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  • il y a 5 mois
Robert Duverne est l'invité de Rothen s'enflamme ! L'ancien préparateur physique de l'équipe de France, de l'Olympique Lyonnais ou encore d'Aston Villa livre son expertise sur le football actuel, de plus en plus athlétique et énergivore en nombres de matchs par saison. 

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Transcription
00:00Tous les soirs, un acteur du foot s'invite dans Rotten sans flammes.
00:02Ce soir, on reçoit Robert Duvert, un ancien préparateur physique de Lyon et de l'équipe de France.
00:06Bonsoir Robert.
00:07Bonsoir tout le monde.
00:08Bonsoir Robert.
00:09Merci d'être là pour ce coup de gueule dont on en parlait.
00:12Et cette lassitude de votre part, il faut arrêter de jouer avec la santé des joueurs,
00:16le nombre de matchs, le risque de blessures, tout ça, ça commence à vous fatiguer Robert.
00:21Tout, oui, le nombre de matchs, le fait qu'on n'ait plus à se préparer pour faire des compétitions,
00:26qu'on ait tout mélangé, qu'on ait complètement sorti des plannings de la composante de l'entraînement,
00:33on est sur du n'importe quoi à tout niveau.
00:37Comment tu le...
00:40Si tu avais à gérer aujourd'hui un effectif, on parle du Paris Saint-Germain,
00:46eux c'est les pires je crois, c'est trois semaines de vacances et une semaine après de la compète.
00:52Ils n'ont plus rien à préparer.
00:54Alors en fait, en fin de compte, ce que j'aurais à gérer, je le gérerais bien entendu,
00:58je serais content de le gérer, je serais fier même,
01:00mais bon, on n'a plus les mêmes problématiques du tout.
01:02On a un effectif, on n'est plus...
01:05Je le gérerais en disant qu'on va proposer du n'importe quoi au public.
01:10Ce n'est pas tant au niveau...
01:11Il y a un risque bien entendu sur ce qu'on propose aux joueurs
01:15et le niveau de performance qu'ils ont à atteindre pour le faire,
01:19mais nous on ne voit rien, on ne voit pas de match.
01:21En fait, le risque de ça, c'est qu'on l'a aussi au niveau technique,
01:27au niveau tactique, au niveau psychologique.
01:30On ne propose plus du football en fin de compte.
01:32C'est de la bouillie de foot quoi, à cause de ça.
01:35Ben oui.
01:36Ben oui, parce qu'on ne se prépare plus pour les compétitions.
01:39On a organisé les championnats du monde des clubs,
01:41il n'y avait pas de phase, il n'y avait pas de moment pour préparer cette compétition.
01:44Depuis quand on ne prépare plus une compétition ?
01:48Robert, je suis d'accord avec toi, mais tu n'as pas l'impression que ce que tu dis,
01:55ça ne fait que répéter ce que disent beaucoup d'acteurs,
01:58notamment des joueurs qui représentent les grands clubs européens depuis des années,
02:02et que ça va en s'empirant.
02:03On les exclut, on exclut le foot, on exclut les gens du foot.
02:07Mais je suis d'accord, mais ton discours est un peu itopique quelque part,
02:10parce qu'on a l'impression d'enfoncer des portes ouvertes,
02:12et que ceux qui nous dirigent n'entendent pas ce discours-là,
02:14ils sont fiches réellement.
02:15Ouais, mais il faut quand même que le discours il existe,
02:17parce que déjà qu'ils ne l'entendent pas,
02:19donc s'il n'y a plus de discours, comment on va faire ?
02:21Déjà qu'ils ne l'écoutent pas.
02:23Mais comment le changer le discours ?
02:25En faisant une union sacrée, en se disant,
02:29il faut peut-être faire des états généraux du foot, je ne sais pas,
02:31mais aujourd'hui on n'arrive plus à vendre la Ligue 1 à personne,
02:34on n'arrive plus à vendre le foot,
02:35on n'arrive plus à vendre ce foot.
02:36Qui s'est intéressé à la Coupe du Monde des Clubs ?
02:38Pas grand monde, on a regardé combien de matchs...
02:40Mais qu'est-ce que tu proposes Robert, justement,
02:42pour contrer tout ça, et ramener justement un sentiment de justice ?
