- il y a 5 mois
Ce documentaire retrace le parcours exceptionnel de Carlo Molinari, de ses débuts en tant que jeune entrepreneur à son rôle de président emblématique du FC Metz. Découvrez comment il a transformé un club modeste en une équipe de première division respectée.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00J'ai une histoire à vous raconter, une histoire qui échappe au temps, un récit rythmé par les
00:10passions, coloré par les succès et aussi parfois teinté de doutes. Son héros principal est de
00:16ceux qui n'oublient rien et qu'on n'oublie pas. Il est Carlo Molinari, certainement l'un des plus
00:22grands présidents que le football français professionnel ait connu. C'est une icône,
00:27non seulement dans la région, mais dans le football français.
00:29Voici l'histoire peu commune de Carlo Molinari.
00:36Tout commence près de Metz, sur un terrain de foot fraîchement tondu, au son des contrôles de balles,
00:51au croisement des générations. J'ai toujours autant de plaisir, je revis quand je vois ça.
01:00Ça va à toi, il travaille bien Alex ? Il travaille à ton goût ? 98% oui. 98% ? Ouais, alors je sais que c'est pas mal.
01:18Alors je sais que c'est pas mal, 98% ? Je pense que... Ouais. Ah bah c'est pas comme toi, t'es à 100% toi.
01:27Content de vous voir les garçons. Ça va ? Ça va Viv ? Ouais. Vincent bonjour.
01:42Bonjour président. Où est l'autre ton compère ? Il est molade ? Bonjour et bienvenue. Merci.
01:49Ce que j'aime bien, c'est quand, sur le plan de l'enthousiasme comme ça, j'aime bien de voir les garçons enthousiastes qui font ça avec...
01:58Ils se retrouvent dans le plaisir, quoi. Ils se retrouvent dans le plaisir du jeu, quoi.
02:04C'est des représentants de la vie. C'est des représentants de la vie, ça. C'est très, très sympa.
02:14C'est dire s'il a l'inconnu des représentants de la vie, Carlo Molinari. Souvenez-vous des Epagnacs, des Zvinca, des Léonards.
02:26En 1967, le FC Metz retrouve la première division. Et se découvre donc un nouveau président.
02:41Un jeune entrepreneur de 34 ans, déjà licencié au club à la fin des années 40.
02:46Monsieur Molinari, c'est donc vous qui allez reprendre le flambeau des mains de Monsieur Maillère.
02:53Pour vous, quel sera l'objectif que vous fixez au FC Metz ?
02:57L'objectif, c'est d'abord, bien sûr, de ne pas descendre. C'est d'abord de ne pas descendre.
03:02On passait malheureusement jusqu'à présent à Metz. Disons que nous avions joué un tantinet.
03:08L'équipe de Metz a joué jusqu'à présent au jeu de l'ascenseur.
03:12Il y a du pain sur la planche pour le président.
03:14N'oublions pas qu'à cette époque, loin des grandes entreprises d'aujourd'hui,
03:18les clubs de football n'étaient que de simples associations, avec des groupes réduits,
03:22peu de structures et avec des moyens limités.
03:25Le club, ça se résumait à ça. Un entraîneur, des fois un adjoint, des fois.
03:35Le staff était composé d'une personne et demie, quoi. Aujourd'hui, le staff, c'est huit personnes.
03:41Donc, voyez un peu la différence, il n'y a pas aucune comparaison.
03:47Pour la gestion administrative, il y avait un secrétaire général et une secrétaire.
03:53Ça se résumait à deux personnes. On était partis vraiment de ce qu'on pourrait appeler…
03:58On était des artisans, quoi. Des artisans du football.
04:05On a essayé d'élargir un petit peu tout ça, de professionnaliser un peu.
04:10Rapidement, on a fait des travaux aux vestiaires, on les a agrandis, embellis.
04:17On a mis… Tout de suite, j'ai embauché un kiné, un médecin à temps plein.
04:24Si vous voulez, pour les joueurs, il y a eu un véritable changement important, quoi.
04:29Il prend les rênes d'un club qui monte, qui se découvre, où il y a mille choses à régler dans une saison.
04:44Et moi, j'ai toujours admiré son courage, son cran.
05:02Il a enroulé la saison-là, je crois, une quinzaine de joueurs.
05:12C'était une découverte.
05:14Moi, quand je vois les photos de la toute première saison qu'on a pris au stade, c'est incroyable.
05:22Il y avait une toute nouvelle équipe avec le statut pro.
05:27Et au fil des saisons, on a su s'installer en première division.
05:36Le premier atout de Carlo Molinari, c'est qu'il a le nez fin pour trouver des vedettes.
05:41René Nestor Combin, par exemple, la star du Milan AC, qu'il fait venir à Metz au début des années 70.
05:47J'étais en vacances à Ajaccio, avec ma famille, avec ma femme et mes enfants.
05:54Et j'avais dit, écoutez, on va faire une chose.
06:01Vous, vous allez vous retourner, vous allez, à l'époque, c'était Ajaccio-Luxembourg.
06:06Vous allez à Luxembourg, mais moi, je ne rentre pas.
06:08Je vais faire Nice, Nice-Milan.
06:10Je suis allé donc chercher Conga.
06:12Il nous avait énormément rendu service parce que c'était un grandissime buteur.
06:18Il était une équipe de France et tout.
06:20Bon, combat, après, il y en a eu d'autres.
06:23Mais c'est vrai que ça a toujours été, comment pourrait-on dire, une démarche plaisante.
06:30Quand Carlo a repris le club et nous a fait une équipe en embauchant des internationaux comme Gérard Hausser,
06:41ça a été fabuleux dans la région.
06:45On a retrouvé non seulement la division 1, comme on appelait, mais également une équipe capable de bien figurer
06:50et très vite d'être dans les cinq premiers du championnat, de jouer la Coupe des Villes de Foire, de recevoir Naples.
06:57Bon, c'était l'enthousiasme.
06:59Déjà la première année qu'il était président, il a fait venir des joueurs expérimentés comme Gilbert Le Genalais,
07:06qui étaient internationaux, Prigent, des joueurs de première division renommés, il a fait venir Bokande.
07:16Vous savez, dans le recrutement, il avait un choix très perspicace et efficace.
07:24Il sentait le foot, il sentait les choses, donc voilà.
07:27Après, tous les coups n'ont pas marché, mais globalement, sur sa période qui a duré quasiment 40 ans,
07:32il a fait quand même des trucs extraordinaires avec des moyens limités.
07:36Et il a fait des coups superbes pour le FCMS.
07:40Pourtant, Michel Platini a quand même réussi à lui échapper.
07:44En 1972, le futur triple ballon d'or est âgé de 17 ans
07:48et il suit un stage de détection avec l'équipe Grenat pendant les vacances de Pâques.
