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  • il y a 1 an
Louis Boyard, député de La France Insoumise était sur le plateau de BFMTV afin de réagir aux différents sujets de l'actualité. Il est notamment revenu sur le mouvement "Bloquons tout"

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Transcription
00:00Un climat insurrectionnel, ce qui joue l'agitation.
00:04Bonsoir Louis Boyard, député de la France Insoumise du Val-de-Marne.
00:07Bonsoir Charles Consigny.
00:08Bonsoir.
00:09Alors est-ce qu'effectivement LFI c'est l'artisan du chaos,
00:12cette extrême gauche aujourd'hui qui agite et qui secoue le pays ?
00:15En tout cas, oui, il n'y a pas besoin de faire partie de la DCRI
00:21pour se rendre compte que la France Insoumise a largement soufflé sur les braises de ce mouvement
00:26et a largement cherché à en faire effectivement un mouvement d'une certaine façon violent.
00:33Même si Jean-Luc Mélenchon a eu des paroles d'apaisement, j'ai bien vu,
00:37lors de son dernier JT, sur tout ce qui était violent, etc.
00:42On sent une tentation quand même forte à l'extrême gauche en général
00:47et donc notamment à la France Insoumise, en gros d'une espèce de prise de pouvoir.
00:54On ne sait trop comment, on ne sait trop…
00:56Par les jours ?
00:57Parfois ce n'est pas clair.
00:59Parfois ce n'est pas clair dans les messages des uns et des autres.
01:02Moi ce que je dénonce surtout, c'est d'une part la récupération de ce mouvement
01:06puisque au départ ce Bloquons-Tout était un mouvement, comme ça a été largement dit,
01:11plutôt anti-fiscal, plutôt dirigé, plutôt la ligne Nicolas qui paye, etc.
01:17Et ça a été récupéré comme tous les mouvements sociaux
01:20et à mon avis à leur grand détriment par l'extrême gauche.
01:23Et deuxièmement, ce que je déplore, fortement, c'est d'une façon générale en France
01:28une certaine mensuétude à l'égard des troupes violentes dans les rues.
01:33C'est-à-dire que, en somme toute, c'est considéré comme légitime.
01:39Moi je ne pense pas.
01:39Je pense que ça emmerde le monde
01:41et je suis pour une très grande fermeté sur ces sujets.
01:45Ça a été dit. Nous, on a toujours dit, nous ne sommes pas pour des actions violentes.
01:51Nous, nous ne pensons pas que c'est comme ça qu'on peut réussir à faire gagner une mobilisation sociale.
01:55Pour le coup, et je pense que vous ne serez pas en désaccord avec moi,
01:58quand on dit aux Françaises et aux Français, si vous voulez vous faire entendre, vous pouvez faire des pétitions,
02:02mais qu'on balaye d'un revers de la main la pétition sur la loi du plomb, quoi qu'on pense de la loi du plomb.
02:06Quand on dit aux Françaises et aux Français, alors dans ce cas vous n'avez qu'à manifester,
02:09qu'ils ont manifesté pendant la réforme des retraites et qu'ils se sont pris un 49-3.
02:11Quand on dit aux Françaises et aux Français, ce n'est pas les manifestations qui font la démocratie dans le pays,
02:15ce sont les élections.
02:16Et que les macronistes arrivent troisième aux élections législatives et qu'ils restent au pouvoir.
02:20Tout ça, ça contribue à avoir un sentiment dans le pays de gens qui se disent
02:24« la démocratie nous a été volée ».
02:26Et quelles que soient les convictions politiques, il y a de nombreuses Françaises et de nombreux Français
02:30qui sont d'accord pour dire que la démocratie leur a été volée.
02:33Vous demandez quelle est, nous, la méthode que nous voulons utiliser pour prendre le pouvoir.
02:36Nous appelons à la démission ou à la destitution du président de la République.
02:39Et nous appelons à une nouvelle élection présidentielle, pourquoi ?
02:41Parce que c'est un moment qui est fondateur politiquement pour le pays.
02:44Et parce que c'est ça qui nous permettra de sortir de l'impasse et j'irai même plus loin.
