- il y a 1 an
Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce mardi 9 septembre. Il est revenu sur le mouvement du 10 septembre mais aussi sur la protection des lieux cultes.
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00:00Bonjour Laurent Nunez, vous êtes le préfet de police de Paris, le 8 on fait tomber Bayrou, le 10 on fait tomber Macron.
00:07Voilà l'un des cris qui a été scandé hier soir alors que près de 11 000 personnes dans la France, différentes villes,
00:16ont fêté entre guillemets le départ et la chute de François Bayrou dans ce qu'ils appelaient des pots de départ.
00:22Nous sommes la veille du 10 septembre, cette journée de mobilisation, à quoi s'attendre ?
00:27Qui sont les acteurs de cette mobilisation et sous quelle forme d'action Laurent Nunez ?
00:32Est-ce que vous êtes inquiète la journée de demain ?
00:34Il y a le ministre d'État à l'adire, il y a un certain nombre de craintes évidemment qui tiennent à deux choses.
00:39C'est un mouvement d'abord, il n'y a pas réellement d'organisateur, c'est pas comme une manifestation,
00:44que les spectateurs comprennent bien, une manifestation, il y a un déclarant, il y a un itinéraire.
00:48Là on a un appel général, bloquons tout, bloquons le pays, avec une multitude d'actions qui sont attendues
00:54et pas d'interlocuteurs pour les pouvoirs publics, ça c'est le premier motif d'inquiétude.
00:58Et puis le deuxième, il est plus sérieux, c'est qu'on voit que l'appel, il a été complètement repris à son compte,
01:03après les appels évidemment de la France insoumise, mais pas que, on voit bien que toute la mouvance d'extrême-gauche et d'ultra-gauche,
01:10y compris l'ultra-gauche radicale, s'intéresse à la journée de demain et appelle à un certain nombre d'actions,
01:15qui sont des actions plutôt dures, avec des blocages, des actions violentes,
01:19et donc évidemment il y a un certain nombre de craintes. On ne pense pas que ce mouvement mobilise massivement la société civile,
01:25mais en tout cas il va mobiliser un certain nombre d'individus qui appartiennent plutôt aux mouvances d'ultra-gauche radicale
01:30et qui sont assez déterminés dans la réalisation d'actions violentes, et notamment des blocages, des dégradations.
01:35Ça veut dire que la question n'est pas de savoir s'il y a effectivement beaucoup de monde,
01:40mais quels sont les modes d'action, et ils peuvent ne pas être nombreux, mais être plus violents.
01:44C'est exactement ça, absolument. Et une multitude d'actions. Donc évidemment, pour les forces de sécurité intérieure,
01:51une difficulté à intervenir, mais en tout cas on a des instructions très fermes du ministre d'État,
01:56c'est d'empêcher tout blocage des axes essentiels, et donc il y aura les interventions systématiques des forces de sécurité intérieure
02:02pour débloquer, et interpeller évidemment, parce que déblocage, souvent il y a un délit d'entrave,
02:07il y a un atteint à la liberté, et donc il y a souvent des délits.
02:11– Laurent Nunez, pouvez-vous nous dire ce matin, d'abord quel type d'action vous anticipez,
02:17et ensuite quelle réponse en termes d'autorité ou de force de l'ordre vous avez ?
02:22Quand on dit blocage, on a l'impression que pour l'instant c'est tous azimuts,
02:25est-ce que ça veut dire blocage de rond-point ? Est-ce que ça veut dire blocage de périphérique ?
02:28Est-ce que ça veut dire blocage de rocade ? Est-ce que ça veut dire blocage éventuel d'entreprises,
02:35de supermarchés, de transports ? A quoi faites-vous allusion ?
02:38– Alors je vais vous répondre très clairement, d'abord une partie de ces appels sont relayés par les réseaux sociaux,
02:42tout simplement, donc vous avez d'abord des manifestations, il y a quand même quelques manifestations,
02:48on s'attend à ces peu nombreuses, mais par exemple sur Paris, pour toute la région Île-de-France,
02:52sur Paris il y en a quelques-unes, premier point.
