- il y a 5 mois
Au sommaire de ce nouveau numéro, du Offroad et le retour de Triumph dans le championnat de France. et le championnat supercross US, l'Endurance côté coulisse au sein du Yoshirama Sert Motul et un focus sur le Handi Free Riders !
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:00Votre programme avec Aprilmoto, l'assurance en plus facile.
00:04Plus d'infos sur aprilmoto.com
00:08Bonjour à toutes, bonjour à tous,
00:27bienvenue dans Power Sport News numéro 17,
00:31l'émission de tous les sports moto et qui dit compétition, dit tour de chauffe,
00:36qui dit émission, dit sommaire.
00:37Pour cette émission de rentrée, on débute par du off-road
00:40et le retour de triomphe dans le championnat du monde et le championnat Supercross US.
00:44Place ensuite à l'endurance, mais du côté coulisses,
00:47dans le team du Yoshimura, certes motules,
00:49pour comprendre comment devenir un mécanicien d'une telle équipe championne du monde.
00:52Et enfin, portrait d'un pilote accidenté en 2003 qui a su, malgré son handicap,
00:56remonté sur une moto de course et créé le Handy Freeriders,
00:59association qui permet aux blessés de la route ayant un handicap
01:02de faire du circuit et de la compétition.
01:05Avec nous sur le plateau de Power Sport News,
01:07comme chaque mois, Pascal Tomec, salut Pascal.
01:09Bonjour David.
01:10Et deux invités exceptionnels, avec des motos exceptionnelles,
01:13que vous nous avez apportées,
01:14Eric Pecoraro, directeur marketing et communication de Triumph France.
01:18Bonjour David, bonjour Pascal.
01:19Benjamin Pivovarski, donc ton titre exact c'est ?
01:23Manager Off-Road.
01:24Manager Off-Road.
01:25Et ça tombe bien, c'est des motos Off-Road qu'on a ici,
01:28une moto de motocross, une moto d'enduro.
01:30On va parler d'Off-Road.
01:32Triumph, enfin une longue tradition Off-Road,
01:34mais vous revenez sur le devant de la scène depuis quelques années,
01:38sur ce terrain, on va en parler.
01:41Mais d'abord Pascal, j'ai une question pour toi.
01:43Ces motos te parlent, toi tu suis pour motocross non seulement la vitesse,
01:48on en parle beaucoup dans Power Sport News, mais aussi le tout terrain.
01:51Bien sûr.
01:52Qu'est-ce que t'inspires, le retour de Triumph ?
01:54Moi j'avais un beau frère qui était très Triumph, T120 et autres,
01:58donc j'ai été bercé par l'histoire.
02:00Et puis l'histoire de...
02:02T120 c'est les Bonneville.
02:03Les Bonneville, Marlon Brando, l'équipé Sauvage,
02:07et puis Steve McQueen quand il fait les six jours en Allemagne de l'Est.
02:11Donc les Trials, les six jours d'Ecosse avec des moteurs Triumph et autres,
02:16je les ai toujours connus.
02:17Mais par contre, là où j'étais très surpris,
02:19c'est de vous voir arriver en MX1 et MX2,
02:22d'abord en MX2,
02:23et de vous voir arriver dans des disciplines qui sont dominées par les Japonais.
02:27Et alors moi, après j'aurai une grosse question, quoi.
02:30Mais je vais laisser David la poser quand même.
02:31Pour parler du retour de Triumph en Off-Road ces dernières années,
02:37je me tourne vers toi Eric.
02:37Ton parcours personnel suit celui de Triumph
02:42ou alors tu se calques sur celui de Triumph
02:44où tu as vu avec des motos de route, des motos même de piste.
02:47Et là, tu t'es converti à l'enduro ?
02:49Converti, c'est un grand mot,
02:51mais en tout cas, oui, ça me donne énormément envie d'essayer.
02:54Comme tu sais, Triumph a une longue histoire.
02:56Mais toi, toi, toi, tu roules.
02:57Ça fait combien de temps que tu es chez Triumph ?
02:59Il y a 25 ans que je suis chez Triumph.
03:00J'ai toujours aimé la moto, même avant chez Triumph.
03:02Il n'y a pas que des Triumphs.
03:03Benjamin, comment on accompagne ce mouvement en compétition ?
03:08Comment c'est possible d'initier une dynamique sur le Off-Road ?
03:15Ça démarre tôt, parce que c'est vrai que les premiers vents,
03:20les premiers échos qu'on a eus de cette arrivée de moto,
03:23c'était début 2019.
03:25Et ça a enchaîné avec des benchmarks avec les Anglais,
03:29les contacts avec les teams, les contacts avec les pilotes,
03:31beaucoup de sollicitations aussi des pilotes.
03:33Ah oui, vous avez été sollicité.
03:34Ce n'est pas vous qui êtes allé les chercher aussi,
03:36ce n'est pas seulement ça ?
03:37Alors, au niveau national,
03:38on a eu beaucoup de sollicitations de pilotes d'enduro,
03:41de motocross, de pilotes de sales.
03:43Il y avait une confiance directe.
03:44Je pense que ça va de soi du fait qu'on est aussi
03:46un très bon motoriste en moto 2.
03:48Donc, il y a un lien.
03:49Voilà, toujours un peu de compétition.
03:51Donc, les gens savent qu'on fait des très bons moteurs en moto 2.
03:53Donc, ceux qui avaient connaissance,
03:55qui avaient vent de cette présence en moto de route,
03:57ils se sont dit, évidemment, logiquement,
03:59en moto Off-Road,
04:01les moteurs seront aussi performants grâce aux ingénieurs.
04:04Je précise un truc.
