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  • il y a 7 mois
Alors que la "coalition des volontaires", les alliés de l'Ukraine, se réunit à Paris, une pétition en ligne lance l'idée de verrouiller le ciel ukrainien, de mettre en place un bouclier du ciel capable d'intercepter les drones russes qui arrivent par centaines chaque semaine. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-jeudi-04-septembre-2025-3130712

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Transcription
00:00France Inter
00:01Mathilde Munoz
00:05Le 5-7
00:08Il est 6h20, la coalition des volontaires se donne rendez-vous aujourd'hui à Paris.
00:13Ce sont les alliés de l'Ukraine, une trentaine de pays, qui se retrouvent pour renforcer leur soutien militaire.
00:18Et pourquoi pas verrouiller le ciel ukrainien une bonne fois pour toutes,
00:21mettre en place un bouclier du ciel capable d'intercéter les drones russes
00:25qui arrivent désormais par centaines chaque semaine, voire chaque jour.
00:28C'est ce que demande le collectif SkyShield qui a lancé une pétition en ligne.
00:32Et notre invité fait partie de ceux qui ont initié ce projet.
00:34Bonjour Xavier Tittelman.
00:35Bonjour, merci de m'accueillir.
00:36Je vous en prie, vous êtes un ancien aviateur militaire, consultant aéronautique et défense.
00:41Vous vous rendez régulièrement en Ukraine.
00:43Alors ce matin, j'ai vérifié, votre pétition frôle les 30 000 signatures.
00:46Vous êtes soutenu notamment par des généraux français, mais aussi des députés, des responsables d'ONG.
00:51L'Ukraine, c'est grand comme une fois et demi la France.
00:54Est-ce que c'est vraiment techniquement possible de détruire tous les drones et tous les missiles tirés par la Russie ?
00:59Non, alors déjà, ce n'est pas l'objectif.
01:01Même un pays comme Israël n'arrive pas à intercepter 100% alors que c'est tout petit.
01:05Là, notre vision, c'est déjà de protéger quelques villes sur les arrières qui sont uniquement avec des civils.
01:11On est très loin de la ligne de front, des villes qui sont à quelques minutes de vol de la frontière,
01:16par exemple avec la Pologne et la Roumanie, de deux façons différentes.
01:19en mettant sur place, au sol, des batteries de défense aérienne et des systèmes de détection
01:24et en étant capables de déployer en six minutes les avions qui décollent de Pologne,
01:29de la base de Greschow, ils sont en six minutes au-dessus de la ville de Lviv, par exemple.
01:33Donc c'est vraiment un soutien sur les arrières pour protéger les civils
01:36et on ne va pas aller se frotter aux russes ou à la ligne de front.
01:39Alors attendez, les dispositifs de détection en Ukraine, il y en a déjà, il s'agirait donc de les renforcer.
01:43Tout à fait.
01:43En revanche, des avions positionnés dans des pays voisins qui interviendraient, ça, ce serait nouveau ?
01:48Alors déjà, on parle de systèmes qui appartiendraient à nos armées.
01:51Quand vous en parlez aux militaires aujourd'hui, ils nous disent
01:53« Nous, on a donné déjà beaucoup et si on donne des équipements dont on aurait peut-être besoin dans trois ans,
01:58malheureusement, on n'en aura pas assez. »
01:59Donc on est peut-être plus prêt à faire ce qu'on appelle les opérations extérieures,
02:03mettre nos militaires avec nos batteries de défense aérienne sur ces villes qui sont proches de la frontière
02:08et puis quand tu rendras de nouveau la paix dans deux ans, on pourra les récupérer.
02:11Donc ils préfèrent à la limite se déployer que de fournir plus de matériel.
02:15Et pour ce qui est des avions de chasse, nos avions sont déjà déployés sur les frontières de l'Ukraine dans ces deux pays
02:21et là on parle de les faire arriver sur le front, enfin on doit les faire arriver sur le pays mais sans être engagés sur le front.
