- il y a 1 an
Un destin basculé, une passion intacte ! Découvrez l'histoire poignante d'un homme qui, malgré un accident bouleversant sa carrière de footballeur, a puisé dans le sport une force incroyable.
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00:00Sous-titrage MFP.
00:30Il a toujours été gentil vis-à-vis de ses parents et vis-à-vis de ses copains.
00:38Il y avait beaucoup de copains, il était bien aimé.
00:41On jouait sur la plage, on jouait toujours au foot.
00:44On mettait un seau à gauche et un vêtement à droite et ça faisait des buts.
00:49Mais ça a toujours été sur le foot et le ballon.
00:56Ah, alors là, c'est un très mauvais souvenir.
01:00Puisque c'est l'engin avec lequel il s'est fait renverser.
01:05Ça, c'était en 89.
01:30Sous-titrage MFP.
02:00Ça va ?
02:12Ça va ?
02:26Bien, Steph.
02:34Avec le flow.
02:37Dernière.
02:39Concentre-toi bien là-dessus.
02:40La laisser descendre peut-être un peu plus et l'accrocher comme tu as fait là.
02:43D'accord ?
02:43Ça, c'était pas mal.
02:44Allez.
02:50Bien.
02:52Allez, allez.
02:52Je vais vous parler.
03:22comme ça en plein milieu mais je pense que pour tout le monde c'est mieux et je sens plus que ça
03:27le bras c'est pas encore top top. Il y a encore une espèce de gêne ce dos douloureux ce qui est là
03:34et je suis vraiment hâte que ça se déroule. Mais bon on avance et je sens que je suis encore très
03:45très loin. Je me sens à 25% de mon niveau optimum et du coup et puis en plus sur la durée là pour le
03:53coup je suis pas très bon. Alors faut être patient, attendre aussi que les beaux jours ça peut moins
03:58arrive dans tous les sens. Après on est dans l'instant et dans l'instant on a envie de faire plus. C'est ça
04:04qui est frustrant. Il y est arrivé. Il y est arrivé.
04:15Les premiers rapports avec le tennis de table en fait c'est vraiment très très très familial.
04:32Finalement c'était le cocon parce que la table a été dans le garage. Après avoir fait une super
04:37mauvaise année scolaire mon père il m'a dit bah tiens en gros je vais t'apprendre à savoir ce que c'est
04:42de travailler. Et donc il m'a foutu pendant un mois par terre à poser les dalles dans les garages. Et
04:49comme j'ai plutôt bien bossé pendant un mois quand même donc peut-être j'avais une vocation
04:53du carreleur. Mais ils m'ont dit, mon père en tout cas il m'a félicité en m'offrant cette table de ping-pong.
05:02Le sport a toujours fait partie de sa vie. Étant née à quelques kilomètres de Lens, le Stade Bollard était
05:09notre enceinte avant d'arriver à Saint-Symphorien. Steph a démarré le foot assez tôt, à 5 ans. A l'époque
05:18c'était plutôt rare. Et le foot a fait partie de notre vie dès l'instant où il a touché un ballon et dès l'instant où
05:29le F-C-M-S a été présent pour lui mais aussi pour nous.
05:41Très vite on s'est dit tiens il faut un club, il faut quelque chose et puis on est arrivé au F-C-M-S
05:46parce que c'était club de référence et puis parce qu'il mettait en place aussi tout au début une
05:52politique, une nouvelle politique avec les tout-petits. Et puis après ben voilà le fil en aiguille, on se plonge au jeu,
05:59on rencontre des gens, il y a des copains qui sont là et puis après c'est sélection, sélection départementale,
06:06régional, il y a plein de choses qui se mettent en place et qui font que la mayonnaise elle prend quoi
06:12et du coup on est dedans et on ne peut plus faire ça.
06:14C'était un défenseur, mais milieu de terrain. À une époque on l'a fait jouer en 10, après M. de Taddeo l'a,
06:27pour la guérir un petit peu, l'a fait jouer derrière, arrière latérale, pour la guérir,
06:33pour lui donner un petit peu de mordant parce qu'il avait tendance à jouer trop derrière,
06:38être trop, comment je pourrais dire, trop doux avec l'adversaire.
06:43Ça c'est quand on est minime, je crois, première ou deuxième, non première année,
06:56je crois qu'on est première année, parce qu'il n'y a pas de deuxième année là. Cette équipe là,
07:00elle a affronté des équipes où il y a eu, bon on a joué Cannes, Bédrossian, des gens comme ça,
07:05des gens qui ont fait des carrières. Stéphane, il sentait le moment de la passe,
07:09il sentait le déplacement, il y avait aussi le leadership, comment je parle aux autres,
07:13il y avait le sens des responsabilités, capable de diriger une ligne, des partenaires,
07:17mais il y avait aussi le sens collectif, respecter les autres, parler avec les autres,
07:22construire avec les autres, il y avait tous ces ingrédients étaient là.
07:35C'est pas de la nostalgie, c'est de me dire à un moment, qu'est-ce que j'aurais été,
07:56qu'est-ce que j'aurais été, vraiment je me pose la question, parce que c'est vrai que bon,
08:00le foot, ça s'est fini quand j'avais 15 ans, et à 15 ans, on les voit aujourd'hui,
08:07il n'y a personne qui peut dire ce mec là il va être pro ou il ne sera pas pro,
08:10donc tu as beau être bon ou moyen, et à un moment tu vois ça explose ou ça n'explose pas quoi,
08:16il n'y a pas de règle, mais par contre voilà, je sais que j'étais en plus sur une trajectoire
08:21ascendante, avec beaucoup beaucoup de belles sensations, des choses vraiment passionnantes à vivre.