04:05Alors, non seulement Benjamin,
04:06c'est lui un vrai spécialiste de cross et…
04:08Oui, parce que tu pratiques un…
04:09On ne l'a pas dit, on a parlé de la pratique d'Eric,
04:11mais toi, tu as un bon coup de guidon.
04:14En tout cas, plusieurs fois.
04:15Plus, oui.
04:15Après, c'est vraiment pour m'amuser.
04:17Je m'adresse aux spectateurs avertis que tu es, Pascal,
04:21de la compétition Off-Road, entre autres.
04:25Est-ce que tu as été surpris
04:26par les résultats de triomphe en compétition ?
04:29Oui.
04:30Ils s'attaquent à des marchés KTM, X-Varna, Gaz-Gaz, Yama, Honda…
04:33Ils ont une expérience…
04:35Ils ont une expérience dans le Off-Road qui est terrible.
04:37On les voit arriver avec du Moto2,
04:41mais aussi une marque exclusivement routière.
04:44Un petit peu de trail, mais pas beaucoup de trail,
04:47comme l'ont fait les autres marques,
04:48où ils sont allés au Dakar, où ils sont allés dans des tas d'endroits.
04:51Et là, vous vous attaquez à des marchés
04:52qui sont déjà occupés par du monde.
04:54Et dès le départ, ça marche.
04:56Alors, Carmichael, un bel ambassadeur,
04:58que je crois, assure des motos GP.
05:00Ricky Carmichael.
05:01Quand on a vu le numéro 4 sur les motos,
05:03ça commence à être beau.
05:06Déjà, il y a du marketing.
05:08Ce n'est pas un coup marketing.
05:10C'est qu'il y a vraiment eu un vrai développement,
05:13des vraies études de fait,
05:14des petites touches qui ont été faites au dernier moment
05:17pour encore améliorer la moto.
05:18Lorsqu'on a fait les essais presse monde,
05:21que ce soit en Floride, en Espagne, un peu partout,
05:22pour les crosses et les enduros,
05:23à chaque fois, les pilotes sont là.
05:25Que ce soit Ricky Carmichael, Ivan Cervantes, Ivan Tedesco.
05:29Il n'y a vraiment...
05:30Que des noms, quand même.
05:31C'est ce qu'il faut aussi, je pense,
05:32qu'on a une moto qui est très bien née.
05:35Et c'est vrai que quand tu proposes un pilote,
05:39un top pilote, comme Ricky Carmichael,
05:40on propose de développer la moto que tu aimerais avoir,
05:44de tes rêves.
05:45C'est partir d'une feuille blanche.
05:46Voilà, c'est toi qui vas développer.
05:48Et d'ailleurs, cette moto que tu as en face de toi,
05:49la TF450 RC, RC pour Ricky Carmichael,
05:53qu'on commercialise.
05:54Donc, c'est vraiment sa moto.
05:58Donc, il est parti de la moto de série qu'il a développée aussi.
06:00Mais il a ajouté ses petites touches
06:02pour que ce soit vraiment sa moto parfaite.
06:05Et donc, elle a le numéro 4.
06:06C'est comme ça qu'elle est vendue dans le commerce.
06:09Et c'est la TF450 RC, Ricky Carmichael.
06:11Et donc, c'est la première 450 de motocross
06:14qui est arrivée sur le marché, directement en série limitée.
06:16Cross en duo.
06:17Pourquoi pas 2,5 ?
06:19Pourquoi pas commencer directement par la 4,5 ?
06:22Ça, c'était un choix de l'usine.
06:23C'était un choix de l'usine.
06:25Pourquoi selon toi, Benjamin ?
06:26Il y a un choix de l'usine.
06:27Il y a une histoire de coût également.
06:29Avoir un team en 250, que ce soit en SX ou en MX.
06:33C'est intéressant.
06:33Même si le développement moteur coûte peut-être un peu plus cher en 2,5,
06:37le prix des pilotes.
06:40Ah, c'est exact.
06:42Le prix des pilotes.
06:42Il y a plusieurs choses.
06:43Mais voilà, on peut prendre des jeunes qui sortent de l'Europe.
06:49Prendre quelqu'un qui gagne en SX, US, le top 3
06:54et prendre un pilote qui sort de l'Europe,
06:57le montant n'est vraiment pas le même.
06:58Oui, parce que prendre Ricky Carmichael pour faire du développement,
07:01ce n'est pas prendre Ricky Carmichael au fait de sa carrière en 450.
07:04Exactement.
07:05Par contre, c'est prendre un pilote qui est très bon
07:07sur le développement d'une moto
07:08et qui va aider que ce soit les pilotes de compétition,
07:12les pilotes de test, les ingénieurs
07:14à vraiment établir une moto qui est...
07:17Et le premier titre, c'est quand alors ?
07:20On croise les doigts.
07:21En tout cas, on a déjà des super résultats.
07:23On va voir si ça sera en motocross ou en enduro.
07:24Mais en enduro, voire la première course en enduro GP,
07:28on avait 8 triomphes d'engagés.
07:30Les 8, elles ont fini dans les 15 premières motos.
07:33Oui, voilà, dans les 15 premières motos.
07:34C'était top.
07:35On s'est dit tout de suite, c'est génial.
07:37Et puis Pearson qui est deuxième, troisième à chaque fois sur les courses,
07:41c'est top.
07:42Et nous, c'est vrai que le fait d'arriver directement en SX, US,
07:44on appréhendait.
07:45Après, les partenaires, tout le monde était assez bien calé.
07:49Et après, il y a toujours les risques de blessures en supercross.
07:52Mais Swole, cette année, Smith, on a eu des résultats qui sont vraiment transcendants.
