- il y a 1 an
François Bayrou n'a pas remporté son pari et a été largement renversé ce soir par les députés. Le Premier ministre présentera demain sa démission à Emmanuel Macron. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste était sur le plateau de BFMTV.
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00:00La réalité, c'est que je n'ai jamais parlé de coalition à l'allemande et que moi, je souhaite éviter toute forme de confusion.
00:06Je souhaite qu'il y ait un gouvernement de gauche et écologiste au gouvernement et qu'il y ait une assemblée qui est ce qu'elle est et dont nous respections les équilibres
00:15et que nous venions donc devant le Parlement présenter notre projet et puis ensuite, on voit ce qui se passe, ce qui passera et ce qui ne passera pas.
00:23Je souhaite en gros qu'on respecte la démocratie, qu'on respecte les Françaises et les Français qui ont voté il y a un an à peine.
00:30Et donc tout le monde pense que de toute façon, s'ils devaient re-voter, ils voteraient peu ou prou la même chose et nous serions dans une situation identique.
00:37Olivier Faure, on a fait et refait les calculs ce soir. Un gouvernement avec les communistes, les écologistes, les socialistes, ça pèse 121 députés aujourd'hui à l'Assemblée.
00:47Ça ne m'a pas échappé.
00:47Est-ce que vous pouvez réellement revendiquer Matignon avec derrière vous 121 députés ?
00:54Mais, excusez-moi, mais quel est en fait aujourd'hui celui ou celle qui irait à Matignon qui peut revendiquer une majorité absolue ?
01:03Personne.
01:04Et donc la question n'est pas de savoir si quelqu'un a une majorité, personne ne l'a.
01:08En revanche, ce qui peut arriver, c'est qu'on est des gens qui changent de méthode de gouvernement, qui ne font pas semblant d'être majoritaire.
01:14Moi, je ne dis pas que je suis majoritaire. Je dis, je sais que nous serions un gouvernement minoritaire.
01:19Mais vous seriez la plus petite des majorités de toutes celles possibles aujourd'hui.
01:23Mais pas la petite des majorités. Je ne sais pas comment compter.
01:25À qui tendriez-vous la main ? C'est-à-dire, pour élargir, effectivement, est-ce que vous pourriez tendre la main au bloc central, c'est-à-dire aux macronistes ?
01:34Est-ce que vous pourriez même envisager de discuter avec certains LR, ceux qui n'ont pas soutenu François Bayrou ou qui ont même voté contre ?
01:42Est-ce que vous seriez prêts à discuter aussi large que cela ?
01:46La réalité, c'est qu'aujourd'hui, personne ne peut dire que ce sera tout mon programme, rien que mon programme. C'est impossible.
01:53Et donc, forcément, ce gouvernement-là serait obligé, amené à discuter avec les uns et les autres et de voir comment nous pouvons faire avancer ce pays.
02:01Parce qu'on ne peut pas accepter l'idée que pendant l'année et demie qui vient, il ne soit à l'arrêt.
02:04Donc vous feriez ce que Jean-Luc Mélenchon dit ?
02:05Mais pas du tout.
02:06C'est-à-dire que vous feriez une sorte de grande coalition ?
02:07Je ferais exactement ce qu'il y a un an, quand le Nouveau Front Populaire existait.
02:12Eh bien, il y avait à ce moment-là un courrier qui a été adressé au président de la République, par Lucie Casté à l'époque et tous les présidents de groupe,
02:19en disant « nous savons que nous ne sommes pas majoritaires et donc nous chercherons des compromis texte par texte ».
02:24Il y a une petite différence, c'est qu'à l'époque, vous aviez tout de même les députés LFI avec vous. On a compris ce soir que ce ne serait plus le cas.
02:30Mais je mets au défi Jean-Luc Mélenchon de voter contre le taxe Zuckmann.
02:33Je le mets au défi de voter contre la suspension de la réforme des retraites.