02:47Nous, nous sommes favorables à avoir la convocation d'une assemblée constituante.
02:50C'est-à-dire une assemblée dans laquelle vous n'avez pas de gens qui ont été élus dans la Ve République.
02:55Et ces citoyens, accompagnés de constitutionnalistes, d'experts,
02:58travailleraient à une nouvelle constitution qui serait soumise à référendum.
03:01Et où vous votez pour, où vous votez contre.
03:02J'aimerais ajouter une chose.
03:03Dans ce mouvement-là, on a vu, pour le coup, parce que je connais beaucoup votre attrait pour cette mouvance Nicolas qui paye.
03:11Moi, j'ai vu dans ce mouvement une personne dont on parle assez peu, c'est Léa.
03:14Et Léa, c'est la fille de Nicolas.
03:17Léa, c'est cette fille qui est apprentie et qui a 80% du SMIC et qui vit avec 1000 euros.
03:22Qui a été recalée de parcours sup.
03:24Qui voit qu'on ne devait pas dépasser les 1,5 degrés de réchauffement climatique avant 2050.
03:28et qu'on les a déjà dépassés en 2025.
03:30Et qui voit que la démocratie lui a été volée.
03:33Il y a une jeunesse qui a des aspirations.
03:34Léa était dans la rue aujourd'hui ?
03:35Oui, c'est très jeune comme mouvement.
03:37Je veux qu'on l'entende.
03:40Il y a une parole des jeunes qui doit être écoutée.
03:43Et je suis très content qu'ils aient pris part à ce mouvement.
03:44Alors, je vous rejoins, puisque j'ai entendu sur cette antenne
03:49une lycéenne qui bloquait tout à l'heure son lycée, qui a expliqué pourquoi.
03:54Alors, pourquoi bloquait-elle son lycée ?
03:56Parce qu'on avait diminué la subvention à ses cours de danse.
04:00Et elle a expliqué, j'ai noté texto sa phrase,
04:02« On veut un avenir meilleur avec des subventions ».
04:05Excusez-moi, mais moi, honnêtement, j'ai regretté que Philippe Muret soit mort.
04:09Parce qu'il en aurait fait des pages et des pages à se tordre de rire.
04:13Je suis désolé de vous dire, cher Louis Boyard,
04:15que si tout l'espoir de la jeunesse française,
04:19c'est d'avoir des subventions pour ses cours de danse,
04:21et si tout ce qu'elle a à dire, c'est « On veut un avenir meilleur avec des subventions ».
04:25Moi, ce qui m'inquiète, c'est la jeunesse française, si vous voulez.
04:27Et j'ose espérer que celle qui était aujourd'hui dans la rue,
04:32et je l'ai vue, y compris à Paris, je l'ai vue partout, les lycées, etc.
04:36J'ose espérer qu'elle ne représente pas la jeunesse française.
04:38Parce que je pense qu'il y a aussi une autre jeunesse.
04:40Effectivement, c'est la fameuse jeunesse de Nicolas.
04:43Et j'avoue, je préfère cette jeunesse-là,
04:46qui en a un peu ras-le-bol de cette espèce de chienlit permanente en France, si vous voulez.
04:51Je pense qu'on est intoxiqué par les discours gauchistes.
04:54Je pense qu'on est intoxiqué par les récupérations gauchistes
04:57de tous les mouvements de protestation et de colère.
05:01Et je pense que s'il y a une colère qui, aujourd'hui, doit s'exprimer,
05:03pour moi, ça ne peut pas être la colère de gens qui n'ont comme horizon d'avenir
05:08que d'avoir plus de subventions, d'allocations, de redistributions, de taxes, de prélèvements, etc.
05:14Je pense qu'il y a un pays qui a envie de se retrousser les manches
05:16et qui commence à être fatigué par ce bordel permanent.
05:20Donc, on tolère aujourd'hui cette journée de bordel.
05:23Ça fait somme toute partie du paysage français.
05:26C'est presque charmant.
05:27Ça amuse, d'ailleurs, les étrangers.