07:56On a eu des podiums.
07:57Après, il y a des blessures.
07:59Donc, ça fait partie des aléas.
08:00Et on n'avait pas non plus les pilotes, le top 3 en termes de pilotes.
08:04Vous n'êtes pas répartis les rôles.
08:06Nous, on essaye 4,5 championnats nationaux.
08:09Et nous, on essaye 2,5 championnats internationaux.
08:11Vous êtes parlé avec Ducati ou pas ?
08:14Pour arriver ensemble là.
08:16Non, mais après, nous au niveau national, on arrive aussi à mettre des petits trucs en place.
08:21On essaye de faire tester la moto.
08:22C'est vrai que la 4,5 est arrivée toute fin janvier.
08:26Sur un coup de tête, par contre, on s'est dit, ok, on va essayer d'aller au Touquet.
08:29Donc, en France, ça fait un petit coup de buzz avec David Erbroteau.
08:32Donc, c'était plutôt sympa.
08:35Bon, malheureusement, il s'est craché.
08:37Le radiateur a pris un coup et on ne pouvait pas continuer la course.
08:40Mais voilà, pouvoir tester pour les années futures.
08:42Il y a des choses comme ça.
08:43Être engagé sur le championnat d'élite nationale avec Tom Guyon en 4,5 et Jimmy Clocher en 2,5.
08:49Voilà, alors c'est ça, le programme national.
08:51C'est ces deux pilotes-là.
08:52Et à chaque fois, c'est avec le support de concessionnaires locaux.
08:55Où est-ce qu'on peut attendre Triomphe, Pascal, selon toi ?
08:58Où est-ce qu'il serait important que Triomphe s'engage ?
09:01On a parlé du Touquet, on a parlé du Trèfle, selon toi.
09:05Si Triomphe gagne le Supercross US, ça va exploser.
09:10Selon toi, c'est important, le Supercross US, donc la clé par-delà ?
09:15Les marques qui veulent vendre des motos off-road dans le monde doivent en premier lieu gagner le Supercross US.
09:21Des marques japonaises, elles disent si on gagne le Supercross US.
09:23Les KTM, ouais.
09:25Après, le commerce se développe quasiment tout seul.
09:28Parce que ce repère, il est indéniable.
09:30Le rêve américain, il est toujours d'actualité sur la partie sportive et la partie du motocross.
09:35Donc on gagne le Supercross US et derrière, les gens savent tous que le commerce va décliner.
09:40Et en plus, Triomphe, avec son histoire, s'il venait à gagner ce type d'épreuve,
09:46mais c'est de l'or en barre presque.
09:50On va souhaiter bon vent aux pilotes Triomphe, qui sont engagés dans combien de championnats, Benjamin ?
09:57En motocross, un peu partout, un peu dans tous les championnats.
10:00Pas forcément meilleur niveau, mais vous verrez dans les prochains mois, les prochaines années,
10:05des triomphes en enduro, en championnats régionaux, nationaux.
10:08Voilà, c'est une belle ambition.
10:11Et au Dakar ?
10:12Ah, ça, c'est la question qui retombe souvent.
10:15Merci, Pascal, merci, merci.
10:17Surtout avec Sam Sunderland, qui fait partie de la famille Triomphe maintenant.
10:21Donc effectivement, il y en a souvent cette question qui revient.
10:24Pour l'instant, il n'y a pas plus de retour là-dessus.
10:28Pas de révélation sur le Dakar et Triomphe pour le moment.
10:31Non, non, pas pour le moment.
10:32On attendra un petit peu.
10:34On attendra un petit peu.
10:35Merci.
10:36Merci.
10:36Bon vent aux pilotes Triomphe.
10:38On leur souhaite belle réussite.
10:40Et puis bravo pour ce retour sur le devant de la scène off-road.
10:43Merci d'être venu, Benjamin.
10:44Merci, Eric, d'être venu parmi nous.
10:48Et puis nous, on continue.
10:49On va parler d'endurance.
10:51On va parler d'endurance avec le Suzuki Endurance Racing Team.
10:54A tout de suite.
10:57La suite de cette émission Power Sport News avec, sur le plateau, Louis Godignon.
11:02Salut, Louis.
11:02Salut, David.
11:03Pascal, Louis, tu le connais.
11:07Il fait partie du team Suzuki Endurance Racing Team.
11:11Le top du top au niveau de l'endurance.
11:13Parce qu'il doit faire rêver tous les jeunes qui regardent la télé.
11:16En principe, même quand tu es le soir à table à la maison, quand tu racontes les histoires
11:20ou avec tes potes, ça doit être quand même assez excitant.
11:23C'est assez prestigieux, oui.
11:26Le CERT.
11:27Est-ce que tu sais combien de titres à Le CERT ?
11:2917 ou 18.
11:3117 titres mondiaux.
11:34C'est des victoires à l'appel en endurance.
11:36J'imagine que ça a dû te faire rêver d'intégrer ce team.
11:41Oui, c'était inespéré.
11:44C'est vraiment intégrer un team de ce calibre-là en endurance.
11:47Le meilleur team d'endurance, le plus titré, le plus de victoires.
11:49C'est juste une opportunité incroyable.
11:51Alors, comment tu es arrivé à ce Graal ?
11:55Alors, moi, de base, j'ai fait une formation plutôt classique avec un CAP, Bac Pro, BTS
11:59en mécanique moto.
12:00Par-delà, vu que j'habite à Bourges et que Manicourt, ce n'est pas loin, j'ai
12:03connu le junior team en allant sur les événements tels que le bol d'or.
12:07En spectateur ?
12:07En spectateur.
12:08J'ai juste ouvert une tract.