02:36Je le mets au défi de voter contre une augmentation du pouvoir d'achat pour les salariés qui ont en dessous de 1.320 euros.
02:42Et vous le mettez au défi de vous censurer ?
02:45Mais bien sûr.
02:46Vous n'y croyez pas ? Vous pensez qu'une fois sur place, il ne pourrait pas appeler ses troupes à vous censurer ?
02:51Mais comment voulez-vous aujourd'hui que les électeurs insoumis comprennent que Jean-Luc Mélenchon appellerait à censurer un gouvernement de gauche
03:00dans un moment où les femmes et les hommes de gauche espèrent précisément que les choses puissent changer ?
03:05Bien sûr que nous ne ferons pas exactement tout ce que nous avions prévu de faire.
03:08C'est une évidence.
03:09Il y aura une échéance pour les présidentielles en 2027.
03:11Mais dans l'attente, il faudra bien que quelque chose se passe, que les Français ne soient pas en train de se dire
03:16« Mais c'est la grande déprime, on ne peut rien faire, on ne peut pas avancer ».
03:18Olivier Faure, même avec les députés insoumis, vous vous exposez à une censure,
03:23parce que la censure peut très bien intervenir sans recours au 49-3, comme vous vous y êtes engagé.
03:29Et là, vous auriez devant vous un mur, Rassemblement national, Bloc central et les LR.
03:36Donc vous seriez minoritaire.
03:37Chacun prend son risque, Yves Tréhard.
03:40Et donc, moi je suis prêt à ce que la gauche et les écologistes prennent le leur
03:43et qu'ils fassent la démonstration que dans les propositions qu'ils font,
03:47ils peuvent trouver des majorités d'idées et permettre d'avancer,
03:51parce que je crois que sur un certain nombre de sujets, nous pouvons avancer.
03:53Olivier Faure.
03:54Et qu'on n'est pas obligé de passer par une purge pour arriver à résoudre la question financière que nous avons devant nous.
04:00Vous venez d'évoquer la taxe Zuckman, la retraite à 62 ans.
04:04Sur ces deux points-là, je vais même aller plus loin.
04:06Vous n'auriez pas l'opposition, espérez-vous, de LFI,
04:10parce que vous dites qu'ils ne vont pas voter contre ces mesures qu'ils souhaitent.
04:13Vous auriez même peut-être l'approbation du RN.
04:16Est-ce que ça, vous l'accepteriez ?
04:19Sur la retraite à 62 ans, par exemple, vous êtes d'accord ?
04:22Mais regardez ce que font les Français et quelles sont leurs opinions sur ce sujet-là.
04:26Leur opinion, elle est ultra majoritaire.
04:28Leur opinion, elle est aussi soutenue par le RN.
04:31Vous pourriez donc tenir grâce aux voies du RN ?
04:36Mais vous venez de me dire à l'instant que je pourrais aussi être battu par les voies du RN.
04:40Donc, le RN existe dans cet hémicycle.
04:42On ne peut pas faire autrement que de prendre ou de ne pas prendre les voies qu'ils accordent aux uns et aux autres.
04:47Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
04:48Moi, ce que je dis, c'est que...
04:50Au fond, vous êtes réaliste. Vous voulez être réaliste.
04:51Je me présenterais devant l'Assemblée avec la gauche et les écologistes en disant
04:55« Voilà ce que nous proposons. Ça vous va. Vous prenez. Ça ne vous va pas. Vous ne prenez pas. »
04:59Pourquoi vous ne l'avez pas proposé il y a un an ?
05:00Je l'ai proposé il y a un an.
05:01Non, mais il y a un an, vous n'étiez pas vous-même aussi franchement et clairement candidat.
05:05Mais je suis candidat pour la gauche et les écologistes.
05:08Ça pourrait être un autre que moi. Je n'en fais pas une autre personnelle.
05:10De ce psychodrame qui avait duré des semaines pour que vous essayiez de trouver un candidat, une candidate commune.