02:54– Dans quels coins ? Est-ce que vous savez déjà à quel endroit c'est,
02:57ou est-ce que ça se décidera de manière un peu sauvage demain matin ?
02:59– Place de la République, Place des Fêtes, voilà, il y a des appels qui circulent sur les réseaux sociaux,
03:02et certaines sont même déclarées, d'autres seront interdites,
03:05parce qu'elles ont lieu dans des endroits où il n'y a jamais de manifestation.
03:08Donc il y aura des arrêtés d'interdiction prises, de manière très limitée évidemment,
03:11mais il y a d'abord un certain nombre de manifestations.
03:14– Donc manifestations ?
03:15– Surtout des appels à blocage, et les lieux que vous avez cités figurent parmi ces appels,
03:20c'est-à-dire que c'est tous les intérêts essentiels du pays,
03:22c'est-à-dire le périphérique évidemment semble très ciblé,
03:24vous avez les dépôts d'hydrocarbures, des dépôts de logistique,
03:29les gares, les aéroports, les transports publics aussi,
03:32sans parler des gares elles-mêmes, donc voilà, il y a un certain nombre de sites
03:35qu'on appelle à bloquer, et on s'attend sur ces sites à des opérations coup de poing,
03:40pas forcément beaucoup d'individus, vous savez, il suffit de quelques dizaines d'individus
03:43pour bloquer ponctuellement, provisoirement, une gare ou un départ de TGV par exemple,
03:49et là on interviendra systématiquement.
03:51Dernier type d'action évidemment qu'on redoute, ce sont les actes de sabotage.
03:55Je l'éviserai notamment les transports publics, on a vu par le passé que ça pouvait avoir lieu.
04:00Au moment, juste avant les Jeux Olympiques.
04:02Par exemple, par exemple, voilà.
04:03Et donc pour chacune de ces actions, il y aura pour les manifestations évidemment un encadrement,
04:09on ne tolérera aucune dégradation, et pour les blocages, les entraves aux intérêts essentiels,
04:13c'est les instructions qu'on a reçues du ministre d'État,
04:15des interventions systématiques des forces de sécurité intérieure,
04:17systématiques pour débloquer ces bloqués.
04:20Ça commencera à quelle heure ? Est-ce que vous avez une idée ?
04:23Est-ce que quand on parle du périphérique, est-ce qu'on peut imaginer que dès demain matin,
04:27voire même ce soir, certains axes soient bloqués ?
04:30Évidemment qu'on n'a pas l'heure auquel vont se dérouler ces actions,
04:34mais je peux vous dire qu'on se prépare à y répondre, y compris dans la nuit.
04:37Y compris dans la nuit.
04:38Y compris dans la nuit, dans la nuit de ce soir à demain.
04:41On sera en capacité de répondre à tout blocage, et on se déploiera très rapidement.
04:45Vous savez, le dispositif policier mobilisé, il est exceptionnel, le ministre...
04:49Il est considérable, 80 000 membres des forces de sécurité ?
04:53Il est exceptionnel, il va nous permettre par exemple, pour la région Île-de-France
04:57et dans l'agglomération parisienne, de quadriller le territoire.
05:01Il y a un certain nombre de points qui seront tenus évidemment, mais pas tous.
05:04Ce qui va compter, c'est deux choses.
05:06La réactivité, la mobilité des forces de sécurité intérieure
05:09pour intervenir rapidement sur chaque blocage.
05:11Et puis surtout, la fermeté de l'intervention.
05:14Nous, on a des instructions très claires.
05:15On a calé cela à chaque préfet, sur tout le territoire national,
05:18moi y compris comme préfet de police.
05:20On a calé ça avec nos procureurs de la République.
05:22Il y aura des interpellations.
05:23Parce que c'est un délit d'entraver, de bloquer, c'est un délit.
05:26Vous anticipez donc déjà ces arrestations.