08:28Je ne dis pas que n'importe qui peut être pro, mais que finalement,
08:34beaucoup peuvent s'en donner les moyens, et lui faisait partie des gens qui pouvaient
08:38honnêtement se dire, moi j'ai des moyens, en tout cas je peux rêver ou nourrir une certaine ambition,
08:45et donc il y avait des perspectives à terme en cadet et junior qui faisaient que,
08:50pour nous en tout cas dans notre logique, il était fléché comme un terrain joueur sur lequel on mise.
08:58Je sors d'un entraînement et comme pratiquement tous les jours, je prenais ma petite moto là,
09:11j'avais même pas 15 minutes de trajet. Je roule tranquillement quoi, et puis il y a quelqu'un
09:18qui passe devant moi et je n'ai pas le temps de le voir quoi. Vraiment, je me pose vraiment la
09:23question pourquoi il est là quoi. Je n'ai pas le temps de le voir, je fonce dedans, après c'est black out total.
09:28Moi le premier truc que je pense, c'est quand je suis allongé, je me dis peut-être absolument que je
09:33sors à établisse la nuit prochaine quoi. C'est possible autrement, il y a match quoi. Je panique pas,
09:38vraiment, je me sens fatigué, je me dis bon voilà, apparemment je me suis planté, je ne me souvenais plus trop,
09:45donc bon voilà, je laisse un peu faire les gens autour de moi quoi.
09:49L'accident c'est, je passe par l'image du tsunami, ça ravage l'adolescent qu'il était, puisqu'il a 15 ans quand ça se passe,
10:07mais ça ravage évidemment une famille. Et l'idée c'est qu'est-ce qu'on fait après tout ça ? Est-ce que
10:17on se laisse aller ou est-ce qu'on se bat ? Et la question elle ne s'est pas posée longtemps.
10:23À la limite à l'hôpital, c'était lui quand on allait le voir, on allait le voir tous les jours à Nancy,
10:29c'était lui qui nous remontait le moral. À la limite c'est assez un petit peu ça. Il avait
10:38toujours un moral d'enfer. Nous on s'arrivait dans la chambre, ça envoyait les tuyaux à gauche et les
10:44tuyaux à droite, machin, et lui il avait toujours un sourire, il avait toujours un geste qui nous
10:52remontait le moral. On a toujours tenu le coup parce que Stéphane ne se laissait pas aller, jamais
11:03jamais il s'est plaint sur son sort. Il était même plutôt embêté pour nous, ça le gênait beaucoup
11:11pour nous. Mais nous, il nous a fallu six ans pour remonter la pente.
11:27Comme Stéphane à son arrivée était très dépendant puisque l'accident qui l'a touché l'a quand même
11:32privé de ses quatre membres initialement, les attentions étaient portées sur lui, à la fois
11:40par la gravité de son état, à la fois par son âge et puis aussi sa gentillesse spontanée puisque
11:45Stéphane est quelqu'un que nous nous avons toujours connu, souriant, malgré les difficultés qu'il a
11:51rencontrées. En rééducation alors ça c'est quand même des grosses grosses journées puisque là on a
11:56quand même entre cinq, six heures quand même de traitement par jour. Donc c'est kiné, ergothérapie,
12:02c'est des exercices de simplement se mettre assis dix minutes pour pas avoir la
12:09tête qui tourne, c'est savoir se relever quand on est allongé, à se mettre assis.
12:16Il a dû apprendre aussi à se laver, s'habiller seul, passer du lit au fauteuil roulant seul et donc ça
12:24c'est avec un entraînement, avec des modifications d'habitude, avec la gestion de ses mains qui n'étaient
12:30plus comme avant, qu'il a pu se préparer tout seul le matin. Quand je voyais les autres gars se déplacer,
12:38prendre une voiture, rentrer chez eux, revenir le lendemain matin, je me suis dit « Putain,
12:42moi il faut que j'arrive à faire ça aussi quoi ». Donc voilà c'est ça qui m'intéressait, c'était de
12:46faire plein de petites choses qui m'aidaient à devenir autonome. Très vite on a mis en place des
12:51compensations pour qu'ils puissent acquérir une certaine autonomie. Donc les compensations c'est un
12:58bracelet, ce qu'on appelle un bracelet métacarpien pour pouvoir tenir la fourchette puisqu'il ne pouvait
13:04pas serrer les doigts. Donc tenir la fourchette, tenir la brosse à dents pour qu'ils puissent faire
13:08certains gestes fonctionnels assez rapidement et de façon autonome.
13:12J'ai appris à toujours trouver des solutions. Je me souviens d'ailleurs qu'il y avait une
13:32énergothérapeute à la Saint-Christophe qui m'appelait MacGyver. Elle me disait « Tu trouves toujours un truc
13:36finalement pour arriver à combler soit un déficit, soit peut-être à passer autrement ». Et donc tu es
13:47arrivé à faire le truc, ce n'est pas forcément comme ça qu'on l'imaginait, mais le résultat est arrivé quand
13:51même. Il y a des choses qui sont revenues, des muscles qui se sont renforcés, des muscles qui sont
13:56réapparus, en tout cas qui pouvaient être un petit peu fonctionnels. Donc on a développé tout ça, on a
14:03utilisé ce qui était là pour le développer, l'améliorer et le rendre plus fonctionnel.
