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  • il y a 11 mois

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00:00Europe 1 Soir Weekend, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:05Bienvenue sur Europe 1, merci de nous rejoindre, toujours en compagnie de Jules Thores et Sarah Salman,
00:10pour balayer les sujets d'actualité. On vient de parler de Tourcoing et cette illustration de la haine antiflic
00:15avec le passage à tabac. On y reviendra dans la deuxième heure avec Mélibateur de la deuxième heure.
00:20Je voulais aborder avec vous aussi ce passage sur France 2, hier, de Mathieu Pigas.
00:26Un très grand moment, un grand moment, un grand moment, bien sûr, je l'ai vu.
00:28Alors, c'est vrai qu'il y avait deux omissions. On n'a pas vraiment présenté Mathieu Pigas comme il fallait.
00:35Il fallait dire que ce n'était pas qu'un patron, mais le patron peut-être de Caroline Roux, d'ailleurs, qui l'interviewait.
00:43Et puis, autre omission, peut-être, pointer du doigt les prises de position politique de l'ancien banquier d'affaires Mathieu Pigas.
00:51Je vous propose de l'écouter avant de vous faire réagir.
00:53Bonsoir Mathieu Pigas. Merci d'avoir accepté cette invitation.
00:56Vous êtes président du groupe de Média Combat. Vous êtes aussi banquier d'affaires.
00:59Et à ce titre, vous avez conseillé certains gouvernements pendant la crise financière, notamment en Grèce.
01:05Vous êtes assez rare à la télé. Vous prenez rarement la parole. Je vous remercie d'être là.
01:08C'est pas facile d'avoir des patrons qui viennent sur des émissions politiques. Voilà, c'est dit.
01:13Moi, je ne me laisse pas berner par les sirènes du Rassemblement National.
01:16Et je ne me compromets pas avec le Rassemblement National.
01:20C'est un parti dont l'existence même repose sur la xénophobie, la haine de l'autre, le repli sur soi.
01:27Ce qu'il nous propose, c'est une société de bouc émissaire dans laquelle il y a toujours un coupable.
01:31Et le coupable, c'est toujours l'autre. Et l'autre, d'ailleurs, c'est toujours le plus vulnérable.
01:35C'est le migrant, le musulman, l'homosexuel, etc.
01:39Ce qu'il nous propose, c'est une société de la peur.
01:40Et Mathieu Pigasse qui se lance dans une diatribe anti-FN.
01:46Sarah Salman, vous êtes avocate. Vous allez peut-être me rappeler les règles.
01:49L'ARCOM indique normalement qu'il ne faut pas induire le public en erreur.
01:53Il doit être clairement présenté. Ça a été le cas ?
01:56Moi, je n'ai rien entendu.
01:58Mais moi, ça ne me choque pas que ses idées sont les siennes.
02:01Et ça ne me choque absolument pas.
02:02Alors, je précise qu'apparemment, il est minoritaire chez MediaOne.
02:06Ce qui est gênant, c'est qu'on n'ait pas toutes les informations.
02:08Il faudrait que tout le monde soit informé au même degré.
02:11Et c'est plus ça.
02:12En fait, c'est ça qui est embêtant.
02:13Les idées qui sont les siennes.
02:14Alors, sur les migrants, les homosexuels, je ne sais plus quel est l'intitulé de la phrase.
02:19Je pense qu'il aurait pu être peut-être repris.
02:21Je pense qu'il aurait pu peut-être y avoir une légère modération.
02:23C'est compliqué quand vous interviewez votre patron.
02:25Oui, mais peut-être qu'il aurait été intéressant qu'on sache, justement.
02:28Je vais vous faire la présentation qui aurait dû être celle de Mathieu Pigasse.
02:34Bonjour Mathieu Pigasse.
02:35Vous êtes banquier, vous êtes dirigeant de Rue 89, du Monde, du Monde Libre, de Terranova.
02:40Vous avez appelé lors des dernières élections législatives à voter pour le nouveau Front Populaire.
02:45Vous avez d'ailleurs conseillé à plusieurs reprises Jean-Luc Mélenchon sur son programme économique.
02:51Bonsoir, bienvenue dans notre interview.
02:52Voilà comment j'aurais présenté M. Pigasse pour dire les choses.
02:56Pourquoi ça ne l'a pas été, selon vous ?
02:57Parce que, évidemment, quand quelqu'un est de gauche, on ne le présente pas.
02:59Parce que c'est normal.
03:00Quand quelqu'un est de droite, on le présente.
03:01Parce que ce n'est pas normal pour ces gens-là.
03:03En réalité, c'est ça.
03:04Mais d'ailleurs, il n'aurait pas été gêné, Mathieu Pigasse, d'être interrogé sur ça.
03:08Il assume.
03:08Il assume tout.
03:09D'ailleurs, c'est quand même un mérite qu'on peut lui reconnaître.
03:11Parce que des patrons qui n'assument pas ce qu'ils pensent, de gauche, il y en a beaucoup.
03:15Notamment sur le service public.
03:17Mais là, on a quand même quelqu'un qui dit...
03:18Je veux me lancer dans un combat avec la droite.
03:20Je veux participer à la bataille culturelle contre la droite radicale.
03:24Je mets des guillemets.
03:25Ce sont ses mots.
03:26Donc, ça n'aurait pas été choquant que ça ne soit pas précisé.
03:30Mais, en effet, il y a deux omissions.
03:31La première, c'est que Caroline Roux parle à quelqu'un qui est son patron.
03:34En réalité, il est actionnaire de MediaOne, la société de production de l'événement.
03:39Là, l'émission de Caroline Roux.
03:41Donc, forcément, ça lui pose peut-être problème.
03:43Et d'ailleurs, la présentation est une sorte d'agéographie.
