vide pour ressembler à qui ?
11:45Un jour blonde, un jour brune, un jour populaire.
11:50Un jour, les traits de mon visage seront-ils symétriques ?
11:56Je rêve de vivre d'amour et de quête-moi.
12:00Je vis la vie d'une autre fille, c'est dommage.
12:05Je rêve de vivre d'amour et de quête-moi.
12:10Je vis la vie d'une autre fille, c'est dommage.
12:15J'ai enfilé une peau en plastique pour éviter de tout casser encore.
12:25Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique pour pouvoir la jeter, jeter au sol.
12:35Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique.
12:45Une fois, j'ai enfilé une peau en plastique pour pouvoir la jeter, jeter au sol.
12:55Une fois.
12:57Camille Mb, plastique, extrait du projet éponyme.
13:27Et nous sommes avec Camille Mb, je suis très heureux que tu sois là, et je propose
13:36qu'on essaye de créer la discothèque de Camille Mb.
13:39Je vais te poser des questions, tu vas me dire quelle chanson, quel album correspond
13:42à ça.
13:43Très simple.
13:44Est-ce qu'il y a une chanson que tu aurais rêvé d'écrire ?
13:48Rêver d'écrire ? Fou, fou, fou, fou, fou, je pense que j'aurais rêvé d'écrire…
13:56Purée, je suis très longue à la détente, attendez…
13:58C'est pas grave, inquiète, parce que tu veux trop bien faire.
14:00C'est ça, tu vois, je veux trop chercher la chanson et tout, qui me bouleverse…
14:05Ça peut être la bohème.
14:07Je peux me répéter ?
14:08Bien sûr, tu peux.
14:09Oui, j'avoue alors.
14:10Je pense que…
14:11Ah non, je pense que…
14:12Elle s'appelle comment ? Il y a 20 ans de Charles Navour ? Non, c'est pas ça, c'est…
14:17Vingt ans…
14:18Hier encore.
14:19Hier encore.
14:20Merci beaucoup.
14:21Hier encore de Charles Navour.
14:22Donc c'est Aznavour en fait ?
14:23Oui, en fait, c'est lui.
14:24Je tourne autour de lui, mais c'est lui.
14:25Est-ce que c'est la plume qui t'a peut-être le plus touchée ?
14:28C'est la plume qui m'a le plus marquée.
14:30J'ai zéro doute par rapport à ça.
14:31Je suis désolée, mais quand tu écoutes Hier encore, je suis encore dans la vingtaine.
14:35Je suis nostalgique en écoutant ce qu'il raconte.
14:37J'ai presque envie de pleurer tellement il dépeint le truc de manière trop claire.
14:42Enfin, c'est vraiment lui ma référence.
14:44Ça tombe bien, je pense qu'on écoute un petit extrait d'Ivoire.
14:46On l'a sous la main.
14:47Hier encore, j'avais vingt ans.
15:08Je caressais le temps
15:10Et jouais de la vie
15:12Comme on joue de l'amour
15:14Et je vivais la nuit
15:16Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps
15:19J'ai fait trop de projets
15:21Pour les plus jeunes qui nous écoutent, samplé par Bad Bunny
15:23Oui.
15:24Sur Monaco, évidemment.
15:25La chanson qui te fait danser à coup sûr ?
15:28Qui me fait danser à coup sûr, je dirais
15:30Heia de Outgast.
15:32Ah, d'Outgast.
15:33Enfin, d'André en vrai.
15:34Ouais, ouais.
15:35Ok.
15:36Si en plus tu regardes le clip avec, c'est foutu en fait.
15:41En fait, j'ai l'impression que c'est un son qui t'amène à te libérer.
15:44Tu vois, quand tu le vois, comment il se mouvoit et tout.
15:48Il y a un truc vraiment où j'ai l'impression qu'il est hyper aligné avec lui-même.
15:51On dirait qu'il est dans sa chambre et que personne ne le voit.
15:53Donc ça me donne envie de danser.
15:55C'est intéressant parce que je trouve aussi que André
15:57Il fait partie des artistes qui sont à la croisée de plusieurs genres.
