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  • il y a 4 mois
Valérie Lemercier est notre invitée, pour son nouveau spectacle au Théâtre Marigny, du 15 octobre au 3 janvier. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-11-septembre-2025-9149315

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00:00Pourquoi Valérie Lemercier consacre-t-elle sa vie à l'infiniment petit ?
00:05Ça fait maintenant 40 ans qu'elle traque le froncement, le déhanché, la chaînette, le nez qui se pince, le e qui traîne, le che qui chointe, la glotte qui remonte, le mot pour un autre, la tou qui trahit.
00:17Vous appelez ça un détail ? Elle, elle y voit de la poésie.
00:21Ses minuscules inventions du quotidien l'éblouissent, elle les grossit, elle les grandit.
00:25Elle en a fait des personnages cultes à l'écran, des Lady Palace, des Miss McIntosh, des Frénégons, d'une patate chaude dans la bouche, mais aussi une petite fille qui ne la quitte jamais.
00:35Sur scène, elle a créé un bestiaire humain aux variations inoubliables, enfin, pour ceux qui étaient dans la salle de ses cinq spectacles, parce qu'elle a toujours refusé qu'ils soient filmés.
00:46Vous voudriez que la caméra capte l'infiniment petit à la place de Valérie ? Vous rêvez, il n'est pas donné à tout le monde de voir où se niche l'humanité.
00:56Portrait numéro 11.
00:58Bonjour Valérie Lemercier.
01:03Bonjour Sonia.
01:04Nouveau spectacle intitulé Théâtre Marigny, au Théâtre Marigny, du 15 octobre au 3 janvier prochain.
01:12Vous avez peint vous-même l'affiche d'un grand trait de pinceau rouge qui figure, dites-moi si je me trompe, un grand et gros nez.
01:20Un grand nez, c'est le mien, il est grand. J'ai été plus gentille sur mon œil que j'ai fait un peu plus grand qu'il ne l'est. C'est un gros plan. J'ai souvent fait des corps. Et là, je ne sais pas, je me suis rapprochée. Je pense que j'ai dû en faire mille. Je ne suis pas si bonne. Ce que je veux dire, c'est que je mets du temps à faire les choses.
01:45Et quel rapport avez-vous avec ce nez ? Quel rapport avez-vous ?
01:50Alors mon grand-père, du grand nez, n'a jamais déparé beau visage. Donc je n'ai jamais eu envie de le raccourcir, ni je fais avec. C'est sûr que ce n'est pas un nez d'américain.
02:06Il est plus facile de se dessiner que de se regarder dans un miroir ?
02:11Pour moi, oui. Même si je veux voir si un vêtement me va, c'est souvent avec un dessin que je vois si ça me va. J'aime pas beaucoup me regarder dans un miroir, j'avoue.
02:22Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, l'Office de Radiodiffusion Télévision Française est heureux de souhaiter la bienvenue au Théâtre Marigny.
02:32Au Théâtre Marigny, vous allez voir cet après-midi les portes-claques de Michel Ferbaud.
02:37Et nous avons besoin de vous, car vous êtes le public et nous vous demandons instantanément de jouer votre rôle de public.
02:43Je veux dire par là, qu'il faut que vous soyez vous-même. Oh non, vous n'aurez pas de panneau silence, riez, applaudissez, il n'y en a pas.
02:50Si vous avez envie de rire, riez largement, franchement, vous nous rendez perdus.
02:55Si vous désirez applaudir, faites-le, croyez-vous-même.
03:01Valérie Lemercier, je voulais appeler mon spectacle au Théâtre ce soir.
03:09Vraiment ?
03:10Le Théâtre ce soir de Pierre Savac ?
03:12Parce qu'au Théâtre ce soir, se jouait à Marigny.
03:16Oui, on vient de l'entendre.
03:18C'est ce qu'on vient d'entendre.
03:20Et je me suis dit, c'est un bon titre au Théâtre ce soir, parce que je serai au Théâtre le soir.
03:25Et après, je me suis dit, on va penser que je joue une pièce, comme parfois je joue aussi du théâtre.
03:30Mais je trouvais que c'était un bon titre au Théâtre ce soir.
03:33Et c'est un théâtre qui m'est cher.
03:35D'abord, il y a eu Thierry Le Luron, il y a eu au Théâtre ce soir, il y a eu Le Quartier.
03:40Enfin, c'est un théâtre dans lequel je n'ai jamais joué, qui est très beau, qui a été refait.
03:45C'est un écrin joyeux.
03:46Et je me suis dit que ce n'était pas banal de donner à chaque spectacle pour titre le nom du théâtre, où le spectacle naît et où le spectacle grandit.