05:16Ça n'a pas duré des semaines. Ça avait duré trop longtemps, mais pas des semaines.
05:18Ça avait duré très longtemps et vous aviez fini par sortir le nom de Lucie Castel,
05:23qui n'est donc plus la candidate. Vous préférez carrément faire des choses que vous avez.
05:27Mais ça n'est pas moi. L'article 8 de la Constitution est très clair.
05:29Il dit que c'est le président qui nomme le Premier ministre.
05:32Si on lui dit qu'on veut un tel ou un tel, de toute façon, il choisit tout seul.
05:35On l'a fait l'an passé. Ça n'a pas marché.
05:37Donc là, je ne lui dis pas « Prenez tel ou tel ».
05:39Je lui dis « C'est vous qui avez le choix de prendre, au sein de la gauche et des écologistes,
05:44un Premier ministre qui permette d'avancer. »
05:45Alors, attendez, attendez. Juste pour être bien sûr de la méthode fort, si je puis dire.
05:50Dans votre tête, le gouvernement que vous pourriez diriger,
05:54c'est un gouvernement avec uniquement des ministres de gauche, uniquement, on est d'accord ?
05:59Communistes, socialistes, écologistes, et soutenus en fonction des textes par tel ou tel.
06:04Parce qu'il y a quelqu'un d'autre dans votre parti, Jérôme Gage,
06:06qui propose quelque chose d'un peu différent.
06:09Il dit « Le Président nomme un Premier ministre,
06:12et ensuite, on s'enferme quelques jours, avec le Bloc central, à l'Assemblée,
06:18et on essaie précisément de trouver une majorité sur tel texte ou tel texte. »
06:22J'aime beaucoup cette logique de s'enfermer.
06:23On a l'impression qu'il faudrait vous enfermer pour qu'enfin vous vous parliez.
06:26À l'Assemblée.
06:27Les concrèves, ça ne marche pas.
06:29Vous n'y croyez pas, vous, à cette logique.
06:30Mais ce n'est pas ça.
06:31C'est que moi, je ne veux pas être dans la coproduction d'un projet commun
06:36avec la Macronie ou avec la droite.
06:39Je pense que c'est le meilleur tapis rouge qu'on puisse dérouler sous les pieds de Marine Le Pen
06:43qui vous dira, il viendra à votre micro, et qui dira
06:46« Écoutez, ces gens-là, c'est l'élite autoproclamée
06:49qui a décidé de faire dans le lot des Français une politique
06:52qui est celle du moins-disant, etc.
06:55Et donc, je suis la seule alternative. »
06:58Moi, je ne souhaite pas cela.
06:59Je souhaite que nous puissions dire qu'il y a dans ce pays une gauche et des écologistes,
07:04et il y a une droite, et c'est parfaitement légitime d'être de droite,
07:07et je ne reprocherai jamais à quiconque ses opinions.
07:10Mais simplement, dans le débat parlementaire, nous pouvons trouver à certains moments
07:13des points de convergence.
07:14Quel est le programme ?
07:16Taxe Zuckman ?
07:18Retraite à 62 ans ?
07:20Quels sont les points que vous proposeriez de mettre sur la table ?
07:23Nous, ce que nous proposons, c'est simple.
07:24Nous proposons un plan qui est un plan qui permet de ne pas mourir et guérir.
07:29Donc, nous considérons que la trajectoire proposée par François Bayrou
07:32est une mauvaise trajectoire.
07:3344 milliards d'économies, c'est impossible.
07:34Vous proposez la moitié ?
07:35On en fait la moitié, et l'argent qu'on récolte,
07:39notamment grâce à la taxe Zuckman, la taxe sur les GAFAM,
07:42permet de trouver l'argent pour à la fois permettre de réduire le déficit
07:49et en même temps d'opérer un plan de relance
07:52et de faire gagner du pouvoir d'achat aux Français et aux Français.
07:54Donc, on a 27 milliards d'économies, on a la taxe Zuckman, quoi d'autre ?