15:59Enfin, à la base, il vient clairement du rap.
16:01Et puis après, il a fait sur cet album-là, The Love Below, des choses très différentes.
16:04Et j'ai l'impression que toi aussi, t'es un peu à la croisée de plusieurs genres.
16:07Et je lisais une interview de toi où tu disais que le discours de Théodora aux flammes t'avait touché.
16:11Elle disait que c'était aussi pour les petites filles noires bizarres, etc.
16:14Et André, il a quelque chose comme ça d'altératif.
16:16Est-ce que toi aussi, t'as l'impression d'être une artiste finalement qui peut-être s'est longtemps cherché.
16:21Et maintenant, on est dans un environnement où il y a peut-être plus de place pour les gens, justement, qui sont, je mets des guillemets à ça, bizarres.
16:28Ceux qui ne connaissent pas au canon dans lequel on a envie de les mettre à la base.
16:31Ouais, je pense vraiment qu'on est dans cette époque-là. Heureusement, sinon je ne pourrais pas exister.
16:36Mais ouais, il y a ce truc où j'ai l'impression que je suis à la croisée de pas mal de choses.
16:39Parce que c'est aussi ma manière... J'ai construit ma culture musicale et mon amour pour la musique de manière très aléatoire.
16:46Tu vois...
16:47Mais t'avais pas un parcours fléché en fait.
16:48J'avais pas un parcours, voilà.
16:49Je viens d'une famille qui n'est pas du tout dans ça et qui était même presque contre ça.
16:53Tu vois, qui m'empêchait de faire des cours et tout.
16:55J'ai mis du temps à découvrir des grands groupes comme Radio Edge.
16:59J'ai découvert vraiment tard et tout.
17:00Tu vois, j'ai un truc vraiment très tardif.
17:02J'ai écouté, je me rappelle, j'ai découvert des sons dans un MP3 que ma soeur avait volé à l'école.
17:06Donc, je découvre dans toutes des sphères différentes.
17:09Et donc, ça fait que oui, il y a un truc où il y a un gros brassage.
17:13Et j'aime le fait qu'aujourd'hui, on va vers un truc de sans concession.
17:17En tout cas, j'ai l'impression qu'il y a moyen de trouver sa place dans ça.
17:20Est-ce qu'il y a une chanson, un artiste que tu écoutes en cachette ?
17:23Tu sais, un peu un plaisir coupable.
17:25Et franchement, moi, j'assume tout.
17:27Franchement, j'assume tout.
17:29Un plaisir coupable, franchement, j'assume tout.
17:31Ouais, t'as pas de...
17:33J'ai pas de truc où...
17:34En fait, pour moi, il n'y a pas de mauvais goût ou de bon goût.
17:37Tu vois, genre, c'est...
17:39Tout se vaut, par exemple.
17:41Mais non, je sais pas.
17:43Je te promets, j'ai pas.
17:44Un morceau qui te ramène dans ton enfance ?
17:46Un morceau...
17:47Tu sais quoi tes souvenirs ?
17:48Tu disais que ta maman, elle écoutait beaucoup de musique.
17:50C'est le cas de ton papa aussi.
17:51Mais est-ce qu'il y a des chansons comme ça qui tournaient à la maison vraiment,
17:54qui représentent cette partie de ta vie ?
17:56Ouais, ouais.
17:57Il y a, je pense...
18:01Il y a une chanson qui est revenue dans mon enfance.
18:03C'est une chanson de Adèle.
18:05C'est plus l'adolescence.
18:07Et c'est Hometown Glory.
18:09Parce que c'est la première chanson que j'ai apprise au piano quand j'étais...
18:13Je devais avoir 15 ans comme ça.
18:15Et j'étais absolument folle de cette chanson.
18:19Je l'ai découverte, je pense, de nouveau dans un télécrochet,
18:22quelqu'un qui l'a chanté.
18:23Enfin, t'as compris, c'est toujours le même scénario avec moi.
18:25Et ouais, ça me fait toujours un truc quand je l'entends.
18:28On a l'impression, quand tu racontes ton parcours aussi,
18:30t'as pas forcément de formation classique,
18:32mais t'as quand même appris à jouer d'instruments.