03:56C'est comme si le théâtre était pour vous un terroir et que ce qui y pousse ne peut avoir que l'odeur et la saveur de la terre qui la nourrit, de ces planches-là et pas d'autres.
04:08C'est vrai. Et parce que j'ai beaucoup de mal à résumer mes spectacles avec un titre qui serait marrant ou qui serait, je trouve ça très compliqué.
04:18Donc j'ai fait comme ça depuis.
04:19Donc il y a eu Valérie Lemercier au Splendine, à la même Théâtre de Paris, au Folies Bergères, au Châtelet la fois dernière.
04:26Et là, le titre du spectacle s'appelle « Du théâtre où je l'ai créé », en fait.
04:33Parce que vous-même, vous êtes née quelque part ? Je me suis posé cette question.
04:37Parce que vous-même, vous êtes née les pieds dans la terre ?
04:40Parce que vous-même, vous êtes née et vous avez grandi dans la ferme qui était celle de votre père, qui était aussi celle de votre grand-père ?
04:47Oui. Mon père dormait dans le lit dans lequel il est né, par exemple.
04:53Et ils s'appelaient tous Joseph.
04:57Tous les hommes de la famille ?
04:58Voilà. Et il y en a même un de la nouvelle génération qui s'appelle comme ça.
05:03Votre père a eu quatre filles ? Il y en a une qui s'est appelée Joséphine ?
05:07Non. Une de mes sœurs a appelé son fils Joseph.
05:10Mais on est tous nés quelque part.
05:15Plus ou moins ?
05:16Plus ou moins. En tout cas, c'est vrai que forcément que la campagne, la ferme, la nature, tout ça a compté.
05:29On n'était pas en ville. On connaissait tout le monde.
05:32C'est à peu près la grande, grande différence avec les gens des villes.
05:37C'est que nous, on connaissait tout le monde.
05:40On était 170. Donc chacun, on sait que dans cette maison, il y a la famille untel.
05:44Et quand j'étais jeune, les mères, nos mères, on les appelait du prénom de leur mari.
05:53Par exemple, Madame Michel, Madame Jean-Pierre, Madame Jojo.
05:59Donc elles n'avaient pas de nom de famille.
06:02Elles n'avaient même pas leur prénom.
06:03Elles avaient le prénom de leur mari.
06:05Il y a une autre différence.
06:06Moi qui suis une petite fille de la ville, avec votre enfance, c'est qu'il y a un mot qui revient très fréquemment quand vous racontez votre enfance.
06:14C'est le mot « dehors ».
06:16Moi, je ne peux pas mettre ce mot « dehors » sur mon enfance.
06:20Mon enfance, elle était « dedans ».
06:22Et je me suis demandé ce que ça faisait de pousser « dehors ».
06:26Moi, par exemple, on disait toujours « va dehors », « sors », « va prendre l'air », « va ».
06:33Et c'est vrai que nos jeux, c'était jouer à l'élastique dehors, jouer aux billes dehors dans les talus, aller dans les granges, on était tout le temps dehors.
06:43Et qu'est-ce qu'on en tire, qu'est-ce qu'on en garde ?
06:45Est-ce qu'on devient une grande personne, assez claustro, qui supporte mal l'enfermement et qui a tout le temps besoin d'ouvrir la fenêtre ?
06:52Ou est-ce qu'on devient une grande personne qui, au contraire, se cherche tout le temps un abri ?
06:56Moi, je me cherche tout le temps un abri.
06:58J'aime avoir un toit.
07:00Par exemple, je ne pourrais pas jouer en Avignon, comme disent certains.
07:04Il me faut un toit.
07:05Quand je vais au bord de la mer, ça m'arrive de ne même pas aller la voir, de rester dans la maison.
07:10J'aime beaucoup avoir le droit de rester dans la maison et surtout que ce soit la mienne.
07:18Et que je puisse faire ce que je veux, prendre mes repas ou pas, à l'heure que je veux.
07:24Et la contrainte des maisons, de devoir pas traîner.
07:30Par exemple, enfant, on n'avait pas le droit de traîner en pyjama à partir de 8 heures.
07:35Bon, alors moi, je passe ma journée en pyjama.
07:37Si je veux.
07:38Si je veux.
07:39Si je veux.
07:40Et en chausson.
07:41Et je...
07:42Et est-ce qu'un...
07:42Et j'essaie de...
07:44Et je prends mes repas n'importe où, sauf à table.
07:47Enfin, voilà.
07:47Donc, je...
07:48Je...
07:49Et est-ce qu'un théâtre, c'est l'abri absolu ?
07:52Absolument.