03:45Et deuxièmement, on a quand même cette omission, en effet, de quand vous avez quelqu'un qui porte des idées humanistes pour faire plaisir à Sarah Salmane, progressiste.
03:55Là, on ne le présente pas parce que finalement, c'est normal.
03:57En revanche, quand on a quelqu'un qui est conservateur, qui est réactionnaire, qui est d'extrême droite, là, par contre, on l'injure de tous les noms et tout est permis.
04:05D'ailleurs, c'est Pascal Praud qui disait ce matin, il avance masqué avec la complicité du service public qui pratique le mensonge par omission.
04:11Il dit quand même les choses.
04:13Grâce à Caroline Roux, il avance masqué.
04:14Oui.
04:14Oui, ce n'est pas lui qui avance masqué.
04:17Une recherche Google, on voit quand même qu'elles sont ses idées.
04:20Vous voyez les téléspectateurs de France Télé après quatre intervenants.
04:24Vous avez entièrement le cas un peu décroché.
04:26Et puis surtout, excusez-moi, justement, le journaliste est là pour éviter que le téléspectateur et l'auditeur aient cherché sur Internet.
04:32C'est dans le cahier des chars de l'Arcobre.
04:34Comme moi, je vous dis tout à l'heure, les chiffres de l'AME, c'est parce que c'est des chiffres qui sont sourcés, c'est des chiffres qui sont vérifiés.
04:39Et donc, c'est pour ça aussi que les Français ont normalement confiance dans les journalistes qu'ils écoutent ou qu'ils lisent.
04:44L'Arcobre ne fera rien.
04:45Je pense qu'on peut quand même être rassuré là-dessus ou pas.
04:49Je pense que l'Arcobre ne fera rien.
04:49Et la direction, d'ailleurs, de France Télé non plus.
04:51C'est un comité d'éthique.
04:53Oui, le comité d'éthique de France Télé a dédouané Patrick Cohen, accusé de connivence avec la gauche.
04:59Donc, il n'a commis aucune faute, Patrick Cohen, d'après le comité d'éthique de France Télé.
05:05Ce même comité d'éthique avait épinglé Mme Élise Lucet et Cache Investigation en 2020.
05:09On rappelle quand même à nos auditeurs qui n'auraient pas suivi le week-end dernier cette séquence prise dans un café où on voit en grande réunion Thomas Legrand, Patrick Cohen et deux responsables du PS.
05:21En train de savoir comment on va faire pour faire gagner Raphaël Glucksmann et puis notamment contre Rachida Detti au municipal.
05:29De dire que finalement, ils vont empêcher barrer la route et qu'ils font le travail pour barrer la route à Rachida Detti au municipal à Paris.
05:36Et de dire enfin ensuite, en sorte de Jean-Michel stratège du parti socialiste.
05:40Vous avez bien ce Jean-Michel.
05:41J'aime beaucoup les Jean-Michel stratège, les Jean-Michel économiste et tout le team-team.
05:45Mais donc, en réalité, on avait deux journalistes, deux éditorialistes qui sont payés et gavés par l'argent public.
05:51Eh bien, qui faisaient finalement les stratèges, les spin-doctors du parti socialiste.
05:57C'est ça qui est évidemment profondément choquant dans cette vidéo.
06:00Thomas Legrand qui a dit, on s'en occupe, Patrick et moi, de Rachida Detti au municipal.
06:04Et le problème, c'est d'abord l'utilisation des fonds publics pour une entreprise idéologique.
06:09Et le deuxième, c'est évidemment que ces gens-là sont des donneurs de leçons.
06:14Qu'ils nous donnent des leçons de journalisme à corps et à travers sur toutes les plateformes sur lesquelles ils interviennent.
06:20Et en réalité, eh bien, c'est les pires éditorialistes et journalistes qu'on peut avoir sur la scène.
06:25Thomas Legrand dit que c'est un montage.
06:27Donc, j'imagine qu'il va saisir un commissaire de justice pour faire authentifier cela.
06:30Parce que si vraiment c'est un montage, ça serait dommage de ne pas se défendre.
06:33Patrick Cohen avait déjà porté plainte.
06:35Mais enfin, il défend dans le même temps, en effet, les procédés de médias.
06:39Le sujet, ce n'est pas le procédé. Le sujet, c'est le fond de la conversation, en fait.
06:43Non, mais justement, c'est bien le problème, c'est qu'ils essaient de faire en sorte que le sujet, ce soit le procédé.
06:46Oui, bien sûr.
06:47Alors que Patrick Cohen, en effet, applaudit quand Mme Lucet utilise ses méthodes.
06:51Applaudit quand Mediapart utilise ses méthodes.
06:53Et moi, je me souviens très bien, en 2018, elle avait fait le coup à Laurent Wauquiez,
06:57qui avait été piégé justement par une vidéo.
07:00C'était dans le même cadre.
07:01Ça faisait très plaisir à M. Cohen d'utiliser cette technique sur une audience de service public,
07:07le soir, à des horaires de grande écoute.
07:09Donc voilà, ils ont été pris la main dans le pot de confiture.
07:13Donc reste à voir quelles seront les conséquences pour eux.
07:15Il n'y a pas eu beaucoup de remonts.
07:16Moi, je pense qu'il y a eu un petit séisme quand même à France Télévisions.
07:20Ça a occupé l'actualité toute la semaine.
07:21Bon alors, par contre, s'il y avait des auditeurs d'Europe 1 qui, cette semaine, écoutaient France Inter ou France Info,
07:27ils ne sont absolument pas au courant parce qu'il n'y a pas eu une minute attendue à cette affaire.
07:29Oui, c'est ça, c'est ce que je vous dis.
07:30Et j'étais en grève.
07:31Merci, Jules Torres. Merci, Sarah Salman.
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