02:47Il faut ramener des footballeurs dans le foot, déjà,
02:49dans l'organigramme des clubs,
02:50il faut ramener des gens dans la réflexion, dans les fédérations,
02:53il faut ramener des anciens footeux à l'entraînement de foot,
02:57pour qu'eux, ils explosent,
02:58ils exposent les problématiques de calendrier,
03:01les problématiques de préparation,
03:04parce qu'eux, ils ont joué, les footballeurs.
03:06Mais Robert, les footballeurs, ils savent qu'il faut se préparer.
03:08Je suis d'accord, mais les footeux, je suis désolé,
03:11mais les footeux, ce sont les...
03:12On les a sortis du coup, les footeux.
03:13Oui, c'est vrai.
03:13C'est les premiers bénéficiaires, justement, de ce système-là,
03:16ce sont les footeux.
03:17Pourquoi on écoute RMC ?
03:18Pourquoi on écoute RMC ?
03:20Parce que c'est une évidence sportive...
03:21Pourquoi on regarde les concurrents ?
03:23Je les cite peu.
03:24Parce que les footeux, ils sont là.
03:26Donc, qui c'est qui nous intéresse ?
03:27Les footeux ?
03:28Et on les regarde plus sur le terrain,
03:29on les regarde plus en championnat,
03:30parce qu'ils ne sont pas là.
03:31Quand on regarde un match aujourd'hui,
03:33qui sont les acteurs qui vont s'asseoir en tribune ?
03:35Est-ce que dans la tribune, il se passe quelque chose ?
03:37Est-ce que sur les bancs, il se passe quelque chose ?
03:39J'ai beaucoup de respect pour certains
03:40qui sont sur les bancs actuellement.
03:42Mais moi, je m'en fais un plus.
03:43Quand Éric Roy, ils jouent contre Bruno Genesio,
03:45parce qu'il s'est passé quelque chose dans leur vie,
03:47dans leur histoire.
03:48Ça a été de la Ligue 1.
03:49Parce que quand ils se serrent la main,
03:51il se passe déjà quelque chose.
03:52Et aujourd'hui, les Rudi Garcia, ils ne sont pas là.
03:54Les Laurent Blanc, ils ne sont pas là.
03:56Les Christophe Galtier, ils ne sont pas là.
03:58Tu n'as pas peur que dans le contexte actuel aujourd'hui,
04:01que les supporters ne comprennent pas ce genre de discours,
04:03en sachant qu'en fait, c'est un discours de milliardaires
04:05qui se plaignent, en fait ?
04:06Non, ce n'est pas un...
04:08Bien sûr, mais les supporters, pourquoi ?
04:10Parce qu'on leur propose du football de télé.
04:12C'est ce que je te dis.
04:12Il n'y a pas d'union sacrée au sein de ceux qui font le foot.
04:15Vous croyez que les supporters,
04:16ils écoutent RMC ?
04:19Oui.
04:19Non, ils sont sur les réseaux aussi.
04:21Ils ont les autres commentaires.
04:23Nous, on est les anciens.
04:25On a encore les grands...
04:26Les réflexes des grands réseaux.
04:28On a encore les réflexes des grands...
04:30Qui ont parlé de foot, des grandes émissions.
04:32Mais eux, ils ont les émissions sur YouTube.
04:36Moi, je suis invité sur ces trucs-là.
04:38C'est ce que j'allais vous répondre, d'ailleurs, Robert.
04:40Et c'est peut-être une réflexion qu'on peut se faire.
04:42C'est qu'on peut répondre à tous vos arguments.
04:44Mais tout évolue, en fait.
04:45Le foot évolue, mais le secteur médical évolue aussi.
04:48On vous dit qu'au PSG...
04:49On vous dit qu'au PSG, tout est surveillé.
04:51On arrive à analyser.
04:52C'est pour ça qu'on n'a pas eu de blessés
04:53sur la deuxième partie de saison.
04:54Tu récupères plus vite.
04:55On récupère plus vite.
04:55Non, mais je ne suis pas inquiétant.
04:56C'est le secteur médical évolué et plus pointu.
04:58Non, mais tant mieux.
04:59C'est peut-être ça aussi la différence, Robert.
05:00C'est pour ça qu'on peut jouer un peu plus aussi.