14:07On s'aperçoit que lui travaille, il travaille de manière obstinée parce qu'il a fixé un cap. Donc
14:14c'est ça qui est bluffant, mais qui est aussi rassurant, puis qui est aussi terrible parce qu'on est
14:20fiers. On est fiers parce qu'on se dit « il va y arriver ». Il a eu cette capacité à un moment peut-être
14:27plus vite que nous, au bout du compte. Cette capacité de résilience et de se dire « je vais
14:35fonctionner autrement, mais ce n'est pas pour autant que je ne vais plus fonctionner du tout ».
14:38Le fauteuil, ça fait partie de lui et il a créé sa vie avec le fauteuil et avec ses difficultés. Mais
14:45je pense que lui, et même assez tôt, pour lui, le fauteuil n'était pas une difficulté. Il l'a intégré
14:51comme en faisant partie de son corps et de son nouveau corps.
14:54C'est une roue motorisée que je
15:21décroche du fauteuil, que je raccroche facilement et puis ça me permet d'être très autonome dans
15:27la vie de tous les jours, d'éviter la voiture et puis d'éviter de trop long trajet aussi en
15:31fauteuil. Et voilà, c'est un gain d'énergie, un gain de temps et en plus, c'est carrément écologique.
15:36Ça peut rouler jusqu'à 30 km heure, ça a une autonomie de 25-30 km et vraiment, c'est très, très
15:43pratique dans la vie de tous les jours. Ça me permet aussi d'aller faire quelques courses, de
15:47venir boire un petit café dans le coin et vraiment d'être très autonome.
15:53Bonjour.
15:57Ça fait une quinzaine d'années maintenant que je suis à Montpellier et c'est vrai que
15:59c'est une ville dans laquelle je m'épanouis plutôt pas mal parce que c'est accessible en
16:04fauteuil. Le pays entier se normalise par rapport à l'accessibilité pour des gens qui ont une
16:12mobilité réduite. Donc ça permet aussi de ne pas trop s'en faire quand on va quelque
16:18part et de se dire est-ce que je pourrais y aller ou pas. Et c'est vrai que l'évolution,
16:22elle est quand même importante. Depuis quelques années, il y a une prise de conscience de pouvoir
16:29donner de l'accès à tout le monde. Et quand t'es en fauteuil, t'es toujours obligé de faire attention
16:35tout le temps. T'as un léger dévers, tu vois que tu pousses plus d'un côté que de l'autre,
16:40t'es en train d'user un bras et l'autre n'y fait rien. Quand tu arrives sur un sol qui
16:46est un peu poreux, tu le sens tout de suite, ça fait des petits tremblements sur les petites
16:50roulettes de devant. Quand tu passes par des endroits invalides où tu ne fais aucun effort,
16:57tu ne te rends même pas compte que tu marches. Nous, on est tout le temps en train de se rendre
17:01compte des petites difficultés qu'il y a.
17:31Le rapport au tennis de table est revenu à travers deux choses. La première, c'est
17:45que la table était en train de pourrir dans le garage. Et puis un jour, mon père me dit
17:50« Pourquoi on n'irait pas jouer ? » Alors je dis « Ah, mais bon, les escaliers, c'est
17:54chiant. » Il dit « Ah, pas grave, je te porte et puis on y va. » Et puis en fait,
17:57pratiquement, pas tous les soirs, mais plusieurs fois, en fait, on faisait une
18:00demi-heure avant le repas, c'est rigolo. Et je n'imaginais pas que je pouvais vraiment
18:05jouer. Et puis quand Jean-Marie Donatello, qui donne des cours de maths à ma sœur,
18:11un jour, on le croise, je crois, à la sortie d'un match du FC Metz. Et puis il dit « Mais
18:16c'est génial si tu fais du ping-pong. Moi, je suis président d'une association à
18:21Moulin-les-Messes. C'est juste d'aller chez toi. Tu viens le samedi après-midi quand
18:24tu veux. Super ! Ouais, génial ! » Et donc, tu pourras venir sans aucun problème.
18:30Stéph, il va faire ses armes chez les Vanites, qui, bien sûr, vont pas lui faire de cadeaux.
18:46Et voilà, il fait ce championnat aussi. Mais il n'a aucune référence. Il va prendre une licence
18:53et va prendre une licence pour se juger.
19:00Ceux qui pratiquaient cherchent de toute façon à repratiquer quelque chose.
19:04Donc, voilà, le sport est un atout très, très important pour la réadaptation.
19:15Le fait de reprendre le sport très rapidement derrière l'accident m'a permis de me définir
19:20autrement qu'en étant une adolescente en situation de handicap.
19:23J'étais avant tout une adolescente sportive qui avait un handicap.
19:27Et ça change, en fait, totalement la donne parce que ça change, en fait,
19:30la perception du regard que les autres portent sur vous,
19:34portent sur votre handicap. Et le fait, en fait, d'être une sportive,
19:38pas de haut niveau à l'époque, puisque je commençais tout juste ma carrière,
19:41m'a permis, en fait, voilà, de mieux maîtriser mon handicap, d'avoir confiance en moi
19:46et, finalement, de ne pas avoir peur du handicap.
19:49La pratique d'un sport, quel qu'il soit, permet de mieux appréhender son handicap
19:56parce que, finalement, n'importe quel sport te permet d'appréhender ton corps.
19:59Tu te dis, t'es vulnérable, tu peux pas faire ça ou...
20:03Et il suffit de faire un peu de sport pour se rendre compte que, finalement, si on peut le faire.
