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Face à une Assemblée nationale prête à le renverser, François Bayrou a livré son dernier discours avant le vote de confiance. Dans une allocution au ton grave, le Premier ministre a défendu son action, martelant avoir voulu cette « épreuve de vérité ». Mettant en garde contre le surendettement, une « urgence vitale » pour la France, il a lancé aux députés : « Vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, mais vous n'avez pas le pouvoir d'effacer le réel ». Un ultime plaidoyer avant le vote qui a renversé le gouvernement.

#FrançoisBayrou #Gouvernement #AssembléeNationale #Politique #Votedeconfiance #PremierMinistre #Discours

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Transcription
00:00vote sur cette déclaration. La parole est à monsieur le Premier ministre.
00:30Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, cette épreuve de vérité, comme chef du gouvernement, avec l'assentiment du Président de la République, je l'ai voulu.
00:50J'ai voulu ce rendez-vous et certains d'entre vous, les plus nombreux, les plus sensés probablement, ont pensé que c'était déraisonnable, que c'était un trop grand risque.
01:05Or, je pense exactement le contraire. Le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change, de faire de la politique comme d'habitude,
01:21de faire durer sans prendre les décisions qui s'imposent, jusqu'au moment où l'irréparable est là et où l'on arrive au bord de la falaise.
01:31Car ce dont nous traitons aujourd'hui, ce n'est pas une question politique. C'est une question historique.
01:40Les questions politiques, ce sont celles qui concernent les partis, les rivalités des uns avec les autres et les questions de pouvoir.
01:49Les questions historiques, ce sont celles qui concernent les peuples et les nations.
01:54Les questions politiques, ce sont celles qui concernent les adultes qui se disputent tout le temps.
02:01Et les questions historiques, ce sont celles qui concernent les enfants et le monde que nous leur construisons.
02:08Les questions politiques, ce sont les questions pour la prochaine élection.
02:15Des questions pour demain qui se jouent aujourd'hui.
02:27Tous nous savons que notre pays, au-delà de l'orientation décisive qui va se trancher aujourd'hui,
02:35se trouve devant un immense champ de questions qui vont appeler dans les années qui viennent des changements profonds.
02:43Et je veux en quelques minutes, en cinq minutes, vous citer les plus graves de ces questions.
02:49Nous sommes devenus depuis l'an 2000 un pays qui produit moins que les autres, moins que ses voisins.
02:59Notre retard de production sur nos voisins les plus proches, qu'ils soient allemands ou belges,
03:05mesuré par le PIB par habitant, est de 15% notre retard.
03:11Et sur nos voisins néerlandais, de plus de 30%.
03:15Et ce, malgré les efforts faits ces dernières années sur la création d'entreprises, sur l'emploi,
03:22sur l'investissement, par exemple, avec France 2030.
03:24Imaginez ce que seraient nos revenus familiaux et les ressources de l'État si nous disposions de 15% ou 30% de plus à partager,
03:37nos salaires de 15% à 30% plus importants et les ressources de l'État de 15% à 30% plus abondantes.
03:45Si nous avions la production de nos voisins, la France n'aurait aucun problème de déficit,
03:52elle n'aurait pas de problème de dette, la production c'est donc une urgence nationale.
03:58Parallèlement, et pas sans lien, nous sommes devant un immense problème d'éducation nationale.
04:07Notre école, notre collège, notre lycée, nos universités,
04:12jadis autant d'exemples pour la planète entière,
04:16sont aujourd'hui déclassées avec une chute sur la maîtrise des fondamentaux,
04:23sur l'écrit, sur la lecture, sur la langue, sur l'arithmétique élémentaire,
04:29des difficultés sur l'orientation,
04:32trop précoces, en tout cas pour moi,
04:35trop angoissantes, trop mécaniques
04:37et n'assurant pas la promesse républicaine, égalité des chances, d'où conviennent.
04:41Et s'il le faut, deuxième chance et encore troisième chance.
04:46Nous sommes devant une immense question de modèle social
04:50inventé il y a 80 ans sous l'inspiration du Conseil National de la Résistance
04:56et aujourd'hui gravement déficitaire,
05:00déstabilisé par le déséquilibre démographique,
05:04par le vieillissement des Français
05:06et par le déséquilibre du système des retraites.
05:10Nous sommes devant une immense question du logement,
05:13logement des familles, parcours de la location à la propriété pour ceux qui le souhaitent,
05:21logement des jeunes, logement des étudiants
05:24et même jusqu'au logement d'urgence.
05:27Le modèle est à réinventer.
05:30Nous sommes le pays du monde qui a le mieux identifié l'enjeu écologique,
05:35le développement durable,
05:36la production décarbonée.
05:40C'est une fierté, mais en un temps où cet enjeu est battu en brèche partout sur la planète,
05:47c'est un défi de mobilisation générale.
05:50Nous sommes devant une immense exigence et une inquiétude
05:55liées à la sécurité,
05:57à la sécurité de tous les jours,
06:00au respect de l'intégrité des biens et des personnes.
06:02Et nous savons que cette inquiétude, c'est d'abord celle des plus fragiles,
06:08et donc sécurité et justice,
06:10ce sont les deux phases de notre premier devoir d'État.
06:14Nous sommes devant la question que les migrations posent à notre pays et à nos sociétés.
06:20Les migrations,
06:22les migrations,
06:23liées aux différences de développement,
06:26à la misère chez les uns avec une démographie expansive,
06:29à l'abondance chez les autres avec une population déclinante,
06:34sans compter la déstabilisation climatique.