05:29Laurent Nunez, parmi les modes d'action évoqués,
05:33il y a ce que vous disiez à l'instant,
05:34c'est-à-dire des blocages de la voie publique ou des transports.
05:36Mais il y a aussi des manifestations, par exemple, péage gratuit.
05:41L'idée de laisser passer toutes les voitures.
05:45Il y a également des idées de dégradation de distributeurs de billets.
05:49Il y a donc une logique aussi économique.
05:52C'est-à-dire, y compris un certain nombre,
05:54alors là, ce n'est pas de votre ressort,
05:55mais de restaurateurs qui disent,
05:57moi je vais participer à ma manière en faisant la grève des TPE,
06:00c'est-à-dire des terminaux de cartes bleues.
06:03Est-ce que ça, vous, vous dites, attention, ça peut dégénérer ?
06:08Vous avez cité trois types d'actions.
06:10Nous, on se positionne quand même sur les blocages,
06:12les atteintes lourdes.
06:13Vous avez cité trois types d'actions.
06:17Que des restaurateurs...
06:17Les péages gratuits ?
06:18Que des péages gratuits,
06:19que les restaurateurs procèdent eux-mêmes
06:23à ne pas utiliser certains dispositifs.
06:25C'est une chose.
06:25Les dégradations de distributeurs de billets,
06:27évidemment que si les méseffectifs
06:29qui vont patrouiller sur l'ensemble de l'agglomération parisienne
06:32découvrent des individus qui dégradent
06:34des distributeurs de billets,
06:35vous comprenez que c'est un délit.
06:36Il y aura évidemment des interpellations.
06:37La question, c'est aussi le nombre de manifestants.
06:41Vous avez dit qu'il y aurait 80 000 policiers et gendarmes mobilisés.
06:45La dernière note des renseignements généraux,
06:48même si tout cela peut évoluer,
06:49qui date d'il y a 24 heures,
06:51évoquait l'idée de 100 000 participants.
06:54Est-ce qu'à un moment, vous n'êtes pas quand même dans le trop ?
06:57C'est-à-dire si vous avez quasiment un policier,
06:59un gendarme par manifestant tel que vous l'avez prévu ?
07:01Mais ce n'est pas une manifestation, Apolline de Malherbe.
07:03100 000, d'abord c'est un chiffre qui a été donné par une note
07:06qui n'a pas à être connue des médias.
07:08Ce sont des notes qui sont quand même classifiées accessoirement.
07:11Mais à supposer que ce chiffre...
07:12Mais est-ce qu'il y a ce chiffre ?
07:13Oui, ce sont les prévisions.
07:15Le ministre des Etats l'a dit,
07:16ce n'est pas une mobilisation importante.
07:20Par contre, ce n'est pas une manifestation,
07:22ce n'est pas 100 000 personnes qui sont au même endroit,
07:24au même moment,
07:25ou même à supposer, si je prends Paris,
07:27on n'a pas à un endroit 15 000 personnes qui vont manifester.
07:29Ça va être une pluralité d'actions.
07:32Elles vont être nombreuses, elles vont être multiples.
07:34Et je pense que nos concitoyens comprennent bien
07:36que les forces de l'ordre doivent se déployer,
07:38être réactives.
07:39Et pour faire cela, il faut être en nombre, évidemment.
07:41Laurent Nunez, dans le profil
07:43de ceux qui devraient manifester,
07:45il y a effectivement, vous le disiez,
07:47désormais un profil très politique.
07:49La France Insoumise et le nouveau parti anticapitaliste,
07:52je cite encore cette note,
07:53dont officiellement vous me dites
07:55que nous ne sommes pas censés y avoir accès,
07:57mais un certain nombre de journalistes l'ont eu,
07:58et notamment le journal Le Monde,
08:00qui cite la France Insoumise
08:01et le nouveau parti anticapitaliste,
08:02qui seraient donc à la manœuvre désormais
08:04dans les assemblées générales des organisateurs.