07:59Et on a 6 milliards qu'on redonne immédiatement aux Français.
08:02Donc, pour tous les Français qui nous écoutent
08:05et qui, ce soir, gagnent moins de 1920 euros nets par mois,
08:09ils verront à la fin de l'année, par la baisse de la CSG,
08:13ils verront, en réalité, leur pouvoir d'achat
08:16à compter entre 900 et 1500 euros.
08:18Ce qui est énorme pour des gens qui, aujourd'hui,
08:21ont tant de peine à financer la rentrée des classes,
08:23les vacances, offrir des loisirs à leurs enfants,
08:26faire en sorte que la vie soit plus belle qu'elle n'est aujourd'hui.
08:29Ça, c'est ce que nous pouvons proposer dès demain.
08:31Sur le budget de la Sécurité sociale, qui a été beaucoup débattu ces derniers jours,
08:33est-ce que vous reprendriez ce qui a été mis, notamment par des décrets,
08:37par François Bayrou, sur les plus grandes difficultés à accéder à l'AME,
08:42sur la question des jours fériés, des jours de carence ?
08:45Est-ce que sur ces points-là, qui faisaient partie de l'équation,
08:48vous êtes dedans ou vous mettez ça à la paix ?
08:49Non, mais on peut passer autrement.
08:52Et donc, ce que nous cherchons à dire, c'est qu'il y a d'autres moyens de faire.
08:56Pour toutes celles et ceux qui, vous allez sur le site du PS,
08:59vous verrez que tout est documenté, chiffré,
09:02et que nous avons trouvé les moyens de faire
09:04en sorte que ce pays ne bascule pas dans un abîme de dettes,
09:09mais en même temps que ce ne soient pas les Français,
09:12de la classe moyenne, des classes populaires, qui en soient les victimes.
09:15Vous pourriez garder Éric Lombard comme ministre de l'économie,
09:17si vous étiez premier ministre ?
09:18Mais je ne fais pas de casting, en fait, on n'en est pas là du tout.
09:20On est dans une situation...
09:21On précise que c'est votre ami.
09:22Non, non, mais que c'est un homme qui vient de la gauche.
09:23Il y a de la gauche dans ce gouvernement,
09:25Éric Lombard, François Rebsamen, Juliette Méadelle,
09:28voilà des gens avec qui...
09:29Vous pourriez créer une forme de continuité.
09:31Manuel Valls, qui un jour fut premier ministre de la série.
09:33Éric Lombard était coproducteur du budget que nous condamnons.
09:35Donc, je ne sais pas, à me faire dire...
09:37Il est contre les hausses d'impôts, Éric Lombard.
09:38Il est contre les hausses d'impôts, c'est vrai avec lui.
09:41Mais moi, je ne suis pas là pour le faire parler.
09:42Ce que je dis simplement, c'est qu'il faut de la clarté.
09:45Et il faut éviter toute forme de confusion.
09:47La confusion conduit forcément à l'extrême droite.
09:50Pourquoi ?
09:51Parce qu'à un moment, quand on pense que c'est une affaire
09:53où la droite et la gauche,
09:55de toute façon, c'est du pareil au même,
09:57eh bien, dans ces cas-là, l'alternative,
09:59elle est uniquement portée par l'extrême droite.
10:00Et je ne veux à aucun prix de l'extrême droite au pouvoir.
10:03Et donc, c'est la raison pour laquelle je dis qu'il faut être clair.
10:06Et accepter le jeu de la démocratie parlementaire.
10:08Vous rappeliez aussi que c'est la décision du chef de l'État.
10:11À l'heure où nous parlons,
10:12vous n'avez pas eu de contact avec Emmanuel Macron.
10:15Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir,
10:17les yeux dans les yeux,
10:17est-ce que des contacts existent avec d'autres émissaires
10:20que le président de la République,
10:22entre vous et votre parti ?
10:23Mais donc, vous entendez ce soir que,
10:26je ne sais pas, c'est une parole qui sonne dans le vide.