06:38Nous avons donc deux obligations,
06:40contrôler et maîtriser les arrivées,
06:42et intégrer ceux qui sont et seront là,
06:45les intégrer, dans ma conviction,
06:47par le travail,
06:48par la langue,
06:50par l'engagement à respecter nos principes de vie.
06:52Et je dois ajouter l'aménagement du territoire dans l'Hexagone,
06:57avec des déséquilibres entre les métropoles et les nouveaux déserts français,
07:02transports, équipements, centres de décision,
07:05les territoires sont en demande,
07:07et ont souvent l'impression que nul ne les entend.
07:10Et nos Outre-mer,
07:12avec des enjeux de vie quotidienne et de destin,
07:16dont nous savons qu'ils doivent être totalement réinventés,
07:19enjeux que le gouvernement a saisis dès son installation.
07:24Tout cela est immense et urgent.
07:27Magnifique cathédrale à reconstruire pour un peuple qui le mérite,
07:32un peuple avec des capacités à nul autre pareil,
07:35au premier rang du monde pour les sciences fondamentales,
07:39pour les mathématiques, pour la physique, pour la chimie, pour la génétique,
07:43pour la pharmacie et pour les technologies,
07:46pour le quantique, pour l'algorithmique,
07:48pour la robotique au premier rang dans le monde industriel,
07:52à l'égard des empires,
07:53pour le spatial, pour l'aviation, pour les hélicoptères,
07:57pour la construction navale, pour les sous-marins, pour les centrales nucléaires.
08:02Mais tout cela, c'est une économie qui a conquis les sommets
08:05et qui doit reconstruire les camps de base,
08:09rééquilibrer son commerce extérieur,
08:12à commencer par le développement de l'agriculture,
08:14de l'industrie, de l'automobile,
08:18tout secteur où nous avons des atouts,
08:20à l'équipement de la maison dont nous sommes presque absents.
08:24Mais tout cela, toutes ces questions,
08:26sont aujourd'hui soumises.
08:28Madame Chikirou, vous n'avez pas la parole.
08:39Merci de laisser M. le Premier ministre exprimer.
08:42Mais tout cela, toutes ces questions,
08:46sont aujourd'hui soumises
08:47à la question dont tout dépend,
08:52à la question vitale,
08:53d'urgence vitale,
08:55où notre pronostic vital est engagé,
08:56dont dépend notre État,
09:00notre indépendance,
09:02nos services publics,
09:03notre modèle social.
09:05C'est la question de la maîtrise de nos dépenses,
09:08la question du sur-endettement.
09:10Votre soutien,
09:13l'accord minimal,
09:15sans lequel je ne pourrais pas poursuivre ma mission,
09:18je le demande à l'Assemblée nationale
09:20sur un seul point mais décisif,
09:23le constat de la situation du pays.
09:25La France n'a pas connu de budget en équilibre
09:30depuis 51 ans.
09:33Depuis 51 ans, tous les ans,
09:36les dépenses s'accroissent,
09:38les déficits se répètent
09:40et les dettes s'accumulent.
09:43Tous les ans,
09:46nous dépensons plus que nos ressources de l'année
09:48et souvent beaucoup plus.
09:49Alors cela se justifie bien sûr
09:52lorsqu'il faut passer des crises,
09:55la crise des subprimes,
09:57crise financière mondiale sous Nicolas Sarkozy
10:00et l'incroyable succession
10:02de coups du sort depuis 2020,
10:04le Covid,
10:05la guerre en Ukraine,
10:07la crise énergétique,
10:08l'inflation et les menaces de tout genre.
10:10Mais nous dépensons
10:16mais nous ne revenons jamais en arrière.
10:19C'est devenu un réflexe
10:22et pire encore, une addiction.
10:25Les dépenses ordinaires du pays,
10:27les dépenses pour notre vie de tous les jours,
10:30pour les services publics,
10:31pour les retraites,
10:33pour rembourser nos feuilles de sécu,
10:35nous avons pris l'habitude
10:36de les financer à crédit.
10:38Donc dépassement systématique de dépenses.
10:42Chaque année,
10:43pour acquitter chaque euro de dépense,
10:46il a fallu,
10:47chaque euro de dépassement des dépenses,
10:49il a fallu emprunter,
10:51comme un ménage ou une entreprise
10:53emprunte à la banque
10:54quand ils ont un déficit.
10:56Un euro de déficit,
10:58c'est un euro de dette supplémentaire.
11:02Et l'addition des déficits,
11:04par milliards tous les ans,
11:05nous a conduit à une écrasante accumulation,
11:103 415 milliards d'euros de dettes
11:14à l'heure précise où nous parlons.
11:17Cette accumulation a un prix.
11:20C'est la ponction
11:21que le service de la dette représente tous les ans.
11:25Ce qu'il faut payer aux créanciers
11:27pour les intérêts
11:28est la part de capital qu'on doit rembourser.
11:31Et cela, on est obligé de la quitter.
11:34Sinon, c'est la banqueroute.
11:36Si on ne le faisait pas,
11:37on ne trouverait plus
11:38à emprunter un centime.
11:40Or, nous ne pouvons pas vivre
11:42dans un pays comme le nôtre
11:45sans emprunter
11:47pour payer les fonctionnaires
11:48ou pour les retraites
11:49ou pour la sécu
11:50ni pour remplir
11:51nos obligations d'emprunteurs.
11:54D'ores et déjà,
11:56nos obligations de remboursement annuels
11:58et part à rembourser du capital
12:02dépasse et de loin
12:04dépasse ce que notre pays produit
12:07en plus chaque année
12:08par sa croissance,
12:11par ses progrès
12:12en plus de l'année précédente.
12:14Il faut avoir les chiffres précis en tête
12:17parce que ces chiffres
12:18ne sont pas du tout abstraits.
