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  • il y a 4 mois
Des rassemblements et des défilés ont eu lieu partout en France mercredi 10 septembre, réunissant de quelques centaines à quelques milliers de personnes, le plus souvent dans le calme. Mais il y a aussi eu de ponctués d'incidents avec les forces de l'ordre, à Rennes, à Paris ou à Lyon. Le trafic des trains a aussi été perturbé, notamment en Île-de-France où la station Châtelet-Les Halles a été fermée. Quel bilan tirer de cette journée ? Écoutez Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 10 septembre 2025.

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Transcription
00:01Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03La grande invitée d'RTL Soir est la secrétaire générale de la CGT.
00:07Bonsoir Sophie Binet.
00:08Bonsoir.
00:09Alors la ministre de l'Intérieur a compté 175 000 manifestants et 473 interpellations.
00:16175 000 manifestants.
00:17Vous êtes la CGT, je ne vous demande pas les chiffres pour cette manifestation-là.
00:21Si vous pouvez, nous on en a recensé plus de 250 000 sur tout le territoire.
00:25On a recensé plus de 1 000 actions de grève.
00:28et nous savons que nos chiffres ne sont pas exhaustifs.
00:31Donc c'est une journée qui est très réussie.
00:33Qu'est-ce qui vous a fait rejoindre ce mouvement que vous n'avez pas initié ?
00:37Les revendications qui clairement cimentent la mobilisation et rejoignent les nôtres,
00:42à savoir la question de la justice sociale et le rejet de ce budget Bayrou,
00:48de ce musée des horreurs.
00:50Et donc c'est pour ça que nous étions mobilisés aujourd'hui et que nous le serons le 18.
00:53Il n'y avait pas un peu la peur de passer à côté d'un mouvement
00:56comme vous l'aviez fait lors des Gilets jaunes.
00:59Non, clairement ce n'est pas ça le souci de la CGT.
01:03Notre objectif c'est, on l'a dit clairement dès le mois de juillet,
01:07la mobilisation sociale est à l'ordre du jour en cette rentrée
01:10parce qu'il faut renvoyer ce musée des horreurs aux oubliettes de l'histoire.
01:14Et donc c'est pour ça que c'était très important que la mobilisation d'aujourd'hui soit réussie
01:17et que celle du 18 le soit encore plus, avec encore plus de manifestations et de grèves.
01:22Mais ces révoltés-là, les gens qui appelaient à manifester,
01:24étaient plus fréquentables que les Gilets jaunes à l'époque ?
01:28Plus à gauche ?
01:29Je n'étais pas secrétaire générale de la CGT à l'époque.
01:32Je pense que le contexte était différent.
01:34Les Gilets jaunes c'était une mobilisation inédite
01:36qui a pris un peu la CGT et puis on n'était pas les seuls au dépourvu.
01:40Là, les revendications ont tout de suite été très claires
01:43et très en convergence avec nos mots d'ordre et nos préoccupations.
01:47C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'accompagner cette mobilisation
01:50et je pense qu'on a contribué au succès de la mobilisation.
01:53Là, les choses sont très claires.
01:55On a besoin d'être unis pour gagner.
01:57Il faut que le 18, nous soyons toutes et tous rassemblés.
02:01Le message que je veux passer, c'est
02:03toutes celles et ceux qui étaient dans l'action aujourd'hui,
02:06il faut travailler pour élargir la mobilisation
02:08pour gagner un 18 septembre très fort
02:11de façon à pouvoir imposer notre ordre du jour.
02:14Le 18 septembre, ce sera vraiment votre manifestation
02:16parce que c'est à l'appel de l'intersyndicale.
02:19Celle d'aujourd'hui, Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur
02:21aujourd'hui démissionnaire, avait estimé vendredi
02:23que le mouvement d'ultra-gauche aidé par la CGT
02:27allait être à l'oeuvre pour des actions spectaculaires.
02:30Ça vous a agacé ?
02:32En fait, non.
02:33Je trouve ça pathétique, dangereux, inquiétant
02:35d'avoir un ministre de l'Intérieur qui a comme stratégie
02:38de mettre de l'huile sur le feu
02:39et qui cherche à organiser la peur
02:43et à développer la violence.
