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  • il y a 5 mois
Le 9 novembre 2017, dans l’émission Mag Rédac diffusée sur BX1 (Télé Bruxelles), Jean-Claude Camus, producteur historique de Johnny Hallyday, présente le livre Pas né pour ça. À travers ce témoignage, il revient sur son parcours aux côtés de l’idole des jeunes et sur les coulisses de leur collaboration unique.
Transcription
00:00Bonsoir Jean-Claude Camus.
00:01Bonsoir.
00:01Alors il est étonnant votre livre, parce que en le lisant, je me disais, je vais peut-être tomber sur un hommage où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
00:10C'est pas ça du tout, vous n'êtes pas toujours très tendre avec les vedettes.
00:15J'ai joué surtout le jeu de la vérité et de la sincérité.
00:20Il ne faut pas se tromper, dans le livre, les déceptions que j'ai avec certains, c'est plutôt une blessure d'amour, parce que je les ai vraiment aimées.
00:30Ils ont choisi un autre chemin, ça ne leur a pas toujours réussi, c'est un autre problème, mais je ne remets jamais leur talent en cause.
00:38Vous pouvez remarquer, après, si on raconte, autant aller dans la vérité, c'est pas la peine.
00:45Oui, effectivement, mais même Johnny Hallyday, dont vous êtes très proche, à un moment donné, vous vous êtes séparé, et puis vous vous êtes retrouvé,
00:51même à un certain moment, il en prend pour son grade aussi, dans votre livre, même si c'est de l'amour, même s'il y a beaucoup d'amour.
00:58Oh, c'est très léger. Alors vraiment, si vous avez trouvé, ça c'est vraiment léger pour Johnny, parce que là, vraiment, c'est...
01:05Et Michel Sardou aussi.
01:06Michel, mais Michel, j'ai passé 30 ans avec lui de merveilleux. Alors après, il est comme vous, comme moi, il a ses défauts.
01:14Oui, mais quand vous dites qu'il est colérique, il a une distance par rapport à ses femmes, à ses fans, pardon, c'est un solitaire volontiers mélancolique.
01:22Ben oui, mais c'est pas méchant, ça.
01:23Non, c'est pas méchant, mais on a l'habitude de dresser des portraits dithyrambiques des vedettes.
01:30On n'est pas habitué à avoir trop sourire Michel Sardou, par exemple.
01:33Effectivement. Mais sur le côté colérique, c'est vrai qu'il le montre rarement devant le grand public.
01:38Devant le grand public, c'est vrai, c'est vrai.
01:40Et puis il y a Paul Nareff aussi qui en prend un peu pour son grade, même si vous avez très peu travaillé avec vous.
01:44Et puis Ciela aussi, qui vous a fait perdre beaucoup d'argent, à un moment donné, à cause d'un spectacle.
01:49Je ne lui reproche pas. Notez que je dis qu'on a fait un merveilleux spectacle aux élites.
01:55Je ne lui reproche absolument pas.
01:57Et de même qu'après avoir perdu beaucoup d'argent, j'ai récidivé en lui sortant un disque, il n'avait plus de maisons de disques, le tam-tam du vent, et en lui organisant un Olympia.
02:07Bon, après, sans doute sur de mauvais conseils de quelqu'un qui est à côté d'elle et qui ne lui a pas fait, à mon avis, que du bien.
02:14Comme je ne suis pas un homme d'affaires, ça semble peut-être impréciable.
02:19Mais ça, c'est à peine croyable.
02:20Ça vous dit que vous n'êtes pas un homme d'affaires, alors que vous avez monté des spectacles incroyables qui ont coûté des fortunes,
02:28et qu'à un moment donné, vous vous êtes retrouvé presque au fond du trou et que vous avez chaque fois remonté.
02:31Voilà, mais moi, les papiers, les contrats, les machins et tout, ce n'est pas mon truc.
02:37Je vis pour ce que je fais.
02:39Je dois dire, je suis bien éclaté.
02:41Je n'ai pas de regrets.
02:42On a fait des choses tellement merveilleuses.
02:45Et Chella, je lui ai refait aussi un Olympia.
02:49Je me dis, un spectacle, il est fait normalement pour gagner de l'argent.
02:53Maintenant, s'il en perd, l'important, c'est que je puisse le revendiquer.
02:56Si je suis heureux de mon spectacle, tant pis, ça n'a pas gagné de l'argent.
03:01C'est dommage.
03:02Et puis, Lara Fabian, vous n'êtes vraiment pas tendre avec elle.
03:05Oui, parce que je pense que Lara Fabian a un talent immense.
03:10Elle vous dit qu'elle a gâché son talent.
03:11Je dis qu'elle aurait dû faire une carrière immense.
03:15Elle était partie, mais vraiment très, très forte.
03:18Mais on ne casse pas une équipe qui gagne.
03:21Ça, j'ai constaté sur beaucoup d'artistes.
03:23Le jour assez séparé de Rick Allison, ça a été la descente.
03:28Bon, maintenant, elle continue.
03:29Bien sûr qu'elle fait carrière.
03:30Elle n'est pas non plus tombée dans d'artistes.
03:33Mais moi, je voyais Lara, mais vraiment, je voyais Lara comme Céline Dion.
03:37Oui, mais quand vous dites, elle disait des mots, elle nous insultait derrière notre dos, etc.
03:44Elle venait vérifier les fiches de recettes pour voir si on ne piquait pas dans la caisse.
03:49C'est ce qu'on a découvert avec Thierry Suc, avec qui j'étais associé sur le sujet.