07:53Ça se passe très très bien, voilà, tout se passe très bien.
07:56Le premier jour, on fait des tests médicaux, notamment des tests respiratoires avec le spiromètre.
08:07J'ai eu un manque d'arrivée d'air et je suis tombé dans les pommes.
08:12Et donc, je suis allé faire un électrocardiogramme.
08:15Ils ont trouvé que j'avais un gros cœur.
08:16Et à l'époque, un gros cœur pour eux, qui ne connaissaient rien du tout à la médecine sportive,
08:21ils ont pensé que c'était inapte au sport et au football.
08:25Et quand je ne suis pas allé au FCMS, ils ont voulu que je vienne à Nancy et puis je suis parti à Nancy.
08:28Moi, j'ai été très déçu dans la Nancy, je voulais aller au FCMS.
08:36Au FCMS, j'allais voir tous les matchs, tous les trois jours avec mon papa,
08:40qui fasse du soleil, qui pleuve, qui neige.
08:44Vous imaginez, si on avait eu Michel Platini avec nous,
08:49ça aurait été véritablement, sur le plan de la notoriété, quelque chose de fabuleux.
08:53Ça nous aurait permis d'avoir, je dirais, un ambassadeur de plus.
08:59Et quel ambassadeur ?
09:01Donc, quand j'ai joué avec Nancy contre Metz, j'étais exalté.
09:05J'avais envie de les battre pour montrer qu'ils ont fait un mauvais choix.
09:09Platini met le feu aux poudres en prenant le ballon à deux honds, mais le pétard était mouillé.
09:14Je me suis dit, pétard là, on s'est fait prendre Michel Platini comme des bananes, on peut dire ça comme ça.
09:26Il dit, les deux prochains bons qui sont Baptiston et Zénier, je ne vais pas les rater.
09:33Et je m'en suis occupé personnellement et j'ai fini par faire que Baptiston et Zénier puissent rejoindre le FCMS.
09:41Même sans Platini, l'équipe bâtie par Carlo Molinari enchaîne les succès.
09:48Ce FCMS impressionne ses adversaires.
09:50C'est le temps des artilleurs, de la force offensive, l'époque des luxembourgeois aussi.
09:55Il y avait Rosser, il y avait Aus Knecht, il y avait Nico Braun qui est venu, il y avait Hugo Curioni.
10:04Alors là, à ce moment-là, l'équipe, c'était en 73-74, là l'équipe, elle tournait vraiment super.
10:12Déjà à cette époque, il y avait Fernand Jaitz et Johnny Léonard, des luxembourgeois qui ont joué à Metz, donc Carlo Molinari.
10:23C'était chez nous au Luxembourg déjà un certain personnage.
10:27C'était comme mon père d'une certaine manière.
10:32Je me sentais à l'abri, je me sentais à l'aise.
10:35J'aurais eu des problèmes, c'est le premier à qui je me serais adressé.
10:40Comme mon père.
10:48J'ai remarqué que l'expression revenait souvent chez les joueurs.
10:51En fait, c'est facile à comprendre, parce que le président, c'était un peu le chef de famille, le chef de notre famille.
10:58Il gérait tout, on vivait ensemble.
11:01Molinari, c'était la proximité, la simplicité.
11:04D'ailleurs, ça n'a jamais changé.
11:07Toutes les générations peuvent en témoigner.
11:08Il a toujours souhaité être proche des joueurs, proche des hommes, les accompagner dans leurs espoirs et leurs déceptions.
11:28Être toujours au contact de l'équipe, en permanence, parce qu'il disait toujours que c'est indispensable pour que ça marche bien, être présent en permanence.
11:36Et puis parce que l'aspect sportif doit primer un peu sur le côté honorifique de la fonction.
11:44On se voyait au mois de mai, chaque fin de saison, à partir de 1995, autour justement d'une petite table italienne, ici ou là.
11:53L'entretien concernant mon contrat durait, allez, cinq minutes, dix minutes.
11:58J'avais évidemment pas d'agent.
11:59On traitait en direct.
12:00Et une fois qu'on avait évacué le fait qu'il était d'accord pour que je poursuive, et ben voilà, on passait, on parlait de la pluie et du beau temps, on parlait d'autres choses.
12:08On se tapait dans la main et une fois qu'on avait, juste avant l'entrée, décidé qu'on continuait une année supplémentaire, on parlait même pas d'argent, puisqu'en plus ça n'a jamais été mon moteur.
12:16Et donc ça, je trouve que c'est assez caractéristique et assez significatif de notre relation, parce qu'évidemment, c'est très rare que ça puisse se passer comme ça.
12:25Il était là tout le temps, c'est-à-dire que dès le matin, on le croisait, il était au courant si un des gosses était malade, si on était bien, si on n'était pas bien, pourquoi il savait nous inviter.
12:42Il sentait avec quelques anciens quand il fallait anticiper des périodes un peu difficiles où on organisait des repas, des barbecues, des choses simples.
12:55En fait, on a fait des choses tellement simples qu'ils sont peut-être dépassés dans le football actuel.
13:06On ne va pas parler comme des anciens combattants, mais on aimait se retrouver régulièrement avec plusieurs.
13:14On a essayé de faire un rassemblement des anciens joueurs du club et il m'avait dit, il n'y aura personne.
13:21Et on s'est retrouvé qu'il y avait quasiment 100 anciens joueurs du club.
13:26Et on les a fait entrer un à un dans une salle où il était, il pleurait de revoir, notamment des gens qui avaient son âge, avec qui il avait fait des entraînements,
13:35des gens qu'il n'avait pas vus depuis 30 ou 40 ans.
13:38Donc franchement, ça l'a touché.
13:39Donc on voyait que c'est quelqu'un qui foncièrement aimait ses joueurs.
13:43Tous les matins vers 11h30, je quittais mes bureaux et je venais au stade.
13:51J'aimais bien faire le tour, voir les joueurs, sentir l'ambiance, le climat.
13:57Dès qu'il y avait un petit truc qui ne fonctionnait pas, on réglait ça tout de suite sur le champ.
14:04J'étais immergé dans ce truc-là.
14:11Mais brutalement, tout s'arrête en mai 1978, lorsque les 11 membres du comité directeur votent la confiance au président.
14:18Alors je savais que j'avais une équipe, les garçons, on était sûr, 6 de mon côté.
14:31Mais comment faire pour que les 6 de mon côté, il y en ait un qui passe de l'autre côté ?
14:38Et bien comment faire ?
14:39C'est tout simple.
14:40On prend le plus fragile mentalement et moralement et on lui dit, bah écoute, il était assureur ce brave homme-là.
14:50On lui dit, bah écoute, si tu viens avec nous, tu auras toutes les assurances de la ville de Metz.
15:01Carlo Molinari est donc battu par la tactique adverse.
15:04Il démissionne et cède sa place de président à Aimé Dumartin.