20:07Si on joue droit comme ça, j'ai pas beaucoup d'espace ici pour jouer.
20:12Qu'est-ce qu'on prend ? OK ?
20:14Si je suis un peu de profil, j'ai plus d'espace ici pour armer mes freins.
20:17D'accord ? Ouais.
20:19Donc, le club est né comme ça.
20:22Alors, sur l'impulsion, évidemment, de Steph, l'impulsion de Jean-Marie, et puis plein de gens qui, à un moment, ont cru à cette idée.
20:33Quand on parle du tennis de table en disport, on parle de Michel Chalère.
20:40Michel Chalère, à l'époque, était déjà un athlète paralympique, se retrouve à devoir s'entraîner à Evry.
20:47Donc, à un moment, on se dit, avec Michel plus Stéphane qui commence à se sentir bien à l'aise à la table,
21:00oui, il faut mettre quelque chose en place.
21:03Le 15 juin 1998, on crée le club.
21:06Nous, la MS en disport, c'est notre bébé.
21:09Ce club, on va créer ensemble.
21:12C'est génial dans sa vie.
21:14Concentre-toi, May.
21:16Viens, mais tu y vas.
21:18C'est bien, Thierry, tu y vas.
21:20Allez.
21:22On partage les créneaux au gymnase.
21:24On mélange dans les équipes.
21:26On a des joueurs en situation de handicap associés à des joueurs à l'île.
21:31Bien. Impeccable.
21:33On va faire un service marteau.
21:35Comme un marteau.
21:36Tu lances un balle, et tu vas faire ça.
21:39Là, là, et ça.
21:41On a ici une tradition tennis de table qui remonte aux années 60.
21:47Oui.
21:48La mixité du public.
21:49Oui.
21:50La mayonnaise a bien pris.
21:51Bien l'avant.
21:52Allez.
21:53Super.
21:54Et donc, ça a été le premier point d'ancrage, 1998, d'avoir un club.
21:59C'était important, d'avoir un maillot, un survêtement du club.
22:02Et puis, de pouvoir, à partir de ce moment-là, faire de la compète dans ce circuit handisport.
22:13Ma première compète à Nantes, ça a été une révélation.
22:18Il n'a pas été ridicule loin de là.
22:20Bon.
22:21Il manque de l'expérience, c'est sûr.
22:23Et encore une fois, ça c'est Steph.
22:25Il sort de là.
22:26Il fait son bilan.
22:29Et tout de suite, il met en place des choses.
22:32Voilà.
22:33Et je l'ai toujours connu comme ça.
22:35Il a son objectif, il a son ambition, il a sa détermination.
22:39Et après, il ne lâche pas quoi.
22:42Donc, dès qu'il est dans son axe de travail, voilà, je pense qu'il est déterminé.
22:49En tout cas, moi, je suis chef d'entreprise, quand je regarde Stéphane, je me dis, il est très très fort sur cette partie-là.
22:56Je te revois me dire un jour et je m'en sers.
23:14Quand j'ai une compétition, j'arrive dans un endroit, il faut que je connaisse tous les recoins de la pièce par cœur et au-delà de la pièce.
23:21Si je n'ai pas tous ces repères-là, je ne vais pas être optimum, voilà.
23:26Et là, on a commencé à parler du mental, du sportif.
23:29Dans le sport, c'est un peu ça, finalement.
23:31C'est dire, j'ai fait un travail qui a permis d'engranger un maximum de la formation, parce que ce n'est pas ponctuel.
23:41C'est qu'après, tu vas t'en servir tout le temps.
23:45Il y a quelqu'un récemment qui me disait, c'est quoi les meilleurs jeux pour toi que tu as vécu ? Parce que tu as déjà vécu quatre.
23:50Et moi, je crois que c'est Rio. Mais Rio, pas forcément parce qu'il y a eu l'or à la fin.
23:55C'est parce qu'en fait, j'ai le sentiment d'avoir vécu les jeux de manière complètement systémique.
24:03C'est-à-dire, j'ai tout vécu en ayant les yeux ouverts, en écoutant un petit peu ce qui se dit.
24:09On avance toujours, à mon sens, avec des défis qu'on se lance, des objectifs, en disant, tu es au point A et tu vas aller au point B.
24:19Qu'est-ce que tu fais ? Quels moyens tu mets en place ?
24:22Je trouve que c'est ça qui est passionnant.
24:24Finalement, ce n'est pas forcément d'arriver au point B. C'est tout le chemin que tu as utilisé pour arriver au point B.
24:31On ne peut pas arriver à l'objectif si tu n'aimes pas le chemin.
24:36Oui, complètement.
24:38Et il faut que ce chemin-là, il faut qu'il ait des contraintes. Tu vois ? Il faut qu'il ait des obstacles.
24:59De fil en aiguille, on a fait plusieurs petites compètes un peu partout en France.
25:05Et puis, j'ai rencontré Patrick Fache, il me semble, en 2000, lors d'un championnat de France à 7,
25:11où je fais ma première perf, finalement, en battant le numéro 2 français de l'époque.
25:16Stéphane est venu vers moi, il m'a dit qu'est-ce que je dois faire pour...
25:19Je lui ai dit, mais viens travailler avec moi, moi je ferai de toi un champion.
25:21Ça, c'est clair, quoi. Après, à lui avoir vendu du rêve, il fallait tomber sur la réalité.
25:27Et c'est là le plus difficile.
25:28C'est que vous allez devoir faire comprendre à quelqu'un qui va devoir sacrifier une partie de sa vie
25:34au sport, et au sport de haut niveau.