12:10Pour devenir mécanicien de compétition, il faut faire le junior team.
12:13Je me suis dit, je me donnais pour objectif d'aller faire le junior team.
12:16Du coup, j'ai fait le junior team en 2019.
12:18T'as avec quel âge ?
12:19Quand j'ai découvert, j'étais jeune, je devais avoir 12, 13 ans.
12:22Et là, tu te dis, tiens, il y a peut-être quelque chose.
12:24Oui, c'est ça.
12:25Et là, je me dis, il y a peut-être un truc, je bricole pas mal à la maison, je fais
12:27de la moto depuis que je suis tout petit parce que mon papa est motard depuis longtemps.
12:32Donc, voilà.
12:33D'accord.
12:34Et donc, là, ta formation, ça a été quoi ?
12:37Du coup, la formation, c'est AP, Bac Pro, BTS.
12:39Suite au BTS, j'ai intégré le junior team en promo 2019.
12:43Et suite à la promo 2019 junior team, j'ai eu un peu de réussite parce que c'était
12:48l'année où Damien reprenait le CERT, l'équipe du CERT.
12:50Oui.
12:51Et donc, il m'a proposé directement à la fin de la saison du junior d'intégrer l'équipe
12:54officielle.
12:56Damien Saunier, c'est Damien Saunier, le team manager auparavant du junior team, passé
13:02team manager du CERT, le fameux CERT, l'équipe officielle Suzuki en endurance qui lutte chaque
13:08année pour le titre mondial.
13:10Alors, est-ce que c'est beaucoup de pression ?
13:12Au début, c'est beaucoup de pression.
13:14Mais au final, on s'y habitue vite et juste, il faut faire le travail.
13:17J'ai eu de la chance d'être entouré avec que des gens ultra expérimentés, ultra pédagogues.
13:21Donc, au final, maintenant, c'est juste, on va dire, un travail normal, entre guillemets.
13:25Mais il y a toujours, effectivement, la pression du résultat parce qu'on sait qu'on a attendu
13:28au moins sur le podium et pas en dehors du podium à chaque course.
13:32Donc, oui, c'est beaucoup de pression.
13:33Pascal, le CERT, longtemps, ça a été des piliers.
13:37Ce n'était pas des jeunes, c'est des gens d'expérience.
13:39Alors, plus ou moins jeunes, évidemment, mais il y avait grand polo, petit polo, des figures
13:46mythiques pour ceux qui suivent l'endurance.
13:49Et là, de voir des jeunes prendre la relève, qu'est-ce que, toi, ça t'inspire ?
13:53Ça m'inspire qu'effectivement, aujourd'hui, il y a des jeunes qui rêvent toujours.
13:58Alors, ils sont à l'école, ils apprennent la mécanique.
14:00Bon, ils ne peuvent pas tous être pilote, ils ne peuvent pas tous être champion du monde,
14:03que ce soit l'endurance, MotoGP, toutes les équipes.
14:05Donc, à un moment, ils rêvent d'accompagner ces équipes.
14:08Et le CERT fait partie de ces écoles de la vie.
14:12Donc, le LMS, aujourd'hui, ne forme que des jeunes.
14:15Quand on les voit en endurance, au même titre que les adultes,
14:18ils ne courent pas forcément pour la victoire, mais en tout cas, la victoire pour leur catégorie.
14:21Il n'y a que des gamins au LMS.
14:23Il n'y a que des gamins au LMS.
14:26Mais le CERT, intégré le CERT, c'était très difficile,
14:28parce que les places étaient verrouillées pendant très longtemps.
14:31Dominique Méliand, le prédécesseur de Damien Saunier,
14:34pouvait compter sur une équipe les yeux fermés.
14:37Ils auraient refait une moto, on est d'accord, Louis.
14:39C'est complètement ça, oui.
14:40Et par rapport à ces glorieux aînés,
14:43toi, tu n'as pas le complexe d'infériorité ?
14:46Un peu quand même, parce que quand on arrive, on se dit,
14:49par exemple, j'ai remplacé Pascal, qui était présent depuis 30 ou 20 ans dans l'équipe.
14:54Le syndrome de l'imposteur ?
14:55C'est ça, c'est qu'est-ce que je fais là, pourquoi je suis là ?
14:59Je suis le stagiaire, je ne sais pas, je vais partir à un moment donné.
15:01Mais non, c'est beaucoup de pression.
15:03Mais j'ai eu de la chance d'intégrer le CERT.
15:04Il y avait encore Petit Polo, qui est la personne, je pense, la plus gentille sur Terre,
15:08la plus pédagogue et une expérience monstrueuse.
15:11Donc ça m'a beaucoup aidé afin de faire sa place et d'intégrer l'équipe.
15:14Ça ne te fait pas peur de te dire que tu vas peut-être y passer ta vie complète ?
15:19Non, pas spécialement, ça ne serait pas forcément une mauvaise chose.
15:23Parce que les anciens, ils ont tout fait.
15:26Ils ont fait le CERT du début à la fin.
15:29Tu es installé au Mans ?
15:30Je suis installé au Mans, oui.
15:32C'est une belle ville.
15:33C'est une très belle ville avec un très beau circuit dynamique.
15:37Plus grand que Bourges, donc mieux que Bourges.
15:38Moi, j'ai une question.
15:41Auprès des, en dehors de la compétition, des gens, des amis à toi qui ne font pas forcément de la moto.
15:49Tu n'as pas que des copains et des copines qui ne font que de la moto.
15:52Comment tu présentes ton métier ?
15:55Comment tu l'expliques, ce que tu fais ?
15:56Ce n'est pas banal ?
