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  • il y a 1 an
Dans une note alarmante, les renseignements territoriaux et la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris anticipent les contours du mouvement du 10 septembre. Entre sabotages, appels à la grève ou encore blocages, les autorités se préparent à faire face à une mobilisation extrêmement tendue. On en parle avec Denis Maillard, consultant en relation sociale et auteur de "Une colère française, ce qui a rendu possible les gilets jaunes" (édition l'Observatoire).
Regardez L'invité de RTL Midi avec Amandine Bégot du 03 septembre 2025.

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Transcription
00:00Les auditeurs ont la parole.
00:01Il est 12h50 et on a décidé de s'arrêter aujourd'hui sur ce mouvement
00:05Bloquons tous, cet appel a manifesté le 10 septembre prochain, c'est dans une semaine pile.
00:11Alors à quoi faut-il s'attendre ? On va en parler dans un instant avec notre invité.
00:15Mais d'abord, cette dernière note des renseignements territoriaux.
00:19Bonjour Thomas Proutot.
00:20Bonjour.
00:20Vous l'avez lue, cette note pour RTL et les services mettent en garde contre d'éventuels blocages et sabotages.
00:26Oui, car le premier constat des renseignements, c'est que la possible démission de François Bayrou
00:30a renforcé la détermination des contestataires au lieu de la paralyser.
00:36Des réunions de préparation ont été recensées dans les deux tiers des départements désormais,
00:40en particulier dans l'Ouest, en Bretagne.
00:43Et si à ce jour, 38 manifestations classiques, cortèges déclarées et encadrées sont annoncées,
00:48de nombreuses actions offensives sont en gestation.
00:51Quelques exemples, à Lorient, projet de blocage d'un dépôt pétrolier
00:54ou du site de Naval Group qui fabrique des navires militaires.
00:58À Montpellier, blocage d'une fac, d'un péage ou d'un centre commercial.
01:02À Paris, l'occupation du périphérique en divers endroits.
01:06Des actions coup de poing pilotées par l'extrême gauche,
01:09qu'elles soient politiques, notamment autour de LFI,
01:12ou radicales avec des groupes d'ultra-gauche qui ont pris la main dans plusieurs villes,
01:16alertent les renseignements,
01:17qui estiment qu'à peu près 100 000 personnes sont susceptibles d'être mobilisées ce 10 septembre.
01:22Merci beaucoup Thomas Proutot, chef du service police-justice de RTL.
01:26Bonjour Denis Maillard.
01:27Bonjour.
01:28Et merci d'être en direct avec nous sur RTL.
01:30Vous êtes consultant en relations sociales et auteur d'une colère française,
01:34ce qui a rendu possible les Gilets jaunes, un livre publié aux éditions de l'Observatoire.
01:39Vous entendiez à l'instant Thomas et cette note des renseignements territoriaux,
01:44selon lesquels la démission, en tout cas ce vote de confiance qui aura lieu le 8 septembre,
01:53a renforcé la détermination des manifestants, de ceux qui vont participer à ce mouvement.
01:58Est-ce que ça, vous nous le confirmez ?
02:00Pour l'instant, sur un mouvement comme ça,
02:04on en est rendu à surtout faire des hypothèses.
02:10Effectivement, la démission possible,
02:16la chute du gouvernement Bérou, si elle avait lieu,
02:18elle ne peut renforcer que les plus convaincus.
02:21Or, on a aujourd'hui, dans ce mouvement,
02:24effectivement, un mouvement encore très largement numérique,
02:27on va dire,
02:28qui exprime une colère,
02:29enfin, les gens expriment leur colère,
02:31mais est-ce que cette colère va arriver à s'exprimer autrement ?
02:34Et là, il me semble que, effectivement,
02:36le lien avec l'épisode politique autour du gouvernement Bérou est intéressant,
02:41parce que je crois qu'on est dans un moment très politique.
02:44Un moment politique où le RN, par exemple,
02:46a choisi non pas de soutenir le mouvement, d'appeler à bloquer, etc.,
02:49mais à jouer le jeu, faire tomber le gouvernement,
02:53essayer d'aller le plus vite possible aux élections.
02:56Il y a un acteur, en revanche, qui, lui, joue la colère populaire,
02:59c'est effectivement Jean-Luc Mélenchon et LFI.
03:02Et ce qui fait que, comme la note des renseignements territoriaux le dit,
03:06mais comme aussi une note de la Fondation Jean Jaurès,
03:09qui était signée par Antoine Bristiel,
03:10qui a posé beaucoup de questions dans les groupes Bloquons Tout,
03:17on voit, c'est essentiellement des militants convaincus de gauche,
03:22d'extrême-gauche, voire d'ultra-gauche type Black Bloc.