12:20Ils disent une chose évidente
12:22et que nous ne pouvons pas faire semblant d'ignorer.
12:25Chaque année,
12:28à notre rythme annuel
12:29de croissance et d'inflation,
12:31chaque année,
12:32la France,
12:34en plus de l'année précédente,
12:36produit pour un montant
12:38de 50 milliards d'euros environ.
12:42Face à ces 50 milliards,
12:43en moyenne,
12:45en 2020,
12:48les annuités qu'il nous fallait verser
12:49représentaient environ 30 milliards par an.
12:5250-30.
12:53En 2024,
12:56c'était 60 milliards.
12:58Cette année,
13:0067 milliards.
13:01L'année prochaine,
13:02en 2026,
13:0475 milliards.
13:06L'année suivante,
13:0785 milliards.
13:09Et à la fin de la décennie,
13:11dit la Cour des comptes,
13:12107 milliards.
13:1450 milliards créés par le travail.
13:18Plus de 100 milliards
13:19transférés à nos créanciers.
13:21le double.
13:24Autrement dit,
13:25tout le travail,
13:27l'inventivité du pays
13:28pour progresser pendant une année,
13:30tout ce progrès
13:31que nous voulons pour les nôtres,
13:33pour nos enfants,
13:35est entièrement reversé
13:37à nos créanciers.
13:37Et la majorité de nos créanciers,
13:4060%,
13:41sont étrangers.
13:43Ce sont donc des dépenses obligatoires
13:45totalement improductives.
13:48Pas un emploi de plus,
13:50pas un service amélioré,
13:52pas un équipement mis en place.
13:54Notre pays travaille,
13:58croit s'enrichir
13:59et tous les ans
14:00s'appauvrit un peu plus.
14:03Mesdames et Messieurs les députés,
14:04c'est une silencieuse,
14:07souterraine,
14:09invisible
14:09et insupportable
14:11hémorragie.
14:14Et si c'est insupportable,
14:16on ne doit pas le supporter.
14:18C'est le sens
14:19de la déclaration du gouvernement
14:21devant l'Assemblée nationale.
14:22Comme capitaine du navire
14:25informé de la voie d'eau
14:26qui s'élargit sans cesse
14:28du flot qui envahit nos cales,
14:32je dis que notre devoir
14:33est d'abord et tout de suite
14:35de nous mettre à l'étancher
14:37et de nous y mettre tous.
14:39Alors, on me dit,
14:40mais c'est pas urgent.
14:43Ça peut attendre.
14:45Vous êtes trop impatients,
14:47vous voulez aller trop vite.
14:49Le bateau flotte encore.
14:50Il ne faut pas troubler
14:52les passagers et l'équipage.
14:55Là est précisément
14:56la confrontation des points de vue.
15:00Là est la prise de responsabilité
15:01de chacun.
15:04Je dis au contraire
15:05que si nous voulons
15:07la sauvegarde du navire,
15:09du navire sur lequel nous sommes
15:11et sur lequel sont nos enfants,
15:13il faut agir sans retard.
15:15Et ce n'est pas hors d'atteinte.
15:19Cela demande seulement
15:20la mobilisation de tous
15:23et un effort modéré de chacun
15:25si l'on s'y prend à temps.
15:29Mais il convient même brièvement
15:31d'élargir l'analyse,
15:33de dépasser les conséquences
15:34que je décris sur la vie des Français
15:36et d'envisager,
15:38je veux le faire devant vous,
15:39ce que seraient les conséquences
15:41sur le destin de la France.
15:42Nous tous, d'où que nous venions,
15:46nous sommes les héritiers
15:48de la France.
15:50C'est ce destin unique
15:51entre les peuples
15:52d'une puissance moyenne
15:57par le nombre de ses habitants
15:58mais à vocation universelle
16:00qui nous a fait ce que nous sommes.
16:04Et aujourd'hui,
16:05le destin de la France,
16:06notre nation écrite dans l'histoire,
16:08se trouve menacé
16:10par nos quotidiennes impérissies.
16:12Pour une nation,
16:14la question de l'influence est vitale,
16:17la capacité à faire rayonner
16:19ses valeurs,
16:21nos valeurs françaises
16:22et universelles
16:23partout menacées.
16:25Les droits de l'homme
16:26et d'abord le droit des femmes,
16:29le droit au respect
16:30et à la liberté des femmes,
16:32le droit des enfants,
16:34le droit à la liberté
16:36et au respect de la vie privée,
16:38le droit à la libre opinion,
16:40à la libre conviction,
16:42le droit à la libre religion,
16:44à la libre philosophie,
16:46le droit à se former.
16:48Cet ensemble de droits
16:49comme il n'y en eut jamais
16:51de plus complet dans le monde.
16:53Depuis que le monde est monde,
16:55tout cela,
16:56qui le défend sinon la France ?
16:58Et comment la France peut-elle
17:01défendre cet ensemble de valeurs
17:03lui donner sens
17:04en elle-même
17:06et par l'Union européenne
17:07si elle s'avère faible,
17:11si elle a perdu sa crédibilité
17:13en perdant sa souveraineté ?
17:16C'est ainsi que nous ne sommes pas
17:18à cet instant défenseurs
17:20de nos seuls intérêts,
17:21de notre santé,
17:23de notre prospérité.
17:24Nous sommes les défenseurs menacés
17:26d'un bloc de valeurs
17:28lui aussi menacé.
17:30De notre capacité à l'indépendance
17:32et à la souveraineté
17:33dépend notre capacité d'influence.
17:37Du respect que la France impose aux autres
17:40dépend le respect qu'on portera
17:42à ses valeurs.