05:29On voit sortir des mèmes...
05:30On voit sortir des mèmes sur Twitter.
05:33Vous connaissez comme moi cette image où on voit deux Français en terrasse de café.
05:37Juste derrière eux, il y a une bagnole et des poubelles qui brûlent.
05:42Et la légende, c'est qu'on n'a rien fait de plus français.
05:46Bon, why not ?
05:47Mais voilà, à un moment donné, ce pays devrait peut-être songer quand même à avancer un peu.
05:52Je ne suis pas sûr que ça nous fasse avancer.
05:54Moi, j'ai le regret de vous dire que malheureusement,
05:56le premier vote des jeunes est pour le nouveau Front populaire aux dernières élections législatives.
05:59Et pour le coup, cette jeunesse-là, moi, je lui parle à longueur de journée.
06:01Je vais à longueur de journée devant des lycées, à des distributions alimentaires où il y a des étudiants précaires.
06:06Je vais parler aux apprentis, aux jeunes travailleurs.
06:09Et en vérité, vous êtes très réducteur quand vous parlez de subvention de la jeunesse.
06:12Vous avez seulement un étudiant sur Front aujourd'hui...
06:15Je vous cite Léa qui s'exprimait tout à l'heure sur l'antenne.
06:17Elle n'a pas la prétention de représenter toute la jeunesse française.
06:19D'ailleurs, personne n'a la prétention de représenter toute la jeunesse française.
06:21Par contre, quand vous voyez que vous avez des bourses étudiantes qui, elles, n'augmentent pas par rapport à l'inflation,
06:27et que vous avez des fils d'étudiants à la distribution alimentaire, des gens qui veulent juste avoir leur diplôme,
06:31et que rien n'a été fait pour eux depuis des années.
06:33Quand vous voyez... Non mais pardon, mais quand vous voyez que vous avez des apprentis qui touchent 80% du SMIC...
06:38C'est faire un peu le bilan. Donc il y a ce chiffre du ministère de l'Intérieur, 175 000 participants dans toute la France.
06:44Mais maintenant, que va-t-il se passer ? Parce que la France n'a pas été bloquée non plus aujourd'hui.
06:49Il y a eu des tentatives de blocage, mais la France n'a pas été bloquée.
06:53Est-ce que cette journée... Bon, c'est une journée comme ça. Sur quoi ça doit déboucher, selon vous ?
06:58Je vais vous dire, bien sûr que la France, elle est bloquée actuellement.
07:00Non, là, aujourd'hui, elle n'a pas été bloquée.
07:02Si, la France, elle est bloquée par qui ? Par Emmanuel Macron.
07:04Oui, donc vous bloquez quelque chose qui est déjà bloqué, alors.
07:06Pardon, mais une grande partie du pays a le sentiment qu'on tourne en rond depuis des années.
07:10Et si c'est possible de répondre, oui, la France est en train de tourner en rond,
07:13parce qu'Emmanuel Macron a nommé Marnier, qui a appris l'a nommé Bayou, qui a appris l'a nommé les copains.
07:17Cette journée, elle apporte quoi, justement, concrètement ?
07:19Mais en vrai, cette journée, elle apporte une réponse du peuple français à ce qui lui paraît être un manque de respect à la démocratie,
07:25un manque de respect au peuple, et une volonté de changement.
07:27C'est une partie du peuple français.
07:28Quand vous avez 7 Français sur 10 qui veulent que Macron parte, je trouve que c'est une bonne partie.
07:32On va parler de la journée.
07:32Il y a plusieurs choses, mais c'est intéressant ce que dit Louis Boyard.
07:36Alors, je pense que Macron, j'ai eu l'occasion de le dire, aurait dû nommer quelqu'un de la gauche au début, après la dissolution.
07:42Il y a eu aujourd'hui des slogans contre Sébastien Lecornu.
07:44Ça a agacé encore plus les gens qui étaient dans la rue.
07:47La gauche était arrivée en tête des élections législatives.
07:50Il n'y avait certes pas de vainqueurs, mais il y avait un camp qui arrivait en tête.