25:37Parce qu'on parle d'handisport, mais non.
25:39C'est 4 à 6 heures d'entraînement par jour, c'est travailler son physique,
25:43c'est travailler son mental, c'est avoir un kiné spécialisé dans le sport.
25:46Moi, je lui ai carrément dit, il faut que tu trouves un entraîneur.
25:49Si tu prends moi, je te fais devenir le meilleur, et tu dois quitter ton travail.
25:55J'étais secrétaire technique de l'association FCMS, donc de toute la partie débutant jusqu'à la CFA.
26:03Et mon but à moi était, entre autres, mais c'était une grande partie, d'organiser les compétitions jeunes,
26:12ou en tout cas de mettre en place tout ce qui était nécessaire sur le plan administratif,
26:17pour que tout soit fluide les week-ends.
26:20Sa vraie place, elle n'était pas là.
26:22Sa vraie place était d'essayer, en tout cas, d'aller jouer chez les professionnels et d'aller en Ligue 1.
26:27Mais en tout cas, ça aurait pu lui donner la possibilité de faire des réussites de très haut niveau,
26:34de manière, je dirais, indirecte, en accompagnant les autres et en structurant.
26:39Et Steph, un jour, me dit qu'il a réfléchi et que ce n'est pas ce qu'il veut faire.
26:46Et c'est là que le choix de m'entraîner et de ne faire que ça a été celui que j'ai pris,
26:56et puis d'aller régulièrement m'entraîner avec Patrick Fache à ce moment-là.
27:01En fait, ce que j'ai senti, c'était ce qui lui fallait, c'était son projet à lui,
27:06avec son adrénaline et ses vibrations à lui.
27:09Il avait des choses à prouver, à se prouver, il avait des choses à réaliser.
27:12Et c'était cette idée-là.
27:14Je pars en 2003 sur 7 ou 8 Opens partout dans le monde,
27:19Mexique, Etats-Unis, partout, partout,
27:22et je crois que j'ai dû faire, sur 10 tournois, j'ai dû en gagner 7, un truc comme ça.
27:27Et là, évidemment, je grimpe considérablement au classement mondial,
27:31et je me qualifie pour les Jeux d'Athènes.
27:33J'ai dû attendre.
27:34J'ai dû attendre.
27:38j'ai dû attendre.
27:40Il y a une victoire incroyable dans la phase de l'Université de l'Université de l'Université de Odémy'
28:04Une victoire incroyable dans la phase de poule face à un Coréen qui était la star mondiale.
28:12Et en quart de finale, je perds contre un garçon qui était devenu, on va dire, avec le temps, vraiment une bête noire.
28:18Et puis, il y avait encore une compétition par équipe juste derrière.
28:21Et moi qui aimais ça, j'étais plutôt enthousiaste et on s'est retrouvé quatrième.
28:24Quand je quitte Athènes, je ne pense qu'à Pékin en 2008.
28:28Vraiment, je me dis, il faut absolument que je réussisse ces Jeux de Pékin.
28:34En 2011, au championnat d'Europe, cette victoire-là m'a permis de prendre conscience
29:02que j'étais capable de gagner enfin une compétition de référence.
29:07Mais il fallait absolument que je m'améliore sur le plan physique
29:11et que la notion de vitesse, de puissance était de plus en plus à l'ordre du jour.
29:16Donc, il fallait travailler dans ce sens-là.
29:19Plus le temps va et plus je peux augmenter la charge de travail
29:42et plus la gêne, voire maintenant, les micro-douleurs arrivent plus tard.
29:52Le but, de toute façon, ne sera pas de rattraper le temps perdu,
29:54ça sera de travailler autrement, de faire les choses autrement.
29:58Pour l'instant, ça avance bien.
30:00Le kiné que je vais voir cet après-midi, que je vois tous les jours, il est top.
30:06Donc, c'est bien de fonctionner avec des gens comme ça autour de soi.
30:09Il n'y a que le préparateur physique qui n'est pas dingue, mais ça, à un moment,
30:14j'ai commencé avec lui, je vais finir avec lui.
30:18Si je te le dis, c'est...
30:19S'il n'y avait pas cette fusion, ça ne serait pas sympa.
30:25Ça fait quand même plus de 10 ans qu'on tourne ensemble.
30:29Donc, je suis totalement avec lui sur toutes ses compétitions, sur tous ses objectifs.
30:35Déjà, je pense que l'essentiel en préparation physique, c'est de travailler sur le préventif.
30:39Pour essayer de limiter la casse au niveau de la blessure,
30:42qui peut arriver, comme on a vu, on ne sait pas pourquoi.
30:45Après, nous, on bosse pas mal sur tout ce qui est coordination motrice.
30:49sur toutes sortes de vitesses.
30:51Il aime bien.
31:03Maintenant, il faut que je potentialise tout ce que je sais faire.
31:05Je diminue encore mes défauts.
31:09Et par contre, sur 10 jours de compétition,
31:12j'essaie d'être en forme du premier au dernier jour.
31:19Non.
31:21Non.
31:26Ouais !
31:27Il va révolutionner le jeu.
31:45C'est-à-dire qu'il va se rapprocher d'un jeu paraplégique.
31:52Et puis, un jeu de tétra.
31:54Des balles beaucoup plus longues, des attaques bien marquées et tout.
31:59Un jeu également physique.
32:01Avec son revers, il est capable d'accélérer, frapper, démarrer, sans aucun souci aussi.
32:06On va être plus sur de la tactique, c'est sur moins de vitesse.