10:28Il veut aller vite.
10:29Dans quelle mesure vous espérez que votre candidature
10:32soit plus essayée par le président ?
10:34Ne serait-ce que par élégance vis-à-vis du Premier ministre,
10:37qui n'était pas encore démis de ses fonctions
10:41par le vote de confiance,
10:42je pense qu'il y avait quand même de décence à avoir
10:44et il ne pouvait pas appeler qui que ce soit.
10:47Maintenant, c'est à lui, effectivement,
10:48parce que c'est lui qui est maintenant dos au mur.
10:50Qu'est-ce qu'il accepte ?
10:51Est-ce qu'il accepte de prendre enfin ses pertes ?
10:53Est-ce qu'il accepte de dire,
10:54oui, effectivement,
10:56j'ai perdu les élections législatives de l'an passé.
10:58Et donc, je dois accepter une cohabitation.
11:01Cohabitation qui, en réalité,
11:03a plutôt profité au président de la République précédent
11:06qui l'ont accepté.
11:07Et moi, je souhaite qu'il y ait une cohabitation
11:09d'un genre d'ailleurs assez nouveau,
11:11puisque c'est une cohabitation
11:12où les cohabitants ne sont même pas majoritaires.
11:14Donc, il y a là matière à discussion
11:17et évidemment à faire avancer ce pays,
11:19parce que je ne veux pas qu'on prenne de retard
11:21dans tout ce qu'on a à redresser dans ce pays
11:23et dans l'espoir qu'il faut rendre aussi à ce pays.
11:25Il faut rallumer la lumière.
11:27Ce n'est plus possible d'être dans cette espèce d'obscurité
11:29qu'on nous a imposée depuis de l'an mois.
11:30Justement, Olivier Faure, dans une seconde,
11:31il y aura des questions de français pour vous
11:32qui peuvent s'exprimer ce soir à travers le QR code.
11:35Très bien.
11:36Mais pour remondir sur ce que disait Marie Chantret à l'instant,
11:38on comprend que vous, ce soir, vous y croyez encore.
11:40Vous dites, OK, Emmanuel Macron,
11:42demain matin, demain après-midi,
11:43va finir par m'appeler.
11:45Non, c'est vrai.
11:45Je ne crois en rien.
11:46Attendez.
11:47Quand on interroge,
11:48enfin, quand le service politique de BFM TV
11:50interroge ses sources,
11:52notamment auprès d'Emmanuel Macron,
11:54les noms qui reviennent ce soir,
11:56on en a deux, trois, quatre.
11:57Jamais le vôtre.
11:58Il n'y a pas Olivier Faure.
11:59Sébastien Lecornu, Catherine Vautrin,
12:00Éric Lombard, Xavier Bertrand,
12:03Gérald Darmanin, Pierre Moscovici,
12:04Yael Brounivier, absolument.
12:06Évidemment, sous votre contrôle, Marie,
12:07puisque c'est votre service qui a recueilli ces noms.
12:11Pour l'instant, il n'y a aucune ouverture à gauche.
12:12Alors certes, le même service politique nous disait
12:14il y a quelques jours qu'Emmanuel Macron
12:15avait demandé à ses ministres, je cite,
12:17de travailler avec le Parti Socialiste.
12:19Mais aucun lien ne se fait.
12:21Aucun lien ne s'établit, visiblement.
12:22Je ne vous dis pas que c'est ce qu'il va faire.
12:24Je vous dis ce à quoi, effectivement, moi, je crois.
12:28Je crois que le président de la République,
12:29il est maintenant dos au mur.
12:31Et qu'il est dans une situation où,
12:33si, en fait, il repasse les mêmes plats
12:36en changeant simplement la salade,
12:38il va finir par se retrouver avec une censure
12:40et il sera obligé de dissoudre.
12:42Et à ce moment-là, si la dissolution
12:44ne permet pas de trouver une majorité,
12:46c'est lui qui sera en réalité directement la cible
12:50et il devra démissionner.
