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  • il y a 5 mois
Les détenus de Vendin-le-Vieil sont en colère. Inondations volontaires, grève de la faim... Ils réclament de meilleures conditions de détention et des parloirs moins encadrés, par exemple. Mais que se passe-t-il vraiment derrière les murs de la prison la plus sécurisée de France ? Les caméras de BFMTV ont pu y pénétrer.

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Transcription
00:00Bonjour Joachim Pueyo et merci d'être avec nous en direct ce matin.
00:02Vous savez ce qu'est la réalité de la vie d'une prison.
00:05Nous, on est un peu surpris de voir ce mouvement coordonné entre des détenus si particuliers.
00:10Est-ce que vous, ça vous surprend ? Est-ce que vous vous y attendiez ?
00:13Non, ça ne me surprend pas parce que, comme vous le savez,
00:15j'ai dirigé des établissements pénitentiaires comme Freyne et Fleury
00:18et j'ai dû également être confronté à des mouvements de protestation de certains détenus
00:23lorsqu'on les plaçait dans des quartiers plus difficiles sur les conditions de détention.
00:27Je ne suis pas étonné, mais le directeur de la prison explique bien
00:31que c'est en application d'une loi qui a été votée le 13 juin 2025
00:35et qui est très précise sur les conditions de détention.
00:39D'ailleurs, le placement dans cette prison est quand même exceptionnel.
00:42C'est-à-dire que vous avez en France 85 000 détenus
00:45et il y a actuellement 88 détenus qui sont impliqués dans des affaires criminelles
00:49et dans des organisations criminelles.
00:51L'objectif, c'est la lutte contre les organisations criminelles.
00:56C'est ça l'objectif de ces conditions de détention.
00:58Alors, est-ce que ça peut évoluer ?
01:00Ça, je crois qu'il faut que le législateur peut-être fasse un bilan de ces conditions de détention.
01:07Je peux comprendre également qu'un détenu qui reste plusieurs années dans une prison,
01:12il doit bénéficier d'activités.
01:15Je pense au sport, je pense bien sûr aux promenades obligatoires
01:18et pourquoi pas également au travail.
01:20Mais cela demande effectivement un accompagnement très strict au niveau de la sécurité.
01:26Donc, en plus, la peine, elle bouge.
01:28C'est-à-dire que les détenus qui sont placés dans ces quartiers de haute sécurité
01:32n'y resteront pas toutes leurs peines.
01:34Ils pourront bien sûr évoluer et changer l'établissement en fonction de leur comportement.
01:40Mais il est vrai que les conditions de détention dans cet établissement
01:44sont contraignantes et totalement différentes que dans une prison ordinaire.
01:49C'est pour ce motif d'ailleurs que ces détenus ont été placés d'une manière exceptionnelle
01:53dans ces établissements de haute sécurité.
01:56Et ce mouvement de grogne des détenus, est-ce que ce n'est pas un nouveau défi à l'État ?
01:59C'est même un peu provocateur.
02:00Le communiqué de revendication, on ne sait pas d'où il sort,
02:04est signé aussi du super cartel de Vendin-le-Vieille.
02:07– Oui, bon, je ne sais pas si c'est de la provocation,
02:12mais il y a une protestation qui ne m'étonne pas en tout cas.
02:17Mais il faut bien rappeler aux auditeurs
02:20que c'est en application d'une loi qui a été votée.
02:24Et les services méditantiaires l'appliquent avec discernement,
02:27mais ils l'appliquent, ils ne peuvent pas faire autrement.
02:30– C'est intéressant que vous parliez de l'opinion et des gens qui nous regardent,
02:34parce qu'on a là-bas des criminels, Joachim Puyo,
02:35qui sont condamnés ou alors qui sont poursuivis pour des actes terribles.
02:39Certains ont du sang sur les mains.
02:41D'entendre qu'ils ont des revendications sur leurs conditions de visite,
02:45forcément, pour l'opinion, c'est un peu difficile à accepter.
02:47– Oui, c'est difficile à accepter, d'autant qu'il y a des possibilités de recours.
02:53Bon, et les recours, je crois, n'ont pas abouti.
02:57D'autant que lorsque ces détenus ont été sélectionnés, entre guillemets,
03:01par le ministre de la Justice, c'est qu'effectivement, il y avait des raisons objectives.
03:06Parce que vous le savez également, que vous avez des organisations criminelles
03:09qui sont infiltrées dans des prisons ordinaires,
03:12et la détention ordinaire est devenue un lieu de trafic,
03:17est devenue un lieu d'influence, est devenue également un lieu de corruption.
03:21Donc on ne pouvait pas maintenir ce système-là dans les prisons
03:25qui sont surpeuplées et qui ne permettent pas aux surveillants
03:28d'appliquer effectivement les règles.
03:30Donc je pense que la décision a été prise il y a déjà quelques mois,
03:35c'est bien lutter contre les organisations criminelles liées aux narcotrafiquants,
03:39l'objectif de ces conditions de détention.
03:41– Comment on met un terme Joachim Puyo
03:44quand on est directeur d'établissement pénitentiaire à ce genre de mouvement ?
03:46– Je pense qu'il faut discuter avec les détenus.
03:50Je pense qu'il faut qu'ils comprennent la décision qui a été prise.
03:55Je pense qu'il y a des liens qui sont importants également.
03:59Je pense par exemple qu'on peut faire évoluer au niveau des activités
04:03si les conditions de sécurité sont garanties.
04:05Mais quand vous parliez des parloirs, je peux comprendre
04:07que lorsqu'un détenu a bénéficié d'un parloir sans dispositif
04:10et qu'il a maintenant un parloir avec dispositif.
04:13Mais vous savez très bien que les parloirs sont des lieux très sensibles.
04:17Parce qu'on a vu dans les prisons ordinaires
04:19que les parloirs permettent de faire rentrer de la drogue,
04:23des objets interdits et voire des armes.
04:26On l'a vu.
04:27Donc évidemment, les parloirs, c'est un lieu très sensible.
04:30Merci.
04:31Merci.
04:32Merci.
04:33Merci.
04:34Merci.
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