17:43La soumission à la dette,
17:47c'est comme la soumission
17:48par la force militaire.
17:50Dominée par les armes
17:51ou dominée par nos créanciers
17:53du fait d'une dette
17:55qui nous submerge,
17:57dans les deux cas,
17:58nous perdons notre liberté.
18:01Et dans les deux cas,
18:02il ne tient qu'à nous
18:03de nous émanciper,
18:05de retrouver le chemin de la liberté.
18:08Cela ne demande qu'un effort
18:09sur nous-mêmes.
18:11C'est pourquoi la France,
18:12sous l'autorité du Président de la République
18:14et par le vote des parlementaires,
18:16a choisi un plan d'équipement
18:18de ses armées,
18:19de ses hommes
18:20et de ses matériels,
18:22la loi de programmation militaire.
18:24Cette loi, vous le savez,
18:26il est nécessaire
18:27non seulement de la respecter,
18:30mais de l'abonder
18:31par des investissements complémentaires,
18:35décidés en raison des dangers
18:37de toute nature
18:38auxquels notre pays
18:39et notre continent
18:40sont exposés.
18:42Ces investissements complémentaires
18:44nécessaires
18:45sont inscrits
18:46pour 3 milliards supplémentaires
18:48dès cette année
18:48dans le plan
18:49que nous avons présenté
18:50aux Français
18:51au mois de juillet.
18:52C'est pourquoi,
18:53de la même manière,
18:55le gouvernement propose
18:56un pays au pays,
18:57un plan pour aller
18:58vers le désendettement,
19:00pour que la France
19:01échappe en peu d'années
19:02à l'inexorable marée
19:04de dettes
19:05qui la submerge.
19:07En 4 années,
19:09et c'est un délai raisonnable
19:10dans la vie d'un pays
19:11et de ses habitants,
19:12ce n'est pas que nous n'aurons
19:13plus de dettes,
19:15mais notre dette
19:15n'augmentera plus.
19:17Et voilà le plan.
19:19Atteindre,
19:20en 2029,
19:23le seuil de 3%
19:24des déficits publics annuels,
19:27seuil à partir duquel
19:28la dette n'augmente plus.
19:30Et si la dette
19:32n'augmente plus,
19:33alors le travail des Français,
19:35leur inventivité,
19:36leur créativité,
19:37leur confiance retrouvée
19:38remettront le pays à flot
19:40et nous le croyons
19:41plus vite qu'on ne croit.
19:43Tout nous y invite,
19:45les technologies d'un monde
19:47qui va de révolution
19:48en révolution,
19:49l'intelligence artificielle,
19:51notre créativité intellectuelle,
19:54culturelle, artistique,
19:56notre recherche.
19:58Si nous savons nous libérer
20:00de ces chaînes
20:01qui nous entravent,
20:03alors tous les épanouissements
20:05seront ouverts aux Français
20:06d'aujourd'hui
20:07et aux générations
20:08qui viennent.
20:10Tout est prêt,
20:12tout est en germe,
20:13ne manque que la détermination
20:15de ceux qui veulent en sortir.
20:18Cela oblige à des efforts,
20:20mais des efforts modérés,
20:22je le disais,
20:22des efforts qu'un pays
20:23doit considérer supportables,
20:25dépenser un peu moins
20:27que ce qui était attendu
20:28ou programmé,
20:30freiner les dépenses,
20:31les étaler dans le temps,
20:34mais affirmer devant nos concitoyens
20:36et à la face du monde
20:37que si personne ne sera abandonné,
20:40ce sont d'abord et avant tout
20:41les plus jeunes d'entre nous
20:43dont nous devons nous occuper.
20:44J'ai été frappé des messages
20:47que j'ai reçus
20:49pour avoir évoqué
20:50les plus jeunes
20:50et le poids qui pèse
20:53sur leur génération.
20:55Ils portent
20:56les plus jeunes,
20:58ils portent
20:58et vont porter
20:59pendant 20 ou 30 ans
21:00ou davantage encore
21:02le poids
21:03des milliers
21:04de milliards de dettes
21:05que leurs aînés
21:06ont contractées
21:07et qu'ils vont,
21:08eux,
21:08devoir endosser.
21:10Elles n'ont pas été contractées
21:12pour équiper le pays
21:13comme il aurait fallu,
21:14pour décider
21:20de leur avenir.
21:21Ces milliers
21:22de milliards de dettes
21:23ont été consacrées
21:24à éponger
21:25les dépenses courantes
21:26de la vie
21:27de tous les jours
21:28qu'un pays normal
21:30devrait assumer
21:31à chaque génération
21:32pour son compte.
21:34Depuis des décennies
21:35sur ce point,
21:37nous avons rompu
21:38le contrat de confiance
21:39entre générations
21:40qui est la base
21:41du contrat social.
21:43J'ai été frappé
21:44de vérifier
21:44combien les jeunes
21:45se sentent
21:46générations sacrifiées.
21:48Ils disent
21:49nous n'aurons pas
21:50de retraite,
21:51la retraite,
21:52ça sera jamais pour nous
21:53et le double enjeu
21:55qu'ils rencontrent
21:56aujourd'hui,
21:56oui,
21:57oh,
21:57je sais très bien
21:58que vous voulez
21:58qu'on augmente encore
21:59les charges
22:00sur leurs épaules.
22:01et bien nous,
22:02nous croyons exactement
22:03le contraire,
22:04nous pensons
22:05qu'il faut les alléger
22:06de manière
22:07qu'ils soient libérés
22:08de l'esclavage
22:09dans lequel on les plonge.