15:10C'était improvisé pour moi parce que j'étais un peu naïf quand même, il faut le reconnaître dans l'affaire.
15:17J'ai pas tout fait, j'ai pas vu le coup arriver assez vite.
15:22Je m'en suis rendu compte un peu trop tard.
15:24J'étais amené à prendre cette décision peut-être un peu plus vite que je ne pensais faire,
15:29puisque je croyais, je pensais pouvoir aller jusqu'au terme de ma 11e année de président.
15:34Disons que les circonstances et les événements m'ont obligé, parce que je me sentais obligé,
15:40enfin je pensais que c'était de la bonne solution que de démissionner.
15:43Je peux pas rester autour, présider une table autour de la table où il y a des gens qui sont des traîtres quelque part.
15:51J'avais 11 ans de présidence, le club se portait bien, l'équipe était en soi, on était à notre place.
16:00Et à ce moment-là, Claude Cuny, qui a toujours été un ami proche, était ulcéré de la manière dont les choses s'étaient passées.
16:13Claude Cuny, l'ami de toujours, mais aussi le meilleur ennemi sur le terrain.
16:19Le fondateur de l'AS Nancy Lorraine saisit l'occasion.
16:22Il appelle son copain Carlo et l'invite à l'Assemblée Générale du club.
16:26J'ai suggéré à mon conseil d'administration de le coopter pour s'occuper de relations extérieures, ce qu'il a accepté.
16:34Et j'avais invité Carlo à venir, je l'ai pas pris en traite, je lui ai dit, viens, on verra, reste pas là-bas.
16:45Et me blacoupeté.
16:51Je rentre le soir vers 23h et j'avais l'impression d'avoir trahi le FC Metz.
16:59D'un autre côté, je trahissais pas, puisqu'on m'avait viré.
17:02Et ma femme me dit, viens, comment ça s'est passé, ton aventure, là ?
17:08J'ai dit, écoute, le sentiment qui se dégage chez moi, j'ai l'impression d'être avec une nouvelle femme, mais j'aime toujours l'ancienne.
17:17Et c'était exactement ce que je ressentais.
17:20Asile de l'opération, je suis allé qu'une fois au comité directeur.
17:25Comme vous le savez, Carlo Molinari restera donc bel et bien messin.
17:35Mais profitons de cette pause dans sa carrière de dirigeant de foot pour évoquer ses origines et ses passions.
17:40Là, on va regagner un petit peu ma ville de naissance, ville rue.
17:52Je suis très attaché à cette ville.
17:55Et en même temps, j'ai pratiquement pas vécu, parce que mes parents sont descendus à Metz à l'âge de...
18:03À l'âge de... Je devais avoir trois mois.
18:05Donc je suis ville rupcien, de trois mois, mais très attaché.
18:10Et en même temps, je suis messin de toujours, quoi.
18:19Charles Pascal Molinari, fils d'immigré italien, est né le 28 février 1933 à Villerue.
18:25Au printemps 1939, celui que l'on appelle déjà Carlo est mis à l'abri de la guerre par sa mère en Italie.
18:36Et c'est lorsqu'il est chez ses grands-parents, au village de Biondrono, que Carlo fait vraiment connaissance avec le football.
18:43Quand on arrive en Italie, forcément, on est immergé dans le football.
18:48C'était, je dirais, il y avait le Vatican et le football.
18:53C'était vraiment une révision, quoi.
18:56Et là, je m'étais pris de sympathie et je dirais même un peu plus d'affection pour le Torino.
19:05Le Torino qui était à ce moment-là le club en vue, le club de la base du peuple turinois.
19:14Le grand Torino, sept fois vainqueur du Calcio.
19:20Et comme il n'y a jamais de hasard, l'équipe évolue avec un maillot-grenade.
19:23Il y a quand même chez Carlo quelque chose de très vital en lui, dans le contact, dans la façon d'être, dans la façon de parler.
19:37Je pense qu'il parle italien.
19:38C'est mafia au bon sens du mot, des Italiens qui se retrouvent, qui s'apprécient, qui ont une passion commune, c'est la famille, qui ont une autre passion commune, c'est le football.
19:49À l'époque, il n'y avait pas grand-chose d'autre.
19:52Ces neuf années passées en Italie l'ont profondément marqué.
19:56Et il n'est pas rare de le retrouver avec ses amis autour d'un bon plat de pâtes.
20:00Robert Pires peut en témoigner.
20:03Mais qu'on se le dise, le cœur de Carlo Molinari appartient bel et bien à la France, qu'il retrouve en 1948.
20:09Si on me demandait de choisir aujourd'hui, le choix, il est vite fait, parce qu'en fait, je n'aurais pas à choisir.
20:19C'est la France, même si mon deuxième pays, forcément, en termes de sentiments, c'est l'Italie.
20:27C'est quelque part aussi du sort italien.
20:30Ça, je ne peux pas réunir mes origines, au contraire.
20:33Je suis très fier parce que mes parents ont été pour moi des exemples à retenir,
20:41des exemples dont je me suis notamment inspiré de mon père sur le plan professionnel
20:46et de ma mère sur le côté sentimental, le côté sensibilité.
20:55Je ne dirais pas que je suis italo-français, je dirais plutôt que je suis franco-italien.
21:00C'est une petite nuance, mais c'est comme ça.
21:03Revenons à Ville-Rue.
21:16Carlo Molinari y a ses contacts, ses habitudes.
21:20C'est son bout d'Italie dans le Pays-Haut, en quelque sorte.
21:27D'ailleurs, la municipalité en a fait son ambassadeur
21:30et un tout nouvel espace sportif portera bientôt son nom.
21:33On fait d'une pierre deux coups, on rend hommage à Carlo
21:40et puis on fait un projet qui est utile au développement du sport sur la ville.
21:46C'est vraiment quelque chose de touchant.
21:49C'est touchant.
21:51C'est vrai que je suis un enfant de Ville-Rue,
21:53mais c'est vrai aussi qu'il me traite de manière un petit peu, je dirais,
22:00presque trop bien, quoi.
22:03presque trop bien.
22:06Oula, ça, c'est un unique de Savard, ça.
22:09Tu sais ce que c'est, ça ?
22:10Ça, c'est un client à moi.
22:13Quand j'étais concessionnaire, c'est Savard, le transporteur.
22:19Savard à Avril.
22:20Mais qu'est-ce qu'il fout là ?
22:21Ah, et puis il a mis un Wilhelm, alors.
22:29Alors ça, c'était un véhicule absolument surprenant.
22:33C'était une suspension extraordinaire par rapport au camion de l'époque.
22:38Tu ne bougeais pas.
22:39Moi, je faisais des essais
22:41et je passais sur des trottoirs de pont
22:44avec un paquet de gitane sur le point de l'autre bord
22:46pour faire voir au client en disant,
22:48regarde, une suspension comme ça, tu n'en trouveras pas.