02:45Moi, ce que je veux dénoncer aujourd'hui,
02:47c'est les multiples provocations qui ont eu lieu
02:49à cause des directives du ministère de l'Intérieur.
02:52Il y a eu des centaines de manifestantes
02:54et de manifestants pacifiques
02:55qui ont été gazés, nassés, violentés.
02:58C'est très grave que le ministre de l'Intérieur
03:00ait ce type de stratégie.
03:01Vous évoquiez la manifestation du 18,
03:05donc de jeudi, dans huit jours.
03:08C'était le budget Bayrou qui l'a motivé.
03:10Aujourd'hui, qui les caduque ?
03:11Vous avez les mêmes raisons de manifester ?
03:13Oui, parce que malheureusement,
03:15le choix d'Emmanuel Macron
03:17de prendre les mêmes pour recommencer
03:19nous laisse craindre le pire.
03:21Et donc, il faut, le 18 septembre,
03:23être le plus nombreux et nombreuses possible
03:25pour envoyer ce budget aux oubliettes
03:28et surtout imposer nos exigences.
03:30Je pense que beaucoup de celles et ceux
03:32qui nous écoutent sont fatigués,
03:34en colère, en ont ras-le-bol
03:36d'avoir cette impression du disque
03:38rayé d'Emmanuel Macron
03:40qui passe en permanence en force.
03:42Il ne faut pas rester seul.
03:44Il faut que nous nous retrouvions ensemble,
03:46toutes et tous, le 18,
03:47pour reprendre la main,
03:48imposer la justice fiscale,
03:49l'abrogation de la réforme des retraites,
03:51l'augmentation des salaires.
03:52Voilà ce que nous voulons gagner.
03:53Alors, on prend les mêmes et on recommence.
03:55En fait, on prend le ministre des Armées.
03:57C'est Sébastien Lecornu qui succède
03:59donc à François Bayrou.
04:01D'abord, un mot sur ce choix
04:02de Sébastien Lecornu.
04:04Il a choisi un très, très, très proche.
04:07Donc, je pense que ça montre
04:09à quel point le président de la République
04:10est isolé.
04:12Je pense que c'est très inquiétant
04:13parce qu'il faut, au contraire,
04:15faire un choix qui rassemble le pays
04:16et qui montre qu'il a entendu le message.
04:19Aujourd'hui, le message,
04:20c'est qu'il faut changer de cap.
04:22Il faut mettre la justice à l'ordre du jour.
04:24Il faut rompre avec la politique économique
04:26et sociale d'Emmanuel Macron
04:28qui a créé le fiasco qu'on connaît aujourd'hui.
04:31Sébastien Lecornu a quand même annoncé
04:32qu'il allait consulter les partis
04:34et les syndicats les prochains jours.
04:36Vous l'avez peut-être entendu
04:37lors de sa passation de pouvoir tout à l'heure.
04:40Que lui direz-vous ?
04:41Est-ce que vous allez commencer par l'appeler
04:43à jeter ce projet de budget à la poubelle ?
04:46Évidemment.
04:47Je lui dirais que je l'ai entendu
04:48parler de rupture aujourd'hui.
04:50La rupture, ça ne peut pas être que des paroles.
04:52Ça doit être des actes et ça doit commencer
04:54par l'abrogation de la réforme des retraites.
04:56Pourquoi en sommes-nous là aujourd'hui ?
04:58Parce qu'Emmanuel Macron, il y a deux ans,
05:00est passé en force sur la réforme des retraites.
05:02Nous l'avions dit, toutes les organisations syndicales,
05:04que ce choix allait se traduire
05:06par une profonde crise démocratique.
05:08Aujourd'hui, il n'a plus de majorité
05:10à l'Assemblée nationale.
05:11Il a été obligé de changer trois fois
05:12de Premier ministre en un an
05:13à cause de ce passage en force.
05:15Et donc, il faut recoudre le pays
05:17et ça commence par abroger la réforme des retraites.
05:19Vous avez remarqué que sur la réforme des retraites,
05:22le programme du nouveau Front populaire,
05:25de l'Alliance de Gauche, il y a un an,
05:26parlait des 60 ans, de repasser à 60 ans.
05:29Aujourd'hui, le projet socialiste
05:31parle, lui, de revenir à 62 ans.
05:34Où vous situez-vous ?