15:57Alors, c'est assez compliqué parce que, autant ma famille, mon papa, suit beaucoup la moto,
16:01donc ils comprennent.
16:01Mais par exemple, j'ai mon cercle d'amis qui n'est pas du tout moto.
16:04Et du coup, leur expliquer que je fais partie d'une équipe de compétition,
16:06on voyage à travers le monde, on travaille beaucoup, etc.
16:10C'est difficile à expliquer.
16:11Mais au final, parce qu'ils sont souvent passionnés par un autre sport,
16:14le football, le tennis, etc.
16:16Donc, ça permet de mettre en image facilement le métier.
16:19Et ils trouvent ça quand même assez passionnant.
16:21Et se dire qu'ils ont quelqu'un qui se donne autant pour une équipe,
16:25c'est quand même assez pratifiant.
16:27Est-ce que c'est difficile d'exprimer auprès de personnes qui ne connaissent pas forcément la moto
16:31la place à part du CERT ?
16:35Tu dois un petit peu leur faire une explication de texte ?
16:39Alors, c'est difficile, oui et non, parce qu'on est juste à évoquer le nombre de titres et de victoires.
16:42Ils disent, ah oui, d'accord, c'est que ça doit être une grosse équipe.
16:44Après, évidemment, l'endurance, ça ne parle pas forcément à tout le monde.
16:47C'est ça.
16:48Mais oui.
16:49Et ton rôle précis au CERT, c'est quoi ?
16:53Alors, moi, je suis technicien châssis, responsable technicien châssis.
16:55C'est-à-dire qu'en gros, à l'atelier, on est deux techniciens châssis.
16:58On s'occupe de...
16:59Vous êtes deux avec qui ?
17:00Avec Sullivan, qui est aussi passé dans l'émission, il me semble.
17:03On le connaît, Sullivan.
17:04Et du coup, notre rôle, c'est de faire fonctionner la moto, faire la logistique,
17:10sur les courses, réparer la moto, faire en sorte que la moto fonctionne bien,
17:13quelque chose qui s'ensuit.
17:14Quand il y a des chutes, le châssis, il morfle souvent.
17:19Vous avez des morceaux déjà préparés, vous avez un protocole de réparation.
17:24Parce qu'une moto peut revenir en un quart d'heure, vous la reconstruisez.
17:27C'est un peu ça.
17:28C'est un peu ça, oui.
17:29Comment c'est possible ?
17:30En fait, l'endurance, pour moi, le mot d'ordre, c'est l'anticipation.
17:34Si on arrive à tout anticiper, globalement, même les mauvaises surprises ne sont pas des mauvaises surprises.
17:39Et du coup, à l'atelier, avec Sullivan, on essaie de préparer nos sous-ensembles.
17:42Un train avant complet, un train arrière complet, des platines, des carénages, etc.
17:46Et sur les circuits, après, on s'entraîne à démonter, redémonter rapidement les pièces.
17:50C'est votre travail de vous entraîner à démonter rapidement, redémonter.
17:56Vous avez une répartition des fonctions ?
17:58Oui, en fait, sur les courses, on est quatre mécaniciens.
18:00Et du coup, on se répartit déjà la moto.
18:02On la coupe en deux, au milieu, il y a une partie avant, une partie arrière.
18:04Et ensuite, un mécanicien avant-gauche, mécanicien avant-droite, arrière gauche, arrière droit.
18:08Et donc, ce qui fait que, du coup, ça permet d'être beaucoup plus efficient.
18:11Parce qu'on sait déjà sur quoi on va se jeter, être focus.
18:14Et toi, c'est quoi, alors ?
18:15Moi, je m'occupe de la partie avant de la moto.
18:17Et quand il y a des interventions, partie avant-droite.
18:20Parce que c'est la partie, on va dire, compliquée de l'avant, avec tout ce qui est mètre cylindre, frein, etc.
18:24Donc, oui, mais on s'entraîne, la semaine, on s'entraîne beaucoup à essayer d'anticiper le plus de cas possibles.
18:29Même si on ne peut jamais vraiment prévoir ce qui va arriver.
18:31Vous chronométrez ?
18:32On se chronomètre, oui.
18:33Vous chronométrez ?
18:33Oui, on a Quentin, qui est notre coordinateur technique, qui nous prend le chrono,
18:36qui nous dit, là, vous avez mis 10 secondes de plus, ou là, c'est pas bien.
18:38Là, t'as démonter ça avant ça.
18:40Refaire une partie avant-droite d'une moto, c'est combien ?
18:43En moins de, si c'est juste le demi-gidon, même pas une minute.
18:47Une minute, c'est changé.
18:49Transmis au concessionnaire pour le tarif horaire, les gars.
18:53La moto est bien pensée pour aussi, grâce au travail, tout le travail que Yoshimura a fait, le Suzuki fait.
18:57La moto, elle est vraiment pensée pour être démontée en un temps record.
19:01On voit l'état dans lesquels, par exemple, Greg Black, aux dernières 24 heures, a ramené la moto.
19:07Vous l'avez ressortie, moi, je pensais qu'elle ne ressortait pas.
19:10Comment c'est possible ?
19:11Nous aussi, au début, quand on a vu la vidéo, on s'est dit, déjà, reviens pas en roulant, c'est très rare que la moto.
19:15Oui, elle avait un camion, parce que ça, c'est une règle qui a été établie en 2015, je crois,
19:19qu'un camion pouvait ramener la moto.
19:21Avant, c'était le pilote qui l'a poussée, Pascal.
19:23Il y a des pilotes qui, même avec des chevilles brisées, poussaient les motos.
19:27Nouvelle règle.
19:28Tu te rappelles de l'état de la moto ?