07:54Il fallait laisser cette famille politique-là, quitte à ce qu'elle se rétame au bout d'un mois.
07:59Se déviser.
07:59Il fallait la laisser essayer.
08:01Il ne l'a pas fait, je vous accorde, que c'était, à mon sens, une erreur, parce que ça agit comme un point...
08:08Mais là, il aurait dû nommer Olivier Faure plutôt que Sébastien Lecornu ?
08:11Là, la question ne se pose pas dans les mêmes termes.
08:13Je pense, oui.
08:14Elle se posait pour les gens de gauche.
08:15Ils attendaient quelqu'un de gauche.
08:16D'une certaine façon, je pense qu'il aurait dû, là encore, purger l'option gauche.
08:22Et il a une résistance à ça qui montre bien que ce qui était raconté il y a quelque temps,
08:28à savoir le macronisme, c'est en même temps la droite, en même temps la gauche,
08:30on voit que c'est surtout en même temps la droite.
08:32Ça, je veux bien vous l'accorder, même si, à mon sens, ça ne va pas du tout au bout.
08:37Ensuite, ce qui ne me va pas dans ce que vous dites, par exemple, vous parlez des étudiants précaires, etc.
08:41J'ai vu que vous avez organisé des blocages de lycées et d'universités.
08:47Vous avez même lancé un hashtag, etc.
08:49C'est votre méthode.
08:50Au moment de la réforme des retraites, pardon de vous dire que vous ne pourrez pas obtenir
08:56que vos étudiants soient moins précaires si vous ne réformez pas typiquement les retraites.
09:00Je suis d'accord avec vous qu'on pourrait faire beaucoup plus pour la jeunesse française.
09:03Il pourrait y avoir des campus universitaires.
09:05Il pourrait y avoir des meilleures manières de les loger.
09:08Il pourrait y avoir des tas de choses comme ça,
09:10qu'on voit, par exemple, dans les pays très libéraux,
09:12que vous n'aimez pas, M. Boyard, comme aux États-Unis, par exemple,
09:15où la scolarité est un peu plus chère, mais où, comme par hasard,
09:18comme c'est plus cher, les études se font dans de meilleures conditions.
09:21Donc, on ne peut pas aussi tout avoir.
09:23Mais si on ne fait des économies sur rien,
09:26si on ne réforme rien, ce qui est, au fond, votre ligne, en général,
09:29eh bien, forcément, à la fin, tout se dégrade.
09:31C'est-à-dire qu'on se retrouve avec des pensions de retraite
09:34qu'on n'indexe plus, effectivement, sur l'inflation,
09:36puisque sinon, on ne peut pas les payer.
09:37On se retrouve, effectivement, à moins pouvoir financer des bourses
09:40pour les étudiants.
09:41On ne se retrouve à rien pouvoir faire pour leur logement, etc., etc.
09:44Donc, je pense qu'il y a une contradiction dans votre discours,
09:47mais qui est la contradiction éternelle de la gauche,
09:50et qu'au fond, vous n'acceptez pas qu'il faut parfois
09:53en passer par certaines mesures qui vous sont antipathiques
09:56pour pouvoir garantir certaines choses qui, pour le coup,
09:59nous sont communes, en l'espèce, bien s'occuper des étudiants français.
10:03– Mais, pour le coup, quand on parle de la jeunesse française,
10:06il ne faut pas que voir la jeunesse scolarisée,
10:07il ne faut pas que la voir au prisme du lycée,
10:09au prisme des études, aussi parce qu'il y a des jeunes travailleurs.
10:11– C'est vous qui m'avez parlé des étudiants précaires.
10:12– Je sais, mais pour le coup, il y a un chiffre dont on parle assez peu.
10:16Vous avez un jeune sur quatre qui, aujourd'hui,
10:18se déclare en dépression.
10:19Et c'est dû à de nombreux facteurs qui sont,
10:22premièrement, la précarité, l'angoisse par rapport
10:24au réchauffement climatique, la situation politique du pays,
10:27la galère à trouver un emploi.