22:51Bonjour, monsieur Molinari.
22:55Tu es le propriétaire du camion Wilhelm ?
22:57Ça, c'est une valeur exceptionnelle.
23:00C'est incroyable, ça.
23:04Quand je vois ça, c'est le début de ma carrière.
23:09C'est le constructeur qui s'appelait Pierre Wilhelm.
23:17Molinari, l'amoureux des moteurs,
23:19le fils de transporteur,
23:21bercé par le bruit des berliers et des Wilhelm.
23:27C'est extraordinaire.
23:29Ça, c'était le camion de votre père ?
23:31Oui, c'est-à-dire que moi, j'étais devenu concessionnaire
23:33grâce à la relation qu'il y avait
23:35entre mon père et les Wilhelm.
23:38Parce que moi, mon idée, c'était de faire du transport au départ.
23:49Je voulais être comme mon père, je voulais faire du transport.
23:51C'est bien lui.
24:04C'est bien lui, hein.
24:05Inspiré par l'univers de son père,
24:33mais souhaitant créer sa propre entreprise,
24:36Carlo se lance à 22 ans dans l'aventure d'une vie.
24:40Associé à son ami Roger Carpi, il devient concessionnaire.
24:43C'est la naissance de la Sodima.
24:45Je voulais démarrer un peu comme mon père l'avait fait, quoi.
24:50En quelque sorte.
24:52Et lui, forcément, n'était pas spécialement d'accord
24:54parce qu'il disait aux amis,
24:58pas forcément à moi en direct.
25:00Il disait, Carlo, il est fou, il a ce qu'il faut,
25:02il est là pour...
25:04Il devra...
25:05Il a le profil pour reprendre mon affaire.
25:09Les débuts sont un peu difficiles,
25:14mais la Sodima se développe
25:15et devient une entreprise multimarque.
25:18Et lorsqu'en 1995,
25:19Carlo Molinari met un terme à son activité,
25:22c'est Iveco, le constructeur lui-même,
25:24qui rachète la concession.
25:27Il a eu une réussite professionnelle
25:29très, très conséquente,
25:31mais c'est parce qu'il savait s'entourer.
25:35Il savait s'entourer, il déléguait.
25:37Tous les matins, il allait dans les bureaux,
25:41un après l'autre, dire bonjour,
25:43faire un petit mot.
25:44Après, quand il avait fini dans les bureaux,
25:46il allait à l'atelier.
25:47Il faisait la même chose avec les mécanos.
25:50Il connaissait la vie de chaque ouvrier
25:52de son entreprise.
25:55Et tout le monde était à fond derrière lui.
25:59Bref, avec Carlo,
26:01au foot comme dans les affaires,
26:03les paris sont souvent gagnants.
26:04Ça donne de l'humilité, le football,
26:07pour qui veut bien le comprendre.
26:09Et donc, ça sert à un chef d'entreprise
26:10qui doit aussi réfléchir à comment,
26:13effectivement, quand ses troupes
26:14n'ont pas trop le moral,
26:15qu'un marché perdu,
26:17comment reconsidérer les gens
26:19qui travaillent autour de soi.
26:22Les gens autour de lui.
26:23Parlons-en, justement.
26:25Patron dès la vingtaine,
26:26président à la trentaine.
26:28Carlo Molinari s'est marié à 23 ans,
26:31est devenu père de famille à 25 ans,
26:33puis grand-père à 47 ans.
26:35Sa vie familiale,
26:36il l'a toujours entretenue avec passion.
26:39J'ai essayé de me faire un petit camembert
26:41et de le couper en trois.
26:44D'abord, la priorité,
26:46je vais toujours laisser à la famille.
26:50Après, à Paris Gale,
26:51le football et mes affaires.
26:53Une fois rentré,
26:55il n'y avait plus ni de football,
26:56ni d'affaires.
26:57C'était vraiment la famille.
26:59La famille dans tout ce que ça comporte.
27:01Il a toujours...
27:05Je pense qu'il a toujours été présent,
27:08quand même, dans l'ensemble.
27:09Il a essayé, effectivement,
27:10d'être le maximum...
27:12Passé le maximum de temps en famille.
27:14Moi, je l'ai toujours vu comme ça, en tout cas.
27:15Un jour,
27:17à force de bouquiner,
27:18à force de regarder les albums
27:20souvenirs,
27:22je voyais des motos,
27:23des compétitions,
27:24et moi, je comprenais pas,
27:25j'étais petit.
27:25Et puis, lui, il me racontait
27:26toutes ces anecdotes.
27:30Oui, car j'ai oublié de vous dire
27:31qu'avant la gestion
27:32d'un club de foot
27:33et avant les camions,
27:34il y a eu la moto.
27:36Attention,
27:36on parle d'une vraie carrière
27:38de champion.
27:40Carlo Molinari
27:41devient trois fois champion de France
27:43de motocross.
27:43Malgré les apparences,
27:48ce ne sont pas des policiers américains
27:50poursuivant un mauvais garçon
27:51dans les montagnes rocheuses.
27:53Rosaïquement,
27:53nous sommes dans les carrières
27:54des buts de Montreuil
27:55où une quarantaine de champions
27:57tentent de remporter
27:58la première manche
27:58sur dix tours
27:59du prix du président de la République.
28:01Passage de Molinari,
28:02numéro 3,
28:03dont la hardiesse
28:04le dispute à la virtuosité.
28:05Le courage et la volonté
28:06des champions de motocross
28:07sont magnifiques.
28:12En sport moto,
28:13il vaut mieux
28:14des fois pas être
28:16trop casse-cou.
28:17Il y a des limites.
28:18Je crois que c'est
28:19sur la durée,
28:20sur la finesse,
28:22sur l'anticipation,
28:24le coup.
28:25Enfin,
28:27à part ça,
28:27il faut aller vite quand même.
28:28Parce que si vous n'allez pas
28:29plus vite que les autres,
28:30vous n'êtes pas champion.
28:33Au cours des trois manches,
28:35après une lutte acharnée
28:36avec Lusserand,
28:36Chuchard et Bouillon,
28:38Molinari remporte
28:39le trophée Envier.
28:43Les titres de champion de France,
28:52ça marque quand même
28:54des esprits.
28:55Mais ce que je veux dire
28:56le plus important de tout ça,
28:58c'est d'avoir procuré
28:59du plaisir à mon père.
29:00Et aussi d'avoir transmis
29:05cette passion à son fils.
29:06Pour la petite histoire,
29:08Pascal a vite enfourché
29:09une bécane,
29:10puis il a enchaîné
29:11les bons résultats.
29:12Et évidemment,
29:13le père n'était jamais
29:14très loin.