32:09Voilà.
32:09Avec des sorties, notamment dans les petits côtés.
32:12Voilà.
32:13Essayer que l'adversaire ne touche pas la balle.
32:15S'il n'avait pas fait ce choix-là,
32:17d'aller vers un jeu énergique,
32:19d'un jeu vers l'avant.
32:21Voilà.
32:21Donc, peut-être qu'il n'aurait pas atteint le gratin européen, puis mondial.
32:28Il est capable de transmettre des émotions.
32:30Il est capable de réaliser un geste sportif qui est techniquement parfait,
32:34en tout cas qui lui permet d'atteindre le niveau qu'il a actuellement.
32:37Ce n'est pas une personne en situation de handicap.
32:39C'est avant tout un homme qui est un sportif de haut niveau,
32:42qui a des compétences, qui a des capacités.
32:44Il a su les mettre au profit du sport,
32:47malgré la difficulté du handicap au quotidien.
32:51Yes, fin de panière, mieux que le début, moins de fautes.
33:06Stéphane est étraplégique.
33:08Ce n'est pas lui qui va se faire pousser.
33:10Des fois, quand il partait en tournoi international,
33:13deuxième fauteuil avec le sac,
33:15et on pousse le fauteuil.
33:18Il n'y a pas d'accompagnateur qui porte les valises.
33:20Il fait ses transferts seul, on n'est pas dans l'assistanat.
33:26Là, on en parle d'athlètes de haut niveau
33:28qui, tout est plus compliqué,
33:32mais le font avec détermination.
33:35La somme d'énergie déployée en dehors de la table,
33:43elle peut être vraiment monstrueuse.
33:45On ne se rend pas trop compte.
33:47On peut être littéralement épuisé.
33:49Donc, parce qu'il y a beaucoup de déplacements,
33:52alors il y avait des gestes de la vie de tous les jours,
33:54mais il y a beaucoup de déplacements.
33:55Là, on est à la maison Vioti à Petit-Rossel.
34:13C'est une mexe, une maison d'enfance à caractère social.
34:16Je suis le parrain depuis une petite dizaine d'années.
34:20On va vous rappeler de notre petite phrase.
34:29Les médailles, c'est comme ?
34:31C'est comme les ?
34:33Voilà.
34:35Ça ne tombe pas ?
34:36Alors, je t'écoute.
34:38Peux-tu nous dire comment se déroule une cérémonie au jeu ?
34:46Ouais.
34:46Et quels souvenirs as-tu ?
34:48Et quels souvenirs j'en ai ?
34:49La première chose, c'est qu'il y a un petit spectacle,
34:53mais nous, les athlètes, on ne le voit pas.
34:55C'est que des gens qui sont dans le stade ou à la télé
34:58qui voient le petit spectacle du début.
35:00Et après, il y a ce qu'on appelle l'entrée des pays.
35:05Le sportif, il a des choses à dire, il a des choses à transmettre, des messages.
35:12On réussit ou on ne réussit pas, mais on se donne les moyens.
35:17Et puis, quelquefois, on n'a pas eu de bol dans sa vie.
35:19Alors, il faut quand même malgré tout réussir des choses
35:21parce que c'est ça qui fait avancer, c'est la réussite.
35:23Donc, vous avez vu, le coffret, c'est un super bois.
35:27Après, on tourne le coffret.
35:30Si ça marche, oui, ça marche.
35:32Voilà.
35:33La médaille est dedans.
35:34Et je m'entraîne beaucoup, beaucoup, beaucoup pour avoir ça.
35:39Et plus on s'entraîne, plus on travaille à l'école,
35:44et plus on a des chances de réussir plus tard et avoir des médailles.
35:48Ça vous parle, ça ?
35:49Oui.
35:49Eh bien, ça va te parler.
35:51Je suis convaincu que ça va te parler.
35:52C'est un bel objet, même si pour moi, je ne m'attache pas forcément aux choses.
36:11Donc, voilà.
36:12Je la garde parce que c'est la dernière.
36:13Mais clairement, je n'ai pas d'affinité particulière envers ces objets-là.
36:19Je préfère garder le souvenir, ce que ça représente dans ma tête plutôt que par l'objet.
36:24Je crois qu'il y en a certaines, peut-être chez mes parents, celle de Pékin, elle est chez mes parents.
36:29Et puis celle de Londres, il faudrait que je...
36:30Ah, il y en a peut-être une ici, ouais.
36:32Il y en a peut-être une dans le coin, mais je ne m'attache pas à ça.
36:37Je les ai, mais où, je ne sais pas.
36:38Je préfère garder tout dans la tête et puis partager des moments quand on doit en reparler
36:44avec les personnes comme Fabien, mes parents qui étaient là-bas.
36:49Je préfère ce genre de partage plutôt que des...
36:53Voilà, je ne suis pas très photo, je ne suis pas très matériel.
36:57Ouais, c'est comme ça.
36:58Et là, Stéphane Monias, encore une balle de match.
37:03Oui !
37:03Allez, c'est bon !
37:05C'est sur la table et il peut lever les bras, Stéphane Monias.
37:08L'équipe de France, les championnes !
37:14La médaille d'or à Rio, par équipe, c'est la première fois que je fais l'or au jeu.
37:18Après quatre fois, après avoir vécu quatre fois cet événement.
37:23C'était enfin, enfin un aboutissement.
37:35Je me souviens d'une bouteille de champagne.
37:38C'est un droit, hein ?
37:41Il y a eu des pleurs.