07:53Est-ce qu'un théâtre, c'est l'abri parfait ?
07:55Exactement parfait.
07:56Par exemple, là, je vais aller faire quelques dates en province.
07:59J'arrive tôt, vraiment tôt au théâtre.
08:02Je ne me balade pas, pardon, je ne visite pas, je ne vais pas dans les musées ni dans
08:05les magasins parce que c'est dans le théâtre que je me sens bien.
08:08Et je fais la route la veille et donc je dors dans l'endroit où je joue le lendemain.
08:12À 9h30, vous pouvez me voir arriver.
08:15Et là, c'est tout le...
08:17Toute la journée va se passer à préparer le spectacle, c'est-à-dire bien manger pour
08:21bien jouer.
08:23En symbiose.
08:24Et je suis...
08:25Même si le théâtre est moche, même si les loges sont pourries, elles sont souvent
08:28moches.
08:29Il faut bien se le dire, même au Châtelet qui est peut-être le plus beau théâtre du
08:32monde, la loge, c'est une table d'IKEA comme ça, avec un petit tapis avec des
08:37poils dégueux qu'il y a dans tous les...
08:40Enfin, ce que je veux dire, c'est que les loges, c'est jamais glamour, c'est
08:43jamais...
08:44Même à l'Olympia, même...
08:45Mais on se sent chez soi, on se sent comme dans un ventre.
08:51D'abord, c'est souvent rouge.
08:54On se sent comme dans un ventre ?
08:55Dans un théâtre, oui.
08:57On se sent...
08:57On revient dans le ventre de sa mère.
08:59Oui, on est un peu...
09:00On est protégé.
09:01Il ne peut rien vous arriver.
09:03Moi, quelque part, c'est là que je suis bien.
09:07Je n'irai pas jusqu'à y dormir parce que c'est bien.
09:09Donc, c'est pour ça que vous revenez régulièrement, année après année, au théâtre ?
09:14Vous revenez dans le ventre de votre maman ?
09:16Voilà.
09:16Je disais, le cinéma, c'est comme notre père, ça fait rêver.
09:21Et le théâtre, c'est comme notre mère, on y revient toujours.
09:23Et c'est un peu vrai.
09:24Mais c'est très, très, très psychanalytique, cette affaire.
09:26Peut-être.
09:26Très, immensément psychanalytique.
09:28Mais c'est un peu vrai qu'au théâtre, il y a...
09:32Voilà.
09:32Et puis, quand on y a goûté...
09:34Par exemple, là, j'ai une grande joie d'y revenir.
09:36Vous savez ce que je me dis ?
09:38C'est que peut-être que nous, on est un peu pareil avec les studios de radio.
09:41Ah, c'est sûr.
09:42Complètement clos.
09:43On a peut-être un truc avec le ventre de nos mères.
09:46Surtout que c'est rouge.
09:46Surtout que c'est rouge comme votre t-shirt et comme l'affiche de votre film et comme le rideau du théâtre.
09:53Mais vous, Valérie Lemercier, vous l'avez raconté, peut-être pour la première fois, assez récemment,
09:59vous aviez une mère qui n'était pas très rassurante,
10:03qui n'était pas l'image d'une figure protectrice et rassurante.
10:07Disons que je pense qu'être mère n'était pas ce qu'elle voulait.
10:12Voilà, je pense qu'elle était plus artiste et que, voilà, elle a fait comme sa mère, comme ses soeurs,
10:21comme, elles étaient huit soeurs, des enfants.
10:26Et probablement qu'elle avait d'autres velléités.
10:32Et donc, voilà, c'était pas une fin en soi que d'avoir des enfants.
10:38Et voilà, mais c'est très bien d'avoir une mère comme ça,
10:43parce que moi, j'ai des amis qui appellent leur mère tous les jours pour savoir ce qu'elles ont mangé.
10:48Moi, je prends l'avion, les gens disent, j'appelle ma mère pour lui dire, je suis bien arrivée.
10:53J'ai dit, mais la mienne, c'est même pas que je suis partie.
10:55Vous, vous avez coupé le cordon.
10:57J'ai jamais, mais j'ai jamais, à 14 ans, j'étais en pension, déjà.
11:01J'ai jamais donné des nouvelles.
11:04J'ai jamais, je suis allée passer deux mois à l'hôpital, elle n'a jamais su.
11:09Je suis allée, ce que je veux dire, c'est que je lui, je lui, je lui parle pas,
11:16je lui parlais pas de, ni ce que je faisais, ni comment j'allais, ni comment, c'était comme ça.
11:22C'était, c'est une question d'habitude.