29:14Le jour des championnats de France
29:24à Châlons,
29:26je me retrouve mal placé
29:28dans la meute
29:28et puis la course termine.
29:31Je finis, je ne sais plus,
29:32peut-être 15e sur 30
29:35ou 20e sur 30.
29:38Là, ça ne lui plaît pas du tout.
29:39Et là, j'arrive quasiment
29:42à la fin de mon tour
29:43et je vois une clé à molette
29:46passer devant mon nez.
29:49À 200 à l'heure,
29:50plus vite que moi.
29:51Là, je me suis dit
29:52mais qui c'est qui peut faire ça ?
29:53Et là, du coup,
29:54à l'oeil, je l'ai bu.
29:55C'était lui.
29:56Bon, et il avait
29:57ces réactions-là
29:57de temps en temps.
29:58Même dans des championnats,
30:00je l'ai déjà vu
30:01me faire la gueule
30:03à ce sujet-là
30:03parce qu'il ne supportait pas
30:04que je finisse
30:05en dessous de la place
30:07de 3e, on va dire.
30:09Si j'étais 4e,
30:10ça commençait déjà
30:10à l'énerver.
30:11Donc, je faisais tout
30:12pour arriver
30:13dans les premiers.
30:19Alors, mauvais perdant
30:20ou mentalité de gagnant ?
30:22Moi, j'opte plutôt
30:23pour la 2e proposition.
30:25Notre homme
30:26ne lâche jamais rien.
30:28Et il relève
30:29tous les défis.
30:29Nous sommes en 1983.
30:38Carlo Molinari
30:39est redevenu
30:40directeur sportif
30:41au FC Metz.
30:42Le club traverse
30:43une importante crise financière
30:44et se trouve
30:45au bord du précipice.
30:47Et qui,
30:47Jean-Marie Roche,
30:48le maire de Metz,
30:49rappelle-t-il aux manettes
30:50pour redresser la situation ?
30:52Vous l'avez déjà deviné.
30:53Rapidement,
30:54la confiance revient.
30:56Je m'en souviens parfaitement.
30:57car en mai 1984,
30:59on gagnait notre première
31:00Coupe de France.
31:02104e minute.
31:03Bernad s'échappe
31:04sur la droite,
31:05lance Curbos,
31:07tir du capitaine
31:07Messin.
31:08Le ballon revient
31:09dans les pieds
31:09d'Hinsberger,
31:10le héros des demi-finales
31:11qui marque
31:12que du bout du pied.
31:13Ah, c'est libre.
31:15Voici le ralenti,
31:16Curbos,
31:17le tir de Bernad
31:18et Hinsberger.
31:26Super.
31:275 minutes plus tard,
31:29un très beau mouvement,
31:30Hinsberger et Curbos
31:31se conclut par un tir
31:32du Yougoslave
31:33et c'est 2-0.
31:34Anthony marque un but,
31:36il joue bien.
31:37La première fois de son histoire,
31:39le FMS remporte
31:40de la Coupe de France.
31:54Imaginez-vous,
31:55les clubs étaient presque
31:56devant la faillite,
31:58financièrement,
31:59et tout un coup,
32:01des mois plus tard,
32:01on gagnait
32:02la Coupe de France.
32:03Cette ambiance
32:04qu'on avait,
32:04cette équipe.
32:05Oh, le rêve.
32:07Le rêve.
32:09C'est pour ça que
32:09je n'ai jamais
32:10commencé à jouer au tennis.
32:11Ce n'est pas mon truc.
32:12J'aime bien jouer au tennis.
32:13Ce n'est pas ça.
32:14J'adore partager.
32:15J'adore.
32:16Et l'équipe, voilà.
32:17Et à Metz,
32:18on partageait tout.
32:19On était des vrais,
32:20on peut dire vraiment
32:21des amis.
32:22On ne peut pas dire autrement.
32:23Un président, voilà,
32:24qui était là,
32:26toujours là autour de nous,
32:28il est né
32:28pour les joueurs.
32:31Il sait comment
32:31prendre les joueurs.
32:32Il sait comment
32:33discuter avec eux.
32:34Il sait que chacun
32:35est un peu différent.
32:37Il s'est adapté
32:37et il y a n'importe
32:38que situation.
32:40Ça, c'est l'intelligence.
32:41Tout simplement.
32:44Carlo, tenez là,
32:45une seconde,
32:45cette coupe.
32:45Qu'est-ce que ça fait ?
32:47Ça fait bien sûr plaisir.
32:51Ça, c'est une évidence.
32:52Mais en face,
32:53ça représente tellement
32:53que je ne peux pas
32:55les exprimer ici.
32:57C'est trop long,
32:58trop profond.
32:59Trop violent.
33:00Trop violent.
33:02Alors que la nuit s'avance,
33:03les Champs-Elysées
33:04deviennent un prolongement
33:05du boulevard Saint-Saint-Faurier.
33:09Les Messins
33:09et les Mosellans
33:10à cette époque-là
33:11ont vraiment vécu
33:12cette victoire
33:13comme quelque chose
33:14d'exceptionnel.
33:16La ville nous était
33:17complètement dédiée
33:18et il y avait
33:19une ambiance extraordinaire.
33:21Et en début d'après-midi,
33:22devant la guerre,
33:23ils étaient plusieurs centaines
33:24à ovationner les joueurs
33:25et les dirigeants du FC Metz.
33:28La coupe,
33:29cette fameuse coupe
33:29qui est maintenant
33:30celle de tous les Lorrains,
33:32eh bien tout le monde
33:32essayait de se l'arracher
33:34ou au moins de la toucher
33:35une fois.
33:38L'accueil est à la mesure
33:39de l'exploit d'hier soir.
33:41Les joueurs sont portés
33:42en triomphe jusqu'au restaurant
33:43où les attend
33:44une choucroute
33:45et un superbe gâteau.
33:50Face à ce gâteau,
33:51un curbo sans pitié
33:52comme devant Hétory,
33:53le pauvre gardien monégasque.
33:56Et enfin,
33:57après le repas,
33:58nouveau bain de foule
33:59accompagné de félicitations,
34:01d'embrassades,
34:02d'autographes.
34:03C'est ça la gloire.
34:04C'est la joie, ça, c'est...
34:11Là, on a au moins...
34:14On a au moins rendu
34:16le peuple messin.
34:17Moselland et Lorrain,
34:22ils ont rendu fous de joie, quoi.
34:24Ça a été extraordinaire.
34:26C'était extraordinaire.
34:29Quand on voit ça,
34:30on regrette pas
34:32d'avoir consacré
34:35autant de temps
34:36au football, quoi.
34:36L'histoire des coupes,
34:41en général,
34:41parce qu'il y a la coupe de la Ligue
34:42qui est un peu
34:42dans la même logique aussi,
34:44c'est quelque chose
34:44qui va bien
34:45avec son état d'esprit,
34:46de relever des défis,
34:47d'être capable
34:48de faire face
34:49à des situations
34:50compliquées
34:51ou de vrais objectifs.