12:51Vous-même, vous n'auriez pas tellement intérêt
12:53à ce qu'il y ait une dissolution.
12:54Les projections, les différentes projections,
12:56le montrent.
12:57Si vous n'étiez pas, et on le sent bien,
12:58vous n'êtes plus vraiment dans un lien suffisant
13:01avec LFI pour faire une alliance électorale,
13:04vous n'en sortiez pas majoritaire.
13:07– Mais ce soir, le sondage qui est sorti sur une chaîne concurrente,
13:12c'est de dire, en fait, que le premier groupe
13:15serait à nouveau l'extrême droite,
13:16sans majorité absolue,
13:18et juste derrière, ce serait la gauche et les écologistes,
13:21les insoumis étant loin derrière.
13:22Donc, moi, je n'ai pas peur de la dissolution.
13:25Je ne suis pas en train de chercher
13:27à venir faire le maquignon
13:30avec le président de la République.
13:32– Si d'aventure, le président de la République
13:35faisait appel à un homme ou une femme de gauche,
13:38mais qui ne soit pas vous,
13:40ça pourrait être Bernard Cazeneuve,
13:42ça pourrait être Jérôme Gage, on l'a évoqué,
13:44ça pourrait être quelqu'un d'autre.
13:45Est-ce que vous l'accepteriez ?
13:48– Mais moi, je ne suis pas en train de faire
13:50un acte de candidature personnel.
13:51Ce que je dis, c'est que nous avons posé des choses
13:53sur la table et que s'il y a quelqu'un
13:55qui était nommé et qui reprenait
13:57ce que nous avons nous-mêmes posé sur la table,
13:59je ne vais pas me renier.
14:01Et donc, si le contre-plan que nous avons présenté
14:03était repris par X ou Y,
14:05je le voterais, bien sûr.
14:07– Les questions des Français pour vous, Olivier Faure,
14:09avec Lisa Dev qui nous rejoint sur le plateau.
14:12Lisa, première question.
14:13– Bonsoir, Olivier Faure.
14:14– Bonsoir.
14:14– Première question de Sylvie.
14:16Pourquoi ne pas réunir des parlementaires
14:17du Parti Socialiste aux Républicains
14:19pour négocier une politique commune
14:21et proposer à un Premier ministre de coalition,
14:24par exemple, quelqu'un comme Bernard Cazeneuve ?
14:26– Du PS à LR.
14:28– Oui, franchement, si maintenant,
14:30on veut expliquer que les socialistes
14:32et les LR, c'est la même chose,
14:34on fait ça, et à la fin, vous aurez Le Pen.
14:37Parce que vous allez créer une telle confusion.
14:40Moi, je suis contre le en même temps.
14:42On ne peut pas être en même temps de droite
14:44et en même temps de gauche.
14:44La démocratie, c'est de faire des choix
14:46et proposer des choix au pays.
14:47Et donc, moi, je suis un homme de gauche
14:49et donc, je considère que la gauche
14:51a vocation à gouverner.
14:52Maintenant, ça n'empêche pas de chercher au Parlement
14:56à avancer avec, y compris des gens
14:57qui ne pensent pas comme vous.
14:59Mais ça ne peut pas être une coalition
15:01où on serait tous ensemble
15:02et où la seule alternative posée
15:04serait celle de l'extrême droite.
15:05– Deuxième question, Lisa.
15:06– Autre question qui vous est adressée ce soir,
15:08celle de Philippe.
15:08Les socialistes sont-ils prêts à casser
15:10l'union de la gauche pour être au gouvernement ?
15:13– Je crois que ce soir, vous avez montré vous-même
15:16que Jean-Luc Mélenchon avait cassé
15:18l'union de la gauche ce soir
15:18et qu'il n'avait même pas l'intention
15:21de soutenir un gouvernement
15:22qui viendrait de la gauche.