18:34Ouais.
18:35Le piano, la guitare aussi.
18:36La guitare aussi.
18:37Jouer, je dis toujours jouer, c'est un grand mot,
18:39parce que j'ai toujours peur que quelqu'un arrive avec une guitare.
18:41Vas-y, joue-moi un truc.
18:42Et doucement.
18:43C'est le concept de l'émission, Camille.
18:45Mais oui, j'ai appris tant bien que mal.
18:48Par exemple, le piano, je voulais absolument reprendre des sons.
18:52Et du coup, je retournais mon téléphone pour voir les doigts de la personne
18:56qui faisait la cover sur YouTube.
18:58Je retournais et puis je faisais pas à pas, seconde après seconde.
19:01Donc t'as pas eu de prof ?
19:02C'est toi qui...
19:03Non, non, j'ai pas eu de prof, malheureusement.
19:05Genre, c'est pas un truc que je glorifie pas ça et tout.
19:07Oui, tu ne revendiques pas ça, c'est juste comme ça.
19:08Non, c'est juste que c'est factuel, c'est comme ça.
19:10Et puis, ça fait ma manière de composer.
19:12Genre moi, pour composer littéralement, je dois faire une note après une autre note,
19:15voir si elle sonne bien dans ma tête.
19:17Et puis après, je continue.
19:19C'est ma manière de faire.
19:21En tout cas, on est avec Camille Yembe et on va parler, entre autres, de son projet Plastique.
19:34D'ailleurs, je parle de Plastique qui est déjà sorti.
19:36J'ai oublié de poser une question aux journalistes.
19:38Ah, qu'en album ?
19:40Mais c'est une très bonne question.
19:41En tout cas, c'est une question que beaucoup se posent, forcément.
19:43Bien sûr.
19:44Déjà, il faut savoir que l'EP, c'était vraiment une mise en bouche, ok les gars ?
19:47Ouais.
19:48C'était une mise en bouche.
19:49Et là, je pense qu'il y aura déjà des prémices de l'album très, très rapidement.
19:54Là, à la rentrée.
19:55Ça veut dire que toi, t'as déjà bien avancé dessus en tout cas ?
19:57Ouais, ouais.
19:58Franchement, on est peut-être à 80%, on est occupé de fignoler des trucs.
20:04Et donc, ouais, l'album, il va arriver incessamment sous peu.
20:07Il y a quelque chose qui me semble important quand on parle de toi, c'est ton rapport à la scène, au concert.
20:13Beaucoup de gens disent que t'es une vraie performeuse.
20:16Il y a pas longtemps, enfin, dans la deuxième émission de La Régulière, on a reçu Adèle Castillon qui a raconté aussi, déjà qu'elle aimait bien ta musique, mais aussi que t'as fait ses premières parties à un moment.
20:24Jane aussi, je sais que t'as… Quel rapport t'as à la scène et en quoi c'est devenu très important pour toi ? Parce que c'est presque une des premières choses qu'on dit quand on te présente, c'est une bête de scène, etc.
20:35Ben déjà, ça fait très plaisir. Mais en fait, le rapport que j'ai à la scène, j'ai l'impression qu'on comprend mon œuvre qu'une fois qu'on m'a vue aussi sur scène.
20:45Tu vois, il y a ce truc où moi, je pense ma musique de manière très 360 parce que j'admire en fait les artistes qui ont, j'appelle ça un package.
20:54C'est-à-dire autant ils brillent par leur musicalité, mais ils brillent par leur personnalité, par leur manière de gérer la scène, par leur image.
21:01Tu vois, il y a ce truc où il y a un truc de 360 et surtout les gens, je pense, captent le ton, enfin mon ton à moi quand je suis sur scène.
21:08Ma personnalité qui fait en fait partie intégrante de tout le prisme, tu vois, de mon art. Donc, c'est pour ça que je mets un point d'honneur à vraiment performer.
21:18Et surtout, tous les artistes que j'admire, c'est des artistes qui sont très très forts sur scène.
21:23Pour moi, c'est ça qui est game changer en fait. À un moment donné, tu dois passer par là, tu vois.