10:28Ou quand vous trouvez un emploi, souvent…
10:30– Ça fait longtemps que c'est galère pour trouver un emploi.
10:31– Ça fait longtemps que c'est galère pour trouver un emploi.
10:33– Il y a plusieurs générations.
10:34– Oui, mais aujourd'hui…
10:34– Et surtout, c'est quand même beaucoup moins galère maintenant,
10:36je suis désolé.
10:37– Le chômage des jeunes est en augmentation.
10:41– Il est fort en France.
10:43– Il reste fort.
10:44Et puis surtout, il y a un sujet.
10:45Aujourd'hui, je veux plaider pour ces jeunes-là.
10:48Quand vous êtes un apprenti, quand vous avez 18 ans,
10:51vous êtes payé à 80% du SMIC.
10:53Et en plus, vous devez payer la CSG.
10:54Donc, ça veut dire que, dans le moment où vous devez vous lancer dans la vie,
10:57derrière, vous n'avez pas les moyens de lancer la vie.
11:00– Une hypothèse, Louis Boyard, à 18 ans, quand vous êtes apprenti,
11:02vous n'avez pas forcément déjà quitté le logement de vos parents, par exemple.
11:05– Ça dépend, parce que ça doit être où est-ce que vous voulez trouver l'apprentissage.
11:08– On ne peut pas attendre de l'État qui prenne en charge
11:09tous les aspects de la vie des gens.
11:11Oui, quand on commence dans la vie, c'est plus difficile.
11:13Je suis d'accord qu'on peut faire mieux pour les étudiants, etc.
11:15Moi, je pense que ça passe, en réalité, par du privé,
11:18de la privatisation et des études chères.
11:20– C'est ce que fait Macron.
11:22– Avec des bourses ?
11:22– Avec des bourses, avec des emprunts, avec des choses comme ça.
11:25– Là, on est sur le futur des étudiants, c'est intéressant,
11:28mais il y a un futur immédiat qui est le nouveau Premier ministre
11:31et surtout derrière, le budget, et ensuite, Macron.
11:35C'est-à-dire qu'on est dans une situation qu'on voit quand même se gripper,
11:38qui va sûrement se gripper au fil des jours.
11:40Et vous, vous êtes pour encore rajouter de l'incertitude,
11:44notamment pour les entreprises, avec le départ d'Emmanuel Macron.
11:47Est-ce que c'est vraiment la solution ?
11:48– Emmanuel Macron n'arrête pas de nommer des ministres…
11:50– Ça, ça fera du chaos, ça.
11:51– Emmanuel Macron n'arrête pas de nommer des ministres qui tombent.
11:55– Le cornu tombera ?
11:57– Le cornu tombera, comme Bayrou est tombé, comme Barnier est tombé,
12:01comme Attal, d'une certaine manière, après les élections européennes.
12:05Non mais écoutez, moi, si j'ai une chose à dire sur ce mouvement,
12:08moi, je ne crois plus aujourd'hui que la Ve République
12:11soit en capacité de résoudre le problème.
12:13Et si j'ai un message à faire passer à la jeune génération,
12:16c'est saisissez-vous du problème.
12:18Quand vous avez un jeune sur quatre qui est en dépression,
12:19des tels chiffres sur la précarité,
12:21il ne faut rien sur le climat.
12:22Vous voyez, la guerre qui est en train d'arriver.
12:24– Emparez-vous de la rue et poussez Macron à la démission.
12:28– La jeunesse doit prendre la rue pour se faire entrer dans la 6ème République.
12:31C'est sa seule solution.
12:33– Franchement, d'abord, Macron, je suis désolé pour vous,
12:36il a été réélu assez largement, quasiment par défaut en 2022,
12:40parce que les Français ont considéré qu'en fait,
12:42il n'y avait pas d'autre option possible à envisager de manière sérieuse.
12:46Et Dieu sait que je n'étais pas macroniste.
12:48– Il a raté effectivement à la fois Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
12:52– Oui, il a été d'ailleurs élu avec la promesse d'une réforme des retraites.
12:57À titre personnel, tout en n'étant pas macroniste,
12:59je pense qu'il a bien fait d'aller au bout de cette réforme.