08:09Ils ont aussi identifié, les RG,
08:11des militants syndicaux, CGT et Solidaires,
08:14des activistes pro-palestiniens,
08:17des membres d'extinction-rébellion
08:18ou encore des soulèvements de la terre.
08:20Ça veut dire que c'est un peu le même profil
08:22qu'il y avait eu dans les prémices des Gilets jaunes,
08:25en l'occurrence Nuit Debout,
08:27un mouvement en 2016
08:28qui avait pris et siégé
08:31Place de la République dans le centre de Paris
08:33pendant de longues semaines.
08:35Oui, alors d'abord,
08:36sur les...
08:37Effectivement, toutes les organisations
08:38que vous avez citées, effectivement,
08:40appellent à participer à la journée de demain.
08:42Il y a des assemblées générales
08:43qui sont tenues un peu partout dans le pays,
08:44parfois, d'ailleurs,
08:45de manière extrêmement confidentielle.
08:47On sent qu'il y a une volonté
08:48de cacher les actions qui vont être menées.
08:50Donc on peut, on a tout lieu de penser
08:51que pour une partie d'entre elles,
08:52elles vont être assez malveillantes.
08:54Oui, vous avez raison de citer Les Nuits Debout.
08:56On comprend que pour un certain nombre d'actions,
08:58il pourrait y avoir une volonté
08:59de se maintenir sur un certain nombre de places,
09:01d'espaces publics,
09:02ce qui, évidemment, ne sera pas toléré.
09:04Est-ce que vous redouchez des Black Blocs ?
09:06Toute manifestation doit être déclarée.
09:07Il y a un cadre légal qui est prévu.
09:09Et quand elles ne le sont pas,
09:10elles deviennent illégales.
09:12Pour les Black Blocs,
09:13il faut être prudent sur les Black Blocs.
09:15Les Black Blocs,
09:15c'est une façon d'intervention
09:18qui consiste à se grimer en noir
09:20et à s'en prendre aux forces de l'ordre,
09:22aux commerces, aux dégradations.
09:24C'est généralement la mouvance d'ultra-gauche
09:26qui se constitue en Black Blocs.
09:29Généralement, ils le font
09:30quand on a des manifestations importantes.
09:33Moi, personnellement,
09:33sur l'agglomération parisienne,
09:34je crains moins les Black Blocs.
09:36Je crains des actions violentes, évidemment.
09:38Les Black Blocs, un peu moins.
09:39Par contre, le sujet se posera
09:41pour la manifestation intersyndicale
09:43du 18 septembre,
09:44où il y aura, on peut penser,
09:46sur Paris, plusieurs milliers de personnes,
09:48voire plusieurs dizaines de milliers de personnes.
09:50Manifestation dont, à ce jour,
09:51d'ailleurs, je n'ai aucun contact
09:52avec les organisations syndicales.
09:54Vous nous dites ce matin, Laurent Nunez,
09:55qu'aucune demande de manifestation
09:57n'a été déposée.
09:59Pour l'instant, je n'ai pas été saisi.
10:00Aucun parcours, aucune demande ?
10:02Non, pas pour l'instant.
10:03Je le saurais.
10:04Là, oui, évidemment,
10:05comme à chaque fois qu'il y a des cortèges
10:06de l'intersyndicale,
10:07vous avez toujours des groupes à risque,
10:09des groupuscules d'ultra-gauche,
10:11qui se constituent en Black Blocs
10:13et infiltrent le cortège.
10:15Généralement, d'ailleurs, devant le cortège.
10:16Ce ne sont absolument pas
10:17les organisations syndicales
10:18qui sont en cause dans cette affaire,
10:19mais qui commettent des dégradations,
10:22attaquent des vitrines,
10:23s'en prennent aux forces de l'ordre.
10:24Et évidemment, pour le 18,
10:25pour le 18, nous n'y sommes pas encore,
10:27mais c'est un risque important pour nous
10:29et nous y travaillons déjà.