21:29En termes de package, je crois que je t'ai vu le dire dans une interview par exemple Michael Jackson qui pour toi, c'est un peu l'artiste ultime qui avait tout justement à la fois la scène, le studio, etc.
21:38Et la danse et les clips.
21:40C'est un artiste ultime où j'aurais pu prendre enseignement quand il s'appelait, enfin, Christiane de Queens, qui est aussi inspirée de Michael Jackson, où il y a ce truc vraiment de 360 où le clip, il est fait dans le détail.
21:53Quand tu le vois sur scène, on a l'impression qu'il peut donner sa vie, qu'il pourrait mourir sur scène tellement il donne son maximum.
21:59Et puis surtout, j'aime bien le côté, tu vois, quand tu vois Michael Jackson, il y avait ce côté proche, mais aussi iconique quoi.
22:08Il rendait tout iconique, tout star et je tiens à ce truc là.
22:12Je pense que quand des gens viennent voir un concert, ils veulent voir quelque chose d'iconique.
22:18Tu as cité Rahim Redkar, anciennement Christiane de Queens, et je propose qu'on écoute un extrait de Paradis perdu.
22:23Yes.
22:24Tandis, un peu maudis, un peu vieillis, dans ce luxe qui s'effondre.
22:30Te souviens-tu quand je chantais dans les caves de Londres ?
22:35Un peu noyé dans la fumée, ce rock sophistiqué, toutes les nuits, tu restais là.
22:44Paradis perdu, qui était une reprise de Christophe.
22:47Justement, tu as des influences très différentes, très diverses.
22:54Cette question est dure, mais tu sais souvent, quand tu as des jeunes artistes, on va leur demander, est-ce que tu peux te présenter ?
23:00Quelle étiquette tu mets ? Est-ce que toi tu arrives quand même à te mettre sur un genre musical ?
23:04Les gens qui vont te comparer à certains artistes, certains artistes.
23:07Est-ce que tu prends ces étiquettes-là ou est-ce qu'au contraire, tu as du mal avec tout ça ?
23:13Je suis encore en plein process par rapport à cette question-là et donc j'aime quand même me définir moi-même.
23:20Et je pense que je fais de la pop, je dis beaucoup de la nouvelle pop.
23:27Mais ça, c'est intéressant ça. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
23:30Ecoute, tu sais quoi, la première fois que j'ai entendu ce terme-là, c'était aux flammes.
23:33Aux flammes, exactement.
23:35Il y avait une flamme pour la nouvelle pop.
23:37C'est de là que je l'ai pris. Je pense que même Gandhi doit me regarder de là, je ne l'ai jamais dit.
23:42Et en fait, c'est vraiment de là. Et quand j'ai entendu ce terme-là et ce qu'il mettait dans ce groupe-là, je me suis reconnue.
23:49Parce que ça sous-entendait un genre nouveau qui était à l'intersection de plusieurs influences.
23:57Et du coup, ça me permet de me libérer aussi de toutes les étiquettes qu'on veut me mettre.
24:01Et donc moi, la nouvelle pop que je fais, je sais que c'est un brassage de pas mal d'univers, même si je cherche quand même à ramener mon son.
24:09Je pense qu'il va être plus précis sur l'album. Mais oui, je pense que je fais de la nouvelle pop.
24:14Je sais que des fois, on me met en pop alternative. Je peux le comprendre aussi.
24:17Mais quand ça va tout péter, on ne pourra rien dire à part que c'est de la pop.
24:21Non mais ça, c'est vrai. Je suis très d'accord avec ça.
24:25Je trouve, moi, je vais me faire insulter pour ça, que la pop, ça n'existe pas.
24:29Parce qu'en fait, la pop, c'est un son lié à une époque particulière.
24:32C'est-à-dire que les Beatles, ça a été la pop et Bad Bunny, c'est la pop aujourd'hui.
24:35Il n'y a pas vraiment de points communs entre ça.
24:37Donc en fait, à un moment, c'est effectivement des niches qui grossissent et qui, à un moment, gagnent et deviennent la pop d'un moment d'une époque.