05:02Mais tant mieux, parce qu'ils ont cinq changements.
05:04Donc, ce n'est plus la même problématique.
05:05Il y a plein de changements.
05:06Ils ont plein d'équipes.
05:07Ils ont des jeunes joueurs.
05:08Je ne suis pas du tout inquiet pour le Paris Saint-Germain.
05:10Je ne suis pas du tout inquiet.
05:12De ce côté-là, je ne suis pas inquiet pour eux.
05:15Je suis inquiet parce que nous,
05:16on n'a pas eu Odombele doué dans l'équipe de France, par exemple.
05:19Je suis inquiet parce qu'on ne voit pas de bons matchs.
05:21Je suis inquiet parce que l'année dernière,
05:24la Champions League, elle n'a ressemblé à rien
05:25jusqu'au huitième de finale.
05:27Parce que PSG, qu'est-ce qu'ils nous ont fait en première partie
05:29pendant six mois ?
05:30Ils n'ont rien fait du tout.
05:31Et nous, est-ce qu'on a vu du grand PSG jouer pendant six mois ?
05:34Non.
05:34Et pourtant, on s'abonne pour voir du grand PSG jouer.
05:37Pourtant, les gens, ils vont au stade pour voir des grands matchs.
05:40Sauf que là, Robert, tu faisais référence à l'année dernière
05:44du Paris Saint-Germain, mais ça peut être dans la continuité
05:47de ce que tu as vécu aussi, toi, en club.
05:49C'est-à-dire qu'une préparation un petit peu à l'ancienne,
05:53entre guillemets, parce que...
05:54Oui, oui.
05:54Mais la problématique n'était peut-être pas du tout la même.
05:57Tu avais un style qu'il fallait qu'il dure.
05:59Et tu avais quand même moins de changements.
06:01Tu avais quand même pas du tout les mêmes choses.
06:03Donc, je pense qu'il ne faut pas comparer.
06:04Ça, je suis d'accord.
06:05Oui, mais sauf qu'on s'est...
06:07On sait très bien, et je donne la parole à Tony,
06:10mais Robert, on sait très bien que...
06:12C'est pour ça que, moi, c'est intéressant de t'avoir,
06:14parce que quand on voit des blessures de Dembélé,
06:17Doué, par exemple, en équipe de France,
06:18et certainement d'autres, je ne leur souhaite pas
06:20aux joueurs parisiens...
06:21A Chelsea aussi, ils ont des blessés.
06:22Oui, mais ceux qui n'ont pas eu de préparation,
06:25bien sûr que, certainement,
06:26que les blessures musculaires, il va y en avoir,
06:29si c'est que des blessures musculaires,
06:30et je leur souhaite que ça ne soit que ça,
06:32parce que ça peut être plus grave,
06:33mais parce que le rôle, aujourd'hui,
06:36du préparateur physique, tu viens de le dire,
06:38c'est peut-être de la bouillie,
06:40mais ça n'a plus rien à voir avec le rôle
06:42que toi, tu avais ou que vous aviez à l'époque.
06:44Bien sûr que non.
06:45Bien entendu.
06:46Mais déjà, on en a trop fait autour de notre rôle.
06:49On en a trop fait autour de notre rôle.
06:51Vas-y, Tony.
06:51Toi, tu en as trop fait ?
06:53Oui, c'est vrai que les échauffements
06:54étaient un peu trop durs.
06:55Oui, ça, je sais.
06:57Tony, vas-y, Tony, vas-y.
06:58Non, mais ce que je voulais te demander, Robert,
07:00c'est aujourd'hui, dans les clubs,
07:02est-ce qu'il est encore possible d'avoir,
07:04comme à l'époque, je me rappelle à Lyon,
07:06où tu étais le seul à t'occuper
07:07de la préparation physique,
07:08donc tu gérais tout,
07:10tu pouvais voir justement les joueurs
07:13qui étaient en forme,
07:14qui n'étaient moins.
07:15Maintenant, avec tous les joueurs,
07:16ils ont carrément un staff à eux tout seuls,
07:19ils ont leur préparateur physique,
07:21leur préparateur mental.
07:22Comment ça se gère, ça, en club ?
07:25Des fois, je me pose la question.
07:27Moi aussi, je me pose énormément la question
07:29sur cette gestion-là,
07:31et en fait, sur les entraîneurs,
07:34surtout sur les entraîneurs, en fin de compte.