22:10Il est simple
22:24d'évoquer devant vous
22:25le double enjeu
22:26que ces jeunes rencontrent
22:27et souvent
22:28le double échec
22:29dans la recherche du travail
22:31et la recherche du logement
22:32dans certaines villes
22:34et certaines régions
22:35et sans compter
22:36le logement étudiant.
22:37générations
22:39qui ne se voient pas
22:40d'avenir commun.
22:42Cette situation,
22:43pour nous,
22:44elle est insupportable
22:45du point de vue démocratique,
22:48insupportable
22:49du point de vue civique
22:50autant que du point de vue moral.
22:53La prise de conscience,
22:55c'est aussi celle-là
22:56que les plus avancés
22:58en âge
22:59unissent leurs efforts
23:00pour alléger la dette
23:02que les plus jeunes
23:03devront acquitter.
23:05Ne leur dites pas
23:06que vous les aimez,
23:07que vous veillez sur eux
23:08si vous faites semblant
23:09d'ignorer
23:10la charge écrasante
23:12accumulée
23:12sur leurs épaules.
23:16J'ai parlé de...
23:18Si vous criez,
23:22je bois,
23:23donc c'est une bonne chose.
23:30Allez, s'il vous plaît,
23:32mes chers collègues.
23:33Je viens de parler
23:34de prise de conscience.
23:35Allez.
23:37Et ayant vécu
23:38ces derniers mois
23:39cet exercice inédit
23:40et je crois sans précédent
23:41de transparence
23:43entre citoyens,
23:45j'ai vu la puissance
23:46des forces
23:46qui veulent
23:47qu'on continue
23:48à fermer les yeux.
23:50Alors certes,
23:50il y a un fait nouveau.
23:52Depuis quelques semaines,
23:53depuis que nous avons
23:54commencé ce travail,
23:56la première phrase
23:57de cela
23:58est devenue
23:59« Nous ne nions pas
24:00la situation ».
24:02Mais ils ajoutent aussitôt
24:03« Nous sommes en désaccord
24:05avec la méthode,
24:06avec les décisions prises,
24:07avec le rythme
24:08du désendettement,
24:10avec l'identification
24:11des causes
24:11et nous combattrons cela
24:13de toutes nos forces
24:14et c'est pourquoi
24:14nous voulons faire tomber
24:16ce gouvernement
24:17qui nous invite
24:18à l'effort. »
24:20Les indices,
24:21et ne croyez pas
24:22que j'ignore
24:22l'efficacité du discours,
24:24ce sont les immigrés
24:25qu'il faut mettre
24:26à contribution.
24:27Ce sont les étrangers
24:28qui sont la cause
24:30de tout.
24:31C'est auprès de cela
24:32que nous gaspillons
24:34notre argent
24:35et qu'il faut taper
24:37dans la caisse
24:38ou bien
24:40variante de la part
24:42des mêmes,
24:44c'est l'Europe,
24:45nous nous ruinons
24:45à respecter
24:46nos engagements.
24:4720 milliards là,
24:4810 milliards ici,
24:50et en effet,
24:50c'est plus facile.
24:54Je suis d'accord,
24:55je l'ai dit,
24:56pour qu'on vérifie
24:56mesure par mesure
24:57s'il y a des anomalies,
25:00des injustices
25:01au détriment
25:02de nos compatriotes.
25:05J'ai pris la décision
25:06d'intervenir
25:07à ce sujet
25:08cette semaine
25:10sur l'aide médicale
25:11d'État
25:12pour faire entrer
25:14dans la norme
25:15le rapport
25:16présenté par
25:18Claude Évin
25:19et Patrick Stéphanini
25:20et j'ai été
25:22heureux
25:22qu'ils rappellent
25:23que c'est
25:24le premier gouvernement
25:25qui prend en compte
25:26leur rapport
25:27depuis deux ans
25:28qu'il a été déposé.
25:30Mais j'ai entendu
25:31des voix
25:31qui disaient
25:32tout ça
25:33nous soulève
25:34le cœur.
25:36En tout état de cause,
25:38l'addition
25:38des économies
25:39est très loin
25:39de représenter
25:40un ordre de grandeur
25:42à la dimension
25:43du problème.
25:43ou bien
25:45autre discours
25:46ce sont
25:47les riches
25:47qu'il faut faire payer.
25:50Et là encore
25:50je ne sous-estime
25:57pas
25:57l'efficacité
25:59du discours.
26:00Bernard Arnault
26:01est devenu
26:01figure emblématique.
26:04Lui et ses semblables
26:05sont devenus
26:06les cibles
26:07emblématiques
26:08d'une pensée magique.
26:10ils sont
26:11comme ces poupées
26:12vaudou
26:12dans lesquelles
26:13on plante des aiguilles
26:14pour les atteindre
26:15j'imagine
26:16au portefeuille.
26:18On m'accordera
26:19on m'accordera
26:22que je ne suis
26:24ni un défenseur
26:25attitré
26:25ni un stipendier
26:28de ses réussites.
26:30Mais je n'oublie pas
26:31ce qu'elles font
26:32tous les jours
26:33pour le pays.
26:35L'excédent
26:36du commerce extérieur
26:37dans le secteur
26:39du luxe
26:39c'est 40 milliards
26:41d'euros par an.
26:43Et la valorisation
26:44et l'image
26:45de la France
26:46qui contribue
26:46à l'industrie
26:47comme au tourisme
26:48représentent
26:49des dizaines
26:50de milliers
26:50d'emplois.
26:53Alors on nous dit
26:54il suffit
26:54de prendre
26:55ce qu'ils ont
26:56ou une large part
26:58de ce qu'ils ont
26:59ou chaque année
27:002% de ce qu'ils ont
27:02et les problèmes
27:03de la France
27:03seront réglés.