13:02Et vous verrez qu'on ira encore plus loin dans le report de l'âge légal de départ.
13:06Sinon, tout ce que vous aurez, et vous pourrez vous en prendre qu'à vous-même,
13:10ce sera des retraites privées qu'on paiera à des entreprises américaines
13:13ou à des boîtes du CAC 40.
13:15Si on ne réforme pas, c'est ça qu'on aura.
13:17Non mais, il faut savoir pourquoi on se bat.
13:19Et ensuite, j'observe, franchement…
13:20– Oui, mais là, nous, on parlait de Sébastien Lecornu.
13:22Le voyeur dit qu'il tombera comme les autres.
13:24– Oui, peut-être, c'est possible.
13:26J'observe d'ailleurs que Sébastien Lecornu, je le dis en passant,
13:28a commencé par recevoir les représentants du Bloc central.
13:31C'est bizarre, à mon sens.
13:32– Il a appelé Mme Tondelier, il a appelé aussi le représentant de Forces Ouvrières.
13:36Il n'a pas appelé que…
13:37– Oui, mais je trouve qu'il aurait dû recevoir en premier la gauche et le RN.
13:41Mais passons là-dessus.
13:43Moi, je suis frappé de voir que…
13:44– Oui, il a commencé par son propre camp.
13:46– Il y a quand même un bordel inouï aujourd'hui,
13:48même si c'est beaucoup moins que ce qu'on craignait.
13:50Il y a quand même un gros bordel en France, comme il y en a régulièrement.
13:53Et vous en êtes quand même, au fond, à chercher des revendications,
13:57des prétextes qui pourraient le justifier.
13:59C'est-à-dire que tout à coup, c'est le réchauffement climatique
14:01qui fait qu'on va bloquer des axes routiers, etc.
14:05Oui, mais je suis désolé, la France n'est pas dernière du classement
14:08en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
14:10Je veux dire, on fait beaucoup quand même en France pour le réchauffement climatique.
14:13On interdit en Europe, on est en train de détruire notre propre industrie automobile,
14:18ce qui va créer des chômeurs, de la pauvreté, de la précarité pour tout le monde.
14:23Au nom de l'écologie, M. Boyard,
14:26en interdisant la vente des voitures thermiques
14:29et en mettant des malus, on a mis des malus sur toutes les voitures nouvelles
14:32et résultat, maintenant, on s'étonne qu'on n'en vende plus.
14:34Ça, pardon, mais c'est typiquement le fruit de l'idéologie de gauche.
14:37Si j'étais au pouvoir, il n'y aurait pas de malus pour les voitures neuves,
14:42pas de malus pour les voitures, quel que soit leur poids,
14:45leur 4-4-4-4-4, tout ce que vous voulez,
14:48et il n'y aurait pas d'interdiction de vendre des voitures thermiques en 2035.
14:51– Et pour le coup, c'est votre droit de le penser,
14:54mais en l'occurrence, on a quand même un impératif écologique
14:56qui est aujourd'hui sous nos yeux.
14:58Enfin, pardon, mais vivre…
15:00– Oui, mais c'est ça la revendication du jour ?
15:02– Non, mais attendez, non, si vous me laissez terminer,
15:06je vais vous expliquer.
15:07C'est quoi la revendication du jour ?
15:09C'est de changer d'époque.
15:11On réfléchit avec des logiques du XXe siècle dans un monde du XXIe siècle.
15:16Dans un monde où le dérèglement climatique chamboule absolument tout.
15:19Dans un monde où la jeunesse se retrouve aujourd'hui
15:21enfermée dans des contrats précaires à travers l'apprentissage.
15:23Dans un monde où vous avez 100 000 lycéens par jour, par année,
15:27qui sont retirés de l'enseignement supérieur.
15:28Dans un monde où vous avez 2 000…
15:30Oui, quand vous travaillez pour 80% du SMIC, oui, c'est la précarité.
15:35– Vous savez que l'apprentissage, c'est un des meilleurs moyens quand même
15:36de créer de l'emploi dans un pays, de mettre des jeunes au boulot.