02:27Donc on a vraiment un déploiement en tant qu'opération extérieure plus des avions qui pourraient patrouiller.
02:31Et donc il s'agirait de protéger les civils qui vivent dans les sites qui sont en réalité ciblés vraiment particulièrement par les Russes ?
02:40Tout à fait, 93% des attaques russes, 40 000 missiles tirés depuis le début, sont sur des infrastructures civiles.
02:47On a 2600 attaques sur le système de santé, 3000 écoles qui sont endommagées,
02:50donc on est vraiment sur un ciblage systématique comme en Tchétchénie, comme en Syrie
02:55et nous on veut réellement se limiter à protéger les civils en interceptant, et j'insiste sur ça, uniquement des missiles et des drones.
03:02On ne va pas aller abattre un avion russe, il n'y a aucune escalade.
03:05Et à la limite, quand on parle de ligne rouge, c'était même pire quand on disait on va donner des missiles qui peuvent tirer à longue portée,
03:11quand on va donner des avions de chasse, là il y a des Russes qui meurent.
03:14Nous on parle de tuer aucun Russe, on parle uniquement de sauver des civils ukrainiens.
03:17Donc pour vous, il n'y a pas de risque que Vladimir Poutine soit furieux par une telle initiative si elle venait à se mettre en place ?
03:24Ils le prétendent évidemment à chaque fois.
03:27Interdiction de donner des chars, interdiction de donner des missiles, interdiction de donner des avions de chasse, interdiction de taper sur le sol russe.
03:32Tout ça, c'était des lignes rouges russes qui sont bien pires que celles qu'on propose aujourd'hui, qui sont de bon sens encore une fois.
03:39Et évidemment, il n'y a pas eu de conséquences, outre que cette propagande russe qui prétend qu'à chaque fois qu'on soutient l'Ukraine, ça va amener à la guerre mondiale.
03:46Là, on parle de sauver des vies.
03:47Alors si c'est si simple, si facile à mettre en place et qu'en plus ce n'est pas une ligne rouge, pourquoi ce n'est pas déjà le cas ?
03:55C'est une question de volonté politique.
03:57Avoir des hommes au sol, on le fait déjà, on a des forces spéciales, on a des formateurs, mais plus ou moins cachés.
04:03Et donc finalement, le fait d'officialiser ce soutien, d'avoir réellement des troupes qui seraient au sol, là, ce serait un geste politique fort.
04:10Mais objectivement, on est simplement à la hauteur de l'histoire de la France et de l'Europe et de tous ces pays qui demandent ce soutien aujourd'hui.
04:17C'est pour ça que vous parlez de devoir moral dans votre texte, le texte de la pétition, vous dites que c'est un devoir moral.
04:22Il y a un devoir moral.
04:23Et puis la France a des engagements de sécurité avec l'Ukraine depuis notre signature en 1995, dans lequel l'Ukraine a accepté de rendre, de se débarrasser de ses armes nucléaires,
04:32en échange de garanties de sécurité qui lui sont offertes par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Chine et la Russie aussi.
04:38On voit bien évidemment que ça n'a pas marché.
04:39Donc nous avons un devoir moral envers des civils qui sont attaqués tous les jours.
04:44Nous avons techniquement la possibilité de le faire.
04:46On l'a fait pour Israël en intercepteur de missiles.
04:48On l'a fait en interceptant des drones outils.
04:51Quand on a été à Sarajevo, on n'a pas attendu qu'il y ait un cessez-le-feu à Sarajevo et que les snipers arrêtent de tirer.
04:57On y a été.
04:58On a sauvé des gens et on a été efficace.
04:59On veut juste faire exactement la même chose.
05:00Ça s'est déjà fait en fait, c'est ça ?
05:01Exactement.