27:05On oublie
27:06deux choses essentielles.
27:07La première
27:09est qu'un pays
27:10comme le nôtre
27:10a besoin
27:11d'investisseurs.
27:13Le 1%
27:14des plus
27:15hauts
27:15contribuables
27:16assume
27:17une large part
27:19de l'investissement
27:19privé
27:20dans l'appareil
27:21productif
27:22en France.
27:23Et on oublie
27:24une deuxième
27:24conséquence.
27:26Dans le monde
27:27de frontières ouvertes
27:28où nous vivons
27:28ceux qui sont
27:30ciblés
27:30ont une réplique
27:32très simple
27:33et très immédiate
27:34ils déménagent.
27:37Ils ont
27:38pléthore
27:39de pays
27:39où ils peuvent
27:40trouver
27:40un refuge
27:41fiscal.
27:42En Europe
27:43même
27:44le Luxembourg
27:46la Belgique
27:47les Pays-Bas
27:48pour les entreprises
27:50demandaient
27:51à nos voisins
27:52britanniques
27:53ils ont décidé
27:54de taxer
27:56les étrangers
27:57qui étaient
27:57exonérés
27:58de fiscalité.
28:00Ceux-là
28:01ont déménagé
28:01et la conséquence
28:02immédiate
28:03a été
28:04l'explosion
28:05du prix
28:06de l'immobilier
28:07à Milan.
28:10Mentionnons
28:11au passage
28:11et François Hollande
28:13le sait bien
28:14que ce type
28:17de fiscalité
28:18est interdit
28:19par le Conseil
28:20constitutionnel
28:21qu'il a
28:23depuis longtemps
28:24déclaré
28:25confiscatoire
28:26et donc
28:27inconstitutionnel.
28:30Mais je réaffirme
28:31ici.
28:35Chacun pourra
28:36s'exprimer
28:36le temps
28:37venu
28:37s'il vous plaît
28:38on écoute
28:39le Premier Ministre
28:40dans le calme
28:41merci.
28:45Mais je veux
28:45réaffirmer
28:46ici
28:46qu'il conviendra
28:49de trouver
28:49un type
28:50de contribution
28:51qui fasse
28:52que les très
28:53hauts revenus
28:54et les très
28:54hauts patrimoines
28:55soient appelés
28:56à participer
28:57spécifiquement
28:58à l'effort
28:58national
28:59et qu'un travail
29:01en profondeur
29:02soit conduit
29:03pour éviter
29:04que soient
29:05mises en place
29:06ou que se
29:06perpétuent
29:07des stratégies
29:09d'optimisation
29:10fiscale
29:11manifestement
29:12anti-égalitaires
29:14et bien que
29:15juridiquement
29:16correctes
29:17moralement
29:17discutables.
29:18Et j'ai
29:22proposé
29:24dès la mi-juillet
29:25que les commissions
29:26parlementaires
29:26soient invitées
29:27à participer
29:28à ce travail
29:29de mise au point
29:30de cette fiscalité
29:31de solidarité.
29:33Les solutions
29:34de facilité
29:34celles
29:36qu'on vente
29:36aux Français
29:37à longueur
29:38de discours
29:38ne suffiront
29:39jamais.
29:40Notons au passage
29:42qu'entre
29:43ceux
29:43qui affirment
29:44nous allons
29:46instituer
29:4620 ou 30 milliards
29:48d'impôts nouveaux
29:49et ceux
29:50qui stipulent
29:51pas un euro
29:52d'impôts supplémentaires
29:54entre ceux
29:55qui disent
29:56nous allons
29:57prendre les ressources
29:58dépensées
29:59pour les étrangers
30:00et ceux
30:01qui déclarent
30:02qu'ils s'y opposeront
30:03jour et nuit
30:04et jusqu'au bout.
30:06La conjonction
30:07des forces
30:08qui annoncent
30:08qu'elles veulent
30:10additionner leur voix
30:11pour faire tomber
30:12le gouvernement
30:13c'est un
30:14taux-ubohu
30:14qui se prépare
30:15pour la France
30:16et pardonnez-moi
30:18de le rappeler
30:18à ce moment
30:19le problème
30:25la menace
30:27le risque
30:27pour la France
30:28demeurera
30:30entier
30:31parce que
30:32mesdames et messieurs
30:34les députés
30:35vous avez le pouvoir
30:36de renverser
30:37le gouvernement
30:37mais vous n'avez pas
30:39le pouvoir
30:39d'effacer le réel
30:41le réel
30:42demeurera
30:44inexorable
30:45les dépenses
30:47continueront
30:47d'augmenter
30:48plus encore
30:49et le poids
30:50de la dette
30:51déjà insupportable
30:53sera de plus en plus
30:54lourd
30:55et de plus en plus
30:56cher
30:56il n'y a donc
30:59qu'un seul chemin
31:00pour que notre pays
31:01s'en sorte
31:02aujourd'hui
31:03comme dans les années
31:0450
31:05quand le général
31:06de Gaulle
31:07et un peu plus tôt
31:07Pierre Mendes France
31:09affirmer
31:10tous les deux
31:11dans le même sens
31:13pour l'un
31:15qu'un pays
31:16qui n'est pas capable
31:17d'équilibrer
31:18ses finances publiques
31:19est un pays
31:20qui s'abandonne
31:21et pour l'autre
31:22je refuse
31:23que l'équilibre
31:24des finances publiques
31:25se fasse
31:26par l'accroissement
31:27chronique
31:28de la dette
31:28c'est la question
31:30précisément
31:31qui est posée
31:32aujourd'hui
31:32mesdames et messieurs
31:35les députés
31:35dans cette démarche
31:36inédite
31:37qui vise à mettre
31:38tous les parlementaires
31:39face à leurs responsabilités
31:41propres
31:41personnelles
31:43humaines
31:44tous ceux