15:23Mais moi, je souhaite au contraire
15:24l'unité de la gauche et les écologistes
15:26faire en sorte que nous puissions gouverner ensemble
15:27et puis avancer parce que je crois
15:30qu'il y a aujourd'hui un besoin de gauche
15:33dans ce pays.
15:33– Vous êtes surpris, vous êtes déçus
15:34par le non-soutien de Jean-Luc Mélenchon ?
15:38– Surpris, non.
15:41Et je pense que ceux qui sont déçus,
15:42ce sont ses électeurs qui considèrent
15:44qu'aujourd'hui, il s'est placé en dehors même
15:46de toute volonté de réparer ce pays
15:50dans les plus brefs délais.
15:52Que dit Jean-Luc Mélenchon ?
15:53Il dit, c'est la présidentielle ou rien.
15:54Mais enfin, qu'est-ce qui garantit
15:56que la présidentielle serait en fait
15:57la victoire de Jean-Luc Mélenchon ?
15:58Rien, tous les sondages disent le contraire.
16:00Donc, il peut l'espérer,
16:02il a le droit de l'espérer,
16:03il est même légitime à l'espérer.
16:04Simplement, il ne peut pas dire
16:05parce que, en fait, je veux prendre ce risque-là,
16:08je le fais prendre à tous les Français.
16:10Moi, je ne veux pas faire prendre de risque aux Français.
16:12Je leur dis, on peut maintenant travailler,
16:14on peut maintenant avancer,
16:16alors faisons-le maintenant.
16:17N'attendons pas une hypothétique victoire
16:19dont nous ne savons pas ce qu'elle pourrait être.
16:21Que vous alliez à Matignon, c'est fini votre alliance ?
16:23Tuque Duel Denis qui nous a rejoint, pardon,
16:24Tuque Duel Denis qui est donc
16:25le directeur de Valeurs Actuelles.
16:28Vraiment, juste une seconde,
16:29mais que vous alliez à Matignon ou pas,
16:31c'est fini votre alliance avec Jean-Luc Mélenchon, alors ?
16:34Mais il y a beaucoup de désaccords
16:36avec Jean-Luc Mélenchon
16:36et vous les connaissez.
16:38Et donc, moi, j'ai toujours dit...
16:39Oui, juste là, c'était votre allié,
16:39donc là, maintenant, c'est terminé.
16:40Mais j'ai toujours dit la même chose,
16:41j'ai toujours dit que je ne souhaitais pas...
16:45Enfin, il y a beaucoup de sujets,
16:46je pense, ces derniers jours,
16:47la Chine, l'Ukraine...
16:50Le Proche-Orient ?
16:50Le Proche-Orient, nous n'avons pas
16:52tout à fait les mêmes approches,
16:53même s'il y a des points communs aussi.
16:55La Chine, vous parlez des propos de Sofia Shikiru...
16:58Oui, absolument.
16:59...qui a refusé de qualifier la Chine de dictature
17:01et qui a mis sur un même plan
17:03les libertés telles qu'elles sont en France
17:04ou telles qu'elles sont en France.
17:05Oui, et je ne lui conseille pas
17:06d'aller vivre en Chine
17:07et de vérifier par elle-même
17:08ce qu'est la liberté pour un Chinois aujourd'hui.
17:10Donc, évidemment qu'il y a...
17:12Et je me suis battu pour la reconnaissance
17:14du génocide des Ouïghours à l'Assemblée,
17:16je l'avais fait voter à la fin de la dernière législature,
17:19ce n'est pas pour aujourd'hui expliquer
17:21que nous sommes face à une grande démocratie.
17:23C'est forcément un pays avec lequel il faut discuter
17:25parce que la Chine est un grand pays,
17:27mais de là à considérer que c'est une démocratie
17:29ou que ce n'est pas un régime plus autoritaire que le nôtre,
17:32là, il faut arrêter de se moquer du monde.
17:33Ce qui est étonnant, Olivier Frant, tout à l'heure,
17:35vous avez dit...