05:02Et c'est pour ça qu'on a des officiers généraux de très haut rang qui nous soutiennent aujourd'hui, dont les directeurs des opérations aériennes anciens.
05:08Directeurs d'opérations aériennes des généraux 4 étoiles de France et de Belgique.
05:11C'est que c'est techniquement réaliste.
05:13Et alors je vous repose la question.
05:14Donc si c'est si simple, réaliste, que ça a été déjà fait par le passé, pourquoi il n'y a pas cette volonté politique ?
05:19Qu'est-ce qui bloque ?
05:20Je pense qu'il y a aussi toute une vision en disant jusqu'à maintenant, laissons parler la diplomatie.
05:25Laissons sa chance à Donald Trump quand il essaie de faire des discussions.
05:28Ça fait trois ans et demi qu'on essaie de faire des discussions.
05:30Personne n'a dit qu'il fallait arrêter de négocier.
05:33À partir du moment où on met une pression en protection des civils, il faut comprendre qu'on cherche aussi à obtenir la paix.
05:41La Russie cherche deux choses.
05:42Soit elle cherche à acquérir le territoire ukrainien par la progression militaire.
05:46On voit très bien que c'est bloqué.
05:48En mille jours, ils ont conquis 1% du territoire ukrainien.
05:50Ça avance très très doucement.
05:52Donc ils n'obtiendront pas l'annexion d'Ukraine par la force.
05:56La deuxième possibilité, c'est de faire s'effondrer les arrières ukrainiens.
05:59Si nous arrivons à protéger les civils et à éviter l'effondrement de l'Ukraine,
06:04c'est-à-dire que Poutine sait que ce deuxième objectif n'est pas atteignable.
06:07Et donc logiquement, ça va le pousser à accepter cette négociation de paix.
06:11Avec qui vous discutez pour faire avancer votre projet ?
06:14Est-ce que c'est essentiellement avec des militaires, l'état-major ?
06:16Ou il y a aussi des politiques, des dirigeants et peut-être Emmanuel Macron ?
06:20Alors on espère, on sait que l'Elysée est au courant, on sait que le ministère des Armées est au courant.
06:23Nous, on est en contact avec notamment les anciens.
06:26Parce que ceux qui sont actuellement officiers généraux ou députés ou politiques,
06:30ils ne peuvent pas, eux, prendre position pour l'instant.
06:31Il faut que ça vienne du haut.
06:33Mais quand on a des généraux quatre étoiles,
06:34quand on a le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale,
06:39qui nous soutiennent aujourd'hui,
06:40on sait très bien que c'est quelque chose qui a un soutien qui est très important.
06:43À l'étranger, l'ancien président polonais,
06:46des ministres des Affaires étrangères de Lituanie,
06:48on a des Britanniques, on a le numéro 2 de l'OTAN,
06:50les anciens, qui ont déjà soutenu cette opération Sky Shield.
06:55Donc aujourd'hui, on n'a pas d'interlocuteur officiel.
06:57On sait très bien qu'il y a cette réunion aujourd'hui
06:58qui va avoir lieu avec la coalition des volontaires.
07:01Et à partir du moment où on fera ce constat objectif
07:04que la Russie ne souhaite pas la paix,
07:06puisqu'ils n'arrêtent pas de repousser, de trouver des raisons,
07:08de ne pas rencontrer Zelensky, etc.
07:09On espère que ce sera l'étape suivante.
07:11On ne peut pas attendre et dire à une victime
07:13« On va attendre que tu ne te fasses plus taper dessus
07:16pour venir t'aider ».
07:18Non, on peut aujourd'hui les aider et sauver des vies.
07:20Merci Xavier Tittelman.
07:22« Sauvons les civils des drones russes,
07:24fermons le ciel au-dessus de l'Ukraine ».
07:26C'est le titre de notre pétition
07:28qui est en ligne sur change.org.
07:31Merci, vous étiez l'invité du 5-7.
07:32Merci.
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