31:46qui voient bien
31:47que quelque chose
31:48ne va pas
31:49même s'il est plus
31:50commode
31:51d'ignorer cette évidence
31:52dans cette démarche
31:54il y a une certaine idée
31:55de la démocratie
31:56et du gouvernement
31:57d'un peuple
31:57j'ai choisi
31:59de m'adresser
32:00à vous
32:01comme si le destin
32:03n'était pas écrit
32:04comme si la réponse
32:06de l'assemblée nationale
32:07à l'engagement
32:07de responsabilité
32:09n'avait pas été annoncée
32:10partout
32:11à corps et à cri
32:12sur tous les tons
32:14et toutes les antennes
32:15de la part du plus grand nombre
32:16des groupes
32:17de cette assemblée
32:18je m'adresse à vous
32:20en prenant au pied
32:21de la lettre
32:21nos principes
32:22énoncés
32:23à l'article 27
32:24de la constitution
32:25le droit de vote
32:27des membres
32:27du parlement
32:28et personnel
32:29ce qui veut dire
32:30en principe
32:31que les mots d'ordre
32:33n'ont pas leur place ici
32:34ce qui a sa place ici
32:36c'est la conscience personnelle
32:38de chacun
32:39des députés
32:40de la nation
32:41tous les partis politiques
32:50qui ne font pas partie
32:54du gouvernement
32:54s'il vous plaît
32:57s'il vous plaît
32:59tous les partis politiques
33:03qui ne font pas partie
33:04du gouvernement
33:04ont annoncé leur décision
33:07de renverser ce gouvernement
33:08exploit tout relatif
33:10permettez-moi de le signaler
33:12puisque ce gouvernement
33:13est sans majorité
33:14ni majorité absolue
33:16ni majorité relative
33:17gouvernement
33:19dont la chute
33:20irrévocable
33:20je le sais bien
33:21était annoncée
33:22depuis la première minute
33:24de son existence
33:25je veux apporter ici
33:28une précision
33:29j'ai une haute idée
33:35des mouvements politiques
33:36je me suis engagé
33:38quand j'avais à peine
33:38plus de 20 ans
33:39dans celui auquel
33:40j'adhère encore
33:41aujourd'hui
33:41je ne l'ai jamais quitté
33:45je l'ai défendu
33:47quand nous n'étions
33:48qu'une poignée
33:49à y croire encore
33:50je l'ai porté
33:52envers et contre tous
33:53et je suis fier
33:55de la génération
33:56de responsables
33:57qui m'entourent
33:58aujourd'hui
33:59et je suis certain
34:01que sur beaucoup
34:04de ces bancs
34:05le même sentiment
34:08d'intime fidélité
34:09et de fierté
34:10avec le parti
34:11auquel vous adhérez
34:12et partagez
34:13mais les partis politiques
34:16ont aussi
34:16un défaut fondamental
34:18qu'a si précisément vu
34:21y compris
34:22à son détriment
34:23le général de Gaulle
34:24c'est que leur logique
34:26toujours
34:27les conduit
34:28à la division
34:29c'est une malédiction
34:32que nous vérifions
34:33à cet instant
34:34notre pays
34:36a le plus urgent
34:37besoin de lucidité
34:38il a le plus urgent
34:40besoin d'unité
34:42et c'est la division
34:44qui menace
34:44de l'emporter
34:45qui menace
34:46son image
34:47et sa réputation
34:49les forces politiques
34:51qui annoncent
34:52qu'elles vont faire
34:52tomber le gouvernement
34:53ce sont les forces politiques
34:56les plus opposées
34:58entre elles
34:59celles qui se désignent
35:01comme ennemies
35:03celles qui sont
35:04incompatibles
35:05par les idées
35:06autant que par
35:07les arrières-pensées
35:08et qui échangent
35:10d'un bout à l'autre
35:11de l'hémicycle
35:12les injures
35:13et les mises en cause
35:14ce qu'elles préparent
35:16ce qu'elles préparent
35:21si leur logique
35:22de division
35:23l'emporte
35:24j'ai déjà utilisé
35:26le terme
35:26c'est le tohu
35:27le désordre
35:28où chacun hurle
35:30dans son coin
35:30et dont rien
35:32de bon
35:32ne peut sortir
35:33le gouvernement
35:38par ma voix
35:39engage devant vous
35:40sa responsabilité
35:41ce qui signifie
35:43que par ma voix
35:43à la tribune
35:44il dit
35:44mesdames et messieurs
35:46les députés
35:47le problème
35:48dont nous vous saisissons
35:50comme représentants
35:51de la nation
35:52nous paraît
35:53si grave
35:54il implique
35:55si profondément
35:56chacun de nos concitoyens
35:58qu'il requiert
35:59votre soutien
36:00sans un soutien minimal
36:03de la part des français
36:04représentés ici
36:05par leurs députés
36:06l'action exigeante
36:08et courageuse
36:09que la situation
36:10implique
36:11n'a aucune chance
36:13de pouvoir s'imposer
36:14et s'il n'y a pas
36:16ce soutien minimal
36:17cette entente minimale
36:20entre les grandes sensibilités
36:21du pays
36:22sur le constat
36:23et sur l'impérieuse
36:24trajectoire
36:24de redressement
36:25alors l'action
36:27du gouvernement
36:27serait vouée
36:28à l'échec
36:29et pire encore
36:30elle n'aurait pas
36:31de sens
36:31s'il s'agit
36:33toujours
36:34de faire semblant