19:30Ah ben, c'était un cube.
19:33C'était un César, une compréhension de César.
19:34Vous avez mis combien de temps à la remettre ?
19:36La moto, il me semble qu'on a mis entre 15 minutes.
19:39En gros, elle a mis 15 minutes à revenir en camion,
19:41et 15 minutes, elle a réparé complètement.
19:43Donc, ça a mis 30 minutes d'intervention.
19:46Parce que, sachant qu'elle est revenue en camion, il faut qu'elle repasse au contrôle technique
19:48pour s'assurer que le cadre n'est pas fissuré ou qu'il y a un gros problème.
19:52Et ensuite, elle est revenue au boxe.
19:53Et ouais, je crois que c'est 15 minutes et quelques, à peu près.
19:55Vous avez terminé dans les dix premiers, je crois.
19:58Sixième.
20:00Merci, Louis.
20:01Merci, Louis, d'être venu ici.
20:02où Damien Saunier a son rond de serviette chez nous.
20:06Il vient quand il veut.
20:08Merci, Pascal.
20:09Nous, on va passer à la suite et on va accueillir,
20:12pour la suite de cette émission,
20:14un pilote qui roule Suzuki depuis de nombreuses années.
20:19C'est Stéphane Paulus, un personnage lui aussi.
20:21Dernière partie de ce Power Sport News numéro 17,
20:26avec un invité de Marc, Stéphane Paulus.
20:28Salut, Stéphane.
20:29Salut, David.
20:32Pascal, Stéphane, on le connaît bien.
20:34Je te laisse présenter, Stéphane.
20:37Je pense que pendant de nombreuses années,
20:40le handicap, on le cachait.
20:41Personne ne voulait le sponsoriser.
20:45Personne ne voulait mettre un sticker dessus.
20:47Et je pense que lorsqu'il arrive,
20:49il démocratise tout ça.
20:52Donc, il aide les gens à mieux comprendre.
20:55Et il a un sourire permanent.
20:59Et à partir de ce moment-là,
21:00tout le monde se dit
21:01qu'il faut effectivement que ces gens participent
21:05à la compétition.
21:06Mais pendant très longtemps,
21:08personne n'osait le faire
21:10et personne ne voulait le faire.
21:12Pascal, Stéphane est un athlète paraplégique.
21:17Tu as repoussé les limites, Stéphane,
21:20depuis 2003, date de ton accident,
21:23année de ton accident.
21:24Tu n'as cessé de repousser les limites du sport moto
21:27en imposant tes vues,
21:33en imposant le fait que les athlètes
21:36à mobilité réduite
21:37puissent s'inscrire
21:38parmi les valides en compétition.
21:41Oui, c'est exactement ce qui s'est passé.
21:43Alors, tu sais,
21:45quand tu es gamin, tu rêves.
21:47Quand tu étais gamin,
21:48tu rêvais d'être pilote.
21:49Moi, je rêvais d'être pilote.
21:51J'ai réalisé mes rêves de valides
21:53malgré l'handicap.
21:54Et en fait, j'ai toujours tenu
21:56ma ligne de conduite.
21:56Et quand je me suis retrouvé en fauteuil,
21:59que j'ai refait de la moto
22:00et qu'ensuite,
22:01on a créé ma rencontre
22:02avec Kevin Simonato en 2014,
22:04la création d'Andy Freerider
22:05qui est dédiée aux motards
22:06qui ont un action de la vie
22:07et qui souhaitent refaire de la moto,
22:09mais uniquement sur circuit.
22:10Mais en fait,
22:11je n'avais pas de plan de route.
22:12En fait, tout s'est fait à l'instinct
22:13et en me disant,
22:14ben voilà,
22:15moi, j'ai roulé en 2012 avec les valides.
22:17On me bloque ma licence 2013-2014.
22:19OK, vous ne voulez pas
22:19que je roule avec les valides.
22:20Bon, on va créer
22:21un championnat handisport.
22:23Quand tu sais que...
22:23Voilà, j'ai commencé,
22:24j'avais 10 pilotes.
22:25Et puis,
22:26on est monté à 35 au monde.
22:28Tu as fait preuve
22:29d'énormément de patience
22:30parce que quand tu dis,
22:32on m'a enlevé ma licence,
22:33je me souviens bien,
22:35tu fais une compétition à Carole
22:37parmi les valides,
22:39mais tu as une autorisation médicale
22:42de faire de la compétition.
22:43Et bon, voilà,
22:45tu ne précises pas
22:45que tu es athlète paraplégique.
22:47Et quand ils l'apprennent,
22:49la fédération te retire ta licence.
22:50Ça a été long
22:51de convaincre la fédération.
22:52Ça a mis du temps,
22:54surtout qu'à l'époque,
22:55les personnes qui étaient en place
22:57à cette époque-là
22:57étaient moins ouvertes
22:59qu'aujourd'hui,
23:00Sébastien Poirier,
23:02sous son nouveau mandat,
23:02Sébastien était déjà là.
23:04Mais je pense qu'il n'avait pas
23:05les appuis,
23:05mais il avait son regard déjà.
23:07Et c'est ce qui a fait,
23:08d'ailleurs,
23:08qu'en 2016,
23:10on puisse faire la première épreuve.
23:14Et je pense qu'heureusement
23:14qu'il y avait déjà
23:15ces personnes-là
23:16qui étaient en place
23:16parce que je pense que
23:17l'ancien mandat,
23:19et je n'aurais jamais vraiment
23:20discuté avec Jacques Bolle
23:21ou avec Patrick Couton,
23:21qui pour moi,
23:23c'était eux qui bloquaient.
23:25C'est la vérité.