03:26Denis Maillard, vous le disiez, pour l'instant, tout est virtuel,
03:30se passe sur les réseaux sociaux,
03:33ou via des boucles sur Telegram, par exemple, ou autre.
03:39Quelle différence avec les Gilets jaunes ?
03:42C'est là, c'est toute la question.
03:44Je crois que les Gilets jaunes ont marqué une époque,
03:47ont créé un style de mouvement,
03:51et à chaque fois qu'une colère s'exprime,
03:54on se dit, mais est-ce que c'est le retour des Gilets jaunes ?
03:56C'était quand même il y a 7 ans, les Gilets jaunes,
03:57bientôt 7 ans.
03:59Si on veut faire une comparaison,
04:02à partir des éléments qu'on a sur le 10 septembre,
04:04c'est là encore, on n'en a pas forcément beaucoup.
04:07Il me semble que, d'un côté, les Gilets jaunes,
04:09c'est un mouvement très visible, très massif, très populaire.
04:15Et plutôt calme au départ, si je peux me permettre.
04:17Il y avait ces occupations de rond-point, au tout début,
04:21et pas de violence,
04:23alors que là, en tout cas,
04:24quand on entend cette note des renseignements territoriaux,
04:27où qu'on voit certains messages,
04:29on a quand même le sentiment d'action dure,
04:33et même parfois violente.
04:35Et c'est ça, c'est la grande différence, je crois.
04:37C'est plutôt groupusculaire.
04:39Plutôt des personnes qui sont des militants confirmés,
04:42et souvent éduqués, diplômés,
04:45et qui touchent, alors,
04:46on parle de deux tiers des départements,
04:49surtout dans des villes,
04:51j'ai l'impression qu'on est moins dans une France populaire et périurbaine.
04:55Par exemple, il y a un exemple qui a été donné dans la presse,
04:58et qui était reprise dans l'article du Parisien,
05:01qui parlait de la note des renseignements territoriaux.
05:04Une mobilisation de 250 personnes à Paris.
05:05On est loin, là, pour le coup, des gilets jaunes.
05:08On est beaucoup plus sur, je veux dire,
05:10un mouvement type occupation des places,
05:13mouvement des indignés, style nuit de mort,
05:15plutôt que gilets jaunes.
05:17Bon, et quand on dit 100 000 personnes
05:18qui pourraient se mobiliser partout en France,
05:20si on devait comparer,
05:21vous, qui avez longuement travaillé sur les gilets jaunes,
05:26est-ce que c'est une échelle différente, là encore, ou pas ?
05:29Oui, je crois que c'est une échelle différente.
05:30Il y a toujours eu un problème de comptage
05:33avec la mobilisation des gilets jaunes,
05:35notamment lors du, ce qu'on a appelé le premier acte,
05:37la première fois qu'ils se sont mobilisés,
05:39où il y avait une difficulté à compter.
05:41C'était quand même plusieurs centaines de milliers de personnes
05:44partout en France.
05:45Là, alors, 100 000, c'est pas rien.
05:48À l'échelle d'un pays, c'est quand même peu.
05:50Après, je crois que ça reste, aujourd'hui,
05:52un mouvement numérique,
05:53où les gens expriment une colère,
05:55mais ils ne savent pas quoi en faire.
05:57Et donc, toute la question, c'est est-ce qu'il y a un débouché ?
06:00Je crois que ces colères sont trop multiples,
06:02et on voit dans les exemples qui étaient donnés tout à l'heure,
06:04bloquer un périphérique, s'attaquer à un aval groupe,
06:08ou prendre...
06:09Tout ça n'a rien à voir.
06:11Et je crois que ça soit trop disparate.
06:14Il me semble qu'il y a une cause, en revanche,
06:16qui pourrait faire masse,
06:19mais là, pour le coup,
06:21il faudrait vraiment que du monde se déplace
06:23et sorte dans les rues, etc.
06:25Ça serait s'en prendre au président de la République,
06:27c'est-à-dire que c'est le fusible d'après,
06:28mais pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre...
06:31Donc, un mouvement, a priori,
06:32moins massif, en tout cas pour l'instant,
06:34que les Gilets jaunes,
06:35mais peut-être plus violent.
06:37Merci beaucoup, Dominique Maillard,
06:38d'avoir été avec nous.
06:39Je rappelle le titre de votre livre,
06:40Une colère française,
06:42ce qui a rendu possible les Gilets jaunes.
06:44C'est aux éditions de l'Observatoire.
06:46Vous restez avec nous dans un tout petit instant.
06:48On va revenir sur ces chiffres
06:50autour de la voiture de l'assurance,
06:51qui nous coûtent de plus en plus cher,
06:53mais d'abord, mini-pause.
06:56A tout de suite.

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