36:35de ménager
36:36la chèvre
36:37pour obtenir
36:38le chou
36:38de se rendre
36:40aux logiques
36:41de marchandage
36:42et de division
36:42de dissimuler
36:45l'essentiel
36:45pour communiquer
36:47sur le secondaire
36:48en sachant
36:50qu'on continue
36:50la marche
36:52vers l'accident
36:53je vous le dis
36:54je ne serai pas
36:56l'homme
36:56d'une telle politique
36:57je crois
36:59aux compromis
37:00mais je crois
37:01aux compromis
37:02quand ils respectent
37:03l'essentiel
37:03la vérité
37:05des hommes
37:05et des choses
37:06la hiérarchie
37:08des ordres
37:08et des urgences
37:10je crois
37:11aux compromis
37:12qui ne se construisent
37:13pas sur l'ambiguïté
37:15requérir
37:17le soutien
37:17du pays
37:18lorsqu'il faut agir
37:19c'est pour moi
37:20l'article premier
37:21du contrat démocratique
37:23dans des domaines
37:25aussi sensibles
37:26je n'ai jamais cru
37:28à l'épreuve de force
37:29je crois
37:30à la conviction
37:31partagée
37:32et je crois
37:33qu'il convient
37:34de vérifier
37:35cet accord
37:36de fond
37:36auprès des français
37:37ou de leurs représentants
37:38chaque fois
37:39que nécessaire
37:40ma conviction
37:42c'est qu'au fond
37:43au point
37:43où nous en sommes arrivés
37:44il ne reste
37:45que deux chemins
37:46il y a un chemin
37:48sur lequel
37:49sur toute la planète
37:50le monde bascule
37:51le chemin
37:52qui considère
37:53que la destinée
37:54des peuples
37:55c'est d'obéir
37:55et que
37:57pour que s'instaure
37:58cette logique
37:59autoritaire
38:00contre le droit
38:01des peuples
38:02le droit de l'homme
38:02et du citoyen
38:03tous les coups
38:04sont permis
38:05que la fin
38:06justifie les moyens
38:07notamment l'utilisation
38:09de tous les conflits
38:10de toutes les mésententes
38:12de toutes les calomnies
38:14qu'il convient
38:15de faire flamber
38:15et vous voyez
38:17sans peine
38:18de l'est
38:19lointain
38:20et même
38:21de l'extrême-orient
38:22lointain
38:22à cet ouest
38:24qu'on croyait proche
38:26l'ouest américain
38:27combien cette conception
38:29de la politique
38:30au bulldozer
38:30la loi du plus fort
38:32le rapport
38:33de force brutale
38:35paraît s'imposer
38:36sous les applaudissements
38:38des uns
38:39et le découragement
38:40des autres
38:41et nous
38:43nous sommes là
38:43pour ranimer
38:44l'autre projet
38:45le projet même
38:47de la démocratie
38:48qui considère
38:49plus juste
38:50plus intéressant
38:52plus fructueux
38:53de respecter
38:54le citoyen
38:55même minoritaire
38:56et de le considérer
38:58comme partenaire
38:59et co-responsable
39:01de son propre destin
39:02cette démarche
39:04cette méthode
39:05fait de
39:06la vérité
39:07partagée
39:08avec les français
39:08son arme suprême
39:10cette démarche
39:12cette méthode
39:13elle conduise
39:14à l'unité du pays
39:15et elles écartent
39:17la malédiction
39:17de la division
39:18perpétuelle
39:19quelqu'un que j'aime
39:21beaucoup
39:21le philosophe
39:22et militant
39:23Marc Sanier
39:23qui siégea
39:24dans votre assemblée
39:25deux fois
39:25après la première
39:27guerre mondiale
39:28et après la deuxième
39:29a défini
39:30ce projet
39:30de la démocratie
39:32la démocratie
39:34est l'organisation
39:35sociale
39:36qui porte
39:37à son plus haut
39:38la conscience
39:39et la responsabilité
39:41du citoyen
39:42la conscience
39:44c'est à dire
39:45la plus juste
39:46la plus lucide
39:47compréhension
39:47des choses
39:48et des événements
39:49et la responsabilité
39:51c'est à dire
39:51l'engagement
39:52nous citoyens
39:54nous ne sommes pas là
39:55pour être condamnés
39:56soit à obéir
39:57soit à la révolte
39:58nous sommes là
39:59pour prendre
40:00notre part
40:01du destin
40:01les yeux ouverts
40:03et la vérité
40:04comme boussole
40:05nous sommes
40:06nous le savons tous
40:07un peuple
40:08qui s'interroge
40:09non pas seulement
40:10sur son avenir
40:11sur l'avenir
40:13du monde
40:13et de la planète
40:14mais sur le chemin
40:15que l'on peut
40:16emprunter
40:17pour construire
40:17cet avenir
40:18ce que dit
40:20mesdames et messieurs
40:21les députés
40:22ce que dit
40:23le moment
40:24que nous vivons
40:24c'est qu'il y a
40:26un chemin
40:27et c'est le seul
40:28pour la France
40:29celui de la vérité
40:31partagée
40:32et du courage
40:33qu'on choisit
40:33ensemble
40:34je vous remercie
40:35merci beaucoup
40:38monsieur le premier
40:38ministre
40:39merci beaucoup
41:01monsieur le premier
41:02ministre
41:02nous allons entamer
41:03la discussion
41:04générale
41:05et j'appelle
41:06monsieur Boris
41:07Valot
41:07président du groupe
41:08socialiste
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