34:55Un homme de défi
34:56qui n'hésite pas
34:57avant la finale
34:58face à Monaco
34:59à aller glisser
35:00quelques mots
35:00au président Mitterrand.
35:01Rappelons que cette année-là,
35:04la Lorraine traverse
35:05une crise sidérurgique
35:06sans précédent.
35:07J'ai dit au président,
35:08regardez un petit peu
35:10le nombre de Lorrains
35:12qui sont là aujourd'hui.
35:13Il y en a 10 000.
35:15Ils sont très inquiets
35:17sur l'avenir de leur job.
35:19J'aimerais bien,
35:20dans la mesure du possible,
35:22que vous gardiez un petit peu
35:23ce que la France peut faire
35:24pour la sidérurgie.
35:25Les drapeaux,
35:26mais aussi les banderoles
35:28brandies
35:28comme un défi
35:29par les sidérurgistes Lorrains
35:30fleurissent dans les tribunes.
35:32Au fur et à mesure
35:33que se remplit le stade,
35:35on sent que ce public
35:36est entièrement acquis
35:37à la cause de Messe,
35:38présumé le plus faible
35:39des deux équipes.
35:41Et forcément,
35:42en bon politique
35:42qu'il était,
35:43il m'a dit
35:43oui, bien sûr,
35:44je vais regarder.
35:46Bon, est-ce qu'il a pu regarder,
35:48est-ce qu'il a pu faire
35:48quelque chose ?
35:49Je ne pense pas.
35:51Mais Carlo Molinari
35:53n'en reste pas là.
35:54Il a une idée
35:55sous son chapeau.
35:56Elle est simple
35:56et symbolique.
35:58Exercer une véritable
35:59solidarité Lorraine,
36:00en liant étroitement
36:02le monde de la sidérurgie
36:03au FC Metz.
36:04Et pour cela,
36:05il contacte
36:06l'industriel Solac.
36:08À cette époque-là,
36:09les spectateurs
36:10au Stade Saint-Symphorien
36:11venaient pour beaucoup
36:13du bassin sidérurgique
36:14et du bassin houillé.
36:16Donc,
36:17c'était un public ouvrier,
36:21un public d'usines,
36:24un public de mines.
36:25et finalement,
36:27cette idée a été bien prise
36:28par la direction générale
36:29de l'époque,
36:30Claude Hinck,
36:31a décidé d'accepter
36:32la proposition
36:33de Carlo Molinari
36:34et de sponsoriser
36:35le FC Metz.
36:37J'avais 34 ans
36:39et j'étais déjà
36:41dans l'équipe de direction
36:42de Solac.
36:44Je jouais encore au football,
36:46tout le monde le savait
36:46dans cette équipe
36:47de direction.
36:48On m'a dit que naturellement,
36:49c'était moi
36:49qui devais prendre en charge
36:50la relation avec le club.
36:51C'est de là qu'existe
36:53ma relation
36:54avec Carlo Molinari.
36:57Le mariage Metz-Solac
36:59a quand même duré
37:00plus longtemps
37:01que certains mariages
37:02civils aujourd'hui.
37:04Il a duré 24 ans.
37:0624 ans de Solac
37:08sur le maillot,
37:08c'est quand même
37:09quelque chose.
37:10On n'est pas près
37:10d'oublier.
37:14L'une des premières fois
37:15que la Solac
37:15apparaît sur le maillot,
37:17c'est face à Barcelone
37:18en 16e de finale
37:19de la Coupe
37:20des vainqueurs de coupe.
37:20Et on le sait tous,
37:22l'équipe perd 4 à 2
37:24au match allé.
37:25Bon, je vous l'avoue,
37:26on n'était pas beaucoup
37:27à croire à une qualification
37:28avant le match retour.
37:33Ça, c'est le jour
37:34qui date de l'époque
37:35du match allé,
37:37entre le match allé
37:38et le match retour.
37:40On était,
37:41je ne vais pas dire ridicule
37:42au match allé,
37:42ça, je ne veux pas dire
37:43trop respectueux.
37:46Et on s'est dit,
37:48bon Dieu,
37:48on va lui montrer
37:49ce qu'on veut.
37:50on ne pensait jamais
37:51comment s'est qualifié.
37:52On n'est pas mal,
37:52mais alors,
37:52jamais de la vie.
37:53Mais au moins,
37:54on peut être un petit match
37:55nul,
37:56et pourquoi pas,
37:56pour lui montrer
37:57qu'on est quand même
37:58des bons footballeurs.
37:59Voilà,
38:00c'est comme ça
38:00qu'on est partis là-bas.
38:02Et c'est vrai que
38:02Carlo était hyper confiant.
38:05Ça, c'est vrai,
38:05ça, j'ai confiance.
38:06Je dis aux garçons,
38:09on est aussi bons qu'eux,
38:10sinon meilleurs.
38:12C'est pas possible,
38:13pas possible.
38:14Je vous garantis
38:15qu'on va aller à Barcelone
38:17et on va gagner.
38:18Je n'ai pas dit
38:19qu'on allait se qualifier.
38:21Je dis,
38:21cette équipe-là,
38:22on va la battre.
38:23On va la battre
38:24parce qu'on est plus fort qu'eux.
38:26La suite,
38:29tout le monde la connaît.
38:30Tony marque trois buts
38:31ce soir-là
38:32et la prédiction du président
38:33se réalise.
38:34On bat le grand Barça
38:354 à 1.
38:37Le bonheur,
38:37tout simplement.
38:43Marcel Lusson
38:44et Carmelo Méchiche
38:45et Jean-Philippe Roor,
38:47etc.
38:48Mais voilà,
38:49ça, c'est des souvenirs
38:50inoubliables.
38:52Une équipe de potes
38:54qui a fait
38:56un exploit inoubliable
38:58qui n'a encore jamais existé,
38:59ni avant, ni après.
39:00Je me répète.
39:02Exploits génial.
39:03C'est plus personne
39:03qui nous prendra ça.
39:06Ça y est,
39:06c'est...
39:07On l'a.
39:08Basta.
39:15Qu'est-ce que ça change
39:16pour le F.C.B.S.?
39:17Je pense que la réponse,
39:21elle va de soi,
39:22ça change tout.
39:23Dans la mesure où
39:24tout le monde
39:25nous considérait
39:26comme perdants partants,
39:28éliminés,
39:29j'ai même vu
39:30dans certaines
39:31presses françaises
39:32annoncer le match
39:34allé perdu 4 à 1,
39:36alors qu'a priori,
39:37c'était quand même
39:374 à 2.
39:39Sinon,
39:39nous ne serions pas
39:40qualifiés ce soir.