11:25Nous, on était élevés comme ça, donc on s'est débrouillés, comme on dit.
11:31On ne m'emmenait pas au théâtre, quand j'étais enfant, mais mes parents tenaient une charcuterie
11:38et ma maman charcutière s'intéressait beaucoup aux clients.
11:42Et alors, quand elle a trouvé des clients drôles, elle faisait l'imitation du client.
11:48Elle faisait l'imitation complète, elle faisait une petite mise en scène,
11:50elle ouvrait la porte de la cuisine, elle venait de la charcuterie et disait,
11:54je vais vous imiter un tel ou une telle.
11:56Et c'était très drôle.
11:58Et j'ai pris l'habitude d'imiter des gens.
12:01Et j'ai, j'étais nanti d'un petit talon, ce qui me valait quelques succès assez contrarié à l'école,
12:08où on me planquait la porte.
12:09C'est la voix de Michel Simon.
12:11Ah, c'est mon idole.
12:12Et c'est mon idole depuis que je suis très petite.
12:14Moi, c'était, il y a des gens qui ont des posters de chanteurs,
12:17moi, mon idole, c'est Michel Simon.
12:19Alors, c'était un immense acteur français.
12:21Avec beaucoup de démesures.
12:23Sorti des eaux.
12:25Voilà.
12:25C'était...
12:26Un grand, grand acteur.
12:27Un grand acteur.
12:28Et donc, qui raconte l'imitation.
12:31L'imitation à partir de l'observation.
12:33Oui.
12:34Donc, évidemment, on sent bien cette filiation avec vous.
12:39Et je me suis demandé si vous imitiez des gens qui vous faisaient rire, vous,
12:46ou si vous déceliez en chaque personne que vous observiez quelque chose qui pourrait faire rire.
12:52Mais rire de quelqu'un et faire rire à partir de cette personne, c'est peut-être pas la même chose.
12:57Honnêtement, je ne saurais pas vraiment faire la différence.
13:01Comme il n'y avait pas beaucoup de gens qu'on ne connaissait pas,
13:05quand il y avait des nouvelles personnes qui venaient, on était...
13:09J'ai toujours eu l'attrait des gens nouveaux.
13:11Et quand je suis arrivée en ville...
13:12Eh bien oui, parce que vous connaissiez tout le monde.
13:13Ah oui, on connaissait tout le monde.
13:15Et à 14 ans, quand je suis arrivée en pension, tout à coup, il y avait plein de gens de...
13:23J'étais en pension et j'étais très contente parce qu'il y avait des filles de tous les milieux,
13:27des gens dans la rue de tous les milieux.
13:28Et moi, je n'avais pas l'habitude de ça.
13:31Moi, je venais d'un village, tout le monde se regarde.
13:32Elle a dit ça.
13:33Oui, mais elle a dit que j'avais des poux.
13:35Et il y a une espèce de truc comme ça où c'était un peu violent
13:38d'être sans cesse regardée ou épiée ou...
13:44Enfin, je veux dire, d'être anonyme est un truc que j'adore.
13:49Et d'ailleurs, j'aime...
13:50Moi, ça ne m'arrive pas souvent de partir en vacances,
13:52mais j'aime beaucoup être dans les villes parce que j'adore être dans la foule.
13:57Est-ce que vous avez besoin encore de vous plonger dans une foule ?
14:01Est-ce que vous avez besoin encore de vous plonger dans une ville inconnue,
14:05de voyager, de prendre le train, de prendre l'avion ?
14:08Est-ce qu'aujourd'hui, il n'y a pas une invention merveilleuse
14:11qui a été créée uniquement pour Valérie Lemercier
14:14qui s'appelle Facebook, Instagram, qui s'appelle TikTok ?
14:18Ah, je vis par procuration !
14:20C'est-à-dire que pour vous, mais c'est du pain béni !
14:23Ah, mais c'est génial !
14:23C'est toute l'humanité qui se filme, qui se montre,
14:26qui se raconte, c'est des mimiques à n'en plus finir !
14:30C'est pour vous ?
14:31Oui, c'est pour moi.
14:32J'y passe beaucoup de temps, sans y être.
14:34J'y passe beaucoup de temps, je snecke, comme on dit, je regarde
14:37et je connais la vie, les vacances, les enfants,
14:42les tomates mozza de plein de gens.
14:45Qui, par exemple ?
14:47Je ne sais pas.
14:47Les stars ou pas forcément des stars ?
14:49Tout !
14:50Non, et puis j'ai même des chouchous
14:53qui ont 500 followers,
14:55donc la vie et ce que j'aime.
14:57Et vous aspirez ?