24:44Vraiment, merci. Là, les gens ne me voient pas, je ne sais pas s'ils me voient.
24:47On fait un high five, mais on est loin.
24:49C'est trop fort ce que tu dis, parce qu'en fait, ce n'est pas un genre précis.
24:53C'est-à-dire que tu dois croire en ce que tu fais si tu as envie.
24:58Moi, je dis toujours ça, je fais de la musique qui se veut populaire parce que je veux qu'elle paie tout.
25:01Mais à un moment donné, si elle paie tout, ce sera de la pop.
25:04Exactement.
25:05C'est ça ma vision, en fait.
25:06Alors, dans Tous Influences, il y a quand même une influence qui est assez surprenante.
25:09C'est celle de Raymond Devos.
25:11Oui.
25:12Parce qu'on m'a demandé de faire un discours.
25:16Je vous signale tout de suite, mesdames et messieurs, que je vais parler pour ne rien dire.
25:21Je sais, vous pensez, s'il n'a rien à dire, il ferait mieux de se taire.
25:26Oui, c'est trop facile.
25:28C'est trop facile.
25:29Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ?
25:33Eh bien non, mesdames et messieurs, moi, quand je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache.
25:39Je veux en faire profiter les autres.
25:41Et si vous-même, mesdames et messieurs, vous n'avez rien à dire, eh bien, on en parle.
25:45Et c'est vrai que moi aussi, j'ai vu qu'il y a beaucoup de vidéos de Raymond Devos qui reviennent sur les réseaux.
25:50Je sais pas si c'est comme ça que tu l'as découvert, si tu le connaissais peut-être depuis ton enfance.
25:52Mais je trouve qu'il y a une forme de nouvelle popularité de Raymond Devos.
25:55Je vois des vidéos TikTok à des millions de vues avec des sketchs qui reviennent.
25:59Toi, comment tu le découvres ?
26:01Je pense que je l'ai quand même découvert juste un peu avant TikTok.
26:03Je l'ai découvert il y a peut-être huit ans.
26:07Ok.
26:08Et en fait, je l'ai découvert parce que je diguais sur des concours d'éloquence qu'il y a ici en France, en fait,
26:15que je ne vois pas en Belgique, mais qu'il y a ici en France et qu'on voit dans les banlieues, dans les trucs et tout.
26:21Et ces concours d'éloquence-là m'inspiraient de fou parce que je me disais, je me reconnais en ces personnes
26:25et elles arrivent à pousser un langage que je n'arrive pas à atteindre.
26:30Mais donc, ça m'inspire.
26:31Je me disais, ok, donc c'est possible de pousser son langage.
26:34Et donc, finalement, de fil en aiguille, je tombe sur Raymond Devos.
26:38J'ai été choquée déjà parce qu'il me fait rire, certes, mais quelle classe, quel sens du rime, du mot.
26:45Et je le dis tout le temps et je le répéterai tout le temps pour moi.
26:48Il pète vraiment, je pense, 90% des rappeurs francophones.
26:52Non, mais il faut dire la vérité.
26:53Franchement, quand tu écoutes, c'est presque un rappeur, tu vois.
26:56Donc voilà, je suis trop inspirée par lui.
26:58Je propose qu'on écoute un morceau d'un groupe que tu as cité.
27:01On va écouter un hymne des années 90.
27:03Un titre qui a parlé à tous ceux qui sont déjà sentis à côté de la plaque.
27:06On l'écoute encore aujourd'hui avec la même intensité.
27:08Creep de Radiohead.
27:09Pourquoi tu aimes autant Radiohead et tu aimes autant ce morceau, j'imagine ?
27:13Je l'aime parce qu'il m'a fait comprendre qu'on pouvait être libre en musique.
27:17Vraiment, c'est juste ça, en fait.
27:18Tu vois, c'est de la musique alternative de base, mais regarde comment c'est grand public.
27:22Donc voilà.
27:23Parfait, Radiohead, Creep.
27:25Classique, évidemment.
27:53Sous-titrage Société Radio-Canada
28:03C'est parti.
29:33C'est parti.
30:03C'est parti.
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