37:42Il était une heure du matin.
37:43Il y a eu des pleurs.
37:44Oui, bien sûr.
37:45Des pleurs de joie.
37:46Ah, bien sûr qu'il y a eu quelques larmes, c'est évident.
37:49J'ai fait ouf à la fin, quoi.
37:52C'était vraiment stressant.
37:54Mais bon, Stéphane s'est bien défendu.
37:57Et pour la finale, c'était vraiment sa finale.
38:02En individuel, il se passe un truc qui ne m'est jamais arrivé.
38:04C'est-à-dire qu'un bout du fauteuil qui pète et du coup, qui me déséquilibre complètement, à la fois pour l'échange et puis pour le reste du match.
38:14Et puis derrière, l'épreuve par équipe, au moment où Fabien perd son match contre le Coréen Mouk, je me dis, c'est ma chance.
38:25Stéphane, par équipe, je pense que depuis des années que je joue avec lui, moi, je me rends compte qu'il a toujours un niveau qui est, je pense, supérieur quand il joue en individuel.
38:35Alors, le moment où on gagne, moi, je le subis ou je suis spectateur parce qu'il ramène le point de la victoire.
38:41Moi, je suis derrière la balustrade.
38:43Donc, oui, ça fait des émotions.
38:44On voit les points qui défilent.
38:45J'ai des souvenirs qu'il mène 10-6, par exemple, sur le dernier set.
38:50Donc, il a quatre balles de match.
38:52L'adversaire, il revient à 7, à 8, à 9.
38:55Et je me dis, fais un truc que tu n'as jamais fait.
38:58Voilà, fais un truc que tu n'as jamais fait, c'est le E.
39:00J'essaie un coup technique.
39:02Je me souviens, la balle vient ici.
39:03Je fais un petit revers vraiment cassé comme ça pour que la balle sorte avec un effet latéral comme ça.
39:09Et du coup, le gars ne s'y attend pas du tout.
39:13Et voilà, c'est vraiment créer la surprise.
39:16Et dès qu'il met le point, il n'y a plus de protocole.
39:19Je rentre dans l'ère de jeu, je balance tout, je vais dans ses bras.
39:23Et c'est des moments magiques et inoubliables.
39:25Je trouve que la médaille à Rio, c'est à l'image de mon frère.
39:39C'est le collectif avant tout.
39:40Et la façon dont ça a évolué, ces jeux de Rio et cette fin qui était tellement stressante, il faut le dire, mais tellement belle.
39:57C'était un...
40:00Oui, je n'arrive pas à trouver les mots pour vous dire à quel point c'était fort.
40:04Très très fort.
40:10J'avais évoqué, évoqué mais dans une sphère un peu privée, le fait d'arrêter ma carrière après Rio.
40:26Je sentais que j'étais dans une période de transition.
40:29Et il y a deux choses qui m'ont fait penser que ce n'était pas le moment après Rio.
40:35La première, c'est que je n'avais pas préparé mon après-carrière.
40:38Premier truc.
40:38Et la deuxième chose, c'est la rencontre avec Elodie.
40:42Un ou deux dans le revers, un ou deux dans le...
40:44Enfin, après, on peut...
40:46Tu veux commencer par un côté en particulier, Flo ?
40:48Oui, il fait ce qu'il veut, justement.
40:53On s'est rencontrés sur un stage avant les Europes en 2017.
40:56Donc Stéphane, il revenait d'une blessure au poignet.
40:59Voilà, il était dans le doute, savoir s'il allait continuer ou pas jusqu'au Jeux de Tokyo.
41:03Il se laissait un peu de temps pour réfléchir.
41:05Et à l'issue de ce stage où je suis passée les voir, en fait, il m'a proposé un petit peu cette collaboration.
41:13Il aimait bien un petit peu mon regard nouveau.
41:16Moi, je débarquais à l'inconnu comme ça, sans trop me poser de questions d'ailleurs.
41:20Et il aimait bien sûrement aussi que je lui propose des nouvelles choses à la table, d'essayer des choses.
41:26Ça fonctionne, tant mieux, ça ne marche pas, on passe à autre chose.
41:29Donc voilà, je pense que c'est ce qui lui a plu aussi.
41:33Moi, ce que je voulais, c'était faire une heure, voire une heure et demie, mais vraiment à 200%.
41:36Et pas de faire des entraînements qui durent trois heures.
41:41Et on sort de là, on est complètement à chaise parce qu'on n'arrive plus à lever le bras.
41:47On peut dire ce qu'on veut, mais quand notre corps prend de l'âge, il récupère différemment.
41:52Donc c'est se poser la question, en tant qu'athlète, avec son staff, de quelles sont les priorités de l'entraînement.
41:57Est-ce que c'est la quantité ? Est-ce que c'est la qualité ? Est-ce que c'est le travail technique ? Est-ce que c'est le travail physique ?
42:03Et je pense effectivement que c'est une question que Stéphane s'est posée dans la préparation de ses derniers Jeux.
42:08Et surtout, comment on fait pour entretenir ce corps dans la durée ?
42:11Et surtout, parce que ce n'est pas négligeable et j'avais eu l'occasion d'en discuter avec Stéphane,
42:16comment on fait pour gérer cette année supplémentaire ?
42:18Parce que le report des Jeux, quand vous êtes un ancien athlète,
42:21ça a un impact beaucoup plus important que que vous êtes un athlète qui prépare ses premiers Jeux.
42:41Donc ça se diffuse, ce n'est pas que la tête ratée autour, comme d'habitude ?