14:59Oui, et puis j'aime bien le rien,
15:02des gens qui disent « bonne journée »
15:04et puis des gens qui le vide.
15:06J'adore ça, raconter qu'on a tondu sa pelouse,
15:12tout ça, qu'on a regonflé son jacuzzi.
15:17Enfin voilà, j'en ai un comme ça dans mon spectacle.
15:20Et j'aime bien aussi cette nouvelle vie
15:24que les gens ont à se faire des lives entre eux.
15:27Et l'idée d'écrire un film sur une actrice
15:32qui a raté sa chirurgie esthétique,
15:35c'est aussi des heures et des heures et des heures
15:37d'Instagram avoir des fronts lisses et blancs
15:41comme des portes de frigidaire ?
15:42Non, ce n'est pas tellement ça.
15:44Non, là non.
15:45C'est ce que ça peut faire.
15:48C'est-à-dire que si on est boulangère,
15:49qu'on se fait rater,
15:50ce n'est pas très grave pour son métier.
15:54Ça peut l'être pour la vie.
15:55Mais là, ça a un gros impact sur le métier
16:02et les rôles qu'on va lui proposer.
16:25Si tu m'aimes, je me fous du monde entier
16:32Elle a rallié tout le monde ce soir-là.
16:38Tout le monde.
16:39C'est Céline Dion qui revient à Paris
16:41après des mois et des mois où elle avait disparu.
16:44Après des mois où on ne savait pas
16:46pourquoi elle avait disparu aussi.
16:48Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous ?
16:50Comme tout le monde, très très émue.
16:52Pour ceux qui ne l'ont pas vu,
16:55vous étiez Aline et vous avez écrit Aline.
16:57Ce merveilleux film qui nous fait pénétrer
17:02quelque chose de très intime chez Céline Dion.
17:05Ce n'était pas tant sa carrière de chanteuse.
17:09Le film tourne beaucoup autour de l'histoire d'amour
17:12avec René Angélie.
17:13Et dans le film, il y a quelque chose de très important.
17:16C'est son corps.
17:17C'est le corps qu'elle a mis à rude épreuve.
17:19C'est ses moments d'épuisement.
17:21C'est ses moments où elle s'effondre.
17:24Je pense que quand on travaille
17:26depuis qu'on a 12 ans, 20 heures par jour,
17:29c'est éprouvant.
17:32Ce que je veux dire, c'est peut-être
17:34qu'elle a beaucoup trop travaillé.
17:39Je pense qu'elle a beaucoup trop travaillé.
17:41Et quand d'un seul coup, c'est un fracas mondial,
17:44un séisme mondial,
17:46elle révèle qu'elle est atteinte
17:48d'un syndrome neurologique.
17:50Ça s'appelle le syndrome de l'homme raide.
17:52Et vous, vous regardez ça ?
17:54Comment ?
17:55Alors moi, je n'ai pas voulu regarder son documentaire
17:57parce que le documentaire là-dessus,
18:00sur sa maladie et tout ça,
18:02je n'avais pas envie de pleurer,
18:07de trouver ça trop triste.
18:08Et puis, je voulais garder peut-être
18:12l'image de Céline qui twiste tous ses...
18:15Mais là, c'était beaucoup plus grave
18:16que tout le reste.
18:17Mais elle a quand même ça qui force l'admiration
18:20chez moi, toujours twistée,
18:23même ses malheurs,
18:24même ses...
18:25Voilà, toujours en faire du spectacle.
18:28Et elle fait le clown beaucoup, beaucoup.
18:30Elle déconne beaucoup.
18:31Et c'est ça que je trouve touchant.
18:33Voilà, donc là, elle était très...
18:38Elle avait baissé la garde dans ce documentaire-là,
18:41je crois, donc je n'ai pas voulu le voir.
18:44Mais ça avait été un grand bonheur
18:46de la voir en haut de la Tour Eiffel.
18:48Enfin, c'était magique pour tout le monde.
18:52Donc, c'était beau.
18:54Allez au Théâtre Marigny
18:56du 15 octobre au 3 janvier,
18:58je vous préviens,
18:59si vous n'êtes pas dans la salle,
19:01vous ne verrez jamais
19:02ce qui se passe à l'intérieur.
19:04Vous ne verrez jamais
19:05Valérie Lemercier
19:07et sa cohorte de personnages
19:08qu'on a tous la sensation de connaître,
19:11même ceux qui ne vous ont pas vus sur scène.
19:13Merci Valérie Lemercier.
19:14Merci, merci Sonia.
19:15Bonne journée.
19:16Merci aux auditeurs.
19:18Ah ben oui, merci aux auditeurs.
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