10:30Donc, il y a le 10,
10:32il y a le 18,
10:33et le tout dans un contexte
10:34où le ministre de l'Intérieur
10:36n'est plus que ministre démissionnaire,
10:38comme on dit,
10:38puisque à midi, aujourd'hui,
10:39François Bayrou remettra sa démission.
10:42Est-ce que dans son contexte-là,
10:43d'un pouvoir faible,
10:45ce n'est pas le meilleur terrain
10:47pour que ça dérape ?
10:48Non, ça n'a rien à voir,
10:49puisque le ministre de l'Intérieur,
10:50il est quand même en charge
10:50de la gestion des affaires courantes.
10:53Et au ministère de l'Intérieur,
10:54la gestion des affaires courantes,
10:55c'est quand même un gros morceau.
10:56J'ouvre les guillemets,
10:57c'est quand même un gros morceau.
10:58Et donc, le ministre,
10:59il est pleinement aux commandes,
11:00le ministre d'État.
11:01Il n'y a pas de vacances du pouvoir,
11:03il n'y a pas de vacances
11:03de l'autorité, Laurent Nunez ?
11:04Je vous rappelle quand même
11:06que dans la séquence passée,
11:08on a quand même sécurisé,
11:10organisé, sécurisé les Jeux olympiques
11:12avec un gouvernement démissionnaire
11:14et les Jeux paralympiques.
11:15Donc voilà, les ministres sont en charge
11:16de la gestion des affaires courantes.
11:18Ça veut dire quand même
11:18qu'ils restent aux commandes.
11:19Il y a un certain nombre de décisions
11:21qui ne peuvent pas être prises,
11:23mais pour assurer la sécurisation
11:24et la protection de nos concitoyens,
11:26le ministre n'est absolument pas affaibli.
11:29Il est pleinement en exercice
11:30de ses fonctions.
11:32La gestion des affaires courantes
11:33au ministère de l'Intérieur,
11:33c'est déjà beaucoup de choses.
11:34Laurent Nunez,
11:35il y a la journée du 10
11:36et vous avez commencé
11:37à évoquer celle du 18.
11:39Est-ce que vous anticipez
11:40une jonction possible
11:41entre les deux
11:42et le fait que le mouvement
11:43Bloquant tout,
11:44qui d'ailleurs,
11:45pour ses organisateurs,
11:47demande à ce que ce ne soit
11:48pas seulement une journée,
11:49mais le début,
11:50c'est également l'appel
11:51de Jean-Luc Mélenchon,
11:52le début d'un blocage
11:53qui dure.
11:54Est-ce qu'il peut y avoir
11:55jonction entre ces deux mouvements-là ?
11:57Il y aura probablement
11:58des vélités de jonction,
11:59oui, effectivement.
12:00Et c'est quelque chose
12:00auquel on se prépare.
12:01Pas forcément avec la même intensité
12:03que le 10,
12:04mais il y aura sûrement
12:05entre le 10 et le 18
12:06un certain nombre d'actions
12:07militantes qui seront menées
12:09et ce qui fait qu'on sera
12:11évidemment mobilisé
12:12sur cette période.
12:13On en a déjà parlé
12:14dans le cadre de réunions
12:15de travail.
12:16Le ministre nous réunit
12:17tout à l'heure,
12:18à 11h,
12:18l'ensemble des préfets de France
12:19en visio
12:21pour donner ses instructions
12:23et évidemment,
12:23on abordera ces sujets
12:24de la période intermédiaire.
12:26Je suis toujours frappée
12:27quand même,
12:27Laurent Nunez,
12:28vous dites
12:28c'est interdit,
12:30nous ne tolérerons pas,
12:31on empêchera,
12:32le ministre d'État l'a dit.
12:34Et en même temps,
12:35quand on voit par exemple
12:36la semaine dernière
12:36cette répartie
12:37dans l'Aude,
12:38officiellement interdite,
12:40localisée,
12:43mais qu'en réalité
12:43les forces de l'Ordre
12:44n'ont pas réussi
12:45à déloger,
12:46c'est finalement
12:46les vignerons eux-mêmes
12:47qui ont fini par
12:48se faire justice eux-mêmes,
12:50ce qui est formellement interdit,
12:52et qui ont fini par
12:53déloger
12:54cette répartie.