23:26C'est une question
23:27de responsabilité, peut-être.
23:28Et effectivement,
23:29ça ne s'était jamais présenté.
23:31Et je pense qu'ils étaient
23:32dubitatifs.
23:33Le mec qui arrive en fauteuil,
23:34on en a un,
23:35mais on en a dix aujourd'hui,
23:36mais demain,
23:36on a un accident.
23:37Il m'interdisait le bol d'argent,
23:38il m'a interdit le bol d'argent
23:39des années,
23:40tant que je n'ai jamais
23:41lâché l'affaire.
23:42Ça remonte avec
23:43François et Terlet
23:44en 2018.
23:46Stéphane,
23:46on fait le bol d'argent
23:47l'année prochaine.
23:48Moi, j'étais super heureux,
23:49mais là, on te dit non.
23:50Non, 2018.
23:51Non, 2020.
23:52Non, 2019, 2020.
23:54Et tu l'as fait.
23:54Et tu l'as fait, 2023 ?
23:56Je l'ai fait, 2023, voilà.
23:57Et chaque année,
23:58c'était des refus.
23:59Jusqu'à temps que,
24:00voilà, ça change aussi,
24:01que ça soit,
24:02comment il s'appelle,
24:04De Létang,
24:04Jean-Marc De Létang
24:05qui devient directeur de course.
24:07Jean-Marc, il me connaît,
24:07il me dit,
24:08mais Stéphane,
24:08mais moi,
24:08je te donne l'autorisation,
24:09on va le faire.
24:10Et heureusement que j'ai toujours
24:11rencontré des gens comme ça
24:12sur mon parcours
24:13parce que je n'ai pas fait tout
24:14tout seul.
24:15David aussi,
24:15que je t'ai rencontré au tout début,
24:17des gens comme ça
24:17qui ont communiqué
24:18tout de suite
24:19sur ce que je lançais.
24:21C'est aussi ce qui a permis
24:22à d'autres personnes
24:23à se faire connaître.
24:25Si tu n'es pas entouré
24:25d'une personne tout seul,
24:26tu ne fais rien.
24:27Pascal,
24:28le regard a changé
24:29sur le handicap,
24:30le regard de la moto
24:31en 20 ans.
24:33Tu as d'ailleurs fêté
24:34tes 20 ans de handicap.
24:36Stéphane, quand même.
24:3720 ans, j'ai passé.
24:38Parce que ça t'a apporté beaucoup,
24:39c'est pour ça.
24:40Oui,
24:40et puis c'est surtout
24:41que je n'ai pas vu
24:41ces 20 ans passer.
24:43Je ne vais pas dire
24:43que je suis heureux
24:44d'être paraplégique,
24:44mais je suis heureux dans ma vie,
24:45je suis heureux
24:46de la vie que je mène.
24:47On m'aurait prédit
24:47cette vie-là,
24:48ça va me faire 22 ans
24:49cette année.
24:51Je n'aurais jamais cru
24:52personne que c'était possible.
24:54L'image du handicap,
24:55l'image de la paraplégie,
24:56je ne pensais pas
24:56que c'était ça.
24:57L'image a évolué, Pascal.
24:58Oui.
25:00Rappelons-nous André Malherbe.
25:02André Malherbe,
25:02il était heureux de vivre
25:04et il était tétraplégique.
25:06Donc,
25:07il était toujours,
25:08il manifeste toujours.
25:10André Malherbe,
25:11un pilote d'enduro,
25:13de motocross,
25:13gravement blessé au Dakar,
25:16dans les années 80.
25:16Blessé au Dakar
25:17et tétraplégique,
25:19mais il était heureux
25:20de vivre la vie
25:22qu'il vivait.
25:24Pour revenir sur le sujet,
25:26longtemps,
25:27on a eu peur
25:28de l'handicapé.
25:30On a un accident de voiture,
25:31on joue au basket.
25:32On a un accident de voiture,
25:33on joue au tennis.
25:34On a un accident de voiture,
25:36on ne fait pas de la moto.
25:37On a un accident de moto,
25:38on ne fait pas de moto.
25:40On s'orientait tout de suite
25:41vers quelque chose
25:42de plus agréable
25:43et de plus simple.
25:44Et nous,
25:45à chaque fois qu'on avait
25:45un regard...
25:46En fait,
25:46c'est pour nous rassurer
25:48les valides.
25:48Mais bien sûr.
25:49On ne demande pas
25:49l'autorisation.
25:50Non, non.
25:51Nous, les valides,
25:52on avait cette...
25:53On se rassurait.
25:54Tu sais,
25:54quand tu te réveilles
25:55il y a 21 ans
25:56et que tu n'as plus
25:56l'usage de tes jambes,
25:58il y a plein de choses
25:58qui te passent par la tête.
26:00Mais la vie,
26:00elle continue.
26:01Elle ne t'attend pas.
26:02Donc,
26:02c'est soit tu montes
26:03dans le train
26:03et tu t'adaptes.
26:05Et c'est toujours
26:06ce que j'ai dit,
26:06tu as deux possibilités.
26:07c'est d'adapter
26:08l'handicap à ta vie
26:10ou d'adapter la vie
26:11à l'handicap.
26:12Donc après,
26:12ça,
26:13c'est un choix personnel.
26:14Moi,
26:15j'ai toujours adapté
26:15l'handicap à ma vie.
26:17Le Stéphane
26:17que j'étais debout,
26:19je suis toujours le même
26:20et avec peut-être
26:21100 fois plus
26:22de passion
26:23de pêche d'énergie
26:24que j'avais
26:24quand j'étais debout.
26:26Andy Freeriders
26:27organise la PMR Cup.