15:39Vous allez voir en Suisse ce qu'ils font avec l'apprentissage.
15:43C'est un pays qui a à peu près 3, 4 fois plus de croissance que nous.
15:47La Suisse, excusez-moi, ça fonctionne.
15:50Moi, je veux bien changer d'époque, etc.
15:51J'ai plutôt l'impression que vous voulez, vous,
15:53nous amener dans ce qui a fait le pire du XXe siècle, si vous voulez.
15:57Mais bon…
15:58– C'est-à-dire le…
15:59– C'est-à-dire le communisme, je suis désolé.
16:00– Monsieur, je suis désolé, mais travailler pour 1 000 euros par mois,
16:05je ne suis pas d'accord pour appeler ça un emploi.
16:07Moi, j'appelle ça de l'exploitation.
16:08– C'est le début, on commence par l'apprentissage et ensuite on a embauché.
16:12– Et ce mouvement demande à pouvoir vivre de son travail.
16:14– Mais dans l'apprentissage, il me semble que l'entreprise paye,
16:17par exemple, les études du jeune, sauf erreur de ma part.
16:19– Vous avez l'État qui donne une part et vous avez ensuite l'entreprise.
16:24Mais par contre, le jeune, lui, il paye la CSG.
16:26Mais si c'est possible de pouvoir terminer un propos,
16:28si vous voulez comprendre ce que veut dire ce mouvement,
16:31premièrement, c'est un mouvement qui veut rebâtir la fondation démocratique.
16:34Emmanuel Macron doit quitter le pouvoir et je pense qu'il faut passer à la VIème République.
16:38Si vous voulez mon opinion, si vous avez autant de jeunes qui sont dans la rue,
16:41c'est parce qu'ils demandent une rupture écologique,
16:42ils demandent une rupture sociale,
16:44ils demandent l'égalité dans l'éducation, l'égalité dans le service public.
16:47D'une certaine manière, et c'est ce que j'ai entendu dans les manifestations,
16:50ils contestent aussi le racisme qui existe dans la société.
16:52Et c'est l'appel que je veux lancer aux jeunes.
16:54Vous êtes la clé pour faire partir Emmanuel Macron.
16:56Par exemple, que le meurtre de cette jeune femme aux Etats-Unis est un crime raciste.
17:00Cette jeune femme qui a été égorgée dans le métro sans que personne ne raciste...
17:03Non, parce que M. Bouyer parle de racisme.
17:05Moi, je me demande si la gauche lutte contre tous les racismes.
17:08Mais évidemment que nous luttons contre tous les racismes.
17:10Donc, ce crime qui a eu lieu là aux Etats-Unis,
17:12c'est une jeune femme, réfugiée ukrainienne,
17:17poignardée par l'SDF.
17:18Et quand il a traversé le wagon, il a revendiqué son crime
17:24en disant quelque chose comme « je l'ai eu, cette blanche »
17:26ou quelque chose comme ça, le verbatim est partout sur les réseaux sociaux.
17:29Est-ce que ça, c'est un crime raciste ?
17:31Mais monsieur, je vais vous répondre très rapidement.
17:35Les Etats-Unis sont un pays profondément xénophobe.
17:39Est-ce qu'il y a du racisme anti-blanc aux Etats-Unis, par exemple ?
17:43Le jour où vous ferez refuser un logement, refuser un travail...
17:46Ça existe ou pas ?
17:47Mais cette dame qui vient d'être égorgée parce qu'elle était blanche...
17:50Le jour où vous ferez refuser un logement ou un travail
17:52parce que vous êtes blanc, vous viendrez me voir ?
17:53Donc voilà, pour la gauche, il n'y a jamais de...
17:56C'est toujours dans le même sens.
17:59Et les réalités du racisme sont niées par la gauche
18:01parce que vous n'avez jamais refusé un travail,
18:04un logement, vous n'avez jamais fait un contrôle parce que vous êtes blanc.
18:07Merci Louis Boyard, merci Charles Consigne.
18:08C'est terminé.
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