05:35Pour la CGT, c'est clair.
05:37Il faut abroger cette réforme immédiatement.
05:39Et puis, c'est une étape pour aller vers les 60 ans
05:43puisque, on le voit, la majorité,
05:45la large majorité des travailleuses et des travailleurs
05:47souhaitent la retraite à 60 ans.
05:49Et c'est d'ailleurs qu'on ne peut pas travailler à 60 ans
05:51dans de très nombreux métiers.
05:53Les entreprises, aujourd'hui, licencient
05:54par centaines de milliers des salariés seniors.
05:56Donc, bien sûr que les 62 ans sont une étape
05:59pour après arriver à 60 ans.
06:01Vous pensez que la gauche ne peut pas soutenir
06:04un gouvernement qui ne supprimerait pas
06:08la réforme des retraites ?
06:10Pour la CGT, ce qui est clair,
06:12c'est qu'il faut un gouvernement en rupture
06:15avec la politique économique et sociale.
06:17Et la rupture, ça doit passer par des actes forts.
06:19Et donc, le premier acte fort à poser,
06:21c'est l'abrogation de la réforme des retraites.
06:23Ensuite, il faut de la justice fiscale
06:25pour que ça soit les plus riches,
06:26toutes celles et ceux qui ont profité très largement
06:29d'Emmanuel Macron depuis 8 ans
06:31qui soient mis à contribution.
06:32Il faut de l'argent pour nos services publics.
06:35Et puis, il faut aussi augmenter les salaires et les pensions.
06:37Emmanuel Macron a confié la mission
06:40d'élargir le gouvernement à la gauche.
06:45Est-ce que ça vous choquerait
06:47qu'il y ait une sorte de cohabitation
06:49ou alors plutôt de soutien
06:51des socialistes et de LR
06:53pour le même gouvernement ?
06:55Ce n'est pas à moi de commenter
06:57l'avis politique ou le casting.
06:59Clairement, ce qui compte pour nous,
07:01c'est l'orientation politique.
07:03Ce que nous attendons, c'est un gouvernement
07:05qui pose des actes forts en rupture.
07:08Le pays est dans une situation très inquiétante.
07:10J'étais ce matin à Novasco,
07:12ex-Ascométal.
07:14C'est une aciérie qui est menacée
07:15de fermetir avec près de 800 emplois
07:17qui peuvent être supprimés.
07:19On compte 450 plans de licenciement
07:21actuellement en France.
07:23Il faut une toute autre politique économique
07:24et politique industrielle.
07:26Sur la réforme des retraites,
07:28si Sébastien Lecornu vous propose
07:31un nouveau conclave,
07:33est-ce que vous y participeriez ?
07:35On se souvient que vous aviez claqué
07:37la porte du dernier.
07:39Il faut tirer les leçons
07:40de l'attitude du patronat.
07:41Le problème, c'est que le patronat
07:42a refusé de négocier.
07:45Pour nous, ce qui doit être
07:46à l'ordre du jour,
07:47c'est l'abrogation de la réforme des retraites.
07:49Évidemment que toute discussion
07:51sur l'abrogation de la réforme des retraites,
07:53c'est l'ordre du jour
07:54que nous voulons imposer.
07:55Mais par contre,
07:56il ne peut pas y avoir
07:57d'autres sujets que celui-là.
07:58Oui, mais si vous dites
07:59que vous ne pouvez pas discuter
08:00avec les patrons
08:01parce qu'on ne peut pas leur faire confiance,
08:02il ne peut pas y avoir de réunion
08:04et de rediscussion de cette réforme ?
08:06Il y a eu six mois de discussions
08:08qui n'ont débouché sur rien
08:09parce que le patronat
08:10ne veut faire aucun compromis
08:11et veut toujours prendre dans nos poches.
08:14Donc, ce qu'il faut,
08:14c'est que le gouvernement
08:15prenne ses responsabilités
08:17et abroge lui-même
08:18la réforme des retraites.
08:19Le montant à trouver
08:20n'est pas si élevé.
08:21C'est 3 milliards
08:21qu'il faudrait trouver sur 2026.
08:23Nous avons mis des propositions
08:24sur la table.