39:42Eh bien,
39:42ce que ça signifie,
39:44ça signifie qu'en football,
39:45il n'y a jamais rien de vrai.
39:47Ce qui signifie surtout,
39:48c'est qu'au match allé,
39:49nous avions commis
39:50des erreurs individuelles
39:51trop grossières
39:51pour être vraies.
39:53Et puis,
39:54peut-être que le fait
39:55d'avoir,
39:56disons,
39:57montré ce visage-là
39:58à Barcelone,
39:59ça leur a fait croire
39:59que nous étions une équipe
40:00de bas niveau.
40:02Aujourd'hui,
40:03peut-être qu'ils ont changé d'avis.
40:07Ah,
40:08les années 80,
40:09la victoire en Coupe de la Ligue
40:10en 86 face à Cannes,
40:12les super buts de Bocandé,
40:13et puis,
40:14cette deuxième Coupe de France
40:15en 1988.
40:20Bienvenue au Parc des Princes
40:22pour la 71e finale
40:24de la Coupe de France.
40:26Monsieur François Bitterrand
40:27qui est en grande discussion
40:29avec monsieur Carlo Molinari,
40:31le président du football club de Metz,
40:34pour le dernier.
40:35On a battu Sochaux au tir au but.
40:36C'est même moi
40:37qui marque le deuxième.
40:38Et il arrête !
40:40Et Metz gagne la Coupe de France !
40:41Et la Coupe de France
40:44qui part en Lorraine
40:45car Michel Etor
40:47a arrêté
40:47le dernier pénal.
40:49Ah, c'est sympa.
40:50Franchement,
40:52je souhaite à tous les footballeurs
40:53de gagner la Coupe de France
40:54parce que c'est un truc
40:56c'est un truc de dingue.
41:01Marcel Nusson,
41:01le coach
41:02et le 13.
41:02Le président Carlo Molinari,
41:05l'un des super présidents
41:06de la première division.
41:09Parce que là aussi,
41:10c'est comme les joueurs,
41:11il y a les bons
41:11et les mauvais.
41:12Et celui-là,
41:13croyez-moi,
41:13c'est 88 ça.
41:17Je suis vraiment très attaché
41:18à la Coupe de France.
41:19J'aurais voulu de mon règne,
41:21même si ce n'est pas
41:21sous ma présidence,
41:23je souhaite qu'on arrive encore
41:25à gagner cette troisième
41:26Coupe de France
41:27qui serait vraiment
41:28la bienvenue
41:28parce que ça,
41:30c'est quelque chose
41:31qu'il faut connaître.
41:33La victoire en Coupe de France,
41:35quelque chose
41:35qu'il faut connaître
41:36sur le plan émotionnel,
41:38il n'y a pas plus fort.
41:39En 1996,
41:44lors de la victoire
41:44en Coupe de la Ligue,
41:45Carlo Molinari
41:46et le Parc des Princes
41:47assistent à l'émergence
41:48du phénomène Robert Pires.
41:50Sous-titrage Société Radio-Canada
41:55Sous-titrage Société Radio-Canada
42:25a pris une partie du club
42:26qu'il a monté à sa manière
42:28et puis c'est lui
42:30qui a créé l'équipe
42:31qui a quand même failli
42:32être championne de France
42:34en 98.
42:36Donc ça veut dire
42:36le travail et l'abnégation
42:37qu'il a mis,
42:39toute son énergie,
42:40son argent
42:40pour ce club.
42:42Cette équipe de 97-98
42:46débute en pagaille,
42:48une confiance énorme,
42:50du plaisir tout simplement.
42:52Toujours présent
42:52sur le banc de touche,
42:54proche de son coach,
42:55Carlo, lui aussi,
42:56s'est régalé.
42:58Carlo est un amoureux
43:00du football
43:01et il aime passionnément
43:03son club.
43:03Donc il était tout le temps là.
43:05Et en fait,
43:05quand ça n'allait pas,
43:06il venait nous parler,
43:07nous encourager.
43:08parfois il râlait
43:10sur l'arbitre.
43:12On l'entendait
43:12parce qu'on reconnaissait
43:14sa voix.
43:15Donc on savait
43:16qu'il était là
43:17tout le temps.
43:18Mais toujours en retrait.
43:19Et ça, c'était
43:20important pour lui
43:22mais aussi pour Joël.
43:30Oh putain,
43:31on ne sait pas.
43:38dans le vestiaire,
43:40il lui arrivait de venir
43:41après l'entraînement
43:42ou avant l'entraînement
43:43et puis lorsqu'il y avait
43:45des casiers
43:46qui étaient mal rangés,
43:46de tout mettre
43:47dans une poubelle
43:47de manière à ce que
43:49le joueur comprenne
43:50qu'effectivement,
43:51ce n'était pas bordel
43:52dans le vestiaire.
43:53Donc ça lui arrivait
43:54de temps en temps venir
43:55et c'était bien compris
43:56d'une certaine manière.
43:58Et donc,
43:59on s'est servi de ça
44:00pour faire l'éducation
44:01des jeunes
44:01au centre de formation
44:02après
44:02et ça a bien évolué
44:04de cette manière-là.
44:05quand il fallait manier
44:08le bâton
44:08ou la carotte,
44:10il avait toujours
44:11la bonne intervention,
44:13le bon timing.
44:14Pas de grand discours,
44:16même quand il intervenait
44:17je vous dis
44:18avant les matchs
44:18ou après les matchs,
44:19c'était toujours
44:20quelque chose
44:20de percutant,
44:21même pas forcément
44:23de très préparé
44:24mais en tout cas,
44:24il faisait parler le cœur
44:25et ça aussi,
44:26c'est quelque chose
44:26qui manque peut-être
44:27aujourd'hui
44:28à la plupart des dirigeants
44:30dans le sport
44:31et dans le foot.
44:35C'est quelqu'un
44:37qui n'a jamais
44:38triché
44:39avec cette volonté
44:41d'avoir
44:42non seulement un club
44:43mais un club sympathique,
44:44un club où on vit bien,
44:45un club
44:45et il n'a jamais
44:47transigé avec ça
44:48pour obtenir
44:48des résultats.
44:49On pourrait très bien
44:50tout d'un coup
44:50changer l'organisation,
44:51changer les choses.
44:53Pour lui,
44:53un club de foot,
44:54c'est un club
44:54où on se sent bien,
44:55où il y a un esprit familial
44:56et où on avance
44:57de façon cohérente.
44:58Carlo a joué le jeu
45:04parce qu'à chaque fois
45:06qu'on gagnait
45:06et justement
45:07pour nous motiver,
45:09il disait
45:09bon allez,
45:10double prime.
45:12Et il a créé quelque chose
45:13parce qu'en fait,
45:14lui se prenait au jeu
45:15et il a senti aussi
45:17qu'on pouvait,
45:19pourquoi pas,
45:19ou qu'on était potentiellement
45:21une équipe
45:23qui pouvait être,
45:25qui pouvait gagner
45:26le championnat de France.