17:36Regardez, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a cassé.
17:39Ce qui est très bizarre quand on l'écoute,
17:42et depuis des années,
17:44c'est que ce n'est pas vous qui avez pris l'initiative de casser.
17:48Mais moi, je veux rassembler tous les électrices
17:50et les électeurs de gauche.
17:51Mais vous pouvez adhérer à tout ce que la France insoumise dit ?
17:55Je viens de vous dire le contraire.
17:56Simplement, ce que je dis, c'est que moi,
17:58je veux l'unité des hommes et des femmes de gauche
18:01qui, dans ce pays, veulent espérer avec la gauche.
18:03Et donc, je ne suis pas là, chaque matin,
18:05à me demander ce que fait Jean-Luc Mélenchon.
18:07Ça m'est indifférent.
18:08Ce que je veux, c'est qu'on puisse affirmer par nous-mêmes
18:11des positions qui peuvent rassembler le plus large électorat
18:15et faire en sorte que la gauche puisse gouverner.
18:17Donc, Jean-Luc Mélenchon a besoin de me taper dessus.
18:20Moi, ça m'est égal.
18:21Je ne m'occupe pas de ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
18:22Ce que je veux, c'est qu'on puisse faire avancer le pays
18:25et le faire avancer au profit du plus grand nombre.
18:27Jean-Luc Gage, lui, a rompu.
18:28C'était très clair.
18:30Non, mais je ne sais pas ce qu'il a rompu.
18:33En fait, il était celui qui, avant-hier, disait
18:35qu'il ne fallait surtout pas s'écarter des insoumis.
18:37Aujourd'hui, il a peut-être rompu.
18:39Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a des électrices et des électeurs
18:41avec lesquels je ne romperai jamais
18:42parce que je veux que toute la gauche se retrouve
18:44et que tous les écologistes se retrouvent
18:46pour pouvoir permettre à la gauche de gouverner.
18:48Une question encore.
18:49Dans deux jours, c'est la fameuse journée du 10 septembre
18:53avec les mobilisations partout en France
18:55avec l'idée d'un bloc en tout.
18:57Est-ce que ça a encore du sens de se mobiliser mercredi
19:00ou est-ce que vous appelez à ce que les choses se construisent désormais
19:04plutôt qu'elles ne se détruisent dans les rues
19:06avec une logique de bloc en tout ?
19:09Quelle est votre attitude vis-à-vis du mouvement mercredi ?
19:11Est-ce que ça a changé ?
19:12Je pense qu'il y a une expération qui est très puissante dans ce pays
19:15et que quoi que vous disiez, quoi que je dise, ça ne changera rien.
19:19Et qu'il y a besoin d'un moment que ça sorte et que ça s'exprime.
19:22Et donc la seule chose que j'ai à dire par rapport à ce mouvement,
19:25c'est que celles et ceux qui participeront doivent faire attention.
19:29S'ils souhaitent redonner la main au chef de l'État,
19:32qu'ils soient violents, qu'ils soient...
19:34Si les poubelles brûlent, si c'est la chianlie,
19:38comme aurait dit le général de Gaulle...
19:39Vous appelez au respect...
19:41Au respect, à la non-violence, à la dignité,
19:44à des rassemblements qui permettent de manifester une colère,
19:47mais qui ne permettent pas au chef de l'État de dire
19:48« Regardez, ces gens-là sont complètement fous, c'est des dingues. »
19:52Et donc la seule réponse est sécuritaire.
19:54Parce que la réponse, elle est bien sûr parfois sécuritaire,
19:56mais elle est d'abord économique, sociale, écologique.
19:59Merci beaucoup.
20:00Merci Olivier Faure d'avoir été avec nous ce soir dans cette émission spéciale.
20:02Merci à vous d'avoir invité.
20:03Vous attendez toujours le coup de téléphone de l'Élysée.
20:05On verra dans les heures qui viennent.
20:07Merci beaucoup.
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