08:26Il faut notamment mettre
08:27à contribution
08:28l'intéressement
08:29et la participation,
08:31faire l'égalité
08:32entre les femmes
08:33et les hommes,
08:33mettre à contribution
08:34les revenus financiers,
08:35bref, toute une série
08:36de solutions
08:37qui ne mettraient pas
08:37le pays en faillite
08:38loin de là.
08:39Sur ce budget
08:39que vous qualifiez
08:40de musée des horreurs,
08:42est-ce que le fait
08:43qu'il y ait 40 milliards
08:44ou 43 milliards
08:45d'économies
08:46est pour vous
08:47totalement rédhibitoire ?
08:48Est-ce qu'il ne faut pas
08:49faire un effort
08:50sur ce budget ?
08:52Non, le problème
08:53c'est qu'il paye.
08:54Pourquoi est-ce qu'il y a
08:58un tel déficit ?
08:59C'est parce que
09:00pour Emmanuel Macron
09:02ça a été
09:02quoi qu'il en coûte
09:03pour aider ses amis
09:04les plus riches
09:05et les grands patrons.
09:06Et donc aujourd'hui
09:07il faut prendre l'argent
09:07là où il est.
09:09Il y a 211 milliards
09:10d'aides publiques
09:11sans conditions
09:12ni contreparties
09:12pour les entreprises.
09:13C'est une première
09:15piste d'économie
09:17que la CGT
09:18met sur la table.
09:19Ensuite,
09:19il faut mettre
09:19à contribution
09:20les patrimoines
09:21qui explosent.
09:22la France est aujourd'hui
09:23un pays de rentier.
09:24Il faut mettre en place
09:26la justice fiscale.
09:27Voilà les solutions
09:28que nous proposons
09:28pour à la fois
09:30résorber la dette
09:30et puis surtout
09:31dégager les moyens
09:32nécessaires pour nos services
09:33publics qui sont à l'os.
09:34Il y avait aussi aujourd'hui
09:35de très fortes mobilisations
09:36dans la santé.
09:38Les professionnels de santé
09:39n'en peuvent plus.
09:40Il faut de l'argent
09:40pour les hôpitaux
09:41et pour les écoles.
09:42La France insoumise
09:43appelle à la destitution
09:44d'Emmanuel Macron.
09:46D'ailleurs,
09:46elle a déposé
09:46une motion de destitution.
09:48Vous pensez
09:49que ce peut être
09:50la solution
09:50si vous ne croyez plus
09:51en son gouvernement
09:52son action ?
09:54Je ne sais pas
09:54si vous y avez cru auparavant
09:55mais en tout cas
09:56vous avez l'air.
09:56En fait,
09:57le problème,
09:57c'est qu'Emmanuel Macron
09:59par son attitude
10:00se met lui-même
10:00en difficulté.
10:02Ça fait des années
10:03qu'on lui dit
10:03qu'il fonce dans un mur
10:04et au lieu de s'arrêter
10:05et de bifurquer,
10:06il appuie sur l'accélérateur.
10:08Et donc,
10:09cette nomination,
10:10ce choix qu'il a fait
10:11de Premier ministre
10:12est très inquiétant
10:13puisqu'il se met
10:14en première ligne
10:15et il fragilise
10:16nos institutions.
10:17Il faut que le Président
10:18de la République
10:18arrête de fragiliser
10:20nos institutions,
10:21d'organiser le chaos
10:22institutionnel
10:22plutôt que de changer
10:23de politique.
10:24La question qui lui est posée
10:25aujourd'hui,
10:25elle est toute simple.
10:26Aujourd'hui,
10:27les manifestations,
10:28les centaines de milliers
10:29de personnes
10:29qui étaient mobilisées
10:30voulaient un autre budget
10:32de la justice.
10:33C'était ça le mot d'ordre
10:33aujourd'hui.
10:34Merci beaucoup,
10:35Sophie Binet,
10:36d'être venue
10:36sur le plateau d'RTL
10:38Soir.
10:39Dans un instant,
10:40l'info qu'il ne fallait pas rater
10:41de Florian Gazon
10:42va nous faire passer
10:43des nuits calmes
10:44et puis Stéphane Boutzoc
10:45nous emmène au cinéma
10:46pour la tentation du soir.
10:47A tout de suite.
10:48Anne-Sophie Lapix.
10:49RTL Soir
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