03:53On avait les promoteurs de Provasse qui nous appellent en disant qu'on a reçu un appel d'un tel.
03:59Ils nous demandent à ce qu'on communie les Bordereaux, etc.
04:01Et tout, ça n'est jamais arrivé avec aucun artiste, et tout.
04:05Et donc, on a pris la main dans le sac, c'est le cas de le dire,
04:09et on lui a servi les vérités à Moscou quand on lui a annoncé que c'est nous qui partions, car c'est nous qui sommes partis.
04:16Oui, effectivement.
04:16Ce que vous dites également dans le livre, c'est que je ne me suis jamais comporté comme un courtisan.
04:22C'est ça, pour vous, le secret de votre durée ?
04:25Je pense que c'est très, très important de dire la vérité aux artistes.
04:30Alors, il faut choisir le moment.
04:32Vous n'allez pas dire un artiste qui sort de scène, qui a réussi ou qui s'est mal passé.
04:36Il faut le laisser redescendre, etc.
04:39Il y a la manière et tout.
04:40Et je pense que, non, je n'ai jamais été courtisan, ni de Johnny, ni de Michel.
04:45On s'est dit des choses.
04:47On s'est accroché très fort par moments.
04:50Johnny, par exemple, si j'amenais une idée, je disais, tu sais, Johnny, peut-être qu'on pourrait faire ça et tout,
04:55et qu'il était de bonne humeur.
04:56Va vendre tes billets, tu n'y connais rien.
04:58Très bien.
04:59Et puis, deux, trois jours après, dis donc, je pensais qu'on pourrait peut-être.
05:03C'est ça, l'intelligence d'un artiste.
05:05C'est de savoir écouter, même si on saurait à capard l'idée.
05:10L'important, c'est d'arriver où il faut.
05:12Mais pour un producteur comme vous, il faut tout de même avoir aussi, quand on lit le bouquin, une faculté de pardon importante.
05:19Parce que quand Johnny vous quitte pour votre associé, pour un pactole, et que malgré tout, après, vous vous retrouvez, c'est vrai que...
05:29C'est pas simple.
05:31Bon, c'est pas simple.
05:33Mais quand Johnny a accepté ça, il avait besoin.
05:37Il avait besoin urgent.
05:39Et le retrouver...
05:41Ces 35 ans de ma vie, certes, j'ai appenaient des choses à Johnny, mais je sais très bien que je n'aurais pas fait la carrière que j'ai faite sans Johnny.
05:51Ça m'a ouvert tellement de portes.
05:52Donc vous aviez besoin l'un de l'autre, on va dire ça comme ça.
05:54Mais voilà, on avait besoin l'un de l'autre.
05:56Et retrouver Johnny maintenant, alors qu'il n'y a plus d'intérêt professionnel, puisque je suis retiré, je suis au côté théâtre, mais c'est un bonheur complet.
06:04J'aurais pas...
06:05Partir, disparaître, sans avoir revu mon Johnny, pour moi, ça aurait été terrible.
06:12Et merci Laetitia d'avoir permis ce rapprochement, et maintenant on se retrouve, et c'est formidable.
06:18Parce que vous êtes l'homme des spectacles incroyables, parce que vous avez une devise aussi, un spectacle à l'économie, c'est pas un spectacle.
06:27Ah bah moi j'ai toujours eu le principe de, comment dirais-je, de monter, de faire plaisir aux artistes, de voir ce que j'avais envie, etc.
06:36Je faisais, et on comptait après.
06:38Ça a toujours été ce qui m'a valu aussi pas mal de déboires, et plusieurs fois j'ai failli mettre le genou à terre.
06:44Oui, parce que là vous êtes l'homme des shows de Johnny au Stade de France, quand il descendait sur scène d'un hélicoptère, c'est des spectacles incroyables qui ont été montés.
06:56Et des Jean-Michel Jarre à Moscou, au pied des pyramides, on a...
07:01Oui c'est vrai, c'est vrai que...
07:02Mais alors, ça a presque été une thérapie ce livre, pas né pour ça, mon livre.
07:08Parce que, pendant dix ans j'ai dit non, les différents éditeurs m'ont demandé, je ne voyais pas ce qui pouvait être intéressant.
07:17Puis quand ma fille a fini par me décider de dire, laisse au moins ça à ton petit-fils, c'est là que j'ai commencé à réaliser...
07:25Parce que pour moi, tout ce que j'ai fait, c'est normal, c'était normal.
07:28Et là, j'ai commencé à réaliser, et surtout maintenant, quand on voit dans différentes émissions des images de différents spectacles que j'ai pu faire, je réalise maintenant ce que j'ai fait.
07:38C'est maintenant que je réalise.
07:39Vous avez dû passer à plusieurs reprises à côté, tout près de la crise cardiaque, à un certain moment, par rapport à certaines annulations.
07:45On pense au stade de France qu'il a fallu vider parce qu'il pleuvait, par exemple.
07:48Le 4 septembre, un certain 4 septembre, c'est la mort dans l'âme.
07:51Oui, là encore, on m'a dit, quel courage !
07:55Non, j'étais dans un état, parce que ça faisait deux heures qu'on se battait de savoir si on allait jouer ou pas, dans un tel état second...
08:00Et donc, il y a 40 000 personnes qui attendent Johnny, 80 000 personnes qui attendent Johnny, et vous, vous allez devant sur scène leur dire, on est désolé, il n'y aura pas de concert.
08:09Oui, mais dans le coma, en fait, quand on a pris la décision, qui fait l'annonce ?
08:16Et comme Michel Drucker était là pour les compétences et tout, Michel Drucker...
08:30Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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