42:58Oui, non. Donc la fissuration, c'était ici.
43:00Oui, oui.
43:00Là, c'est un peu plus là, tu vois.
43:02D'accord.
43:02Après, il y a quelques contractures, là, dans l'avant.
43:10Oui.
43:11C'est pas mal, quand même.
43:17Il y a toujours des petites gènes, douleurs, un peu résiduelles en fin de séance,
43:22quand je suis un peu fatigué.
43:24Bon, voilà, semble-t-il assez logique, normal.
43:27Si vraiment, vraiment, là, j'avais dit que je ferais un point à la fin de ces trois semaines de stage,
43:32s'il y a besoin de faire un petit truc supplémentaire avant de partir,
43:35on fera peut-être un peu de mésothérapie, c'est de l'injection dentalgique,
43:39directement, renouvelée, toutes les semaines, là-bas, à Tokyo.
43:44Pour avoir aussi l'esprit libre, de ne pas avoir la peur de la douleur, voilà.
43:48Mais bon, on est dans une logique de cicatrisation.
43:51Le médecin m'a rassuré.
43:53Là-haut, elle est remise, donc ça, c'est nickel.
43:55Et je vais juste faire une dérive des deux en même temps.
44:01Très bien, ça descend.
44:06Tout bon, monsieur ?
44:07Merci beaucoup.
44:09Il a pris son temps pour se soigner, il a fait ce qu'il fallait.
44:13Donc, progressivement, il va retrouver son niveau.
44:15Il n'a rien perdu, il retravaille tout ce qui est physique en dehors de la table.
44:19À la table, il a le niveau de jeu.
44:22Dans la raquette, il a déjà tout,
44:23donc il sera prêt pour aller chercher la meilleure couleur de la médaille,
44:29bien sûr, mais il est capable de ranmer l'or.
44:31Je pense qu'il n'y a plus d'un qui signerait des deux mains pour avoir sa carrière.
44:51Pendant 20 ans, il n'est jamais sorti du top 10 mondial, par exemple.
44:53C'est fou, c'est fou.
44:56Et malgré des blessures, des hauts, des bas, des méfants qu'on a tous,
44:59quand on gagne tous des matchs, on perd tous des matchs.
45:01Mais rester pendant 20 ans impliqué comme ça,
45:05rien qu'à le dire, je suis fatigué de le dire, c'est énorme.
45:08Je pense qu'il peut être très fier de sa carrière,
45:14parce qu'il y en a beaucoup qui voudraient avoir le tiers de tout ce qu'il a gagné.
45:20Pour pouvoir rester à ce niveau-là pendant cinq Olympiades, c'est le mental.
45:25Cet homme a un mental fantastique.
45:30C'est un modèle pour les sportifs de haut niveau handicapés,
45:36mais c'est aussi un modèle pour les sportifs de haut niveau non handicapés et pour tous les jeunes.
45:42Et ils doivent se projeter, se dire, si moi j'avais été à sa place, qu'est-ce que j'aurais pu faire ?
45:48Est-ce que j'aurais été capable de faire ça ?
45:50Voilà ce qu'il reste de lui.
45:53Je suis blessé par la vie, je reviendrai plus fort.
45:56Il m'arrive un peu, ok, je vais prendre le temps pour me soigner, je reviendrai plus fort.
46:01C'est sur le leitmotiv, et ça, avoir la chance de côtoyer
46:05et d'avoir dans son staff, le club, une personne de cette qualité-là, ça n'a pas de prix.
46:11Il y a une intensité dans notre relation qui est très très forte
46:18et qui va au-delà de la médaille, au-delà de...
46:21Voilà, c'est... je ne sais pas, c'est des rencontres d'hommes d'exception.
46:28Voilà, et Stéphane, pour moi, c'est un homme d'exception.
46:32L'image de Stéph, c'est loin d'être l'image de quelqu'un en fauteuil.
46:38Fauteuil, c'est quelque part un accessoire.
46:41Stéph, c'est bien autre chose.
46:43Et c'est quelqu'un qui est entier, c'est le mot qui me revient en premier,
46:57et entier, de la tête aux pieds.
47:00Assis, t'as toujours la tête levée, en fait.
47:21Mais en fait, le mec qui baisse la tête, déjà, c'est quelqu'un...
47:24On a parlé d'amour propre, tu vois.
47:26C'est quelqu'un qui n'a pas d'amour propre, quoi.
47:27Tu vois, il est renfermé sur lui, celui qui baisse la tête.
47:30T'es plus debout sur tes deux jambes, mais t'es debout autrement.
47:32Et moi, c'est ça qui m'inspire.
47:35Finalement, tu vois, alors il y en a qui me disent,
47:40« Ah, t'as un modèle parce que t'as su rebondir, qualité de résilience, etc. »
47:45Mais en fait, les gens ne se rendent pas compte.
47:47C'est que, moi, le handicap, il est physique, il est acquis,
47:52mais il y en a plein qui ont des handicaps dans la vie.
47:54Les gens ne prennent pas conscience du tout de leur propre capacité,
47:57leurs ressources.
47:58C'est que finalement, on a tous ces capacités-là.
48:00Alors, c'est sûr que là, la vie, elle change, surtout quand t'es ado.
48:06Mais, ouais, rester toujours...
48:12Tu vois, celui que j'ai été.
48:18Tu vois, celui-là, celui-là, celui-là.
48:4812, 14, 11, 8.
48:51Tu vois, celui-là, celui-là, celui-là.
49:21Tu vois, celui-là.
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