12:55Est-ce qu'à un moment,
12:56il ne faut pas reconnaître
12:57que vous êtes dépassé ?
12:58Non,
12:59on n'est pas dépassé du tout.
13:00D'abord,
13:00ce n'est pas sur mon territoire,
13:02mais dans l'Ordre.
13:02Bien sûr,
13:03mais sur la question
13:03du maintien de l'Ordre
13:04et des interdictions.
13:05Les interdictions
13:05paraissent parfois théoriques.
13:07Non,
13:08elles ne sont pas théoriques.
13:09D'abord,
13:09sur cette histoire d'un parti,
13:10ce n'est pas dans ma sphère
13:11de compétences,
13:12mais je comprends
13:12que les gendarmes
13:13sont intervenus
13:13et ont évacué les personnes.
13:15Il y a eu énormément
13:15de verbalisations.
13:17Sur le maintien de l'Ordre,
13:18à quel moment
13:19on est dépassé
13:19dans les manifestations,
13:21il y a des black blocs,
13:21on intervient,
13:22on les interpelle.
13:23Alors évidemment,
13:23il y a une partie
13:24de l'opposition politique
13:25qui dit que quand on intervient
13:26sur les black blocs,
13:27on commet des violences policières,
13:29j'ouvre les guillemets,
13:29mais on n'est pas dépassé.
13:30Les cortèges syndicaux
13:31se déroulent normalement
13:32et quand il y a des exactions,
13:34on y met un terme.
13:35Voilà.
13:35On a eu une fête de la musique
13:36qui s'est déroulée,
13:37on a eu 2 millions de personnes
13:38dans Paris,
13:39il y a eu des personnes
13:39qui ont tenté
13:40de causer des débordements graves,
13:43nous sommes intervenus,
13:44on y a mis un terme.
13:45On n'est pas dépassé,
13:46enfin on n'est pas dépassé
13:47par le maintien de l'Ordre.
13:48Deux questions encore,
13:49Laurent Nunez,
13:50l'une sur une vidéo
13:52en Seine-Saint-Denis,
13:53l'autre sur la question
13:53de la sécurisation
13:55des fêtes juives à venir.
13:56En Seine-Saint-Denis,
13:57un policier a été filmé
13:58par une habitante
13:59en train de gifler un jeune.
14:01C'est dans votre secteur.
14:03La vidéo a fait le tour
14:04des réseaux sociaux,
14:05elle suscite la colère.
14:08Est-ce qu'elle suscite
14:08votre colère également ?
14:10Je comprends que cette vidéo
14:11suscite la colère.
14:12Moi-même, quand je l'ai vue,
14:12j'étais un petit peu,
14:13je me suis très interrogatif
14:15et j'ai demandé évidemment
14:15des explications.
14:17D'abord, le contexte...
14:18On y voit un jeune homme
14:19qui se fait gifler
14:20et cracher dessus par exemple.
14:21C'est 30 secondes
14:22d'une action policière
14:23où vous avez des policiers
14:24de Saint-Denis,
14:26en Seine-Saint-Denis,
14:27qui effectuaient des contrôles
14:28et qui ont repéré
14:28un groupe de jeunes.
14:29Il y avait huit jeunes,
14:30dont deux qui étaient
14:31sous contrôle judiciaire
14:32et qui n'étaient pas
14:34autorisés à se voir.
14:35Et on est sur un territoire
14:36où il y a un point de deal.
14:37Donc ils ont effectué
14:38un contrôle,
14:39ils ont interpellé deux personnes
14:40et ce que vous voyez,
14:41c'est la fin de l'action.
14:42Donc il y a un contexte particulier
14:43quand même.
14:44Mais vous avez l'air de dire
14:45non, c'est comme ça.