07:36Ma réflexion, elle est plus sur le rôle même
07:38de l'entraîneur,
07:39parce que moi, j'ai connu ce rôle
07:40de la personne un peu sacrée
07:42qui avait son style de jeu,
07:44et nous, on devait faire en sorte
07:45que les joueurs appliquent le style de jeu.
07:48Donc, toute la problématique
07:49tourne autour du style de jeu.
07:51Qu'est-ce que c'est la préparation physique ?
07:52Ce n'est pas de permettre aux joueurs
07:54de courir plus de mètres que les autres,
07:56ou faire plus de swing que les autres.
07:58Ce n'est pas du tout ça,
07:58la préparation physique.
07:59La préparation physique,
08:01c'est de faire en sorte que la fatigue
08:03ne vienne pas altérer
08:04les qualités de footballeur du joueur.
08:06C'est-à-dire que le joueur continue
08:08à jouer les principes
08:09prônés par son entraîneur
08:10le plus longtemps possible,
08:12et que du Manu Petit
08:13fasse du Manu Petit 90 minutes.
08:15Et qu'il fasse du Manu Petit 90 minutes
08:18tous les deux jours.
08:19C'est ça, la préparation physique.
08:22Si Sidney Govoo, au tout début,
08:24il faisait du Sidney Govoo
08:24pendant une demi-heure,
08:26parce que ce n'était que ces qualités-là.
08:28Et on a réussi à faire
08:29qu'il fasse du Sidney Govoo
08:31pendant 90 minutes,
08:33et après qu'il le fasse
08:34avec un match de Champions League
08:36en milieu de semaine.
08:37Aujourd'hui,
08:38on a effacé tout ça
08:41sur les principes de jeu.
08:42on se dit qu'on quantifie
08:43le travail du préparateur physique
08:44uniquement par rapport
08:45à un nombre de mètres
08:46ou le fait qu'il n'y ait pas
08:47de blessure.
08:49J'ai envie de dire,
08:50moi, je n'ai jamais travaillé
08:51sur la prévention de la blessure.
08:53Jamais.
08:53C'est antinomique.
08:54C'est antinomique avec la performance.
08:56Plus on ramène un joueur
08:57près de son plus haut niveau
08:58de performance,
08:59plus on lui fait prendre
09:00le risque de se blesser.
09:01Donc, moi,
09:02ma problématique à moi,
09:03c'était quand même
09:04de rendre mon effectif performant.
09:06Aujourd'hui,
09:07les effectifs sont différents.
09:08Les temps de jeu sont différents.
09:10Les manières d'analyser,
09:11les marqueurs qu'on a
09:12sur les joueurs
09:13sont complètement différents.
09:14Est-ce que c'est une évolution ?
09:16Oui,
09:17si on voit des meilleurs matchs.
09:18Oui,
09:19si on permet à tout le monde
09:20de développer.
09:20C'est vrai que la qualité des matchs,
09:21on en parle peu,
09:22mais c'est un argument.
09:23C'est un argument.
09:24Merci Robert Duvert
09:25d'être venu en tout cas
09:26dans Hortem sans flamme.
09:27Robert, merci.
09:29Au revoir.
09:29Merci Robert.
09:30de tous ces sujets.
09:31Merci Robert.
09:32Merci beaucoup.
09:34Robert,
09:34merci d'être intervenu.
09:39Tu m'entends Robert ?
09:40Oui,
09:41ça a coupé.
09:41Merci d'être intervenu.
09:43C'était très intéressant.
09:44Quelques minutes.
09:45Oui,
09:45mais quand il y a un appel,
09:46en fait,
09:46ça coupe tout de suite.
09:48On vous rappellera en tout cas Robert.
09:50Merci beaucoup.
09:50Qu'est-ce que tu fais
09:51maintenant Robert Duvert ?
09:52C'est parti.
09:57J'entends très bien moi.
10:00Oui,
10:00Robert.
10:01Bon,
10:02merci Robert.
10:02On le rappellera,
10:03en tout cas,
10:04il y a la grande gueule
10:04de Robert Duvert
10:06qu'on a toujours plaisir
10:07à entendre.
10:08de Robert Duvert
10:10de Robert Duvert
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