00:007h47
00:00Marie d'Orsay, c'est l'événement politique du jour cet après-midi à l'Assemblée Nationale à partir de 15h.
00:10Le Premier Ministre François Bayrou va demander la confiance aux députés en cas de vote négatif.
00:14Comme c'est très probable, le gouvernement sera renversé.
00:17Et pour en parler ce matin, Constance de Pellichy est avec nous.
00:20On le rappelle Marie, elle est députée d'hiver droite de la 3ème circonscription du Loiret.
00:24Bonjour Constance de Pellichy.
00:26Bonjour.
00:26Vous siégez donc au sein du groupe Liotte, Liberté indépendant Outre-mer et Territoire.
00:32Groupe qui indiquait qu'il ne voterait pas pour la confiance au Premier Ministre.
00:36Est-ce que vous allez voter contre ou est-ce que vous allez vous abstenir aujourd'hui ?
00:39Je voterai contre, comme j'ai déjà pu l'indiquer sur mes réseaux sociaux et à certains de vos confrères journalistes.
00:45Je voterai contre, au-delà des questions de personnes et de la manière dont les choses ont pu se dérouler,
00:50aussi par rapport au calendrier, l'instant dans lequel nous nous trouvons.
00:53Nous sommes à la veille d'une mobilisation générale dont on craignait qu'elle soit extrêmement suivie.
01:00Le mouvement Bloquantou du 10 septembre.
01:04Alors, on a l'impression que la mobilisation va moins prendre, mais elle prend moins aussi,
01:10parce que le gouvernement risque fortement de tomber aujourd'hui.
01:13On le sait, pour l'économie, pour la stabilité politique, des mouvements sociaux de ce type,
01:18tels qu'on a pu le voir avec les Gilets jaunes, peuvent avoir des conséquences importantes.
01:23Mais je le fais aussi du point de vue du calendrier, parce qu'attendre le mois de décembre,
01:29comme on a pu le voir l'année dernière avec le gouvernement Barnier,
01:32pour rejeter un budget, rejeter un gouvernement,
01:36s'est provoqué une crise politique et économique encore plus forte que celle à laquelle on s'attend aujourd'hui en septembre.
01:43Mais justement, crise politique, crise économique, c'est ce que disent les chefs d'entreprise.
01:48Ils ont adressé une lettre aux parlementaires, ce détail moyen,
01:51en disant, voilà, on risque de s'embourber encore dans une crise économique encore pire qu'avant.
01:57Est-ce que la situation, la chute du gouvernement ne va pas aggraver les choses ?
02:00Je comprends parfaitement l'inquiétude des chefs d'entreprise,
02:04et ils ne sont pas les seuls à avoir cette inquiétude-là.
02:08Le fait est qu'on voit qu'avec la proposition de budget qui était celle du gouvernement de François Bayrou,
02:13de toute façon, le budget ne passait pas.
02:15Donc il vaut mieux avoir le temps de cet automne pour reconstruire un budget,
02:19cette fois-ci, je l'espère, en véritable concertation,
02:22tant avec les entreprises qu'avec le monde socio-économique
02:26et l'ensemble des représentants de la nation,
02:31que la manière dont ça s'est construit aujourd'hui.
02:33Donc encore une fois, à mon sens, économiquement parlant,
02:37stabilité économique, il vaut mieux que le gouvernement tombe au 10 septembre,
02:41enfin le 8 exactement, plutôt qu'il ne tombe au 15 décembre.
02:45Et là, on l'a vu l'année dernière, ça a été vraiment extrêmement compliqué pour tout le monde
02:49de ne pas pouvoir se projeter dans l'année à venir.
02:52Justement, vous parlez de discussions tous ensemble,
02:54en tout cas avec une plus large majorité possible.
02:57Vous faites des propositions avec votre groupe Lyot,
03:00justement pour un budget, quelles sont-elles ?
03:01Bien sûr, la première des responsabilités qui est celle d'un groupe parlementaire,
03:06c'est d'être dans la discussion et la proposition.
03:09Le groupe Lyot a donc pris contact avec la plupart des groupes politiques
03:12au cours de la semaine écoulée.
03:15Des contacts plutôt productifs par ailleurs.
03:18On sait qu'un gouvernement uniquement assis sur un socle droite-centre-droit,
03:22aujourd'hui, c'est le deuxième qui tombe, ça ne suffit plus,
03:24donc il va falloir pouvoir s'élargir, tendre la main plus largement.
03:28D'où à où alors ?
03:28D'où à où, il faut s'élargir aussi vers la gauche,
03:32pas seulement à droite, mais aussi vers une partie de la gauche.
03:35Et c'est le sens aussi des propositions budgétaires que nous allons faire,
03:38des propositions plus larges, qui devraient être présentées au cours de la journée,
03:42une fois qu'elles auront été validées par l'ensemble des députés du groupe.
03:44Alors, vous dites à gauche et vers la droite, avec des limites,
03:47est-ce que vous seriez prêts à inclure, par exemple, le Rassemblement national ?
03:51La France insoumise aussi, qui se tient un peu à l'écart ?
03:54Alors, de fait, je pense qu'il faut être clair avec les limites.
03:58Nous n'avons pas vocation à gouverner avec le Rassemblement national et la France insoumise.
04:02Vous parlez d'un gouvernement, parce qu'effectivement, on le rappelle,
04:05il y a d'énormes chances pour que François Bayrou doive démissionner ce soir.
04:10La suite, du coup, pour vous, c'est quoi ?
04:12C'est qu'Emmanuel Macron doit nommer un nouveau Premier ministre.
04:15Qui ? De coalition ? De gauche ? De droite ?
04:17Au niveau de la Constitution, la nomination d'un Premier ministre revient au Président de la République.
04:24J'espère fortement que les parlementaires seront à une capacité de lui apporter un nom
04:29et de lui dire qu'on est d'accord pour les 15 mois qui nous restent.
04:33On se met d'accord.
04:34Alors, on n'aura pas de réformes structurelles.
04:36On le sait.
04:36Mais avoir des réformes structurelles, ça veut dire que vous allez défendre une vision pour le pays.
04:41Cette vision dans une assemblée éclatée, à l'image des Français, elle n'est pas possible.
04:45Et c'est le rôle d'une présidentielle que d'aller proposer une vision pour le pays.
04:49Donc, allons vers quelque chose de plus simple, de plus raisonnable,
04:53avec un objectif raisonnable sur les dépenses publiques pour réduire le déficit
04:57qui pourrait correspondre tant à la droite qu'à la gauche.
05:00En attendant la présidentielle de 2027.
05:02Merci beaucoup, Constance de Pellichy, d'avoir été notre invitée ce matin.
05:06pour parler de ce vote de confiance aujourd'hui.
05:09Confiance que vous n'accorderez pas.
05:10Donc, vous nous l'avez dit à François Bayrou.
05:12Bonne journée à vous.
05:12Avec plaisir, merci.
05:13Merci, mesdames.
Commentaires