26:29Oui.
26:29C'est ça ?
26:29La PMR Cup,
26:30c'est combien de cours ?
26:31C'est quoi le règlement ?
26:32Alors,
26:33c'est depuis 2016.
26:35Donc,
26:35il y a un championnat de France
26:36et un championnat d'Europe.
26:38Alors,
26:39cette année,
26:39on avait cinq épreuves.
26:40On a dû en réduire une
26:42parce qu'on a manqué
26:42un petit peu de pilotes.
26:43L'année dernière,
26:43on a fait une belle saison
26:44avec 20 pilotes sur la grille.
26:4520 pilotes.
26:4620 pilotes.
26:46Les handicaps différents.
26:47C'est ça.
26:48Donc,
26:48les handicaps autorisés,
26:50c'est paraplégique,
26:51amputé d'un des quatre membres,
26:53hémiplégique
26:53ou plexus braquale.
26:55Plexus braquale,
26:55c'est le nerf de l'épaule
26:56qui ne fonctionne plus.
26:57Du coup,
26:57on a un bras
26:58qui n'a plus de mobilité.
27:00D'accord.
27:00Ça,
27:06j'y peux faire les initiations
27:07avec nous,
27:07mais je les oriente
27:08pour ne pas qu'il y ait
27:09trop de différences de niveau
27:10parce que sinon,
27:12on aurait un maillasse
27:13qui vient,
27:13un Jules Cluzel
27:14avec une cheville bloquée,
27:15un Mathia Pazzini.
27:17Ils ont des handicaps,
27:18ces pilotes-là,
27:19mais s'ils venaient
27:20dans la PMR Cup,
27:21ça n'aurait plus vraiment de sens.
27:23Oui.
27:24Donc,
27:24il y a un jury de sélection,
27:25un comité de sélection.
27:26Il y a un règlement
27:27qui est fait,
27:28tout simplement.
27:29Et voilà,
27:30parce qu'il y a quelques malins
27:31sur les premières années
27:32qui avaient essayé
27:33de se greffer
27:34en se disant
27:35avec des gros handicaps
27:36en se disant paraplégiques
27:37et puis tu les retrouves
27:38en train de courir
27:38dans le paddock.
27:39On a vu quand même
27:40des choses paradoxales.
27:41Ça arrive avec une canne
27:42et puis pour changer un pneu,
27:43ça court à son camion,
27:44mais ça court vraiment.
27:46Ça roulait en trois.
27:47La triche,
27:48c'est à tous les niveaux.
27:49De toute façon,
27:49on en a parlé.
27:51C'était fou
27:51et cette personne-là
27:52m'avait dit jusqu'au bout
27:53« Moi, je cours juste ici,
27:54c'est pour la visibilité
27:55et être champion. »
27:56Mais il faut être fou, quoi.
27:58J'avais passé des nuits blanches
27:59à écrire à l'époque
28:00Vincent Chomet
28:01et Sébastien Poirier
28:03parce que je ne comprenais pas
28:04et puis ils voulaient m'attaquer
28:05pour discrimination.
28:07Donc je me retrouvais aussi,
28:09moi, dans une situation
28:09qui a été compliquée
28:10parce que je n'avais pas fait
28:11de règlement sur le handicap
28:12au départ.
28:13Je ne connaissais pas tout ça.
28:15Donc là,
28:15j'essuyais aussi quand même
28:16pas mal de choses
28:17pas très saines.
28:19On vous voit principalement,
28:20vous,
28:21sur la partie vitesse.
28:22Oui.
28:22Mais est-ce qu'il y a un lien
28:24entre, par exemple,
28:26le pilote de vitesse
28:28et le pilote de motocross ?
28:29Alors, il y a un nom,
28:31Mathias Bellino,
28:31qui est ancien crossman,
28:33ancien pilote d'enduro,
28:35accidenté au Paris-Dakar,
28:36pilote officiel à Chercé Honda.
28:38Mathias,
28:39il est donc paraplégique également.
28:42Mais on ne voit jamais,
28:44forcément,
28:45les gens de la vitesse
28:46avec les gens du off-road.
28:49Alors, on a un lien
28:50et j'ai un exemple,
28:51Benoît Thibald.
28:52Benoît Thibald,
28:53qui est un espoir
28:54de l'enduro français
28:55et qui a chuté,
28:57qui avait 17 ans,
28:58je crois,
28:59qui était super jeune,
29:00mais c'était un espoir,
29:00il était déjà très bon
29:01et qui s'est orienté
29:03vers la vitesse
29:03et qui a été encore meilleur
29:05parce qu'il a tout raflé
29:06ces dernières années,
29:07il s'est arrêté
29:08en fin d'année dernière.
29:09Mathias,
29:10on l'a eu,
29:10mais c'est d'autres profils.
29:13Mathias Bellino,
29:14je pense qu'il y a
29:15un problème
29:16d'acceptation du handicap.
29:17Je pense que ça ne doit pas
29:18être évident
29:18d'être tout en haut
29:19et de redescendre
29:21tout en bas.
29:21Merci Stéphane.
29:22On va te suivre.
29:24Pourquoi pas faire une course
29:25ensemble un jour ?
29:27Tout est ouvert Stéphane.
29:29En tout cas,
29:29merci d'être venu
29:30sur le plateau
29:31de Power Sport News
29:32numéro 17
29:33qui s'achève.
29:34Merci Pascal
29:35pour cette nouvelle émission
29:36encore une fois
29:37très riche
29:38et nous on se retrouve
29:39pour une prochaine émission
29:40Power Sport News
29:41le mois prochain.
29:42Salut à tous.
29:42Power Sport News
Commentaires