45:27Malheureusement,
45:30c'est certainement
45:31un de mes plus grands regrets
45:32dans ma carrière
45:33de ne pas avoir été
45:34champion de France
45:34avec le FC Metz.
45:47Metz perd le titre
45:48pour 5 buts
45:49face à Lens.
45:50Qu'importe,
45:51après la victoire
45:51face à Lyon,
45:52la fête était belle
45:53dans les rues de la ville.
45:57C'est moi qui conduis
46:05le caméra.
46:07Je pense que
46:08à ces moments-là,
46:11il valait mieux
46:12que ce soit probablement,
46:13je préférais que ce soit moi
46:14parce que
46:16il fallait passer
46:18à travers toute la foule.
46:20Il fallait passer.
46:21mais enfin,
46:24c'est un souvenir merveilleux,
46:26c'est un souvenir qui,
46:28c'est une date pour le club
46:31qui aura marqué à jamais.
46:33C'est exceptionnel.
46:34Voilà.
46:36Je crains de ne pas pouvoir
46:37revoir ça dans le futur
46:39parce que
46:40une place de premier ex-aequo,
46:42on peut dire vice-champion,
46:47c'est sûr,
46:47mais malheureusement,
46:48on ne retient souvent
46:49que le champion.
46:51Vice-champion
46:51à égalité de points,
46:545 buts de différence,
46:57là,
46:58ça revivre
47:00les regrets.
47:01C'est vraiment dommage
47:04et en même temps,
47:05c'est fabuleux.
47:07Président,
47:08tout d'abord,
47:08j'espère que
47:09vous allez bien
47:10par le biais
47:11de cette vidéo.
47:13Je pense que
47:13vous le savez déjà,
47:15mais encore une fois,
47:16je voulais vous remercier
47:18par rapport à tout
47:19ce que vous m'avez apporté,
47:21les émotions,
47:23la confiance
47:24que vous m'avez apporté
47:26pendant ces six années,
47:28Messines.
47:28Sachez que je me suis régalé.
47:30Je pense que
47:31le petit regret
47:32que l'on a,
47:33c'est de ne pas avoir été
47:34champion de France 98,
47:35mais en tout cas,
47:36j'ai découvert
47:36un club fabuleux,
47:39une nouvelle famille
47:40et bien sûr,
47:41l'un des plus grands présidents.
47:43M. Carlo Molleri.
47:45Je vous embrasse
47:45et je vous dis à bientôt.
47:46Ciao.
47:46Lui, il avait les larmes
47:52et il va me les donner
47:54à moi aussi,
47:55il va me les déclencher
47:57à moi aussi.
47:59Super, Robert.
48:00C'est vrai que je disais toujours
48:02que c'est le gendre
48:06ou le fils
48:07que je souhaitais
48:08à tout le monde.
48:10Je veux dire,
48:11c'est à la fois trop fort,
48:17trop sympa,
48:18trop d'émotion dans cette affaire.
48:22Voilà.
48:22Merci, Robert.
48:25Merci.
48:29Comment oublier ses visages,
48:31tous ses exploits ?
48:33On peut en mesurer
48:34la portée aujourd'hui,
48:35car les années 2000
48:36ont été moins flamboyantes.
48:38En 2002,
48:39le club est descendu
48:40en Ligue 2
48:40pour la première fois
48:41en 35 ans.
48:44Quant à Carlo Molinari,
48:45il a passé la main
48:46au président serein
48:47en 2009,
48:48mais dans les faits,
48:49il est toujours présent,
48:50quotidiennement,
48:52comme il l'a toujours été
48:52au fond.
48:53Je pense que c'est une chance
48:55pour le FC Metz
48:56et pour moi,
48:58sous le plan Moral,
49:00parce que je sais
49:01que le club,
49:02maintenant,
49:03est en bonne main.
49:05Je continue
49:05à le questionner
49:07sur des décisions importantes
49:09ou sur sa perception
49:11du match
49:12ou de la situation
49:14du club,
49:17mais voilà,
49:18c'est toujours très précieux.
49:19Je suis très, très fier
49:21de l'avoir connu
49:23et de le connaître
49:24encore aujourd'hui.
49:26Je ne l'ai pas trompé,
49:26je ne l'ai jamais trompé,
49:27il ne m'a jamais trompé non plus.
49:29Le FC Metz,
49:30c'est Molinari.
49:31Voilà,
49:31c'est ce qu'on me dit
49:32à l'autre bout de la France.
49:33Si je vais à Bordeaux,
49:34si je vais à Nice,
49:35si je vais n'importe où,
49:36en France,
49:37parle du FC Metz,
49:38les gens me parlent de Molinari.
49:39Comment ne pas améliorer Carlo ?
49:42Donc,
49:42il me le rendait bien,
49:44je lui rendais bien,
49:45c'était une amitié sincère.
49:47C'est l'homme
49:47le plus important de ma vie,
49:48à part mon père peut-être,
49:51mais M. Molinari,
49:52il m'a pris à 24 ans
49:54et il m'a mené jusqu'à la retraite.
49:58Je ne peux pas oublier
49:59des choses comme ça.
50:01Quelque part,
50:02je suis content
50:02d'avoir eu la vie
50:07que j'ai eue
50:09parce qu'en fait,
50:10j'ai fait,
50:12j'ai rempli,
50:13que ce soit dans le domaine familial
50:15ou dans les affaires.
50:20J'ai eu la chance
50:21de faire les choses
50:23avec passion.
50:31Il y aurait tant d'autres choses
50:32à dire,
50:33tant d'anecdotes
50:34à raconter aux plus jeunes.
50:36Il faut dire
50:36que Carlo Molinari
50:37a traversé 5 décennies
50:38en tant que président du FC Metz.
50:41Il a oeuvré à la Ligue,
50:42à la Fédération française.
50:44Alors oui,
50:45le football s'est modernisé,
50:47chaque jour un peu plus
50:48tourné vers le business.
50:50Lui est resté le même
50:51et je vous l'avoue,
50:53il y a un peu de nostalgie.
50:55Nous avons tous un peu vieilli
50:56mais cette histoire,
50:58elle,
50:58n'a pas pris une ride.
51:01Désormais,
51:02c'est à vous de la raconter.
51:03C'est à nous de la raconter.
51:05Nous,
51:06la famille Grenard.
51:07Sous-titrage Société Radio-Canada
51:12Sous-titrage Société Radio-Canada
51:42Sous-titrage Société Radio-Canada
52:12Sous-titrage Société Radio-Canada
52:13Sous-titrage Société Radio-Canada
52:14Sous-titrage Société Radio-Canada
52:15...
52:16...
52:17...
52:18...
Commentaires