14:47Contexte particulier, c'est ça.
14:48C'est une action de police
14:49où il y a eu deux interpellations
14:51avec un groupe d'individus
14:52dont certains étaient
14:53sous contrôle judiciaire.
14:54Il y a le contexte particulier
14:55qui est celui de Saint-Denis
14:56où les effectifs qui interviennent
14:58sont régulièrement pris à partie.
15:00Bon, donc évidemment
15:01que ce geste,
15:02il est condamnable,
15:02il n'est pas déontologique.
15:04Donc évidemment,
15:05je le condamne,
15:05il n'est pas déontologique.
15:06Mais il est important
15:07de rappeler le contexte
15:08très difficile
15:09dans lequel travaillent
15:09les policiers.
15:10Il y a une enquête administrative
15:11qui est ouverte.
15:12Ce policier, je le connais.
15:14Je le connais
15:14puisque j'ai eu l'occasion
15:15de le rencontrer
15:16puisqu'à de nombreuses reprises,
15:18il a été blessé
15:19dans des interventions.
15:21Celui qui crache ?
15:23Ce policier,
15:23moi je l'avais rencontré
15:24quelques semaines avant
15:25pour le féliciter
15:26parce qu'il était intervenu
15:28sur une agression
15:29de policier d'un individu.
15:31Ils avaient interpellé
15:32un individu
15:32qui agressait des policiers.
15:33Donc vous dites quoi ?
15:34Je dis que le geste,
15:35il est condamnable.
15:36Je dis que le geste,
15:37il est condamnable
15:37parce qu'il donne du grain à moudre
15:39à ceux qui critiquent la police
15:40et qui veulent laisser à penser
15:42qu'il y a une systématisation
15:43des violences policières.
15:44Ça veut dire quoi ?
15:44Ça veut dire qu'il était à bout ?
15:45Ça veut dire que...
15:46Bien sûr, il était à bout.
15:47Il y avait une forme de lassitude
15:48chez lui, évidemment.
15:49Le geste est condamnable.
15:51Il y a une enquête administrative
15:52qui a été ouverte.
15:52Surtout, le parquet de Bobigny
15:54a été saisi.
15:55Mais il est important
15:55de rappeler le contexte.
15:56Les policiers travaillent
15:57dans des conditions
15:58qui sont très, très, très difficiles.
16:01Voilà.
16:01Donc voilà ce que je peux vous dire.
16:02L'avez-vous appelé ?
16:03Je ne l'ai pas appelé.
16:04J'étais en contact
16:05avec lui précédemment
16:06parce qu'encore une fois,
16:07il avait été agressé.
16:08Il y a quelques mois,
16:09il avait même été blessé
16:10assez sérieusement.
16:11Voilà.
16:12Ceci n'excuse pas le geste.
16:13Vous ne vous dites pas ?
16:14Ceci n'excuse pas le geste.
16:15Ça veut dire qu'il était tabou,
16:16il n'aurait jamais dû être sur le terrain ?
16:18Non, je ne me dis pas ça.
16:19C'est un fonctionnaire
16:20qui était motivé, déterminé,
16:21qui jusqu'alors était irréprochable
16:24dans son comportement.
16:25Et donc, attention, attention
16:27à ne pas systématiser
16:28par rapport à un geste,
16:30une attitude générale
16:31des policiers
16:31qui font remarquablement leur travail.
16:33François Bayrou a été interrogé
16:35précisément sur cette vidéo
16:36par nos confrères de Brut,
16:38dimanche.
16:39Et il a, à la question
16:40de savoir s'il y avait
16:41parfois une sorte de délit de faciès,
16:44laissé entendre que oui,
16:45dans certains quartiers,
16:47il y avait davantage de contrôles
16:49et que ça pouvait être vécu
16:51comme une injustice.
16:52Non, les contrôles,
16:54c'est un débat politique,
16:56le contrôle au faciès.
16:58Moi, ce que je peux vous dire,
16:59c'est que les effectifs
17:00qui sont placés sous mon autorité,
17:01et c'est vrai sur tout
17:02le territoire national,
17:03policiers, gendarmes,
17:04les policiers de la préfecture de police,
17:06nous, on contrôle des individus
17:08qui sont soit des délinquants,
17:09soit des individus
17:11dont on a des raisons
17:12de penser
17:13qu'ils peuvent avoir commis
17:14un acte délictueux.
17:15C'est les conditions
17:16du contrôle d'identité,
17:17et c'est dans ce cadre-là
17:18que nous les effectuons.
17:19Le mois de septembre
17:19est un mois de fête
17:20dans la communauté juive.
17:22Est-ce que vous redoutez
17:24des actes ciblés
17:27sur la communauté juive,
17:28et est-ce que vous prendrez
17:29des mesures spécifiques
17:31pour la protection
17:32des lieux de culte ?
17:33Oui, comme pour chaque séquence religieuse,
17:37effectivement,
17:38on va avoir Rosh Hashanah
17:39qui commence à la fin,
17:42je crois que c'est le 22 septembre,
17:44et puis on a ensuite Kippour,
17:47Soukhot,
17:48tout ça nous emmène
17:49jusqu'au 13 octobre.
17:50Oui, comme d'habitude,
17:52nous prendrons des mesures
17:53de sécurisation
17:54des lieux de culte,
17:55des lieux d'interagence.
17:55Comme d'habitude ?
17:56Est-ce qu'on peut dire
17:57comme d'habitude,
17:58ou est-ce qu'il faudrait
17:58que ce soit davantage que d'habitude ?
18:00Non, mais malheureusement,
18:01c'est comme d'habitude.
18:01On renforce notre présence,
18:03on sécurise les offices,
18:05on sécurise les fidèles.
18:07Voilà, on va le faire
18:10parce que vous avez vu
18:11que l'antisémitisme
18:12depuis le 7 octobre 2023
18:13a explosé dans notre pays.
18:15Alors, depuis les 7 premiers mois
18:17de l'année,
18:17ça baisse légèrement,
18:18mais on a atteint
18:19un tel niveau
18:20à partir du 7 octobre 2023
18:21qu'on peut parler vraiment
18:22d'une explosion.
18:22Est-ce qu'il y a des arrestations
18:24de manière anticipée ?
18:25Est-ce que vous avez anticipé
18:27des projets d'action ?
18:30Est-ce qu'il y a aujourd'hui
18:31des enquêtes ouvertes
18:32pour certains qui projetteraient
18:34à la fin du mois
18:35de s'en prendre aux communautés juives ?
18:36Non, il y a les services
18:37de renseignement et de l'antiterrorisme
18:38qui travaillent sur ces sujets.
18:39Non, on n'a pas de menaces connues,
18:43il n'y a pas de projets,
18:44mais on a un gros dispositif
18:45de sécurisation.
18:46Et comme à chaque fois
18:48pour les fêtes religieuses,
18:48le ministre d'État
18:49adressera des instructions
18:50de vigilance
18:51à l'ensemble des préfets
18:52de France.
18:53on restera évidemment
18:54et malheureusement
18:55toujours très vigilants
18:56sur les intérêts juifs.
18:58Malheureusement,
18:58parce que c'est quand même
18:59de plus en plus compliqué
19:01pour nos compatriotes juifs
19:03compte tenu des menaces
19:04et des actes antisémites
19:05qu'ils subissent au quotidien.
19:06Merci Laurent Nunez
19:07d'avoir été mon invité ce matin.
19:09Préfet de police de Paris,
19:11on a bien compris que
19:11vous promettez
19:13une réponse extrêmement ferme
19:15au mouvement Bloquons-tout.
19:17Et dès cette nuit,
19:18vous le dites,
19:18vous serez sur le pied de guerre
19:19pour pouvoir réagir
19:21en cas de blocage.
19:23Il est 8h52 sur RMC
19:25et BFM TV.
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